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✦ tounet777 L'appel des Abysses XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

L'appel des Abysses — Chapitre 3

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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L'appel des Abysses

Chapitre 3

Chapitre 3
Le retour chez moi se fait sous une pluie battante qui n'a pas cessé depuis que j'ai quitté la crique, les gouttes martelant le capot de mon petit bateau comme un avertissement incessant, et maintenant, sur les pavés glissants de la ruelle, elles éclaboussent mes bottes et trempent mon manteau déjà lourd d'humidité. La nuit est tombée complètement, enveloppant le village d'un voile noir et froid, seulement percé par les lumières jaunes et tremblotantes des lampadaires qui projettent des reflets dansants sur les flaques d'eau accumulées. Mon esprit tourbillonne encore du souvenir du baiser avec Mako, de cette chaleur inexplicable qui m'a traversé à chaque effleurement de ses lèvres, mais aussi de cette fatigue étrange qu'il a évoquée, et de sa promesse énigmatique d'une solution pour visiter son monde.
Je marche d'un pas rapide, les mains enfoncées dans les poches, la tête baissée contre le vent qui siffle entre les maisons aux volets clos, l'odeur salée de la mer mêlée à celle de la terre mouillée imprégnant l'air.
Quand j'arrive devant ma porte, je m'arrête net, surpris. Une silhouette est là, adossée au mur sous l'auvent étroit, les bras croisés, la casquette rabattue sur les yeux malgré la pluie qui dégouline du rebord. Tom. Il est trempé, son manteau luisant sous la lumière faible du lampadaire voisin, et il relève la tête en m'entendant approcher, ses yeux clairs brillant d'une détermination froide que je ne lui connaissais pas. Ses lèvres sont pincées, ses mâchoires serrées, et il y a dans son regard une lueur de suspicion qui me glace le sang. Il ne bouge pas, attendant que je parle le premier, et le silence entre nous est plus lourd que la pluie qui tombe, chargé d'une tension palpable qui fait battre mon cœur plus fort.
— Tom ? Qu'est-ce que tu fais là ? Je pensais que tu étais rentré chez toi.
Il se redresse lentement, les épaules tendues, et fait un pas vers moi, ignorant la pluie qui ruisselle sur son visage et goutte de la visière de sa casquette.
— Je t'attendais. Faut qu'on parle.
Je déglutis, sentant une boule se former dans ma gorge. Son ton est grave, sans l'hésitation de la veille. Je sors mes clés de ma poche, les mains tremblantes à cause du froid ou de l'appréhension, et ouvre la porte qui grince comme toujours.
— Entre. Pas la peine de rester sous cette flotte.
Il me suit à l'intérieur, enlève sa casquette dégoulinante et la pose sur le crochet près de la porte, ses cheveux en bataille collés par l'eau. Le salon est encore imprégné de l'odeur du feu éteint de la veille, et la couverture pliée sur le canapé me rappelle qu'il a dormi ici. Je ferme la porte, allume la lampe du couloir, et me tourne vers lui, les bras croisés pour me donner une contenance, mais mes doigts tremblent légèrement.
— Qu'est-ce qui ne va pas ? T'as l'air… secoué.
Tom s'assoit sur le canapé sans y être invité, les coudes sur les genoux, les mains jointes devant lui si fort que ses jointures blanchissent. Ses yeux se posent un instant sur l'écaille sur le rebord de la cheminée, puis reviennent sur moi, durs et inquisiteurs, comme s'il cherchait à me percer à jour.
— Je t'ai vu, Ayden. Ce matin, je suis passé devant chez toi pour te rendre tes vêtements secs – ceux que tu m'as prêtés hier soir. Et je t'ai vu partir avec ton petit bateau. Seul. Puis, plus tard, en milieu de matinée, je t'ai vu revenir… avec un homme. Un type que je n'ai jamais vu dans le village. Cheveux sombres, grand, musclé. Vous êtes descendus du bateau, il boitait un peu, comme s'il n'était pas habitué à marcher. Vous avez filé vers chez toi.
Je sens mon cœur s'accélérer, un froid glacial me traverser malgré la tiédeur de la maison. Je m'assois en face de lui, sur la chaise dépareillée, essayant de garder un ton neutre.
— Un homme ? T'as dû te tromper. J'étais seul. J'ai juste fait un tour pour vérifier les amarres après la tempête.
Tom secoue la tête, un rictus amer aux lèvres, ses yeux ne quittant pas les miens.
— Non. Je ne me suis pas trompé. Je t'ai suivi de loin. Discrètement. Et en fin de journée, je t'ai revu partir avec le même type sur le bateau. Vous êtes allés vers la crique isolée, celle près des falaises. Puis tu es revenu seul. Mais dans les alentours, il n'y a rien – pas de maison, pas de chemin, rien. Où il est passé, ce type ? Et surtout… son visage. Il ressemble à celui que j'ai vu sur le port hier soir. La tête dans l'eau. Les yeux verts. Je l'ai vu te parler, Ayden. Tu lui parlais. Et il t'a répondu.
Je déglutis, cherche un mensonge plausible, les mains moites serrées sur mes genoux. Je sens mes joues s'échauffer, le sang monter à mon visage en pensant que Tom a tout découvert – le secret de Mako, les tritons, les rencontres nocturnes. Mon cœur bat la chamade, et je lutte pour garder mon calme.
— C'est… c'est un ami. De passage. Il voulait voir la côte. Il est reparti. C'est tout.
Tom fronce les sourcils, se penche en avant.
— Un ami ? Que tu ramènes de nulle part ? Qui boite comme s'il n'avait jamais marché ? Et qui disparaît comme par magie ? Ayden, arrête. Je n'ai pas rêvé. Et sur le quai, hier… c'était lui. Dans l'eau. Tu lui parlais comme à un vieux pote.
Je rougis encore plus, le feu aux joues, essayant de détourner.
— Non, tu confonds. C'était juste un type que j'ai rencontré au port. Il cherchait du travail. On a discuté, et je l'ai emmené voir la crique pour lui montrer où pêcher. Il est reparti à pied par les falaises. Il y a un sentier caché, tu ne le connais pas.
Tom secoue la tête, la voix plus insistante.
— Un sentier caché ? Ayden, je connais ce village comme ma poche. Il n'y a rien là-bas. Et ce type… il sortait de nulle part. Et son visage – les yeux verts, les cheveux sombres. Exactement comme la tête dans l'eau. Et l'écaille… tout colle. Tu caches quelque chose. Quelque chose de bizarre.
Je sens la panique monter, mes paumes moites, et je bafouille.
— L'écaille ? Ce n'est rien. Un souvenir. Et le type… ce n'est pas le même. Tu imagines des trucs avec la fatigue. La tempête nous a tous secoués.
Tom se lève, fait un pas vers moi, les yeux plissés.
— Non. Je n'imagine rien. Je t'ai vu avec cet homme. Deux fois. Et il disparaît. Et tu rougis comme un gamin pris la main dans le sac. Qu'est-ce que tu caches ? Une histoire louche ? Un truc illégal ?
Je me lève à mon tour, les joues en feu, cherchant désespérément une sortie.
— Illégal ? Non ! C'est juste… personnel. Laisse tomber, Tom. Ce n'est pas tes affaires.
Il croise les bras, un sourire ironique aux lèvres.
— Personnel ? Ayden, depuis qu'on bosse ensemble, tu n'as jamais parlé d'une nana. Jamais. Pas une fois. Et là, tu ramènes un mec chez toi, vous disparaissez toute la journée, et il s'évapore. Si tu ne nous parles jamais de nana, c'est que tu préfères les mecs ?
Je m'arrête net, le rouge aux joues, mais un soulagement immense m'envahit. Un quiproquo. Il pense que c'est ça. Pas le secret de Mako, pas les tritons. Juste… ça. Je hoche la tête lentement, saisissant l'occasion.
— Ouais… c'est ça. Je préfère les mecs. Mais surtout, ne dis rien à personne. Les gens ici… ils ne comprendraient pas. Pas Marco, pas Luis, pas le patron.
Tom me regarde un instant, puis hoche la tête, l'expression adoucie.
— Je ne dirai rien. T'es le seul qui reste sympa avec moi sur ce bateau. Les autres me traitent comme un gamin. T'as ma parole.
Je soupire, le soulagement me faisant presque chanceler.
— Merci, Tom. Vraiment.
Il remet sa casquette, se dirige vers la porte.
— De toute façon, demain on ne bosse pas non plus. C'est le patron qui m'a fait passer le message. Le chalutier a encore des réparations. On reprend le surlendemain.
Il ouvre la porte, hésite un instant.
— Fais gaffe à toi, quand même. Avec ce type… ou d'autres.
Puis il sort, la porte se refermant derrière lui. Je reste là, le cœur encore battant, la pluie tambourinant toujours, mais la tension retombant comme une vague qui s'écrase.
La nuit qui suit ma confrontation avec Tom est un tourment sans fin, un vortex de pensées qui tourbillonnent dans ma tête comme les vagues agitées par la tempête récente. Je me tourne et me retourne dans mon lit étroit, les draps froissés et imprégnés d'humidité malgré la cheminée qui crépite faiblement en bas, envoyant des volutes de fumée qui se dissipent dans l'air froid de la chambre. Le plafond craquelé au-dessus de moi semble se moquer de mon insomnie, ses fissures ressemblant à des cartes marines déchirées, évoquant les abysses où Mako disparaît chaque soir. Je ferme les yeux, essayant de chasser les images – le regard dur de Tom, sa menace voilée de ne pas lâcher l'affaire, l'écaille sur le rebord de la cheminée qui brille comme un œil accusateur dans l'obscurité. Mais rien n'y fait. Mon corps est épuisé, endolori par la journée passée avec Mako, par les caresses échangées, par cette intimité nouvelle qui m'a laissé à la fois exalté et vidé.
Pourtant, le sommeil me fuit, comme si une force invisible me gardait éveillé, me forçant à revivre chaque moment : le goût des lèvres de Mako, la chaleur de son corps contre le mien, cette fatigue étrange qu'il a évoquée après notre union, et sa promesse d'une solution pour plonger dans son monde.
Je me lève enfin, incapable de rester allongé plus longtemps, les pieds nus sur le plancher froid qui craque sous mon poids. La maison est silencieuse, seulement perturbée par le tic-tac irrégulier d'une vieille horloge dans le salon et le lointain grondement du vent qui siffle contre les volets. Je descends les escaliers grinçants, allume une lampe faible qui projette des ombres allongées sur les murs, et je commence à tourner en rond dans le salon étroit. Mes pas tracent un cercle invisible autour de la table basse encombrée de cartes marines froissées et de tasses vides, mes mains serrant et desserrant les poings comme pour chasser l'anxiété qui me ronge. Tom sait-il vraiment ? Ou n'est-ce qu'un quiproquo, comme je l'ai espéré ?
Son interprétation – que je préfère les hommes – m'a sauvé pour l'instant, mais s'il creuse plus, s'il relie les points avec l'écaille, les ombres dans l'eau, mes absences répétées… Je m'arrête devant la cheminée, fixe l'écaille qui repose là, vert eau chatoyant sous la lumière tamisée, ses reflets bleus iridescents semblant pulser comme un cœur vivant. Elle me rappelle Mako, son monde caché, et cette attirance inexplicable qui me lie à lui. Je tends la main, effleure sa surface lisse et chaude, et un frisson me parcourt, mélange de désir et de peur.
Les heures s'étirent, interminables. Je m'assois sur le canapé, me relève, marche jusqu'à la fenêtre pour scruter la nuit pluvieuse, les gouttes ruisselant sur les vitres comme des larmes infinies. Le village est endormi, les lumières des maisons voisines éteintes, mais mon esprit bouillonne : que faire de Tom ? Le confronter ? Lui mentir encore ? Ou lui dire la vérité, risquer qu'il me prenne pour un fou, ou pire, qu'il alerte les autres ? Et Mako… cette solution qu'il a promise, pour que je voie son monde. Est-ce possible ? Est-ce dangereux ? Je tourne en rond, mes pas résonnant sur le plancher usé, le bois craquant comme pour protester contre mon agitation. La fatigue physique me pèse, mes muscles endoloris par la journée, mais l'insomnie mentale me garde alerte, les pensées s'enchaînant comme des vagues déferlantes : le corps de Mako contre le mien, ses gémissements, cette connexion qui défie tout ce que je connais.
Je finis par m'asseoir près de la cheminée, ravivant le feu avec des bûches sèches, les flammes, crépitant et projetant des ombres dansantes qui semblent danser comme les nageoires de Mako. L'aube approche enfin, une lueur grise filtrant à travers les volets, et je n'ai pas fermé l'œil.
À la lueur du jour naissant, je décide de partir. Le ciel est encore chargé de nuages bas et menaçants, la pluie réduite à un crachin fin mais persistant qui mouille tout sans bruit. Je m'habille rapidement – un pantalon imperméable noir, une chemise épaisse grise sous un manteau ciré vert olive, des bottes en caoutchouc pour affronter l'humidité – et je descends au port, le sac avec les vêtements de la veille sur l'épaule. Le village émerge lentement du sommeil, quelques lumières s'allumant aux fenêtres, l'odeur de pain frais se mêlant à celle du sel marin. Je regarde autour de moi, scrutant les ruelles désertes, les bateaux amarrés qui grincent doucement, pour m'assurer que personne ne me voit. Pas de Marco, pas de Luis, pas de Tom. Le quai est vide, seulement quelques mouettes criant au-dessus des cales. Je monte dans mon petit bateau, détache les amarres avec des gestes rapides mais prudents, et démarre le moteur qui ronronne doucement dans le silence matinal.
Je navigue vers la petite crique, le cœur serré par l'anticipation, l'eau clapotant contre la coque, les falaises se dressant comme des sentinelles sombres sous le ciel gris.
Arrivé à la crique, j'ancre le bateau à une distance sûre du rivage, saute dans l'eau peu profonde qui mouille mes bottes jusqu'aux chevilles, et m'approche de la petite plage de sable fin nichée entre les rochers polis par les marées. Le sable est humide, froid sous mes pieds, et je m'allonge dessus, le dos contre le grain fin et granuleux, les yeux fixés sur le ciel nuageux où des lambeaux de gris se déchirent lentement, laissant entrevoir des éclats de bleu pâle. Le bruit des vagues est un fond sonore constant, apaisant, un murmure rythmé qui berce mes pensées agitées. Je reste là, attendant, le cœur battant, repensant à la nuit précédente, à Tom et ses questions, à Mako et son monde interdit. Une demi-heure passe, le temps s'étirant comme une marée montante, le soleil perçant faiblement à travers les nuages, réchauffant légèrement ma peau.
Puis, un murmure provenant de la mer – un splash discret, un remous doux qui brise le rythme des vagues. Je me relève un peu, m'appuyant sur les coudes, le sable collant à mes vêtements, et je le vois : Mako sortant de l'eau, son corps émergeant lentement, sa queue vert eau chatoyant se métamorphosant sous mes yeux en jambes fines et musclées. Il est nu, l'eau ruisselant sur sa peau hâlée, gouttant de ses cheveux sombres qui collent à son cou, de ses épaules larges, de son torse sculpté où les gouttes suivent les contours de ses muscles. Je ne peux pas détacher mon regard de lui, fasciné par cette beauté brute, par son intimité exposée sans pudeur, par la grâce fluide de ses mouvements alors qu'il s'approche, les pieds s'enfonçant dans le sable humide.
Mako s'approche doucement de moi, ses yeux verts brillant sous la lumière du jour, et sans un mot, il s'agenouille à mes côtés, ses lèvres effleurant les miennes en un baiser tendre, comme la veille – doux, langoureux, chargé de cette connexion inexplicable qui nous lie. Nos bouches se goûtent, se pressent, et je sens une chaleur familière monter en moi, chassant le froid du matin. Puis, il se recule légèrement, me regarde intensément, et s'approche à nouveau pour un deuxième baiser. Mais cette fois, ce n'est pas tendre ; c'est comme s'il m'insufflait de l'air, un flux chaud et vibrant qui passe de ses lèvres aux miennes, descendant dans ma gorge, se répandant dans ma poitrine comme une brise marine vivante. Je sens une énergie étrange me traverser, un picotement qui s'étend à mes poumons, à mon corps entier.
Je recule, essoufflé, les yeux écarquillés.
— Qu'est-ce que c'était ?
Mako sourit, une lueur mystique dans les yeux.
— C'est de la magie. Un pouvoir transmis par mes ancêtres. Je t'ai donné le souffle – celui qui te permettra de respirer sous l'eau. Mais à une condition : tu dois rester toujours près de moi. Si tu t'éloignes trop, il s'estompera.
Je déglutis, assimilant ses mots.
— Respirer… sous l'eau ? Comme toi ?
Il hoche la tête, ses doigts effleurant ma joue.
— Oui. Mais tu dois rester légèrement vêtu – juste l'essentiel, pour que la transformation s'opère sans entrave. Viens avec moi. Et ne t'affole pas… des changements vont se produire une fois dans l'eau. Des membranes pousseront entre tes orteils et tes doigts, comme des palmes. Ta peau deviendra plus épaisse, couverte d'un léger film protecteur, comme du mucus de poisson, pour résister au froid des profondeurs. Et tes yeux développeront une membrane nictitante, une troisième paupière transparente, pour voir clairement dans le sel ou l'obscurité. Ça fera mal au départ, mais tu t'habitueras.
Je le regarde, le cœur battant d'excitation et de peur mêlées.
— D'accord. Allons-y.
Je retire mes vêtements lourds – le manteau, la chemise, le pantalon – ne gardant que mon sous-vêtement, et nous entrons dans l'eau ensemble, main dans la main. L'eau est froide, mordante, mais près de Mako, elle semble plus supportable. Nous nageons un peu, et soudain, la douleur commence – un picotement intense entre mes doigts et orteils, comme si la peau s'étirait, se déchirait pour former des membranes fines et translucides. Je grimace, serre les dents, mais Mako me tient, ses yeux verts fixés dans les miens.
— Respire. Ça passe.
Puis, ma peau s'épaissit, un film glissant et protecteur la couvrant, chassant le froid comme une seconde peau. Et mes yeux – une brûlure soudaine, une membrane se formant, clignant automatiquement, rendant la vision sous l'eau claire comme en surface. La douleur est vive, lancinante au début, mais elle s'estompe progressivement, laissant place à une sensation étrange de force nouvelle.
Sous l'eau, Mako m'embrasse à nouveau, ses lèvres sur les miennes transmettant une chaleur qui se répand en moi. Et à ma surprise, sa voix résonne clairement dans ma tête, comme un chant intérieur.
— Je peux parler sous l'eau. Et toi aussi, maintenant. Je suis heureux de t'emmener, Ayden. Mais sois discret… je n'ai pas le droit de faire ça. Si mon peuple l'apprend…
Je hoche la tête, testant ma voix qui sort en un murmure aquatique.
— Je serai prudent.
Sous l'eau, avec le souffle de Mako encore vibrant dans ma poitrine, je me sens transformé, comme si mon corps avait été remodelé par une force ancestrale. L'eau, autrefois froide et oppressante, est maintenant une étreinte familière, glissant sur ma peau épaissie par ce film protecteur invisible, comme une couche de mucus fin et luisant qui repousse le froid des profondeurs et me fait me sentir invulnérable. Mes doigts et orteils, reliés par ces membranes translucides et flexibles qui se sont formées entre eux comme des toiles délicates mais résistantes, battent l'eau avec une efficacité nouvelle, me propulsant en avant comme des palmes naturelles.
Et mes yeux, protégés par cette troisième paupière transparente qui cligne instinctivement à chaque battement, percent l'obscurité salée avec une clarté surnaturelle, révélant des détails que je n'aurais jamais imaginés : les particules en suspension qui dansent comme de la poussière dans un rayon de lumière, les ombres des poissons qui filent au loin en bancs scintillants, les contours flous des rochers qui s'enfoncent dans les abysses comme des piliers oubliés. La douleur initiale – cette brûlure lancinante aux extrémités, cette sensation d'étirement de la peau, cette pression sur les yeux – s'est estompée, laissant place à une énergie pulsante, comme si j'étais né pour ce monde, comme si une partie de moi avait toujours su qu'elle appartenait aux profondeurs.
Mako nage à mes côtés, sa queue vert eau chatoyant ondulant avec une grâce hypnotique, ses nageoires longues bleues à reflets verts captant les rares rayons de lumière qui filtrent depuis la surface et les renvoient en éclats iridescents. Il me prend la main, ses doigts entrelacés aux miens avec une fermeté douce, et sa voix résonne dans ma tête, claire et musicale, comme un chant intérieur qui vibre dans chaque cellule de mon corps, traversant l'eau sans altération.
— Reste près de moi. Les courants sont traîtres ici. Et si on nous voit… mon peuple ne tolère pas les humains. Surtout pas ici.
Je hoche la tête, ma propre voix sortant en un murmure aquatique, étrange mais naturel, comme si mes cordes vocales avaient appris à parler dans ce milieu.
— Je te suis. Je ne m'éloigne pas.
Nous descendons plus profond, l'eau passant du turquoise clair à un bleu sombre et enveloppant, la pression augmentant légèrement sur mes tympans mais sans douleur, grâce au souffle qu'il m'a insufflé. Les rochers du fond marin se transforment en un paysage sous-marin fantastique : des coraux multicolores s'élèvent comme des tours vivantes, rouges sang, oranges flamboyants, violets profonds, abritant des bancs de poissons aux écailles irisées qui virevoltent en nuages scintillants, leurs mouvements synchronisés comme une danse collective. Des anémones ondulent doucement, leurs tentacules comme des fleurs marines aux couleurs vives, et des étoiles de mer rampent sur le sable fin du fond, leurs bras étoilés laissant des traces lumineuses. Des méduses translucides flottent comme des lanternes vivantes, leurs filaments phosphorescents émettant une lueur bleutée qui illumine les alentours.
Mako me guide à travers un canyon étroit, les parois couvertes d'algues luminescentes qui émettent une lueur verdâtre et bleue, illuminant notre chemin comme des lanternes naturelles suspendues dans l'eau. Je sens une excitation mêlée d'émerveillement me submerger – ce monde est vivant, vibrant, un royaume caché où l'eau est imprégnée de chants lointains, mélodieux, qui vibrent dans mes os et dans mon âme.
Soudain, Mako s'arrête net, sa queue cessant d'onduler, et il me tire derrière un affleurement rocheux couvert de corail dur et rugueux. Son corps se tend contre le mien, sa main serrant la mienne plus fort, son torse pressé contre mon dos pour me cacher complètement.
— Chut. Reste caché. C'est mon père.
Je me plaque contre la roche, le cœur battant, et je l'entends – un remous puissant, comme un courant plus fort qui approche. Puis, je le vois : un triton massif émergeant des profondeurs, nageant avec une autorité imposante. C'est le père de Mako, un être fort et puissant, son corps sculpté comme celui d'un guerrier antique, le torse large et musclé couvert d'écailles épaisses et irisées d'un bleu nuit profond, ses épaules massives portant les marques de cicatrices anciennes, témoignages de batailles oubliées. Sa queue est immense, plus longue et plus robuste que celle de Mako, d'un vert foncé avec des nageoires acérées qui fendent l'eau comme des lames. Son visage est sévère, les traits durs et anguleux, une barbe courte et drue encadrant une mâchoire carrée, ses yeux verts – les mêmes que ceux de Mako, mais plus froids, plus perçants – scrutant les alentours avec une vigilance de prédateur.
Une couronne de corail noir et de coquillages iridescents ceint son front, symbole de son statut de chef de clan, et il porte un trident forgé dans un métal luminescent, gravé de runes anciennes qui brillent faiblement dans l'obscurité.
Il s'approche, sa voix résonnant comme un grondement sous-marin, grave et autoritaire.
— Mako ! Où étais-tu encore ? Tu disparais trop souvent. Les sentinelles t'ont vu remonter vers la surface.
Mako émerge légèrement du rocher, me gardant caché derrière lui, son corps faisant rempart contre le mien. Je sens sa tension, ses muscles se contractant contre ma peau.
— Père… je… j'explorais les courants supérieurs. Rien de plus.
Le père de Mako s'arrête à quelques mètres, son trident pointé vers le haut, ses nageoires frémissant d'impatience.
— Arrête ces escapades ! Tu es le fils aîné, Mako. Tu as des devoirs envers le peuple. Les humains sont un danger – ils nous ont massacrés autrefois. Si tu continues, tu mettras tout le clan en péril. Reviens à la cité. Maintenant.
Mako hoche la tête, sa voix ferme mais respectueuse.
— Oui, père. Je fais attention.
Le père de Mako le fixe un long moment, ses yeux perçants scrutant les ombres autour de nous, et je retiens mon souffle, le cœur cognant si fort que je crains qu'il l'entende. Mais Mako me cache bien, son corps bloquant la vue, et le père finit par tourner sa queue massive, nageant vers les profondeurs avec un puissant coup de nageoire qui crée un remous qui nous secoue.
Mako attend qu'il disparaisse complètement, puis se tourne vers moi, un sourire soulagé aux lèvres.
— C'était proche. Viens, je vais te montrer la cité. Mais reste près.
Nous continuons, descendant plus profond, et la cité apparaît enfin – un spectacle émerveillant qui me coupe le souffle. Des tours de corail vivant s'élèvent comme des cathédrales sous-marines, illuminées par des créatures bioluminescentes qui flottent comme des lanternes vivantes, projetant des lueurs bleues, vertes et violettes sur les structures. Des arches de roche sculptée par les courants relient les bâtiments, couverts d'algues ondulantes et de coquillages iridescents qui forment des motifs complexes, comme des fresques ancestrales racontant l'histoire du peuple. Des tritons et des sirènes nagent entre les tours, leurs queues chatoyantes dansant dans l'eau – certains tritons aux corps robustes et aux écailles sombres, portant des armes de corail aiguisé ; d'autres sirènes aux formes plus graciles, leurs cheveux longs flottant comme des voiles, leurs voix résonnant en chants mélodieux qui vibrent dans l'eau.
Des enfants, petits tritons et sirènes, jouent autour des jardins d'anémones, leurs queues minuscules battant l'eau avec excitation. Mako me guide à travers les rues sous-marines, me montrant les tours centrales où se réunissent les anciens, les jardins d'anémones qui servent de fermes, les grottes gardées où sont stockés les artefacts ancestraux.
Il prend souvent ma main, ses doigts entrelacés aux miens, puis me serre contre lui, dos à lui, ses bras autour de ma taille, me montrant toute la cité depuis les hauteurs : une fontaine naturelle où l'eau chaude jaillit du fond marin, réchauffant les alentours ; une école où de jeunes tritons et sirènes apprennent à manier les courants ; un marché où des coquillages servent de monnaie pour échanger des perles ou des herbes marines. Je suis émerveillé, les yeux écarquillés, chaque vue plus incroyable que la précédente, le monde de Mako se révélant comme un rêve éveillé.
Enfin, Mako me raccompagne à la surface, sa queue nous propulsant rapidement vers la lumière. Nous émergeons dans la crique, l'air frais me frappant comme un choc après les profondeurs. Mako se métamorphose, ses jambes apparaissant, et nous nous asseyons sur la plage, le sable chaud sous nos corps, le soleil couchant peignant le ciel de rouge et d'orange. Mako est nu, assis entre mes jambes, son dos contre mon torse, et je n'ai pas froid – le souffle qu'il m'a donné semble me protéger encore, une chaleur intérieure chassant l'humidité. Nous regardons le coucher de soleil qu'il aime venir observer souvent, les couleurs se reflétant sur l'eau comme un feu liquide.
— C'est beau, murmure-t-il. Votre monde a ça. Le nôtre est éternellement sombre.
Je sens une envie irrésistible monter en moi – l'embrasser, le toucher. Mako se tourne légèrement, ses yeux verts captant les miens, et nos lèvres se rencontrent.
Le baiser commence tendre, nos lèvres se frôlant doucement, se goûtant avec une délicatesse qui fait monter une chaleur lente en moi, mais bientôt, le désir prend le dessus, nos langues se mêlant avec plus d'urgence, nos mains explorant déjà les contours familiers de nos corps. Mako gémit contre ma bouche, son dos arqué contre mon torse, et je sens son excitation grandir, son corps nu pressé contre le mien. Je le fais pivoter doucement, l'allongeant sur le sable encore chaud du soleil couchant, le grain fin collant à sa peau hâlée. Mes mains glissent sur son torse, traçant les lignes de ses muscles, descendant vers son ventre plat, effleurant son intimité qui durcit sous mes doigts. Mako ferme les yeux un instant, puis les rouvre pour me regarder, ses yeux verts brillant d'un désir pur.
— C'était très bon, la dernière fois. Je veux recommencer.
Je souris, mes lèvres effleurant son cou, descendant le long de son torse, mordillant doucement ses tétons qui durcissent sous ma langue. Mako halète, ses mains dans mes cheveux, me guidant sans mots. Je continue ma descente, mes baisers traçant un chemin sur son ventre, jusqu'à son sexe dressé, dur et chaud. Je le prends en main, caressant lentement la longueur, sentant les veines pulser sous mes doigts, la peau lisse et veloutée. Mako gémit, ses hanches se soulevant légèrement, et je le regarde, nos yeux verrouillés, avant de le prendre en bouche. Ma langue tourne autour du gland, goûtant la saveur salée de sa peau mêlée à l'océan, et je descends lentement, l'engloutissant centimètre par centimètre, mes lèvres serrées autour de lui, ma main caressant la base. Mako tremble, ses mains serrant le sable, ses yeux ne quittant pas les miens, une expression d'extase pure sur son visage.
Je bouge doucement au début, suçant avec tendresse, ma langue pressant contre le dessous, mes mouvements rythmés par ses gémissements qui montent en intensité. Il est beau comme ça, vulnérable et puissant à la fois, son corps se cambrant sous mes attentions.
Mako halète, sa voix brisée.
— Ayden… c'est… incroyable.
Je continue, accélérant légèrement, ma main descendant pour caresser ses testicules, massant doucement, sentant son corps se tendre comme un arc. Ses hanches bougent maintenant, poussant doucement dans ma bouche, et je le laisse faire, nos regards toujours liés, transmettant un plaisir partagé. Puis, il me tire doucement vers le haut, ses lèvres cherchant les miennes en un baiser fiévreux.
— À mon tour. Je veux essayer.
Il me pousse sur le sable, ses mains explorant mon corps avec une curiosité avide, descendant vers mon sexe durci. Ses doigts l'enserrent, caressant lentement, et il baisse la tête, ses lèvres effleurant le gland, sa langue goûtant timidement. Je gémis, mes mains dans ses cheveux humides, et il descend, l'engloutissant avec une douceur hésitante mais enthousiaste, sa bouche chaude et humide m'enveloppant. Ses mouvements sont lents, explorateurs, sa langue, pressant contre moi, et je sens le plaisir monter, mes yeux fixés sur les siens, verts et brillants. Il accélère, imitant mes gestes, sa main caressant la base, et je tremble sous lui, le sable grattant mon dos mais ignoré dans cette vague de sensation.
Puis, Mako se redresse, ses lèvres rougies, et murmure :
— Je veux essayer… de te pénétrer.
Je hoche la tête, le guidant doucement. Il s'aligne, pousse lentement, mais son corps hésite, la résistance trop forte, la nouveauté l'empêchant d'aller plus loin. Il grimace, recule.
— Je n'y arrive pas… pour le moment.
Je souris, le retourne doucement.
— Laisse-moi te montrer. Doucement.
Je le prépare avec tendresse, mes doigts explorant son entrée, massant avec salive, le détendant petit à petit, nos regards verrouillés. Mako halète, ses mains sur mes épaules. Puis, je m'aligne, entrant millimètre par millimètre, sentant sa chaleur m'envelopper. Il se tend au début, mais ses yeux dans les miens me guident, et je m'arrête souvent, murmurant des mots doux. Quand je suis pleinement en lui, je commence un va-et-vient lent, tendre, nos corps se mouvant en harmonie, ses gémissements mélodieux remplissant l'air. Je continue doucement jusqu'à la jouissance, nos regards ne se quittant pas, son plaisir culminant en un cri, le mien suivant dans une vague partagée.
Mako, encore haletant, murmure :
— C'était incroyable.
Avant de partir, il m'embrasse en m'insufflant son souffle pour me réchauffer – je commence à frissonner maintenant que l'excitation retombe. Je repars chez moi, la tête dans les nuages, le corps encore vibrant de lui.
Fin du chapitre 3.
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