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Couverture de INTUITIVE, par unzeste85
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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INTUITIVE — Chapitre 3

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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unzeste85
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INTUITIVE

Chapitre 3

RENCONTRE
Rémi ouvrit sa porte et pénétra dans son appartement. Celui-ci n'était ni très grand ni très beau mais il en appréciait le bon niveau d'équipement ainsi que le mobilier et le quartier était agréable et proche du cercle naval où il trouverait un restaurant d'un prix abordable et une bibliothèque riche en livres d'histoire sans devoir trouver un emplacement où se garer. En plus, il avait trouvé à se loger rapidement et ça le changeait de la minuscule cabine qu'il occupait sur le Charles de Gaulle. Il s'était acheté un téléviseur et un lecteur de DVD et avait souscrit un abonnement internet. Il avait pris son nouveau poste et bénéficiait maintenant d'horaires réguliers. Il se déshabilla rapidement et prit une douche avant de revêtir un jean et un polo gris. La journée s'était révélée comme d'habitude caniculaire sa chemise et se sous-vêtements étaient détrempés. Il alluma son PC et consulta sa messagerie.
Il n'y avait pas grand-chose à part quelques propositions commerciales qu'il annula tout de suite et quelques newsletters qu'il consulta rapidement. Il s'apprêtait à consulter le programme télé de la soirée quand son téléphone sonna. C'était Sylvie.
— Salut Rémi ! Je te téléphone pout te confirmer la date de notre pendaison de crémaillère. Ce sera le dernier Samedi de Juin, c'est-à-dire dans un peu plus de quinze jours, le soir, bien entendu. Tu veux que je t'explique comment y aller ?
— Pas la peine. Tu me donnes simplement l'adresse. J'ai un GPS. A quelle heure ça commence ?
— Normalement, les gens arriveront vers vingt heures mais ça serait sympa si tu venais vers dix-neuf heures, comme ça, on pourrait bavarder un peu et tu pourrais nous aider à finir de tout préparer.
— D'accord. On sera nombreux ?
— Trois couples de très bons amis et ma meilleure copine.
— Dis donc ! J'espère que tu n'essayes pas de me marier.
— Non, pas du tout. On est très amies et je tenais absolument à l'inviter. Remarque que tu pourrais faire pire que de t'intéresser à elle. Non seulement elle est super sympa, mais elle est plutôt jolie. Elle est prof de maths à l'institut Notre Dame.
— Personne n'est parfait.
— Idiot ! Ah ! J'allais oublier. Est-ce que par hasard tu aurais des chaises pliantes ? On n'a pas de quoi asseoir tout le monde.
— Il y a quatre chaises de table pliantes dans mon logement. Je les amène toutes ?
— Oui. Ça ne serait pas mal. Ça ne te dérange pas trop ?
— Non, pas du tout ; aucun problème.
Après avoir téléphoné aux autres invités, Sylvie appela enfin Camille.
— Bonjour ma puce ! C'est Sylvie.
— Bonjour ! Tu vas bien ?
— Oui ! Très bien. Je te téléphone pour la pendaison de crémaillère. Ce sera le dernier Samedi de Juin vers 20 heures. Tu viens toujours ?
Camille ne répondit pas. Elle avait peur d'y aller toute seule en voiture, mais ne savait pas trop comment le dire. Sylvie se rendit compte qu'il y avait comme un malaise.
— Il y a un problème ?
Camille hésita encore quelques instants puis répondit.
— Tu vas te moquer de moi.
— Mais non ! Pourquoi tu voudrais que je me moque de toi.
— Eh bien, voilà. Je serais ravie de venir mais je suis une conductrice débutante et je n'ai pas le sens de l'orientation. J'ai la trouille de venir seule en voiture pour tout te dire. C'est ridicule, hein ?
— Mais non ! ça n'est pas ridicule. Je te comprends. On va trouver une solution, ne t'en fais pas. En fait, j'en vois une toute bête. Je vais demander à mon frère s'il peut faire le chauffeur.
— Ça ne va pas le déranger ?
— Franchement, je ne crois pas. Je vais lui téléphoner pour le lui demander. S'il accepte, il te téléphonera lui-même pour que vous mettiez d'accord ; sinon, je te repasse un coup de fil pour te prévenir et chercher une autre solution. Il y a deux couples qui pourraient te prendre au passage, le cas échéant. Mais je pense que Rémi sera d'accord pour te prendre avec lui. Je vais lui téléphoner tout de suite.
Cinq minutes plus tard, le téléphone de Rémi sonna une nouvelle fois. L'affichage indiquait de nouveau Sylvie. Il décrocha.
— Tu avais encore quelque chose à me dire ?
— A te demander, en fait.
— Je t'écoute.
— Je t'ai dit, tout à l'heure que j'invitais ma meilleure amie. Elle s'appelle Camille, Camille Banoti. Elle a un problème de transport.
— Elle n'est pas motorisée ?
— Si, mais elle est conductrice débutante et n'a pas le sens de l'orientation. Du coup, elle a la trouille de faire le trajet toute seule. Je te jure que c'est vrai. Je n'invente rien. Alors, je me demandais si tu pourrais l'emmener avec toi. Tu sais, c'est quelqu'un de très agréable et de pas compliqué. Tu peux faire ça ?
— Bien sûr !
— Je ne connais pas son adresse, mais je vais te communiquer son numéro de téléphone. Le mieux c'est que tu l'appelles pour vous mettre d'accord.
— Pas de problème. Je l'appelle tout de suite.
Sitôt que Sylvie eut raccroché, Rémi composa le numéro de Camille. Quand elle répondit, il fut aussitôt séduit par le timbre de sa voix et son attitude accueillante.
— Bonjour ! Camille Banoti à l'appareil. A qui ais-je le plaisir ?
— Bonjour ! Je suis Rémi Dutillau, le frère de Sylvie.
— Oh ! Bonjour, Rémi, c'est gentil de me téléphoner aussi rapidement.
— C'est pour vous dire que, bien sûr, je serai ravi de vous servir de chauffeur.
— Oh ! Merci beaucoup, c'est très gentil de votre part. Mais, j'espère que nous ne serons pas seulement un chauffeur et sa passagère mais aussi, et même surtout, le frère et une grande amie de Sylvie.
— Bien sûr ! La meilleure amie de ma sœur ne peut que devenir aussi une amie pour moi. Nous profiterons du trajet pour faire connaissance.
Ils conversèrent quelques instants et Camille lui communiqua son adresse.
Lorsqu'ils eurent raccroché, Rémi resta songeur quelques instants. Il avait été complètement charmé par la voix et la manière chaleureuse de s'exprimer de la jeune femme. Sylvie lui avait dit que Camille était super sympa et plutôt jolie. Il avait la nette impression que la première affirmation était non seulement exacte mais, peut-être en dessous de la vérité. S'il en était de même pour la deuxième affirmation, ça promettait. Il avait hâte de vérifier ça.
Ce qui était un peu frustrant, c'était qu'il lui faudrait attendre une quinzaine de jours avant de le faire. Il commença à imaginer l'aspect physique de la jeune femme et, comme il était un incorrigible romantique et un rêveur, se mit à imaginer ce qu'il ferait quand il la verrait pour la première fois. Ils commenceraient par devenir amis et se verraient régulièrement. Peu à peu cette amitié s'approfondirait et se transformerait en affection puis en amour jusqu'au jour où il lui demanderait sa main et qu'elle dirait oui en rougissant. Il se repassait en boucle ce scénario romantique voire sirupeux, y apportant à chaque fois des détails et des améliorations. Il passa ainsi la soirée à rêvasser jusqu'au moment où il s'endormit dans la plus totale béatitude.
Le lendemain matin, dès son réveil, il recommença à rêver sur le même thème. Il parvint, néanmoins à penser à autre chose. Il ne pouvait passer les prochains quinze jours à ressasser les mêmes idées. Il avait un job et son travail devait avancer. Mais, bientôt, les mêmes pensées lui revinrent. Pour tenter de les chasser, il essaya de se convaincre qu'après tout elle n'était peut-être pas si bien que ça. Mais, cela ne fit que remplacer son rêve par une obsession : était-elle belle ou quelconque ? Son physique correspondait-il ou non à sa voix ?
Il n'allait pas passer une quinzaine de jours à se le demander. Il devait crever l'abcès tout de suite sinon il ne pourrait pas se concentrer sur son travail. Il fallait qu'il la rencontre au plus vite, le jour même, si possible, et, pourquoi pas, à midi. Il devrait l'inviter à déjeuner. Il prit son téléphone et tenta de la joindre. Seulement, le téléphone de Camille était sur répondeur. Quel idiot ! évidemment ! Elle éteignait son portable quand elle était dans l'école.
Tant pis ! il allait directement l'attendre à midi devant la porte de l'école. Sylvie lui avait dit qu'elle était professeur de mathématiques à l'institut Notre Dame. Il ne savait pas où ça se trouvait, mais il trouva rapidement sur internet. Il avait trouvé la solution et retrouva sa sérénité. Il put donc se remettre au travail.
A midi moins le quart, il décida de partir et prévint ses collègues qu'il devait s'absenter. Il essaya de se faufiler le plus rapidement possible dans la circulation mais il y avait du monde dans les rues et ceci, joint à la difficulté de trouver où se garer fit qu'à midi cinq il était encore à deux cents mètres à pied de l'entrée de l'institut Notre Dame. Il se mit donc à courir sous le regard d'autant plus surpris des passants qu'il était cette fois encore en tenue militaire.
Quand il arriva, les élèves étaient en train de sortir. Les professeurs devaient encore être à l'intérieur. Brusquement, il réalisa qu'elle était peut-être partie plus tôt si elle ne faisait pas une matinée complète. Il ne pouvait qu'attendre en espérant apercevoir une jeune femme pouvant être Camille parmi les adultes qui finiraient par sortir. Il commençait à se dire que sa démarche était stupide lorsqu'il aperçut une jeune femme qui sortait accompagnée de quatre petites filles qui lui parlaient avec animation et auxquelles elle répondait gentiment en leur souriant.
Le petit groupe continua à bavarder pendant que le flot des élèves se tarissait et était remplacé par celui, bien moins fourni, des enseignants. Bientôt, il ne resta plus devant l'école que la jeune femme, les quatre petites filles et, sur l'autre trottoir, Rémi qui trépignait d'impatience en contemplant celle qui ne pouvait être que Camille.
Elle ressemblait de manière frappante à la jeune femme qu'il avait imaginée. Elle était plus que jolie et respirait la douceur et la gentillesse. Une tenue stricte, composée d'une jupe tailleur grise, d'un chemisier blanc et d'un cardigan assorti à la jupe, ne parvenait pas à cacher la séduction de ses formes. Elle ressemblait à sa voix. C'était elle, il en était sûr. Elle écoutait avec patience en regardant avec tendresse les petites filles qui trépignaient d'impatience en attendant d'être celle qui lui ferait ses confidences. Manifestement, elle aimait ses élèves et ces dernières l'adoraient. Il la contemplait complètement sous le charme et ne voyait désormais plus qu'elle. Il avait replongé dans ses rêves romantiques que plus aucune incertitude ne venait troubler. Il était amoureux.
Camille avait remarqué le jeune homme en uniforme, figé sur le trottoir d'en face, qui ne la quittait pas des yeux. Elle avait l'impression qu'il attendait l'occasion de l'aborder et se demandait ce qu'il lui voulait. Elle lui lançait de temps en temps un coup d'œil tout en répondant de plus en plus distraitement aux petites filles qui l'entouraient. Elle réalisa brusquement que le garçon ressemblait furieusement à Sylvie. Ce devait être son frère Rémi. Que venait-il faire ici ? Elle n'écoutait maintenant presque plus les petites qui, s'en rendant compte et ayant épuisé leurs sujets favoris lui dirent au revoir et la quittèrent. Elle se retrouva seule sur le trottoir avec en face d'elle le garçon qui la regardait d'un air béat sans pour autant bouger. Elle décida de prendre les choses en main et traversa la rue.
— Bonjour ! J'ai l'impression que c'est à moi que vous désirez parler.
Au lieu de lui répondre, Rémi continuait à la regarder d'un air légèrement égaré.
— Quelque chose ne va pas ? S'inquiéta-t-elle.
Il s'ébroua avant de se décider enfin à répondre.
— Pardonnez-moi mais vous êtes tellement… tellement… (il hésita pour choisir le bon qualificatif) tellement harmonieuse !
— Je vous remercie pour ce très joli compliment qui me fait infiniment plaisir, même si je ne pense pas en mériter autant ! Je suis Camille Banoti et je pense que vous êtes Rémi Barsac, le frère de Sylvie à qui vous ressemblez beaucoup. Je me trompe ?
Rémi, qui s'était remis à la regarder d'un air extasié se secoua et se décida enfin à lui répondre.
— Non, c'est bien ça. Je suis venu vous attendre à la sortie de l'école parce que je me disais que nous pourrions faire tout de suite connaissance. Ça ne vous ennuie pas ? Je sais bien que j'aurais dû vous demander avant en vous téléphonant mais ça ne répondait pas.
— Quand je suis à l'école, j'éteins mon téléphone. On demande aux enfants de ne pas utiliser le leur dans l'enceinte de l'établissement alors j'estime qu'il faut leur donner le bon exemple. Vous n'êtes pas d'accord ?
— Si ! De toute façon vous savez mieux que moi comment un professeur doit se conduire.
— Mais nous n'allons pas faire connaissance comme ça, debout sur le trottoir. Vous avez une idée ?
— Justement, je voulais vous demander si vous accepteriez de m'épouser.
Camille le regarda d'un air ahuri. Elle pensa qu'elle avait dû mal entendre. Rémi se rendit compte de l'épouvantable lapsus qu'il venait de commettre. Il devint écarlate et se mit à bafouiller :
— Non ! Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je me suis trompé ! Je ne voulais pas vous demander de m'épouser. Ce n'est pas ce que je veux. Enfin si, j'aimerai vous épouser. Mais pas tout de suite. Je veux dire pas maintenant. Je…
Il finit par conclure d'un air lamentable :
— Je voulais vous demander si vous accepteriez de déjeuner avec moi ?
Camille le regarda avec attendrissement. Il était trop mignon. Elle lui répondit gentiment :
— En ce qui concerne votre proposition de repas, ça me fera très plaisir et je l'accepte volontiers. Pour ce qui est de votre proposition de mariage, vous comprendrez que je ne peux pas décider d'une chose aussi grave sans avoir un peu réfléchi auparavant, mais je vous promets d'y penser.
Elle se demanda si elle n'aurait pas dû se montrer un peu moins compréhensive en répondant à cette bizarre bien que flatteuse demande en mariage. Cependant, elle ne voulait pas que puisse s'installer une gêne entre eux alors qu'ils venaient de faire connaissance et qu'elle souhaitait que le repas se passe dans une ambiance amicale leur permettant de mieux se connaître ; en fait, de se connaître tout court.
Rémi, pour sa part était sur un petit nuage. Camille avait l'air de bien réagir au fait qu'il était venu l'attendre à l'improviste à la sortie de l'école et en dépit de l'énorme bourde qu'il avait faite dès les premiers mots qu'ils avaient échangés. Le plus dur était fait.
— Pardonnez-moi ce lapsus qui, même s'il traduisait l'impression que vous avez faite sur moi, ne signifiait pas que je voulais vous demander en mariage. Il n'en reste pas moins que, même si cela peut vous paraître bizarre, voire complètement farfelu, je ressens quelque chose de très fort à votre égard et je suis convaincu que nous pourrions être heureux ensemble. Mais je n'insisterai pas plus. Je me contenterai de rêver. En tout cas, quoiqu'il arrive, j'espère que nous deviendrons au moins de bons amis. Pour l'instant, je vous propose d'aller déjeuner dans un restaurant sur les plages du Mourillon. Connaissez-vous l'O Beach ?
— Pas du tout. Vous m'indiquerez comment y aller ?
— C'est sur une des plages, mais j'espère que vous n'avez pas l'intention de prendre votre voiture ! Puisque vous avez besoin de moi comme chauffeur dans une quinzaine de jours, autant commencer tout de suite. Et surtout, ne vous inquiétez pas. Je vous ramènerai sans faute à quatorze heures ou même un peu plus tôt si vous le souhaitez.
Camille était contente de voir que Rémi s'était repris et lui parlait maintenant normalement sans bafouiller. Elle n'aurait pas aimé avoir en face d'elle, pendant tout le repas un adorateur béat incapable de lui répondre autrement que par monosyllabes, lui laissant le soin de mener la conversation. Il restait cependant un détail. Ils n'allaient pas continuer à se parler d'un ton aussi cérémonieux.
— D'accord ! Puisque tu me le proposes si gentiment nous allons faire comme ça. Mais je préfère te prévenir tout de suite que moi je ne vouvoie pas ; je tutoie.
— J'attendais que tu me le proposes.
Toulon n'est pas à proprement parler une ville touristique. Les capacités hôtelières sont faibles et il n'y a pas de campings. Comme les vacances d'été étaient dans plus de trois semaines, les restaurants des plages étaient encore peu remplis en dehors du week-end. Ils n'eurent donc aucune difficulté pour trouver une table dans un endroit agréable. Il faisait très beau et la vue sur la rade était superbe avec le spectacle d'une mer à peine agitée et ornée de petits voiliers vavigant paresseusement devant la presqu'ile de Saint Mandrier. Pendant le court trajet en voiture ils avaient parlé de tout et de rien, des plages, du temps etc… Une fois installés ils commandèrent le repas et entreprirent de faire connaissance.
— Sylvie m'a assez souvent parlé de toi. J'ai eu l'impression que tu lui manquais.
— C'est vrai que nous sommes très attachés l'un à l'autre. Elle a dû te dire que nous sommes jumeaux. Nous étions inséparables quand nous étions petits. Par la suite, nous avons été plus indépendants l'un de l'autre mais nous avons toujours eu des relations très privilégiées. Evidemment, pendant mes études à l'X à Paris on ne se voyait que pendant les vacances mais nous retrouvions tout de suite notre complicité. Chacun était le confident de l'autre.
— Ça n'a pas été trop dur d'être séparé d'elle ces quatre dernières années ?
— Oh ! Nous sommes tout de même des adultes et nous avons nos préoccupations quotidiennes qui deviennent de plus en plus importantes chaque jour. On a moins le temps de s'apitoyer sur nous-même. On s'écrivait de temps en temps tout de même. Et toi ? Tu as des frères et sœurs.
— Hé non ! Je suis fille unique.
— Ça ne t'a pas manqué ?
— Oui et non. Comme mes parents m'adorent, ils se sont énormément occupés de moi. C'est vrai que j'aurais aimé avoir une sœur qui se serait confiée à moi et à qui j'aurais pu me confier. Je pense que c'est pourquoi je suis très sociable. Mais, pour établir une amitié profonde, il faut être deux. La plupart des gens établissent seulement des relations de camaraderie qui ne donnent pas envie de faire des confidences. Sylvie n'est pas comme ça. C'est quelqu'un de très profond et nous nous sommes entendues tout de suite.
— Il me semble que dans une lettre elle avait fait allusion à une très bonne amie qu'elle s'était faite. C'était sans doute toi. Vous vous êtes connues comment ?
— Elle était professeur de français à l'institut Notre Dame quand j'y ai été nommée il y a deux ans.
— Ça fait deux ans que tu es enseignante ?
— Non. Ça fait quatre ans mais les deux premières années, j'étais dans le public.
— Ça ne t'a pas plu ?
— Pas trop. C'est trop grand et trop anonyme. Et puis, j'ai fait ma scolarité dans le privé et j'ai beaucoup aimé l'ambiance. J'avais envie de la retrouver.
— Tes parents sont très pratiquants ?
— Non, ils sont catholiques mais quand ils vont à l'église, c'est surtout pour les grandes occasions, Noël, Pâques, etc…
— Ils font quoi dans la vie ?
— Ils tiennent une boutique de chaussures rue d'Alger.
— Ils ne souffrent pas trop de la concurrence des grandes surfaces et d'Internet ?
— Ils vendent du haut de gamme qu'on ne trouve pas au supermarché et offrent un service qu'on n'a pas sur Internet. Alors, les affaires vont bien. Je crois savoir que tes parents à toi travaillent à la préfecture ?
— C'est ça. Maman est à la direction du personnel et papa dirige les services généraux.
Tout en discutant, Rémi contemplait la jeune femme qui était en face de lui. Elle était vraiment jolie. De type plutôt méditerranéen, elle avait des cheveux bruns coupés courts et des yeux marron-vert. Pour sa part, il la trouvait irrésistible. Son sourire, sa voix et la gentillesse qui émanait d'elle le ravissait. Ils devisèrent gaiement pendant le repas et quand arriva l'heure de la raccompagner à son école, il ressentit une profonde frustration. Au moment de la quitter, il lui demanda avec espoir s'ils ne pourraient pas se voir une nouvelle fois avant la pendaison de crémaillère.
Camille était très contente de l'agréable moment qu'elle avait passé evec Rémi qu'elle trouvait sympathique et très prévenant. Cependant, elle voulait pouvoir réfléchir tranquillement avant de savoir quel genre de relation elle souhaitait avoir avec ce garçon qui semblait si amoureux alors qu'ils se connaissaient à peine. Comme elle ne voulait pas le blesser, elle répondit avec prudence.
— J'ai été très heureuse de passer ces quelques instants. Ce fut un moment très sympathique. Il faut comprendre néanmoins que je suis un peu perturbée par ce que tu as dit tout à l'heure. Je ne dis pas que je ne veux pas que nous nous revoyions avant d'aller chez Sylvie mais c'est moi qui te téléphonerai.
— Je comprends. Je regrette ma gaffe et je suis conscient que les choses auraient été plus faciles entre nous si je ne l'avais pas faite.
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mozart
27 janvier 2026 à 16:08
Très bon début, les pions sont posés.
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Gubbe
30 mai 2025 à 19:29
C’est une si jolie histoire, cupido a t’il étè trop vite?
Soyez respectueux
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Mumu 47
28 mai 2025 à 18:36
Ca avance....
De la séduction avec la rencontre.
Soyez respectueux
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