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✦ EntreDeux À découvert XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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À découvert — Chapitre 6

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EntreDeux
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Ce chapitre avance comme une journée d'été : lentement, sans forcer, avec cette façon de tout dire par un regard ou un doigt qui s'attarde. La scène du carnet de croquis est particulièrement juste — Louise qui repositionne le bras de Johanna et laisse sa main une fraction de seconde de trop sur la hanche, ça résume tout le chapitre en un seul geste. On apprécie aussi la retenue des dialogues, souvent réduits à deux ou trois mots, qui laissent toute la place à ce qui ne se dit pas.

À découvert

Chapitre 6

Le lendemain, la maison était presque vide. Les parents de David étaient toujours chez les cousins avec Milan ; Thomas et David étaient partis pêcher en mer. Lorsque Johanna descendit, Louise était déjà dans la cuisine. Elle ne portait qu'un vieux tee-shirt de David, trop large aux épaules et suffisamment long pour lui arriver au haut des cuisses. Assise de travers sur une chaise, une jambe repliée sous elle, elle buvait son café. Dès qu'elle bougeait, le vêtement cachait autre chose et en découvrait davantage. Louise ne semblait pas s'en soucier.
Elles envisagèrent une promenade, le village, puis rien. Johanna regarda le soleil qui gagnait déjà la terrasse.
— Piscine ?
— Piscine.
Elles montèrent chacune de leur côté. Lorsque Johanna redescendit en maillot, Louise traversait déjà la terrasse, nue, une serviette sous le bras.
— Louise !
Elle se retourna.
— Quoi ?
— Tu es toute nue.
Louise regarda le jardin vide.
— Il n'y a personne.
Johanna posa une main sur sa hanche.
— Merci.
Louise éclata de rire.
— Mais toi, c'est pas pareil.
Elle plongea.
Johanna resta une seconde au bord, puis la rejoignit. Elles firent quelques longueurs avant d'abandonner toute prétention sportive. Louise flottait sur le dos, les yeux fermés. Johanna resta près d'elle, les bras posés sur le rebord.
— Tu as de la chance.
Louise ouvrit les yeux.
— Pourquoi ?
— D'être aussi bien avec ton corps.
Louise se remit debout dans l'eau et repoussa ses cheveux mouillés.
— Je ne crois pas que ce soit de la chance. C'est surtout une barrière qu'on garde dans la tête. Après, tu peux la garder si tu veux.
Elle repartit vers l'autre côté du bassin. Johanna la regarda s'éloigner.
Après déjeuner, elles revinrent sur les transats. Louise resta nue. Johanna sortit en maillot, posa sa serviette, ouvrit son livre et lut quelques pages. Puis elle le posa. Louise avait les yeux fermés.
Johanna passa les doigts sous la bretelle de son haut, le défit et le posa sur la serviette. Quelques secondes plus tard, elle retira également le bas.
Louise ouvrit les yeux. Son regard parcourut Johanna. Aucune ne plaisanta.
— Tu es trop belle.
Johanna sentit la chaleur lui monter au visage. Louise se redressa. Son regard avait déjà changé ; Johanna connaissait cette concentration depuis le centre de soins.
— Ton carnet est où ?
Louise sourit.
Quelques minutes plus tard, elle revint avec ses crayons et s'installa à quelques mètres. Elle regarda longtemps avant de commencer. Ses yeux passaient d'une épaule à la taille, des hanches aux jambes, puis revenaient au visage.
Johanna se redressa presque malgré elle. Louise secoua légèrement la tête. Johanna expira. Son ventre se relâcha, une jambe glissa un peu plus bas. Le crayon commença à courir.
Le bruit du graphite prit bientôt toute la place. Louise s'arrêtait, vérifiait une ligne, reprenait. Johanna suivait parfois ses yeux.
Louise finit par se lever. Elle approcha, déplaça légèrement le bras de Johanna, puis lui fit tourner le bassin de quelques degrés. Ses doigts restèrent un instant sur sa hanche.
Johanna leva les yeux. Louise retira la main et retourna au carnet.
Le dessin continua. Une épaule. Le poids de la poitrine dans cette position. La taille resserrée avant les hanches. Le ventre relâché. La courbe des cuisses. Louise ne commentait presque rien.
Enfin elle posa son crayon. Son visage s'éclaira.
— Regarde.
Elle vint s'asseoir près de Johanna et plaça le carnet entre elles. Johanna reconnut immédiatement son corps et, en même temps, eut l'impression de le découvrir.
Louise rayonnait. Elle l'embrassa, vite, spontanément, puis s'arrêta.
Leurs visages restèrent proches. Johanna sentit son souffle. Louise ne bougea plus.
Cette fois, Johanna revint vers elle. Sa main passa derrière sa nuque. Le deuxième baiser fut lent.
La main de Louise se posa sur sa taille. Johanna sentit ses cheveux contre sa joue, sa peau chaude du soleil. Ses doigts descendirent dans son dos. Louise frémit. Johanna recommença.
Elles restèrent longtemps proches, les caresses gagnant en assurance sans perdre leur lenteur. Le soleil, l'odeur de la crème et la serviette sous la peau finirent par réduire le jardin à quelques sensations très simples.
Lorsqu'elles se séparèrent, Louise resta contre son épaule. Johanna jouait lentement avec une boucle de ses cheveux. Le carnet était tombé près du transat. Aucune ne le ramassa tout de suite.
Quelques jours plus tard, David trouva le carnet ouvert sur la table du salon. Il reconnut Johanna avant même d'avoir vu son visage. Louise avait saisi les épaules fines, la taille resserrée, les hanches plus pleines et la détente d'un corps qui ne cherchait plus à poser.
Il tourna une page. Un second dessin la montrait de trois quarts. David resta devant la feuille plus longtemps qu'il ne l'aurait voulu.
Louise le trouva ainsi.
— Elle a vraiment posé nue pour toi ?
Louise regarda le dessin, puis David.
— Oui.
Elle referma tranquillement le carnet. David n'imagina rien d'autre.
Deux soirs plus tard, David et Louise rentrèrent plus tôt que prévu d'une promenade jusqu'au port. En passant devant la chambre de Thomas et Johanna, ils virent la lumière par la porte entrouverte et s'approchèrent pour leur souhaiter bonne nuit.
Louise s'arrêta la première.
Thomas et Johanna étaient assis nus sur le lit, tournés l'un vers l'autre. Ils parlaient simplement à voix basse, leurs jambes mêlées sur les draps, avec cette absence de gêne particulière aux couples qui ont depuis longtemps cessé de penser à leur nudité lorsqu'ils sont seuls.
Thomas dit quelque chose qu'ils n'entendirent pas. Johanna sourit et passa une main dans ses cheveux. Il avait la sienne posée sur sa cuisse.
Louise posa deux doigts sur le bras de David.
Johanna se rapprocha de Thomas pour lui murmurer quelque chose. Il rit à son tour, l'embrassa au front, puis sur la bouche. Elle passa les bras autour de son cou et l'attira contre elle.
Louise recula doucement et David la suivit. Dans leur chambre, elle referma la porte et resta un instant silencieuse.
— Ils sont beaux ensemble.
Elle vint s'asseoir près de lui et passa ses doigts entre les siens.
— J'aimerais qu'on ait ça, nous aussi. Dans dix ans, quinze ans...
David sourit.
— Vu mes antécédents, tu prends peu de risques.
Louise lui donna un coup d'épaule, puis posa la tête contre lui.
Dans la nuit suivante, David descendit chercher de l'eau. La maison dormait depuis longtemps ; il n'avait pas pris la peine de remettre son tee-shirt et ne portait que son caleçon. Dans l'escalier, le bois refroidi craqua sous ses pieds et une lumière basse, oubliée au-dessus de l'évier, dessinait sous la porte de la cuisine un trait jaune sur le carrelage.
Johanna était là. Ses cheveux défaits tombaient sur ses épaules et elle portait une nuisette claire dont le tissu souple suivait son corps dans la lumière chaude de l'évier. Debout sur la pointe des pieds, elle fouillait dans le placard du haut. Lorsqu'elle entendit David entrer, elle tourna la tête et leurs regards se rencontrèrent. Le sien descendit brièvement sur le torse nu du jeune homme ; celui de David suivit, presque dans le même mouvement, la transparence légère de la nuisette sur sa poitrine et ses hanches. Aucun des deux ne le commenta.
David ouvrit le réfrigérateur pendant qu'elle reprenait sa recherche. Une boîte de médicaments avait été poussée tout au fond du placard ; Johanna tendit le bras sans réussir à l'atteindre. Il lui dit d'attendre et passa derrière elle. L'espace entre la table et le meuble était étroit. Au moment où Johanna se retourna pour lui laisser la place, son pied glissa légèrement sur le carrelage ; David la saisit par la taille et ses mains à elle trouvèrent instinctivement son torse.
L'accident aurait dû s'achever aussitôt. Johanna retrouva son équilibre presque immédiatement ; pourtant aucun des deux ne s'écarta. La nuisette se froissait sous les doigts de David, assez fine pour qu'il sente la chaleur du corps à travers l'étoffe, et l'une des mains de Johanna restait posée sur son épaule tandis que l'autre, plus basse, s'était arrêtée à plat contre son ventre. Dehors, le vent faisait parfois vibrer une vitre ; dans la cuisine, on entendait seulement le ronronnement du réfrigérateur resté ouvert et leurs respirations devenues trop présentes.
Johanna leva les yeux vers lui. Il n'y avait encore rien, dans cette proximité, qui n'eût pu s'expliquer par le faux pas ; ce fut le temps qui changea la nature de la scène. Une seconde passa pendant laquelle ils auraient pu se séparer, puis une autre. David sentit son ventre se contracter sous la paume de Johanna et la réaction plus nette de son corps sous le tissu. Son souffle à elle se modifia à peine, mais il était assez proche pour le percevoir.
Elle voulut enfin retirer sa main. Ses doigts accrochèrent l'élastique du caleçon et l'écartèrent involontairement ; dans le mouvement, ils glissèrent dessous de quelques centimètres, sur la peau très basse du ventre. Johanna s'immobilisa. David aussi. Elle pouvait retirer sa main. David pouvait reculer. Aucun des deux ne bougea.
La main resta prise entre l'élastique et la chaleur de sa peau. Puis les doigts bougèrent, très lentement. Ils descendirent davantage, rencontrèrent la base de son sexe et s'arrêtèrent. David eut une inspiration brusque. Johanna aurait encore pu retirer sa main ; au lieu de cela, elle referma les doigts autour de lui à travers l'ouverture du caleçon, d'abord avec une hésitation presque incrédule, puis plus franchement lorsqu'elle sentit son érection durcir dans sa paume. David resserra ses mains sur sa taille et son corps revint contre le sien. La poitrine de Johanna se pressa contre son torse nu à travers la nuisette ; son visage était assez proche pour qu'il sente son souffle contre sa joue et l'odeur légère du savon dans ses cheveux. Leurs lèvres, pourtant, ne se cherchèrent pas. Toute leur attention semblait descendue vers cette main cachée sous le tissu.
Johanna inspira lentement. Sa main commença à bouger. Le premier va-et-vient fut court, presque prudent ; le second plus assuré. David ferma les yeux une seconde. Il sentait la paume glisser sur lui, les doigts se resserrer à chaque remontée, le pouce effleurer la tête humide de son sexe. La lenteur rendait chaque sensation distincte. Il aurait voulu lui dire d'arrêter et, dans le même instant, aurait été incapable de supporter qu'elle le fasse. Ses mains restaient sur les hanches de Johanna sans descendre davantage.
Johanna le regardait. Elle vit son visage se modifier à mesure que le plaisir prenait le dessus sur la peur d'être surpris : la mâchoire serrée, le souffle devenu irrégulier, les paupières qui se fermaient puis se rouvraient pour chercher les siennes. Ce regard la troubla presque autant que le contact dans sa main. Elle accéléra légèrement. David se pencha vers elle sans l'embrasser, son front frôlant presque sa tempe. Le réfrigérateur ouvert continuait de souffler son air froid contre leurs jambes tandis qu'entre eux la chaleur devenait suffocante.
La main de Johanna ralentit une fraction de seconde, puis reprit. David agrippa sa taille, comme s'il lui fallait encore un point d'appui. Il voulut retenir un mouvement, un souffle ; son corps lui échappa. Johanna resta contre lui, la main immobile, tandis que sa respiration retrouvait peu à peu son rythme. Elle releva les yeux. David soutint son regard.
Johanna retira enfin sa main. David relâcha sa taille. Leurs regards restèrent accrochés quelques secondes. Puis Johanna recula.
Une bretelle de sa nuisette avait glissé sur son épaule. David tenait toujours sa bouteille d'eau à la main. Johanna referma le réfrigérateur, récupéra la boîte de médicaments et quitta la cuisine.
Le lendemain matin, David descendit après une nuit presque sans sommeil. Johanna était déjà dans la cuisine, en short et débardeur, les cheveux encore humides dans le dos. Lorsqu'il entra, elle avait sa tasse entre les mains.
Leurs regards se rencontrèrent. David s'arrêta. Johanna posa sa tasse et vint vers lui. À deux pas, elle ralentit. Sa joue effleura la sienne ; quelques mèches mouillées touchèrent la tempe de David. Elle passa de l'autre côté. Leurs visages restèrent proches une fraction de seconde.
— Bonjour.
— Bonjour.
Johanna reprit sa tasse, but une gorgée, puis ouvrit le placard.
— Café ?
— Oui.
Elle posa une tasse devant lui. Leurs doigts se touchèrent. Johanna les laissa là un instant, puis se retourna vers la cafetière.
— Tu as mal dormi ?
David regarda ses cheveux humides retomber entre ses omoplates.
— Un peu.
— Moi aussi.
Le café commença à couler.
Des pas se firent entendre. Louise entra pieds nus, les cheveux en désordre, vêtue du vieux tee-shirt de David. Elle passa un bras autour de sa taille et l'embrassa sur la bouche, encore tout ensommeillée.
Puis elle alla vers Johanna, l'embrassa sur la joue et passa un bras autour de ses épaules. Elle resta ainsi contre elle une seconde, la joue près de la sienne, avant de lui caresser doucement le dos.
— Bien dormi ?
— Pas beaucoup.
Louise lui adressa un petit sourire et s'assit. Johanna lui servit du café. David prit le sien.
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Chapitre 7
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