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✦ EntreDeux À découvert XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

À découvert — Chapitre 7

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EntreDeux
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Ce chapitre sait prendre son temps — et c'est exactement ce dont il avait besoin. La scène des crêpes avec la mère de David est une petite merveille de légèreté : on rit, on est bien, et pourtant la chaise vide de Thomas est là, comme une présence. La baignade nocturne et la conversation qui suit ont une franchise rare, une façon d'aborder ce qu'on tait d'habitude avec une douceur et une honnêteté qui marquent.

À découvert

Chapitre 7

En fin de matinée, le téléphone de Thomas sonna. Il s'éloigna pour répondre et revint quelques minutes plus tard avec cette expression que Johanna connaissait avant même qu'il parle. Il était rappelé. Départ le lendemain matin ; quelques jours de mission, peut-être davantage.
Johanna ne protesta pas. Elle demanda seulement l'heure, puis remonta préparer avec lui ce qu'il fallait. Le lendemain, peu avant neuf heures, Thomas descendit son sac dans l'entrée. David le retrouva près de la voiture tandis qu'il rangeait son sac dans le coffre.
— Tu sais combien de temps ?
— Quelques jours. Peut-être davantage.
Thomas jeta un regard vers la maison.
— Johanna déteste ces départs.
— Elle a l'habitude.
— Justement.
Il referma le coffre, puis regarda David.
— Je suis content pour toi.
— Pour quoi ?
— Louise. Elle est bien pour toi.
David sourit et Thomas lui donna un léger coup d'épaule.
— Et toi aussi, tu as changé. Je suis fier de toi, petit frère.
— Ne deviens pas sentimental.
Thomas rit.
— Louise et Johanna s'entendent bien. Et toi aussi avec elle. Ça me rassure de partir en vous sachant là.
— On prendra soin d'elle.
Thomas posa une main sur son épaule.
— Toi surtout.
La porte de la maison s'ouvrit. Johanna apparut. Thomas attira brièvement David contre lui, puis se tourna vers elle. Johanna passa les bras autour de son cou et l'embrassa longtemps.
Le deuxième soir sans Thomas, ils dînèrent dehors. La chaleur de la journée restait prise dans les pierres de la terrasse et la mère de David avait décidé qu'ils feraient des crêpes, décision qu'elle justifiait uniquement par le fait qu'ils étaient en Bretagne. Elle allait de la cuisine à la table, revenait chercher ce qu'elle avait oublié, demandait à Louise de surveiller la poêle avant de lui reprendre la spatule trente secondes plus tard. Johanna la regardait faire.
La chaise où Thomas s'était presque toujours installé depuis le début du séjour était vide. Personne ne l'avait désignée comme la sienne ; personne ne l'avait prise non plus. Milan racontait quelque chose à son grand-père. Louise était assise près de David. Sa mère posa une nouvelle pile de crêpes sur la table.
— Celle-là est ratée.
David examina la crêpe parfaitement ronde.
— Terrible.
— Elle est trop épaisse.
— On va essayer de surmonter ça.
— Tu peux te moquer. Je ne t'en ferai plus.
Elle lui en posa deux dans l'assiette. Louise éclata de rire. Johanna sourit, puis ses yeux revinrent vers la chaise vide. Son téléphone était posé près de son verre. Deux fois depuis le début du repas, l'écran s'était allumé. Deux fois elle l'avait pris immédiatement. La seconde notification n'avait rien à voir avec Thomas ; elle reposa l'appareil face contre la table.
— Il t'a appelée ? demanda la mère de David.
— Pas encore.
— Il va regretter mes crêpes.
Johanna sourit.
— Je lui dirai.
— Non. Prends une photo. Je veux qu'il souffre.
Cette fois Johanna rit franchement. La mère de David passa derrière elle pour retourner dans la cuisine, dans son pantalon de toile et son tee-shirt clair. Johanna la suivit un instant des yeux, puis regarda Louise. Louise intercepta son regard, jeta un coup d'œil vers la cuisine et un petit sourire passa entre elles.
— Quoi ? demanda David.
— Rien, répondirent-elles ensemble.
Quelques minutes plus tard, le téléphone de Johanna vibra. Elle le prit si vite que David leva les yeux. Cette fois son visage changea.
— Thomas ?
Elle hocha la tête, lut le message une seconde fois, puis se leva.
— Excusez-moi.
Elle s'éloigna au fond de la terrasse pour lui parler. Ils entendirent sa voix sans distinguer les mots. Lorsque Johanna revint, tout le monde parlait trop fort. Même le père de David participait maintenant à une discussion absurde sur la meilleure manière de faire une crêpe. Personne ne lui demanda ce que Thomas avait dit. La mère de David lui posa simplement une crêpe devant elle.
— Celle-ci est la meilleure.
— Tu disais que les autres étaient ratées.
— Justement. J'ai progressé.
Johanna posa une main sur son bras.
— Merci.
La mère de David posa sa main sur la sienne.
— Mange.
Plus tard, tandis que David et Louise se disputaient le dernier morceau de crêpe et que Milan parlait encore, Johanna regarda autour de la table. Elle souriait. Puis ses yeux revinrent vers la chaise vide.
La maison s'endormit tard. Vers minuit, Louise repoussa le drap.
— J'ai trop chaud.
David entrouvrit les yeux.
— Passionnant.
Elle lui donna un coup de pied.
— Piscine.
Elle se leva sans chercher de maillot. David sourit et la suivit. Ils descendirent nus, en essayant de ne pas faire craquer l'escalier. La lumière de la piscine dessinait un rectangle bleu au fond du jardin. Johanna était assise sur un transat. Elle portait encore la petite robe légère du dîner. Ses sandales étaient abandonnées sur les dalles et elle avait ramené ses jambes contre elle. Elle tourna la tête lorsqu'ils sortirent. Son regard s'arrêta d'abord sur Louise, puis sur David.
— Ah.
Louise s'immobilisa.
— On ne savait pas que tu étais là.
— J'avais compris.
David hésita.
— On peut aller chercher quelque chose.
Johanna eut un sourire.
— Vous êtes déjà arrivés jusqu'ici.
Louise entra dans l'eau.
— Viens.
— Non.
— Pourquoi ?
Johanna désigna sa robe.
— Parce que, contrairement à vous deux, j'avais prévu de rester habillée.
— Mauvaise organisation.
Johanna rit, franchement cette fois. Elle contempla l'eau, puis se leva.
— Tournez-vous.
David se retourna aussitôt. Louise resta une seconde face à elle.
— Même moi ?
Johanna haussa un sourcil.
— D'accord, d'accord.
Louise se retourna. Derrière eux, il y eut le froissement de la robe, un silence, puis un plongeon. Ils se retournèrent. Johanna reparut quelques mètres plus loin, repoussa ses cheveux des deux mains et reçut aussitôt une gerbe d'eau envoyée par Louise.
— Tricheuse.
— Pourquoi ?
— Parce que maintenant tu es dans l'eau.
— C'était exactement le but.
Louise nagea vers elle.
— Tu sais que je t'ai déjà vue nue ?
— Ce n'est pas une raison.
— Argument irrecevable.
Johanna lui envoya de l'eau au visage. Ce fut le début de la guerre. Ils s'éclaboussèrent, se poursuivirent d'un bout à l'autre du bassin, essayèrent de se couler les uns les autres. Louise trichait avec une mauvaise foi absolue. David changea trois fois de camp et fut accusé de trahison par les deux. À un moment, Johanna riait tellement qu'elle dut s'accrocher au bord.
Lorsqu'ils sortirent enfin, personne ne remonta chercher de vêtements. La nuit était chaude ; la pierre avait gardé la chaleur du jour. Ils s'allongèrent sur trois transats, Louise entre les deux autres.
Pendant quelques minutes, on n'entendit que l'eau qui remuait encore contre les parois. Johanna tourna la tête vers eux. Louise avait les yeux fermés ; David regardait le ciel.
— Vous êtes très beaux, tous les deux.
Louise ouvrit un œil.
— C'est gentil.
— Je suis sérieuse.
David tourna la tête. Le regard de Johanna resta sur lui une seconde avant de revenir à Louise.
— Tous les deux ensemble, ajouta-t-elle.
— J'avais compris, dit Louise.
Johanna regarda de nouveau la piscine. Louise resta silencieuse un moment.
— Tu sais que je le trouve beau aussi ?
David rit.
— Heureusement.
— Ce n'est pas ce que je veux dire.
Elle se redressa légèrement.
— Quand on s'est rencontrés, tu avais toujours peur de regarder. Comme si trouver quelqu'un beau t'obligeait déjà à quelque chose.
— Je me suis amélioré.
— Un peu.
Johanna sourit.
— Moi aussi, je regarde, reprit Louise.
Son regard passa sur Johanna.
— Et parfois, ce n'est pas seulement beau. Parfois, il y a du désir.
David attendit.
— Ça t'arrive ?
— Bien sûr.
— Et tu ne me l'avais jamais dit.
— Tu ne me l'avais jamais demandé.
David réfléchit.
— Et quand c'est moi ?
Louise ramena une jambe contre elle.
— Je ne vais pas te dire que ça ne me fait jamais rien. Quand je vois une femme te regarder et que je vois que tu l'as remarquée, parfois ça m'agace.
David sourit.
— Ne prends pas cet air satisfait.
Johanna rit.
— Toi, ne l'encourage pas.
— Je n'ai rien dit.
Louise se rallongea.
— Mais je ne veux pas que tu fasses semblant de ne rien voir pour me rassurer. Il y a des gens qu'on trouve beaux. D'autres qui nous troublent davantage. On ne choisit pas toujours.
Elle regarda Johanna. Johanna soutint ses yeux.
— Après, ce qu'on en fait, c'est autre chose.
David prit la main de Louise.
— Et nous ?
Louise entrelaça ses doigts aux siens.
— Nous, je nous choisis.
Johanna tendit la main vers Louise. Leurs doigts se trouvèrent sur le bord du transat.
— Vous allez me manquer aussi, murmura-t-elle.
Louise serra sa main.
— On revient.
Johanna sourit. David avait toujours la main de Louise dans la sienne. De l'autre côté, Louise tenait celle de Johanna. Personne ne semblait pressé de rentrer.
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Chapitre 8
David et Louise font halte chez le père de cette dernière, dans le Sud, avant de rejoindre Paris. Entre réparation de volet, déjeuners en terrasse et tendresse discrète, le quotidien s'installe avec une douceur presque familiale. Mais Louise a une surprise en réserve : une plage où personne ne porte de maillot. Pour David, habitué à tout habiller de sens, une expérience qu'il n'avait pas prévue.
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