Inspiré du réel
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
C’est pour vous... — Chapitre 10 · Mains d'or et colère noire
Auteur
C’est pour vous...
Chapitre 10 · Mains d'or et colère noire
Sophie laissa ses doigts explorer plus avant.
Elle caressa lentement le sexe de Sonia, toujours debout à côté de la table. Ses doigts glissèrent entre les lèvres chaudes, déjà humides, écartant un peu la toison frisée. Elle sentit la chaleur moite sous sa paume, le léger tressaillement des muscles de son amie. Sonia poussa un soupir bas. Ses cuisses se contractèrent légèrement. La sensation était troublante pour toutes les deux.
Sonia laissa faire quelques secondes encore, puis posa doucement sa main sur celle de Sophie pour l’arrêter.
— Retourne-toi. Le massage n’est pas fini.
Sophie obéit. Elle se retourna sur le dos. Son amie reprit l’huile entre ses paumes et les posa à nouveau sur elle. Elle commença par les épaules, redescendit le long des bras, puis ses doigts passèrent sur les seins de Sophie. Elle frôla les tétons déjà durs, les cercla lentement. Ses mains glissèrent ensuite plus bas, entre ses cuisses, et la caressèrent là où elle était déjà humide.
Puis Sonia se pencha.
Elle posa ses lèvres sur la poitrine volumineuse. Sa langue lécha la peau chaude jusqu’au téton qu’elle prit en bouche. Elle suça doucement, puis plus franchement, pendant que sa main restait active entre les cuisses de Sophie. Elle s’attarda sur chaque sein avec une tendresse gourmande.
Sophie gémissait bas, une main posée dans les cheveux frisés de sa complice.
Sonia prit son temps. Sa bouche passait d’un sein à l’autre, lente, attentive. Sa main devint plus précise, trouvant le clitoris gonflé, le cerclant avec douceur. Sophie sentait le plaisir monter différemment, sans brutalité, seulement cette attention presque tendre.
Sonia s’allongea à demi sur elle. Leurs seins se touchèrent. Elle l’embrassa d’abord sur le cou, puis sur la bouche. Le baiser devint plus profond. Sophie posa ses mains dans le dos de son amante, puis plus bas, sur ses fesses. Sonia gémit dans sa bouche. Elle glissa une jambe entre celles de Sophie et appuya son sexe contre le sien. Elles bougèrent ensemble, lentement, cherchant le bon frottement.
Leurs bassins trouvèrent un rythme. Sonia enfonça deux doigts tout en continuant à onduler contre elle. Sophie agrippa son dos, les cuisses tremblantes. Le plaisir monta par vagues de plus en plus rapprochées. Elle arqua le dos. L’orgasme arriva en silence d’abord, puis se répandit en secousses profondes. Elle se contracta autour des doigts de Sonia, le visage enfoui contre son épaule, traversée de longs frissons.
Sonia la garda contre elle jusqu’au bout, ralentissant progressivement, jusqu’à ce que le corps de son amie se détende enfin dans ses bras.
Sophie restait encore tremblante. Sonia posa une main sur son ventre, puis un baiser léger sur sa tempe.
— Tu vas bien ? murmura-t-elle.
Sophie hocha faiblement la tête. Elle passa un bras autour de sa taille et la serra contre elle. Sonia s’allongea à ses côtés. Leurs corps restèrent collés.
— Je ne pensais pas que ça irait aussi loin, dit Sonia tout bas. Pas aujourd’hui. Pas ici.
Sophie posa une main sur sa joue.
— Moi non plus.
Elles restèrent enlacées dans le calme de la salle, sans chercher tout de suite à aller plus loin. Sonia l’embrassa à nouveau, lentement, sans urgence. Un baiser qui prolongeait simplement ce qui venait de se passer entre elles.
Elles quittèrent la salle de massage en silence.
Dans les vestiaires, elles se rhabillèrent sans se presser. De temps en temps, leurs regards se croisaient. Sonia lui sourit une dernière fois, un sourire discret, presque intime. Dehors, l’air frais leur parut presque agressif après la chaleur du hammam.
— Tu veux que je te ramène ? demanda Sonia.
Sophie secoua la tête.
— Non. Je vais passer au magasin. Il faut que… je vois.
Sonia n’insista pas. Elle posa juste une main sur son bras une seconde, puis la laissa partir.
Quand Sophie poussa la porte du tabac-presse, Serge était derrière le comptoir. Lucas rangeait des cartons près de la réserve. Les deux levèrent les yeux en même temps.
Serge fut le premier à parler.
— Ah. Tu daignes revenir.
Sa voix était froide, posée. Sophie sentit immédiatement le regard de Lucas sur elle. Il ne disait rien, mais il écoutait.
— J’avais besoin de souffler, répondit-elle simplement.
Serge referma le tiroir-caisse un peu trop fort.
— T’aurais pu prévenir. J’ai tout géré seul pendant que tu… où étais-tu exactement ?
Sophie posa son sac. Elle sentait la présence de Lucas à quelques mètres, silencieuse, attentive. Ça rendait chaque mot plus lourd.
— Chez Sonia, finit-elle par dire.
Serge eut un petit rire sans joie.
— Évidemment. Toujours chez Sonia quand ça ne va pas.
Il s’approcha un peu du comptoir, les mains à plat sur le bois.
— On a une discussion à finir !
Lucas releva à peine la tête de son carton. Son regard croisa celui de Sophie une fraction de seconde. Il y avait dans ses yeux quelque chose d’attentif, presque amusé, comme s’il savait qu’il assistait à bien plus qu’une simple dispute de couple.
Sophie serra légèrement les poings le long de son corps.
— Peut-être que tout le monde n’a pas besoin d’entendre, dit-elle d’une voix plus basse.
Serge fit un signe de tête vers le fond du magasin.
— Viens. Dans le bureau.
Sophie le suivit. La porte se referma derrière eux avec un claquement sourd. À l’extérieur, Lucas s’approcha discrètement et s’arrêta tout près, assez pour entendre sans être vu.
Dans le petit bureau, Serge croisa les bras.
— T’as passé la nuit dehors. Chez Sonia. Et tu reviens comme si de rien n’était. Tu crois que c’est normal ?
Sophie posa son sac sur une chaise.
— Normal ? reprit-elle d’une voix plus dure. Normal, c’est de m’apprendre que tu n’as plus envie de moi depuis des mois ? Que mon corps te dégoûte ? Que mes vêtements ne sont plus assez féminins ?
Serge détourna un instant le regard.
— J’ai été honnête. C’est déjà ça.
— Honnête ? Tu m’as humiliée. Et maintenant tu me reproches d’être partie ?
Sophie ne détacha pas son regard de Serge.
— Tu veux vraiment savoir où j’en suis ? reprit-elle d’une voix plus basse, presque tremblante de tension. Depuis que tu m’as dit ça, quelque chose s’est cassé. Je me suis regardée autrement. Et d’autres m’ont regardée autrement aussi.
Serge fronça les sourcils.
— Tu veux dire quoi par là ?
Elle hésita une fraction de seconde. Derrière la porte, Lucas était parfaitement immobile, attentif à chaque souffle.
— Ça veut dire que je ne me sens plus obligée de tout accepter. Ni ton indifférence. Ni ton silence. Ni le fait que tu me parles de mon corps comme d’un problème.
Serge s’adossa au bureau, les bras croisés plus fort.
— Tu deviens dramatique. On est ensemble depuis vingt-cinq ans, Sophie. On a des enfants. Un commerce. On va pas tout faire basculer pour une dispute.
— Ce n’est pas une dispute, répondit-elle. C’est une vérité que tu as balancée et que je dois maintenant porter. Seule.
Elle prit son sac.
— Je vais travailler. Parce que le magasin, au moins, il a encore besoin de moi. Toi, j’en suis plus aussi sûre.
Elle se dirigea vers la porte. Serge ne tenta pas de l’arrêter.
Quand elle ouvrit, Lucas s’était déjà écarté d’un pas, faisant mine de ranger quelque chose sur une étagère. Leurs regards se croisèrent une seconde. Il n’y avait plus d’amusement dans ses yeux. Seulement une attention plus sombre, plus intéressée, comme s’il venait d’enregistrer chaque faille du couple.
Sophie passa devant lui sans un mot et retourna vers le comptoir, le cœur encore battant trop fort.
À suivre...
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