C’est pour vous...
Chapitre 2 · Le parfum
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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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C’est pour vous... — Chapitre 2 · Le parfum

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Ryo Saeba
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Ce qui accroche d'emblée, c'est la justesse du malaise intérieur de Sophie : cette façon de se savonner « pour se débarrasser de ce qu'elle ressentait », ou de détourner les yeux de son propre reflet dans le miroir embué. La tension monte page après page sans forcer, portée par des détails très concrets — la main du mari sur la hanche, le regard de Lucas qui descend le long du pull — qui font mouche à chaque fois. Un chapitre qui tient en haleine jusqu'à sa dernière ligne.

C’est pour vous...

Chapitre 2 · Le parfum

Sophie rentra à la maison un peu plus tard que d’habitude. La maison était calme. Les deux plus jeunes étaient dans leurs chambres, le plus grand n’était pas rentré. Son mari était déjà installé dans le canapé, la télé allumée, un verre à la main.
— T’as fermé tard ce soir, dit-il sans vraiment lever les yeux.
— Oui… y avait du rangement, répondit-elle.
Elle déposa son sac, retira son manteau, et monta directement à l’étage. Elle avait besoin d’être seule. Dans la salle de bain, elle ferma la porte à clé, ce qu’elle ne faisait presque jamais, et ouvrit le robinet de la douche.
Sous l’eau chaude, elle resta longtemps immobile. L’eau coulait le long de son corps, elle ferma les yeux, aussitôt, les images revinrent. La couverture. La femme entre les deux jeunes hommes. Puis les pages qu’elle avait feuilletées toute seule dans le magasin fermé. Les positions. Les regards. Les corps.
Elle posa le front contre le carrelage. Son cœur battait encore trop vite. Entre ses cuisses, la chaleur n’avait pas disparu. Elle sentait son sexe un peu gonflé, sensible, juste à cause de l’eau qui glissait. Elle n’y toucha pas. Elle se l’interdit. Mais le désir était là, tenace, presque douloureux.
La honte lui serra la gorge. Elle était une femme mariée, mère de famille, pas une actrice de ces images. Et pourtant l’idée ne partait pas. Elle restait collée sous sa peau, plus forte que la raison.
Sophie se savonna rapidement, comme pour se débarrasser de ce qu’elle ressentait.
Elle coupa l’eau, sortit de la douche, s’enveloppa dans la serviette. Dans le miroir embué, elle aperçut son corps. Les seins lourds, le ventre, les hanches larges. Le même corps que celui de la femme sur la couverture. Elle détourna les yeux.
Le lendemain matin, Sophie descendit plus tôt que d’habitude. Elle s’était réveillée le ventre serré, honteuse.
Son mari était déjà dans la cuisine, en train de préparer le café.
— Tu t’es levée tôt, fit-il.
— J’ai pas trop dormi, répondit-elle simplement.
Ils prirent le petit-déjeuner en silence, comme souvent. Rien n’avait changé en apparence. Et pourtant, elle avait l’impression que tout était différent.
Ils ouvrirent le tabac-presse ensemble à huit heures. Le rideau métallique gronda en remontant. L’odeur familière du tabac et du papier les accueillit. Son mari alluma les néons, rangea les premiers journaux, tandis que Sophie s’installait derrière le comptoir.
Elle ne put s’empêcher de jeter un regard vers le fond du magasin. Le rayon des revues coquines était là, comme toujours. Le magazine qu’elle avait feuilleté la veille se trouvait quelque part parmi les autres. Elle avait presque envie d’aller vérifier s’il était toujours à sa place. Elle n’en fit rien.
Alors qu’elle rangeait des paquets de clopes sous le comptoir, son mari passa derrière elle et posa une main distraite sur sa hanche en passant.
— Je descends à la réserve, je reviens, dit-il.
Le contact fut bref, anodin. Mais Sophie sursauta presque. Sa hanche brûla là où il l’avait touchée. Elle resta figée une seconde, le souffle un peu court. Ce simple geste, qu’il faisait parfois sans y penser, prenait soudain une autre densité.
Elle se redressa et regarda vers la porte vitrée.
Une partie d’elle attendait déjà de les revoir. Les deux jeunes. Leurs rires. Leur provocation.
Et une autre partie avait peur qu’ils reviennent vraiment.
L’après-midi s’écoula lentement.
Quelques clients entrèrent : une vieille dame pour son journal et un paquet de blondes, un homme pressé qui grattait deux tickets, des collégiens pour des bonbons. Son mari parti, Sophie servait, rendait la monnaie, répondait poliment. Mais son esprit n’était qu’à moitié là. Chaque fois que la porte s’ouvrait, son regard se levait un peu trop vite. Chaque fois, ce n’était pas eux.
Vers seize heures trente, le magasin se vida à nouveau. Le soleil de septembre tapait encore sur la vitrine. Sophie s’était assise sur le tabouret derrière le comptoir, les bras croisés. Elle sentait encore cette tension sourde dans le bas-ventre, comme un fil tendu depuis la veille. Elle avait dormi peu. Elle avait pensé trop.
La porte s’ouvrit.
Elle n’eut pas besoin de lever la tête pour savoir. Le bruit des voix, le rire un peu trop fort, l’allure.
Lucas entra le premier, les mains dans les poches de son jean, ce sourire en coin déjà collé au visage. Théo le suivait de près, un peu plus raide, les oreilles déjà légèrement roses, mais les yeux posés sur elle sans détour.
Ils ne se dirigèrent pas tout de suite vers un rayon. Ils restèrent un moment au milieu du magasin, comme les jours précédents, la regardant franchement. Sophie sentit le sang lui monter aux joues. Elle se redressa derrière le comptoir, le visage fermé.
— Vous voulez quelque chose ? demanda-t-elle d’une voix plus sèche qu’elle ne l’aurait voulu.
Lucas s’approcha du zinc et s’appuya nonchalamment sur le bord. Ses yeux verts la détaillèrent sans se cacher.
— On est juste passés dire bonjour, madame.
Il accentua le « madame » avec un léger sarcasme. Théo étouffa un rire nerveux derrière lui.
Sophie le fixa droit dans les yeux.
— Si vous n’achetez rien, vous pouvez repartir.
Lucas ne bougea pas. Son regard descendit lentement le long de son pull, s’attarda sur la courbe de ses seins, puis sur ses hanches, avant de remonter jusqu’à son visage.
— On voulait juste savoir si vous aviez aimé le magazine, dit-il calmement.
Le silence tomba. Sophie sentit son cœur s’accélérer violemment. Elle n’avait pas prévu qu’ils iraient aussi directement. Théo regardait ses pieds un instant, puis releva les yeux vers elle, les joues colorées, mais le regard brûlant.
Sophie serra les mâchoires.
— Sortez, lâcha-t-elle.
Lucas sourit plus largement, comme s’il avait obtenu exactement ce qu’il voulait. Il se redressa, fit un petit signe de tête à Théo, et ils se dirigèrent vers la porte. Avant de sortir, Lucas se retourna une dernière fois.
— À bientôt, madame.
La porte se referma. Leurs rires résonnèrent encore quelques secondes dehors.
Sophie resta immobile, les mains posées à plat sur le comptoir. Ses doigts tremblaient légèrement. Entre ses cuisses, la chaleur était revenue, plus forte qu’avant. Elle ferma les yeux une seconde, furieuse contre elle-même.
Quand dix-neuf heures arrivèrent enfin, elle rangea la caisse avec des gestes trop rapides, éteignit les néons un par un, puis baissa le lourd rideau métallique. Le bruit résonna dans le silence.
Elle était seule.
Elle aurait dû prendre son sac et partir. Au lieu de ça, ses pas la portèrent directement vers le fond du magasin. La lumière de secours éclairait faiblement le rayon des revues coquines. Sophie s’arrêta devant. Son cœur battait trop fort. Elle savait ce qu’elle allait faire, et la honte lui brûlait déjà les joues.
Elle saisit le magazine que Lucas lui avait laissé. Les images s’étalèrent à nouveau sous ses yeux, encore plus crues que dans son souvenir. La femme à genoux, un sexe dans la bouche, un autre qui la pénétrait. La femme sur le dos, les jambes écartées, les deux garçons au-dessus d’elle. Le plaisir sur son visage.
Sophie sentit ses genoux faiblir. Elle s’appuya contre le rayon. Une main glissa le long de son ventre, sous le jean, sous la culotte. Elle était déjà trempée. Ses doigts trouvèrent son clitoris gonflé et commencèrent à tourner lentement, presque avec colère.
Elle tourna les pages d’une main, se caressa de l’autre. Chaque nouvelle image la faisait gémir bas. Elle s’imagina à la place de cette femme. Les mains de Lucas et de Théo sur ses seins lourds. Leurs bites dures contre sa peau. Leurs rires. Leurs regards. La phrase qui tournait en boucle : C’est pour vous.
Ses doigts glissèrent plus bas, s’enfoncèrent en elle. Elle était si mouillée que ça sonnait obscènement dans le silence du magasin. Elle frotta plus vite, le front appuyé contre les magazines, le souffle court, les hanches qui bougeaient toutes seules. La honte était toujours là, brûlante, mais elle n’arrivait plus à s’arrêter. Elle en voulait plus. Elle voulait être cette femme. Elle voulait ces deux gamins sur elle, en elle.
L’orgasme la prit brutalement. Un long frisson violent qui lui arracha un gémissement rauque. Ses cuisses tremblèrent, son sexe se contracta autour de ses doigts. Elle continua à se caresser par petits à-coups jusqu’à ce que la vague redescende, la laissant haletante, le front collé au rayon, la main encore sous sa culotte.
Pendant de longues secondes, elle ne bougea plus. Seulement le bruit de sa respiration dans le magasin vide.
Puis la honte revint, plus forte.
Sophie retira sa main, tira son jean, referma le magazine d’un geste brusque et le fourra n’importe où sur le rayon. Elle se redressa, les jambes encore molles, le visage brûlant. Elle venait de se toucher toute seule, au milieu de son commerce, en regardant des images de femmes de son âge baisées par des garçons de dix-huit ans.
Elle éteignit la lumière de secours et se dirigea vers la petite porte de derrière, le cœur encore battant, les doigts encore humides.
Sophie sortit par la petite porte de derrière, celle qui donnait sur la ruelle sombre. Elle venait à peine de tourner la clé dans la serrure quand elle se figea.
Ils étaient là.
Lucas et Théo se tenaient contre le mur, à deux mètres d’elle. Lucas avait les mains dans les poches et ce sourire en coin qu’elle commençait à trop bien connaître. Théo, un peu en retrait, la regardait avec une intensité qui la fit rougir aussitôt. Son cœur manqua un battement.
— Qu’est-ce que vous voulez ? demanda-t-elle d’une voix plus rauque qu’elle ne l’aurait voulu.
Lucas s’approcha sans se presser. Il se pencha vers elle, si près que son souffle lui caressa l’oreille.
— La même chose que vous, murmura-t-il.
Sophie eut un mouvement de recul, mais le mur était juste derrière elle. Avant qu’elle puisse répondre, Lucas saisit doucement son poignet droit et releva sa main.
Il ne dit rien. Il se contenta de porter ses doigts un peu plus près de son visage. L’odeur était encore là, forte, indéniable : le parfum chaud et humide de sa chatte qu’elle venait de caresser seule, quelques minutes plus tôt, au milieu des magazines.
Lucas inspira légèrement, les yeux verts fixés sur les siens. Son sourire s’élargit.
— On le savait, dit-il simplement.
Derrière lui, Théo avala sa salive, le regard brûlant, planté sur la poitrine de Sophie, puis sur sa bouche.
Sophie sentit ses jambes flageoler. La honte lui monta au visage en même temps qu’une vague de désir encore plus violente que celle qu’elle venait d’avoir. Sa main tremblait dans celle de Lucas. Elle aurait dû la retirer. Elle aurait dû crier, les chasser, rentrer chez elle.
Au lieu de ça, elle resta là, coincée entre le mur et les deux jeunes, le souffle court, sa propre odeur exposée entre eux.
Lucas n’avait toujours pas lâché ses doigts.
— Alors, madame… on fait quoi maintenant ?
Sophie les regarda l’un après l’autre. Les yeux insolents de Lucas. Le trouble brûlant de Théo.
Sa voix sortit plus basse, presque cassée.
— Entrez…
Elle se retourna, les mains tremblantes, et rouvrit la petite porte de derrière. Elle entra la première dans le magasin plongé dans le noir. Les deux jeunes la suivirent sans un mot. La porte se referma derrière eux avec un clic sourd.
À suivre....
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