Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
C’est pour vous... — Chapitre 11 · La gifle
Auteur
C’est pour vous...
Chapitre 11 · La gifle
Le reste de l’après-midi s’écoula dans une atmosphère tendue.
Serge s’occupait de cartons dans la réserve. Sophie tenait le comptoir. Lucas restait suffisamment proche pour être utile… et présent.
Vers dix-huit heures, Serge sortit pour un ravitaillement. La porte se referma. Ils furent seuls.
Lucas s’approcha sous prétexte de remplir le présentoir de grattages. Il parla à voix basse :
— J’ai entendu, tout à l’heure. Dans le bureau.
Sophie se raidit légèrement.
Il poursuivit sans la regarder tout de suite :
— Il a dit qu’il n’avait plus envie de votre corps…
C’est étrange. Parce que moi, votre corps… il m’a beaucoup plu.
Je l’ai déjà goûté… et j’en reprendrais bien.
C’est étrange. Parce que moi, votre corps… il m’a beaucoup plu.
Je l’ai déjà goûté… et j’en reprendrais bien.
Le dernier mot n’était pas achevé que la main de Sophie partit.
La gifle claqua sèchement dans le magasin vide.
La gifle claqua sèchement dans le magasin vide.
Lucas tourna la tête sous le choc. Une rougeur monta aussitôt sur sa joue. Il resta un instant silencieux, puis passa lentement la langue sur l’intérieur de sa lèvre. Un sourire étrange étira les coins de sa bouche.
— Vous frappez fort… madame.
Sophie sentait son cœur battre jusque dans ses tempes. Sa paume brûlait encore.
Cette gifle avait été impulsive. Pourtant, en restant là, elle perçut autre chose. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait cessé d’encaisser. Elle n’était plus seulement celle qu’on désirait, qu’on provoquait ou qu’on négligeait. Elle venait de répondre. Et cette sensation, aussi troublante fût-elle, ressemblait presque à une forme de liberté.
Cette gifle avait été impulsive. Pourtant, en restant là, elle perçut autre chose. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait cessé d’encaisser. Elle n’était plus seulement celle qu’on désirait, qu’on provoquait ou qu’on négligeait. Elle venait de répondre. Et cette sensation, aussi troublante fût-elle, ressemblait presque à une forme de liberté.
Lucas n’avança pas.
— Je m’excuse, dit-il finalement, sans en avoir vraiment l’air.
Pas pour ce que j’ai dit. Pour le timing, peut-être.
Pas pour ce que j’ai dit. Pour le timing, peut-être.
Il reprit un paquet de tickets et retourna vers le présentoir. Le regard qu’il lui lança encore une fois montrait qu’il avait senti le changement.
Sophie demeura immobile derrière le comptoir. Elle avait giflé. Et pour la première fois, elle n’avait pas uniquement l’impression d’avoir cédé du terrain. Une part d’elle venait d’en reprendre.
Le reste de la fermeture se fit presque sans un mot.
Lucas rangeait sans la provoquer davantage. Sophie terminait les comptes, vérifiait les rayons, avec une attitude plus ferme, plus consciente.
Lucas rangeait sans la provoquer davantage. Sophie terminait les comptes, vérifiait les rayons, avec une attitude plus ferme, plus consciente.
Quand vint le moment de baisser le rideau, Lucas s’approcha pour l’aider. Elle l’arrêta d’un geste.
— Je m’en occupe.
Lucas la détailla une seconde. Sa posture n’était plus tout à fait la même. Elle n’était pas devenue froide. Juste plus présente à elle-même.
— Comme vous voulez… madame.
Il prit sa veste. Avant de sortir, il se retourna.
— Bonne soirée.
— Bonne soirée, Lucas, répondit-elle calmement.
La porte se referma.
Seule dans le magasin, le silence lui parut presque clair. Elle avait tenu. Elle l’avait renvoyé sans trembler. Ce n’était qu’un début. Mais c’était le sien.
Elle rangeait encore quelques éléments quand son téléphone vibra.
Un message de Sonia :
Un message de Sonia :
« Cette journée m’a bouleversée. Toi aussi, j’imagine.
Je pense à toi. Si tu as besoin de parler… ou de revenir… je suis là. »
Je pense à toi. Si tu as besoin de parler… ou de revenir… je suis là. »
Sophie lut les mots, puis s’arrêta.
Sans y avoir vraiment pensé, ses pas l’avaient menée vers le fond du local. Elle se retrouva debout devant le rayon des magazines coquins. Celui où tout avait commencé. Les couvertures plastifiées brillaient sous la lumière froide.
Le téléphone encore ouvert sur le message de Sonia, elle resta face à ces images. Deux désirs, deux failles, deux chemins se superposaient au même endroit.
Sophie éteignit les derniers néons.
Elle sortit, ferma la porte à clé, et marcha jusqu’à sa voiture.
Cette fois, elle ne prit pas la direction de chez Sonia. Elle rentra chez elle.
Cette fois, elle ne prit pas la direction de chez Sonia. Elle rentra chez elle.
Une seule lampe brûlait dans le salon. Serge dormait déjà, ou faisait semblant. Sophie posa son sac, retira son manteau, et s’arrêta un instant sur le seuil de la chambre.
Elle ne se glissa pas contre lui.
Elle prit un pyjama, se changea dans la salle de bain, puis s’allongea de son côté du lit, à distance. Serge ne bougea pas.
Elle prit un pyjama, se changea dans la salle de bain, puis s’allongea de son côté du lit, à distance. Serge ne bougea pas.
Allongée dans le noir, Sophie fixa le plafond.
Son cœur n’était plus agité comme les jours précédents. Il y avait encore du trouble, encore des images, mais quelque chose d’autre s’était installé. Une forme de calme. Plus sec. Plus lucide.
Son cœur n’était plus agité comme les jours précédents. Il y avait encore du trouble, encore des images, mais quelque chose d’autre s’était installé. Une forme de calme. Plus sec. Plus lucide.
Elle était rentrée.
Pas pour céder.
Pas pour s’excuser.
Simplement parce qu’elle avait choisi de ne plus fuir ce soir.
Pas pour céder.
Pas pour s’excuser.
Simplement parce qu’elle avait choisi de ne plus fuir ce soir.
Et pour la première fois depuis longtemps, cette décision lui appartenait entièrement.
À suivre…
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