Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Céleste — Chapitre 11
Autrice
Céleste
Chapitre 11
Ce texte divisé en une quinzaine de chapitres est ma première publication ici. Quoiqu’écrite à la première personne, c’est une histoire inventée qui, comme toute fiction recèle parfois des éléments autobiographiques. Ils sont néanmoins assez rares dans le cas présent.
Si la sensualité et l’érotisme sont le sujet de cette histoire, les scènes de sexe n’en composent qu’une partie. Il est même possible qu’elles soient absentes de certains chapitres. Et très présentes dans d’autres.
Afin de découvrir les personnages, de mieux comprendre leur évolution et la progression de l’histoire, il est préférable de lire les chapitres dans l’ordre de leur publication, en commençant par le premier.
Les chapitres sont publiés tous les trois jours, à 7 heures du matin, le suivant sera donc disponible à partir mardi 10 novembre.
Si la sensualité et l’érotisme sont le sujet de cette histoire, les scènes de sexe n’en composent qu’une partie. Il est même possible qu’elles soient absentes de certains chapitres. Et très présentes dans d’autres.
Afin de découvrir les personnages, de mieux comprendre leur évolution et la progression de l’histoire, il est préférable de lire les chapitres dans l’ordre de leur publication, en commençant par le premier.
Les chapitres sont publiés tous les trois jours, à 7 heures du matin, le suivant sera donc disponible à partir mardi 10 novembre.
(Edit : Une erreur de manipulation a fait que ce chapitre qui devait être publié samedi matin est paru plus tôt que je le souhaitais. Bonne lecture néanmoins)
Chapitre 11
— Donc, il est reparti.
— Oui. À l’heure qu’il est, il doit être dans le train pour rejoindre sa femme et ses enfants.
— Tu aurais préféré qu’il reste quelques jours de plus ?
— Non. J’ai passé avec lui une nuit merveilleuse, comme je ne pensais plus jamais en vivre et je veux rester sur ce souvenir. Et puis, grâce à toi, Céleste, j’ai compris que je pourrai de nouveau vitre des moments comme celui-là. Avoir des amants, voire même… des amantes.
— Oui. À l’heure qu’il est, il doit être dans le train pour rejoindre sa femme et ses enfants.
— Tu aurais préféré qu’il reste quelques jours de plus ?
— Non. J’ai passé avec lui une nuit merveilleuse, comme je ne pensais plus jamais en vivre et je veux rester sur ce souvenir. Et puis, grâce à toi, Céleste, j’ai compris que je pourrai de nouveau vitre des moments comme celui-là. Avoir des amants, voire même… des amantes.
Le sourire de Céleste illumine le repas que nous prenons à la triste cafétéria de son boulot.
— Moi aussi, je vais partir, tu sais. Mon contrat se termine à la fin de la semaine et je retourne à Lille. La rentrée est proche et l’année va être dure. Les cours, les partiels, un stage et un mémoire à rédiger. Je n’aurai pas vraiment le temps de batifoler et de faire des galipettes. Heureusement, j’ai pris de l’avance durant ces deux mois, dit-elle en éclatant de rire.
Même si je le savais, cela m’attriste. Céleste le voit. Elle pose sa main sur la mienne, la caresse. C’est doux. Nous restons silencieuses un bon moment puis nous allons chercher un café.
— Quand prends-tu le train ?
— Dans une semaine pile, dimanche. Comme ton amant de la nuit dernière.
— Alors si tu veux, passons la soirée ensemble samedi. À moins que tu n’aies déjà quelque-chose de prévu. Avec Sékou, par exemple.
— Pas du tout. Jusqu’ici, je n’avais rien, mais maintenant, je suis prise. Avec toi. Je te réserve ma soirée.
— Dans une semaine pile, dimanche. Comme ton amant de la nuit dernière.
— Alors si tu veux, passons la soirée ensemble samedi. À moins que tu n’aies déjà quelque-chose de prévu. Avec Sékou, par exemple.
— Pas du tout. Jusqu’ici, je n’avais rien, mais maintenant, je suis prise. Avec toi. Je te réserve ma soirée.
Elle finit son café, pose un baiser sur ma main, porte mon index à sa bouche le glisse entre ses lèvres et le suce quelques instants. À peine une seconde. Elle se lève en riant.
— Je dois y aller, c’est la fin de ma pause. À samedi, Nelly. Je brûle de te retrouver.
Je la regarde s’éloigner, les yeux fixés sur ses hanches qui ondoient… Je la soupçonne d’en rajouter dans le déhanchement. Elle sait jouer de ses fesses à merveille. Toute la semaine, je pense à cette dernière soirée avec Céleste. Je la veux inoubliable et je me veux irrésistible. Alors chaque midi, j’avale rapidement un sandwich et je sillonne les rues de la ville.
Mardi, j’entre chez Envoûtement Lingerie. J’hésite entre un ensemble bustier / tanga / porte-jarretelles en satin bleu-nuit qui s’accorderait parfaitement avec mes yeux et mon teint de blonde ; un coordonné rouge vif avec string et soutien-gorge push-up, beaucoup plus sexy et évocateur ; et une guêpière de dentelle noire très affriolante assortie du plus minuscule string du monde. Je n’ai jamais eu de guêpière, et en me regardant dans le miroir de la cabine d’essayage, je me prends à le regretter. Je l’achète, ainsi qu’une paire de bas couture noirs.
Mercredi, je renouvelle mon stock de maquillage auprès de Glam Beauty. La vendeuse comprend que je veux être séduisante, voire envoûtante. Elle est de bon conseil. Je sors avec un rouge à lèvres longue tenue garance, un eye-liner haute précision, un mascara volume noir et le Blush Subtil de chez Lancôme. Plus une poignée d’échantillons gratuits. C’est la moindre des choses, vu la somme que j’ai payée. Comme la lingerie, j’espère que je m’en servirai plus d’une fois !
Jeudi, je souffre à L’Évasion des sens, esthétique et bien-être. Je n’ai pas envie d’un pubis tout nu. J’aime bien mes poils, mais il faut les domestiquer. Aisselles, jambes et surtout pubis. Je sors avec une toison courte, un fin triangle dont l’angle inférieur montre clairement à qui en aurait besoin la direction de mon plaisir. Tondeuse, cire, finitions à la pince à épiler et crème apaisante, ceci effectué par la main experte de Léa.
Vendredi, j’essaie trois paires d’escarpins chez Jonas et Michaud. Je rejette la semelle rouge, trop voyante, et le cuir brillant, trop clinquant. Je fais quelques pas avec un modèle de 8 cm de haut avec une bride qui enserre ma cheville. J’ai les orteils compressés, Je marche comme un canard, je trébuche une fois, deux fois, manque de m’affaler au milieu du magasin, mais je n’ai jamais vu mes pieds aussi sexy. Vendu !
Samedi, je confie ma tête à Nathalie de chez Tiff’Annie. Finis les cheveux raides qui pendent n’importe comment de chaque côté du visage. D’abord un shampooing — quel plaisir de se laisser palper le crâne comme ça — elle me propose une coupe qui arrive juste au-dessus des épaules, légèrement asymétrique, et quelques ondulations pour donner du volume. Dans le miroir, c’est encore moi, mais plus tout à fait moi !
Samedi encore, je commande à Sezam & co, traiteur libanais, un plateau de mezze pour deux personnes, des pâtisseries orientales, et j’achète une bouteille de vin rouge chez Aurélien, le caviste d’en face. Ouf, j’ai tout ce qu’il me faut. Juste à temps. C’est pour ce soir. Je n’arrête pas d’y penser.
Il est 19h. Je ferme la boutique. Dans une heure et demie, Céleste sera là. Une heure et demie pour me préparer. Je commence par la table, au plus simple, nappe et vaisselle blanche. Une douche et je passe la guêpière, enfile les bas, les fixe aux jarretelles, enfin le string. Dans le miroir, e suis belle. Mes seins sont mis en valeur, ma taille affinée, mes jambes joliment gainées. Je passe un coup de fer sur une robe que j’ai remontée de la boutique. Une robe noire soie et viscose, chatoyante et fluide. Avec son col raz du cou, elle est plutôt sage devant. Un large décolleté à l’arrière raconte le contraire. Coquine. À peine ai-je enfilé mes hauts talons et attaché la bride que j’entends sonner. Le traiteur livre le repas. Je n’échappe pas à ses regards furtifs et visiblement intéressés. Je suis flattée. 20h. Que reste-t-il à faire ? Je vais être en retard. Retour dans la salle de bains pour le maquillage. Le rouge sur mes lèvres est magnifique, le noir sur mes yeux profond, et ma peau est en satin. Je branche l’enceinte connectée, lance la playlist que j’ai élaborée la nuit dernière, alors que, trop excitée déjà, je n’arrivais pas à dormir.
20h25. Sera-t-elle à l’heure ? Je l’imagine marcher dans la rue, approcher, sonner à la porte du bas, monter les marches, mon cœur bat, mon ventre palpite, mon esprit vibrionne… Une vague idée me traverse, tourne dans ma tête, se précise, se matérialise. Elle devient comme une évidence. D’un bond, je me lève, je me déchausse et enlève la robe, le string, la guêpière, les bas, remets les escarpins et… Ça sonne. J’appuie sur l’interphone. Tu peux monter, la porte d’en haut est ouverte. Ses pas dans l’escalier. Plus le temps de revenir en arrière. Je me fige. Elle ouvre. Elle s’exclame.
— Waaah ! J’y crois pas !!!
Je suis plantée là, au milieu de la pièce, les bras le long du corps. Perchée sur mes escarpins. Entièrement nue. Je ne bouge pas, ne souris pas, je suis statufiée. Mais qu’est-ce qu’il m’a pris de faire un truc comme ça ? Elle va me prendre pour une folle. Céleste est elle aussi immobile. Elle me regarde. Non, plus que ça : elle me détaille, elle m’inspecte. Ses yeux passent de mon visage à mes cuisses, de mes seins à mon pubis, et reviennent se planter dans les miens. Elle approche, lentement. D’un doigt léger, elle caresse ma joue, mes lèvres, trace une ligne jusqu’à mon cou, descend vers ma poitrine, s’attarde sur la pointe de mon sein droit. Mon cœur bat la chamade. La playlist lance Dance me to the end of love. Céleste, ma belle Céleste, se débarrasse alors de son petit top, de sa minijupe, de ses sandales, retire son tanga et, nue à son tour, vient se coller à moi. Elle prend ma taille. Me serre. Elle m’embrasse. Je retrouve ses lèvres. Je frissonne. Sa langue. Je vacille. Elle m’entraîne. Nous ondoyons, nous fondons dans la musique. Le slow est langoureux, voluptueux, enivrant.
Mon corps épouse son corps. Sa peau implore ma peau. Nous dansons. Nous bougeons à peine, nous éprouvons nos épidermes. Nous dansons. Une sensation inouie. Mes mains sur les reins de Céleste, les siennes autour de mon cou, collées l’une à l’autre. Son ventre palpite, ma poitrine vibre. Ses seins ont durci, les miens sont tendus. Nous tournons lentement, au rythme de la voix grave et sensuelle qui nous enveloppe. « Oh, let me see your beauty when the witnesses are gone » chuchote-t-elle à l’unisson au creux de mon oreille. « Show me slowly what I only know the limits of ». Céleste se cambre, ondule de la croupe. Son pubis doux et lisse se colle au mien. Un torrent de sensualité, de douceur et d’amour m’emporte. Nous dansons et elle mordille mon oreille, y glisse sa langue, la lèche, la pénètre, la retire et y revient. Nous dansons et je caresse son dos, ses reins, ses fesses, je les palpe, les pétris. Oui, Nelly, prends mes fesses. Elles palpitent sous mes doigts, rondes et fermes. Tenir Céleste dans mes bras. Danser lascivement avec elle. Sentir son désir à l’unisson du mien. Des sensations à la fois nouvelles, inédites, et totalement naturelles. Je suis à ma place entre ses bras. Ni gène, ni pudeur, ni honte, ni crainte. Je suis juste là où je dois être et comme je dois être. C’est tout simplement délicieux.
Donna Summer maintenant. Soupirs et gémissements de la diva. Voix habitée par le désir. I love to love you baby. Incantation quasi-orgasmique susurrée ad libitum ! Le son du sexe. Céleste se détache, balance sur le rythme lancinant. Face à moi, les yeux fermés, elle se glisse dans la musique. Ses bras tournent au-dessus de sa tête. Son bassin roule sur ses hanches. Ses seins vibrent et pointent fièrement. Elle se cambre et son fessier tangue. Entre ses jambes écartées, sa vulve scintille. La musique la saisit, la pénètre, la possède. Une transe impudique, un sabbat luxurieux, une extase saisissante. Je suis fascinée. Envoûtée par la beauté. Saisie par l’érotisme flamboyant de son total abandon. Fade out puis le silence. Un silence apaisé, attendri, le silence d’un réveil estival lorsque, tôt le matin, les rayons du soleil traversent les persiennes et viennent caresser la peau nue des amants. Céleste se réveille. Elle revient. Elle me regarde, approche, pose ses lèvres sur mes lèvres. Elle m’embrasse longuement. Passionnément. Amoureusement.
Le vin brille dans les verres, nous dégustons les mezze. Face à face, de chaque côté de la table, nous racontons, nous rions, nous nous envoyons des œillades suggestives. Une goutte de sauce toum tombe sur le sein nu de Céleste, je la récupère du bout de la langue. Un filet d’huile d’olive coule sur mon menton, elle se précipite, la lèche et remonte jusqu’à mes lèvres. Je mets une feuille de vigne farcie dans sa bouche, elle mordille mes doigts. Deux amies et le bonheur. Quand je sors les pâtisseries…
— Nous avons le temps pour le dessert, dit-elle.
Son regard en dit long. Elle a envie d’autres douceurs, d’autres sucreries.
(à suivre)
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