Fantasme
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Histoire 10 Valérie, Roxane, Sophie et Nadia en croisière — Chapitre 1 · Le Majestic Sovereign
Auteur
Histoire 10 Valérie, Roxane, Sophie et Nadia en croisière
Chapitre 1 · Le Majestic Sovereign
Le Majestic Sovereign, véritable cathédrale d'acier et de verre, se détachait en ombres massives contre le ciel embrasé de pourpre et d'or de la Méditerranée. Sur le pont supérieur réservé aux suites VIP, l'air était tiède, chargé d'une promesse d'évasion et de sel.
À l'écart des premiers attroupements de passagers, quatre femmes formaient un tableau d'une élégance saisissante, arrêtant net les regards de ceux qui croisaient leur passage. Entre elles, le temps semblait suspendu, rythmé par le clapotis discret de l'eau contre la coque et le tintement cristallin de leurs flûtes de champagne.
À gauche, Valérie incarnait la maîtrise absolue. À quarante-six ans, drapée dans une longue robe en satin bleu nuit qui épousait chacun de ses mouvements avec une fluidité glacée, l'avocate affichait ce port de tête altier qui intimidait autant qu'il fascinait. Ses cheveux bruns, coupés au carré, encadraient un visage aux traits parfaits où brillait un sourire énigmatique. Elle tenait son verre de champagne du bout des doigts, observant ses amies avec l'œil d'une stratège qui savoure l'ouverture d'une partie qu'elle a elle-même orchestrée.
À côté d'elle, Roxane éclatait de lumière. Véritable incarnation solaire, la blonde de trente-cinq ans capturait toute la clarté du crépuscule. Sa chevelure bouclée cascadait sur ses épaules en ondes sauvages, et sa robe rouge carmin, fendue de manière audacieuse le long de sa jambe galbée, laissait deviner une sensualité décomplexée. Elle venait de lancer une boutade, provoquant chez les autres un rire immédiat qui détendit les dernières crispations de la semaine de travail.
— Sérieusement, vous imaginez une seule seconde passer sept jours sans faire de vagues ? s'exclama Roxane en ajustant sa pochette dorée contre sa hanche, un éclat espiègle dans les yeux.
— Tout dépend de ce qu'on appelle « faire des vagues », Rox, répliqua Nadia en se tournant vers elle.
— Tout dépend de ce qu'on appelle « faire des vagues », Rox, répliqua Nadia en se tournant vers elle.
Nadia, la plus grande du groupe, imposait une présence magnétique. Vêtue d'une somptueuse robe noire pailletée au décolleté vertigineux et fendue de la même manière que celle de Roxane, la secrétaire et complice de toujours de Valérie affichait une assurance féline. Ses longs cheveux noirs cascadaient dans son dos, et son regard ténébreux semblait sonder l'horizon avec une gourmandise non dissimulée. Entre elle et Valérie, un échange de regards silencieux suffit à dire tout ce que les mots préféraient taire : la complicité charnelle et les habitudes ancrées dataient de bien trop longtemps pour nécessiter des discours.
Et puis, un peu en retrait mais au cœur de toutes les attentions, il y avait Sophie.
À vingt-huit ans, la jeune professeure d'anglais semblait presque irréelle dans sa robe dorée scintillante, les cheveux relevés en un chignon souple dont quelques mèches folles venaient caresser la nuque. Avec sa silhouette menue, son visage d'ange et son expression faussement timide, elle incarnait la sagesse incarnée... du moins en apparence. Celles qui la connaissaient savaient que ce vernis d'innocence cachait un appétit insatiable pour le frisson, l'interdit et le regard des autres.
— On a dit qu'on essayait d'être raisonnables, murmura Sophie d'une voix douce, en baissant les yeux tout en sentant la chaleur monter sur ses joues.
Un rire unanime, chaud et complice, fusa sur le pont.
— Raisonnables ? répéta Valérie de sa voix veloutée, en faisant un pas vers elle. Ma douce Sophie, la raison est une notion juridique très relative. Et nous ne sommes plus au tribunal. Ici, il n'y a pas d'autres règles que celles qu'on s'impose... ou qu'on prend un malin plaisir à briser.
Nadia effleura l'épaule de Sophie d'un geste caressant, tandis que Roxane levait sa flûte un peu plus haut vers le ciel orangé.
— À nos vacances, chuchota Roxane. À la beauté de cette nuit, et à tout ce qu'on va s'autoriser à oublier.
Leurs verres s'entrechoquèrent dans un son cristallin. Le paquebot s'éloignait lentement des lumières du port, glissant vers le large, tandis que la nuit tiède enveloppait le pont d'un velours noir. Le décor était planté, les rôles tacitement distribués, et la croisière ne faisait que commencer.
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