Fantasme
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Histoire 10 Valérie, Roxane, Sophie et Nadia en croisière — Chapitre 17 · Le long chemin de l'abandon
Auteur
Histoire 10 Valérie, Roxane, Sophie et Nadia en croisière
Chapitre 17 · Le long chemin de l'abandon
Le souffle court, les joues encore brûlantes de pourpre, j'étais suspendue au bord du spasme, ma main prisonnière sous le tissu de ma jupe, lorsque le raclement discret d'une semelle sur la moquette a transpercé le silence de la coursive.
J'ai sursauté, retirant mes doigts mouillés comme si le bois de la porte m'avait brûlée. Dans un réflexe de panique absolue, mes yeux se sont tournés vers l'angle du couloir.
C'est là qu'elle se tenait.
Sophie.
Ses cheveux châtains étaient ramassés en une queue de cheval souple qui laissait échapper quelques mèches rebelles autour de son visage aux traits délicats. Si petite, tellement jolie et douce en apparence, elle dégageait une bienveillance infinie. Elle me fixait, les bras croisés sous sa poitrine, et son regard n'était ni jugeant ni inquisiteur. C'était un regard d'une immense tendresse, empreint d'une compréhension totale. Elle avait tout vu. Du front collé au bois jusqu'aux soubresauts de mes hanches, elle n'avait rien raté de ma submersion.
Un vertige de honte m'a clouée sur place. Mes genoux menaient une lutte désespérée pour me porter. Toute ma rigueur de médecin, toute cette armature de femme froide et infaillible que je brandissais comme un bouclier, venait d'être pulvérisée. J'étais là, les jambes tremblantes, les cuisses encore humides de mon propre abandon, complètement à nu sous la lumière tamisée du couloir. Mon Dieu, elle sait tout, pensais-je, le cœur au bord des lèvres, terrifiée à l'idée qu'elle lise mon désespoir et mon avidité. Je suis souillée, pathétique, collée à une porte comme une vulgaire fille de joie...
Mais Sophie ne bougeait pas pour me juger. Elle voyait bien la tempête qui me déchirait de l'intérieur, la honte brûlante qui me collait la peau.
Un sourire d'une infinie douceur s'est dessiné sur ses lèvres. Elle aimait les gens, elle voulait apaiser les tourments, et sa seule envie était de me prendre sous son aile.
— Oh, ma douce... a-t-elle murmuré de sa voix mélodieuse et feutrée, rompant le silence de la coursive.
Elle a détaché ses bras et s'est mise à avancer vers moi. Sa démarche était légère, enveloppante. À chaque pas qu'elle faisait dans le couloir feutré, loin, si loin du refuge de la cabine de Julien, elle venait combler la distance avec une patience infinie.
— Viens là, mon ange, a-t-elle soufflé en s'arrêtant tout près de moi, sans un geste brusque. Ne reste pas dans cet état... Tu te fais si mal.
Elle a tendu la main et a enveloppé mon poignet de ses doigts chauds. Sa poigne était ferme mais d'une infinie délicatesse, dénuée du moindre mépris. Au contraire, il y avait tant d'amour et de compassion dans ce simple contact que les larmes ont failli me monter aux yeux.
— Tu es toute trempée, a-t-elle murmuré en posant sa main libre sur ma joue glacée par la peur. Ne tremble plus. Viens avec moi. Je vais prendre soin de toi.
Je me suis laissée guider à travers les couloirs interminables du Majestic Sovereign. Mes jambes étaient lourdes, mes pieds avançaient comme dans un cauchemar éveillé, la honte me brûlant de l'intérieur à chaque foulée, tandis que je redoutais de croiser un autre passager, de voir le reflet de ma décadence dans les miroirs des coursives. Mais Sophie veillait sur moi. Elle me tirait doucement, par des gestes tendres, murmurant des paroles rassurantes pour bercer ma panique.
Le trajet vers sa cabine, située à l'autre bout du pont, s'est transformé en une marche interminable et délicieusement périlleuse. Alors que nous traversions la grande artère centrale du pont principal, l'atmosphère est soudainement devenue suffocante. Des grappes de passagers en tenue de soirée sortaient des salons feutrés, riant bruyamment, un verre de champagne à la main.
À notre approche, mon cœur s'est emballé au rythme d'une course affolée. J'avais l'impression absolue que tout le monde pouvait deviner, rien qu'en croisant mon regard fuyant ou en observant mes joues empourprées, ce que je venais de faire, l'odeur du sexe et de la sueur qui émanait de mes vêtements froissés, l'état de mes cuisses encore moites sous ma jupe. Sophie, sentant ma panique s'amplifier et mes doigts se crisper douloureusement dans les siens, a resserré son emprise avec une tendresse infinie. Elle a effleuré le dos de ma main de son pouce, un geste d'un réconfort souverain, comme pour m'envelopper d'un bouclier invisible.
Quelques mètres plus loin, alors que nous contournions l'immense cage d'escalier en colimaçon, le capitaine du Majestic Sovereign en personne a surgi de l'angle, impeccable dans son uniforme blanc immaculé bardé de galons dorés. Il marchait d'un pas assuré, conversant avec un officier supérieur.
Le temps s'est figé. J'ai cru défaillir. Le capitaine a tourné la tête vers nous au moment précis où nous passions à sa hauteur. Son regard bleu, perçant et habitué à l'autorité, a balayé notre duo. Il a croisé mes yeux exorbités, rouges de fièvre et de honte, puis a glissé vers Sophie. Un instant, j'ai eu la certitude qu'il allait s'arrêter, qu'il allait humer le parfum de notre débauche clandestine et exiger des explications. La tension entre nous était si lourde, si palpable qu'on aurait pu la trancher au couteau. Mon bas-ventre s'est contracté dans une douloureuse et exquise contraction, tiraillé entre la terreur absolue d'être démasquée et l'excitation malsaine d'être surprise ainsi, au grand jour, dans l'état d'une femme brisée par le désir.
Mais Sophie n'a pas cillé. Avec une grâce confondante, un calme olympien et un sourire des plus polis, elle a légèrement incliné la tête à l'adresse du capitaine, tout en continuant à m'entraîner doucement dans son sillage. Le capitaine, pris au dépourvu par cette assurance désarmante, a esquissé un signe de tête poli, un sourire distrait de maître de maison, avant de poursuivre sa route sans un mot.
Dès qu'il a été hors de portée, un frisson violent a parcouru toute mon échine, me laissant au bord des larmes et du vertige.
— Tu vois ? a murmuré Sophie contre mon épaule, sa voix douce comme une caresse de soie alors que nous reprenions notre marche à travers les derniers couloirs. Personne ne sait rien, mon cœur. Personne ne peut deviner à quel point tu es belle, à quel point ton corps brûle. Tu es en sécurité avec moi.
Ses mots agissaient comme un baume enivrant, dissolvant le reste de mes résistances morales. Chaque pas que nous posions sur la moquette feutrée nous rapprochait un peu plus de sa porte, et un peu plus loin de la femme que j'étais une heure plus tôt. J'étais en train de basculer, irrémédiablement, portée par la main douce et ferme de cette femme qui savait exactement comment apprivoiser mes tourments.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()