Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Histoire 10 Valérie, Roxane, Sophie et Nadia en croisière — Chapitre 24 · La danse
Auteur
Histoire 10 Valérie, Roxane, Sophie et Nadia en croisière
Chapitre 24 · La danse
Le silence qui s'ensuit n'est plus seulement pesant ; il est devenu vif, électrique, presque irrespirable. La grande table ronde en bois sombre, polie à l'extrême, reflète les faisceaux de lumière froide comme un miroir sans tain. Au centre de la suite, elle n'est plus un simple meuble de poker, mais une estrade improvisée qui n'attend plus que sa reine.
Pendant de longues secondes, aucune de nous ne bouge. Je regarde Roxane du coin de l'œil : ses yeux brillent de cette étincelle d'insouciance et de défi que rien n'a jamais pu éteindre.
Le comte nous observe depuis son fauteuil, un sourire en coin aux lèvres, pivotant très lentement son verre entre ses doigts.
— Alors, mesdames ? murmure-t-il d'une voix doucereuse qui glisse dans la pièce. Le jeu de cartes est terminé. Mais le Majestic Sovereign réserve toujours sa nuit à ceux qui savent prolonger le vertige.
C'est moi qui prends l'initiative. Non par soumission, mais par une ivresse soudaine, une curiosité cynique de voir jusqu'où notre superbe et notre liberté peuvent faire basculer ce décor de carton-pâte. Le poker n'était qu'un prétexte ; le vrai terrain de jeu commence maintenant, selon nos propres règles.
— Roxane... chuchote-je avec un rire provocateur au coin des lèvres. Tu as envie qu'on leur montre ce que c'est que la vraie maîtrise ?
— Je te suis, Nadia, me répond-elle du tac au tac, le menton redressé par une insolence pure. Faisons baisser la température de leur arrogance.
Sans hésiter une seconde, je détache mes escarpins du sol. Je fais un premier pas, puis deux. Je m'approche du plateau de bois verni, pose une main sur le bord glacé, et me hisse d'un mouvement fluide au centre de la table. Roxane m'emboîte le pas immédiatement, le regard flamboyant, venant se placer à mes côtés.
Juchées là-haut, sous la lumière zénithale qui nous isole du reste du salon, nous dominons la pièce. Eux sont assis dans l'ombre des fauteuils de cuir. Nous, perchées sur ce piédestal improvisé, nous choisissons d'occuper tout l'espace, transformant leur salon en notre propre théâtre.
Le comte incline la tête, surpris mais captivé par la spontanéité de notre geste.
— Une entrée en scène théâtrale, Nadia, fait-il remarquer avec un plaisir non dissimulé.
Une musique lente enfle doucement dans les enceintes de la suite, un rythme lourd, langoureux et obsédant, un tapis de basses et de cuivres qui s'enroule autour de nos chevilles.
Sans un mot, refusant de baisser le regard, j'esquisse le premier mouvement. Le vernis de mes talons aiguilles claque doucement sur le bois sombre et poli. Je lève les bras, mes doigts effleurant l'air dans une lenteur calculée, lançant une chorégraphie vénéneuse et sensuelle. Roxane m'imite une seconde plus tard. Son corps ondule avec une souplesse féline, épousant les notes graves de la mélodie. Nos reflets s'étirent sur la table noire comme sur une eau ténébreuse.
Mais la simple danse ne suffit pas à étancher notre ivresse. Un interrupteur mental bascule en moi : puisque nous sommes là pour créer le vertige, autant les consumer sur place.
Dans un geste d'une lenteur théâtrale, mes mains se posent sur les épaules de ma robe de soirée. Je détache les bretelles et laisse glisser le long tissu sombre. Il s'affaisse à mes pieds, ne me laissant qu'en ensemble de dentelle noire, retenu par les brides tendues d'un porte-jarretelles qui souligne la ligne de mes cuisses et la transparence de mes bas.
Saisie par la même onde d'audace, Roxane rit doucement, défaisant à son tour sa robe noire pour révéler une lingerie pourpre et des bas résille qui rehaussent la cambrure de sa silhouette.
Autour de la table, le masque de l'assurance glacée des hommes explose en vol. Le comte se redresse d'un coup sec, les mains cramponnées aux accoudoirs, ses yeux clairs écarquillés par une stupeur fascinée. Ses associés retiennent leur souffle, littéralement foudroyés par cette escalade délibérée. Ils pensaient mener la soirée ; ils se retrouvent captifs, incapables de détacher leurs yeux de notre jeu.
Guidées par le rythme incandescent de la musique, nous nous laissons glisser à quatre pattes sur le bois poli. Nos dos se cambrent avec une grâce sculpturale, nos corps ondulent dans une provocation assumée et lumineuse. Le silence de la suite est total, étouffé par la tension de la pièce et le battement de nos cœurs.
Roxane se tourne vers moi, un sourire carnassier au coin des lèvres, ses yeux ancrés dans les miens :
— Regarde-les, Nadia... Ils croyaient observer le spectacle, et c'est nous qui les avons mis à genoux.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()