Fantasme
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Histoire 10 Valérie, Roxane, Sophie et Nadia en croisière — Chapitre 11 · J-1
Auteur
Histoire 10 Valérie, Roxane, Sophie et Nadia en croisière
Chapitre 11 · J-1
La journée du lendemain à bord du Majestic Sovereign s'étire dans une langueur toute méditerranéenne. Le paquebot glisse à vitesse constante sur une mer d'un bleu uniforme, sous un soleil de plomb qui pousse les passagers à chercher la fraîcheur des ponts ombragés ou des salons climatisés.
Pour le docteur Hélène Vaneau, le temps semble suspendu. Enfermée dans son cabinet médical, elle tente de se raccrocher à la rigueur de ses tâches habituelles — renouveler des ordonnances, traiter de bénignes insolations, consigner des dossiers. Pourtant, chaque moment de répit la ramène inexorablement à la conversation de la veille au Blue Moon. L'image de Roxane, son assurance, et ce regard perçant qui a semblé sonder ses secrets les plus intimes la hantent malgré elle. L'après-midi avance lentement ; seule dans son cabinet climatisé, Hélène feuillette machinalement de vieilles fiches médicales, le regard attiré par le hublot circulaire et l'immensité de l'eau. À plusieurs reprises, elle se surprend à guetter par la porte entrouverte si l'une d'elles ne traverse pas le couloir. Elle s'agace de sa propre perméabilité, se répétant qu'elle n'a pas de temps à perdre avec des vacancières désœuvrées, tout en sentant son estomac se nouer à l'idée de ce que cache leur insouciance.
À quelques ponts de là, l'ambiance est toute autre. Installées sur de larges transats au bord de la piscine principale, les quatre femmes profitent de la brise marine dans une atmosphère de pure détente. Le soleil fait briller leur peau huilée. Elles rient doucement, commentent l'actualité du bord, savourant un cocktail frais et le simple plaisir d'être ensemble, indifférentes aux regards appuyés ou envieux des autres passagers. Valérie feuillette un magazine d'art, Sophie taquine Nadia sur un détail anodin au sujet d'une crème solaire, tandis que Roxane, les yeux mi-clos derrière ses lunettes de soleil, laisse son esprit vagabonder, profitant de la torpeur ambiante.
Non loin de là, retranché dans l'exiguïté de sa cabine, Julien s'occupe les mains pour apaiser sa fébrilité. Assis à son petit bureau, il a démonté son boîtier et nettoie minutieusement ses objectifs à la lingette microfibre sous une lueur artificielle. Son esprit bouillonne, hanté par des visions trop nettes pour être oubliées. Il repense à la pose de Nadia, à ce moment où elle lui avait exposé son intimité sans la moindre pudeur, grande ouverte, ruisselante et luisante de ses propres sécrétions. L'image de sa chatte s'était imposée à lui dans une crudité aveuglante, saturant ses sens d'un parfum musqué qu'il croyait encore respirer au creux de la pièce. Il sait pourtant, avec une pointe de frustration résignée, qu'il n'aura plus jamais cette chance, que ce don obscène et gratuit appartenait à un instant suspendu qu'il ne pourra pas recréer.
Son imagination vagabonde ensuite vers Valérie, s'imaginant ce que donnerait une telle rigueur placée devant son objectif. Mais il sait que c'est juste un fantasme. Au pire, se dit-il avec un sourire en coin en vérifiant la charge de ses batteries, l'escale du lendemain à Kos promet déjà d'offrir un cadre somptueux. Photographier de belles femmes dans un décor antique, loin de la foule des croisiéristes, c'est de toute façon le genre d'opportunité qu'aucun photographe digne de ce nom ne refuserait.
Vers la fin de l'après-midi, alors que la lumière commence à décliner et que les ombres s'allongent sur les ponts, Hélène décide de s'offrir une bouffée d'air frais avant la fermeture de son service. Elle monte sur le pont promenade, cherchant un coin plus calme pour apaiser la fournaise qui semble l'envahir de l'intérieur.
Alors qu'elle contourne une coursive ombragée, elle aperçoit Valérie, accoudée seule à la rambarde, face au large. La femme est immobile, observant le sillage blanc écumeux que laisse le navire derrière lui. Il n'y a pas un mot, pas un geste théâtral. Mais à l'instant précis où Hélène passe à quelques mètres, Valérie tourne lentement la tête. Leurs regards se croisent dans une fraction de seconde suspendue. C'est un échange silencieux, d'une intensité redoutable : dans les yeux de Valérie, il n'y a ni provocation ni malice, juste une clarté tranquille, presque clinique, qui semble lire à travers la blouse blanche d'Hélène et deviner tout le trouble qui la ronge.
Hélène sent son souffle se bloquer net dans sa gorge. Incapable de soutenir cette pesante inquisition muette, elle détourne brusquement les yeux, esquisse un hochement de tête machinal et poursuit son chemin d'un pas trop rapide, le cœur battant à tout rompre, furieuse d'avoir flanché la première.
En fin de matinée, Julien a quant à lui croisé justement Hélène dans un couloir menant au pont arrière. Le jeune homme rayonne, incapable de dissimuler son enthousiasme.
— Bonjour, docteur ! lance-t-il avec un grand sourire en la saluant d'un signe de tête.
Hélène s'arrête, esquissant une politesse de façade. Elle remarque tout de suite son air réjoui, aux antipodes de la pâleur de la veille.
— Vous avez l'air en forme, Julien. J'espère que vous avez suivi mes conseils et que vous avez passé la nuit à récupérer ?
— Oh, le sommeil, c'est surcoté quand on a de bons projets, répond-il dans un rire léger. Demain, lors de l'escale à Kos, je pars en repérage photo avec des amies. On s'enfonce dans l'intérieur de l'île, vers de vieilles pierres. Ça va être splendide.
Hélène sent un frisson glacé lui parcourir la nuque, mêlé d'une irritation soudaine qu'elle masque mal derrière son sourire professionnel. Elle hoche la tête sèchement, lui souhaite bonne chance, et le regarde s'éloigner d'un pas léger.
Tandis que le jeune photographe retourne s'asseoir près du quatuor pour discuter des détails de la randonnée du lendemain, Hélène regagne sa cabine, le cœur curieusement serré, sentant que cette île de Kos qui se profile à l'horizon est en train de devenir le point de convergence d'un trouble auquel elle ne pourra bientôt plus échapper.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()