Fantasme
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Histoire 10 Valérie, Roxane, Sophie et Nadia en croisière — Chapitre 3 · De l’urgence au frisson de la nuit
Auteur
Histoire 10 Valérie, Roxane, Sophie et Nadia en croisière
Chapitre 3 · De l’urgence au frisson de la nuit
Le dîner touchait à sa fin dans une atmosphère saturée d'arômes de grands crus et de conversations feutrées. Les quatre amies savouraient les dernières gouttes de leur bourgogne quand un mouvement brusque brisa la sérénité du restaurant panoramique.
À deux tables de là, un homme d’une soixantaine d’années porta violemment la main à sa gorge. Son visage, devenant rouge puis livide, traduisait une asphyxie immédiate. Sa compagne se leva en poussant un cri étouffé, lâchant sa flûte de cristal qui s'échoua sur la nappe dans un tintement sec. Dans la salle, le silence se fit instantanément, lourd et pétrifié.
Roxane fut la première à réagir. N’hésitant pas une seconde, la blonde dynamique se leva, rabattit d'un geste fluide la fente de sa robe rouge pour libérer ses mouvements et s'élança d'un pas rapide et décidé.
— Laissez-moi faire, je maîtrise le secourisme ! déclara-t-elle d'une voix calme mais directive qui stoppa net l'hésitation du maître d'hôtel.
Passant derrière le passager en détresse, Roxane ajusta sa posture, appliqua deux claques fermes entre les omoplates, puis enchaîna sans attendre avec une manœuvre d’Heimlich parfaitement exécutée. À la seconde pression vigoureuse au creux de l'estomac, l'obstacle fut expulsé. L'homme inspira une immense bouffée d'air dans un râle de délivrance, soutenu par les mains rassurantes de Roxane. Une vague de soulagement traversa la salle, immédiatement suivie par une salve d'applaudissements spontanés.
C’est alors qu'une jeune femme à l'allure stricte fendit la foule. Vêtue d'une blouse blanche impeccablement cintrée sur un tailleur sombre, tirée à quatre épingles et les cheveux tirés en un chignon parfait, la femme médecin du bord arrivait sur les lieux. Très belle, mais affichant une froideur professionnelle presque rigide, elle s'approcha d'un pas martial.
— Docteur Vaneau, annonça-t-elle d'un ton sec en sortant son stéthoscope. Prenez du recul, s'il vous plaît. Je reprends la situation.
Roxane s'effaça avec un léger sourire amusé face à tant de formalisme, réajustant sa robe avec une grâce naturelle.
— L'airway est dégagé, les constantes devraient se stabiliser, lui glissa Roxane avec assurance.
La docteure lui jeta un regard surpris, presque agacée d'avoir été devancée par une passagère en tenue de soirée, avant de se pencher vers le patient pour l'ausculter de manière très protocolaire.
— Que se passe-t-il ici ?
La voix était grave, chaude, imprégnée d'une autorité naturelle qui fit se retourner toutes les têtes. Le Capitaine du Majestic Sovereign venait d'entrer dans la zone VIP.
L'homme était tout simplement foudroyant. Grand, la carrure athlétique sous son uniforme blanc tiré à quatre épingles, il arborait des cheveux noirs traversés de tempes grises d'une élégance rare. Son visage aux traits sculptés était rehaussé par un regard noir, intense et profond, tempéré par un sourire d'ange d'une douceur dévastatrice. Une aura de calme absolu et d'intelligence vive émanait de toute sa personne.
— Tout est sous contrôle, Capitaine, s'empressa de répondre le docteur Vaneau en se redressant dignement. Cette jeune femme a prodigué les premiers gestes avec efficacité. Le passager va bien, je le fais transférer à l'infirmerie pour observation.
Le Capitaine posa son regard noir sur Roxane, son sourire d'ange s'élargissant doucement.
— Mes félicitations pour ce sang-froid, mademoiselle. La compagnie vous est redevable.
Puis, son regard glissa vers la table voisine où Valérie, Nadia et Sophie observaient la scène. Quand ses yeux accrochèrent ceux de Valérie, un silence impalpable sembla suspendre le temps. L'avocate, d'un calme olympien dans sa robe bleu nuit, soutint son regard avec une assurance égale. Entre cet homme mûr au charisme magnétique et Valérie, une étincelle d'une élégance rare et d'une intensité immédiate traversa l'espace.
— Il semble que nous ayons des passagères tout à fait exceptionnelles à bord ce soir, reprit le Capitaine d'une voix basse, s'adressant directement à Valérie. Je m'assurerai que votre séjour parmi nous soit à la hauteur de votre panache.
— Nous n'en attendions pas moins de votre navire, Capitaine, répondit Valérie avec un sourire subtil et un léger inclinement de tête.
— Nous n'en attendions pas moins de votre navire, Capitaine, répondit Valérie avec un sourire subtil et un léger inclinement de tête.
Après avoir salué le groupe d'un geste de la main, le Capitaine escorta son médecin et le passager vers la sortie, laissant derrière lui une atmosphère chargée d'une tension délicieuse.
Une heure plus tard, l’adrénaline étant enfin retombée, nous quittons le restaurant. La marche dans les couloirs du pont VIP prend des allures de promenade joyeusement désordonnée. Portées par le grand cru de Bourgogne, le champagne et l'excitation de cette première soirée, nous déambulons toutes les quatre en riant aux éclats. Roxane rejoue la scène de la manœuvre d'Heimlich en exagérant ses gestes, Nadia manque de perdre un escarpin sur le tapis épais, et je me surprends à rire de si bon cœur que mes épaules en tremblent.
Arrivées devant nos suites, nous nous séparons après une volée de baisers et de câlins chaleureux. Roxane et Nadia s'engouffrent dans leur cabine en chuchotant des bêtises, tandis que Sophie et moi refermons la porte de la nôtre.
Dans la pénombre douce de la pièce, le calme retombe. Je retire mes talons avec un soupir de soulagement et commence à détacher mes bijoux devant la coiffeuse. Sophie, de son côté, s'empresse de retirer sa somptueuse robe dorée. Je la regarde du coin de l'œil, curieuse de voir ce qu'elle va enfiler après une soirée aussi glamour.
Quand elle sort de la salle de bains, je reste figée, la brosse à cheveux suspendue en l'air.
Sophie porte un pyjama en coton ample, couleur crème, entièrement imprimé de petits dessins de Snoopy couché sur sa niche rouge. Les pieds nus sur le parquet, sa queue-de-cheval légèrement de travers, elle ressemble à une adolescente sortie d'une pyjama-party, à mille lieues de la jeune femme incendiaire qui faisait tourner les têtes au restaurant deux heures plus tôt.
Le contraste est si violent, si absurde et si mignon que je ne peux pas me retenir. Un éclat de rire m'échappe, fort, incontrôlable.
— Ne rigole pas ! proteste Sophie en rougissant jusqu'aux oreilles, un sourire embarrassé aux lèvres. Il est hyper confortable !
— Snoopy, Sophie ? Vraiment ? je hoquette entre deux fous rires, les larmes aux yeux. La femme fatale de la table VIP dort en pyjama Snoopy !
— Il est en coton bio ! se défend-elle en jetant un oreiller dans ma direction, hilare à son tour.
— Snoopy, Sophie ? Vraiment ? je hoquette entre deux fous rires, les larmes aux yeux. La femme fatale de la table VIP dort en pyjama Snoopy !
— Il est en coton bio ! se défend-elle en jetant un oreiller dans ma direction, hilare à son tour.
Nous finissons toutes les deux pliées en deux sur le lit, étouffant nos rires dans les draps pour ne pas réveiller tout le pont. C'est aussi pour ça que je l'aime : derrière ses velléités d'audace et sa sensualité naissante, Sophie garde cette fraîcheur touchante et sans artifice.
Après avoir repris notre souffle, nous nous glissons chacune dans notre lit individuel.
— Bonne nuit, Val, murmure-t-elle doucement en éteignant sa lampe de chevet.
— Bonne nuit, ma petite sage... et bise à Snoopy, je réponds dans un dernier sourire.
— Bonne nuit, ma petite sage... et bise à Snoopy, je réponds dans un dernier sourire.
L'obscurité enveloppe la chambre, seulement troublée par le ronronnement lointain et rassurant des machines du paquebot.
Environ une heure plus tard, un choc imperceptible tiré de la cloison me fait rouvrir les yeux. Dans le noir, je devine la silhouette de Sophie qui se redresse d'un coup, le dos raide, la tête tournée vers la porte communicante.
D'abord, ce n'est qu'un froissement sourd, presque imperceptible. Un grincement de sommier, suivi d'un murmure feutré. Sophie fronce les sourcils dans la pénombre, immobilisée par le doute. Un bruit de verres qui s'entrechoquent à peine sur une table de chevet ? Un vêtement qu'on retire à la hâte ? Elle retient son souffle, cherchant à identifier ce petit manège nocturne.
Puis le doute s'efface.
Un premier soupir traverse le panneau de bois. Court, haletant, vite réprimé. Puis un deuxième, plus long, plus vibrant. La voix de Nadia s'élève enfin, devenant de plus en plus distincte, une complainte rauque et chaude, rythmée par une cadence qui s'accélère. Presque aussitôt, le rire clair et coquin de Roxane lui répond dans un murmure coquin, une phrase étouffée qui se perd dans le bruit mat de la couette qu'on repousse avec fougue.
Le contraste est saisissant. La pièce voisine s'embrase dans une intimité torride, et le son de leur plaisir s'intensifie, traversant la cloison avec une clarté presque indécente. Les gémissements de Nadia deviennent plus profonds, saccadés, libérés de toute retenue, tandis que Roxane l'accompagne d'un souffle court et de petits rires étouffés d'une complicité brûlante.
Je garde les yeux fixés sur Sophie sans dire un mot. Dans la faible lumière de la lune qui filtre par le hublot, je vois sa poitrine se soulever rapidement. Sa main remonte lentement vers son col en coton bio, serrant le tissu contre sa gorge comme pour se protéger de la vague de chaleur qui l'envahit. Ses yeux sont écarquillés dans le noir, pétrifiée par l'écoute indiscrète, totalement prisonnière de ce voyeurisme sonore. Le frisson de la nuit vient de la cueillir en plein cœur : sous la cotonnade de Snoopy et la timide retenue, le désir pointe enfin son nez, pur, brûlant et incontrôlable.
On enchaîne avec le Chapitre 4 et la fameuse séance photo du lendemain ?
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