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Couverture de Sexpress tendresses, par Azimuteur
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Sexpress tendresses — Chapitre 7

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Azimuteur
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Sexpress tendresses

Chapitre 7

Je suis abasourdie ! Mes parents, ici, devant ma porte !
Estomaquée ! D’autant qu’un frisson me parcourt : d’habitude, ils prennent ma clé chez Mamie et entrent pratiquement sans crier gare. Trois minutes plus tôt, ils tombaient en plein...
J’ouvre, le rouge aux joues. Mais que je rougisse, ça ne les surprendra pas, ils sont habitués...
— Papa, Maman ! Vous ne m’avez pas dit que vous veniez ! Je ne savais pas !
J’essaye de faire bonne figure mais eux, me regardent bizarrement, un drôle de sourire aux lèvres : étaient-ils devant la porte depuis un moment déjà ? Avec la fenêtre ouverte de ma chambre, ils ont pu entendre certains... miaulements sans équivoque !
À moins que ce ne soit ma tenue qui les surprenne : en lourd et épais peignoir de bain en éponge au milieu de cet après-midi caniculaire... Jésus, Marie et tous mes seins, faites que ce soit ça !
— J’entrais dans ma douche à l’instant où vous avez sonné. Vous m’avez fait sursauter, j’ai failli glisser sur le carrelage.
— Désolé, dit mon père. Ça n’arrivera plus. Je viens justement de dire à ta mère que clé ou pas clé, on téléphonera désormais avant de venir.
— Ah oui ?
— Tu es grande fille, Pipa, tu vis ta vie comme tu l’entends et ici, c’est chez toi ! Nous n’avons pas à débarquer à l’improviste, explique-t-il, avec toujours le même sourire équivoque aux lèvres.
— Tu es seule ? demande ma mère, tête légèrement penchée et les yeux étrécis par la curiosité.
— Euh non... (je marque un temps, leurs sourires s’élargissent franchement) ... Une amie est ici. On a répété une danse et là, elle est allée sous la douche, à l’étage.
Ok, c’est sûr : ils nous ont entendues ! Envolées les risettes ! Le regard interloqué qu’ils n’ont pu s’empêcher d’échanger à mon explication est on ne peut plus clair !
— Une... amie, murmure mon père, visiblement interloqué
— Tu nous la présentes ? demande Mamoune, presqu’hilare tout à coup.
« Hé ben voilà – ça, c’est fait ! Emballez-c’est pesé, comme on dit à la Boucherie Sanzot ! Pour le coming-out, pas besoin de nous tracasser ! C’est fait ! »
Je monte trois marches de l’escalier vers l’étage.
— Misu ! Quand tu auras fini, tu descends, mes parents sont là.
— Ok ! me répond une voix d’outre-douche.
« Oh Seigneur, s’il vous plait, faites qu’elle ait autre chose à se mettre que sa saharienne ras le bonbon ! »
Pendant que nous nous dirigeons vers le salon, mon père affiche un air franchement dubitatif. Ma mère hausse les épaules en sa direction et ses yeux expriment quelque chose du genre « Et alors ? ».
— On ne va pas vous déranger longtemps, on venait juste chercher la clé du chalet.
— D’accord, je vous la donne. Mais... vous avez bien cinq minutes. Vous voulez boire quelque chose, il fait si chaud, dis-je en m’éventant avec mes mains.
Le temps de servir des orangeades glacées, Misu déboule dans la pièce. Ouf ! Jupe plissée outremer à liserés blancs, de longueur très raisonnable et chemisier blanc opaque. Manquent un gros flot bleu au col, des socquettes blanches et escarpins vernis et elle aurait tout de la parfaite et « très sage » écolière nippone. Elle est incroyablement craquante ! D’autant qu’elle a ramené la masse de ses longs cheveux noirs sur son épaule gauche ! Elle est splendide ! Irrésistible ! Mes darons se sont levés avec un bel ensemble et ouvrent des yeux ébahis.
— Papa, maman, je vous présente Misuki. Misuki, mes parents...
— Mademoiselle, vous êtes ravissante, déclare ma mère. Je suis enchantée !
— Absolument ravissante, renchérit mon père. Vous êtes... Miss Japan au minimum !
Misu rit :
— Oh-là non, moi, aucune chance : il me manquerait certains arguments pour concourir à ce titre .... (Misu a porté un instant ses mains en conque à sa poitrine !). Mais merci pour le compliment ! Cela dit, je ne suis pas totalement japonaise, mon père est français d’origine polonaise. Mon prénom est Misuki mais appelez-moi Misu s’il vous plait.
— Eh bien, le métissage franco-slave-Japon est absolument réussi. Et vous formez avec Pipa, un couple magnifique !
Comme je fais les gros yeux, Papa se rattrape aux branches :
— Un très beau couple... de danseuses, ajoute-t-il tout en haussant les épaules pour signifier la vacuité de cette précision.
« Non mais Pap’s ? Je le crois pas ! Non ! Serait-il en train d’adouber notre « couple » ? Incroyable ! Oh non, là, les choses vont trop vite pour moi ! »
Mamoune en rajoute une couche :
— Vous êtes... enfin vous... vous dansez ensemble depuis longtemps ?
Sans nul doute, de fausses hésitations, bien trop appuyées pour être innocentes ! Sans parler de l’œillade amusée lancée à mon père.
Je m’empresse de mentir.
— Quelque temps, oui...
Car non mais, si je leur dis qu’on s’est rencontré il y a quatre jours à peine (et encore, ce n’est que la deuxième fois qu’on se revoit depuis mercredi), ils vont penser que...
« Que quoi en fait ? Que nous sommes deux gouines en chaleur ! Des succubes sataniques ? Non ! Qu’ils ravalent notre histoire à une sordide affaire de cul... Je ne veux pas qu’ils pensent ça de nous ! Pas de Misu surtout !
Mais bon, fifille, oh, écoute-toi, tu parles d’une histoire qui s’est nouée .... ce matin en fait ! Tu ne te ferais pas un film par hasard ? Rappelle-toi que tu étais encore 99% hétéro ce matin encore !
Ça mouline dur dans ma p’tite tête mais en réalité, j’assume ! Sans détour ni précaution. Avec même une certaine jouissance outrancière et délibérément, triomphalement vulgaire :
Oui, je suis passée de suce-bite à lèche-moule en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Enfin, lèche-moule... Très bientôt, j’espère ! Incessamment sous peu ! Oh mon dieu, faites qu’il se retire vite fait le duo d’agents spéciaux ! »
Mamoune et Papounet soumettent en effet Misuki à un véritable interrogatoire de police. Sympathique, souriant mais interrogatoire tout de même !
— Vous avez quel âge ?
— Vous habitez dans le coin ?
— Vous allez au Japon parfois ?
— Vous faites quoi dans la vie ...
Dans trois minutes, ils vont lui demander un CV circonstancié !
J’abandonne lâchement Misu sur le grill. Comme je viens (inévitable !) d’inviter mes darons à dîner (Papa a insisté pour que Misu soit de la partie !), je file à mon congélo pour dénicher ce que je vais bien pouvoir concocter comme repas.
Maman vient me rejoindre dans la cuisine.
— Allez, dis-moi tout ! Ça fait combien de temps vous deux ?
Je me fige devant mon congélateur ouvert, je n’ose pas me retourner vers elle. Je déglutis avec peine, mon larynx est tellement bloqué que je ne pourrais articuler le moindre mot !
— Ma chérie, tu crois que je n’ai pas vu comment tu la regardes ton adorable Misu ? Tu la dévores des yeux, et elle, de même ! Et, confidence pour confidence, on ne va pas se faire de cachotteries, n’est-ce pas ? En arrivant ici, nous t’avons clairement entendue pousser des cris qui de toute évidence n’étaient pas des plaintes de douleur. Nous sommes retournés à la voiture pour attendre quelques minutes. Bien sûr, à ce moment-là, il ne nous est pas venu à l’esprit que tu t’envoyais en l’air avec une femme ! Alors oui, c’est vrai, on ne s’y attendait pas et surpris, oui, nous l’avons été mais quelle importance ? Vous êtes amoureuses, c’est évident... et grand bien vous fasse ! Alors, dis-moi ? Depuis combien de temps vous deux ? C’est sérieux ?
Je suis abasourdie par la franchise directe de ma sainte mère immaculée contraception !
— Pas très longtemps en fait (je n’en dirai pas plus !).
— Oh ! Vous êtes encore en phase de découverte mutuelle, c’est ça ?
— Non mais maman ! Tu ne peux pas...
— Chérie, tout ce que nous voulons ton père et moi, c’est te voir heureuse. Elle est délicieuse ta japonaise, sublimement belle, intelligente, fine et spirituelle, carrée aussi je crois et de toute évidence à l’aise dans ses baskets. Que demander de plus ?
— Mais... tu en penses quoi vraiment de... Et... Papa ?
— Pipa, dis-toi bien que ton père est beaucoup moins borné et vieux-jeu que tu ne le penses ! Ni têtu, ni sectaire. Très ouvert, moderne, libéral pour ne pas dire libertaire. Dans le move comme vous dites. Faudra que je te parle de certaines choses à notre sujet à l’occasion...
« Oh-la-la, on se calme ! Papa, libertaire ? Et pourquoi pas libertin aussi ? Mon dieu, je suis absolument certaine de ne rien vouloir savoir ! Merde, ce sont mes parents tout de même ! »
— Je te le répète, l’important pour nous est que tu sois heureuse. Visiblement, tu l’es et bien plus qu’avec ton Justin, ce fainéant aussi prétentieux et macho que tes petits amis précédents ! Reconnais que tu as enchaîné une série de blaireaux... On se désespérait tu sais de te voir si mal acoquinée... Avec Misu, tu rayonnes ma chérie, tu irradies de bonheur ! Vous formez un couple épanoui ! Alors, est-ce que ça va durer quelques semaines, quelques mois ou toute la vie ? Peu importe : savourez votre bonheur !
Elle marque un temps :
— J’ai une petite question quand même, si tu permets...
« Holà, ça continue ! Je crains le pire ! »
— Toi, je sais. Mais Misu, elle est lesbienne exclusive ou...
« Ah ben non, c’est bien pire que ce que je pensais ! »
— Elle est bi !
— Parfait ! (elle applaudit !) Comme ça, vous pourrez vous offrir des petites parenthèses quand certains... manques se feront sentir, si tu vois ce que je veux dire...
— Non, stop maman ! Là, ça suffit ! Stop-stop-stop !
De retour au salon, nous trouvons Pap’s et Misu qui rient comme des bossus. Deux lurons... en foire !
— Alors Armand, tu en as fini avec ton interrogatoire ? Satisfait ?
— Totalement ! Misu est adorable, drôle, spirituelle et intelligente. Je te le garantis, ce n’est pas une japo-niaise.
— Oh Armand, t’es relou avec tes jeux de mots débiles ! Allez, debout bonhomme, j’ai la clé du cabanon. On file, on a assez embêté... ces deux colombes !
« Colombes ! Il va sans dire que mon père, direct, chantonne une certaine chanson de Mecano ! Non mais, retenez-moi, je vais les tuer ces deux-là ! »
— Quelle heure ce soir, demande ma mère ?
— 19 heures, au plus tôt !
Avant que j’aie pu faire un pas pour les raccompagner, ils filent en claquant la porte derrière eux. Je me retrouve face à Misu.
Je suis embarrassée, tourneboulée. Inquiète de la réaction de Misuki.
— Misuki, mes parents, ils savent... Ils ont compris...
— Pour nous deux, oui, ça, c’est parfaitement évident ma chérie !
— Misu, ils savent que nous sommes un couple avant même que nous ne le sachions véritablement nous-mêmes !... Je te raconterai tout ce que m’a sorti ma mère dans la cuisine. Ahurissant ! Oh, ma belle, j’espère que tu n’es pas fâchée ? Je suis vraiment désolée Misu...
— Tu n’as pas à l’être ! Ils sont trop cools tes parents ! Et au moins, on n’aura pas à cogiter sur la façon de faire notre coming-out. C’est une affaire réglée, visiblement acceptée, validée et j’en suis ravie. Mais toi ma chérie, pas trop embarrassée d’être découverte ? Pour le moins cataloguée bisexuelle désormais...
Pour toute réponse, je dénoue ma ceinture et d’un coup d’épaule, je fais tomber mon peignoir. J’éprouve un délicieux sentiment de triomphe à me retrouver nue face à ma belle nipponne.
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Chapitre 8
Entre Pipa et Misuki, le jeu de séduction a depuis longtemps dépassé le simple flirt. Face à face, la rousse se retrouve à la merci d'une amie aussi taquine que troublante, qui fait monter la tension geste après geste. Chaque regard semble chercher la limite entre le désir et la raison. Jusqu'où ira cette attirance qui bouleverse Pipa, et qu'elle n'avait jamais envisagée ?
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Commentaires ()

Passer les 3 commentaires
reveur73
6 novembre 2026 à 18:04
La Boucherie, c'est SANZOS, pas Sanzot, je suis comme le vieux père, amateur de jeux de mots, et celui-là il est top chez Hergé.
J'adore le ton de ce récit, léger, frais, heureux, plein de vie et d'humour!!🥰😁
Photo de profil de Moutcho
Moutcho
6 novembre 2026 à 17:19
Magnifique très très bien raconté bravo

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