Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les découvertes de Manon — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les découvertes de Manon
Chapitre 3
Samedi 26 novembre
– Manon ? C'est moi ! Angèle… Je vais à une réunion avec les filles, là. Tu sais, celles dont je t'ai parlé. Les cages de chasteté, tout ça. Ça te dit toujours ?
Évidemment que ça me disait. Et comment ! C'te question !
– Ben alors, tiens-toi prête. Je te prends au passage. Dans cinq minutes je suis là.
Elles étaient quatre. Plus nous deux. Mais pas de type.
– C'est pas une nécessité à chaque fois non plus.
– Oui… Et puis, juste entre femmes comme ça, on est quand même nettement plus libres pour parler.
– Un truc qu'est sûr en tout cas, c'est qu'ils nous feront pas cocues pendant ce temps-là.
Elles ont éclaté de rire.
– Alors ça, il y a pas de risque. Parce qu'équipés comme on les a équipés.
– À part le Yann d'Églantine. Il l'a à l'air libre, lui.
– Oui, mais c'est pas sûrement pas à lui qu'il viendrait à l'idée de me faire cocue.
– Il faut jurer de rien. Un mec, ça reste un mec. Tu pourrais bien avoir des surprises.
– Ça en prend pas du tout le chemin. Dommage, d'ailleurs, dans un sens. Parce que ça me donnerait un prétexte pour la lui flanquer en cage. Allez, hop ! Bouclée. Comme les autres. Ça me ferait des vacances. Non, mais attends ! Un type qu'est après toi comme ça tout le temps. Que tu y attrapes tous les soirs. Et des fois encore le matin, avant de partir au boulot. Et puis tout le week-end. Que jamais il te lâche tant qu'il a pas eu ce qu'il voulait.
– Il y a des tas de nanas à ta place, elles se plaindraient pas.
– Je sais bien, oui, mais trop, c'est trop. C'est vraiment trop. Je sature, là. Je sature vraiment.
– Elle a raison. C'est pas à eux de décider aux mecs. C'est à nous. Quand on a envie. Et seulement quand on en a envie. C'est pour ça que les mettre en cage… Et les sortir quand on veut…
– Oui, mais tant qu'ils nous ont pas trompées. Il faut être en position de force, sinon le type jamais il va accepter un truc pareil.
– Je veux bien m'en occuper, moi…
– T'occuper de quoi, Mélanie ?
– Ben, de la faire cocue, Églantine. Si elle veut, bien sûr.
– Essaie ! Mais ça m'étonnerait que tu y arrives.
Mercredi 30 novembre
Évidemment que ça me disait. Et comment ! C'te question !
– Ben alors, tiens-toi prête. Je te prends au passage. Dans cinq minutes je suis là.
Elles étaient quatre. Plus nous deux. Mais pas de type.
– C'est pas une nécessité à chaque fois non plus.
– Oui… Et puis, juste entre femmes comme ça, on est quand même nettement plus libres pour parler.
– Un truc qu'est sûr en tout cas, c'est qu'ils nous feront pas cocues pendant ce temps-là.
Elles ont éclaté de rire.
– Alors ça, il y a pas de risque. Parce qu'équipés comme on les a équipés.
– À part le Yann d'Églantine. Il l'a à l'air libre, lui.
– Oui, mais c'est pas sûrement pas à lui qu'il viendrait à l'idée de me faire cocue.
– Il faut jurer de rien. Un mec, ça reste un mec. Tu pourrais bien avoir des surprises.
– Ça en prend pas du tout le chemin. Dommage, d'ailleurs, dans un sens. Parce que ça me donnerait un prétexte pour la lui flanquer en cage. Allez, hop ! Bouclée. Comme les autres. Ça me ferait des vacances. Non, mais attends ! Un type qu'est après toi comme ça tout le temps. Que tu y attrapes tous les soirs. Et des fois encore le matin, avant de partir au boulot. Et puis tout le week-end. Que jamais il te lâche tant qu'il a pas eu ce qu'il voulait.
– Il y a des tas de nanas à ta place, elles se plaindraient pas.
– Je sais bien, oui, mais trop, c'est trop. C'est vraiment trop. Je sature, là. Je sature vraiment.
– Elle a raison. C'est pas à eux de décider aux mecs. C'est à nous. Quand on a envie. Et seulement quand on en a envie. C'est pour ça que les mettre en cage… Et les sortir quand on veut…
– Oui, mais tant qu'ils nous ont pas trompées. Il faut être en position de force, sinon le type jamais il va accepter un truc pareil.
– Je veux bien m'en occuper, moi…
– T'occuper de quoi, Mélanie ?
– Ben, de la faire cocue, Églantine. Si elle veut, bien sûr.
– Essaie ! Mais ça m'étonnerait que tu y arrives.
Mercredi 30 novembre
Les choses arrivent quand elles doivent arriver. Au moment qu'elles ont elles-mêmes choisi. La preuve : hier j'étais tranquillement en train de faire mes courses au Super Marché du coin. Je venais de déposer mes achats sur le tapis de caisse quand…
– Bonjour…
Barnabé1. Flanqué de Barnabé2.
– Ah, bonjour.
– Qu'est-ce que vous faites par ici ? C'est pas votre quartier.
Ben, si, justement, si ! C'était mon quartier. Et on a « découvert » qu'on habitait la même rue. En vis-à-vis. J'ai feint l'étonnement.
– Ah, ben ça alors !
– Mais passez ! Passez à la maison ! Qu'on fasse un peu mieux connaissance. Parce que là-bas, au café, faut bien dire que ça s'y prête pas vraiment.
Je passerai. Sûr que je passerai.
– Bonjour…
Barnabé1. Flanqué de Barnabé2.
– Ah, bonjour.
– Qu'est-ce que vous faites par ici ? C'est pas votre quartier.
Ben, si, justement, si ! C'était mon quartier. Et on a « découvert » qu'on habitait la même rue. En vis-à-vis. J'ai feint l'étonnement.
– Ah, ben ça alors !
– Mais passez ! Passez à la maison ! Qu'on fasse un peu mieux connaissance. Parce que là-bas, au café, faut bien dire que ça s'y prête pas vraiment.
Je passerai. Sûr que je passerai.
Fallait le faire attendre un peu, mais pas trop. Il travaille pas le mardi. Je suis bien placée pour le savoir. Alors j'y suis passée hier, sur le coup de dix heures. C'est Barnabé2 qui m'a ouvert À poil. – T'as encore oublié ta clef. Une fois de plus. Oh, c'est vous ! Pardon ! Désolé. Pardon. Je croyais que c'était Gaëtan qui remontait et…
Il s'est précipité sur un peignoir.
– Mais entrez ! Entrez ! Restez pas là ! Asseyez-vous ! Il va arriver. Il va sûrement pas tarder. Qu'est-ce que je vous sers en attendant ? Un café ? Je viens d'en faire.
Il s'est démené. Tasses. Sucre. Lait. Cuillers. Cafetière. Est enfin venu prendre place, en face de moi, sur le canapé.
– Encore désolé pour tout à l'heure. Je pouvais pas savoir.
– Oui, oh, c'est pas une affaire d'état non plus. C'est pas la première fois que je vois un homme tout nu, vous savez.
– Oui, ben ça, j'imagine. En tout cas, c'est bien que vous soyez venue. Il va être content Gaëtan. Parce qu'on vit un peu en vase clos, ici, tous les deux. Surtout moi d'ailleurs. Parce que lui encore avec son boulot il voit du monde. Même que ce soit que des clients, c'est quand même du monde. Il parle au moins. Tandis que moi, c'est des journées entières que je passe sans voir personne. Sans desserrer les dents.
Et il a parlé, parlé, parlé. De tout. De rien.
– Mais que ça fait du bien ! Oh, que ça fait du bien.
À midi il parlait toujours.
– Désolée. Va falloir que j'y aille.
– Vous n'aurez pas vu Gaëtan. Je sais pas ce qu'il fabrique. Il devrait être là.
– Pas grave. Je reviendrai.
– Oh, oui, hein !
Le cri du cœur. Il m'a raccompagnée. Le peignoir s'est accroché au petit meuble d'angle dans l'entrée, largement ouvert.
– Ah, ben décidément je vous aurai offert le spectacle aujourd'hui…
S'il savait !
Lundi 5 décembre
Il s'est précipité sur un peignoir.
– Mais entrez ! Entrez ! Restez pas là ! Asseyez-vous ! Il va arriver. Il va sûrement pas tarder. Qu'est-ce que je vous sers en attendant ? Un café ? Je viens d'en faire.
Il s'est démené. Tasses. Sucre. Lait. Cuillers. Cafetière. Est enfin venu prendre place, en face de moi, sur le canapé.
– Encore désolé pour tout à l'heure. Je pouvais pas savoir.
– Oui, oh, c'est pas une affaire d'état non plus. C'est pas la première fois que je vois un homme tout nu, vous savez.
– Oui, ben ça, j'imagine. En tout cas, c'est bien que vous soyez venue. Il va être content Gaëtan. Parce qu'on vit un peu en vase clos, ici, tous les deux. Surtout moi d'ailleurs. Parce que lui encore avec son boulot il voit du monde. Même que ce soit que des clients, c'est quand même du monde. Il parle au moins. Tandis que moi, c'est des journées entières que je passe sans voir personne. Sans desserrer les dents.
Et il a parlé, parlé, parlé. De tout. De rien.
– Mais que ça fait du bien ! Oh, que ça fait du bien.
À midi il parlait toujours.
– Désolée. Va falloir que j'y aille.
– Vous n'aurez pas vu Gaëtan. Je sais pas ce qu'il fabrique. Il devrait être là.
– Pas grave. Je reviendrai.
– Oh, oui, hein !
Le cri du cœur. Il m'a raccompagnée. Le peignoir s'est accroché au petit meuble d'angle dans l'entrée, largement ouvert.
– Ah, ben décidément je vous aurai offert le spectacle aujourd'hui…
S'il savait !
Lundi 5 décembre
– Allô ? C'est moi, Angèle. J'ai pas le temps de passer. Je suis surbookée. Mais que je te tienne quand même un peu au courant de ce qui se passe. Alors ça y est, Mélanie avec le Yann d'Églantine. Et sans forcer en plus. Mais ça, c'était couru. Une femme quand elle veut avoir un type, elle l'a. Il va avoir droit à la cage du coup. Dès qu'Églantine les aura pris sur le fait. C'est prévu. Dans la semaine ça va se faire.
– Il préférera peut-être…
– Quoi donc ? Divorcer ? Alors là il y a pas de risque. Pas Yann. Le connaissant… Oh, mais ils sont pas plus malheureux pour ça, tu sais. Au contraire. Et même… Tiens, que je te raconte. Ça faisait tout juste deux ans samedi qu'il l'avait sa cage, Norbert. Alors je lui ai fait la surprise. Je l'ai emmené à Blois pour fêter ça.
– À Blois ? Pourquoi Blois ?
– Parce que c'est là qu'on s'est rencontrés. On s'est offert un petit week-end en amoureux. Mais vraiment en amoureux. Comme au premier jour. Mieux qu'au premier jour. Et du coup, au moment de repartir, je me suis dit que c'était peut-être pas la peine de la lui remettre, la cage. Que maintenant… Eh ben tu sais quoi ? C'est lui qui me l'a réclamée. Et il a eu raison. Évidemment qu'il a eu raison. Pour lui comme pour moi : si j'en veux d'autres des petits week-ends comme ça… Ce qu'il faudrait, si on y réfléchit bien, c'est que tous les mecs on la leur mette en cage. T'imagines comment on aurait la paix ? Dans le métro et partout. Plus de types à te draguer à tous les coins de rue. Ça leur servirait à quoi puisque de toute façon ils pourraient pas arriver à leurs fins ? Une paix royale on aurait. Sans compter que le mec dont t'aurais la clef… Bon, mais faut pas rêver. Et toi ? T'en es où avec tes Barnabé ?
– Ça suit son cours. Ça suit gentiment son cours.
J'ai pas eu envie de lui dire pour Barnabé2 l'autre jour. Je sais pas pourquoi, mais j'ai pas eu envie…
Mercredi 7 décembre
– Il préférera peut-être…
– Quoi donc ? Divorcer ? Alors là il y a pas de risque. Pas Yann. Le connaissant… Oh, mais ils sont pas plus malheureux pour ça, tu sais. Au contraire. Et même… Tiens, que je te raconte. Ça faisait tout juste deux ans samedi qu'il l'avait sa cage, Norbert. Alors je lui ai fait la surprise. Je l'ai emmené à Blois pour fêter ça.
– À Blois ? Pourquoi Blois ?
– Parce que c'est là qu'on s'est rencontrés. On s'est offert un petit week-end en amoureux. Mais vraiment en amoureux. Comme au premier jour. Mieux qu'au premier jour. Et du coup, au moment de repartir, je me suis dit que c'était peut-être pas la peine de la lui remettre, la cage. Que maintenant… Eh ben tu sais quoi ? C'est lui qui me l'a réclamée. Et il a eu raison. Évidemment qu'il a eu raison. Pour lui comme pour moi : si j'en veux d'autres des petits week-ends comme ça… Ce qu'il faudrait, si on y réfléchit bien, c'est que tous les mecs on la leur mette en cage. T'imagines comment on aurait la paix ? Dans le métro et partout. Plus de types à te draguer à tous les coins de rue. Ça leur servirait à quoi puisque de toute façon ils pourraient pas arriver à leurs fins ? Une paix royale on aurait. Sans compter que le mec dont t'aurais la clef… Bon, mais faut pas rêver. Et toi ? T'en es où avec tes Barnabé ?
– Ça suit son cours. Ça suit gentiment son cours.
J'ai pas eu envie de lui dire pour Barnabé2 l'autre jour. Je sais pas pourquoi, mais j'ai pas eu envie…
Mercredi 7 décembre
J'ai hésité. J'y vais ? J'y vais pas ? Un mercredi, j'allais avoir l'air de vouloir éviter Barnabé1, alias Gaëtan. Mais tant pis ! Ça me tentait trop. Son air ravi quand il m'a vue, Barnabé2.
– Je me demandais. Est-ce qu'elle reviendra ? Il y a peut-être quelque chose qui lui a pas plu. À moins que… Et puis discuter avec moi c'est pas forcément très drôle.
– Eh bien, vous voyez, je suis là.
– Je vois… Je vois… Et ça me fait plaisir. Vous pouvez pas savoir ce que ça me fait plaisir. Bon, mais parlez-moi un peu de vous. Sinon je sais ce qui va se passer. Je vais encore monopoliser la conversation. Comme l'autre jour.
– C'est que vous en aviez besoin.
– Ah, ça, c'est sûr. Parce qu'on peut pas dire qu'il soit toujours très causant Gaëtan. Surtout en ce moment. Ça bat les records. Si on a échangé dix mots depuis dimanche.
– Effectivement.
– C'est lourd. J'ai du mal. Parce que faut vous dire… On n'est pas seulement colocataires tous les deux. On est copains. Enfin je veux dire… On est en couple.
– Je sais, oui.
– Je me demandais. Est-ce qu'elle reviendra ? Il y a peut-être quelque chose qui lui a pas plu. À moins que… Et puis discuter avec moi c'est pas forcément très drôle.
– Eh bien, vous voyez, je suis là.
– Je vois… Je vois… Et ça me fait plaisir. Vous pouvez pas savoir ce que ça me fait plaisir. Bon, mais parlez-moi un peu de vous. Sinon je sais ce qui va se passer. Je vais encore monopoliser la conversation. Comme l'autre jour.
– C'est que vous en aviez besoin.
– Ah, ça, c'est sûr. Parce qu'on peut pas dire qu'il soit toujours très causant Gaëtan. Surtout en ce moment. Ça bat les records. Si on a échangé dix mots depuis dimanche.
– Effectivement.
– C'est lourd. J'ai du mal. Parce que faut vous dire… On n'est pas seulement colocataires tous les deux. On est copains. Enfin je veux dire… On est en couple.
– Je sais, oui.
Il m'a jeté un regard stupéfait.
– Vous savez ? Comment ça, vous savez ?
Je me suis rattrapée comme j'ai pu.
– C'est pas que je sais en fait. C'est plutôt que je me doute. Que quelque chose me dit que…
– Ah, oui ? Ça m'étonnerait que ça dure n'importe comment.
– À ce point-là ?
– Je sais pas. Je sais plus quoi penser. Je sais plus où j'en suis. La connerie, ça a été de venir m'installer ici avec lui. Il me voit plus. Je fais partie des meubles. Il mène sa petite vie de son côté et puis voilà. Il y a que pour le cul. Là, par contre, il se rappelle que je suis là. Et encore ! Si on veut… Parce qu'il prend son plaisir, oui. Mais le mien il en a rien à battre. Strictement rien. J'existe pas en fait. Non. Je le sais bien ce qu'il faudrait que je fasse. Que j'aie le courage de faire. Mais je l'aime ce con, putain ! Je l'aime.
Les larmes lui sont montées aux yeux. Je suis venue m'asseoir près de lui, sur le canapé. Lui ai caressé la joue.
– Pleure pas, va !
Il m'a embrassé la main.
– Tu es gentille. Toi au moins, tu m'écoutes. J'ai besoin de ça, tu sais. Si tu savais comment j'en ai besoin.
– Vous savez ? Comment ça, vous savez ?
Je me suis rattrapée comme j'ai pu.
– C'est pas que je sais en fait. C'est plutôt que je me doute. Que quelque chose me dit que…
– Ah, oui ? Ça m'étonnerait que ça dure n'importe comment.
– À ce point-là ?
– Je sais pas. Je sais plus quoi penser. Je sais plus où j'en suis. La connerie, ça a été de venir m'installer ici avec lui. Il me voit plus. Je fais partie des meubles. Il mène sa petite vie de son côté et puis voilà. Il y a que pour le cul. Là, par contre, il se rappelle que je suis là. Et encore ! Si on veut… Parce qu'il prend son plaisir, oui. Mais le mien il en a rien à battre. Strictement rien. J'existe pas en fait. Non. Je le sais bien ce qu'il faudrait que je fasse. Que j'aie le courage de faire. Mais je l'aime ce con, putain ! Je l'aime.
Les larmes lui sont montées aux yeux. Je suis venue m'asseoir près de lui, sur le canapé. Lui ai caressé la joue.
– Pleure pas, va !
Il m'a embrassé la main.
– Tu es gentille. Toi au moins, tu m'écoutes. J'ai besoin de ça, tu sais. Si tu savais comment j'en ai besoin.
Jeudi 15 décembre
On était huit cette fois. Et Aurore avait amené son mec, un dénommé Damien.
– Peut-être bien que je vais le laisser se soulager ce soir. Je sais pas encore. Je verrai. Ça va dépendre.
– Ça fait combien de temps qu'il y a pas eu droit ?
– Sept semaines.
– Sept semaines ? T'es vache quand même !
– Non, mais attends ! Après le coup qu'il m'a fait…
– Quoi ? Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
– Eh ben, figurez-vous qu'il s'était mis en tête de trouver la clef de sa cage et de se libérer en cachette. Il a retourné toute la maison pour ça. Et fini par en dénicher une. Sauf que c'était pas la bonne. Et qu'en voulant à toute force la faire rentrer il l'a coincée dedans. À la scie à métaux j'ai dû le dégager.
– Ah, ça ! Il faut faire attention avec les cadenas. Elle vous a pas raconté Melissa ?
– Non. Quoi ? Faut dire que ça fait un moment qu'on l'a pas vue, elle !
– Son mari avait réussi à découvrir où elle cachait la clef et s'était fait faire un double. Pendant plus de six mois elle s'est rendu compte de rien.
– Et il allait voir ailleurs, j'parie.
– Ah, ben ça !
– Je fais hyper gaffe, moi ! Je la garde toujours sur moi la clef. Et j'ai un double dans un coffre à la banque. Au cas où… On sait jamais.
– Moi, toutes les semaines je le change le cadenas. Ça me coûte un peu d'argent, mais comme ça, au moins, je suis sûre.
– Peut-être bien que je vais le laisser se soulager ce soir. Je sais pas encore. Je verrai. Ça va dépendre.
– Ça fait combien de temps qu'il y a pas eu droit ?
– Sept semaines.
– Sept semaines ? T'es vache quand même !
– Non, mais attends ! Après le coup qu'il m'a fait…
– Quoi ? Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
– Eh ben, figurez-vous qu'il s'était mis en tête de trouver la clef de sa cage et de se libérer en cachette. Il a retourné toute la maison pour ça. Et fini par en dénicher une. Sauf que c'était pas la bonne. Et qu'en voulant à toute force la faire rentrer il l'a coincée dedans. À la scie à métaux j'ai dû le dégager.
– Ah, ça ! Il faut faire attention avec les cadenas. Elle vous a pas raconté Melissa ?
– Non. Quoi ? Faut dire que ça fait un moment qu'on l'a pas vue, elle !
– Son mari avait réussi à découvrir où elle cachait la clef et s'était fait faire un double. Pendant plus de six mois elle s'est rendu compte de rien.
– Et il allait voir ailleurs, j'parie.
– Ah, ben ça !
– Je fais hyper gaffe, moi ! Je la garde toujours sur moi la clef. Et j'ai un double dans un coffre à la banque. Au cas où… On sait jamais.
– Moi, toutes les semaines je le change le cadenas. Ça me coûte un peu d'argent, mais comme ça, au moins, je suis sûre.
Bon, mais c'était pas tout ça. Et Églantine ? Quelqu'un avait des nouvelles ? Oui. Angèle.Angèle qui a raconté. Oh, ben il avait beau avoir donné tête baissée dans le panneau, son Yann. Comme prévu. N'empêche qu'il renâclait. Il se débattait comme un beau diable. Il voulait pas en entendre parler de la cage. Mais elle tenait bon, Églantine. C'était ça ou la porte. Il avait huit jours pour réfléchir. Et comme tout était à elle : la maison… L'entreprise. Il s'offrait un baroud d'honneur, mais il allait pas avoir vraiment le choix.
Et un de plus ! Un.
Et un de plus ! Un.
Finalement le type, là – Damien – elle l'a libéré, Aurore. Juste avant de partir. Après lui avoir fait croire que non. Puis que oui. Puis encore que non. Elle s'est décidée d'un coup.
‒ Bon, mais tu te dépêches de t'expédier, hein ! Trois minutes je te donne… Pas une de plus…
Il a pas eu besoin de tant que ça. Comment c'est venu vite ! Quasiment tout de suite. Et puis alors ce qu'il y en avait !
‒ Bon, ben voilà ! Il y a plus qu'à te la remballer !
Ce qui n'a pas été simple. Parce que chaque fois qu'elle la lui attrapait, hop, elle se mettait à grimper. Impossible de la faire rentrer dans son petit chez elle. Plus d'un quart d'heure ça a mis…
‒ Bon, mais tu te dépêches de t'expédier, hein ! Trois minutes je te donne… Pas une de plus…
Il a pas eu besoin de tant que ça. Comment c'est venu vite ! Quasiment tout de suite. Et puis alors ce qu'il y en avait !
‒ Bon, ben voilà ! Il y a plus qu'à te la remballer !
Ce qui n'a pas été simple. Parce que chaque fois qu'elle la lui attrapait, hop, elle se mettait à grimper. Impossible de la faire rentrer dans son petit chez elle. Plus d'un quart d'heure ça a mis…
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