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Couverture de Coeur fragmenté, par Semyaza
Couverture de Coeur fragmenté, par Semyaza
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Coeur fragmenté — Chapitre 5 · Fin d'année

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Semyaza
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Coeur fragmenté

Chapitre 5 · Fin d'année

                                            L'euphorie de ces temps d'amitié partagée fut amenée à retomber légèrement dans les semaines qui suivirent. Non pas que l'affection que se portaient les deux jeunes filles déclinât mais les tracas de la vie universitaire reprirent le dessus : avec l'hiver, s'approchait la saison des fêtes de fin d'année, et avec celle-ci, bien moins agréable, la saison des partiels de fin de semestre. Toutes deux passaient autant de temps ensemble que possible, mais ce temps était désormais plus consacré à étudier qu'à se divertir. Emma étant légèrement plus douée dans ses études, elle mettait volontiers son petit surplus de connaissance à disposition de Laure qui, avide de se montrer digne de son amie et toujours très soucieuse de ne pas la décevoir, redoublait d'attention et d'efforts pour mettre à profit ce qu'elle apprenait.
Lorsque Laure et Emma n'étaient pas ensemble sur le campus, la rousse étudiait soit seule, soit avec Théo. Ce dernier ne la tirait pas particulièrement vers le haut, mais le sérieux et la relative amabilité dont il faisait preuve l'aidait à rester concentrée. Comme un contretemps total à la réalité du monde, quelque part vers la mi-novembre, elle reçut un e-mail de ses parents. Ceux-ci lui souhaitèrent un joyeux anniversaire en retard, s'excusèrent de ne l'avoir pas fait dans les temps – ils avaient été teeeellement overbookés – et précisèrent qu'ils lui avaient versé un montant d'argent assez conséquent en guise de cadeau et pour se faire pardonner. - Elle aurait échangé la somme sans hésiter une seconde, pour une journée de plus avec Laure, si elle avait eu le choix.- Enfin, il lui souhaitèrent tout le succès possible dans ses études et patati et patata. Elle les remercia poliment, et profita de l'occasion pour leur souhaiter un joyeux Noël et une bonne année. Elle était ridiculement en avance, mais elle savait pertinemment qu'elle n'aurait sans doute pas l'occasion d'échanger avec eux d'ici là.
Les fêtes de fin d'année... Elle sentait que ça allait encore la faire déprimer. Cette atmosphère de célébration, de joie dans toute la ville et elle... Toute seule, comme dans la chanson de Johnny Thunders, « So alone », qui sortait de ses petites enceintes.
« I try so hard, I give it everything I got. But in the end I'm the one who's left out. I'm so all alone. »
Elle ne pouvait même pas demander à Laure de rester avec elle, cette fois. Elle refuserait de lui demander. Elle serait chez son père. Noël, c'était une affaire de famille. On ne pouvait pas accaparer les gens et les soustraire à leurs proches comme si c'était un jour ordinaire. Ce n'était même pas envisageable. Pas acceptable. Elle resterait seule chez elle, à attendre que ça passe. A rêver. A imaginer. A fantasmer une fête où elle serait avec sa meilleure amie, où elle serait heureuse comme elle l'avait été le jour de son anniversaire. Où elles seraient heureuses. Toutes les deux... Toutes les deux...
La brune, de son côté, ne faisait même pas mine de s'intéresser à qui que ce soit d'autre sur le campus. En fait, la seule autre personne à qui elle adressait la parole, c'était à Lucia Damasi, et ce n'était pas pour échanger des politesses. Les volées d'insultes se faisaient de plus en plus fréquentes et Laure lui aurait volontiers volé dans les plumes. Si elle se retenait, c'était parce qu'elle l'avait promis à Emma. Se contrôler requérait toute sa volonté. C'était difficile, certes, mais pas autant que la perspective de décevoir celle qu'elle aimait tant voir sourire, alors elle serrait les dents, se contentant de quelques noms d'oiseaux fort créatifs. Parfois, elle se demandait si elle n'était pas un peu trop tranchée dans ses émotions. Tant d'affection pour Emma d'un côté, et tant de haine pour Lucia de l'autre. C'était étrange. Pourtant, elle ne s'en préoccupa pas longtemps, car une idée lui vint. Il faudrait qu'elle en discute avec son père...
Au début du mois de décembre, un peu avant d'attaquer les partiels, elle décida qu'il était temps de mettre son projet à exécution. Profitant d'un de ses appels téléphoniques réguliers à son géniteur, elle saisit l'occasion pour demander :
— Dis, papa ! Vu que c'est bientôt les fêtes de fin d'année, je voulais savoir... On sera que tous les deux ?
— Mmh moui... J'avais demandé à l'équipe néo-zélandaise de rugby s'ils voulaient pas venir boire un coup, mais apparemment, ils sont occupés. Pourquoi cette question ? Ton vieux père t'ennuie à ce point ?
— Non, non...Pas du tout...C'est juste que je me demandais si...
 
Elle chercha ses mots, hésitante. Elle ne savait pas trop comment amener le sujet, mais son père dont elle sous-estimait toujours le sens aigu de la perspicacité la devança.
— S'il restait une place en bout de table pour une troisième assiette ? Laquelle assiette pourrait être attribuée, une fois n'est pas coutume, à un invité ?
— C'est que...
Elle tenta de dire quelque chose, mais il ne lui en laissa pas le temps.
— Laisse-moi regarder dans ma boule de cristal. Je vois....- Il fit semblant de réfléchir- Je vois... Non, pas vraiment un invité, mais plutôt une invitée. Je vois des grands yeux clairs, une peau beaucoup trop pâlichonne, des cheveux de la couleur d'un incendie, et une adorable petite frimousse un peu enfantine... J'ai bon ?
 - Euh... Oui, répondit Laure, toujours étonnée par la vivacité d'esprit de son père. Tu pourrais être éventuellement d'accord avec cette proposition ? J'ai vraiment du mal à l'idée qu'on fasse la fête pendant qu'elle, elle reste toute seule dans son studio à regarder tomber la neige en attendant que ça passe...
 - Elle est d'accord, elle?
— J'ai pas encore demandé. Je voulais ton avis, d'abord.
— Si ça lui va, ça me va. Mais à condition de pas trop foirer vos partiels, d'accord ?
 - Promis ! Merci, papa ! Je t'adore ! T'es mon père préféré !
 - Ça, ça m'étonnerait ! Je t'ai pas dit ? Je suis pas ton vrai père ! Rappelle-moi quand même pour confirmer. Je t'aime, chérie.
 Elle raccrocha.
Le lendemain soir, alors que sa camarade était chez elle pour les dernières révisions avant le début des examens, elle décida d'aborder le sujet.
— Dis, puce, tu fais quoi pour Noël ?
Emma fit une moue dépitée. Elle tenta de répondre avec le même ton blagueur qu'elle appréciant tant chez Laure.
— Je fête ça en famille avec mes parents, mes milliers d'oncles et tantes et ma tripotée de cousins. On est tellement nombreux qu'on va privatiser le Stade de France. On va s'éclater comme des dingues.
— Tu viens ?
— Où ça ? Demanda Emma qui n'avait absolument pas compris la question.
 - Chez moi.
 - Euh... Tu es sûre que ça va ? Parce qu'au cas où tu n'aurais pas remarqué, j'y suis déjà, chez toi.
Elle était complètement perdue dans cette conversation surréaliste. Le problème avec l'ironie quasi permanente de Laure, c'est qu'elle ne distinguait pas toujours quand elle en usait de quand elle était sérieuse. Ainsi, il était parfois difficile de comprendre ce qu'elle cherchait à lui dire.
— Pas chez moi ici, idiote ! Chez moi, chez mon père.
 - Mais quand ? Maintenant ?
— Mais non, maline ! Pour Noël !
Tout s'éclaira alors. Ses yeux s'agrandirent démesurément en comprenant ce qui lui était proposé.
— Arrête ! Noël, c'est une fête de famille.
 - Oui ! Et donc, tu vas la fêter en famille ?
— Euh... Non, mais...
 - Et bien moi, si. Avec mon père. On sera deux. La maison risque pas de s'écrouler s'il faut tirer une troisième chaise.
 - Mais ton père, il a peut-être envie de passer les fêtes tranquille avec sa fille.
En vérité, elle rêvait d'accepter l'invitation sans hésiter. Elle voulait lui hurler un « oui ! » retentissant, mais elle n'osait pas. Elle ne voulait pas s'imposer ni déranger.
 - Je lui ai déjà demandé, figure-toi. Ça a pas eu l'air de le traumatiser. Il est d'accord, mais en contrepartie, il faut pas qu'on foire nos partiels. Je crois que ça vaut aussi pour toi, précisa-t-elle avec un sourire en coin.
Cela faisait déjà bien longtemps qu'Emma était à court de mots lorsqu'il s'agissait d'exprimer sa gratitude envers son amie. « Merci » lui paraissait un terme tellement dérisoire et creux comparé à ce qu'elle ressentait au fond d'elle. Alors elle ne dit rien. Elle la prit dans ses bras et la serra longuement contre elle.
— Ça veut dire oui, ça ? Demanda Laure.
 - Seulement si tu me jures que ça embête personne.
 - Qu'est-ce qu'on avait dit déjà, à propos des propositions spontanées ? Lui rappela-t-elle.
 - Bon. Alors, c'est oui.
L'affaire étant entendue, elles se concentrèrent à nouveau sur leurs examens à venir. Ce ne fut pas facile pour Emma, qui retournait tout ça dans sa tête. Une fois leurs révisions terminées, elle rentra chez elle, envoya son message de rigueur à Laure et s'endormit, des espoirs plein la tête.
De son côté, Laure appela brièvement son père.
— J'ai menacé Emma. Elle a fini par céder. Elle sera avec nous pour Noël. Toujours d'accord ?
 - Très bien. Je prépare la chambre d'amis ?
 - Te fatigue pas. Elle prendra la niche du chien.
 - Donc, il faut qu'on achète un chien, qu'on lui construise une niche et qu'on l'en déloge pour mettre ta copine dedans. Ça me paraît faisable, improvisa Richard Lamarne,
 - T'as qu'à faire ça. On se rappelle bientôt. Bisous, p'pa.
Le mois de décembre fut assez limité en divertissement. Les dernières révisions les tinrent occupées tous les jours. Chacune s'était ajouté une difficulté supplémentaire. Emma s'efforçait de hisser sa « super-héroïne préférée » à son niveau, ce qui n'était pas une si grande épreuve au final, car Laure, soucieuse de se montrer digne de sa « P'tite puce », travaillait dur et bien.
Le plus gros challenge était pour Laure, en revanche, qui redoublait d'efforts pour tenter d'entraîner Emma à se détendre pour les oraux. Elle ne voulait pas que son amie se retrouve paralysée par le stress devant ses examinateurs, pour finir par échouer, tout ça parce qu'elle n'avait plus été capable de bredouiller un seul mot devant un jury. Alors, Laure l'aidait en lui donnant tous les conseils qu'elle pouvait. Elle ne savait pas si ils porteraient leurs fruits, mais elle refusait d'abandonner Emma à son sort sans avoir tenté le maximum pour la pousser à donner le meilleur d'elle-même.
Les partiels eurent finalement lieu. Tout se passa à peu près comme on aurait pu s'y attendre. Emma cartonna sur les épreuves écrites, mais eut plus de mal avec les épreuves orales. Pour Laure, ce fut le contraire. Toutefois, grâce à l'aide qu'elles s'étaient apportées l'une à l'autre, chacune se débrouilla mieux dans le domaine où elle était moins douée que si elles étaient restées à réviser chacune de leur côté. A l'issue de leurs épreuves, elles se trouvèrent épuisées, mais satisfaites à l'idée d'avoir fait de leur mieux.
Les vacances arrivaient et elles avaient le sentiment de les avoir méritées.
Les détails du programme de fin d'année avaient été précisés : le 22 décembre, Laure irait chercher Emma en voiture. Elles partiraient jusqu'à la demeure familiale. Là, elles célébreraient Noël, passeraient leur temps à paresser, visiter la petite ville où résidaient les Lamarne, puis fêteraient la nouvelle année. Une fois tout cela accompli, elles rentreraient en direction du campus et attaqueraient le deuxième semestre.
Le froid mordant de l'hiver s'abattit sur la ville en même temps que les guirlandes d'ampoules lumineuses, les pères noël, les vendeurs de marrons chauds, les sapins à tous les coins de rues, ou l'odeur de vin chaud. Le travail laissa provisoirement place aux vacances. Lorsque le 22 décembre arriva, Laure vint chercher Emma dans l'après-midi. Sous les maigres flocons de neige qui tourbillonnaient devant le pare-brise, sa vieille Clio poussive parvint à accomplir les quarante-cinq minutes de route nécessaires pour atteindre la propriété des Lamarne.
Derrière la grille grande ouverte, Richard Lamarne attendait ses invitées sur le pas de la porte, tout sourire.
La Clio se gara sur le côté et une furie en sortit en trombe et se jeta dans les bras de l'homme en hurlant :
— Papaaaaa !
Il la serra dans ses bras.
— Ma chérie ! Ça va ? Vous avez bien roulé ?
Alors qu'elle était en train de répondre, une petite silhouette apparut et le salua timidement.
— Bonjour, monsieur Lamarne.
— Ah ! La fameuse Emma ! Bienvenue à bord. - Il lui fit la bise - Au fait, je m'appelle Richard. Monsieur Lamarne, je sais pas qui c'est, d'accord ?
Elle acquiesça. Ça n'allait pas être facile. La familiarité avec ses aînés, ce n'était pas son fort, mais elle essaierait.
Elles sortirent leur bagage, puis Laure la conduisit à l'étage pour lui faire découvrir la chambre qu'elle occuperait, à côté de la sienne. Elle lui laissa juste le temps de déposer ses affaires et entreprit de lui faire visiter le reste de la maison. Ceci fait, elles s'assirent dans le canapé du salon et prirent une collation en compagnie de Richard. Celui-ci était un homme charmant. Il conversait avec les deux filles, s'intéressant autant à l'une qu'à l'autre et, tout en gardant ce ton facétieux qui caractérisait les Lamarne, s'arrangeant pour qu' Emma se sente à l'aise dans son environnement. Si sa fille ne lui avait pas dit à quel point elle était timide et impressionnable, il l'aurait vite deviné. Il ne voulait pas que ce séjour chez lui soit une épreuve pour l'amie de Laure.
Sans y paraître, il l'observa avec attention. Elle avait beau être réservée et discrète, elle n'en restait pas moins charmante, attentionnée, curieuse et intéressée par tout ce qu'on lui disait. Il ne put s'empêcher de remarquer qu'à chaque fois que Laure prenait la parole, elle la regardait avec des yeux brillants d'admiration. Il n'en tirait aucune conclusion particulière pour le moment. Il se contentait de constater.
En fin d'après-midi, les filles quittèrent le salon et regagnèrent leurs chambres respectives afin qu' Emma puisse s'installer et prendre ses repères. Plus tard, en soirée, cette dernière insista pour aider à la préparation du repas. Tous trois se retrouvèrent à table pour un dîner simple, égayé par la bonne humeur permanente qui régnait dans la maison. A l'issue du repas, Richard demanda aux filles quels étaient leurs projets pour la soirée. Comme elles n'en avaient pas vraiment, il leur proposa de se joindre à lui pour regarder une comédie quelconque qui passait à la télévision. Il n'était pas certain que ce serait un grand chef d'œuvre du septième art, mais comme il n'avait rien de mieux à proposer, il leur fit savoir qu'elles seraient les bienvenues pour lui tenir compagnie si elles le souhaitaient, ce qu'elles acceptèrent après délibération. Le film n'eut qu'un intérêt très relatif aux yeux de Richard. C'était plutôt d'être auprès de sa fille qui lui mettait du baume au cœur, et surtout de voir à quelle point elle était redevenue joyeuse. Tout ça grâce à cette adorable gamine qu'elle avait ramenée. De temps à autre, il jetait un coup d'œil dans leur direction depuis le fauteuil où il était assis. Les filles avaient annexé le canapé. Un détail l'intrigua : leur position. Elles s'étaient enveloppées dans une grande couverture, mais il nota que la petite Emma était allongée, la tête reposant sur les genoux de Laure qui passait son bras autour d'elle. Il ne trahit aucune réaction particulière. Il se contenta de constater.
Après le film, il souhaita une bonne nuit aux filles et monta se coucher. Elles restèrent un long moment à discuter puis, quand la fatigue les prit enfin, elles remontèrent dans leurs chambres respectives.
Le lendemain, la journée fut consacrée à paresser. Elles se levèrent tardivement, passèrent la matinée à farfouiller dans de vieilles affaires de Laure, retrouvant des vieux livres de son enfance qu'elles s'amusèrent à feuilleter ou des vieux jeux de société auxquels elles tentèrent de jouer. Elles rebranchèrent même une vieille console de jeux vidéo encore fonctionnelle qui appartenait à Richard et s'escrimèrent à passer les premiers niveaux de quelques jeux des années 90. L'après-midi, comme la météo, bien qu'hivernale se montra clémente, Laure lui fit visiter sa ville natale. C'était loin d'être une grande agglomération, et il ne s'y passait jamais grand chose de bien passionnant, mais c'était une jolie petite commune, agréable à visiter. Ses parcs, forêts alentours, voies de promenades le long du canal et même son centre-ville de style médiéval avec ses rues pavées, avaient quelque chose de vaguement dépaysant. Laure prenait du plaisir à les faire découvrir, et Emma s'émerveillait de tout ce qu'elle lui montrait. Les journées étant courtes en cette saison, elles rentrèrent tôt pour ne pas se laisser prendre par la nuit. Non par peur, mais simplement par confort. Après le dîner, elles se couchèrent plus tôt que la veille. Demain soir, elles célébreraient Noël. Elles se devaient d'être en forme.
Le jour venu, personne ne sortit de la maison. Tous trois passèrent leur temps à ranger, préparer, nettoyer, dresser la table, préparer les toasts, le repas. A midi, ils prirent un repas rapide et léger. L'après-midi, ils se consacrèrent à améliorer la décoration du salon et de la table autour de laquelle ils se réuniraient. En fin d'après-midi, les filles remontèrent dans leurs chambres et passèrent un long moment à se préparer. Douches, séchages, coiffages, essayages d'habits, réessayages d'habits. Lorsque chacune eut choisi la tenue qu'elle porterait, elles se retrouvèrent. Chacune s'extasia sur l'élégance de l'autre. Laure portait une robe de soirée noire à paillettes, cintrée à la taille qui mettait ses courbes en valeur et Emma, un ensemble beaucoup plus simple constitué d'un chemisier et d'un pantalon sans trop d'ostentation, mais qui lui allait à ravir, conservant en elle son côté simple. Elle n'eurent qu'à peine le temps de s'attarder en compliments que Richard les appela pour attaquer la soirée.
Lorsqu'elles apparurent dans l'escalier, il eut un « oooh ! » admiratif et s'exclama :
— Les filles ! Vous êtes ravissantes. Toutes les deux !
— T'es pas trop dégueu non plus, concéda sa fille.
Richard portait une élégante veste noire par-dessus une chemise blanche à col en V et un pantalon assorti. Il paraissait classe, mais pas guindé. Il indiqua le canapé du salon.
— Installez-vous là, et ne bougez plus. Je m'occupe de tout à partir de maintenant. Vous deux, vous n'avez plus qu'à profiter de l'instant, ordonna-t-il. On va prendre l'apéro ici et ensuite on passera à table.
Elles s'exécutèrent. Richard fit plusieurs allers et retours à la cuisine, revenant à chaque fois les bras chargés. Une bouteille de champagne, des flûtes pour le boire, divers plateaux constitués de tartinades, de toasts au saumon fumés, ou au foie gras. Il avait prévu trois fois trop large. Une fois le tout installé sur la table basse devant le canapé, il y prit place à son tour. Il déboucha la bouteille et remplit les trois flûtes. Il en poussa deux vers les filles et en prit une pour lui. Il la leva en déclarant solennellement :
— Je lève mon verre à la famille réunie. La famille, c'est pas juste les liens du sang. Ce sont aussi les liens affectifs – Il regarda vers Emma-. Ce qui compte véritablement dans les réunions de famille, ce n'est pas le nombre, mais le plaisir que l'on a à se trouver ensemble. Et ce qui nous réunit ce n'est pas seulement ceux qui sont là, mais aussi ceux qui ne sont plus présents parmi nous, mais qui le resteront à jamais dans nos cœurs.
Cette fois, il regarda sa fille. Toutes deux comprirent immédiatement qu'il faisait allusion à la mère de Laure
Elle leva son verre à son tour, chercha ses mots et dit simplement :
— A ceux qui sont dans nos cœurs, présents ou absents. A ceux qui nous ont donné la vie ou l'ont rendue meilleure. A ceux qui sont là depuis toujours ou depuis peu.
Emma hésita un instant, puis leva son verre également.
— A ceux qui sont présents dans nos cœurs ! - Le coup d'œil presque imperceptible qu'elle lança vers Laure en prononçant ces mots n'échappa pourtant pas à Richard. Il ne montra aucune réaction. Il se contenta de constater.- Et à la famille Lamarne ! Je ne sais que trop bien tout ce que je lui dois et mes mots ne sont pas à la hauteur de ma gratitude.
Elle se rassit soudain, un peu embarrassée par tant de manifestation de ses sentiments, exercice auquel elle n'était pas habituée.
Ils trinquèrent. Tout en se souhaitant le meilleur, ils burent et grignotèrent dans la bonne humeur. Au bout d'environ trois quarts d'heure, Richard proposa de passer à table. Ils se déplacèrent ainsi tous trois vers la grande table où ils prirent place. Richard s'occupa d'apporter les plats. En entrée : des verrines à base de saumon, crème et guacamole. Ensuite, vint la traditionnelle dinde aux marrons accompagnée de pommes de terre et de divers légumes. Il y avait du fromage, mais ils refusèrent pour se garder une petite place pour le dessert qui allait suivre : la bûche au chocolat blanc et fruits rouges. Une fois repus, Richard quitta la table un instant. Quand il revint, il invita les filles à reprendre place au salon, afin d'être assises plus confortablement que sur les chaises. Quand elles arrivèrent sur place, elles découvrirent que des cadeaux trônaient sur la petite table.
— Joyeux Noël, s'exclama Richard.
Elles poussèrent un cri d'admiration, et Laure déclara :
— Ça me fait penser que moi aussi, j'ai quelque chose à offrir.
Elle se lança au pas de course dans les escaliers, suivie de près par Emma qui se justifia :
— Et moi aussi.
Elles revinrent un instant plus tard, chacune tenant un cadeau emballé dans chaque main. Elles les posèrent sur la petite table à côté de ceux de Richard. Celui-ci fit la distribution, en regardant ce qu'indiquaient les étiquettes. C'était somme toute assez simple : Pour Laure, un cadeau de sa part et un d'Emma. Pour Emma, un de sa part et un de Laure, et pour lui-même, un de la part de chacune des filles. Avant même d'ouvrir quoi que ce soit, il fut touché par l'attention d'Emma à son égard. Elle, en revanche, était au bord de l'évanouissement. Deux présents pour elle. On aurait dit que son cerveau n'arrivait pas à concevoir que l'on puisse lui témoigner tant d'attention, alors que cela semblait lui venir naturellement d'en avoir pour autrui. Elle était vraiment étonnante, cette fille.
S'en suivit une cacophonie de papier qui se déchire. Richard reçut un parfum de la part de sa fille. Elle lui expliqua qu'elle l'avait repéré il y a quelques temps et qu'elle pensait qu'il lui irait à merveille, ce dont il ne doutait pas. L'amie de sa fille lui offrit un ensemble hivernal constitué de gants, d'une écharpe et d'un bonnet. A l'image de celle-ci, c'était à la fois simple et sans ostentation, mais doté d'une élégance naturelle qui lui siérait sans aucun doute. Il remercia les deux filles et les étreignit chaleureusement chacune leur tour.
Emma, elle, se vit offrir de la part de Richard un très joli coffret contenant divers produits de beauté et de bien-être. Il avait eu bien du mal à trouver quelque chose, mais sa fille lui avait juré que c'était une bonne idée et que cela plairait très certainement à son amie et, évidemment, elle avait eu raison.
Elle, elle lui avait offert un coffret en édition limitée comprenant l'intégrale en plusieurs volumes reliés d'une saga d'heroic fantasy qu'elle avait avoué vouloir lire après en avoir vu une adaptation en série, mais n'en avait jamais eu l'occasion. Elle se confondit une nouvelle fois en remerciements.
Laure, enfin, ouvrit le présent de son père. C'était un superbe blouson marron sombre, cintré à la taille, dont elle rêvait depuis un moment.
— Enfile-le, qu'on voit s'il te va bien ! Proposa son père.
Elle s'exécuta.
Emma leva ses grands yeux vers elle et déclara simplement :
— Magnifique !
Richard se demanda si elle avait utilisé l'épithète pour désigner le vêtement ou bien celle qui le portait. Il ne faisait que constater... Mais il s'interrogeait de plus en plus. Et cela ne faisait que commencer car, derrière son sourire guilleret, il observait très attentivement la petite scène qui se déroulait devant ses yeux et enregistrait le moindre détail qui aurait paru insignifiant dans d'autres circonstances. Et lorsque Laure ouvrir le cadeau d'Emma, il fut servi.
Il vit sa fille déballer un petit coffret de forme rectangulaire et l'ouvrir : dans un écrin reposait un sublime collier fait d'entrelacs d'argent finement ciselés sur lequel était sertie une petite émeraude. Elle était époustouflée par la beauté de l'objet et n'osait même pas le toucher. Richard se fit la remarque que c'était un cadeau somptueux, qui avait dû coûter un prix astronomique. En tout cas, largement au-delà du genre de cadeau approprié à offrir à une amie, à plus forte raison une qu'elle ne connaissait que depuis quelques mois. Il ne s'en offusqua nullement, mais... Il se contenta de constater.
Emma avoua timidement :
— Je me suis souvenu qu'une fois, devant une bijouterie, on était restées un moment à baver sur ce genre de parures, mais... je savais pas si ça te plairait...
— Tu déconnes ? C'est... Sublime. Waow... C'est même trop... Fallait pas, voyons... Je suis même pas sûre de pouvoir accepter. Là, pour une fois, c'est moi qui suis sans voix ! Et la pierre... C'est une émeraude ?
— Ça se marie bien avec tes yeux, répondit-elle simplement en haussant une épaule.
Richard haussa mentalement un sourcil en entendant la remarque. Quelle étrange justification. Elle avait raison, bien sûr, mais c'était la façon de l'exprimer aussi clairement qui le déstabilisa. Enfin bon, il se contenta de constater.
— Tu viens me l'attacher ? Demanda sa fille.
Il observa attentivement. Emma prit le collier, se leva, contourna le canapé et se posta derrière son amie. Celle-ci pencha la tête en avant et releva ses longs cheveux soyeux. Richard nota les grands yeux clairs qui s'écarquillèrent en se posant sur la nuque offerte, le visage pâle qui s'empourpra légèrement, la gorge qui se serra imperceptiblement, les mains qui tremblèrent un peu lorsqu'elle passa le collier d'argent autour du cou de Laure pour le refermer, les doigts qui l'effleurèrent et le regard qui s'attarda une seconde de trop avant qu'elle ne reprenne sa place, l'air de rien. Ça commençait à faire beaucoup pour de simples coïncidences, mais il se contenta de constater.
— Alors ? De quoi ça a l'air ? Voulut-elle savoir.
 - D'une merveille, répondit Emma, rêveuse.
— Tu parles de quoi, là ? Du bijou ou de celle qui le porte ? Tenta de savoir Richard.
Elle vira cramoisi et se ratatina sur elle-même en bredouillant :
— Euh... Tout l'ensemble...Enfin... Les deux...
Laure se mit à rire, amusée par le compliment.
Lui, en revanche, se demanda si un soupçon de champagne en trop ne l'avait pas légèrement désinhibée. Il se contenta de constater. Il se mit alors en tête de sonder la jeune fille, et s'adressant à sa fille :
— Chérie, tu voudrais pas nous préparer une petite tisane ? Ou un petit digestif ? Comme vous préférez...
Elle se leva d'un bond et fila à la cuisine. Il serait seul quelques minutes avec la petite. Il pourrait essayer de la cuisiner un peu. Vu sa timidité quasiment maladive, il faudrait la jouer fine. Il prit son plus beau sourire et son ton le plus désinvolte :
— Ça va, Emma ? Tout se passe bien ? Vous vous entendez bien toutes les deux ?
 - Oh, oui. Merci. Je vis un véritable rêve, vous savez. Et Laure... Elle est adorable. Je lui dois beaucoup.
— C'est un sacré cadeau que tu lui as fait... -Elle haussa les épaules, comme si ça n'avait pas vraiment d'importance. - Tu sais, elle n'est pas aussi solide qu'elle en a l'air. Elle a vécu des moments pas faciles. Ça lui a laissé des traces, même si elle n'en montre rien.
— J'avais cru comprendre...
— Écoute... Je veux pas que mes propos sonnent comme une menace ou quoi que ce soit, mais je veux juste que tu saches qu'elle cache des fêlures. Je suis très heureux que vous soyez amies, ne crois surtout pas le contraire. C'est juste que... - Il chercha ses mots- S'il arrivait qu'elle mette trop d'espoir en quelqu'un et que ces espoirs soient, pour une raison ou une autre déçus, elle en serait dévastée. Tu comprends ce que je veux dire ?
— Oui. Mais décevoir, ça peut arriver. On n'est pas parfaits. C'est humain. Ça peut être pardonnable. Ce qui ne l'est pas, c'est de trahir ou d'abandonner ceux qu'on... -Elle se reprit- Ceux à qui l'on tient. Non ?
Elle avait failli dire autre chose, mais s'était corrigée. Il n'eut aucun doute sur ce qu'aurait été son lapsus. Il était désormais sûr de lui, mais garda ses opinions pour lui. Il se contenta de constater. De son ton le plus rassurant, il conclut :
— On se comprend, je crois.
Il n'eut pas le temps d'ajouter autre chose. Le regard d'Emma se détourna de lui et se remplit d'adoration béate. Il n'eut même pas besoin de tourner la tête pour comprendre instantanément que sa fille venait de reparaître dans le salon. Elle portait un plateau avec des tasses, une bouilloire, et une boîte de tisanes. Elle posa le tout sur la table. Chacun se servit et ils burent tranquillement, tout en devisant de sujets plus légers. Les anecdotes, histoires de famille et autres se succédèrent jusqu'à tard dans la soirée. Lorsque les silences se firent plus fréquents et plus prolongés, Emma finit par avouer qu'elle commençait à fatiguer légèrement et demanda la permission de se retirer vers sa chambre.
Avant que sa fille ne quitte la pièce à son tour, Richard en profita qu'ils étaient seuls pour l'interroger :
— Elle a l'air gentille, cette fille. Ça se passe bien entre vous ?
 - Oui, elle est adorable. Et on pourrait pas rêver une meilleure entente entre nous.
Peu intéressée par le sujet, elle s'apprêta à emprunter l'escalier, mais son père se pressa d'ajouter maladroitement :
— C'est ton amie ?
Elle haussa un sourcil interrogateur et taquina Richard :
— Bien joué, Sherlock ! Combien de décennies d'investigations acharnées vous a-t-il fallu pour en arriver à cette ébouriffante et inattendue révélation ?
Elle gravit les premières marches, mais il insista.
— Non. Je veux dire... C'est... C'est seulement ton amie ?
Mais elle n'était absolument pas concentrée sur ce qu'il disait, et ne chercha pas à comprendre le sens caché de la question. Elle répondit sarcastique :
— Non, C'est aussi une part de tarte, mais seulement le jeudi soir entre 22h35 et 23h14. Maintenant, si t'as plus d'autres questions capitales, je vais aller me coucher, alors je te souhaite une bonne nuit et encore merci pour tout.
— Oui, oui. Bonne nuit, chérie. Dors bien.
Il se retrouva seul avec lui-même. Il se sentait un peu perdu. Il était si sûr pourtant. Mais Laure n'avait vraiment pas eu l'air de comprendre ce qu'il sous-entendait. Se pouvait-il qu'il se soit complètement trompé ? Ou bien que ce soit sa fille qui soit complètement à côté de la plaque ? Bah, ça n'avait aucune véritable importance. En tout cas, pas pour l'instant. Il chassa ses interrogations de son esprit et alla se coucher.
Le lendemain fut une journée calme et agréable. La matinée fut consacrée à cuisiner le repas du 25. Ils avaient prévu léger, car le dîner de la veille au soir avait été un peu lourd, mais pour autant, ils firent en sorte que l'ensemble reste festif et élégant. Richard remarqua que Laure n'avait pas quitté son collier à émeraude. Il avait décidé de ne plus aborder le sujet qui le taraudait. S'il devait y revenir, ce serait plus tard, seul avec sa fille. Après tout, ce n'était ni le lieu, ni le moment.
L'après-midi, Laure proposa une balade en forêt à Emma. La plupart des gens étant attablés pour de longs repas en famille, elles eurent la sensation d'être seules sur Terre. C'était plutôt agréable, en fait. Comme lors de leur précédente promenade, elles s'arrangèrent pour rentrer avant la tombée de la nuit. Elles passèrent la soirée devant une série, puis se couchèrent à une heure pas trop tardive.
Le 26 décembre, Richard quitta la maison pour retourner travailler. Il leur souhaita un bon séjour, non sans avoir rappelé quelques consignes de sécurité élémentaire afin que la maison ne finisse pas en feu ou écroulée d'ici son retour. Il leur rappela qu'il reviendrait probablement le 30 et qu'il serait là pour célébrer le nouvel an, si elles voulaient bien de lui. Il les serra toutes les deux fort dans ses bras après leur avoir souhaité un bon séjour, puis monta dans sa voiture. Quelques instants plus tard, il avait disparu.
— Qu'est-ce qu'on fait ? On retourne la baraque du sol au plafond ? Demanda Laure.
Elles éclatèrent de rire, sans se douter que les choses étaient sur le point de se compliquer sérieusement.
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Monplaisir71
19 mai 2026 à 10:45
Quel dommage que le site ne propose pas "J'adore" ! Tendresse, amour, humour et qualité d'écriture : tout est réuni pour faire passer un bon moment de lecture.

Je me réjouis d'avoir cliquer sur votre profil sur l'un de vos commentaires pour une histoire d'@Unzeste85 .

Merci donc pour ces partages et je vais me dépêcher (mais lentement pour savourer) de découvrir la suite de la relation de Laure et Emma.

Thierry
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Barracuda58
12 septembre 2025 à 01:39
Une très jolie histoire j'ai vraiment hâte de lire les suivants !!!
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Photo de profil de unzeste85
unzeste85
7 septembre 2025 à 15:27
Cette histoire est vivante, passionnante et bien écrite. On se pose un tas de questions sur nos trois héros et héroines, sur leur passé et sur leurs blessures mal refermées; sur leur futur aussi, qui ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Alors, félicitation et beaucoup d’impatience.
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Monsieur Plume
7 septembre 2025 à 08:22
Un très joli chapitre, une fois encore ; on pourrait presque prendre cela pour un véritable conte de Noël :)
J'ai beaucoup aimé le leitmotiv des constatations silencieuses de Richard qui rythment le texte, c'est très bien trouvé.
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Photo de profil de Iznogood
Iznogood
6 septembre 2025 à 17:07
J'aime toujours autant, sinon plus, cette belle histoire qui monte, qui monte...
Une "si jolie" (hommage) façon de rendre l'ambiance de cette soirée à la fois familiale et amicale pour ne pas dire plus (il n'en est pas encore temps).
Un moment d'émotion tout personnel au moment des toasts...
Papa garde les yeux bien ouverts et ce qui crève les yeux ne l'empêche pas de bien voir. (oui, l'expression est bizarre, non ?) ^^
Mon humble statut de simple lecteur m'autorise à exprimer ma gratitude pour ce moment de douceur.
C'est un bon dimanche !
Comment ? nous ne sommes que samedi ? Alors il a un goût de dimanche depuis dix minutes.
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Utilisateur supprimé
6 septembre 2025 à 16:16
Toujours un plaisir de lire cette histoire
Merci
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