Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Coeur fragmenté — Chapitre 2 · Convergence
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Coeur fragmenté
Chapitre 2 · Convergence
Une pluie battante tomba sur la ville le jour suivant, Emma courut à travers les rues pour atteindre la fac le plus vite possible. Comme elle n'avait pas de capuche, elle se retrouva trempée en arrivant dans l'amphithéâtre où se déroulait le cours magistral du jour, qui traitait de linguistique. Cela lui parut très long et très ennuyeux. Elle chercha Laure des yeux, mais ne put repérer qui que ce fut dans cet endroit bondé. Découragée, elle se reporta sur sa mèche qu'elle entortilla frénétiquement autour de ses doigts.
A 11h, enfin, elle fut libérée de son supplice. Elle avait désormais quartier libre jusqu'à 14h. Pour le moment, le plus simple, c'était de se rendre au resto U, et de s'y abriter en attendant l'ouverture du self à 11h30. C'était un peu tôt pour prendre son repas, mais c'était toujours mieux que de rester sous la pluie battante ou à l'abri devant un amphi vide. Elle prit une grande inspiration pour se donner du courage, souffla, rentra le cou dans les épaules, et s'élança d'un pas alerte à travers le campus, grimaçant sous le déluge glacial qui lui aspergeait les cheveux, les habits et commençait même à inonder ses baskets. Elle allait mariner tout l'après-midi dans des chaussettes trempées. Ça allait être agréable, ça, tiens ! Tout en accélérant le pas, elle se demanda dans quel état elle allait arriver à destination, lorsque tout d'un coup, le contact avec la pluie cessa net. Un parapluie venait d'apparaître comme par magie au-dessus de sa tête.
Elle se retourna pour voir qui venait de l'abriter. Quelle question ! C'était Laure, évidemment !
— T'avais l'air sur le point de te noyer, déclara-t-elle avec désinvolture, comme si sa soudaine apparition était la chose la plus naturelle qui soit. Tu vas où comme ça ?
— Salut, Laure. Au Resto U. J'ai rien à faire jusqu'à 14h, et j'aime autant rester au sec dans un endroit où je pourrai grignoter quelque chose en attendant.
— Et est-ce que par le plus grand des hasards tu autoriserais mon parapluie à t'accompagner ? Pas de chance pour toi, il est tenu par moi, donc, je suis obligée de venir avec vous.
— Salut, Laure. Au Resto U. J'ai rien à faire jusqu'à 14h, et j'aime autant rester au sec dans un endroit où je pourrai grignoter quelque chose en attendant.
— Et est-ce que par le plus grand des hasards tu autoriserais mon parapluie à t'accompagner ? Pas de chance pour toi, il est tenu par moi, donc, je suis obligée de venir avec vous.
La formulation la fit rire.
— Avec grand plaisir.
Elles traversèrent le campus en papotant, principalement au sujet des cours et de la météo désastreuse, serrées sous leur abri de toile. Elles eurent un soupir d'aise en entrant dans le resto U. Enfin au sec et au chaud ! Laure replia son parapluie et Emma libéra ses longs cheveux lissés par la pluie pour les essorer, répandant des cataractes d'eau sur le carrelage. Tout en se lamentant qu'elle mettrait des heures à sécher, elle fouilla dans son sac à la recherche de quelque chose. Laure proposa qu'elles s'infiltrent dans la file d'attente du self qui, au vu de l'heure, n'était encore composée que de quelques étudiants épars.
— Nooon ! Quelle conne, c'est pas vrai ! s'écria soudain Emma, qui fouillait toujours frénétiquement dans son petit sac !
— Ah bah, je te remercie ! Je faisais que proposer, hein !
— Ah bah, je te remercie ! Je faisais que proposer, hein !
Emma se sentit toute honteuse à l'idée que Laure ait pu prendre cet éclat de voix pour elle, mais comme elle la regardait d'un œil rieur, elle fut certaine qu'elle avait bien compris que l'insulte ne la visait pas. Elle jugea tout de même bon de préciser par sécurité :
— Mais non ! Pas toi ! Moi !
— Ah... Là, je suis pas compétente pour juger. Je te connais pas depuis suffisamment longtemps pour me faire un avis éclairé. Mais quelque chose me dit néanmoins que tu es trop dure avec toi-même. Une raison particulière pour cette séance d'auto-flagellation, ou c'est juste un de tes loisirs habituels ?
— Ah... Là, je suis pas compétente pour juger. Je te connais pas depuis suffisamment longtemps pour me faire un avis éclairé. Mais quelque chose me dit néanmoins que tu es trop dure avec toi-même. Une raison particulière pour cette séance d'auto-flagellation, ou c'est juste un de tes loisirs habituels ?
Emma adorait ce ton alliant la désinvolture à une ironie qui ne contenait jamais la moindre once de méchanceté avec laquelle Laure s'adressait presque toujours à elle. En temps normal, ça l'aurait beaucoup fait rire, mais pour l'instant, elle avait un problème plus grave :
— J'ai laissé mon portefeuille chez moi. J'ai pas un rond pour le self. Va falloir que je rentre chez moi sous cette fichue pluie, et que je revienne sous cette même fichue pluie. C'est Lucia qui avait raison. J'ai dû oublier mon cerveau quelque part, moi. La galère ! - Elle soupira- Bon... Eh bien, merci pour le parapluie. Je vais te laisser... Ô, joie !
— Attends, t'as pas une appli pour payer ?
— Non... J'utilise que ma carte bancaire... Ou du liquide... L'habitude...
— Et cette appli, là, pour les dépenses en lien avec les services de la fac ?
— Attends, t'as pas une appli pour payer ?
— Non... J'utilise que ma carte bancaire... Ou du liquide... L'habitude...
— Et cette appli, là, pour les dépenses en lien avec les services de la fac ?
Elle lui montra ladite application sur l'écran de son portable.
— Bin... J'ai été prise de court. J'ai eu tellement de trucs à régler avant la rentrée que j'ai pas encore eu le temps de m'occuper de ça. Je gageais que c'était moins urgent, puisque je pouvais payer par carte.
Elle fit une moue dépitée.
— De toute façon, si je pars maintenant, je reviens pas ici. J'aurai pas le temps.
Laure lui agita son portable sous le nez.
— Si seulement tu connaissais une âme charitable, emplie d'un charisme naturel indéniable et d'une élégance verbale certaine qui serait prête à te dépanner d'un repas... Allez, radine-toi, c'est maman qui régale, aujourd'hui.
— Non, mais arrête ! Tu vas pas faire ça ! Ça devient embarrassant à force.
— Pourquoi ?
— T'arrête pas de m'aider. J'apprécie, n'en doute pas, mais tu me dois rien, non plus.
— T'as peur que je t'apporte la facture en fin d'année ?
— Non, mais sérieux. Ça me gêne.
— Non, mais arrête ! Tu vas pas faire ça ! Ça devient embarrassant à force.
— Pourquoi ?
— T'arrête pas de m'aider. J'apprécie, n'en doute pas, mais tu me dois rien, non plus.
— T'as peur que je t'apporte la facture en fin d'année ?
— Non, mais sérieux. Ça me gêne.
Pour la première fois depuis le début de leur conversation, Laure se défit de sa désinvolture coutumière et prit un air tout à fait sérieux.
— Écoute, si je voulais pas, je proposerais pas. Alors, on va instaurer une règle : si je propose spontanément, c'est que c'est pas un problème. Et si c'est pas un problème, il n'y a pas besoin de réagir comme si c'en était un. On est d'accord ? - Voyant qu'il était inutile de tergiverser sans fin, Emma eut un soupir résigné. - Par contre, il y a une condition !
La rousse se reprit et opina frénétiquement du chef.
— Oh... Bien sûr ! Évidemment ! Demain, sans faute, c'est pour moi. Je te ferais passer, ou je te rembourserai, comme tu préfères.
— Rien à foutre de ça, rétorqua la brune en balayant l'offre d'un geste de la main. Non. Je te fais passer, mais en échange, tu as obligation de déguster ce succulent festin en mon exquise compagnie.
— Rien à foutre de ça, rétorqua la brune en balayant l'offre d'un geste de la main. Non. Je te fais passer, mais en échange, tu as obligation de déguster ce succulent festin en mon exquise compagnie.
Emma la regarda abasourdie et tentant avec un certain succès d'imiter son ton ironique qu'elle aimait tant, elle répliqua :
— Parce qu'à un moment, tu t'es dit sérieusement qu'après avoir été sauvée par toi trente fois en vingt-quatre heures, après qu'on se soit mises à discuter comme des vieilles copines, et après avoir attendu avec toi au self, j'allais prendre mon plateau, te suivre dans la file, et arrivées à l'autre bout après que tu aies payé pour moi, j'allais te dire : « allez, tchao ! Je vais m'asseoir toute seule à cette table à l'autre bout de la salle » ?
Laure haussa une épaule.
— Les gens font des trucs, des fois... Et puis, tu aurais pu préférer aller t'asseoir avec un groupe d'amis.
— Des amis ? Quels amis ? répondit-elle d'une voix qui sonna à ses propres oreilles, un peu plus amer qu'elle ne le souhaitait.
— Des amis ? Quels amis ? répondit-elle d'une voix qui sonna à ses propres oreilles, un peu plus amer qu'elle ne le souhaitait.
Son interlocutrice fut sur le point de répliquer quelque chose, mais la queue se mit à avancer, et elles interrompirent leur conversation pour focaliser leur attention sur le choix des plats qui allaient composer leur pitance du jour. Une fois leurs plateaux constitués, elles atteignirent l'extrémité opposée du self et Laure paya les deux repas. Puis elles s'assirent à une table près d'une fenêtre. Elles attaquèrent leur déjeuner. Un ange passa. Au bout de quelques minutes, Laure demanda tout en mastiquant une bouchée de céleri rémoulade :
— Je peux te poser une question ?
— Dis toujours...
— Tu peux m'envoyer bouler si tu juges que c'est pas mes oignons. - Emma fit un geste de la main pour l'inciter à poursuivre. Elle n'avait qu'à poser sa question, on verrait bien à ce moment-là comment elle jugerait bon de lui répondre.- Tout à l'heure, quand je t'ai demandé si tu préférerais pas rester avec tes amis, tu as bougonné un truc, comme si j'avais dit quelque chose de parfaitement stupide...
— Dis toujours...
— Tu peux m'envoyer bouler si tu juges que c'est pas mes oignons. - Emma fit un geste de la main pour l'inciter à poursuivre. Elle n'avait qu'à poser sa question, on verrait bien à ce moment-là comment elle jugerait bon de lui répondre.- Tout à l'heure, quand je t'ai demandé si tu préférerais pas rester avec tes amis, tu as bougonné un truc, comme si j'avais dit quelque chose de parfaitement stupide...
Un peu mal à l'aise, elle plongea ses grands yeux clairs dans son assiette, mais décida de répondre honnêtement, néanmoins.
— Ah, ça... C'est juste que... Disons que j'ai pas beaucoup d'amis.
— Et alors ? Ça change quoi ? Tu pourrais vouloir rester avec tes « pas beaucoup d'amis »...
— Et alors ? Ça change quoi ? Tu pourrais vouloir rester avec tes « pas beaucoup d'amis »...
Elle soupira, et décida de jouer la carte de l'honnêteté. Après tout, elle n'avait pas grand-chose à perdre.
— Bon, d'accord ! En fait, j'ai pas d'amis du tout.
— Tu connais personne, ici ?
— Tu connais personne, ici ?
Elle hésita une seconde.
— En fait, je connais personne nulle part.
Laure prit un air ébahi.
— Comment c'est possible, une chose pareille ?
Elle réfléchit une seconde à comment elle allait expliquer sa situation. Elle n'était pas très chaude à l'idée de se confier, mais après tout, c'était sa nouvelle superhéroïne qu'elle avait en face. Elle pouvait bien faire un effort. Elle lui devait au moins ça. Elle se lança :
— Pour faire court, mes parents sont dans le business international, à des postes très itinérants. Ils ont toujours passé toute leur vie à sauter de ville en ville, voire de pays en pays, sans jamais se poser nulle part. Quand j'étais petite, j'arrivais dans un quartier ou dans une école, je me faisais quelques amis, et parfois, moins de six mois plus tard, on remballait tout, et on allait s'installer à l'autre bout du pays, voir du monde, et les gens que j'avais connus disparaissaient de ma vie à jamais. Ça a fini par me peser, alors j'ai arrêté de sympathiser avec des gens, tant que je vivais avec les parents. Pas de liens affectifs, pas de déception... Je me suis réfugiée dans la solitude. La solitude, c'est un peu comme la drogue, ou du moins, l'idée que je m'en fais. Tu en prends pour masquer un problème et ça te fait du bien, alors tu continues. Ensuite, ça ne te fait plus vraiment de bien, mais tu continues quand même par habitude.
— Et à la fin, ça finit par te faire du mal, mais comme tu es devenue dépendante, tu peux plus t'en passer, continua Laure qui, visiblement, semblait savoir de quoi elle parlait.
— C'est exactement ça. Côté famille, ma foi... J'ai toujours eu le confort matériel nécessaire, même encore maintenant, mais côté affectif... Les parents, c'est boulot-boulot, tu vois. Pas le genre à faire des soirées en famille ou des sorties ensemble. Pour mes études, j'ai tout ce qu'il faut financièrement, mais je me suis débrouillée toute seule de A à Z... Je suis même pas certaine de savoir où ils sont, en ce moment. Dans un pays d'Asie, je crois, mais je sais même pas lequel. C'est horrible à dire, mais mes parents, ça se résume à des virements bancaires occasionnels.
— Essaie quand même de trouver dans quel pays ils sont : on leur enverra Lucia, plaisanta-t-elle, se remémorant sa menace de la veille à base d'hémisphère sud. Même pas un petit copain caché sous une table ?
— Et à la fin, ça finit par te faire du mal, mais comme tu es devenue dépendante, tu peux plus t'en passer, continua Laure qui, visiblement, semblait savoir de quoi elle parlait.
— C'est exactement ça. Côté famille, ma foi... J'ai toujours eu le confort matériel nécessaire, même encore maintenant, mais côté affectif... Les parents, c'est boulot-boulot, tu vois. Pas le genre à faire des soirées en famille ou des sorties ensemble. Pour mes études, j'ai tout ce qu'il faut financièrement, mais je me suis débrouillée toute seule de A à Z... Je suis même pas certaine de savoir où ils sont, en ce moment. Dans un pays d'Asie, je crois, mais je sais même pas lequel. C'est horrible à dire, mais mes parents, ça se résume à des virements bancaires occasionnels.
— Essaie quand même de trouver dans quel pays ils sont : on leur enverra Lucia, plaisanta-t-elle, se remémorant sa menace de la veille à base d'hémisphère sud. Même pas un petit copain caché sous une table ?
Elle fit une moue dépitée.
— Même pas. Quand tu vis en ermite, c'est déjà pas propice aux rencontres amicales, alors les rencontres amoureuses, je t'en parle même pas. Et puis...
— Et puis quoi ?
— Et puis quoi ?
Elle parut encore plus mal à l'aise, mais se força à exprimer le fond de sa pensée.
— Je sais pas... Tu vas peut-être me trouver complètement nunuche, mais tant pis. J'ai besoin de sentiments si je veux me lier à quelqu'un, en admettant que je puisse intéresser quelqu'un. Si c'est juste pour se rouler des pelles ou bien pour... tu vois ce que je veux dire, et ensuite merci, bonsoir... Ça m'attire pas spécialement. J'ai besoin de ressentir de la tendresse, de l'affection, sinon, j'arrive pas à m'intéresser. Je me suis longtemps demandé si c'était une preuve de maturité ou de puérilité totale de ma part, mais finalement, j'ai arrêté de réfléchir à la question. Je suis comme ça et c'est tout. Je suppose que ça doit venir du fait que j'aie clairement un manque affectif à combler. Mais je me plains pas. Je suis pas spécialement malheureuse dans ma vie. Bon, je suis pas spécialement heureuse, non plus. Je suis un peu dans le neutre, tu vois ce que je veux dire ?
— Oui. Je comprends... Mais je pense que tu as tort sur un point.
— Lequel ?
— Je crois pas qu'il y ait une demi-mesure possible. Si tu es consciente du fait que tu n'es pas heureuse, c'est que tu es malheureuse. Point final.
— Oui. Je comprends... Mais je pense que tu as tort sur un point.
— Lequel ?
— Je crois pas qu'il y ait une demi-mesure possible. Si tu es consciente du fait que tu n'es pas heureuse, c'est que tu es malheureuse. Point final.
Elle ne répondit pas. Elle se contenta d'un simple haussement d'épaules qui en disait plus qu'une longue phrase : il disait qu'elle ne savait pas véritablement si elle était d'accord avec cette affirmation, mais qu'elle l'entendait, la prenait en considération et ne l'excluait pas complètement.
Toutes deux se reportèrent un instant sur leur nourriture, et après avoir vidé leurs assiettes, ce fut Emma qui rompit le silence.
Toutes deux se reportèrent un instant sur leur nourriture, et après avoir vidé leurs assiettes, ce fut Emma qui rompit le silence.
— Et toi ?
— Quoi, moi ?
— Tu ne m'as pas l'air attablée avec tes amis non plus. Ni nombreux, ni pas nombreux.
— Quoi, moi ?
— Tu ne m'as pas l'air attablée avec tes amis non plus. Ni nombreux, ni pas nombreux.
Laure se raidit et, paraissant soudain embarrassée, se mit à jouer nerveusement avec sa fourchette. Elle ouvrit la bouche, la referma, la rouvrit et se décida :
— Moi, c'est pour des raisons différentes, mais le résultat final est le même. J'ai personne non plus. Enfin, j'ai mon père, et je m'entends bien avec lui, mais côté fréquentations, c'est le zéro absolu. La différence, c'est que moi j'en ai eu, des amis. Mais depuis cinq ans, je n'en ai plus. Il y a des choses... Enfin... On ne peut pas toujours tout pardonner.
Emma, qui ne voulait pas la forcer à en dire plus qu'elle ne le souhaitait pour ne pas l'embarrasser, demanda simplement :
— Ça a à voir avec Lucia Damasi ?
La brune émit un petit rire sans joie.
— Ha ! Non ! Lucia, elle est top, je ne lui reproche rien. - Se rendant compte de l'absurdité de son propos, elle précisa - Comprends-moi bien : je la déteste et elle me déteste. On ne peut pas se croiser sans se mettre des coups de griffes, s'arracher les tifs, se taper sur le pif et autres rimes en -if. Un jour, probablement, c'est elle qui me mettra sa main dans la gueule, et ça me fera pas plaisir, mais c'est le jeu. Au moins, avec elle, c'est franc. On sait à quoi s'attendre. Elle avance à visage découvert. Elle fait pas semblant. Je la respecte pour ça... Enfin, non... Je la respecte pas, mais... bref, tu comprends ce que je veux dire. Des Lucia, je peux en affronter quinze en même temps tous les jours, sans trembler. Ceux qui cachent leur jeu, ce sont eux qui me font hurler de terreur dans mes cauchemars. - Elle s'interrompit, consciente d'en avoir dit plus qu'elle ne le voulait. Elle vit que sa confidente de l'instant s'était décomposée en entendant des mots comme « hurler de terreur » et « cauchemars » et l'interrogeait du regard pour en savoir plus sans oser le lui demander. Elle tenta de se rattraper - Hé ! Va pas te faire des films, non plus ! On m'a pas kidnappée, torturée, violée, ou que sais-je encore. Des tas d'autres gens ont vécu des choses bien pires que moi. Je devrais pas trop pleurnicher sur mon sort, mais...
— Tu sais, les traumatismes, ça se compare pas. Mais ça peut se raconter...
— Tu sais, les traumatismes, ça se compare pas. Mais ça peut se raconter...
Elle choisit de ne pas saisir la perche qu'on lui tendait.
— Non. Ne le prends pas mal surtout, mais on se connaît pas. Tu m'as tout l'air d'être quelqu'un de bien, j'ai pas trop de doute là-dessus pour l'instant, mais... On se connaît pas encore vraiment bien, et, je suis pas prête à te déballer toute ma vie. Et si je décide de le faire, ce sera certainement pas ici et maintenant. Et puis, il faudra compter un jour complet foutu en l'air, parce qu'à moi, il faudra moins d'un quart d'heure pour te raconter mon histoire, et toi, il te faudra le reste de la journée pour me consoler et m'aider à sécher mes larmes.
— A ce point ?
— Oui, fit-elle penaude.
— Emma se trouva déboussolée par ses révélations somme toute peu rassurantes, quoique sommaires, mais la chose qui avait véritablement retenu son attention c'était que Laure avait dit « On se connaît pas ENCORE », et pour elle, cela sous-entendait qu'il était tout à fait envisageable que ça puisse évoluer, et ça, ça la tentait bien. Elle l'intriguait énormément cette fille, et la perspective de s'en faire une amie la séduisait de plus en plus. Tout en y songeant, elle prit conscience que la conversation avait plus ébranlé sa dure à cuire de superhéroïne que prévu et que les deux merveilleuses émeraudes qui lui faisaient face commençaient doucement à s'embuer. Alors, vive comme l'éclair, elle lança ses deux bras en avant et saisit la main de sa camarade. Elle la tint un instant avec les deux siennes en un geste de réconfort et proposa :
— Tu sais, je crois qu'on devrait changer de sujet, avant que le temps vire à la pluie.
— A ce point ?
— Oui, fit-elle penaude.
— Emma se trouva déboussolée par ses révélations somme toute peu rassurantes, quoique sommaires, mais la chose qui avait véritablement retenu son attention c'était que Laure avait dit « On se connaît pas ENCORE », et pour elle, cela sous-entendait qu'il était tout à fait envisageable que ça puisse évoluer, et ça, ça la tentait bien. Elle l'intriguait énormément cette fille, et la perspective de s'en faire une amie la séduisait de plus en plus. Tout en y songeant, elle prit conscience que la conversation avait plus ébranlé sa dure à cuire de superhéroïne que prévu et que les deux merveilleuses émeraudes qui lui faisaient face commençaient doucement à s'embuer. Alors, vive comme l'éclair, elle lança ses deux bras en avant et saisit la main de sa camarade. Elle la tint un instant avec les deux siennes en un geste de réconfort et proposa :
— Tu sais, je crois qu'on devrait changer de sujet, avant que le temps vire à la pluie.
L'expression la fit sourire.
— Je crois que t'as raison.
Après avoir englouti leur dessert, elles se remirent à jacasser, parlant de tout et de rien. Emma raconta qu'elle avait un cours optionnel, traitant spécifiquement de la poésie anglaise, auquel Laure ne participait pas et qui était également animée par Laprade. Elle lui expliqua qu'elles l'avaient jugé un peu hâtivement. Il n'était pas méchant du tout. Il était même plutôt sympa, en fait. Ce qu'elles avaient d'abord pris pour du mépris était en fait une forme d'humour assez caustique. C'était simplement qu'il était tellement sinistre en apparence que l'on avait du mal à s'imaginer qu'il puisse être doté de la moindre tendance à la plaisanterie. Elle l'appréciait d'autant plus, à vrai dire que lors de ce cours auquel Lucia était inscrite, elle aussi, il lui avait lancé une pique qui l'avait fait fulminer tout le reste de l'heure. Mais Lucia n'était pas Laure. Elle n'avait pas le courage d'affronter ses professeurs d'égal à égal.
Comme depuis l'incident de la veille, Lucia se contentait de regarder Emma de travers, tout en restant à bonne distance, tout était pour le mieux. La discussion dériva vers la météo qui ne s'améliorait visiblement pas. Laure se désola de ne pas être venue en voiture - Car oui, elle avait sa propre voiture. Rien de fou, juste une vieille guimbarde d'occasion, mais c'était quand même un avantage non négligeable. Cadeau de papa pour avoir eu son bac et son permis du premier coup -, mais elle ne l'utilisait pas souvent. Elle habitait suffisamment près de la fac pour venir à pied, et marcher ou prendre les transports en commun l'aidait à se familiariser avec la géographie de la ville.
Vers 13h30, le personnel du Restaurant Universitaire les invita à commencer à envisager sérieusement de libérer les lieux. Elles allèrent poser leurs plateaux avant de se diriger vers la sortie.
Au moment de franchir le seuil, Emma rejeta la tête en arrière, regroupa ses cheveux encore humides avec sa main gauche et d'un geste agile de sa main droite, les attacha avec le chouchou noir qu'elle gardait passé à son bras pendant que Laure dépliait son parapluie. Il ne leur restait plus qu'à affronter le déluge à l'extérieur. Sans s'attarder, elles retournèrent vers le centre du campus et se séparèrent devant le bâtiment devant lequel Emma avait son prochain cours, non sans que cette dernière ait copieusement abreuvé sa camarade de remerciements en tous genres. Elles se promirent de se revoir au plus vite, soit à un prochain cours en commun, soit pour déjeuner, et Laure reprit sa route en direction de son propre destin universitaire en se disant que ça faisait du bien d'avoir quelqu'un à qui parler, pour une fois.
Au moment de franchir le seuil, Emma rejeta la tête en arrière, regroupa ses cheveux encore humides avec sa main gauche et d'un geste agile de sa main droite, les attacha avec le chouchou noir qu'elle gardait passé à son bras pendant que Laure dépliait son parapluie. Il ne leur restait plus qu'à affronter le déluge à l'extérieur. Sans s'attarder, elles retournèrent vers le centre du campus et se séparèrent devant le bâtiment devant lequel Emma avait son prochain cours, non sans que cette dernière ait copieusement abreuvé sa camarade de remerciements en tous genres. Elles se promirent de se revoir au plus vite, soit à un prochain cours en commun, soit pour déjeuner, et Laure reprit sa route en direction de son propre destin universitaire en se disant que ça faisait du bien d'avoir quelqu'un à qui parler, pour une fois.
Le troisième jour, la pluie s'était un peu calmée. Les deux filles ne passèrent pas plus de temps ensemble que la veille, à cause de leurs emplois du temps respectifs qui ne concordaient pas. Pendant la seule heure de cours qu'elles eurent en commun, elles n'eurent pas vraiment l'occasion de se parler. Seule la pause de midi leur permit de profiter de leur compagnie respective, mais elles n'eurent pas le loisir de trop s'attarder, Laure devant reprendre à 13h. Elle avait tout de même fini par capituler devant l'insistance d'Emma qui exigea sans négociation possible de rembourser sa dette de Resto U. En dehors de cela, la journée fut plutôt oubliable. Quand elles rentrèrent chez elles en fin de journée, elles trouvèrent le temps long, chacune de leur côté.
La journée suivante s'annonçait un peu meilleure. La pluie avait quasiment cessé. Emma assista à un cours optionnel sur le cinéma américain. Le sujet l'avait beaucoup intéressé. C'était en plus un sujet relativement accessible à tous et qui ne nécessitait pas de prérequis particulier autre que la curiosité et les connaissances acquises tout simplement au fil de ses loisirs. A la fin de l'heure, elle sortit le sourire aux lèvres, contente d'avoir passé un moment agréable, et se dirigea d'un pas joyeux vers le prochain cours magistral auquel elle devait assister. Mais sa bonne humeur fut vite balayée lorsqu'un nouvel incident éclata. Les yeux rivés sur l'écran de son portable pour vérifier l'heure, elle ne regarda pas où elle allait, et entra en collision avec un grand garçon. Elle allait s'excuser lorsque le gars se retourna.
Malheureusement, elle le reconnut : c'était le grand sportif avec les cheveux en bataille qui traînait avec Lucia Damasi, la fois où ils s'en étaient pris à elle. Un malheur n'arrivant jamais seul, il la reconnut aussi, et son regard brilla d'une lueur mauvaise.
— Vent d'Oeuf !
Je t'avais presque oubliée, tiens ! Alors, il paraît que t'es la petite gouine perso de Laure Lamerde, maintenant ? Ca se passe bien entre vous ? Elle est pas trop incommodée par l'odeur quand elle te bouffe la schneck ? Tu sais ce qu'on dit des rouquemou...
Il n'eut jamais l'occasion de terminer sa phrase. Une douleur vive explosa dans son visage au moment où un projectile lancé à vive allure le faucha en plein dans sa joue gauche. Il poussa un cri de douleur en portant ses mains à l'endroit où la pierre l'avait percuté. Il tourna la tête et vit celle qu'il avait grossièrement rebaptisée « Laure Lamerde », négligemment assise sur un muret. Elle jouait avec un caillou. Elle le lançait en l'air, l'attrapait, le relançait, le rattrapait. Il allait lui hurler quelque chose de fort peu aimable, mais elle le devança et s'exclama à haute et intelligible voix pour que les quelques personnes présentes soient certaines de bien l'entendre :
— Dis donc, mon grand, c'est pas parce que tu te fais enfiler dans les douches par tous tes petits copains du club de foot qu'il faut voir des homos partout. Tu devrais vraiment passer plus de temps à t'assumer plutôt qu'à fantasmer sur la sexualité des autres.
Quelques ricanements s'élevèrent dans la foule. Il faillit s'étrangler de rage et dans une avalanche de jurons, se rua vers elle. Elle arma aussitôt le bras, prête à lui balancer une autre caillasse en cas de nécessité. Il stoppa net, leva les bras pour se protéger le visage. Elle ajouta :
— T'as pas l'air d'apprendre bien vite, toi ! Mais t'inquiète, je suis du genre patiente comme prof. Je peux répéter, s'il faut. Qu'est-ce que t'as pas compris, dans « casse-toi de là » ?
— Sale tarée ! cracha-t-il en battant en retraite.
— Sale tarée ! cracha-t-il en battant en retraite.
Une fois qu'il fut suffisamment éloigné à son goût, elle laissa tomber son caillou. D'un bond souple et parfaitement décontracté, elle sauta du muret sur lequel elle était assise et marcha d'un pas indolent jusqu'à Emma, qu'elle gratifia d'un grand sourire.
— Salut, ma grande. Ça va ?
Emma lui prit le bras et l'entraîna à part.
— T'aurais pas dû faire ça !
— C'est lui qu'aurait pas dû faire ça !
— Mais tu l'as frappé !
— Non. C'est le caillou qui l'a frappé.
— Arrête ça ! Tu sais bien ce que je veux dire. Tu aurais pu le blesser.
— Mais non ! Il s'en remettra.
— C'est lui qu'aurait pas dû faire ça !
— Mais tu l'as frappé !
— Non. C'est le caillou qui l'a frappé.
— Arrête ça ! Tu sais bien ce que je veux dire. Tu aurais pu le blesser.
— Mais non ! Il s'en remettra.
Emma lui barra la route pour la forcer à la regarder.
— Je me fiche pas mal qu'il s'en remette ou pas. C'est pas pour lui que je m'en fais. C'est pour toi.
— Je te l'ai déjà dit : j'ai pas peur des gens comme lui.
— Moi, si ! Imagine : tu le blesses sérieusement, il porte plainte, tu te fais virer de la fac, tu fais quoi ?
— Eh bien, je suppose que je me lancerais dans une autre vie. Je partirais à l'aventure, me jetant à corps perdu vers l'inconnu, fit-elle, imitant un ton rêveur.
— Ce serait pas juste plus simple d'éviter d'en arriver là ?
— Tu préfères quand il s'en prend à toi ?
— Non. Je préfère quand on passe un moment tranquille à bavarder de tout et de rien. Figure-toi que même si je suis extrêmement reconnaissante pour toutes les fois où tu sautes dans la bataille pour me tirer de la panade, ça reste ces petits moments parfaitement ordinaires qui comptent véritablement pour moi. Écoute, si je ne devais te demander qu'un seul service, ce serait celui-là : fais simplement attention, d'accord ?
— Je te l'ai déjà dit : j'ai pas peur des gens comme lui.
— Moi, si ! Imagine : tu le blesses sérieusement, il porte plainte, tu te fais virer de la fac, tu fais quoi ?
— Eh bien, je suppose que je me lancerais dans une autre vie. Je partirais à l'aventure, me jetant à corps perdu vers l'inconnu, fit-elle, imitant un ton rêveur.
— Ce serait pas juste plus simple d'éviter d'en arriver là ?
— Tu préfères quand il s'en prend à toi ?
— Non. Je préfère quand on passe un moment tranquille à bavarder de tout et de rien. Figure-toi que même si je suis extrêmement reconnaissante pour toutes les fois où tu sautes dans la bataille pour me tirer de la panade, ça reste ces petits moments parfaitement ordinaires qui comptent véritablement pour moi. Écoute, si je ne devais te demander qu'un seul service, ce serait celui-là : fais simplement attention, d'accord ?
Laure fut étonnamment touchée par la sollicitude d'Emma. Elle se radoucit et lui sourit.
— Bon, d'accord. Je ferai gaffe, promis. Maintenant, amène-toi, sinon on va finir par être en retard.
Tout en marchant côte à côte vers leur amphi, Emma ne put s'empêcher de demander :
— Il est vraiment gay ?
— Qui ça ?
— L'autre imbécile, là. Le pote à Lucia.
— Ah ! Je crois pas, non. En tout cas, ça m'étonnerait fort.
— Pourquoi tu as laissé entendre qu'il l'était, alors ?
— Bah... Pour l'insulter, pardi !
— C'est insultant, d'être gay ? demanda Emma en fronçant les sourcils, un peu interloquée.
— Pour lui, oui, apparemment. Quand il dit que tu es ma gouine perso où je sais pas quelle connerie, tu as bien saisi que c'était pas un compliment qu'il t'adressait ?
— J'avais cru comprendre, oui, fit-elle en tentant de masquer un sourire.
— C'est pas compliqué d'insulter les gens : une fois que tu arrives à déceler ce qu'ils trouvent eux-mêmes insultant, tu as juste à le retourner contre eux. Je peux te donner des cours, si tu veux, proposa-t-elle en pouffant.
— J'aimerais autant pas. Au cas où tu aurais pas remarqué, les conflits, c'est pas trop mon truc.
— C'est pas tellement le mien non plus, tu sais. Mais on peut pas toujours les éviter.
— Et on ne peut pas toujours les résoudre en risquant d'en provoquer un plus grave.
— Ça va, j'ai compris le message. Je te promets que je ferai attention. Mais c'est bien parce que c'est toi, lui promit-elle en lui adressant son plus beau sourire.
— Qui ça ?
— L'autre imbécile, là. Le pote à Lucia.
— Ah ! Je crois pas, non. En tout cas, ça m'étonnerait fort.
— Pourquoi tu as laissé entendre qu'il l'était, alors ?
— Bah... Pour l'insulter, pardi !
— C'est insultant, d'être gay ? demanda Emma en fronçant les sourcils, un peu interloquée.
— Pour lui, oui, apparemment. Quand il dit que tu es ma gouine perso où je sais pas quelle connerie, tu as bien saisi que c'était pas un compliment qu'il t'adressait ?
— J'avais cru comprendre, oui, fit-elle en tentant de masquer un sourire.
— C'est pas compliqué d'insulter les gens : une fois que tu arrives à déceler ce qu'ils trouvent eux-mêmes insultant, tu as juste à le retourner contre eux. Je peux te donner des cours, si tu veux, proposa-t-elle en pouffant.
— J'aimerais autant pas. Au cas où tu aurais pas remarqué, les conflits, c'est pas trop mon truc.
— C'est pas tellement le mien non plus, tu sais. Mais on peut pas toujours les éviter.
— Et on ne peut pas toujours les résoudre en risquant d'en provoquer un plus grave.
— Ça va, j'ai compris le message. Je te promets que je ferai attention. Mais c'est bien parce que c'est toi, lui promit-elle en lui adressant son plus beau sourire.
Emma tenta d'imiter la posture d'une fan submergée par l'adoration pour son idole, les mains jointes contre son cœur et le regard rêveur levé vers le ciel et s'exclama, luttant pour garder son sérieux :
— Ma superhéroïne !
Une fois entrées dans l'amphi, elles s'assirent l'une à côté de l'autre. Le cours magistral auquel elles assistèrent et qui traitait de l'évolution de l'histoire de la langue anglaise fut long et laborieux. Toutes deux décrochèrent rapidement, assommées par le flot ininterrompu de la prof dont les refrains lancinants sur « le grand changement vocalique » avaient sur elles un effet soporifique redoutable. Laure jeta un coup d'œil à sa voisine qui avait clairement l'air sur une autre planète, les yeux rivés sur rien en particulier, triturant hystériquement sa fameuse mèche rebelle. Elle la vit soudain revenir à la réalité, replacer sa mèche sur son oreille, prendre des stylos de diverses couleurs et se mettre à griffonner longuement quelque chose sur une feuille de papier qu'elle plia en deux avant de la lui tendre.
Curieuse, elle s'en saisit, la déplia et lut : elle dut rassembler toutes ses forces pour ne pas exploser de rire.
Au centre de la feuille, Emma avait inscrit en gros son numéro de téléphone. Elle l'avait encadré en rouge, et des bordures du cadre partaient dans toutes les directions des flèches reliées à des phrases. Elle les lut une par une :
Au centre de la feuille, Emma avait inscrit en gros son numéro de téléphone. Elle l'avait encadré en rouge, et des bordures du cadre partaient dans toutes les directions des flèches reliées à des phrases. Elle les lut une par une :
— En cas de besoin. (à la fin de la phrase, un « V » vert était dessiné)
— Pour me vendre une superbe collection de timbres en NFT (un « x » rouge était dessiné à côté)
— En cas de coup de cafard (un « v »)
— Organiser une soirée mousse en discothèque avec Lucia et ses amis (un « x »)
— Se faire une soirée cinoche, ou juste boire un verre ensemble ou n'importe quoi d'autre, en fait. (« v »)
— Assister au nouveau spectacle de stand-up de Laprade (« X »)
— Offrir à Lucia un aller simple pour un pays de l'hémisphère sud via Coup De Pied Au Derrière Airlines. (« v »)
— Pour me vendre une superbe collection de timbres en NFT (un « x » rouge était dessiné à côté)
— En cas de coup de cafard (un « v »)
— Organiser une soirée mousse en discothèque avec Lucia et ses amis (un « x »)
— Se faire une soirée cinoche, ou juste boire un verre ensemble ou n'importe quoi d'autre, en fait. (« v »)
— Assister au nouveau spectacle de stand-up de Laprade (« X »)
— Offrir à Lucia un aller simple pour un pays de l'hémisphère sud via Coup De Pied Au Derrière Airlines. (« v »)
Une fois son envie de rire réprimée, elle saisit discrètement son portable pour y entrer le numéro de sa nouvelle amie. Ensuite, elle attrapa à son tour, une feuille de papier et y griffonna quelques mots également. Elle n'était pas aussi créative ou inspirée qu'Emma, mais elle allait faire de son mieux.
Elle inscrivit en gros son propre numéro de téléphone, y ajouta en dessous, de part et d'autre, un immense point d'exclamation dans un triangle rouge. Entre ces deux panneaux d'avertissement, s'étendaient en lettres capitales de la même couleur les mots suivants : « A N'UTILISER SOUS AUCUN PRETEXTE* ». Encore en dessous, en plus petit, on pouvait lire « (Sauf en cas de besoin ou simplement d'envie »). Enfin, tout en bas de la feuille et en tous petits caractères était inscrit : « (*En cas de non-respect des consignes d'utilisation ou de transfert de ce numéro à des organismes non répertoriés tels que Lucia D. et/ou associés, l'entreprise niera toute responsabilité pour les dommages éventuels occasionnés) ». Elle plia sa feuille et la fit glisser en direction d'Emma.
Cette dernière l'attrapa du bout des doigts, et déplia. Son sourire s'élargit de plus en plus au fur et à mesure qu'elle lut. Elle sortit son portable et à son tour, entra le numéro qui lui avait été donné avant de replier précautionneusement la feuille. Elle se tourna vers sa nouvelle amie, inclina la tête, lui jeta un regard légèrement en coin et lui adressa le grand sourire dont le papier avait déjà été témoin.
Laure l'avait déjà vu le faire une ou deux fois, son « sourire spécial », comme elle le surnommait intérieurement. Elle le trouvait si irrésistible qu'elle se disait qu'elle pourrait mettre tout le monde à genoux avec, si elle le voulait.
Le cours magistral arriva à son terme, et les deux filles furent enfin libérées. Elles bavardèrent encore un instant devant l’amphi, puis se séparèrent non sans s'être assurées au préalable qu'elles passeraient une partie du lendemain ensemble.
En rentrant chez elle, en cette fin d'après-midi, Laure, sans vraiment savoir pourquoi, se sentait étrangement guillerette. En entrant dans le petit studio qu'elle louait, elle jeta négligemment son sac sur son lit, alluma son ordinateur et farfouilla dans ses playlists pour trouver une musique qui correspondait à son humeur du moment. Elle lança la bande originale du Seigneur Des Anneaux. Tout en fredonnant certains des airs qu'elle connaissait, elle entreprit de réviser un peu ses leçons. En fin de soirée, elle prit un repas léger, une bonne douche, et s'octroya un peu de détente en se plongeant dans un roman de Stephen King. Alors qu'elle se demandait comment les protagonistes allaient s'en sortir avec ce fichu Saint-Bernard, son portable bipa.
Elle pensa que c'était son père qui lui faisait un petit coucou vespéral -après tout, personne d'autre ne l'appelait plus ni ne lui envoyait de textos depuis des années-, mais quand elle regarda l'écran, son cœur bondit de joie : c'était sa nouvelle amie, Emma Van Loew. Le message en tant que tel n'avait rien de particulièrement passionnant – elle lui disait simplement qu'elle espérait qu'elle était bien rentrée, qu'elle passait une bonne soirée et lui conseillait de ne pas bosser trop tard (émoji « clin d'œil »)-, mais le simple fait qu'elle ait eu la gentillesse d'avoir une petite pensée pour elle lui fit vraiment plaisir. Elle lui répondit aussitôt, avec un message tout aussi banal à base de remerciements et de bonne nuit. Vers 22h30, elle se mit au lit et s'endormit presque instantanément.
Avec le recul, elle réalisa que ce fut l'élément déclencheur qui marqua un tournant dans l'évolution de leurs relations sociales. A partir de cet instant, même si bien sûr, elles ne se l'avouèrent pas explicitement, elles devinrent officiellement amies.
Les journées se suivaient et se ressemblaient, mais, en dépit de la météo qui demeurait globalement maussade, leur bonne humeur allait croissante, si bien que les longues heures assises à écouter leurs enseignants, à relire leurs notes ou à plancher sur des exercices pratiques leur pesaient bien moins que lors des premiers jours. Le samedi suivant, elles passèrent même leur journée entière ensemble à arpenter la ville, faire du lèche-vitrine, se promener dans les parcs publics, commentant en riant le moindre petit détail qui sortait de leur ordinaire routinier. Elles restèrent un long moment à s'extasier devant la vitrine d'une bijouterie. Emma pointa plusieurs bagues serties d'émeraude, en assurant à Laure qu'elles se marieraient parfaitement à la couleur de ses yeux, et qu'elle aurait tort de s'en priver : elles ne coûtaient que quelques milliers d'euros chacune. Tout cela était si nouveau : partager des moments simples avec une autre personne.
Pour elles, qui avaient toujours accueilli la solitude comme un état naturel, cette sensation était exaltante et leur apportait une réjouissance qu'elles n'imaginaient même plus envisageable. Lorsque la lumière du jour commença à décliner, Laure raccompagna Emma jusque devant chez elle. Au moment de prendre congé, cette dernière proposa :
— Tu montes boire un coup, avant de rentrer ?
— Je voudrais pas te déranger...
— Qu'est-ce qu'on avait dit déjà, concernant les propositions spontanées ? la réprimanda-t-elle en lui agitant son index sous le nez, avec une sévérité tout à fait approximative.
— Zut ! Tu m'as eue ! pouffa-t-elle.
— C'est toi qui m'as appris à retourner les méthodes de l'ennemi contre lui. Ça ne marche pas qu'avec les insultes, tu sais.
— Mon Dieu ! J'ai créé un monstre !
— Entre donc, au lieu de dire n'importe quoi !
— Je voudrais pas te déranger...
— Qu'est-ce qu'on avait dit déjà, concernant les propositions spontanées ? la réprimanda-t-elle en lui agitant son index sous le nez, avec une sévérité tout à fait approximative.
— Zut ! Tu m'as eue ! pouffa-t-elle.
— C'est toi qui m'as appris à retourner les méthodes de l'ennemi contre lui. Ça ne marche pas qu'avec les insultes, tu sais.
— Mon Dieu ! J'ai créé un monstre !
— Entre donc, au lieu de dire n'importe quoi !
Hilares, elles pénétrèrent dans le vieux bâtiment aux couloirs vétustes, montèrent le vieux escalier en pierre et arrivées au palier du deuxième étage, tout en fouillant dans son sac pour trouver sa clé, Emma se sentit obligée de prévenir :
— Je t'annonce tout de suite : c'est pas le Ritz.
— Ah bon ? Alors je me casse !
— Ah bon ? Alors je me casse !
Laure entra à la suite de son amie et fit un tour d'horizon du petit studio. Il était certes exigu, mais plutôt bien agencé. D'un côté, un coin cuisine avec un plan de travail surmontant un petit réfrigérateur permettait de se faire à manger en toute simplicité. De l'autre, une table encombrée de diverses affaires devait servir à la fois à se poser pour les repas et à faire office de bureau pour travailler.
Enfin, entre la table basse et le mur du fond, un canapé aux couleurs pastel orné de coussins assortis devait probablement se déplier pour servir de lit.
Enfin, entre la table basse et le mur du fond, un canapé aux couleurs pastel orné de coussins assortis devait probablement se déplier pour servir de lit.
— Je t'en prie, installe-toi. Je peux te proposer... - Elle hésita un instant - Euh... du mauvais café soluble dans un gobelet en carton ou bien... de l'eau...
Elle se sentit soudain un peu honteuse. Comme elle ne recevait jamais personne chez elle, elle n'avait jamais vraiment songé à faire des réserves de boissons.
— J'ai une passion dévorante pour le mauvais café soluble depuis au moins... Pfouh... Sept bonnes secondes !
Elle sortit une casserole qu'elle remplit d'eau et posa sur les plaques chauffantes, puis sortit deux sticks de café en poudre dont elle vida le contenu dans les gobelets. En attendant que l'eau se mette à frémir, elle reporta son attention sur l'écran de son ordinateur et demanda :
— Musique ?
— Ca dépend. T'écoutes quoi ?
— J'ai une passion très spécifique pour les chansons d'amour émouvantes, mais pas niaises, genre des power ballads ou des trucs dans le genre.
— Power quoi ?
— En gros, ce sont généralement des groupes de metal qui font des slows, expliqua-t-elle.
— Ah... Le metal, c'est pas trop mon délire, avoua Laure, peu convaincue.
— En fait, moi non plus. J'aime juste quand ils font des ballades.
— Comme « Still Loving You » ?
— C'est un peu ça. Sauf que « Still Loving You » ou « Nothing Else Matters », tout le monde connaît. Moi, j'ai une fâcheuse tendance à fouiller dans le plus obscur. Enfin, pour le fan de metal de base, j'imagine que c'est pas obscur du tout, mais disons que ça parle beaucoup moins au très très grand public.
— Tu me fais écouter ? Je voudrais pas mourir idiote.
— Ca dépend. T'écoutes quoi ?
— J'ai une passion très spécifique pour les chansons d'amour émouvantes, mais pas niaises, genre des power ballads ou des trucs dans le genre.
— Power quoi ?
— En gros, ce sont généralement des groupes de metal qui font des slows, expliqua-t-elle.
— Ah... Le metal, c'est pas trop mon délire, avoua Laure, peu convaincue.
— En fait, moi non plus. J'aime juste quand ils font des ballades.
— Comme « Still Loving You » ?
— C'est un peu ça. Sauf que « Still Loving You » ou « Nothing Else Matters », tout le monde connaît. Moi, j'ai une fâcheuse tendance à fouiller dans le plus obscur. Enfin, pour le fan de metal de base, j'imagine que c'est pas obscur du tout, mais disons que ça parle beaucoup moins au très très grand public.
— Tu me fais écouter ? Je voudrais pas mourir idiote.
Elle fit défiler sa playlist et lança « Before The Dawn » de Judas Priest.
C'était effectivement tout à la fois doux, envoûtant, plein d'émotion, mais sans pour autant sombrer dans la mièvrerie.
C'était effectivement tout à la fois doux, envoûtant, plein d'émotion, mais sans pour autant sombrer dans la mièvrerie.
— Et toi, c'est quoi, ton truc ?
— Hum... Je crois que j'ai pas vraiment d'identité vraiment marquée sur le plan musical. Dans l'ensemble, j'aime un peu le tout-venant. Ça dépend aussi un peu de mon humeur du moment. Peut-être, en général, je suis plus musiques de film. Je mets ça en fond sonore, sans vraiment me concentrer dessus.
— Hum... Je crois que j'ai pas vraiment d'identité vraiment marquée sur le plan musical. Dans l'ensemble, j'aime un peu le tout-venant. Ça dépend aussi un peu de mon humeur du moment. Peut-être, en général, je suis plus musiques de film. Je mets ça en fond sonore, sans vraiment me concentrer dessus.
Après quelques instants à épuiser le sujet, et une fois que la playlist était passée à « Abandon » des Backyard Babies, l'eau se mit enfin à atteindre la température requise. Elle éteignit ses plaques, se saisit de la casserole et remplit les deux gobelets d'eau bouillante, puis en tendit un à Laure.
Elles sirotèrent tranquillement leur café tout en discutant. Il n'était effectivement pas très bon, mais il était chaud. Cela suffisait à leur apporter un sentiment de réconfort.
Vers 19h30, les gobelets avaient été vidés depuis longtemps et tout un tas de sujets de conversations abordés. Laure estima qu'il était temps de rentrer chez elle. Elle remercia chaleureusement son amie pour la plaisante journée.
Elles sirotèrent tranquillement leur café tout en discutant. Il n'était effectivement pas très bon, mais il était chaud. Cela suffisait à leur apporter un sentiment de réconfort.
Vers 19h30, les gobelets avaient été vidés depuis longtemps et tout un tas de sujets de conversations abordés. Laure estima qu'il était temps de rentrer chez elle. Elle remercia chaleureusement son amie pour la plaisante journée.
— Et la prochaine fois, on fait ça chez moi, d'accord ? Enfin, si tu arrives toujours à me supporter d'ici là.
— Ce sera avec grand plaisir.
— Ce sera avec grand plaisir.
Vingt-cinq minutes plus tard, Laure était étendue dans son lit, le regard perdu dans le vide. Elle cogitait à toute vitesse : elle s'était fait une amie... Elle avait presque du mal à le réaliser. En outre, il y avait autre chose. Elle avait l'impression de pouvoir lui faire confiance. Ça ne lui était plus arrivé depuis cinq ans. Même, ça lui faisait carrément peur. Elle ne voulait pas s'emballer trop vite. Si elle prenait ça trop à cœur et se retrouvait déçue une nouvelle fois, elle savait qu'elle ne s'en relèverait pas. Elle était sur le point de basculer vers des pensées plus moroses, lorsque son portable bipa. C'était Emma. Elle la remerciait de sa présence, espérait qu'elle était bien rentrée et lui souhaitait une bonne soirée. Son esprit se réorienta instantanément vers des idées plus joyeuses. Elle lui répondit sans attendre et en conclut qu'elle avait passé une excellente journée.
La semaine suivante, Laure et Emma étaient passées de camarades de promo à amies inséparables. Leur rapprochement ne passa pas inaperçu auprès de Lucia Damasi, qui se fendit de quelques réflexions fort peu élégantes sur les liens qui unissaient les deux filles. Toutefois, désireuse de rester fidèle à la promesse qu'elle avait faite lors de l'incident avec celui qu'elle surnommait « le grand con », elle serra les dents et se força à ne pas envenimer la situation, se contenant de quelques noms d'oiseaux grommelés à mi-voix, sans se préoccuper de savoir s'ils avaient été entendus par qui que ce soit ou non.
Une fois la semaine de cours terminée, lorsque le samedi fut venu, Laure proposa une soirée ciné chez elle. Son studio était un peu plus spacieux que celui d'Emma. Elle se payait le luxe d'un lit et d'un canapé. Comme elle avait préparé la soirée un peu en amont, elle n'avait pas été prise au dépourvu. Elle avait pensé à renflouer ses réserves de quelques jus de fruit, sodas, tisanes, madeleines, meringues, chocolats. Pas plus habituée que son binôme à recevoir de la visite, elle avait prévu dix fois trop, mais ne s'en formalisa pas. Au pire, cela pourrait servir pour une prochaine fois. Elles s'affalèrent dans le canapé, avec une tisane fumante dans les mains, picorant quelques petites madeleines. Laure s'éclipsa un instant pour aller chercher une grande couverture sous laquelle elles s'emmitouflèrent. Confortable dans leur petit cocon, elles rirent comme des folles devant le film, une comédie française qui datait déjà d'il y a quelque temps.
La fin du visionnage fut un véritable crève-cœur pour Emma. Elle était si bien installée au chaud, si rassurée par cette présence amicale à côté d'elle, que la perspective de devoir rentrer chez elle lui paraissait une épreuve insurmontable. Malheureusement, elle n'avait pas le choix. Résignée, elle masqua du mieux qu'elle put son désarroi. Se confondant en sourire et en amabilités, elle inonda son amie sous les remerciements, mais avant de la quitter, elle proposa :
— Tu viens chez moi, samedi prochain ?
— Non. Je peux pas. Je pars chez mon père le week-end prochain. Vendredi, si tu veux.
— Va pour vendredi.
— Tu veux que je te raccompagne chez toi ? demanda Laure.
— Non. Pas question ! Il est déjà tard et ça ne ferait que te faire perdre du temps. Faudrait que tu traverses la ville pour tout refaire en sens inverse juste après. Sincèrement, ça va aller. La ville n'est pas non plus une zone de guerre. Je dois pouvoir faire trois pas sans que quelqu'un ne cherche à m'assassiner.
— Hmm... bon... Mais tu m'envoies un message quand tu arrives, alors ! Sinon, je vais m'inquiéter.
— Sans faute, promit-elle.
— Non. Je peux pas. Je pars chez mon père le week-end prochain. Vendredi, si tu veux.
— Va pour vendredi.
— Tu veux que je te raccompagne chez toi ? demanda Laure.
— Non. Pas question ! Il est déjà tard et ça ne ferait que te faire perdre du temps. Faudrait que tu traverses la ville pour tout refaire en sens inverse juste après. Sincèrement, ça va aller. La ville n'est pas non plus une zone de guerre. Je dois pouvoir faire trois pas sans que quelqu'un ne cherche à m'assassiner.
— Hmm... bon... Mais tu m'envoies un message quand tu arrives, alors ! Sinon, je vais m'inquiéter.
— Sans faute, promit-elle.
Ainsi fut dit, ainsi fut fait...
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Commentaires ()
Encore bravo !
Merci beaucoup !
Je suis très touché, si, si, sincèrement !
"A grands pas", vu le rythme de la narration, c'est pas vraiment le terme que j'emploierais, par contre.... :D
Donc en préambule je souscrit totalement à ce qui a été dit précédemment.
Pour les miettes restantes, et bien je dirais que c’est rafraîchissant de lire ce genre de texte ici, c’est de plus parfaitement narré, sans fioritures inutiles.
Quant à l’apport de la musique dans l’histoire, je suis fan car toujours avide d’écouter de nouvelles choses.
Alors merci.
Je ne dirais pas vivement la suite, mais je le pense si fort que ça a dû s’entendre.
Au moins, ça encourage à envoyer la suite :)
Bin, merci, en tout cas ! Ca fait plaisir ! <3
Et c’est tellement agréable de regarder l’océan engloutir la plage ensoleillée en profitant de cette délicate fraîcheur. 💦
Le ton est donné dès le début, il n’y a pas forcément besoin de "vous savez quoi" pour publier ici une histoire sentimentale.
Chacun lit et prend ce qu’il souhaite, l’érotisme est cérébral souvent, ça le distingue…du reste.
Je souligne la qualité de l’écriture, cela aussi distingue… du reste 😇
Merci :)
Alors, à la base, il devait y avoir de la "euh.... tendresse".... Mais plus j'avançais, plus c'est passé à l'arrière-plan, au point que ça en devient quasiment anecdotique (d'où mon disclaimer au début du 1er ch.)... Enfin, de toute façon, c'est pas pour tout de suite :D
En fait, à la base, j'avais même pas vraiment l'intention de publier ici, mais comme je savais pas trop quoi en faire d'autre..... :D
Me suis dit qu'au pire du pire, ça ferait une petite pause "fraîcheur" entre les diverses histoires où se déversent les hectolitres de fluides corporels et les giga-partouzes avec des bergers allemands :D :D :D
On est dans la veine des bonnes histoires romantico-sentimentales du thème, sachant qu’il y aura un peu de … euh… tendresse ? un jour.
Situations et dialogues, descriptions et ressentis, tout est charmant, comme j’aime 📺 (à partir de 3,92€… oups ! ) 🤦🏻♀️