Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Si jolie — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Si jolie
Chapitre 2
Le lendemain commença très mal.
Lorsqu'elle se réveilla Margaux eut la désagréable impression qu'elle avait beaucoup dormi. Le jour commençait déjà à se lever. Elle regarda son réveil et constata, horrifiée, qu'il marquait trois heures du matin. Un rapide examen lui montra qu'il était arrêté. Elle bondit hors de son lit et se saisit de son smartphone. Ce dernier marquait presque huit heures. Elle n'avait pas l'habitude d'utiliser l'alarme de ce dernier et elle avait eu bien tort de ne pas le faire. A cette heure-ci elle devrait déjà être en train de partir pour la fac. Mais il fallait qu'elle fasse un minimum de toilette, démêle ses cheveux, s'habille et range ses affaires dans sa sacoche. Pas question, évidemment, de déjeuner. Même en se pressant elle en avait pour une bonne demi-heure. Elle allait rater le bus.
Lorsqu'elle se réveilla Margaux eut la désagréable impression qu'elle avait beaucoup dormi. Le jour commençait déjà à se lever. Elle regarda son réveil et constata, horrifiée, qu'il marquait trois heures du matin. Un rapide examen lui montra qu'il était arrêté. Elle bondit hors de son lit et se saisit de son smartphone. Ce dernier marquait presque huit heures. Elle n'avait pas l'habitude d'utiliser l'alarme de ce dernier et elle avait eu bien tort de ne pas le faire. A cette heure-ci elle devrait déjà être en train de partir pour la fac. Mais il fallait qu'elle fasse un minimum de toilette, démêle ses cheveux, s'habille et range ses affaires dans sa sacoche. Pas question, évidemment, de déjeuner. Même en se pressant elle en avait pour une bonne demi-heure. Elle allait rater le bus.
Elle réussit à tout faire en vingt minutes en remplaçant la douche par un gant de toilette passé hâtivement aux endroits les plus intimes avant de s'habiller sans essuyer son corps encore humide et en bâclant sa coiffure. Elle finirait de se coiffer dans le bus. Elle courut tout le long du trajet pour arriver à l'arrêt du bus mais ce fut pour le voir s'éloigner alors qu'elle était encore à une centaine de mètres de l'arrêt. Il ne lui restait plus qu'à attendre le suivant qui ne passerait que vingt minutes plus tard. C'était fichu. Elle serait en retard dès le premier cours. Bravo pour l'impression qu'elle allait donner !
Parvenue à la fac, elle courut pour arriver jusqu'à la salle de travaux pratiques. Encore heureux qu'elle sache où elle se situait. Elle avait réussi à limiter la casse mais elle avait tout de même plus d'un quart d'heure de retard. Elle frappa timidement à la porte de la salle mais n'obtint aucune réponse. Elle recommença un peu plus fort et obtint un 'OUI !' énervé. Elle ouvrit la porte et pénétra dans la salle. L'assistant chargé des travaux pratiques la fusilla du regard manifestement mécontent. Elle lui fit un sourire penaud et commença à se faufiler le long du mur pour aller s'asseoir au fond de la salle. Elle fut interrompue par un ordre bref :
— Sortez mademoiselle !
Elle regarda l'assistant médusée puis essaya de s'excuser. Il n'allait tout de même pas la priver de travaux pratiques !
— Pardonnez-moi monsieur, je…
— Mademoiselle, je vous ai dit de sortir !
— Mademoiselle, je vous ai dit de sortir !
Il ne lui restait plus qu'à obtempérer. Les larmes aux yeux, elle fit demi-tour et ressortit de la salle sous le regard indifférent voire goguenard des autres étudiants et celui navré de Claire qui était assise au premier rang et lui avait réservé une place à côté d'elle. Elle referma doucement la porte et, s'appuyant contre le mur d'en face fondit en larmes. Elle était désespérée ; pas tant parce qu'elle avait raté un TP, encore qu'elle ne savait pas trop comment elle allait rattraper ça mais surtout parce qu'elle allait fournir d'elle-même l'image déplorable d'une touriste incapable de se gérer et de respecter les contraintes inhérentes à des études aussi lourdes que celles de médecine. Elle qui était prête à tous les sacrifices trébuchait à la première occasion et dès le deuxième jour. En plus, l'assistant d'anatomie avait fait preuve d'une brutalité qui l'avait bouleversée. Elle sanglota pendant plusieurs minutes avant de se calmer et se mit à réfléchir.
Il fallait qu'elle essaye au moins de parler à l'assistant pour redresser son image.
Lorsque le cours prit fin, la porte de la salle s'ouvrit brutalement et Claire en jaillit comme une folle pour se précipiter vers elle. Du coup, Margaux se remit à pleurer d'émotion. Claire la serra dans ses bras jusqu'à ce qu'elle se calme. Comme elle avait la tête enfouie dans la poitrine accueillante de son amie, Margaux se calma très vite mais eu beaucoup de mal à quitter la protection que lui proposait cette dernière.
Lorsque le cours prit fin, la porte de la salle s'ouvrit brutalement et Claire en jaillit comme une folle pour se précipiter vers elle. Du coup, Margaux se remit à pleurer d'émotion. Claire la serra dans ses bras jusqu'à ce qu'elle se calme. Comme elle avait la tête enfouie dans la poitrine accueillante de son amie, Margaux se calma très vite mais eu beaucoup de mal à quitter la protection que lui proposait cette dernière.
— Mais qu'est-ce qui t'est arrivé ?
— Une chose que je n'oserai jamais avouer à part à toi. La pire excuse qu'on puisse fournir.
— Laquelle ?
— Une panne de réveil.
— Une chose que je n'oserai jamais avouer à part à toi. La pire excuse qu'on puisse fournir.
— Laquelle ?
— Une panne de réveil.
Claire ne put s'empêcher de pouffer.
— C'est pas vrai !
— Si ! J'avais oublié de changer les piles et mon réveil est tombé en panne à trois heures du matin. C'est d'autant plus bête que j'ai un smartphone et une tablette qui ont la fonction alarme. Je te prie de croire que dorénavant je mettrai les trois à sonner.
— Tu sais, tu n'as pas perdu grand-chose. On nous a commenté un film montrant la dissection d'une souris. On est encore très loin du moment où nous devrons en faire nous-mêmes sur des cadavres. Je suis certaine qu'on doit trouver ça sur le net.
— Je sais. Mais l'assistant est un salaud. Il ne m'a pas même pas laissé parler.
— Tu as raison mais d'un autre côté il n'allait pas interrompre la séance pour toi.
— Je sais bien mais il aurait pu me laisser aller m'asseoir au fond quitte à m'engueuler à la sortie. J'aurais pu essayer de me justifier ou, au moins, de m'excuser.
— Justement ! Tu devrais essayer de lui parler maintenant.
— C'était bien mon intention. J'ai préparé ce que je comptais lui dire. Je n'ai plus qu'à oser.
— Je viens avec toi.
— Si ! J'avais oublié de changer les piles et mon réveil est tombé en panne à trois heures du matin. C'est d'autant plus bête que j'ai un smartphone et une tablette qui ont la fonction alarme. Je te prie de croire que dorénavant je mettrai les trois à sonner.
— Tu sais, tu n'as pas perdu grand-chose. On nous a commenté un film montrant la dissection d'une souris. On est encore très loin du moment où nous devrons en faire nous-mêmes sur des cadavres. Je suis certaine qu'on doit trouver ça sur le net.
— Je sais. Mais l'assistant est un salaud. Il ne m'a pas même pas laissé parler.
— Tu as raison mais d'un autre côté il n'allait pas interrompre la séance pour toi.
— Je sais bien mais il aurait pu me laisser aller m'asseoir au fond quitte à m'engueuler à la sortie. J'aurais pu essayer de me justifier ou, au moins, de m'excuser.
— Justement ! Tu devrais essayer de lui parler maintenant.
— C'était bien mon intention. J'ai préparé ce que je comptais lui dire. Je n'ai plus qu'à oser.
— Je viens avec toi.
Elles pénétrèrent de nouveau dans la salle. Claire interpella aussitôt l'assistant qui s'apprêtait à partir.
— Monsieur ! Mon amie souhaiterait s'entretenir avec vous.
L'assistant toisa Margaux.
— Ah oui, la touriste ? Vous venez me servir une bonne excuse ? Mais, ma petite demoiselle, je n'en ai rien à faire de vos excuses. Je suis ici pour enseigner l'anatomie à des élèves sérieux et pas à de petites demoiselles qui viennent ici pour passer le temps en espérant trouver un futur médecin à épouser.
— Mais non, monsieur …
— Mais non, monsieur …
L'assistant ne la laissa pas continuer.
— Voyons, petite demoiselle, vous devriez vous inscrire plutôt en fac de lettres. C'est beaucoup moins contraignant !
Il continua en philosophant sur le sujet et en émaillant son discours de propos à la limite du sexisme tout en s'en défendant, bien sûr et sans laisser parler Margaux. Il fut finalement sèchement interrompu par Claire qui contenait avec peine son exaspération.
— Monsieur ! Je connais très bien Gwen(Zut !)… Margaux. C'est une des élèves les plus bûcheuses que je connaisse et aussi l'une des plus motivées. Je pense que vous devriez écouter ce qu'elle a à vous dire.
— Très bien ! Je vous écoute, mademoiselle.
— Très bien ! Je vous écoute, mademoiselle.
Margaux prit son courage à deux mains et commença d'une voix un peu tremblotante au début :
— Je ne cherche pas d'excuses à mon retard. C'est entièrement de ma faute. À moi d'en tirer toutes les leçons afin que cela ne se reproduise pas. Par contre, j'estime ne pas mériter de votre part le mépris que vous semblez éprouver à mon égard. Contrairement à ce que vous semblez croire, je ne suis pas une touriste. Je me suis lancée dans des études de médecine parce que j'ai la vocation. J'ai décidé d'être médecin et je le serai. Si je suis à Clermont-Ferrand , ville que je ne connais pas, c'est parce que c'est la seule ville ayant une faculté de médecine où j'avais une solution d'hébergement gratuite, condition ‘'sine qua non'' pour que mes parents acceptent de me payer des études de médecine. Ils sont actuellement en Nouvelle Calédonie et je me suis débrouillée toute seule sur le plan logistique et administratif pour pouvoir faire mes études ici. En ce qui concerne mes capacités et mon sérieux, je peux seulement dire que j'ai eu mon bac et ma licence de biologie avec la mention très bien.
Elle s'arrêta quelques secondes, le temps de reprendre son souffle.
— Depuis plusieurs semaines, je cours à droite et à gauche toute la journée avec la crainte d'oublier quelque chose. Alors, c'est vrai que dans la bagarre j'ai oublié de vérifier les piles de mon réveil. A cause de cette bêtise, je me suis réveillée à huit heures moins le quart au lieu de six et comme j'ai une heure de trajet je n'avais aucune chance d'arriver à l'heure. J'espère que malgré cette bêtise vous voudrez bien me considérer comme une élève sérieuse, ce que vous aurez l'occasion de vérifier tout au long de cette année.
Elle avait réussi à parler d'un ton modeste et assuré mais à la fin, sa voix se cassa et les larmes recommencèrent à perler au bord de ses paupières . L'assistant, un peu ému, l'assura qu'il ne lui tiendrait pas rigueur de l'incident. Il ajouta qu'il n'avait pas l'habitude de juger les étudiants sur des à priori mais sur le travail effectué. Margaux le remercia et prit congé dignement. Une fois dans le couloir, Claire lui passa affectueusement un bras autour de l'épaule et la serra un bref instant contre elle. Elle lui déposa un petit bisou sur la joue puis la prit par le bras et l'entraina bras dessus bras dessous vers l'amphi où elles allaient assister au cours suivant.
— Ton petit speech était très convaincant.
— Mais sans ton intervention je n'aurais jamais eu l'occasion de prononcer un mot. Je te remercie.
— Tu ne serais pas un peu timide ?
— C'est surtout que je suis facilement déstabilisée. Si les gens me parlent sans agressivité je dialogue sans problème mais si on m'agresse verbalement je m'éteins complètement.
— Rassure-toi ! Çà ne t'arrivera pas avec moi.
— Mais sans ton intervention je n'aurais jamais eu l'occasion de prononcer un mot. Je te remercie.
— Tu ne serais pas un peu timide ?
— C'est surtout que je suis facilement déstabilisée. Si les gens me parlent sans agressivité je dialogue sans problème mais si on m'agresse verbalement je m'éteins complètement.
— Rassure-toi ! Çà ne t'arrivera pas avec moi.
Le cours suivant se passa très bien. Margaux, remise de ses émotions en grande partie grâce à la gentillesse de sa nouvelle amie, retrouva toute sa vivacité et son allant.
Les deux jeunes filles avaient cette fois réussi à s'installer dans l'amphi au tout premier rang, juste en face du pupitre derrière lequel se tenait le professeur.
Ce dernier était beaucoup plus pédagogue et dynamique que celui du matin précédent. Il interrompait parfois son propos pour susciter une question ou pour en poser lui-même une à la cantonade. À ce petit jeu, Margaux qui était douée d'un esprit particulièrement vif, se montrait tout à fait à l'aise. Le professeur essayait de rester très neutre et de continuer à s'adresser à l'ensemble des élèves mais il ne pouvait s'empêcher de se tourner vers elle lorsqu'il n'obtenait pas de réponse de la part de l'amphi. Au bout d'un certain temps, ne voulant pas avoir l'air de monopoliser l'attention de l'enseignant, Margaux se mit à hésiter et à regarder autour d'elle pour vérifier si quelqu'un d'autre voulait intervenir. Comme ce n'était pas le cas, le professeur poussa un soupir de frustration et interpella Margaux.
Les deux jeunes filles avaient cette fois réussi à s'installer dans l'amphi au tout premier rang, juste en face du pupitre derrière lequel se tenait le professeur.
Ce dernier était beaucoup plus pédagogue et dynamique que celui du matin précédent. Il interrompait parfois son propos pour susciter une question ou pour en poser lui-même une à la cantonade. À ce petit jeu, Margaux qui était douée d'un esprit particulièrement vif, se montrait tout à fait à l'aise. Le professeur essayait de rester très neutre et de continuer à s'adresser à l'ensemble des élèves mais il ne pouvait s'empêcher de se tourner vers elle lorsqu'il n'obtenait pas de réponse de la part de l'amphi. Au bout d'un certain temps, ne voulant pas avoir l'air de monopoliser l'attention de l'enseignant, Margaux se mit à hésiter et à regarder autour d'elle pour vérifier si quelqu'un d'autre voulait intervenir. Comme ce n'était pas le cas, le professeur poussa un soupir de frustration et interpella Margaux.
— Mademoiselle ? Puis sans lui laisser le temps de répondre : comment vous appelle-t-on ?
— Margaux Chastelain.
— Eh bien Margaux, vous avez quelque chose à répondre ?
— Margaux Chastelain.
— Eh bien Margaux, vous avez quelque chose à répondre ?
Margaux ne put faire autrement que répondre et dès lors le professeur n'hésita plus à l'interpeller en l'appelant par son prénom chaque fois qu'une réponse tardait, le tout sous le regard béat de Claire qui n'avait ni posé la moindre question ni fourni la moindre réponse mais qui prenait furieusement une quantité impressionnante de notes pendant ce temps-là. À la fin du cours, le professeur retint Margaux quelques instants sous le prétexte de commenter quelques réponses qu'elle avait faites. Il en profita, en réalité, pour l'interroger sur son parcours scolaire et la féliciter pour sa vivacité d'esprit, l'engageant à continuer à participer aussi activement à ses cours.
Les deux amies allèrent ensuite ranger leurs affaires dans la FIAT avant de se diriger tranquillement vers le Self.
Les deux amies allèrent ensuite ranger leurs affaires dans la FIAT avant de se diriger tranquillement vers le Self.
— Dis donc ! S'exclama Claire admirative. Tu as fait une sacrée impression sur le prof. Il t'a à la bonne.
— Oui ! Ça me change du précédent. Tu devrais faire comme moi.
— J'en serais tout à fait incapable.
— Tu ne vas pas me dire que c'est de la timidité tout de même !
— Pas du tout ! Simplement, j'ai besoin de temps pour assimiler les choses. Il faut que je travaille chaque soir pour reprendre tout ce que j'ai vu dans la journée. Mais ensuite, c'est du solide. Ça reste gravé dans mon cerveau. J'ai une très grosse capacité de travail et une très bonne mémoire. Tu sais, je n'ai pas l'air comme ça mais moi aussi j'ai eu très bien au bac.
— Oui ! Ça me change du précédent. Tu devrais faire comme moi.
— J'en serais tout à fait incapable.
— Tu ne vas pas me dire que c'est de la timidité tout de même !
— Pas du tout ! Simplement, j'ai besoin de temps pour assimiler les choses. Il faut que je travaille chaque soir pour reprendre tout ce que j'ai vu dans la journée. Mais ensuite, c'est du solide. Ça reste gravé dans mon cerveau. J'ai une très grosse capacité de travail et une très bonne mémoire. Tu sais, je n'ai pas l'air comme ça mais moi aussi j'ai eu très bien au bac.
Les cours de l'après-midi se déroulèrent aussi bien que le deuxième cours du matin. Claire décida ensuite de travailler elle aussi à la bibliothèque puis de manger avec Margaux au restaurant universitaire.
— Après, je pourrai te ramener en voiture. Comme çà je saurai où tu habites.
— Très volontiers ! J'ai eu mon lot de problèmes de transport aujourd'hui. D'ailleurs, à partir de demain, je mangerai le soir chez moi. Ça me sécurisera de ne pas prendre le dernier bus du soir.
— Moi qui espérais que nous mangerions ensemble le soir se désola Claire. Mais je peux te raccompagner tous les soirs en voiture après manger. Ce n'est pas un problème.
— Il y a aussi que ma tante Alice m'a installé tout ce qu'il faut pour que je puisse me préparer à manger le soir et le week-end. Ça me permettra de faire des économies. Du coup, j'aurai moins besoin de trouver des sous pour m'acheter des bouquins.
— Tant pis ! mais je peux quand même te raccompagner le soir.
— C'est gentil mais ça ne sera pas forcément commode pour toi de me raccompagner alors que ce sera justement l'heure du repas puis de revenir en vitesse pour manger au self.
— Mais, ça ne m'intéresse pas du tout de manger seule le soir au self ! Je préfère manger chez moi !
— C'est comme tu veux, ma grande. Ça m'arrangera toujours de me faire transbahuter le soir mais ce que je ne veux pas, c'est que ça te cause le moindre dérangement. Tu ne me dois rien et tu n'as aucune raison de te donner du mal pour moi.
— Ben si ! , répondit Claire en rosissant.
— Ah bon ?
— On est un peu des amies, non ?
— Très volontiers ! J'ai eu mon lot de problèmes de transport aujourd'hui. D'ailleurs, à partir de demain, je mangerai le soir chez moi. Ça me sécurisera de ne pas prendre le dernier bus du soir.
— Moi qui espérais que nous mangerions ensemble le soir se désola Claire. Mais je peux te raccompagner tous les soirs en voiture après manger. Ce n'est pas un problème.
— Il y a aussi que ma tante Alice m'a installé tout ce qu'il faut pour que je puisse me préparer à manger le soir et le week-end. Ça me permettra de faire des économies. Du coup, j'aurai moins besoin de trouver des sous pour m'acheter des bouquins.
— Tant pis ! mais je peux quand même te raccompagner le soir.
— C'est gentil mais ça ne sera pas forcément commode pour toi de me raccompagner alors que ce sera justement l'heure du repas puis de revenir en vitesse pour manger au self.
— Mais, ça ne m'intéresse pas du tout de manger seule le soir au self ! Je préfère manger chez moi !
— C'est comme tu veux, ma grande. Ça m'arrangera toujours de me faire transbahuter le soir mais ce que je ne veux pas, c'est que ça te cause le moindre dérangement. Tu ne me dois rien et tu n'as aucune raison de te donner du mal pour moi.
— Ben si ! , répondit Claire en rosissant.
— Ah bon ?
— On est un peu des amies, non ?
Margaux se sentit rosir elle aussi et son cœur se mit à battre un tout petit peu plus vite. Elle répondit d'une petite voix.
— Oui, je crois.
Lorsqu'après le repas du soir Claire la raccompagna chez elle et qu'elle s'aperçut que le trajet n'avait duré qu'un quart d'heure, elle éclata de rire en frappant dans ses mains. Claire lui demanda en souriant :
— Alors, toujours d'accord pour que je te raccompagne le soir ?
— Oh oui alors ! Trois quarts d'heure de gagnés c'est énorme. Je saurai les utiliser à autre chose qu'à regarder le paysage par la vitre du tramway ou du bus.
— Oh oui alors ! Trois quarts d'heure de gagnés c'est énorme. Je saurai les utiliser à autre chose qu'à regarder le paysage par la vitre du tramway ou du bus.
Claire répondit alors d'un ton définitif :
— Demain matin je passe te chercher à huit heures trente.
— D'accord ! répondit Margaux en ne boudant pas son plaisir.
— D'accord ! répondit Margaux en ne boudant pas son plaisir.
La soirée fut une nouvelle fois très studieuse. Elle était concentrée sur son travail et rien n'aurait pu l'en distraire. Pourtant, une fois dans son lit, ce ne fut pas à ses études qu'elle pensa. Ce qui occupa ses pensées, ce ne fut pas la mauvaise impression qu'elle avait donné le matin et qu'elle espérait avoir réussi à effacer. Ce ne fut pas non plus l'excellente impression qu'elle avait donnée pendant le cours suivant. Ce qui occupa toutes ses pensées, ce fut ce moment où, quelques heures auparavant et pendant un court instant, son cœur s'était mis à battre un tout petit peu plus vite.
Lorsque le lendemain matin le réveil sonna suivi presque immédiatement du smartphone et de la tablette, Margaux vérifia qu'il était bien six heures du matin et se leva aussitôt. Par acquis de conscience, elle ouvrit les volets. Le ciel était encore criblé d'étoiles. Point d'aube à l'horizon. Elle resta cinq minutes à contempler le firmament. Un jour, elle s'achèterait un télescope. L'idée la fit rire : Quand elle aurait assez d'argent pour acquérir un télescope digne de ce nom, elle serait bien trop occupée pour trouver le temps de s'en servir. C'était un truc pour retraité.
Elle se fit un café bien fort qu'elle avala rapidement avant d'entreprendre sa toilette. Cette fois elle ne serait pas en retard comme la veille.
Soudain elle se souvint que Claire devait passer la chercher à huit heures trente. Elle s'était levée bien trop tôt. Elle commença par en rire mais, très vite, le doute l'envahit. Et si Claire avait oublié ? Si ça arrivait, elle serait dans une situation encore pire que la veille puisque, au lieu de partir en catastrophe à huit heures, elle le ferait une demi-heure plus tard. Il fallait qu'elle téléphone à Claire. D'un autre côté, si celle-ci n'avait pas oublié, elle allait se ridiculiser et peut-être la vexer. Tant pis ! Elle allait attendre jusqu'à huit heures moins le quart puisque c'était l'heure à laquelle elle devait normalement partir prendre son bus. Cette perspective la rassura un peu mais elle demeura tracassée à l'idée de se ridiculiser et de vexer Claire.
Soudain elle se souvint que Claire devait passer la chercher à huit heures trente. Elle s'était levée bien trop tôt. Elle commença par en rire mais, très vite, le doute l'envahit. Et si Claire avait oublié ? Si ça arrivait, elle serait dans une situation encore pire que la veille puisque, au lieu de partir en catastrophe à huit heures, elle le ferait une demi-heure plus tard. Il fallait qu'elle téléphone à Claire. D'un autre côté, si celle-ci n'avait pas oublié, elle allait se ridiculiser et peut-être la vexer. Tant pis ! Elle allait attendre jusqu'à huit heures moins le quart puisque c'était l'heure à laquelle elle devait normalement partir prendre son bus. Cette perspective la rassura un peu mais elle demeura tracassée à l'idée de se ridiculiser et de vexer Claire.
Mais à sept heures et quart, lorsque le téléphone sonna, elle comprit tout de suite que c'était son amie. Claire, sur un ton gai et gentiment ironique lui demanda :
— Je suppose que tu es déjà prête et que tu m'attends l'arme au pied en te rongeant les ongles d'inquiétude ?
Margaux, soulagée, se mit à rire.
— Tu as à peu près tout juste sauf pour les ongles. Tu ne m'en veux pas ?
— Mais non ma puce ! J'aurais exactement la même réaction à ta place. Rassure-toi, je suis presque prête et ma voiture dort la nuit au chaud dans un parking privé sous mon immeuble. Comme je ne sais pas comment est la circulation le matin du côté de chez toi, je vais prendre un quart d'heure de sécurité supplémentaire. Je risque d'être chez toi plutôt à huit heures et quart.
— Mais non ma puce ! J'aurais exactement la même réaction à ta place. Rassure-toi, je suis presque prête et ma voiture dort la nuit au chaud dans un parking privé sous mon immeuble. Comme je ne sais pas comment est la circulation le matin du côté de chez toi, je vais prendre un quart d'heure de sécurité supplémentaire. Je risque d'être chez toi plutôt à huit heures et quart.
Il ne restait plus à Margaux qu'à attendre tranquillement. Elle se contenta donc de guetter l'arrivée de la petite Fiat en contemplant le paysage à travers la fenêtre de sa chambre. Elle chercha des yeux le mendiant qui se tenait habituellement à l'entrée du petit parc, entrée qui se trouvait presqu'en face de la villa de sa tante. Il n'était pas agressif mais il lui faisait quand même un peu peur. Elle se demanda s'il était aussi là pendant l'hiver.
Le trajet n'avait manifestement pas posé de problème car Claire téléphona de nouveau à huit heures et quart.
Le trajet n'avait manifestement pas posé de problème car Claire téléphona de nouveau à huit heures et quart.
— Ça y est ! Je suis devant chez toi. Tu me fais visiter ?
— Je viens te chercher.
— Je viens te chercher.
Margaux courut ouvrir la porte du jardin et sauta au cou de Claire qui était sortie de sa voiture entre temps puis, la prenant par la main, elle la guida vers sa chambre de bonne située sous les combles. Claire passa rapidement en revue la petite chambre.
— C''est assez bien équipé mais tu n'as pas beaucoup de place. Si tu comptes te constituer une petite bibliothèque, je ne vois pas trop où tu pourras la mettre.
— J'entasserai.
— Sinon, c'est dans un coin agréable et calme. Ça serait parfait si c'était plus proche du centre-ville.
— Bof ! J'ai quand-même l'arrêt du bus à dix minutes.
— Ça te dirait si je te passais quelques posters pour rendre ta chambre un peu plus chaleureuse ? J'en ai quelques-uns de plutôt jolis que je pourrais te donner s'ils te plaisent.
— J'entasserai.
— Sinon, c'est dans un coin agréable et calme. Ça serait parfait si c'était plus proche du centre-ville.
— Bof ! J'ai quand-même l'arrêt du bus à dix minutes.
— Ça te dirait si je te passais quelques posters pour rendre ta chambre un peu plus chaleureuse ? J'en ai quelques-uns de plutôt jolis que je pourrais te donner s'ils te plaisent.
Pendant le trajet, elles se mirent à babiller joyeusement, parlant de tout et de rien, simplement contentes d'être ensemble. Margaux était sur un petit nuage. Elle n'en revenait pas d'avoir si rapidement réussi à se faire une amie. Claire était si douce et si … belle !
Aujourd'hui, la jeune fille avait remplacé le serre-tête par une queue de cheval et elle était toujours aussi belle. Margaux avait l'impression que, même avec le crane rasé, elle serait encore magnifique. Elle ne pouvait s'empêcher de la contempler tout en lui parlant. Claire finit par s'en apercevoir et se mit à explorer sa joue et son nez avec inquiétude.
Aujourd'hui, la jeune fille avait remplacé le serre-tête par une queue de cheval et elle était toujours aussi belle. Margaux avait l'impression que, même avec le crane rasé, elle serait encore magnifique. Elle ne pouvait s'empêcher de la contempler tout en lui parlant. Claire finit par s'en apercevoir et se mit à explorer sa joue et son nez avec inquiétude.
— J'ai un bouton ?
— Non, non ! J'admirait tout simplement. Tu sais que tu es vraiment très jolie ? Tu n'as jamais pensé à te présenter à des concours de beauté ?
— Non, non ! J'admirait tout simplement. Tu sais que tu es vraiment très jolie ? Tu n'as jamais pensé à te présenter à des concours de beauté ?
Claire éclata de rire.
— Certainement pas !
— Pourquoi ? Tu aurais tes chances.
— Mais je veux être médecin ! Pas potiche !
— Pourquoi ? Tu aurais tes chances.
— Mais je veux être médecin ! Pas potiche !
Elles continuèrent à plaisanter sur le sujet puis, celui-ci étant épuisé, la conversation s'arrêta et le silence se fit à l'intérieur de la petite voiture. Margaux remarqua que Claire avait pris un air préoccupé. Elle semblait vouloir lui parler de quelque chose mais ne pas savoir comment aborder le sujet. A plusieurs reprises, elle avait ouvert la bouche comme pour commencer à parler mais l'avait refermée sans rien dire. Elle décida de l'encourager.
— J'ai l'impression que tu veux me parler de quelque chose.
La veille au soir, Claire n'avait pas arrêté de penser à Margaux. Cette blondinette était impressionnante. Elle avait l'air d'une gamine mais, en réalité elle savait parfaitement ce qu'elle voulait et menait très bien sa barque. En plus, elle était brillante intellectuellement, pétillante et pleine d'humour et, surtout, elle était absolument adorable.
Claire était elle-même une élève brillante. Elle avait réussi à obtenir son bac très facilement et tout au long de l'année préparatoire elle avait fait partie des tous meilleurs élèves pour ses résultats. Elle avait donc été contactée par de nombreux autres étudiants, qui souhaitaient constituer avec elle un binôme. Certains, aussi brillants qu'elle, voulaient éviter de se mettre en binôme avec des élèves moins bons qui profiteraient d'eux sans rien leur apporter en échange. D'autres, justement, essayaient de se trouver un binôme qui les tirerait vers le haut. Jusqu'à présent, elle avait décliné toutes les propositions qui lui avaient été faites. Elle ne voulait pas se retrouver le dindon de la farce mais les ‘'bons'' candidats ne l'inspiraient pas non plus. Question de feeling. Ça ne se commande pas.
Mais, cette fois, c'était elle qui était demandeuse. Non seulement Margaux semblait largement de son niveau mais, en plus, être en binôme avec elle signifiait passer avec elle la majeure partie de la journée et cette idée la tentait beaucoup. A la limite, elle aurait été prête à accepter de prendre Margaux en binôme même si cette dernière avait été moins brillante ; simplement pour le plaisir.
Elle avait longuement réfléchi à la question et avait concocté une proposition qui devrait logiquement intéresser Margaux. Elle se décida enfin à parler.
— Dis-moi si je me trompe, mais j'ai l'impression que nous nous entendons plutôt bien.
— Pour ma part, je t'apprécie beaucoup. Je crois même que je t'aime beaucoup.
— Moi aussi. Et puis nous avons la même manière d'aborder nos études.
— Oui, ça aussi.
— Alors je voudrais te proposer qu'à nous deux nous constituions un couple.
— Pour ma part, je t'apprécie beaucoup. Je crois même que je t'aime beaucoup.
— Moi aussi. Et puis nous avons la même manière d'aborder nos études.
— Oui, ça aussi.
— Alors je voudrais te proposer qu'à nous deux nous constituions un couple.
Margaux la regarda avec effarement.
— Pardon ?
— Oui, un… qu'est-ce que j'ai dit ?
— Tu as dit un couple.
— Oui, un… qu'est-ce que j'ai dit ?
— Tu as dit un couple.
Claire devint écarlate. Ça commençait mal.
— Non ! Je me suis trompée ! Pas un couple ! Un… un… comment ça s'appelle déjà ? Tu sais quand on travaille ensemble !
— Un binôme, tu veux dire, je suppose ?
— Oui, c'est ça. Un binôme ! Serais-tu d'accord pour que nous formions un binôme ?
— Je n'y avais pas réfléchi mais oui, pourquoi pas ? Ça serait sympa et pourrait nous être profitable à toutes les deux. Je suppose que tu t'es déjà penchée sur le sujet ?
— En fait, j'ai pensé à quelque chose qui serait une sorte de binôme, disons, renforcé.
— Ça veut dire quoi ?
— Eh bien, il porterait évidemment sur le fait de travailler ensemble mais serait plus général.
— C'est-à-dire ?
— Tu es d'accord pour dire que dans un binôme chacune apporte ses moyens et ses besoins et qu'on met tout ça en commun en s'organisant de façon à ne léser personne. Autrement dit le binôme ne peut fonctionner que si personne n'a l'impression de faire tous les efforts.
— Bien sûr !
— Pendant les cours, j'ai remarqué que tu étais capable de prendre une quantité impressionnante de notes sur ta tablette. Par ailleurs tu assimiles très rapidement, comme tu l'as prouvé hier matin pendant le deuxième cours. Je n'ai pas ces capacités et je dois revoir tout ça le soir à partir de notes pas toujours complètes et d'un enregistrement audio complet mais, compte tenu de sa longueur, difficile à exploiter. Le fait de travailler avec toi constituerait un avantage absolument énorme pour moi. Tu es bien d'accord avec moi ?
— Je t'écoute.
— Un binôme, tu veux dire, je suppose ?
— Oui, c'est ça. Un binôme ! Serais-tu d'accord pour que nous formions un binôme ?
— Je n'y avais pas réfléchi mais oui, pourquoi pas ? Ça serait sympa et pourrait nous être profitable à toutes les deux. Je suppose que tu t'es déjà penchée sur le sujet ?
— En fait, j'ai pensé à quelque chose qui serait une sorte de binôme, disons, renforcé.
— Ça veut dire quoi ?
— Eh bien, il porterait évidemment sur le fait de travailler ensemble mais serait plus général.
— C'est-à-dire ?
— Tu es d'accord pour dire que dans un binôme chacune apporte ses moyens et ses besoins et qu'on met tout ça en commun en s'organisant de façon à ne léser personne. Autrement dit le binôme ne peut fonctionner que si personne n'a l'impression de faire tous les efforts.
— Bien sûr !
— Pendant les cours, j'ai remarqué que tu étais capable de prendre une quantité impressionnante de notes sur ta tablette. Par ailleurs tu assimiles très rapidement, comme tu l'as prouvé hier matin pendant le deuxième cours. Je n'ai pas ces capacités et je dois revoir tout ça le soir à partir de notes pas toujours complètes et d'un enregistrement audio complet mais, compte tenu de sa longueur, difficile à exploiter. Le fait de travailler avec toi constituerait un avantage absolument énorme pour moi. Tu es bien d'accord avec moi ?
— Je t'écoute.
Margaux sourit intérieurement. C'était cousu de fil blanc tellement cette présentation était outrée. Claire ne ferait pas une très bonne négociatrice.
— Il est évident que le fait de travailler ensemble c'est presque du parasitisme de ma part.
— Continue.
— Continue.
Margaux devait se retenir pour ne pas pouffer de rire.
— J'ai réfléchi longuement au moyen de compenser au moins en partie cet état de chose et c'est là qu'intervient la notion de binôme renforcé. Il consiste à partager totalement notre vie scolaire, chacune apportant en partage ce que lui permettent ses moyens. Le matin je passe te chercher en voiture pour aller à la fac. A midi on mange ensemble au restaurant universitaire comme d'habitude. L'après-midi rien de particulier mais, après les cours, c'est là que ça change. On va chez moi pour travailler. C'est très confortable. Il y a toute la place nécessaire et j'ai l'ADSL et le wifi. Le soir on s'arrête un moment pour manger et vers dix onze heures je te ramène chez toi en voiture. Pour le repas du soir, on partage équitablement les coûts c'est-à-dire deux tiers pour moi, un tiers pour toi pour tenir compte du fait que je suis plus grande et que j'ai plus de moyens financiers. Enfin, il y a le problème des livres. Moi, j'achète ceux dont on a besoin mais ils sont à nous deux. Si tu préfères il y en a la moitié qui est à toi et l'autre moitié à moi.
Cette fois Margaux éclata carrément de rire. Claire la regarda d'un air vexé.
— Ben quoi ? Qu'est-ce qui te fait rire ?
— Toi ! Tu me fais rire. Tu as une manière de présenter les choses pour me vendre ta salade ! c'est tellement énorme !
— Quelle salade ?
— Je veux bien que le fait que j'assimile vite puisse te rendre service mais de là à parler de parasitisme ! ; comme si je ne profiterais pas comme toi du travail en binôme ; et croire que je serais dupe, c'est un peu gros.
— Ça partait d'une bonne intention.
— Je le sais bien mais, tu l'as dit toi-même, il faut que ça reste équilibré.
— Moi, je trouve que c'est équilibré.
— Eh bien moi, je trouve que ça ne frôle pas le parasitisme mais la charité. Que tu me proposes de venir me chercher et de me raccompagner en voiture, ça me rendrait un service déjà inestimable. Qu'on aille travailler chez toi plutôt que chez moi où c'est petit et mal équipé ça paraît normal. Qu'on en profite pour manger ensemble le soir, ça me paraît inévitable et sympa, encore que ta manière de répartir les coûts me laisse perplexe.
— Si tu trouves que ta part est trop importante, je veux bien la réduire !
— Ne fais pas semblant de ne pas comprendre ! Que tu veuilles acheter les livres qui te seront nécessaires et que tu m'en fasses profiter me rendra énormément service puisque je n'aurai pas la nécessité de trouver des petits boulots pour pouvoir m'en acheter, mais que tu me fasses cadeau de la moitié des livres, ça c'est de la charité !
— C'est pour que tu ne te sentes pas trop liée à moi. Si un jour tu ne voulais plus que nous soyons amies, tu serais coincée parce que tu n'aurais plus de livres.
— Toi ! Tu me fais rire. Tu as une manière de présenter les choses pour me vendre ta salade ! c'est tellement énorme !
— Quelle salade ?
— Je veux bien que le fait que j'assimile vite puisse te rendre service mais de là à parler de parasitisme ! ; comme si je ne profiterais pas comme toi du travail en binôme ; et croire que je serais dupe, c'est un peu gros.
— Ça partait d'une bonne intention.
— Je le sais bien mais, tu l'as dit toi-même, il faut que ça reste équilibré.
— Moi, je trouve que c'est équilibré.
— Eh bien moi, je trouve que ça ne frôle pas le parasitisme mais la charité. Que tu me proposes de venir me chercher et de me raccompagner en voiture, ça me rendrait un service déjà inestimable. Qu'on aille travailler chez toi plutôt que chez moi où c'est petit et mal équipé ça paraît normal. Qu'on en profite pour manger ensemble le soir, ça me paraît inévitable et sympa, encore que ta manière de répartir les coûts me laisse perplexe.
— Si tu trouves que ta part est trop importante, je veux bien la réduire !
— Ne fais pas semblant de ne pas comprendre ! Que tu veuilles acheter les livres qui te seront nécessaires et que tu m'en fasses profiter me rendra énormément service puisque je n'aurai pas la nécessité de trouver des petits boulots pour pouvoir m'en acheter, mais que tu me fasses cadeau de la moitié des livres, ça c'est de la charité !
— C'est pour que tu ne te sentes pas trop liée à moi. Si un jour tu ne voulais plus que nous soyons amies, tu serais coincée parce que tu n'aurais plus de livres.
Margaux devint grave.
— Tu penses qu'un jour je pourrais ne plus vouloir que nous soyons amies ?
Claire balbutia.
— Tu pourrais en avoir marre de moi… peut-être ?
— Ça, Claire, ça n'arrivera jamais.
— Ça, Claire, ça n'arrivera jamais.
Et le cœur de Margaux se mit à battre de nouveau un tout petit peu plus vite.
Claire parut un moment satisfaite de sa réponse mais, quelques instants plus tard elle se mit à ronchonner.
Claire parut un moment satisfaite de sa réponse mais, quelques instants plus tard elle se mit à ronchonner.
— D'abord ce n'est pas de la charité. C'est de l'amitié.
— Ecoute, voilà ce que te propose : les livres que tu achèteras seront à toi mais je te fais confiance pour que, si par un hasard aussi malheureux que peu probable, nos relations venaient à subir quelque problème, tu te préoccupes de m'apporter une aide de nature à compenser les inconvénients entraînés par la situation, en fonction de l'analyse de la dite situation faite par toi-même. Cela te convient-il ?
— C'est un peu emberlificoté mais je crois avoir compris à peu près le sens. Elle hésita quelques instants en fronçant les sourcils. Oui, je crois que j'ai compris. D'accord ! Ça veut dire que si je veux te donner des bouquins, j'ai le droit. Elle afficha un air triomphal. J'ai le droit de t'en donner si j'estime que tu en as besoin.
— Ecoute, voilà ce que te propose : les livres que tu achèteras seront à toi mais je te fais confiance pour que, si par un hasard aussi malheureux que peu probable, nos relations venaient à subir quelque problème, tu te préoccupes de m'apporter une aide de nature à compenser les inconvénients entraînés par la situation, en fonction de l'analyse de la dite situation faite par toi-même. Cela te convient-il ?
— C'est un peu emberlificoté mais je crois avoir compris à peu près le sens. Elle hésita quelques instants en fronçant les sourcils. Oui, je crois que j'ai compris. D'accord ! Ça veut dire que si je veux te donner des bouquins, j'ai le droit. Elle afficha un air triomphal. J'ai le droit de t'en donner si j'estime que tu en as besoin.
Margaux se demanda si finalement ce n'était pas elle qui s'était faite avoir. Elle fut tentée de contredire son amie mais y renonça. Finalement, tout cela n'avait guère d'importance. De toute manière les livres resteraient chez Claire puisqu'apparemment il y avait de la place chez elle alors que sa chambre de bonne était toute petite et déjà pleine. En plus, elles travailleraient chez Claire et c'est là qu'elles auraient besoin des livres. Cette dernière se mit à rire de contentement.
— Tu vas voir. J'ai un appartement super. On y sera comme des coqs en pâte !
— Il est comment ?
— Tu verras. C'est une surprise.
— Allez ! Dis-moi !
— Non, non ! Tu verras.
— Il est comment ?
— Tu verras. C'est une surprise.
— Allez ! Dis-moi !
— Non, non ! Tu verras.
Ça avait tellement l'air de faire plaisir à Claire que Margaux n'insista pas. Son amie, visiblement enchantée de l'évolution de leur relation bavardait joyeusement et riait à la moindre occasion. Margaux se mit rapidement au diapason et elles ne recouvrèrent leur sérieux qu'au moment de rentrer en cours.
Elles réussirent pendant toute la journée à alterner sérieux et euphorie mais à la fin du dernier cours, ce fut définitivement l'euphorie qui l'emporta. Elles coururent presque pour rejoindre la FIAT et, dix minutes plus tard, arrivèrent devant un petit immeuble de deux étages qui comportait certainement moins de dix appartements. Il était situé dans un quartier résidentiel où immeubles et pavillons bordaient des allés arborées.
Claire actionna la télécommande du parking privé et alla se garer rapidement au sous-sol. Elles pénétrèrent ensuite dans le sas qui menait aux caves, à l'escalier et à l'ascenseur et utilisèrent ce dernier pour se rendre au second étage. L'aspect du palier montrait que l'immeuble devrait être relativement récent et certainement bien entretenu. Le palier desservait trois appartements. Elles se dirigèrent vers celui de droite. Claire ouvrit la porte et s'effaça pour laisser passer Margaux.
Le couloir d'entrée n'était pas très grand et ne comportait que deux portes dont celle des WC située à gauche en rentrant et que Claire se dépêcha de fermer en rougissant. Il était bordé en face des WC d'un grand placard mural. Le sol était recouvert d'un dallage beige assorti à la tapisserie. Tout avait l'air neuf. Margaux attendit que Claire ferme la porte d'entrée et lui fasse les honneurs des lieux.
Elles pénétrèrent d'abord dans un grand séjour dont le côté gauche était occupé par une cuisine américaine. L'autre côté était presqu'entièrement occupé par une baie vitrée ouvrant sur une petite terrasse. Le sol et les murs étaient identiques à ceux de l'entrée. Au fond se trouvait une autre porte avec de part et d'autre des rayonnages montant jusqu'au plafond. A droite de l'entrée du séjour se trouvait un meuble dédié à la bureautique avec une box internet, un ordinateur de bureau, un grand écran plat et une imprimante multifonction à jet d'encre standard (impression, scanner et photocopie). Au centre de la pièce se trouvait une grande table rectangulaire entourée de quatre chaises. Le mobilier était d'un style résolument moderne et dépouillé mais visiblement de bonne qualité.
La cuisine était équipée de tout le matériel nécessaire : réfrigérateur, lave-vaisselle, micro-ondes, four, plaques à induction hotte aspirante etc…. Les placards étaient assortis aux murs.
La porte du fond donnait sur une chambre. Celle-ci présentait un aspect beaucoup plus cosy. Le sol était recouvert d'une moquette vieux rose assortie aux murs dont la tapisserie était constituée de motifs floraux rose pâle sur fond blanc. Le mobilier était composé d'un lit double, d'une commode en bois verni marron clair et d'une armoire assortie. Le mur de droite comportait une porte fenêtre donnant sur la terrasse tandis que celui de gauche comportait une porte donnant sur une grande salle de bains. Outre la baignoire et le lavabo, c'était là que se trouvait le lave-linge avec séchage intégré.
La porte du fond donnait sur une chambre. Celle-ci présentait un aspect beaucoup plus cosy. Le sol était recouvert d'une moquette vieux rose assortie aux murs dont la tapisserie était constituée de motifs floraux rose pâle sur fond blanc. Le mobilier était composé d'un lit double, d'une commode en bois verni marron clair et d'une armoire assortie. Le mur de droite comportait une porte fenêtre donnant sur la terrasse tandis que celui de gauche comportait une porte donnant sur une grande salle de bains. Outre la baignoire et le lavabo, c'était là que se trouvait le lave-linge avec séchage intégré.
Margaux était stupéfaite. Elle ne s'attendait pas à trouver un logement aussi grand et, on pouvait ajouter, aussi luxueux. Claire qui avait entre temps perdu toute son assurance lui demanda d'un ton anxieux :
— Ça te plaît ?
Margaux la regarda stupéfaite d'entendre une pareille question posée d'un pareil ton puis répondit avec enthousiasme.
— Bien sûr que ça me plaît. J'ai rarement vu un si joli appartement.
De nouveau rayonnante, Claire éclata de rire en applaudissant.
— Qu'est-ce que je suis contente !
Elle serra Margaux contre elle et lui fit un énorme baiser sur une joue puis la saisit sous les aisselles, la souleva et la fit virevolter en tournant sur elle-même avant de la reposer au sol et de s'effondrer essoufflée sur une chaise. Margaux continua de contempler le logement. Elle ne s'attendait ni à la taille ni aux éléments de confort tant matériels qu'esthétiques de celui-ci. Ce n'était pas un studio d'étudiante mais plutôt un appartement de cadre célibataire aisée.
— Il est magnifique ! Tu dois payer un prix fou pour la location.
— Pas un sou !
— Comment ça ?
— Il appartient à mes parents.
— Ils l'ont acheté rien que pour toi ?
— Pas exactement. C'est à la fois un investissement et un moyen de nous loger, mon frère et moi, pendant nos études en fac.
— Tu as un frère ?
— Oui mais plus âgé et il a fini ses études. Il a occupé l'appartement cinq années. Il a passé une maîtrise d'informatique et travaille en région parisienne.
— On ne dirait pas que ce logement a été occupé cinq ans par un étudiant ou plutôt six en comptant ta première année.
— Je peux te dire que ça se voyait parfaitement au bout de cinq ans. Mes parents ont dû faire effectuer des réparations ainsi qu'un grand nettoyage. Ils en ont profité pour changer la moquette et la tapisserie de la chambre et rajouter un lave-linge dans la salle de bains. C'est moi qui ai choisi les couleurs pour la chambre.
— C'est joli comme tout.
— Je suis contente qu'elle te plaise. Moi c'est ma pièce préférée.
— Les photos au mur de ta chambre c'est ta famille ?
— Oui. Il y en a une où je suis seule avec mon frère et l'autre où on est tous les quatre. J'avais dix ans quand elles ont été prises.
— Tu es déjà grande sur ces photos.
— J'ai toujours été grande. Qu'est-ce que j'ai pu en être complexée quand j'étais jeune, enfin je veux dire plus jeune.
— Tu es pourtant déjà mignonne sur les photos.
— Oui mais quand tu es plutôt timide, que tu n'as surtout pas envie qu'on te remarque mais que tu as une bonne tête de plus que la plus grande de tes camarades tu n'es pas bien dans tes baskets. Un jour, quand j'étais en sixième, on a eu une inspection, l'inspecteur a posé une question à toute la classe. J'ai eu le malheur de lever le doigt pour répondre ; alors il m'a dit que je n'avais pas besoin de me lever pour répondre. Toute la classe a ri parce que j'étais restée assise. Le pire ça a été au moment de la puberté : j'avais de l'acné et un appareil dentaire. Tout pour plaire ! Finalement, j'ai cessé de pousser en hauteur et j'ai commencé à prendre des formes. Du coup, j'ai perdu mes complexes mais je regrette quand même de ne pas être comme toi une jolie petite blondinette frisée comme un mouton avec juste ce qu'il faut de taches de rousseur pour faire craquer les gens.
— C'est pour ça que tu as voulu t'asseoir à côté de moi le premier jour ?
— Oui. Quand je t'ai vue assise toute mignonne et toute sage en train de ranger soigneusement tes affaires devant toi, j'ai tout de suite eu envie de devenir ton amie. C'est pour ça que j'ai été complètement déstabilisée quand j'ai cru que c'était à moi que tu disais le mot de Cambronne.
— Rassure-toi, je t'avais tout de suite trouvée sympathique moi aussi. Mais tu sais, moi aussi je t'envie.
— Parce que j'ai une vie plus facile que la tienne ?
— Non ! Pas du tout ! J'envie ton physique.
— Tu rigoles !
— Pas du tout ! Écoute. Je sais très bien que je suis mignonne. Dans l'absolu il n'y a pas de quoi être mécontente mais, à la longue, la réaction des gens à mon égard devient pesante. J'ai toujours été mignonne mais dans l'esprit des autres ça se limite trop souvent à ça. Oh, les gens sont gentils avec moi ! ils ne veulent pas me faire de la peine. Une si mignonne petite poupée ! si gentille ! si attendrissante !. Mais, quant à me prendre au sérieux, c'est autre chose. Il faut toujours que je prouve que je suis aussi capable que les autres alors que, souvent, je le suis plus. Même mes parents ne croient pas en moi. S'il a fallu que je me batte pour pouvoir faire des études de médecine, c'est parce qu'ils me croient incapable d'aller jusqu'au bout.
— Tu sais, moi je ne pense pas comme ça.
— Je sais. Tu m'as peut-être trouvée craquante mais tu t'es comportée normalement dans nos rapports. Je suppose que ce n'est pas pour mon physique que tu veux qu'on soit en binôme.
— Bien sûr que non ! Répondit Claire en riant.
— Pas un sou !
— Comment ça ?
— Il appartient à mes parents.
— Ils l'ont acheté rien que pour toi ?
— Pas exactement. C'est à la fois un investissement et un moyen de nous loger, mon frère et moi, pendant nos études en fac.
— Tu as un frère ?
— Oui mais plus âgé et il a fini ses études. Il a occupé l'appartement cinq années. Il a passé une maîtrise d'informatique et travaille en région parisienne.
— On ne dirait pas que ce logement a été occupé cinq ans par un étudiant ou plutôt six en comptant ta première année.
— Je peux te dire que ça se voyait parfaitement au bout de cinq ans. Mes parents ont dû faire effectuer des réparations ainsi qu'un grand nettoyage. Ils en ont profité pour changer la moquette et la tapisserie de la chambre et rajouter un lave-linge dans la salle de bains. C'est moi qui ai choisi les couleurs pour la chambre.
— C'est joli comme tout.
— Je suis contente qu'elle te plaise. Moi c'est ma pièce préférée.
— Les photos au mur de ta chambre c'est ta famille ?
— Oui. Il y en a une où je suis seule avec mon frère et l'autre où on est tous les quatre. J'avais dix ans quand elles ont été prises.
— Tu es déjà grande sur ces photos.
— J'ai toujours été grande. Qu'est-ce que j'ai pu en être complexée quand j'étais jeune, enfin je veux dire plus jeune.
— Tu es pourtant déjà mignonne sur les photos.
— Oui mais quand tu es plutôt timide, que tu n'as surtout pas envie qu'on te remarque mais que tu as une bonne tête de plus que la plus grande de tes camarades tu n'es pas bien dans tes baskets. Un jour, quand j'étais en sixième, on a eu une inspection, l'inspecteur a posé une question à toute la classe. J'ai eu le malheur de lever le doigt pour répondre ; alors il m'a dit que je n'avais pas besoin de me lever pour répondre. Toute la classe a ri parce que j'étais restée assise. Le pire ça a été au moment de la puberté : j'avais de l'acné et un appareil dentaire. Tout pour plaire ! Finalement, j'ai cessé de pousser en hauteur et j'ai commencé à prendre des formes. Du coup, j'ai perdu mes complexes mais je regrette quand même de ne pas être comme toi une jolie petite blondinette frisée comme un mouton avec juste ce qu'il faut de taches de rousseur pour faire craquer les gens.
— C'est pour ça que tu as voulu t'asseoir à côté de moi le premier jour ?
— Oui. Quand je t'ai vue assise toute mignonne et toute sage en train de ranger soigneusement tes affaires devant toi, j'ai tout de suite eu envie de devenir ton amie. C'est pour ça que j'ai été complètement déstabilisée quand j'ai cru que c'était à moi que tu disais le mot de Cambronne.
— Rassure-toi, je t'avais tout de suite trouvée sympathique moi aussi. Mais tu sais, moi aussi je t'envie.
— Parce que j'ai une vie plus facile que la tienne ?
— Non ! Pas du tout ! J'envie ton physique.
— Tu rigoles !
— Pas du tout ! Écoute. Je sais très bien que je suis mignonne. Dans l'absolu il n'y a pas de quoi être mécontente mais, à la longue, la réaction des gens à mon égard devient pesante. J'ai toujours été mignonne mais dans l'esprit des autres ça se limite trop souvent à ça. Oh, les gens sont gentils avec moi ! ils ne veulent pas me faire de la peine. Une si mignonne petite poupée ! si gentille ! si attendrissante !. Mais, quant à me prendre au sérieux, c'est autre chose. Il faut toujours que je prouve que je suis aussi capable que les autres alors que, souvent, je le suis plus. Même mes parents ne croient pas en moi. S'il a fallu que je me batte pour pouvoir faire des études de médecine, c'est parce qu'ils me croient incapable d'aller jusqu'au bout.
— Tu sais, moi je ne pense pas comme ça.
— Je sais. Tu m'as peut-être trouvée craquante mais tu t'es comportée normalement dans nos rapports. Je suppose que ce n'est pas pour mon physique que tu veux qu'on soit en binôme.
— Bien sûr que non ! Répondit Claire en riant.
Son rire était un peu forcé mais elle enchaîna immédiatement.
— Bon ! Passons aux choses sérieuses ! On va essayer de connecter ta tablette au réseau Wifi.
Vers dix-neuf heures trente elles décidèrent de s'arrêter de travailler pour prendre un léger repas.
— Je te préviens, j'utilise beaucoup les surgelés. Ce matin, j'ai mis des crevettes à décongeler mais, si tu préfères, il y a du jambon. Pour aller avec, il y a des tomates. J'ai du jus de citron et de la sauce salade.
— Je veux bien des crevettes et une tomate sans assaisonnement, mais s'il n'y a pas assez de crevettes, je veux bien du jambon.
— Non, non ! J'avais prévu des crevettes pour deux.
— Si je comprends bien, tu avais déjà prévu que je mangerais ici ce soir ?
— On appelle ça anticiper, ma puce.
— Je veux bien des crevettes et une tomate sans assaisonnement, mais s'il n'y a pas assez de crevettes, je veux bien du jambon.
— Non, non ! J'avais prévu des crevettes pour deux.
— Si je comprends bien, tu avais déjà prévu que je mangerais ici ce soir ?
— On appelle ça anticiper, ma puce.
Pour se détendre un peu, elles avaient décidé d'un commun accord de ne pas parler travail pendant le repas. Elles trouvèrent rapidement un sujet de conversation des plus classiques : les garçons. Claire aborda le sujet la première.
— Tu as déjà été avec un garçon ?
— Une fois seulement et c'était juste un flirt de gamins.
— Comment il était ?
— Romantique et boutonneux. A l'époque nous habitions à Niort. J'avais quinze ans et j'en paraissais douze. Je rêvais d'avoir un amoureux comme les autres filles de ma classe mais je n'intéressais pas les garçons. Les seuls qui s'intéressaient à moi, c'était les vieux cochons aux mains baladeuses. J'étais la première de la classe et lui le second. Il était amoureux et m'écrivait des poèmes qu'il me récitait en me tenant la main pendant que nous nous promenions le mercredi après-midi. Ça a quand même duré deux mois.
— Tu en as eu marre ?
— Non ! Mon père a été muté en Guadeloupe. On a beaucoup pleuré tous les deux lors de notre dernier rendez-vous mais quand on a atterri à Pointe-à-Pitre, je l'avais déjà oublié.
— Une fois seulement et c'était juste un flirt de gamins.
— Comment il était ?
— Romantique et boutonneux. A l'époque nous habitions à Niort. J'avais quinze ans et j'en paraissais douze. Je rêvais d'avoir un amoureux comme les autres filles de ma classe mais je n'intéressais pas les garçons. Les seuls qui s'intéressaient à moi, c'était les vieux cochons aux mains baladeuses. J'étais la première de la classe et lui le second. Il était amoureux et m'écrivait des poèmes qu'il me récitait en me tenant la main pendant que nous nous promenions le mercredi après-midi. Ça a quand même duré deux mois.
— Tu en as eu marre ?
— Non ! Mon père a été muté en Guadeloupe. On a beaucoup pleuré tous les deux lors de notre dernier rendez-vous mais quand on a atterri à Pointe-à-Pitre, je l'avais déjà oublié.
Claire se leva pour aller chercher le compotier.
— J'ai des pommes. Je t'en pèle une ?
— Je veux bien mais je peux la peler moi-même.
— Ça me fait plaisir.
— Je veux bien mais je peux la peler moi-même.
— Ça me fait plaisir.
Tout en pelant soigneusement une Golden, Claire observa d'un ton moqueur.
— Quand-même, quelle histoire follement romanesque !
— Oui, n'est-ce pas ? Ça occupera une grande partie de mes mémoires quand je les écrirai pour la postérité. Cela étant, j'en garde un souvenir attendri. C'était un gentil garçon.
— Tu n'as gardé aucun souvenir ?
— Si mais j'aurais mieux fait de m'abstenir. Un jour, on avait fait un selfie de nous deux et j'avais gardé un poème de lui ; un sonnet dans lequel il vantait mon visage et ma poitrine. Pour la poitrine, je n'en avais pas beaucoup à l'époque et c'était plutôt le fruit de son imagination. Malheureusement, mon père qui me surveillait de près à découvert la photo et le poème. Il les a détruits et m'a collé une fessée. Tu te rends compte ? J'avais presque dix-neuf ans ans et je rentrais en fac ! Je me suis rarement sentie aussi humiliée. Comme j'avais encore l'air d'une gamine, il m'a traitée comme une gamine. Je n'ai même pas protesté. J'avais tellement l'habitude de ce genre d'attitude à mon égard que je n'ai rien dit.
— Et depuis rien d'autre ?
— Tu sais, cette amourette n'avait pas fait de moi une grande. Je faisais toujours plus jeune que mon âge. Ensuite, j'ai avant tout pensé à mes études.
— Oui, n'est-ce pas ? Ça occupera une grande partie de mes mémoires quand je les écrirai pour la postérité. Cela étant, j'en garde un souvenir attendri. C'était un gentil garçon.
— Tu n'as gardé aucun souvenir ?
— Si mais j'aurais mieux fait de m'abstenir. Un jour, on avait fait un selfie de nous deux et j'avais gardé un poème de lui ; un sonnet dans lequel il vantait mon visage et ma poitrine. Pour la poitrine, je n'en avais pas beaucoup à l'époque et c'était plutôt le fruit de son imagination. Malheureusement, mon père qui me surveillait de près à découvert la photo et le poème. Il les a détruits et m'a collé une fessée. Tu te rends compte ? J'avais presque dix-neuf ans ans et je rentrais en fac ! Je me suis rarement sentie aussi humiliée. Comme j'avais encore l'air d'une gamine, il m'a traitée comme une gamine. Je n'ai même pas protesté. J'avais tellement l'habitude de ce genre d'attitude à mon égard que je n'ai rien dit.
— Et depuis rien d'autre ?
— Tu sais, cette amourette n'avait pas fait de moi une grande. Je faisais toujours plus jeune que mon âge. Ensuite, j'ai avant tout pensé à mes études.
Elle s'interrompit pour croquer dans la pomme.
— Merci beaucoup ! Et toi alors ?
— Eh bien moi, quand j'ai fini ma croissance, que j'ai pris des formes et qu'on m'a enlevé mon appareil dentaire, j'ai très vite intéressé les garçons et comme c'était réciproque, j'en ai pas mal profité. J'ai eu plusieurs petits copains. Mais , maintenant c'est fini.
— Ah bon ? Et pourquoi ?
— Pour deux raisons : d'abord, je fais passer mes études avant la rigolade.
— Moi, c'est pareil.
— Deuxièmement, je n'ai pas encore rencontré de garçon avec lequel ma relation a vraiment été satisfaisante.
— Ah bon ?
— Au début, moi j'étais romantique mais pas les garçons. Eux ils voulaient uniquement coucher avec moi. J'ai fini par céder en me disant qu'il fallait sans doute en passer d'abord par là. Et puis j'en avais quand même envie.
— Eh bien moi, quand j'ai fini ma croissance, que j'ai pris des formes et qu'on m'a enlevé mon appareil dentaire, j'ai très vite intéressé les garçons et comme c'était réciproque, j'en ai pas mal profité. J'ai eu plusieurs petits copains. Mais , maintenant c'est fini.
— Ah bon ? Et pourquoi ?
— Pour deux raisons : d'abord, je fais passer mes études avant la rigolade.
— Moi, c'est pareil.
— Deuxièmement, je n'ai pas encore rencontré de garçon avec lequel ma relation a vraiment été satisfaisante.
— Ah bon ?
— Au début, moi j'étais romantique mais pas les garçons. Eux ils voulaient uniquement coucher avec moi. J'ai fini par céder en me disant qu'il fallait sans doute en passer d'abord par là. Et puis j'en avais quand même envie.
Elle fit la moue.
— La première fois, ça a été une vraie catastrophe. C'est très simple : il a fait ça sans aucune préparation et ça m'a fait un mal de chien. A quelque chose malheur est bon, ça n'a pas duré plus de cinq petites minutes.
— Tu as dû être dégoûtée.
— Non. Je me suis dit que j'étais mal tombée et j'ai recommencé quelques mois plus tard avec un autre. Là, ça s'est plutôt bien passé. Naturellement je n'ai pas eu mal puisque je n'étais plus vierge et le garçon n'était pas maladroit. J'ai donc éprouvé du plaisir. Bon ! Ça n'a pas été l'extase totale mais c'était quand même pas mal. Plutôt bien, même.
— Tu as dû être dégoûtée.
— Non. Je me suis dit que j'étais mal tombée et j'ai recommencé quelques mois plus tard avec un autre. Là, ça s'est plutôt bien passé. Naturellement je n'ai pas eu mal puisque je n'étais plus vierge et le garçon n'était pas maladroit. J'ai donc éprouvé du plaisir. Bon ! Ça n'a pas été l'extase totale mais c'était quand même pas mal. Plutôt bien, même.
Elle se mit à ricaner.
— Il avait des grands pieds.
— Oui ? … Et alors ?
— De très grands pieds !
— Quel rapport ?
— Tu ne sais pas ce qu'on dit quand un garçon a des grands pieds ?
— Oh !
— Margaux ricana à son tour.
— Et dans son cas, c'est vrai ?
— Oui, et pas qu'un peu !
— Et tu as quand même cessé de le fréquenter ?
— Claire éclata de rire.
— Attend ! ce n'est pas parce qu'on prend du plaisir en couchant avec un garçon qu'on doit nécessairement faire sa vie avec lui !
— Oui ? … Et alors ?
— De très grands pieds !
— Quel rapport ?
— Tu ne sais pas ce qu'on dit quand un garçon a des grands pieds ?
— Oh !
— Margaux ricana à son tour.
— Et dans son cas, c'est vrai ?
— Oui, et pas qu'un peu !
— Et tu as quand même cessé de le fréquenter ?
— Claire éclata de rire.
— Attend ! ce n'est pas parce qu'on prend du plaisir en couchant avec un garçon qu'on doit nécessairement faire sa vie avec lui !
Elle reprit son sérieux.
— De toute façon, c'était un con fini qui s'est imaginé qu'il me tenait par le sexe, simplement parce que ça s'était bien passé. Il s'est mis à se comporter avec moi comme si j'étais sa chose. J'ai dû lui expliquer fermement que ça n'était pas le cas. On s'est disputés en public, il m'a bousculée, je lui ai collé une beigne, il a essayé de répliquer, a reçu une deuxième beigne et notre relation a pris fin.
Margaux éclata de rire.
— Apparemment tu es une grande spécialiste des beignes !
— Oui, je me défends plutôt bien dans ce domaine. Mon gabarit m'aide bien.
— Dis donc, dorénavant il va falloir que je fasse attention à ce que je dis !
— Oh ma puce, s'il y a au monde quelqu'un à qui ce genre de chose ne risque pas d'arriver avec moi, c'est toi.
— Je plaisantais, tu sais.
— Eh bien, pas moi ! Ça n'est pas parce-que je ne me laisse pas faire quand on m'agresse que je suis une violente et, de toute façon, jamais je ne pourrais te faire le moindre mal !
— Oui, je me défends plutôt bien dans ce domaine. Mon gabarit m'aide bien.
— Dis donc, dorénavant il va falloir que je fasse attention à ce que je dis !
— Oh ma puce, s'il y a au monde quelqu'un à qui ce genre de chose ne risque pas d'arriver avec moi, c'est toi.
— Je plaisantais, tu sais.
— Eh bien, pas moi ! Ça n'est pas parce-que je ne me laisse pas faire quand on m'agresse que je suis une violente et, de toute façon, jamais je ne pourrais te faire le moindre mal !
Claire avait l'air vraiment émue.
— C'est n'importe quoi !
Margaux réalisa que derrière la grande fille solide et décidée s'en cachait une autre plus vulnérable à qui elle avait fait de la peine sans s'en rendre compte. Elle se leva de table, s'approcha de Claire et, lui passant un bras autour des épaules lui fit un petit baiser sur la joue.
— Pardonne-moi. Je ne voulais pas te faire de la peine.
— Claire lui passa un bras autour de la taille et leva vers elle un visage rayonnant.
— Maintenant, j'ai une petite sœur.
— Claire lui passa un bras autour de la taille et leva vers elle un visage rayonnant.
— Maintenant, j'ai une petite sœur.
Margaux dut se retenir de se pencher de nouveau vers elle et de lui déposer un nouveau baiser, cette fois sur les lèvres. On n'embrasse pas une autre fille sur les lèvres ; même une grande sœur ; surtout une grande sœur !
Ce soir-là, avant de s'endormir, elle se récapitula les évènements qui avaient animé sa journée. Elle avait tout lieu de se féliciter de la manière dont s'étaient passés les cours. Pour l'instant tout se passait bien. Elle suivait et participait sans problème. Elle était passionnée par ce qu'elle découvrait même si certaines bases pouvaient paraître plutôt rébarbatives à acquérir à la plupart des gens.
Ensuite, son travail en binôme avec Claire avait déjà commencé à donner les résultats espérés. Elles étaient toutes les deux parfaitement complémentaires : Margaux apportait son aptitude à assimiler rapidement aussi bien les nouvelles connaissances que les raisonnements et à les restituer immédiatement tandis que Claire apportait sa capacité à ordonner les connaissances déjà acquises et á en restituer la synthèse aussi bien que le contenu avec une aisance déconcertante. Elles avaient par ailleurs déjà entrepris de dresser une première liste de livres à acquérir que Claire allait rapidement commander par l'intermédiaire de ses parents médecins.
Ne pas être obligée de gagner l'argent nécessaire à l'achat de livres allait lui simplifier considérablement la vie et constituait un énorme plus quant à ses chances de réussite. Les économies sur le temps et le coût de trajet ainsi que sur celui des repas seraient les bienvenues. Elle pouvait même espérer se payer un abonnement à la piscine. Il faudrait qu'elle se renseigne. D'ailleurs, Claire avait sûrement des informations là-dessus.
C'était à son sujet que Margaux se posait le plus de questions. L'amitié voire même l'affection que Claire lui avait si rapidement témoignées étaient déjà étonnantes. Certes, elle avait l'habitude de séduire les gens avec son minois de jolie poupée, mais cela restait somme toute assez superficiel et ensuite elle continuait à devoir ramer pour être prise au sérieux. Avec Claire, ça ne s'était pas passé du tout de cette manière. Tout s'était fait simplement, comme allant de soi et à aucun moment cette dernière ne s'était montrée condescendante.
Ce qui la perturbait le plus c'était ses propres sentiments à l'égard de son amie. Non seulement elle s'était attachée rapidement à cette dernière mais, de plus, et elle ne s'expliquait pas pourquoi, celle-ci déclenchait souvent chez elle une émotion qu'elle n'avait jamais ressentie auparavant. Elle s'était surprise deux ou trois fois à la contempler, perdant le fil de ce qu'elles étaient en train de dire. Heureusement Claire ne s'était aperçue de rien car ça aurait pu être extrêmement gênant.
Elle n'allait pas tomber amoureuse d'une autre fille, tout de même ! D'ailleurs il ne fallait pas qu'elle tombe amoureuse du tout ! Ses études passaient avant le reste. Après tout, elle avait un caractère volontaire et elle saurait se fixer suffisamment sur ses objectifs professionnels pour oublier le reste. Point barre !
Claire avait remarqué le trouble qui apparaissait de temps en temps dans le regard de Margaux lorsqu'il se portait sur elle et son hésitation avant de reprendre le fil de la discussion. Elle avait mis ça sur le compte de la fatigue. Le travail intense qu'elles faisaient le soir après les cours demandait beaucoup de concentration et Margaux, malgré toute la passion qui l'animait n'avait probablement pas la même résistance qu'elle. C'était un petit gabarit et elle se donnait à fond pendant les cours alors, forcément, le soir elle n'en pouvait plus. Elle allait avoir besoin de son aide, de son soutien.
Elle avait aussi remarqué l'hésitation de la blondinette lorsqu'elle s'était penchée sur elle pour lui faire un petit bisou sur la joue. Elle avait eu l'impression qu'elle allait lui en faire un second, mais cette fois sur les lèvres. Elle n'en avait pas été choquée mais plutôt effrayée car si cela s'était produit, elle ne savait pas comment elle aurait réagi et maintenant, au moment de s'endormir, elle ne le savait toujours pas. Pourvu qu'elle ne recommence pas ! … … ou au contraire, peut être ? …
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