00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
Couverture de Coeur fragmenté, par Semyaza
Couverture de Coeur fragmenté, par Semyaza
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Coeur fragmenté — Chapitre 4

30 minutes
5.9k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Semyaza
Semyaza
Histoires publiées
33
Abonnés
44
J'aime cumulés
3.4k

Coeur fragmenté

Chapitre 4

CHAPITRE 4 : Joyeux anniversaire, Emma !  
                          
                    Par un samedi pluvieux de début novembre, Emma se réveilla de morne humeur. Un détail la titillait. Elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Elle ingurgita par automatisme un de ses mauvais cafés en poudre, et fixa son gobelet vide du regard, tentant d'analyser son mal-être du jour et sa cause. Elle posa machinalement les yeux sur l'écran de son téléphone. Tout s'éclaira soudain : la date ! On était le 2 novembre. C'était son anniversaire. Ça lui était complètement sorti de l'esprit. Ça n'avait jamais été un jour particulièrement festif, pour elle, même lorsqu'elle était enfant. Comme elle n'avait jamais vraiment d'amis, elle n'avait jamais organisé de super fêtes avec des dizaines de convives. Et ses parents, ma foi... Les trois quarts du temps, ils n'étaient pas présents. D'ailleurs, même aujourd'hui, ils n'avaient même pas pensé à lui envoyer un petit message. Il était encore tôt, certes, mais elle ne se faisait guère d'illusion. Parfois, elle se demandait pourquoi ils lui avaient donné le jour. Ils avaient toujours été de parfaits inconnus pour elle, et elle pour eux. Ce jour serait non seulement des plus ordinaires, mais en plus, elle avait peu de chance de le passer à l'extérieur, à visiter quelque lieu, comme elle l'avait initialement prévu. La pluie était revenue et cela ne la tentait pas vraiment de partir à l'aventure pour finir trempée.
Ce qui lui aurait fait plaisir, ça aurait été un petit message dans lequel Laure lui enverrait ses pensées pour marquer le coup. Rien que cela. Ça, ç'aurait été chouette. Mais rien. En y réfléchissant, ce n'était pas étonnant. Elles n'avaient jamais discuté de leurs dates de naissance. Il n'y avait donc aucune raison pour qu'elles pensent à leurs anniversaires respectifs. Elles n'avaient même pas convenu d'un projet commun pour la journée. Dépitée, elle décida de mettre de la musique en attendant de trouver comment occuper la journée : « Solitude » de Black Sabbath, c'était parfaitement adapté. Elle trouvait la lancinante mélancolie qui sourdait de toutes parts de cette chanson tout à fait adaptée à son humeur.
« My name it means nothing, my fortune is less. My future is shrouded in dark wilderness... »
Elle rumina son spleen pendant une demi-heure, se demandant ce qu'elle pourrait bien faire. Proposer quelque chose à Laure ? En général, quand elles convenaient d'un rendez-vous, elles s'y prenait au moins la veille. Peut-être allait-elle la déranger dans... Ça y est ! Elle recommençait à cogiter pour rien. Ce n'était pas en restant plantée là, à s'enliser dans les tréfonds de ses propres pensées que ça allait arranger quoi que ce soit. Elle décida de l'appeler. Après tout pourquoi lui refuserait-elle sa présence ? Elle ne l'avait jamais fait jusqu'à présent. Il n'y avait pas de raison que ça commence pile le jour où elle avait vraiment envie de la voir. La confiance en elle c'était ce qui lui manquait. Il fallait qu'elle y remédie, d'une manière ou d'une autre, et ça commençait maintenant : elle prit son courage à deux mains au sens figuré et son téléphone au sens propre. Il sonna un instant, puis une voix enjouée, à l'autre bout, lui répondit.
— Allô ? Ici l'étudiante la plus fascinante et charismatique de la fac, mais aussi la plus modeste, que puis-je faire pour vous ?
— Salut, Laure ! Je te dérange ?
 
— A peu près autant que d'habitude, c'est à dire absolument pas.
 
— Je voulais te demander... Tu fais quelque chose de spécial, aujourd'hui ?
  
— Bin.. Là, je suis chez mon père, un créateur de génie, puisqu'il m'a créée, moi.
 
— Ah...
 
— Comment ça «Ah... » ? Y a un souci ? Demanda-t-elle. Elle avait très clairement décelé la déception dans la voix d'Emma.
  
— Non, non, aucun... C'est juste que... Bah.. Laisse tomber, c'est pas grave. Excuse-moi de t'avoir dérangé, je savais pas que tu étais occupée.
 
— Hé ! Pas si vite ! Laisse tomber quoi au juste ? Je commence à te connaître. Je sens qu'il y a un truc.
 
Elle hésita un instant.
— C'est que.... Bon, en fait, c'est mon anniversaire. Tu vas pas me croire, mais j'avais complètement oublié. Je voulais juste te proposer qu'on marque le coup, mais je savais pas que tu étais chez ton père, je voulais pas te déranger. De toute façon, c'est pas important, je vais...
 
— QUOI ?
 
Le hurlement de Laure à l'autre bout du fil lui avait vrillé le tympan.
— Aïe! Doucement !
  
— Pourquoi tu me l'as pas dit, que c'était ton anniv' ?
  
— Euh... j'avais oublié.
 
— Oublié ? Comment on peut oublier un truc pareil ? S'enquit Laure, perplexe.
 
— Je le fête jamais... C'est juste un jour comme les autres. Mais je m'étais dit que peut-être, si tu avais été là... Mais c'est pas grave. On se voit lundi ?
 
— Certainement pas ! Aboya-t-elle. On se voit – elle s'interrompit pour réfléchir un instant, baragouina quelque chose d'inaudible, probablement à l'attention de quelqu'un d'autre- Je suis chez toi vers 16h, ça marche ?
  
— Mais... ? Je croyais que tu étais chez ton père.
 
— Je le suis. Mais je vais pas te laisser dépérir toute seule un jour pareil. Je règle deux ou trois trucs et j'arrive. Sois chez toi pour 16 h. je peux pas avant.
 
— Mais...
  
— 16h30 dernier carat !
 
Elle raccrocha, laissant Emma abasourdie. Si la météo continuait de se dégrader progressivement, son moral remontait, non sans toutefois, une pointe d'embarras. Elle était heureuse que son amie vienne la rejoindre, mais à la fois extrêmement gênée qu'elle annule ses projets en cours juste pour ça. Elle avait la déplaisante sensation d'avoir fait involontairement preuve d'un genre de chantage affectif. Elle passa les heures suivantes à essayer de se débarrasser de ce léger sentiment de culpabilité pour se focaliser sur la bonté d'âme de sa super-héroïne qui, encore une fois, volait à sa rescousse.
Il était 16h20 lorsque une petite voiture fatiguée se gara dans la rue, sous sa fenêtre. Un instant plus tard, elle entendit sonner à sa porte. Elle se précipita pour ouvrir. Laure qui se tenait là, tout sourire, se mit à chanter « joyeux anniversaire » dans le couloir. Elle lui sauta au cou pour la remercier puis la fit entrer. Elle lui prit son manteau mouillé par la pluie, l'accrocha dans l'entrée et passa les dix minutes suivantes à s'assurer qu'elle ne l'avait pas fait venir à contrecœur, ou interrompue dans quelque chose d'important, que son père ne lui en voudrait pas qu'elle l'ait laissé tomber, que...
— Tu vas la fermer, à un moment, oui ? Puisque je te dis que tout va bien, la coupa Laure en riant.
 
Enfin rassurée, son attention se porta sur l'énorme sac que traînait son amie. Elle le pointa du doigt.
— Seigneur! Qu'est-ce que c'est que ça ? Tu viens emménager ici ou quoi ?
 
— T'occupe pas de ça pour l'instant ! Sors-nous plutôt deux gobelets, deux assiettes, et des couverts, s'il te plaît.
 
— Bon...
 
Sans rechigner ni trop chercher à comprendre, Emma fouilla dans ses placards et en extirpa ce qu'on lui avait demandé. Lorsqu'elle se retourna pour poser le tout sur la table, elle resta bouche bée :
une petite bouteille de champagne était apparue de nulle part, ainsi qu'un gâteau surmonté d'une bougie que Laure s'escrimait à allumer à l'aide d'un briquet.
-  Joyeux anniversaire, ma p'tite puce !
Elle n'en revenait pas.
— Tu as fait tout ça pour moi ?
 
— Une pâtisserie sur le chemin a quand même grandement aidé.
 
— J'ai l'impression de pas mériter tout ça...
 
— T'as raison, tiens. Je remballe tout et je m'en vais. Allez salut, ironisa-t-elle en débouchant tant bien que mal la petite bouteille dans un « pop » sonore.
Elle remplit les deux gobelets à ras bord.
Emma en avait le cœur qui battait la chamade d'émotion. Elles trinquèrent.
— C'est... C'est juste incroyable. Je te remercierai jamais assez !
 
— Ça te fait combien, du coup ? Demanda-t-elle en éludant les remerciements.
 
— Dix-huit.
 
— C'est bien ce qu'il me semblait, mais j'étais pas sûre. Si tu célèbres pas ton passage officiel à la majorité, qu'est-ce que tu célébreras dans ta vie ? Allez, souffle !
Emma obéit et souffla la bougie, sous les applaudissements ravis de Laure qui entreprit ensuite de découper le gâteau et d'en servir deux parts généreuses. Elles le dégustèrent tout en discutant. Emma le trouva délicieux. Il y avait des fruits rouges, de la crème d'amandes et d'autres ingrédients qu'elle ne sut identifier. D'ailleurs, à cet instant, elle aurait trouvé n'importe quoi délicieux. Elle flottait sur un petit nuage et rien n'aurait pu ternir le bonheur de l'instant.
Après avoir mangé et bu, Laure se contorsionna en arrière pour fouiller dans son grand sac. Elle en sortit une énorme boite qu'elle posa sur la table en annonçant :
— Quitte à me répéter, joyeux anniversaire, p'tite puce !
 
— Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? Demanda Emma, ébahie.
 
— Bin, ton cadeau, pardi !
 
— Mon.... ?
 
Elle ne put finir sa phrase. Submergée par l'émotion, elle porta ses deux mains à sa bouche, dans un élan de stupeur totale.
— Oui, c'est un genre de convention sociale, tu savais pas ? On offre des cadeaux aux gens dont c'est l'anniversaire, il paraît. Allez, ouvre ! Tu tomberas dans les pommes plus tard.
Elle s'exécuta. De toute façon, elle était trop émue pour articuler le moindre mot. Elle déchira le papier cadeau multicolore qui recouvrait un large carton dans lequel se trouvait une cafetière.
Elle parvint à bafouiller :
— C'est... C'est pour moi ?
 
— Non, pour le voisin. Mais comme il était pas là, t'as qu'à la garder.
 
— Mais... Pourquoi tu m'as... Tu t'es... Enfin...
 
— Parce que j'en peux plus de ton café en poudre dégueulasse.
 
— T'es vraiment...
 
Elle ne sut même pas ce qu'elle voulait dire. Des larmes d'émotion lui montèrent aux yeux. Personne n'avait jamais fait montre d'autant de prévenance à son égard. Elle se jeta de nouveau au cou de Laure en luttant pour retenir ses sanglots.
— Merci ! Merci ! Merci ! Tu es... Tu es la meilleure !- Elle lui fit un bisou sur la joue droite – La plus gentille ! -Un bisou- La plus forte ! - Un bisou- La plus belle ! -Un bisou- La plus... La plus...
 
A court d'inspiration, elle se contenta de serrer son amie dans ses bras du plus fort qu'elle put.
— Tu sais, tu peux encore continuer cette litanie de compliments pendant une heure ou deux, si tu veux. Ça me dérange pas du tout.
Laure repoussa doucement Emma. Avec délicatesse, elle posa ses deux mains de part et d'autre de son visage et avec ses pouces, essuya tendrement les larmes qui perlaient.
— Je voulais pas te faire pleurer, moi. Tu vas finir par me faire culpabiliser.
 
— Désolée. C'est l'émotion. Je m'attendais tellement pas à tout ça, renifla-t-elle, tentant de se redonner une contenance.
 
— Alors, accroche-toi, parce que c'est pas fini, annonça Laure.
 
Elle se pencha de nouveau sur son grand sac pour en tirer un second paquet. Elle le posa sur la table à côté du premier et précisa :
— De la part de mon papa.
 
Emma était au bord de l'évanouissement.
— Ton... Mais... Pourquoi ton papa me fait des cadeaux, enfin ? Il sait même pas qui je suis.
 
— C'est pas tout à fait exact. Vu que j'arrête pas de lui parler de toi, il commence à savoir un peu qui tu es.
 
— D'accord, mais de là à me faire un cadeau...
 
— Je lui ai montré une photo. Je crois qu'il te trouve mignonne. A mon avis il a envie de sortir avec toi. Ce serait chouette, tu deviendrais ma belle-mère.
 
Elle éclata de rire. Son hilarité redoubla en voyant les jolies pommettes d'Emma virer au rouge. Réalisant à quel point elle était mal à l'aise, elle la rassura immédiatement.
— Je rigole, oh ! En vérité, je crois qu'il est tellement content que je me sois enfin fait une amie... Il n'y croyait plus, le pauvre... qu'il a tenu à te remercier de perdre ton temps avec moi.
 
— C'est bien des choses, sauf une perte de temps, murmura Emma.
 
— Tu ouvres ?
 
Elle se lança à nouveau dans une entreprise de déchirage de papier, qui révéla une petite boîte en carton sans aucune indication.
Avant qu'elle attaque l'ouverture du contenant, Laure la mit en garde.
— Attention ! C'est fragile.
 
Elle ouvrit précautionneusement le carton. Il était rempli de papier journal qui servait à protéger le contenu de chocs éventuels. Elle le retira. Dessous se trouvaient six tasses à café en porcelaine aux couleurs pastel bordées de liserés dorés et les six soucoupes assorties les accompagnaient.
— C'est magnifique. Je ne sais même plus quoi dire. J'ai pas assez de vocabulaire pour exprimer ma gratitude.
 
— Alors, reprends donc une part de gâteau !
 
Elles rejouèrent un moment de la fourchette, se resservant un peu de champagne au passage pour faire descendre le tout. Emma avait bien du mal à reprendre ses esprits. Elle arrivait à peine à croire qu'elle était éveillée.
— Bon, maintenant que tu es équipée, tu nous ferais pas un petit caoua ?
 
— Euh... C'est à dire... Comme j'avais pas prévu de me retrouver équipée, comme tu dis, j'ai pas vraiment songé à acheter de café.
 
— Abracadabra !
Laure passa sa main dans son sac et en sortit le dernier objet : un simple paquet de café qu'elle jeta négligemment sur la table.
Emma secoua la tête incrédule. Elle était vraiment incroyable. Elle pensait à tout. Elle installa la cafetière avec l'aide de son amie, et la mit en fonction pour la première fois. Pendant que leur premier café passait, elles se rassirent à table. Son regard se posa sur la boîte qui contenait les tasses et les soucoupes. Peut-être était-ce ses nerfs qui avaient été mis à rude épreuve au cours de cette journée, elle partit dans un fou-rire inextinguible.
Les grands yeux verts la regardèrent interloqués.
— Qu'est-ce qui te fait rire ?
 
— C'est juste...-Elle riait tellement qu'elle avait du mal à parler – Il y a six tasses. Je ne connais même pas autant de personnes dans toute ma vie.
 
— Tu veux qu'on invite Lucia et l'autre gars ? Ça en fera toujours deux de plus.
 
Emma redoubla d'hilarité et Laure fut emportée avec elle dans le tourbillon de rire incontrôlable qui dura au moins dix bonnes minutes sans interruption. Chacune alimentant celui de l'autre. Quand elles réussirent à se calmer, leur café était prêt. Elles le burent doucement, en parlant peu. Elles étaient vidées. La rousse se redressa soudain, comme si un détail capital venait de lui revenir en mémoire.
— Au fait, Laure, il faut que tu appelles ton père.
 
— Ah ? Pourquoi ?
 
— La moindre des choses, c'est que je le remercie, lui aussi.
 
— Si tu insistes...
 
Elle attrapa son portable, et lança l'appel.
 
Assis dans le canapé en cuir de son salon, Richard Lamarne se délassait dans son canapé, parcourant les dernière nouvelles du monde, pendant que sa platine vinyle faisait tourner une réédition de « Lust For Life » d'Iggy Pop. Un de ses rares week-ends de congés lui permettait de se détendre après une longue semaine emplie du stress d'avoir à courir dans tous les sens pour assurer le bon déroulement des partenariats commerciaux de son entreprise. C'était un homme soigné, plutôt beau, mais avec une ombre dans le regard qui lui donnait quasiment en permanence un air soucieux. A 52 ans, il était une contradiction ambulante. Il avait toujours rêvé d'une famille heureuse qui évoluerait autour de lui. Résultat, à peine sa femme bien-aimée lui avait-elle donnée une fille magnifique, qu'un cancer foudroyant l'avait emportée. Elle avait à peine 30 ans. En un peu moins de vingt ans, Il n'avait jamais eu ni le temps, ni le cœur à refaire sa vie. Bien des fois, il s'était convaincu qu'elle ne méritait pas d'être vécue. Puis, son regard se posait sur le minuscule petit être aux yeux verts à qui il avait donné le jour, et il se persuadait qu'il était toute sa raison d'être, qu'il ferait tout pour lui. Il avait éduqué sa fille seul, s'arrangeant pour être présent le plus possible pour elle. Pourtant, il avait été souvent absent. Son travail le forçant à s'éloigner. Jamais très loin, jamais très longtemps, mais souvent. Il avait fait ce qu'il avait pu pour concilier les deux. Il avait tout de même pu voir sa fille grandir.
D'une adorable petite fille, elle se transformait doucement en une gracieuse jeune femme. Elle faisait sa fierté de père. Son inquiétude, également. Bien sûr, tout parent s'inquiète au passage de sa progéniture à l'adolescence, réalisant que l'enfant qu'elle était laissait progressivement place à l'adulte qu'elle serait. Il avait conscience que c'était une appréhension bien normale pour tout père, mais il savait aussi que sa Laure avait quelque chose de différent des autres adolescents de son âge. Son esprit ne s'était pas développé à la même vitesse que son corps, et cela l'avait beaucoup troublé. Pas qu'elle ait eu un retard intellectuel, non. En classe, elle était plutôt bonne élève, et il ne pouvait que se réjouir de ses résultats. C'était plus sa personnalité qui était restée celle d'un enfant. Comme si la fillette de six ans qu'elle avait été était retenue prisonnière dans le corps d'une jeune fille. Il avait tenté comme il avait pu de la guider vers un comportement plus approprié à quelqu'un de son âge, mais il avait échoué. Un manque de fermeté, peut-être. Il n'avait jamais voulu brusquer sa fille. Ce n'était pas dans son caractère. Finalement, elle avait fini par abandonner la fillette en elle. Il aurait dû s'en réjouir, mais non. Ça avait été le début des emmerdes. Ça avait été trop brutal, trop inattendu. Ça avait balayé Laure comme une lame de fond. Il avait bien cru qu'elle ne s'en remettrait pas. Il avait bien cru qu'il ne s'en remettrait pas. C'était il y a combien de temps ? Cinq ans, maintenant ? Cinq ans de souffrance pour elle, et pour lui, par ricochet. Mais elle commençait à se reprendre doucement.
Son entrée en fac lui avait été bénéfique. Un changement de cadre, un changement d'entourage, un changement de mode de vie. Il avait même été tellement étonné quand elle lui avait parlé de sa nouvelle amie. A force, il en était arrivé à croire que c'était une chose inenvisageable. Avec ce ton facétieux qui courait dans la famille, il l'avait gentiment taquinée :
— T'as des amis, toi, maintenant ?
Il s'était cru drôle, mais le regard noir que lui avait lancé sa fille avait bien vite effacé son sourire en coin.
 
— Pourquoi ? J'ai pas le droit ? Avait-elle craché avec une rare agressivité.
 
Il avait soupiré, l'avait prise tendrement dans ses bras, avait déposé un baiser sur son front et murmuré d'un ton qui se voulait réconfortant :
— Si, ma chérie, tu as le droit. Tu as même plus le droit que quiconque.
Ce mini-incident vite clos, Laure avait babillé sans fin à propos de cette Emma qui était si formidable à tous points de vue. Richard n'avait aucune idée de ce qu'apprenait sa fille dans ses études, mais il savait désormais tout sur une fille qu'il n'avait jamais vue de sa vie. Et là encore, la contradiction : il était heureux de voir sa fille recommencer à sourire, de la savoir avec une amie avec laquelle elle s'entendait bien et pouvait partager des choses. Pourtant, dans un recoin de son esprit, il ne pouvait s'empêcher de craindre le pire. Et si cette Emma n'était pas une fille aussi recommandable qu'elle en avait l'air de prime abord ? Si pour une raison ou pour une autre, ça tournait au vinaigre entre elle et Laure ? Si cela se produisait, il était sûr d'une chose : cette fois, sa fille ne s'en relèverait pas. Quoiqu'il en soit pour le moment, tout allait bien. Elle avait l'air d'être sûre d'elle et en règle générale, il fallait admettre que même si elle n'était certes pas infaillible, elle jugeait plutôt pas mal les gens.
Ce matin, lorsque le téléphone avait sonné et que sa fille avait répondu, il avait saisi des bribes de la conversation. Cette fille avait l'air aussi seule que Laure. C'était son anniversaire, apparemment, et elle n'avait personne avec qui le fêter. Elle avait espéré... Pas demandé... Seulement espéré que Laure puisse lui tenir compagnie pour la circonstance. Sa fille s'était bien évidemment empressée d'accepter. Lui-même l'avait trouvée un peu touchante, cette inconnue qui n'avait pas l'air d'avoir grand monde auprès d'elle. Elle lui avait fait bonne impression. Un peu ému, il avait donné sa bénédiction à Laure pour qu'elle aille la retrouver. Les amis, ça devait servir à ça. Et c'est pas comme si elles croulaient sous le nombre. Autant maintenir les liens existants.
Lorsque Laure lui avait expliqué qu'elle comptait lui offrir une cafetière en cadeau, il avait trouvé que c'était un peu excessif comme présent pour quelqu'un qu'elle ne connaissait que depuis quelques semaines, mais elle était restée ferme, prétextant que si on ne saisissait pas les occasions pour faire plaisir à ses amis, ça ne servait à rien d'en avoir. Il n'avait pas insisté. Ça avait toujours été sa philosophie en tant que père : exprimer son opinion. Pas l'imposer. Tout en contradiction qu'il était, malgré ses petites réticences, lorsqu'ils s'étaient rendus ensemble dans un magasin d'électro-ménager pour qu'il l'aide à choisir l'objet, il n'avait pas rechigné. Mieux, il avait même fait un détour par une petite boutique d'antiquité qu'il connaissait. Là, il avait trouvé un très joli lot de tasses et de soucoupes assorties d'occasion à un prix dérisoire. Il avait proposé à Laure de les offrir à Emma de sa part, en gage de remerciement pour le bien qu'elle apportait à sa fille chérie.
Il réalisa soudain que cela faisait plusieurs minutes qu'il était plongé dans ses pensées et n'avait pas la moindre idée de ce que racontait l'article de presse qu'il était en train de lire. Pendant qu' Iggy racontait à qui voulait bien l'entendre qu'il était le Passager et qu'il contemplait les étoiles, il se leva pour chercher un rafraîchissement. Son portable vibra. C'était sa fille qui l'appelait en visio. Il coupa la chique au rockeur déjanté et décrocha. Le joli sourire de sa fille apparut sur l'écran.
— Allô, ma chérie ? Ça va ?
— Au top ! On est ivres mortes et on a retourné tout le bâtiment du sol au plafond.
 
— J'en attendais pas moins de ta part. Je suis très fier. J'espère que tu as vomi partout, railla Richard Lamarne, amusé.
 
— Bien sûr ! En fait, je t'appelle parce qu'il y a quelqu'un qui voudrait te parler.
Un beau visage au grands yeux clairs et à la peau très pâle entra dans le champ de la caméra. Il appartenait à une délicate jeune fille aux cheveux roux qui avait l'air terrorisée à l'idée de devoir s'adresser à un inconnu. Richard aurait juré qu'elle faisait tout ce qu'elle pouvait pour disparaître entièrement derrière Laure. Elle bredouilla :
— Bon... Bonjour, monsieur Lamarne.
 
Il fit de son mieux pour apparaître parfaitement inoffensif auprès de la pauvrette. Tout sourire et d'un ton dégagé, il demanda :
— Bonjour, jeune dame. Tu dois être Emma, je présume.
 
— Euh … Oui... Je tenais à vous remercier sincèrement pour le cadeau. C'est... C'est magnifique. Je suis gênée. Il ne fallait pas.
 
— Bah, c'est rien. Si ça te fait plaisir, ça me fait plaisir.
 
— J'espère que j'aurai l'occasion de vous retourner la politesse.
 
— Si tu veux me faire plaisir, contente-toi d'être gentille avec ma fille, et on sera quittes.
 
— Ça va sans dire !
 
Elle avait répondu avec un rien trop d'empressement, nota-t-il. Comme si la perspective qu'il put en être autrement eut été complètement inconcevable, voire choquante. Ses doutes concernant les intentions de cette jolie rousse étaient levés pour l'instant. Mais Richard Lamarne était un homme tout en contradiction et il en était conscient. Pour un doute levé, un autre finirait par poindre à l'orée de sa conscience, c'était sûr. D'ailleurs...
Mais présentement, la charmante Emma se hâta de sortir du champ pour se cacher derrière Laure. Cette dernière reprit le contrôle de la conversation. Ils échangèrent quelques propos anodins, se souhaitèrent une bonne soirée et ils raccrochèrent.
Le calme revint dans le studio d'Emma. Elles se remirent à papoter. Elles évitèrent soigneusement tout sujet qui aurait pu faire basculer la conversation dans le sérieux. Tout ce qui n'était pas en lien avec la bonne humeur, la détente ou la rigolade était tacitement proscrit. Le temps passa, et la nuit tomba. En fin de soirée, Emma insista pour que son amie reste à dîner. Elle fit livrer des sushi, en insistant bien sûr pour que ce soit elle qui invite. C'était non négociable. En guise de dessert, elles terminèrent ce qui restait du gâteau d'anniversaire. Enfin, pour ne pas finir sur une tonalité moins gaie que ce qu'avait été le reste de la journée, elles décidèrent de se poser dans le canapé pour regarder... Regarder quoi ? Laure avait une idée : pour que l'ambiance ne retombe pas, elle proposa le visionnage du spectacle de Stanko, un jeune humoriste qui commençait à se faire une réputation. L'idée enchanta Emma. Elles prirent leurs positions habituelles devant l'écran. Laure assise, le bras passé négligemment autour d'Emma qui était allongée, la tête reposant sur les genoux de sa super-héroïne préférée. Elles rirent sans discontinuer pendant près d'une heure.
L'atmosphère s'alourdit imperceptiblement lorsque l'humoriste quitta la scène sous les applaudissements du public. C'était terminé. Pas simplement le spectacle, mais la journée, également. Il était temps pour Laure de rentrer chez elle, et aucune des deux n'en avaient véritablement envie. La journée avait été tellement agréable. Elles auraient voulu qu'elle dure éternellement. A contrecœur, elle se leva. Elle allait se diriger vers la porte pour récupérer son manteau, lorsqu' Emma lui saisit la main au vol.
— Attends ! - Elle hésita un moment, la fixant de ses yeux suppliants, chercha ses mots et dit : - Il est tard.
 
— Oui, je sais... C'est bien pour ça que je m'en vais, figure-toi.
 
— Mais... Il fait nuit. Et il pleut. Et il fait froid. Et il y a du vent.
 
— Euh... Oui...
Pour une fois, Laure ne savait vraiment pas quoi répondre, ne comprenant pas du tout où Emma voulait en venir.
— C'est... Ça peut être dangereux, sur la route.
 
— T'en fais pas. Je serai prudente. Je fais toujours attention.
 
Elle avait parlé avec douceur. Elle sentait que sa p'tite puce, comme elle l'appelait affectueusement, cherchait à lui dire quelque chose sans y parvenir. Elle entreprit de retirer tout doucement sa main de la sienne, pour poursuivre son mouvement de déplacement, mais Emma tint bon.
— T'en va pas s'il te plaît Je veux pas que tu partes ! - Laure resta interdite. Elle ne l'avait pas vu venir celle-là. Elle tenta bien de bafouiller quelque chose pour justifier qu'il fallait qu'elle rentre chez elle, mais fut interrompue.- J'ai passé une journée merveilleuse. La plus belle de ma vie, en fait. Si tu pars, je me retrouve toute seule avec ma solitude. Après tous ces moments incroyables, ce sera trop dur. Reste cette nuit. S'il te plaît ! Tu pourras partir quand tu veux demain matin, mais pas cette nuit. Je t'en supplie. Dis oui, dis oui !
 
Laure en fut estomaquée. Depuis le temps, elle se doutait bien qu'Emma l'appréciait, mais elle venait seulement de se rendre compte à quel point. En fait, elle était ravie de son offre. Chaque moment passé ensemble, c'était toujours du bonheur, alors pourquoi s'en priver ? Par principe, elle joua tout de même à faire semblant de réfléchir.
— Hum... Je sais pas... Je pourrais accepter, c'est sûr, mais il y aurait une condition, pour ça.
 
— Laquelle ? Demanda Emma, un peu inquiète.
 
— J'accepte uniquement si tu me fais ton « sourire spécial ».
 
— Mon quoi ?
 
— Ce sourire que tu fais parfois, avec la tête inclinée. Ça te rend irrésistible. Si tu me le faisais, là, tout de suite, je pourrais sûrement pas lutter.
 
« Irrésistible » ? Rien que ça. Elle rougit légèrement face au compliment, mais s'exécuta néanmoins, en battant des cils, parodiant un regard exagérément séducteur. Laure lui sourit en retour.
— Je suis vaincue. Je ne peux plus rien te refuser. Si t'as besoin d'autre chose... De l'argent, une voiture, une villa sur la Côte d'Azur... Tu sais ce qu'il te reste à faire.
 
— Contente-toi de rester. Ça vaut plus que tout ça réuni, à mes yeux.
— J'ai quand même le droit de descendre jusqu'à ma voiture pour récupérer mes affaires ?
 
— Accordé !
 
Laure s'éclipsa un instant, le temps d'aller chercher ses effets personnels. Elles déplièrent le canapé, puis s'enfermèrent tout à tour dans la salle de bains afin de se préparer pour la nuit. Une fois prêtes, elles s'assirent en tailleur, face à face sur le lit et reprirent leurs discussions sans se préoccuper du reste du monde, jusques tard dans la nuit. Au bout d'un moment, leur phrases se firent plus courtes. Plus espacées. Le sommeil commença à prendre le dessus. Elles se glissèrent alors sous les draps.
Emma se recroquevilla sur le côté, tournant le dos à son amie, comme si elle tentait – en admettant que ce soit possible- de prendre encore moins de place. Dans un geste que Laure trouva étonnamment enfantin et terriblement attendrissant, le minuscule petit chaton qui était en boule à côté d'elle lui saisit le bras, le passa autour de ses épaules, puis lui prit la main avec les deux siennes, la gardant serrée contre elle. Avant d'oublier, Laure demanda :
— Dis, au fait, tu me diras quand tu veux que je parte. Je voudrais pas m'imposer, non plus.
 
— Mmmh... P'têt' dans vingt ou trente ans, marmonna Emma d'une voix déjà embrumée par le sommeil qui l'emportait.
Lorsqu' Emma se réveilla, le jour était déjà levé depuis bien longtemps. Elle se sentait reposée, pleine d'une énergie nouvelle pour entamer la journée qui s'annonçait. Elle avait si bien dormi. Elle se rendit compte qu'elle avait un peu froid. Elle eut la mauvaise surprise de constater qu'elle était seule dans son lit. Où donc était passée Laure ? Dans la salle de bains, peut-être ?
— Laure ? T'es là ? Appela-t-elle.
 
Seul le silence lui répondit. Elle était partie. Elle se sentit un peu déçue. Elle avait espéré qu'elle lui dirait au moins au revoir avant de partir. Résignée, elle se redressa sur son lit. Elle réalisa soudain qu'elle s'était trompée. Son amie ne devait pas être bien loin. Son sac avec ses effets personnels était toujours là, ainsi que son manteau accroché dans l'entrée. Où était-elle donc passée ? Son regard fut alors attiré par un papier plié, posé sur la table basse. Son nom était écrit en majuscules. Elle le prit, le déplia, et lut :
« Si tu lis ceci, c'est que tu es réveillée et que tu es toute seule. Te fais pas de fausse joie, je ne suis pas encore partie. Je devrais réapparaître dans quelques minutes. (Smiley qui sourit en faisant un clin d'œil)»
Elle se décida que plutôt que de se perdre en conjectures, elle ferait aussi bien de se rendre utile. Elle mit de la musique. «She Talks To Rainbows » de Ronnie Spector - Elle n'avait jamais entendu parler d'elle, mais cette chanson qu'elle avait découvert par hasard lui plaisait beaucoup.-
« She's a little lost girl in her own little world. I'd like to help her, I'd like to try.»
 Tout en chantonnant -faux-, elle prépara le café qui leur servirait de petit déjeuner.
Il y eut un grattement à la porte et Laure apparut, radieuse, comme à son habitude.
— Bien dormi, la marmotte ?
 
— Oui, mais... T'étais passée où ?
 
— Chercher le p'tit déj', annonça-t-elle triomphante en montrant le sachet en papier qu'elle tenait dans sa main. Je savais pas ce que tu préférais. J'ai pris pain à la chocolatine pour tout le monde, ça ira ?
Emma secoua la tête incrédule. Elle était vraiment pas croyable, cette fille !
Elles dévorèrent leur petit-déjeuner dans le calme. La matinée était déjà bien entamée lorsque Laure se décida :
— Bon, j'emménagerais volontiers chez toi. Mais il va quand même falloir que je songe à visiter mon propre domicile un jour où l'autre. Alors, cette fois, j'y vais pour de vrai. Je te remercie tout plein pour ton hospitalité, et on se revoit très vite d'accord ?
 
— C'est moi qui te remercie. T'as illuminé mon week-end à un point que tu imagines même pas. Je te revaudrai ça, tu peux me croire. Je sais pas encore ni quand, ni comment, mais je te suis redevable à vie.
 
— Pfff... Tu parles !
 
Laure enfila son manteau puis attrapa son sac. Emma se jeta dans ses bras et la serra longuement contre elle. Elle se confondit encore en remerciements et compliments de toutes sortes. Après avoir été obligée de promettre qu'elle lui enverrait un message une fois bien arrivée à destination, elle put enfin retourner à sa voiture. Du moment où elle avait refermé la porte du studio au nom de « Van Loew » jusqu'à bien longtemps après être rentrée chez elle – Et avoir envoyé un message à Emma pour lui assurer que tout allait bien-, elle ne s'était pas départie de cette bonne humeur qui semblait figée en elle. Le bonheur qu'elle avait lu dans les yeux de son amie avait suffi à la rendre heureuse, elle aussi. Emma était belle, intelligente, s'émerveillait d'un rien. C'était toujours gratifiant de se trouver en sa compagnie. Elle aimait la voir sourire. Et elle aimait jouer le rôle de sa protectrice. Sa « super-héroïne personnelle», comme elle l'appelait. Elle aimait bien se voir ainsi à travers ses yeux. Cela lui donnait un genre de raison d'être...
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 5 · Fin d'année
30 minutes
6.4k
114
12
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer les 10 commentaires
Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
23 août 2025 à 15:46
L'histoire (et la relation entre Emma et Laure) avance par petites touches, toujours aussi délicates et pleines de douceur. C'est un vrai plaisir à lire, une bonne bouffée d'optimisme... du moins tant qu'on ne connaît pas encore le sombre secret de Laure...
Soyez respectueux
Répondre
Voyou
23 août 2025 à 15:36
J'adore ce genre d'histoire très bien écrite qui nous plonge dans la délicatesse, la sensibilité, l'attente émotionnelle ... tout ça caché derrière l'humour et parfois les larmes. Manque quand même un bisou à la fin. Bien sûr nous attendons la suite ... légèrement moins sage ;)
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Iznogood
Iznogood
23 août 2025 à 00:45
J'aime beaucoup ces histoires tendres, douces, empreintes des sentiments et des actions du quotidien : humaines tout simplement. 🙂
On ressent bien plus de choses sur la durée qu'en 2000 mots de crac-boum-hue ! (qui peuvent avoir du style aussi mais c'est différent 😋).
Bref ! C'est adorable et l'opposition des caractères est l'occasion de réparties savoureuses. 🙂
L'érotisme est dans l'attente et la suggestion.
On continue, d'accord ? 😊
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Docsevere
Docsevere
22 août 2025 à 23:59
J'ai adoré, c'est mignon comme tout
Et j'aime beaucoup le style, nature et fluide. Surtout le style de Laure, ironique et détaché (j'ai un peu l'impression d'entendre mon fils...:))
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
22 août 2025 à 22:03
Toujours aussi plaisant à lire.

Je dois bien avouer que je me demande pourquoi une histoire telle que celle-ci sur un site comme XS ? Mais en fait c’est rafraîchissant.
Merci encore
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ Semyaza Inseme XSTORY
Inseme
Chapitre 7
Par Semyaza
73
12
2.1k
Lesbiennes
✦ Semyaza Inseme XSTORY
Inseme
Chapitre 10
Par Semyaza
126
16
2.1k
Lesbiennes
✦ Semyaza Inseme XSTORY
Inseme
Chapitre 4
Par Semyaza
66
2
2.7k
Lesbiennes
✦ HamsterJoe Histoire d'amour imaginaire dans une ville perdue. XSTORY
Histoire d'amour imaginaire dans une ville perdue.
Chapitre 1
Par HamsterJoe
3
0
4k
Hétéro
✦ Semyaza Inseme XSTORY
Inseme
Chapitre 1
Par Semyaza
72
6
8.2k
Lesbiennes
✦ Semyaza Inseme XSTORY
Inseme
Chapitre 9
Par Semyaza
81
13
2k
Lesbiennes
✦ Semyaza Inseme XSTORY
Inseme
Chapitre 5
Par Semyaza
78
6
2.2k
Lesbiennes
✦ unzeste85 Si jolie XSTORY
Si jolie
Chapitre 9
Par unzeste85
204
9
6.3k
Lesbiennes
✦ Anthynéa Six jours dans la vie d'une femme XSTORY
Six jours dans la vie d'une femme
Chapitre 7
Par Anthynéa
78
3
4k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio