Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
INTUITIVE — Chapitre 11
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
INTUITIVE
Chapitre 11
‘
TEL EST PRIS …
Paulo fourra de force Mario dans sa voiture avant de repartir en direction de La Valette puis de l'arrière-pays toulonnais suivi à distance par la voiture de Camille. Ils roulèrent vers le nord jusqu'à Méounes et obliquèrent en direction de Signes avant d'aborder un chemin de terre dont l'état nécessitait une conduite prudente car il était parsemé de nids de poule. Rémi craignait par ailleurs d'éveiller les soupçons des occupants du véhicule qu'ils suivaient car s'il y avait encore un peu de circulation sur la route allant de Méounes à Signes, le chemin de terre était désert. Il fut donc obligé de se laisser distancer en se fiant uniquement à la poussière soulevée par le passage du véhicule poursuivi. Rémi commençait à se dire que si ça continuait la suspension de la petite voiture n'allait pas tarder à rendre l'âme quand ils aperçurent le véhicule poursuivi arrêté sur le bord du chemin. Rémi pila et la voiture de Camille s'arrêta à son tour après avoir fait une légère embardée.
Paulo fourra de force Mario dans sa voiture avant de repartir en direction de La Valette puis de l'arrière-pays toulonnais suivi à distance par la voiture de Camille. Ils roulèrent vers le nord jusqu'à Méounes et obliquèrent en direction de Signes avant d'aborder un chemin de terre dont l'état nécessitait une conduite prudente car il était parsemé de nids de poule. Rémi craignait par ailleurs d'éveiller les soupçons des occupants du véhicule qu'ils suivaient car s'il y avait encore un peu de circulation sur la route allant de Méounes à Signes, le chemin de terre était désert. Il fut donc obligé de se laisser distancer en se fiant uniquement à la poussière soulevée par le passage du véhicule poursuivi. Rémi commençait à se dire que si ça continuait la suspension de la petite voiture n'allait pas tarder à rendre l'âme quand ils aperçurent le véhicule poursuivi arrêté sur le bord du chemin. Rémi pila et la voiture de Camille s'arrêta à son tour après avoir fait une légère embardée.
L'endroit était silencieux, seulement animé par le souffle d'un léger vent et le chant de quelques cigales. Les deux hommes qu'ils avaient entrepris de poursuivre devaient avoir poursuivi à pied et ils étaient donc proches de leur destination finale.
Camille descendit prestement de la voiture et commença à chercher un passage à travers les buissons qui bordaient le chemin. Elle ne cherchait même pas à se cacher. Rémi lui en fit la remarque.
— Essaye d'être un peu plus discrète, ma chérie. Ce n'est pas le moment de se faire repérer. Je ne sais pas pour l'oncle de Manon mais je n'ai guère envie de me frotter à son compère si nous sommes découverts. Le mieux serait que tu me laisse chercher. Dès Que j'aurai trouvé par ou il nous faut passer, je te ferai signe et tu me rejoindras.
Camille retourna sagement s'asseoir sur le siège passager pendant que Rémi examinait les lieux. Il parcourut quelques dizaine de mètres sur le chemin en essayant d'avancer le plus discrètement possible puis lui fit signe de le rejoindre. Une trouée dans les buissons permettait de découvrir l'arrière d'une maison isolée au bord d'un vaste champ. Ils n'étaient guère séparés de la maison de plus d'une cinquantaine de mètres. Rémi s'était tapis derrière un rocher et lui fit signe d'en faire autant. Ils examinèrent les lieux. A cette distance ils ne leur était pas facile de voir grand-chose, d'autant plus que l'entrée de la maison se trouvait probablement de l'autre côté de la bâtisse. Il allait falloir qu'ils prennent tous les risques en parcourant le plus discrètement et le plus rapidement possible l'espace de cinquante mètres qui les séparait de leur objectif.
Il valait mieux ne pas trop réfléchir avant de s'élancer car c'était le meilleur moyen de ne rien faire et c'était probablement la seule fois qu'ils auraient l'occasion de délivrer Manon si tant était qu'elle fût prisonnière dans cette maison. Rémi était sur le point d'essayer de convaincre Camille de lui laisser traverser le premier les cinquante mètres qu'ils devaient parcourir quand elle le surprit en sprintant sans lui demander son avis ,penchée en avant et en allant littéralement s'écraser contre le mur à côté d'un petit vasistas. Il ne lui restait plus qu'à l'imiter et bientôt ils se retrouvèrent tous les deux contre le mur à côté du vasistas. Il allait maintenant falloir, si possible, faire le tour de la maison à quatre pattes voire en rampant afin de se rendre compte du nombre et de la disposition des pièces et d'établir un plan d'action en conséquence. C'était du moins l'opinion de Camille qui avait décidé que c'était la meilleure chose à faire.
Rémi n'était pas du même avis. Il se rendait bien compte qu'ils avaient déjà pris un risque insensé en traversant en courant l'espace séparant la maison et le rocher derrière lequel ils s'étaient cachés et que le mieux était encore que l'un des deux retourne à la voiture récupérer le téléphone dans la boîte à gant pour appeler la police. Mais Camille ne voulait rien savoir et comptait sur l'effet de surprise pour s'emparer des armes de leurs adversaires et se rendre maîtres des lieux. Ensuite seulement, ils pourraient téléphoner tranquillement à la police. Ils commencèrent à se chamailler, chacun en essayant de convaincre l'autre du bienfondé de son raisonnement. Ils furent brutalement interrompus par un exclamation de surprise suivie d'un ricanement.
— Oh-oh ! Mais qui voilà ! quel bon vent vous amène mes amis ?
Paulo venait d'apparaitre derrière eux au coin de la maison et agitait négligemment un révolver. Puis il les visa de son arme d'un air menaçant.
— A genoux, les mains sur la tête !
*****
Le capitaine Casanova affichait un air maussade. Le temps passait et l'enquête sur la disparition de la petite Manon n'avançait guère. Ils en savaient un peu plus sur la façon dont s'y étaient pris les hommes qui selon toute probabilité l'avaient enlevée mais ils ne savaient pas pour autant qui était responsable de l'enlèvement.
Leur attention avait été attirée par quatre voitures incendiées aux quatre coins du département. Ce qui les avait frappé, c'était que les quatre étaient blanches et toutes du même modèle et qu'elles avaient été incendiées dans les deux jours suivant le rapt et à peu près à la même distance de Toulon. Par acquis de conscience ils avaient essayé de vérifier si de tels véhicules n'avaient pas été aperçus aux environs du rapt au moment du forfait et des témoins leur avaient rapporté que les rues avaient été barrées pour des travaux dont personne n'avait eu connaissance. L'information était intéressante mais ne les avançait guère. Ce n'était pas ça qui leur permettrait de savoir qui avait enlevé la petite fille et ce qu'elle était devenue.
Il était dans le bureau du Commissaire Le Garrec pour une nième réunion qui lui faisait perdre un temps fou mais Le Garrec était lui-même harcelé par le préfet qui attendait des résultats concrets dans les plus brefs délais. Ils furent interrompus par le capitaine Marquis fort excité dont un des informateurs venait de fournir une information qui pouvait se révéler des plus précieuses : L'oncle de Manon était connu dans les milieux du jeux pour être un flambeur qui se faisait régulièrement plumer dans des parties de poker. Cette information fit immédiatement passer l'oncle de Manon de la liste des témoins à celle des suspects. Casanova quitta précipitamment le bureau du commissaire et sonna le branlebas de combat. Il ne s'agissait plus de savoir si le nouveau suspect avait ou non un alibi mais quelles étaient ses fréquentations dans les milieu du jeu. C'était là qu'on pouvait espérer trouver les responsables, actifs ou non, de l'enlèvement .
*****
Loin de tout ce tumulte, Tob témoignait sa joie en remuant la queue et en aboyant d'excitation. Il avait déjà commencé à fureter partout à la recherche d'une proie. C'était le jour de la chasse au lapin. Elle allait durer jusqu'au soir et ils rentreraient avec une dizaine de bêtes. Martin, lui aussi était content. Il adorait la chasse au lapin. Elle lui permettait d'arpenter le pays avec Tob, ce qu'ils aimaient énormément tous les deux. Il aimait son compagnon à quatre pattes, mais ses occupations l'emmenaient souvent à des endroits où il ne pouvait s'en faire accompagner. Tob ne manquait pas de protester bruyamment quand il partait en le laissant seul avec Mine. Mine, la chatte n'avait pas ce genre de problèmes. La chasse, elle la pratiquait toute seule dans les fourrés qui encerclaient la petite maison. Le reste du temps elle se prélassait au soleil devant celle-ci.
Quand le froid arrivait, elle préférait l'unique fauteuil près de la cheminée, consentant toutefois à le partager le soir avec Martin, se contentant alors de ses genoux, tandis que Tob, couché aux pieds de son maitre, dormait en poussant à l'occasion de petits gémissements lorsqu'il était en train de rêver, gémissements accompagnés en général de l'agitation frénétique d'une de ses pattes arrières.
La petite maison qu'habitait Martin était une ancienne bergerie isolée près du Vallon du Rayol, à quelques kilomètres à l'ouest de Montrieux le Vieux. Il y vivait seul avec ses deux compagnons à quatre pattes, ce qui lui valait le surnom de Martin l'ermite auprès des habitants des quelques villages environnants de Belgentier à Signes. En entendant ce surnom, on aurait pu penser que Martin était un sauvage vivant en reclus dans sa maison isolée, mais ce n'était pas du tout le cas. En dehors du fait qu'il vivait seul, c'était quelqu'un de très sociable apprécié de la plupart des gens. Il lui arrivait même d'inviter Corentin, le futur gendre du capitaine Casanova à passer un week-end de chasse avec lui, notamment à l'occasion des battues destinées à diminuer les effectifs des sangliers qui pullulaient dans le coin.
Il allait rarement à Toulon car il supportait difficilement le bruit et la foule qui régnaient en maîtres dans la cité varoise. Les rares fois où il s'y rendait, c'était pour décharger son trop plein de sève au cour d'ébats torrides sur la moquette du bureau de Maître Martinot, l'avocate qui l'avait défendu deux ans auparavant.
— Allez Tob ! cherche, cherche !
— Allez Tob ! cherche, cherche !
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