Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
INTUITIVE — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
INTUITIVE
Chapitre 1
REMI
Rémi dévala en sifflotant l'escalier qui conduisait au hall d'accueil avant de se diriger vers la sortie en esquissant un pas de danse. Il remarqua bientôt que les gens autour de lui le regardaient bizarrement et réalisa soudain qu'il était en tenue militaire de même que la plupart des autre personnes présentes. Il s'arrêta un peu penaud. Il est vrai que son attitude n'était pas très digne compte tenu de l'endroit. En fait, elle n'était digne nulle part. Il imagina l'effet que ça aurait fait sur les passants s'il avait dansé en sifflotant en pleine rue dans cette tenue. En imaginant la scène et la tête des passants, il manqua éclater de rire. Il réussit néanmoins à conserver un visage impassible et sortit en répondant règlementairement au salut du planton qui gardait l'entrée de l'hôpital militaire Sainte Anne de Toulon.
S'il était si joyeux, c'était en partie à cause du check-up complet qu'il avait subi ce jour-là. Tous les résultats étaient dans le vert, que ce soit la vue, l'ouïe, la dentition aussi bien que le cœur, les articulations et les muscles. Toutefois, ces résultats qui n'étaient pas inattendus étaient seulement la cerise sur le gâteau. Le gâteau c'étaient les deux bonnes nouvelles qu'il avait reçues ce matin-là à savoir sa promotion au troisième échelon du corps des ingénieurs de l'armement et sa mutation dans un service à terre à la base navale de Toulon.
Bien sûr, un poste à terre n'était pas aussi prestigieux qu'un poste sur le Charles De Gaulle mais il venait de passer quatre années de sa vie sur le porte-avions nucléaire et il trouvait que c'était bien assez. Le travail sur un porte-avions était très intéressant mais pas la vie. Il avait vécu pendant quatre ans dans une atmosphère confinée et les grandes ballades en pleine nature dans l'arrière-pays toulonnais lui manquaient terriblement. Le côté positif était qu'il avait amassé de substantielles économies en ne dépensant qu'une infime partie de sa solde. Mais maintenant, il était temps d'en profiter un peu.
Il était d'autant plus satisfait qu'il allait rester au moins quatre années à Toulon avant de risquer d'être muté à Brest ou, pire, à Paris. Toulon c'était là où habitaient ses parents et où il avait passé toute sa jeunesse. Sylvie, sa sœur jumelle à laquelle il était très attaché, habitait maintenant avec son mari à Marseille, ce qui était la porte à côté. Bref, il allait retrouver la chaleur des relations familiales… Que du bonheur !
Il se dirigea vers sa voiture, garée à quelques centaines de mètres en réfléchissant à son avenir immédiat. Il disposait de peu de temps avant que sa mutation soit effective et il fallait qu'il se trouve rapidement un logement. Bien sûr, ses parents lui proposeraient de loger quelques temps chez eux, mais il n'y tenait pas. Il chamboulerait leurs habitudes et ne serait pas libre de ses horaires et de son organisation. Le mieux serait de louer un studio où un T2 meublé. Il ne devrait pas avoir trop de mal à en trouver car les fréquentes mutations depuis ou vers Toulon faisaient qu'un certain nombre de logements se passaient de l'un à l'autre au gré de chaque mutation. Quelques agences étaient même spécialisées dans ce genre de transaction et le bouche à oreille suppléait éventuellement un service du personnel parfois défaillant.
Il décida de téléphoner tout de suite à ses parents et à sa sœur Sylvie pour leur annonce la bonne nouvelle. Il s'installa d'abord dans sa voiture afin de ne pas être gêné par les bruits de la circulation puis téléphona à ses parents. Bien entendu, ces derniers se montrèrent ravis de savoir qu'ils allaient le voir régulièrement. Quand il était à l'X ils le voyaient un peu à l'occasion des vacances mais ces quatre dernières années, ils avaient dû se contenter de quelques coups de téléphone et de rares lettres
. Lorsque Rémi raccrocha, il était, naturellement, heureux de leur réaction mais un peu frustré quand même : lorsqu'il leur avait dit qu'il allait devoir se trouver rapidement un logement, ils avaient immédiatement changé de sujet sans lui proposer de l'héberger en attendant qu'il trouve à se loger. Manifestement, ils ne voulaient pas faire une proposition qu'il risquait d'accepter. Il aurait préféré qu'ils lui proposent de l'héberger et que ce soit lui qui refuse.
Il téléphona ensuite à sa sœur qui accueillit la nouvelle avec enthousiasme.
— Super ! On va pouvoir se voir souvent maintenant. Tu sais que tu m'as manqué ?
— Tu as quand même un mari et un bébé pour te tenir compagnie.
— Bien sûr, grand bêta ! ils me rendent tous les deux très heureuse mais ça ne m'empêche pas d'être super contente de te voir plus souvent.
— C'est vrai que tu m'as manqué toi aussi.
— Au fait, tu connais la nouvelle ? Les parents t'en ont peut-être parlé ?
— Parlé de quoi ?
— On va devenir propriétaires. On emménage fin Mai. Le temps de nous installer et nous pensons pendre la crémaillère fin Juin. Tu en seras, j'espère ?
— Normalement oui. Si je ne suis pas de service, bien sûr.
— Alors ? Tu vas te chercher un logement à Toulon ?
— Dès demain.
— Papa et maman vont te loger en attendant ?
— Ils se sont bien gardés de me le proposer. J'aurais refusé mais ça m'a fait quand-même quelque chose qu'ils ne le fassent pas.
— Qu'est-ce que tu veux, ils se sont habitués à vivre seuls et n'ont pas trop envie de voir chambouler leur vie quotidienne.
— Je sais bien, ne t'en fais pas ! Bon ! Je te laisse. Il faut que je retourne à bord. Amitiés à André et gros bisous à bébé Thaïs.
— Bisous à toi aussi. Je t'aime. Salut !
— Tu as quand même un mari et un bébé pour te tenir compagnie.
— Bien sûr, grand bêta ! ils me rendent tous les deux très heureuse mais ça ne m'empêche pas d'être super contente de te voir plus souvent.
— C'est vrai que tu m'as manqué toi aussi.
— Au fait, tu connais la nouvelle ? Les parents t'en ont peut-être parlé ?
— Parlé de quoi ?
— On va devenir propriétaires. On emménage fin Mai. Le temps de nous installer et nous pensons pendre la crémaillère fin Juin. Tu en seras, j'espère ?
— Normalement oui. Si je ne suis pas de service, bien sûr.
— Alors ? Tu vas te chercher un logement à Toulon ?
— Dès demain.
— Papa et maman vont te loger en attendant ?
— Ils se sont bien gardés de me le proposer. J'aurais refusé mais ça m'a fait quand-même quelque chose qu'ils ne le fassent pas.
— Qu'est-ce que tu veux, ils se sont habitués à vivre seuls et n'ont pas trop envie de voir chambouler leur vie quotidienne.
— Je sais bien, ne t'en fais pas ! Bon ! Je te laisse. Il faut que je retourne à bord. Amitiés à André et gros bisous à bébé Thaïs.
— Bisous à toi aussi. Je t'aime. Salut !
Il raccrocha pensivement. La réaction de Sylvie contrastait de manière frappante avec celle de ses parents. Ça n'était pas nouveau d'ailleurs. Ces derniers étaient de bons parents. Ils s'étaient très bien occupés d'eux pendant toute leur jeunesse, les avaient poussés à faire de longues études et s'étaient montrés très soucieux de leur épanouissement. Rémi leur en était extrêmement reconnaissant. Il s'était longtemps senti coupable de ne pas être totalement satisfait de la vie qu'il menait avant de comprendre d'où venait sa frustration : Ses parents étaient avant tout des gens consciencieux qui les avaient élevés comme on doit le faire ; comme c'est écrit dans les livres. Ils n'avaient jamais donné l'impression de réagir ou d'agir avec leurs tripes. En fait, ils donnaient surtout l'impression de se suffire l'un à l'autre.
Le résultat de tout cela était que la famille était constituée de deux blocs bien distincts : Le premier était constitué par les parents et le second comportait juste les enfants. Les parents s'occupaient avec bonté des enfants et ces derniers se comportaient en enfants modèles. Mais les parents conservaient pour eux-mêmes les grands élans de l'amour et les enfants cherchaient avant tout chez l'autre la tendresse dont leur cœur avait besoin.
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Commentaires ()
J'aime bien et je vais lire la suite
Mumu