Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
INTUITIVE — Chapitre 12
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
INTUITIVE
Chapitre 12
GRANDES MANOEUVRES !
Camille et Rémi, effrayés et penauds se hâtèrent d'obtempérer et se retrouvèrent à genoux el les mains sagement posées sur le sommet du crâne. Rémi regrettait d'avoir cédé à son épouse et de l'avoir suivie dans cette folle aventure. Ils auraient mieux fait d'aller directement voir la police au lieu d'aller se jeter dans la gueule du loup. En plus, ils n'étaient même pas certains d'être à l'endroit où la petite Manon était retenue prisonnière. Camille, quant à elle, passée la surprise et malgré la crainte que suscitait le pistolet qui les menaçait avait commencé à réfléchir. Elle était certaine que Manon se trouvait dans cette bicoque et comptait bien la libérer et s'enfuir avec elle et Rémi. Mais pour ça, il lui fallait prendre connaissance de la topographie des lieux ainsi que de la liste des occupants de la maison et la fonction de chacun et surtout trouver l'endroit où Manon était confinée et le moyen de la libérer.
Elle décida donc de faire profil bas et de se contenter pour l'instant de glaner un maximum d'informations sur les lieux et sur leurs occupants. Une chose était certaine : leur arrivée impromptue, bien qu'apparemment catastrophique dans son déroulement allait perturber le bon fonctionnement de l'ensemble et obliger les personnes chargées de garder Manon à revoir leur organisation. Bien sûr leur position était fragile et leur sort n'était pas assuré, mais ils étaient sur les lieux où ils devaient être et en mesure d'agir si l'occasion s'en présentait. Paulo, après les avoir fouillés, récupérant au passage leurs smartphones et leur papiers d'identités les fit se relever et les poussa brutalement pour les faire contourner la maison et pénétrer dans la grande pièce qui servait à la fois d'entrée et de salle de séjour. Camille en profita pour rassurer Rémi d'une petite caresse sur la main.
— Ne t'inquiètes pas ! Tout va bien.
Tout va bien ? Rémi la contempla interdit. Pour affirmer que tout allait bien il fallait une sacrée dose d'optimisme !
— Je vous amène de la compagnie ! S'exclama d'un ton triomphant Paulo. Dis-moi, Mario, il me semble reconnaître la bourgeoise. Tu sais qui c'est ?
— Je crois qu'elle travaille dans l'école de Manon. En tout cas elles ont l'air de se connaître.
— Bon !Vous allez me conserver tout ce petit monde au chaud. Pour le moment je ne peux pas m'occuper d'eux mais je repasse demain après-midi pour qu'ils m'expliquent ce qu'ils foutaient ici et pourquoi ils nous espionnaient.
La gardienne protesta.
— Ça fait trois personnes de plus que prévu et trois adultes en plus. Comment je fais pour les caser.
— Tu auras qu'à filer la banquette de l'entrée au père la bedaine. Les deux autres tiendront compagnie à la gamine. Ils dormiront par terre ( Paulo ricana) en attendant de dormir dessous. Mario, toi tu restes ici. Je te charge de surveiller les prisonniers et de veiller sur Marie tandis que Léo sera chargé dorénavant d'aller chercher du ravitaillement et de surveiller les environs.
Camille poussa un petit soupir de satisfaction. Elle ne s'était pas trompée ; Manon était bien détenue dans cette maison. Elle allait même partager la prison de la petite fille ce qui allait faciliter les choses. Quand elle pénétra avec Rémi dans la chambre dont la porte donnait directement dans le séjour elle trouva Manon pelotonnée sur un petit lit, le dos appuyé contre le mur. Elle avait l'air terrifiée. Quand elle vit entrer Camille, elle fondit en larmes et se jeta dans ses bras. Tout en la câlinant, Camille lui chuchota quelques mots tendres et des paroles d'encouragement.
— Ne t'en fais pas, ma chérie ; nous allons te sortir de là.
La petite fille, rassérénée se calma mais Camille crut bon de rajouter quelques recommandations.
— Si tu me vois me comporter de façon inattendue, sache que cela fera partie d'un plan. Il ne te faudra pas avoir peur mais tu pourras faire semblant.
La jeune femme avait dit ça un peu pour le cas où ce serait nécessaire mais elle ne savait pas encore ce qu'elle allait pouvoir faire. Tout ce dont elle était certaine, c'était qu'il lui fallait un plan d'action el le mettre en œuvre dès le lendemain matin. Ils ne pouvaient se permettre d'attendre l'après-midi et le retour de Paulo. Vers vingt heures Marie la gardienne vint leur apporter à manger protégée par son mari qui brandissait un pistolet. Lorsque la nuit vint chacun fut emmené au toilettes, toujours sous bonne garde puis ils se couchèrent, Manon sur le lit et les deux adultes par terre sur un simple plaid et un deuxième pour se protéger du froid. Finalement, à la demande de Manon Camille la rejoignit sur le petit lit et Manon s'endormit pelotonnée contre elle. Camille réfléchit sur ce dont elle pouvait tirer parti pour organiser leur fuite. Lorsqu'elle s'endormit à son tour, quelques idées avaient commencé à naitre dans son cerveau imaginatif.
Le lendemain matin, Camille se réveilla et commença immédiatement à apostropher Rémi, lui reprochant de l'avoir entrainée dans une aventure. Lorsqu'elle entendit Léo le gardien sortit pour aller faire des courses, elle haussa le ton et finit par hurler en traitant de tout les noms Rémi stupéfait ce qui déclencha une crise de larmes chez Manon. Alerté par le charivari qui régnait dans la petite chambre Mario cogna sur la porte en criant à son tour.
— C'est pas un peu fini là derrière ? On n'entend que vous. J'aimerais pouvoir déjeuner en paix.
— J'en ai rien à foutre, moi de vos histoires ! J'ai pas demandé à être ici avec ce con. Et puis d'abord j'ai besoin d'aller aux toilettes et il faut que je me lave la vulve et le reste. Figurez-vous que je vais avoir mes règles. Tout le monde s'en fout mais en attendant, je vais en mettre partout.
— Bon, d'accord !Mais ne cherchez pas à en profiter. Il n'y a pas que Léo qui soit armé.
Mario la laissa sortir et elle le remercia d'un air pincé.
— Vous avez mis le temps, mais merci quand même. Moi, ce mec, il y a des jours !
Elle alla s'enfermer dans la salle de bains en bougonnant puis elle se mit à râler contre tout, le savon qui lavait mal, le gant de toilette qui était rêche, l'eau trop chaude ou pas assez. Rien n'allait. Mario commençait à rigoler tout en continuant à déjeuner. Elle faisait le spectacle à elle seule. Elle sortit enfin, l'air tout aussi revêche que quand elle était entrée avec à la main sa culotte.
— Vous n'avez rien pour laver ça ? J'ai transpiré dans mon sous-tif toute une journée et j'ai eu des fuites dans ma culotte.
Puis brusquement elle prit un air lugubre.
— Ça y est ! j'en étais sûre ! j'ai mes règles qui commencent ! oh, bordel ! qu'est-ce que ça fait mal ! Rigolez pas ! une fois sur deux je tombe dans les pommes. Malaise de j'sais pas quoi qu'ils disent.
Elle se mit à zigzaguer en titubant vers la table où se trouvaient Mario et son petit-déjeuner.
— je crois que je vais vomir.
Mario se leva précipitamment mais Camille était déjà sur lui et elle lui fracassa son bol de café au lait sur le crâne. On entendit à la fois le son de la faïence brisée et le craquement d'un os du crâne. Mario s'effondra inanimé en renversant sa chaise tandis que Camille s'emparait du pistolet dont elle menaça Marie la gardienne qui la regardait ahurie.
— Ouvre la porte de la chambre ! vite !
Complètement dépassée par les évènements Marie ouvrit en tremblant la porte de la chambre. Camille la poussa devant elle sous le regard ébahi de Rémi. Ce dernier se remit néanmoins rapidement et déchira le drap du lit pour en faire des liens avec lesquels il ligota soigneusement la gardienne qui se laissa faire passivement. Manon se jeta dans les bras de Camille. Cette dernière lui fit un petit câlin mais elle la repoussa doucement.
— Il nous faut nous dépêcher de nous en aller. On ne sait pas quand le gardien va revenir.
Rémi qui avait commencé à farfouiller partout objecta.
— Il faut qu'on trouve un téléphone pour prévenir la police mais je n'ai pas réussi à en trouver un.
— Tant pis ! on trouvera bien un village. On file ! j'espère qu'ils n'ont pas touché à ma voiture.
Ils coururent rejoindre la petite voiture qui était restée bien sagement garée à l'endroit où ils l'avaient laissée la veille, les clefs dans la minuscule boite à gants. Rémi se mit au volant tandis que Camille et la petite fille s'assirent l'une contre l'autre à l'arrière. Camille avait perdu toute sa superbe et subissait le contre-coup de l'exploit qu'elle avait réalisé. Elle n'était pas quelqu'un de violent et avait dû forcer sa nature pour jouer la comédie et agresser physiquement Mario l'oncle de Manon. Cette dernière n'avait pas réagi sur le coup en voyant le corp de ce dernier gisant au milieu d'une mare de café au lait et de débris de faïence mais elle aussi allait être marquée par tout ce qu'elle avait vécu depuis son enlèvement. Quand à Camille, elle se demandait si elle avait tué l'homme. Elle n'avait pas eu le réflexe de vérifier s'il vivait encore et devrait attendre l'intervention des secours pour le savoir.
Rémi démarra en trombe mais dut vite se calmer. Le chemin était aussi défoncé que la veille et ils fut obligé de zigzaguer avec précautions pour éviter les fondrières ou au moins pour les aborder lentement. Inconsciente des difficultés que rencontrait leur chauffeur, Manon regardait Camille avec adoration.
— J'étais sûre que c'était toi qui allait venir me délivrer. Je l'avais rêvé.
Elle s'était mise à tutoyer Camille et il lui serait difficile de revenir au vouvoiement. Elle se serra contre elle et lui demanda.
— C'était qui le monsieur qui était par terre ?
— Je ne sais pas, mentit Camille. Un complice sûrement.
— C'est toi qui lui as tapé sur la tête ?
— Oui, mais j'espère que je n'ai pas tapé trop fort. Tu sais, parfois on n'a pas le temps de réfléchir alors on fait ce qu'on peut. Je voulais seulement lui prendre son arme pour qu'il ne nous empêche pas de nous enfuir.
— En tout cas tu es drôlement courageuse. Ton mari aussi mais lui c'est normal ; c'est un monsieur.
Rémi avait de plus en plus de mal à éviter les trous de plus en plus nombreux et profonds qui barraient parfois complètement le passage. Quand il se mettait à pleuvoir, ce chemin devait se transformer en torrent. Il craignait une catastrophe et malheureusement celle-ci se arriva. Il avait rencontré un trou peut-être trop profond, il roulait peut-être trop vite et la suspension était peut-être en bout de course mais un grand bruit retentit et la voiture après une violente embardée se coucha sur le côté dans le trou. Les trois passagers s'extirpèrent difficilement de la petite voiture et Rémi l'examina rapidement. Elle n'avait plus de suspension et le châssis était tordu. De toute façon, deux adultes et un enfant, même en unissant leurs efforts n'avaient aucune chance de la sortir du trou dans lequel elle était bloquée. Elle était destinée à rester sur place et à devenir un tas de ferraille dont même un ferrailleur ne voudrait pas.
— Désolé, observa le jeune homme. Il va nous falloir continuer à pied. Heureusement, nos éventuels poursuivants devront faire la même chose.
Ils marchèrent ainsi une vingtaine de minutes sur le bord du chemin mais l'avance était lente et difficile car il leur fallait éviter de se tordre un pied dans une des nombreuses fondrières qui se présentaient toutes les dizaines de mètres. A la fin, trouvant un petit sentier qui partait sur la droite, ils décidèrent de l'emprunter. Ce sentier, trop étroit pour le passage d'un véhicule, avait l'avantage d'être à peu près plat. D'autre part ils étaient déjà complètement perdus et ce petit chemin en valait bien un autre. Ils purent avancer plus rapidement, Rémi ouvrant la marche et Camille tenant par la main Manon qui commençait à trainer la jambe. Rémi essayait de les encourager Paulo et le gardien devaient certainement avoir entrepris de les poursuivre et ils laissaient certainement des traces de leur passage que les deux malfrats risquaient fort de remarquer.
A la fin, il essaya de porter carrément de porter la petite sur ses épaules mais il était évident qu'il ne tiendrait pas très longtemps à ce rythme. Ce fut donc avec soulagement qu'ils finirent par déboucher dans une clairière au milieu de laquelle trônait une petite maison.
Le spectacle était un peu bizarre. Une maison à l'aspect neuf au milieu de nulle part, là où on se serait plutôt attendu à une vieille bergerie en ruine. En plus elle était minuscule. Ils s'approchèrent avec circonspection car ils se demandaient à quel sauvage ils risquaient de se confronter. Tandis que Camille et Manon se tenaient prudemment à distance, Rémi pénétra sous la petite véranda qui protégeait l'entrée de la bicoque blanche et sous laquelle étaient rangés des bottes, quelques seaux, un arrosoir et des outils de jardin. Il frappa à la porte et déclencha seulement quelques jappements. Il attendit avant de recommencer à frapper à la porte mais obtint le même résultat. Les jappements ne semblant pas agressifs, il se risqua donc à essayer d'ouvrir la porte et constata qu'elle n'était pas fermée. Il ne devait pas y avoir grand-chose à voler. Il entra dans une pièce réunissant les fonctions de séjour et de cuisine.
Une porte laissée ouverte laissait apercevoir une chambre minuscule dont la presque totalité de la surface était occupée par un lit étroit. C'était à n'en pas douter une maison de célibataire. Le responsable des jappement était de race indéterminée et remuait la queue avec enthousiasme en guise de bienvenue. Une chatte vautrée sur une banquette lui adressa un regard indifférent avant de continuer sa sieste. Rassuré, il farfouilla un peu partout en espérant trouver de quoi se défendre avant de faire signe à ses deux compagnes de le rejoindre. Il y avait peu de chances pour que Paulo et le gardien Léo aient trouvé le petit sentier qu'ils avaient emprunté et il avait de quoi se défendre le cas échéant car il avait le pistolet que Camille avait récupéré et dans un coin du séjour il avait trouvé un fusil de chasse posé dans l'angle du mur ou se trouvait la banquette . Dans le tiroir d'un petit guéridon il y avait une boite contenant quelques munitions.
Il n'y avait plus qu'à espérer que l'occupant légitime de la maison finirait par se montrer car ils n'avaient pas la moindre idée de l'endroit où ils se trouvaient et s'ils était armés, ils ne disposaient d'aucun moyen de communication étant donné qu'ils s'étaient enfuis sans avoir eu le loisir de récupérer leurs smartphones.
Manon était épuisée. La petite fille avait été très courageuse mais la série d'évènements auxquels elle avait été confrontée avaient eu raison de sa résistance. Camille elle-même n'était pas flambante. Elle trouva néanmoins le courage de l'aider à se déshabiller et la coucha sur le lit de la petite cellule qui tenait lieu de chambre puis elle ferma doucement la porte. Elle s'assit sur la banquette et poussa un soupir de soulagement avant de s'étirer longuement.
— Avec tout ça, je n'ai pas eu le temps d remettre ma culotte.
Elle fouilla ans la manche de son blouson et en retira sa culotte avant de la brandir sous le nez de Rémi.
— Tu crois qu'il faut que je la remette ? ça commence à sentir.
Rémi prit la culotte et la huma avec délice.
— Peut-être pas tout de suite. Ça sent trop bon !
Il s'agenouilla devant elle et lui écarta les cuisses. Elle protesta faiblement.
— Attention ! tu vas réveiller la petite !
— C'est toi qui risques de la réveiller si je me souviens bien ; moi j'aurai la bouche pleine. Toi, tu as ta culotte si tu ne peux pas résister. Il contempla la vulve entourée d'une petite touffe de fines boucles noires. J'adore quand tu en laisse un peu !
Il lui passa la langue sur l'intérieur des cuisses comme quand on lèche une boule de glace. Elle commença à frétiller de plaisir puis lorsqu'il abandonna les cuisses pour enfouir sa langue et son nez au milieu du buisson noir déjà humide, elle roula sa culotte en boule et la mit dans sa bouche. Quand il commença à sucer le petit crayon rose qui montait la garde à l'entrée du vagin, elle fut obligée de rajouter sa main au bâillon qu'elle avait improvisé avec sa culotte pour étouffer les grognements sonores qui restèrent sagement au fond de sa gorge.
La séance se prolongea une bonne dizaine de minutes mais fut interrompue par un bruit de voix venant de l'extérieur. Rémi se précipita à la petite fenêtre qui donnait sur la véranda juste à côté de la porte tandis que Camille remettait prestement son sous-vêtement et courait rejoindre Manon dans la chambre . Il reconnut tout de suite Paulo et le gardien Léo qui avaient manifestement retrouvé leur trace et s'interrogeaient sur la présence éventuelle dans la maison des fuyards qu'ils comptaient bien rattraper. Rémi espérait que pour éviter de se faire remarquer ils allaient passer sans s'arrêter mais ses espoirs furent déçus et le couple se dirigea fermement vers la véranda dans l'intention de fouiller les lieux. Il allait devoir se défendre. Il ouvrit la fenêtre et épaula le fusil qu'il avait récupéré.
— Passez votre chemin ! La police ne va pas tarder.
Pour faire bonne mesure, il tira un coup de feu au-dessus de leurs têtes. Les deux bandits détalèrent et allèrent se tapir derrière un buisson situé à une trentaine de mètres.
*****
Martin était d'une humeur massacrante. Il revenait de Belgentier après avoir essayé de fourguer le produit de sa chasse au boucher qui n'en avait pas voulu. Et pour couronner le tout, il y avait eu cette nuit là plusieurs gros orages qui avaient transformé le chemin qu'il empruntait habituellement en un véritable fleuve de boue, l'obligeant à abandonner sa voiture et à patauger dans la gadoue pendant plus d'un kilomètre. Quatre lapins et deux bartavelles. Qu'est ce qu'il allait pouvoir en faire ? Il n'avait plus de place dans le congélo. Et merde ! Putain de boucher ! Il fut interrompu dans ses réflexions par le bruit d'une détonation. Bravo ! il ne manquait plus que ça. Des chasseurs qui se croyaient tout permis et qui venaient tirer sur les palombes jusque devant sa porte. Quand il arriva à la petite clairière qui entourait sa maison il tomba sur deux pékins tapis derrière un buisson .
Ils observaient un troisième pékin qui lui était carrément entré et regardait à la fenêtre avec à la main le fusil qu'il lui avait piqué. Ils allaient vite arrêter de jouer aux petits soldats ! Il poussa un véritable beuglement.
— Qu'est ce que vous foutez là ! Vous n'êtes pas chez vous !
Les deux pékins firent un véritable bond en l'air et se tournèrent vers lui mais au lieu de s'excuser il braquèrent sur lui les pistolets qu'ils tenaient à la main. Ils n'eurent pas le temps de lui tirer dessus car il détala en zigzagant et malgré la boue battit sans doute le record de vitesse sur la distance qui le séparait de sa voiture et s'empara de son mobile qu'il gardait toujours dans la boite à gants. Il composa le numéro du commissariat de Toulon et hurla dans l'appareil pour obtenir le capitaine Casanova.
Le capitaine Casanova était moyennement satisfait de l'avancement de l'enquête sur l'enlèvement de la petite Manon. Un certain nombre de témoins semblaient s'être volatilisés et il ne croyait pas au hasard. Il avait obtenu la localisation des téléphones mobiles des disparus et constaté que deux d'entre eux, ceux de la professeur de mathématiques et de l'oncle de Manon convergeaient vers le même endroit avant de disparaitre des radars. Ils avaient été éteints ou détruits mais au milieu de nulle part, un endroit sauvage et loin de tout. Il allait falloir fouiller par là-bas mais la surface était grande et l'accès n'était pas facile. Il en était à ce point de ses réflexions lorsque retentit la sonnerie stridente de son téléphone. C'était le standard.
— Oui ?
— Capitaine, il y a une espèce de sauvage qui menace de venir vous chercher par la peau des fesses ( c'est lui qui le dit) après avoir fait sauter le commissariat si vous n'envoyez pas immédiatement la cavalerie.
— Il a un nom votre sauvage ?
— Ce n'est pas mon sauvage. Il s'appelle Martin.
— Passez le moi. Martin ? J'espère que tu as de bonnes raisons de me déranger. J'ai une gamine qui a été enlevée et, crois-moi, je n'ai pas le temps de m'amuser.
— Moi non-plus, je ne m'amuse pas ! ici c'est Fort Alamo en réduction. J'ai au moins deux mexicains cachés derrière un buisson et qui tirent sur tout ce qui bouge ; et un texan qui a squatté ma maison et qui guette à la fenêtre avec un fusil.
— Ils t'ont tiré dessus ?
— Non mais ils ont failli et j'ai entendu la détonation d'un fusil avant d'arriver. Je crois que c'était mon squatteur et mon fusil. Alors, tu as intérêt à te radiner avant qu'il y ait des morts.
— Je vais voir ce que je peux faire.
Le temps passa et Rémi avait le plus grand mal à supporter la tension qui régnait désormais. Il avait envi de sortir en hurlant et de régler le problème une fois pour toutes. La seule chose qui le retenait était qu'il avait charge d'âmes. Leurs vies à tous les trois tenait à un fil et il en tenait une des extrémités. Il se contentait donc d'observer les taillis derrière lesquels se cachaient les deux malfrats en se promettant toute fois de canarder le premier qui se montrerait. Soudain, au bout d'une demi-heure d'attente une voix retentit.
— Police ! déposez vos armes et levez les mains !
Trois gendarmes en provenance de Belgentier avaient rejoint les lieux et menaçaient les deux malfrats. Jugeant la partie perdue Paulo obtempéra tandis que Léo le gardien prenait se jambes à son cou… et tombait sur une dizaine de policier que Le Capitaine Casanova avait envoyés en renfort. Restait à régler le problème de l'homme posté à la fenêtre avec un fusil. Martin se dirigea donc vers la petite maison et s'adressa à ce dernier.
— Je vous signale que vous êtes dans ma maison avec mon chien, ma chatte et mon fusil. Ça vous arrive souvent de vous introduire chez les gens sans y avoir été invités ?
— Non mais c'était un cas de force majeur et je vous présente mes excuses et mes remerciements. Je vais sortir sans armes. Ne tirez pas. Il y a une femme et une petite fille avec moi.
— Quelle petite fille ?
— Manon , la gamine qui avait été enlevée et que grâce à mon épouse et à la justesse de ses intuitions nous avons réussi à retrouver et à aider à s'enfuir.
— A vous entendre, votre épouse est quelqu'un d'exceptionnel.
— Elle l'est et c'est moi qu'elle a choisi pour l'accompagner.
— Elle l'est et c'est moi qu'elle a choisi pour l'accompagner.
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