Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
INTUITIVE — Chapitre 6
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
INTUITIVE
Chapitre 6
LA SOIREE
Camille contemplait Rémi qui finissait de se préparer. Ça faisait à peine une quinzaine de jours qu'ils étaient ensemble et elle n'avait jamais imaginé qu'en si peu de temps elle se serait tellement attachée à lui. Son intuition ne l'avait pas trompée. Elle n'aurait pu rêver d'un compagnon qui lui convienne aussi bien. Il était adorable avec elle et elle était tout simplement folle de lui.
Rémi capta son regard et lui sourit en rougissant légèrement. Il avait encore du mal à réaliser pleinement son bonheur. Quand elle lui disait « je t'aime » il s'attendait toujours qu'elle ajoute « bien ». Mais elle n'avait jamais dit « je t'aime bien » ; toujours « je t'aime » tout simplement et ça faisait une énorme différence.
Camille contemplait Rémi qui finissait de se préparer. Ça faisait à peine une quinzaine de jours qu'ils étaient ensemble et elle n'avait jamais imaginé qu'en si peu de temps elle se serait tellement attachée à lui. Son intuition ne l'avait pas trompée. Elle n'aurait pu rêver d'un compagnon qui lui convienne aussi bien. Il était adorable avec elle et elle était tout simplement folle de lui.
Rémi capta son regard et lui sourit en rougissant légèrement. Il avait encore du mal à réaliser pleinement son bonheur. Quand elle lui disait « je t'aime » il s'attendait toujours qu'elle ajoute « bien ». Mais elle n'avait jamais dit « je t'aime bien » ; toujours « je t'aime » tout simplement et ça faisait une énorme différence.
— Tu as pensé aux chaises, minou ? Il ne faut pas qu'on les oublie !
— Ne t'en fais pas, ma chérie, je les ai mises dans le coffre en rentrant tout à l'heure.
— Ne t'en fais pas, ma chérie, je les ai mises dans le coffre en rentrant tout à l'heure.
Comme elle lui avait dit qu'elle voulait qu'il l'appelle dorénavant « ma chérie », il usait et abusait du terme et elle adorait ça.
— J'ai aussi pensé au champagne.
— Tu crois qu'il y en aura assez ?
— Tout de même ! Deux magnums pour dix c'est déjà bien et ils ne comptent pas dessus.
— Tu crois qu'il y en aura assez ?
— Tout de même ! Deux magnums pour dix c'est déjà bien et ils ne comptent pas dessus.
Il la contempla avec admiration. Elle portait un pantalon noir large très féminin qui lui moulait légèrement les fesses mais s'élargissait ensuite au niveau des jambes et un bustier sans bretelle assorti au pantalon et faisant ressortir la peau de pêche de ses épaules dorées par le soleil. Elle avait endossé par-dessus son bustier un blouson de cuir rouge vif. Elle était magnifique. Rémi, pour sa part, avait mis un pantalon grège avec une chemisette marron clair et un blouson marron. Le maquillage de la jeune femme se limitait à un rouge à lèvres qui n'usurpait pas son nom et était assorti au rouge vif qui ornait les ongles de ses extrémités tant supérieures qu'inférieures, ces dernières enchâssées dans des sandales de cuir ouvertes sur le devant et assorties au blouson. Une symphonie en rouge et noir du plus bel effet
— Voila ! On peut y aller.
— Alors, en route !
— Alors, en route !
*****
Sylvie et André préparaient tranquillement leur réception. Ils n'avaient pas vraiment besoin d'aide mais, comme ça faisait longtemps qu'ils n'avaient pas vu Rémi, ils voulaient en profiter pour discuter un peu avec lui. Et puis, comme Camille venait avec lui, ils pourraient faire connaissance. Elle ne les avait pas invités pour ça mais ça ne l'empêchait pas de se dire qu'ils pourraient se plaire et d'imaginer une suite heureuse à leur rencontre.
Vers dix-neuf heures, ils entendirent retentir la sonnerie de la porte d'entrée.
Vers dix-neuf heures, ils entendirent retentir la sonnerie de la porte d'entrée.
— Ça, c'est sûrement Rémi. J'espère qu'il n'a pas oublié d'aller chercher Camille. Je vais leur ouvrir.
Lorsque Sylvie ouvrit la porte d'entrée, elle écarquilla les yeux à la vue du couple. Rémi affichait un sourire béat et, pour tout dire, un peu benêt, tandis que Camille, accrochée à son bras, appuyait tendrement la tête sur son épaule. Ne sachant quelle contenance prendre, Sylvie les fit entrer et les embrassa affectueusement. Elle les regarda de nouveau quelques instants sans trop savoir quoi dire puis se décida enfin à ouvrir la bouche.
— Dites donc ! Vous êtes tous les deux super élégants !
Rémi regarda d'un air ravi sa compagne et répondit à sa sœur :
— Tu as vu comme elle est belle ?
Sylvie bafouilla un peu.
— Oui ! bien sûr ! Euh… tu n'as pas oublié les chaises ?
— Non, non, je retourne les chercher.
— Non, non, je retourne les chercher.
Camille lui demanda.
— Tu as besoin que je t'aide, minou ?
— Sûrement pas, ma chérie. Ne t'en fais pas. Je peux me débrouiller tout seul.
— Sûrement pas, ma chérie. Ne t'en fais pas. Je peux me débrouiller tout seul.
Il sortit et referma la porte derrière lui. Sylvie était complètement perdue. Camille l'obserait en souriant d'un air espiègle.
— J'ai l'impression que tu as un petit problème, ma cocotte.
— J'avoue que je suis un peu perdue. Rémi et toi…
— Rémi et moi ?
— Oui ! vous avez l'air de bien vous connaître et même…
— Et même beaucoup plus, n'est-ce pas ?
— Ben, oui ! Tu l'as appelé minou et lui, il te dit ma chérie alors que vous n'êtes pas censés vous connaître.
— En fait, nous vivons ensemble et nous allons nous marier.
— Pardon ?
— Nous nous aimons et nous allons nous marier.
— Mais, depuis quand ? Quand on s'est téléphoné il y a quinze jours, vous ne vous connaissiez pas !
— Eh oui. Mais c'était il y a déjà quinze jours.
— Mais, depuis quand vous êtes ensemble ?
— Ça fait quatorze jours.
— C'est dingue ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Attends ! Il faut qu'André entende ça.
— Et puis on va attendre que Rémi soit revenu.
— André ? Ah ! le voilà. Camille et Rémi vont se marier.
— Ils se connaissent ?
— Oui. Ça fait quinze jours. Mais on attend Rémi et ils vont nous raconter tout ça.
— J'avoue que je suis un peu perdue. Rémi et toi…
— Rémi et moi ?
— Oui ! vous avez l'air de bien vous connaître et même…
— Et même beaucoup plus, n'est-ce pas ?
— Ben, oui ! Tu l'as appelé minou et lui, il te dit ma chérie alors que vous n'êtes pas censés vous connaître.
— En fait, nous vivons ensemble et nous allons nous marier.
— Pardon ?
— Nous nous aimons et nous allons nous marier.
— Mais, depuis quand ? Quand on s'est téléphoné il y a quinze jours, vous ne vous connaissiez pas !
— Eh oui. Mais c'était il y a déjà quinze jours.
— Mais, depuis quand vous êtes ensemble ?
— Ça fait quatorze jours.
— C'est dingue ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Attends ! Il faut qu'André entende ça.
— Et puis on va attendre que Rémi soit revenu.
— André ? Ah ! le voilà. Camille et Rémi vont se marier.
— Ils se connaissent ?
— Oui. Ça fait quinze jours. Mais on attend Rémi et ils vont nous raconter tout ça.
Quelques instants plus tard, Rémi sonnait. Il avait fait deux voyages et apportait les quatre chaises et les deux magnums de champagne. Ils avaient largement le temps de finir de préparer le buffet prévu et s'installèrent d'abord dans le séjour pour bavarder.
— Alors, racontez !
— Eh bien, tout a commencé quand Rémi m'a téléphoné juste après ton coup de fil pour m'indiquer la date de la pendaison de crémaillère. Il m'a confirmé qu'il viendrait me chercher pour venir chez vous. On a un peu bavardé mais c'est tout.
— Mais pour moi, ça n'a pas été tout. J'ai été tout de suite séduit par la voix de Camille et par sa façon très chaleureuse de s'exprimer. Et du coup j'ai commencé à fantasmer sur elle et j'ai voulu la rencontrer dès le lendemain midi pour l'inviter à déjeuner et faire connaissance. Je suis allé l'attendre à la fin des cours et quand je l'ai vue, j'ai tout de suite su que c'était elle et j'en suis tombé amoureux.
— Si vous aviez vu ça. Il était planté sur le trottoir d'en face, attendant que j'aie fini de discuter avec des élèves et il ne me quittait pas des yeux. Au début, je ne comprenais pas pourquoi mais j'ai fini par réaliser qu'il te ressemblait beaucoup. J'ai compris que c'était ton frère et qu'il voulait me parler mais comme il ne bougeait pas, c'est moi qui ai traversé la rue pour le rejoindre. Alors il s'est mis à bafouiller pour finalement me dire qu'il trouvait que j'étais harmonieuse. C'est la première fois qu'on me fait un tel compliment et je dois dire que ça m'a fait rudement plaisir mais il m'a demandé si je voulais bien l'épouser et j'ai pensé qu'il devait être un peu fêlé. Heureusement, il a quand même réussi à m'expliquer qu'il avait commis un lapsus.
— Du coup, j'ai été plutôt attendrie et puis, c'était plutôt flatteur de provoquer ce genre de lapsus. Alors, je lui ai dit que je voulais bien déjeuner avec lui mais que pour le mariage il fallait que je réfléchisse.
— Eh bien, tout a commencé quand Rémi m'a téléphoné juste après ton coup de fil pour m'indiquer la date de la pendaison de crémaillère. Il m'a confirmé qu'il viendrait me chercher pour venir chez vous. On a un peu bavardé mais c'est tout.
— Mais pour moi, ça n'a pas été tout. J'ai été tout de suite séduit par la voix de Camille et par sa façon très chaleureuse de s'exprimer. Et du coup j'ai commencé à fantasmer sur elle et j'ai voulu la rencontrer dès le lendemain midi pour l'inviter à déjeuner et faire connaissance. Je suis allé l'attendre à la fin des cours et quand je l'ai vue, j'ai tout de suite su que c'était elle et j'en suis tombé amoureux.
— Si vous aviez vu ça. Il était planté sur le trottoir d'en face, attendant que j'aie fini de discuter avec des élèves et il ne me quittait pas des yeux. Au début, je ne comprenais pas pourquoi mais j'ai fini par réaliser qu'il te ressemblait beaucoup. J'ai compris que c'était ton frère et qu'il voulait me parler mais comme il ne bougeait pas, c'est moi qui ai traversé la rue pour le rejoindre. Alors il s'est mis à bafouiller pour finalement me dire qu'il trouvait que j'étais harmonieuse. C'est la première fois qu'on me fait un tel compliment et je dois dire que ça m'a fait rudement plaisir mais il m'a demandé si je voulais bien l'épouser et j'ai pensé qu'il devait être un peu fêlé. Heureusement, il a quand même réussi à m'expliquer qu'il avait commis un lapsus.
— Du coup, j'ai été plutôt attendrie et puis, c'était plutôt flatteur de provoquer ce genre de lapsus. Alors, je lui ai dit que je voulais bien déjeuner avec lui mais que pour le mariage il fallait que je réfléchisse.
André les fit tous rire en remarquant finement.
— Quand une fille dit « il faut que je réfléchisse », ça veut dire « Oui » la plupart du temps.
— Hé oui ! C'est tout l'art du pêcheur, ça : quelques petites touches pour bien appâter la bête puis un grand coup pour l'accrocher et direct dans le panier… ou à la mairie selon le cas. Remarque, c'est bien ce qui s'est passé en définitive. J'ai quand-même réfléchi, mais, sur le moment j'ai surtout voulu éviter de lui faire de la peine et je voulais que le repas se passe bien.
— Au passage, je lui ai quand même confirmé que j'étais persuadé que nous pourrions être heureux ensemble.
— Oui ! Tu m'as bel et bien fait une demande en mariage ce jour-là.
— Et alors ?
— Le soir, je me suis mise à repenser à tout ça. J'étais un peu perturbée, quand même, mais j'avais le sentiment que, quelle que soit ma réponse, il fallait que je la fasse rapidement.
— Rien ne t'empêchait de répondre que tu voulais laisser le temps passer pour voir sur quoi votre relation déboucherait.
— Oui, mais, assez curieusement, j'excluais cette possibilité de mon raisonnement. Dans mon esprit, je ne pouvais répondre que « oui » ou « non ». Mon côté matheuse sans doute. Ça compliquait naturellement les choses car je risquais dans les deux cas de regretter ma réponse. J'ai longtemps hésité jusqu'au moment où j'ai réalisé que tous les beaux raisonnements que je tenais, ne faisaient que cacher la réalité : Je n'avais qu'une envie, c'était de dire oui. Rémi avait été adorable pendant tout le temps que nous avions passé ensemble et en plus, il est tout de même super mignon. J'étais tout bêtement amoureuse de lui, moi aussi. Alors, Vendredi, je l'ai invité à dîner le soir.
— Hé oui ! C'est tout l'art du pêcheur, ça : quelques petites touches pour bien appâter la bête puis un grand coup pour l'accrocher et direct dans le panier… ou à la mairie selon le cas. Remarque, c'est bien ce qui s'est passé en définitive. J'ai quand-même réfléchi, mais, sur le moment j'ai surtout voulu éviter de lui faire de la peine et je voulais que le repas se passe bien.
— Au passage, je lui ai quand même confirmé que j'étais persuadé que nous pourrions être heureux ensemble.
— Oui ! Tu m'as bel et bien fait une demande en mariage ce jour-là.
— Et alors ?
— Le soir, je me suis mise à repenser à tout ça. J'étais un peu perturbée, quand même, mais j'avais le sentiment que, quelle que soit ma réponse, il fallait que je la fasse rapidement.
— Rien ne t'empêchait de répondre que tu voulais laisser le temps passer pour voir sur quoi votre relation déboucherait.
— Oui, mais, assez curieusement, j'excluais cette possibilité de mon raisonnement. Dans mon esprit, je ne pouvais répondre que « oui » ou « non ». Mon côté matheuse sans doute. Ça compliquait naturellement les choses car je risquais dans les deux cas de regretter ma réponse. J'ai longtemps hésité jusqu'au moment où j'ai réalisé que tous les beaux raisonnements que je tenais, ne faisaient que cacher la réalité : Je n'avais qu'une envie, c'était de dire oui. Rémi avait été adorable pendant tout le temps que nous avions passé ensemble et en plus, il est tout de même super mignon. J'étais tout bêtement amoureuse de lui, moi aussi. Alors, Vendredi, je l'ai invité à dîner le soir.
Elle reprit sa respiration et déballa la suite d'un seul trait.
— J'ai préparé un bon repas et une ambiance romantique. Rémi est arrivé avec un énorme bouquet de roses et du vin et nous nous sommes mis à table; et nous avons bien mangé et bu; et au dessert je lui ai dit que je voulais bien l'épouser; et nous nous sommes embrassés; et nous sommes allés nous coucher; et nous n'avons presque pas dormi; et vous devinez pourquoi; et le lendemain on est allé chercher ses affaire; et il s'est installé chez moi; et je l'ai présenté à mes parents; et on va bientôt se marier; et je suis super heureuse; et vous savez tout; et j'ai parlé trop vite ; et j'ai besoin d'un grand verre d'eau ; … Ouf !
Les trois autres étaient hilares. Elle avait l'art de présenter les choses de manière irrésistible.
— Tout de même, vous êtes deux cinglés ! Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre.
— Dis donc ! protesta Rémy, ç'est toi-même qui m'as dit que je pourrais faire pire que de m'intéresser à Camille.
— Je sais mais je ne pensais pas que ça irait aussi vite. Et puis, je n'ai pas dit la même chose sur toi à Camille.
— Tu rigoles ! Tu n'as pas arrêté de me faire l'article sur ton frère depuis que je te connais. Et l'autre jour, tu m'as dit qu'il était temps que je me marie. Même que je t'ai répondu que je n'aurais pas le temps de me marier avant votre pendaison de crémaillère sauf si je rencontrais Brad Pitt et qu'il voulait m'épouser tout de suite. Eh bien, j'ai rencontré Brad Pitt et il voulait m'épouser tout de suite.
— Et on serait déjà mariés s'il n'y avait pas les délais administratifs.
— Tu vois, tout ça c'est ta faute.
— Dis donc ! protesta Rémy, ç'est toi-même qui m'as dit que je pourrais faire pire que de m'intéresser à Camille.
— Je sais mais je ne pensais pas que ça irait aussi vite. Et puis, je n'ai pas dit la même chose sur toi à Camille.
— Tu rigoles ! Tu n'as pas arrêté de me faire l'article sur ton frère depuis que je te connais. Et l'autre jour, tu m'as dit qu'il était temps que je me marie. Même que je t'ai répondu que je n'aurais pas le temps de me marier avant votre pendaison de crémaillère sauf si je rencontrais Brad Pitt et qu'il voulait m'épouser tout de suite. Eh bien, j'ai rencontré Brad Pitt et il voulait m'épouser tout de suite.
— Et on serait déjà mariés s'il n'y avait pas les délais administratifs.
— Tu vois, tout ça c'est ta faute.
Sylvie les regarda avec tendresse.
— Vous êtes complètement cinglés mais je suis drôlement contente pour vous deux : Ma meilleure amie et mon petit frère.
— Ton petit frère ?
— Ben oui. Il paraît que l'ainé des jumeaux est celui qui est sorti le dernier parce que ça veut dire que c'est son ovule qui a été fécondé en premier. Alors, c'est moi l'ainée.
— Je ne pense pas que ce soit scientifiquement prouvé.
— Ça n'est pas grave. Il me suffit de le croire. Les autres peuvent bien penser ce qu'ils veulent.
— Ouai! N'empêche que , quand on était petits et que ça t'arrangeait, quand par exemple on avait fait une bêtise et que papa nous grondait, c'était moi l'ainé.
— On appelle ça partager les responsabilités.
— En attendant, c'est pour ça que je suis bourré de complexes. C'est à cause de l'enfer que tu m'as fait vivre dans ma jeunesse.
— Mon pauvre Rémi ! Comme tu dois souffrir ! Mais ça ne se voit pas.
— C'est parce que c'est enfoui au fond de mon cœur.
— Félicitations ! Bon ! Si on finissait de tout préparer ?
— On peut voir Thaïs d'abord ?
— Ah oui, c'est vrai ; je suis impardonnable. On va aller la voir.
— Ton petit frère ?
— Ben oui. Il paraît que l'ainé des jumeaux est celui qui est sorti le dernier parce que ça veut dire que c'est son ovule qui a été fécondé en premier. Alors, c'est moi l'ainée.
— Je ne pense pas que ce soit scientifiquement prouvé.
— Ça n'est pas grave. Il me suffit de le croire. Les autres peuvent bien penser ce qu'ils veulent.
— Ouai! N'empêche que , quand on était petits et que ça t'arrangeait, quand par exemple on avait fait une bêtise et que papa nous grondait, c'était moi l'ainé.
— On appelle ça partager les responsabilités.
— En attendant, c'est pour ça que je suis bourré de complexes. C'est à cause de l'enfer que tu m'as fait vivre dans ma jeunesse.
— Mon pauvre Rémi ! Comme tu dois souffrir ! Mais ça ne se voit pas.
— C'est parce que c'est enfoui au fond de mon cœur.
— Félicitations ! Bon ! Si on finissait de tout préparer ?
— On peut voir Thaïs d'abord ?
— Ah oui, c'est vrai ; je suis impardonnable. On va aller la voir.
La petite Thaïs dormait à poings fermés. Ils se penchèrent sur elle pour la contempler. Elle était adorable avec sa petite frimousse toute ronde et son nez retroussé. Ils la regardaient attendris en chuchotant pour ne pas la réveiller. Camille, en particulier semblait totalement fascinée. Lorsqu'ils eurent quitté la chambre et refermé la porte elle dit d'un air extasié :
— J'en veux une comme ça. Non ! des tas !
Quand ils rejoignirent le séjour, il était temps de finir de préparer la réception.
— C'est parti !
Pendant qu'ils installaient les chaises, apportaient les canapés de l'apéritif et mettaient le champagne dans la glace, ils continuèrent à bavarder.
— Au fait ! Vous avez trouvé facilement ?
— Aucun problème. J'avais mon GPS et, de toute façon, le boulevard Perrier est tout près de la sortie de l'autoroute.
— Et pour vous garer ?
— On a un peu tourné mais on a fini par trouver une place qu'une voiture était en train de quitter dans une rue adjacente tout près d'ici.
— C'est un peu le problème ici. Comme les immeubles sont anciens, ils n'ont pas de garage souterrain. Résultat, c'est la galère tous les soirs en rentrant du boulot. Je suppose que c'est le même problème pour vous à Toulon. Si je me souviens bien, le palais du soleil date des années cinquante ?
— Oui mais mes parents avaient investi dans un garage double pas très loin. Donc, on n'a pas de problème.
— Et pour le boulot ?
— Moi, je me gare sur la base navale où il y a toute la place qu'il faut.
— Et moi, j'ai trouvé une petite rue déserte à dix minutes à pied de l'école. Dix minutes, ça n'est pas très long et, comme j'y vais directement, je ne perds pas de temps à chercher.
— Une petite rue déserte, ça existe encore ? Il y a des friches industrielles dans le coin ?
— Non ! c'est un quartier résidentiel. C'est une rue bordée uniquement par quelques grandes propriétés dont les occupants se garent à l'intérieur de leurs jardins. Comme le stationnement y est interdit et que l'accès à la rue est rendu difficile à cause de plusieurs sens interdits il y a peu de passage.
— Tu te gares en stationnement interdit ?
— Non ! il y a une petite impasse dans laquelle le stationnement n'est pas interdit. Les gens ne doivent sans doute pas le savoir. Je pense que les riverains qui, visiblement, doivent faire partie du gratin toulonnais, ont usé de leur influence pour être tranquilles. En tout cas, moi j'en profite.
—
— Aucun problème. J'avais mon GPS et, de toute façon, le boulevard Perrier est tout près de la sortie de l'autoroute.
— Et pour vous garer ?
— On a un peu tourné mais on a fini par trouver une place qu'une voiture était en train de quitter dans une rue adjacente tout près d'ici.
— C'est un peu le problème ici. Comme les immeubles sont anciens, ils n'ont pas de garage souterrain. Résultat, c'est la galère tous les soirs en rentrant du boulot. Je suppose que c'est le même problème pour vous à Toulon. Si je me souviens bien, le palais du soleil date des années cinquante ?
— Oui mais mes parents avaient investi dans un garage double pas très loin. Donc, on n'a pas de problème.
— Et pour le boulot ?
— Moi, je me gare sur la base navale où il y a toute la place qu'il faut.
— Et moi, j'ai trouvé une petite rue déserte à dix minutes à pied de l'école. Dix minutes, ça n'est pas très long et, comme j'y vais directement, je ne perds pas de temps à chercher.
— Une petite rue déserte, ça existe encore ? Il y a des friches industrielles dans le coin ?
— Non ! c'est un quartier résidentiel. C'est une rue bordée uniquement par quelques grandes propriétés dont les occupants se garent à l'intérieur de leurs jardins. Comme le stationnement y est interdit et que l'accès à la rue est rendu difficile à cause de plusieurs sens interdits il y a peu de passage.
— Tu te gares en stationnement interdit ?
— Non ! il y a une petite impasse dans laquelle le stationnement n'est pas interdit. Les gens ne doivent sans doute pas le savoir. Je pense que les riverains qui, visiblement, doivent faire partie du gratin toulonnais, ont usé de leur influence pour être tranquilles. En tout cas, moi j'en profite.
—
Les trois autres couples ne tardèrent pas à arriver à leur tour et il se révéla qu'il n'était pas si difficile que ça de trouver où se garer dans le quartier.
Ils se connaissaient tous en dehors de Rémi et de Camille mais ceux-ci furent immédiatement intégrés au groupe. La soirée fut une réussite et se prolongea tard dans la nuit. Camille et Rémi partirent les derniers à deux heures du matin passées en emportant les chaises. Pendant le trajet du retour, Rémi ne put s'empêcher de revenir sur les problèmes de parking.
Ils se connaissaient tous en dehors de Rémi et de Camille mais ceux-ci furent immédiatement intégrés au groupe. La soirée fut une réussite et se prolongea tard dans la nuit. Camille et Rémi partirent les derniers à deux heures du matin passées en emportant les chaises. Pendant le trajet du retour, Rémi ne put s'empêcher de revenir sur les problèmes de parking.
— Tu sais, je ne suis pas sûr que ce soit très prudent de te garer dans un endroit où il ne passe jamais personne.
— Tu as peur que je me fasse attaquer ?
— Je ne sais pas. Je suppose que le quartier est tranquille mais peut-être que justement c'est là que des voyous pourraient avoir envie de faire un mauvais coup.
— T'es vachement sympa ! Maintenant je vais avoir la trouille !
— Tu as peur que je me fasse attaquer ?
— Je ne sais pas. Je suppose que le quartier est tranquille mais peut-être que justement c'est là que des voyous pourraient avoir envie de faire un mauvais coup.
— T'es vachement sympa ! Maintenant je vais avoir la trouille !
Ils se turent quelques instants puis Camille remarqua d'un air pensif.
— Il faudra tout de même que j'y pense.
Puis elle rajouta d'un ton désinvolte :
— Je verrai ça à la rentrée.
*****
Le lendemain matin, ils firent la grasse matinée jusqu'à dix heures avant de prendre un petit déjeuner léger. Pendant qu'ils le prenaient, Rémi décida de téléphoner à ses parents afin de leur annoncer qu'il allait se marier. Ce fut son père qui répondit.
— Allo ? Qui est à l'appareil ?
— C'est moi, Rémi.
— Ah ! Bonjour Rémi ! Je n'avais pas reconnu ton numéro. Il va falloir que je le mette dans le répertoire du téléphone. Comment vas-tu ?
— Très bien ! et vous ?
— Super bien ! Nous avons fait un voyage merveilleux !
— C'est moi, Rémi.
— Ah ! Bonjour Rémi ! Je n'avais pas reconnu ton numéro. Il va falloir que je le mette dans le répertoire du téléphone. Comment vas-tu ?
— Très bien ! et vous ?
— Super bien ! Nous avons fait un voyage merveilleux !
Son père se lança dans une longue description du voyage qu'ils avaient fait et, comme il ne s'arrêtait pas, Rémi tenta de l'interrompre gentiment à plusieurs reprises sans y parvenir. Au bout d'une dizaine de minutes qui lui parurent interminables, il finit néanmoins par arriver à prendre la parole.
— J'ai une nouvelle à vous annoncer. Maman est là ?
— Elle fait du rangement. Ne quitte pas, je vais voir si elle peut venir. Chérie ! … La voilà ! Nous t'écoutons.
— Euh, bonjour maman !
— Bonjour, mon chéri ! Tu as une nouvelle à nous annoncer ?
— Oui ! Je voulais vous dire que j'ai rencontré une fille que je vais épouser.
— C'est bien, ça ! On la connait ?
— Vous l'avez rencontrée une fois lors d'un pique-nique. C'est une grande amie de Sylvie. Elle s'appelle Camille Banoti.
— Ah oui ! je me souviens. Eh bien, c'est une bonne nouvelle ! Il faudra que tu nous la présente.
— Justement, on pensait passer vous voir cet après-midi.
— Pourquoi pas ? Vers dix-sept heures ça vous irait ?
— Euh oui.
— Mais on ne pourra pas vous garder à dîner. On vient de revenir de notre voyage et on n'a rien à manger. Mais on vous racontera tout ça cet après-midi. Voila ! c'est gentil de nous avoir téléphoné.
— Alors, à cet après-midi.
— Au revoir mon chéri.
— Elle fait du rangement. Ne quitte pas, je vais voir si elle peut venir. Chérie ! … La voilà ! Nous t'écoutons.
— Euh, bonjour maman !
— Bonjour, mon chéri ! Tu as une nouvelle à nous annoncer ?
— Oui ! Je voulais vous dire que j'ai rencontré une fille que je vais épouser.
— C'est bien, ça ! On la connait ?
— Vous l'avez rencontrée une fois lors d'un pique-nique. C'est une grande amie de Sylvie. Elle s'appelle Camille Banoti.
— Ah oui ! je me souviens. Eh bien, c'est une bonne nouvelle ! Il faudra que tu nous la présente.
— Justement, on pensait passer vous voir cet après-midi.
— Pourquoi pas ? Vers dix-sept heures ça vous irait ?
— Euh oui.
— Mais on ne pourra pas vous garder à dîner. On vient de revenir de notre voyage et on n'a rien à manger. Mais on vous racontera tout ça cet après-midi. Voila ! c'est gentil de nous avoir téléphoné.
— Alors, à cet après-midi.
— Au revoir mon chéri.
Rémi raccrocha un peu chose.
— Je m'attendais à un peu plus d'enthousiasme de leur part.
— Ils ne m'ont pas paru hostiles.
— Oh non ! ils avaient plutôt l'air de s'en fiche totalement.
— Tu sais, ils semblent avoir fait un beau voyage, alors ils doivent être encore dedans. Ça n'est pas grave.
— Ils ne m'ont pas paru hostiles.
— Oh non ! ils avaient plutôt l'air de s'en fiche totalement.
— Tu sais, ils semblent avoir fait un beau voyage, alors ils doivent être encore dedans. Ça n'est pas grave.
Mais, Camille était, elle aussi, un peu chose.
A dix-sept heures, ils sonnaient à la porte des parents de Rémi. Ce fut sa maman qui ouvrit. Elle l'embrassa puis, se tournant vers Camille lui serra la main. Camille, qui s'apprêtait à l'embrasser à son tour eut le réflexe de retenir son geste. Après tout, il leur fallait sans doute faire d'abord connaissance avant de se risquer à des gestes plus affectueux qu'une poignée de mains. Ils pénétrèrent dans le séjour où le père de Rémi était plongé dans la lecture d'un livre qui le passionnait visiblement. Il interrompit sa lecture à regret et les accueillit à son tour. Cette fois, Rémi eut droit à une petite tape sur l'épaule et Camille à une nouvelle poignée de main. Ils s'assirent tous les quatre et les parents de Rémi commencèrent par la question habituelle.
A dix-sept heures, ils sonnaient à la porte des parents de Rémi. Ce fut sa maman qui ouvrit. Elle l'embrassa puis, se tournant vers Camille lui serra la main. Camille, qui s'apprêtait à l'embrasser à son tour eut le réflexe de retenir son geste. Après tout, il leur fallait sans doute faire d'abord connaissance avant de se risquer à des gestes plus affectueux qu'une poignée de mains. Ils pénétrèrent dans le séjour où le père de Rémi était plongé dans la lecture d'un livre qui le passionnait visiblement. Il interrompit sa lecture à regret et les accueillit à son tour. Cette fois, Rémi eut droit à une petite tape sur l'épaule et Camille à une nouvelle poignée de main. Ils s'assirent tous les quatre et les parents de Rémi commencèrent par la question habituelle.
— Alors, comment allez-vous ?
Ce fut Camille qui répondit.
— Très bien et vous-même je crois que vous revenez juste de croisière ?
Rémi frémit intérieurement. Vu le comportement de son père au téléphone ce matin-là, il craignait le pire … qui se confirma malheureusement.
— Oui ! Une croisière absolument merveilleuse en mer Egée.
Les parents de Rémi se lancèrent alors dans une description enthousiaste et détaillée de leur croisière, s'adressant essentiellement à Rémi lorsqu'ils ne se contentaient pas de discuter l'un avec l'autre et ignorant complètement la jeune femme totalement désorientée. Rémi ne parvint à les interrompre qu'à une occasion pour leur parler du mariage mais la seule réponse qu'il obtint fut :
— Oh là, là ! On ne va pas retenir tout ça ! Il faut que tu nous envoies un mail.
Et ils continuèrent à parler de la seule chose qui, manifestement, les intéressait. Finalement, écœuré, Rémi décida d'écourter leur visite, prétextant des tâches urgentes à réaliser avant de se coucher tôt pour récupérer de la nuit précédente. Quand ils se retrouvèrent tous les deux assis dans leur voiture, Rémi affichait une colère rentrée qui ne demandait qu'à exploser. Camille, quant à elle semblait totalement démoralisée.
Rémi remarqua d'un ton grinçant.
Rémi remarqua d'un ton grinçant.
— Voilà une visite que je ne suis pas près d'oublier.
Camille essayait de faire bonne figure sans y arriver.
— Ils ont quand même été gentils.
Elle avait dit ça d'une voix chevrotante. Brusquement, elle fondit en larmes.
— Je crois que tes parents ne m'aiment pas.
Il la prit dans ses bras et l'embrassa tendrement.
— Moi, je t'aime.
Ils restèrent enlacés sans rien dire jusqu'à ce que Camille ait retrouvé sa sérénité. Rémi démarra et ils prirent le chemin du retour. Au bout de quelques minutes, il revint sur leur visite.
— Tu sais, il ne faut pas craindre que mes parents ne t'aiment pas. Je suis sûr qu'ils te trouvent très sympathique et que vous vous entendrez bien. Mais mes parents n'ont aucune spontanéité et intellectualisent tout. Aujourd'hui, ils ont été pris de court et n'ont pas su comment se conduire avec toi parce qu'ils n'ont pas eu le temps d'apprendre comment de bons parents doivent se conduire avec leur future belle-fille. Mais je suis sûr qu'ils vont trouver toute une littérature traitant du sujet et qu'ils suivront scrupuleusement les conseils qu'ils y auront lus. Ils ont fait ça pour Sylvie et moi depuis notre naissance et je suis sûr qu'ils l'ont fait pour André puis pour Thaïs. Ce ne sont pas des gens méchants. Au contraire, ils sont pleins de bonnes intentions. Mais chez eux, tout vient du cerveau, pas du cœur.
Dès leur arrivée, il rédigea un mail à l'intention de ses parents pour leur préciser la date et l'heure du mariage civil en leur expliquant que rien n'avait été prévu pour fêter l'évènement du fait de l'indisponibilité des parents de Camille pendant la journée du samedi et que le mariage religieux aurait lieu plus tard lorsqu'ils se seraient mis tous ensemble d'accord sur son organisation. Il leur indiquait en outre les coordonnées des parents de Camille. Une demi-heure plus tard, il recevait une réponse très gentille dans laquelle sa mère lui indiquait qu'ils allaient prendre immédiatement contact avec les parents de Camille et qu'ils se proposaient d'organiser une réunion autour d'un buffet le soir du mariage civil.
Elle ajoutait qu'ils étaient ravis du choix qu'il avait fait d'épouser Camille qui leur avait tout de suite beaucoup plu et à qui elle téléphonerait le lendemain dans la soirée pour convenir d'une sortie avec elle afin de faire mieux connaissance et de devenir rapidement de grandes amies. Il lut le message à Camille qui rosit de plaisir.
— Tu vois, c'est bien ce que je disais. Ils se sont comportés de façon très maladroite mais depuis, ils ont pris le temps de réfléchir et de rectifier le tir.
Il rajouta malicieusement.
— A mon avis, ils ont dû aller faire un petit tour sur internet sur un lien du genre « Comment se comporter avec sa future belle-fille pour les nuls ».
— Tu es méchant ! Répondit Camille en riant.
— Tu es méchant ! Répondit Camille en riant.
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