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✦ Vivi75 Agnès se découvre XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Agnès se découvre — Chapitre 2 · La piscine

34 minutes
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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Vivi75
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Agnès se découvre

Chapitre 2 · La piscine

Agnès émergea tard, un peu groggy, après une nuit difficile, traversée de songes confus, ses paupières encore lourdes d'un sommeil agité. Elle avait dormi en culotte, dans cette chambre qui l'avait déjà étouffée. Elle s'extirpa des draps froissés et, dans la pénombre, trouva l'un de ses vieux T-shirts, qu'elle enfila rapidement.
Il était presque onze heures. Le silence dans la maison lui parut plus pesant qu'accueillant. Elle erra, les pieds nus, ses cheveux noirs et crépus en bataille. Dans la cuisine elle se prépara un café. Elle ouvrit une baie vitrée pour faire entrer un peu d'air, mais le soleil déjà haut tapait sec, et la chaleur s'engouffra comme une gifle. Elle avait un peu faim. Elle se fit une tartine, et sirota son café debout, en culotte et T-shirt, les yeux embrumés, son téléphone à la main.
C'est en trempant sa tartine qu'elle les entendit, derrière elle : deux voix d'hommes, un peu étouffées, puis des rires, qui la firent sursauter. Elle lâcha la tranche de pain.
— Bonjour ? lança une voix grave.
Elle se retourna vivement. Deux hommes se tenaient là. Des ouvriers, visiblement — torses larges, combinaisons bleues un peu ouvertes sur le torse. L'un était jeune, vingt-cinq ans tout au plus, un visage un peu juvénile, les yeux très clairs, les cheveux blonds et ras. Une tête de voyou. Il souriait franchement, mais d'un rictus un peu carnassier. Ses muscles étaient secs. L'autre, plus âgé, un méditerranéen à la trentaine solide, et à la peau brunie par le soleil, mâchoire carrée, les bras tatoués, se tenait appuyé contre le chambranle de la porte. Une espèce de brute balafrée et patibulaire. Une odeur de poussière, de terre et surtout de sueur âcre flottait doucement dans la pièce.
Agnès sentit son ventre se nouer. La première pensée qui la traversa, avant même de savoir qui étaient ces types, fut de se dire qu'elle aurait dû enfiler un short. La fine culotte noire moulait ses fesses rondes. Et elle se demanda soudain depuis quand ils étaient dans son dos, à son insu, et si, lorsqu'elle s'était penchée pour beurrer sa tartine, le tissu n'avait pas légèrement glissé et dessiné la raie de manière indiscrète.
Ils ne se parlèrent pas tout de suite. Un silence, à peine quelques secondes ; mais dans ce battement suspendu, Agnès sentit leurs regards glisser sur elle — un balayage rapide, précis. Des yeux d'hommes. Ni timides ni franchement impudiques. Mais tenaces. Le plus jeune avait un petit sourire en coin, discret mais bien réel, alors que son regard hésitait une fraction de seconde sur les hanches, les cuisses nues de la jeune fille. Il déglutit presque imperceptiblement. L'autre, plus massif, la détailla d'un œil plus sombre, plus lent. Une manière de l'évaluer, ou de la jauger, d'un air mauvais, presque hostile. Agnès crut deviner sa langue qui passa rapidement entre ses lèvres gercées. Son regard sombre glissait sans gêne sur les seins libres de la jeune fille, moulés par le T-shirt fin, s'attardait sur les pointes qui se dressaient malgré elle.
Les yeux de ces deux hommes inconnus s'accrochaient directement à elle, à ses jambes, la détaillaient, descendaient ou remontaient jusqu'à sa culotte noire. Pas un mot.
Agnès balbutia un « bonjour » à peine audible, le regard fuyant, consciente de son allure désordonnée, de ses jambes nues, de son visage encore marqué par le sommeil. Elle devinait ces regards masculins sur elle, lourds, précis, évaluateurs. Une seconde de trop. Elle se sentit soudain rougir, puis aussitôt honteuse d'avoir rougi. Elle avait l'impression d'être un peu trop nue, face à ces deux hommes qui l'observaient avec insistance et curiosité.
Elle tenta machinalement de croiser les bras sur sa poitrine, mais le geste ne fit que presser ses seins l'un contre l'autre, les faire remonter sous le tissu. Trop tard. Ils avaient vu. Tout vu. Et ils regardaient encore. Elle tenta de tirer son T-shirt vers le bas, comme pour masquer ses jambes. Nouveau geste inutile, maladroit, qui ne fit que marquer davantage ses tétons qui pointaient sous le tissu. La fine culotte noire qu'elle portait semblait d'autant plus visible qu'elle essayait de la cacher. Une part d'elle savait qu'il était déjà trop tard : elle avait été vue, dans cet état, surprise, vulnérable.
Le plus âgé des deux, plus massif, plus sûr de lui prit la parole, de sa voix grave et légèrement rocailleuse. Mais avant cela, il eut un léger mouvement de la mâchoire, comme s'il allait sourire ou mordre. Il ne la quittait pas des yeux.
— On fait des travaux dans le jardin, dit-il.
Elle hocha la tête, sans savoir quoi répondre. Elle avait envie de fuir, de rire, de mourir, un peu tout à la fois. Une part d'elle espérait que Sonia entre, qu'on la sorte de là. Une autre, confuse, honteuse, se demandait ce que ces hommes pensaient vraiment d'elle. Si elle leur plaisait. Si son corps, à moitié offert dans cette lumière crue du matin, avait réveillé en eux autre chose que de la surprise. Elle se détesta pour cette pensée. Mais elle la sentit, en elle, vibrer.
Une goutte de sueur perla entre ses omoplates, glissa lentement, alors que son cœur battait plus vite. L'air semblait plus lourd tout à coup, plus chaud. Une chaleur sournoise s'insinua malgré elle dans son bas-ventre. Elle sentit ses tétons durcir davantage sous le tissu léger, et elle craignit que son corps ne dévoilât sa gêne, malgré elle. Elle baissa les yeux vers sa tartine, le cœur battant, s'appuya au plan de travail et se mordit la lèvre. Elle se sentait comme une intruse chez elle, comme une enfant prise en faute. Mais elle éprouvait aussi, entre ses cuisses, une moiteur légère qui collait déjà la culotte à sa peau et à ses poils, presque inconfortablement. Instinctivement, elle serra les jambes, comme pour se contenir, paniquée à l'idée qu'on puisse la deviner.
— Ah, te voilà enfin, marmotte ! Lança soudainement la voix de Sonia avec un sourire.
Celle-ci venait de faire son entrée dans la cuisine, en grande conversation avec un monsieur d'une soixantaine d'années, maigre et bronzé, lui aussi en habit de travail, mais à l'air plus sévère que les deux autres hommes.
— Je... Je savais pas qu'il y avait du monde, murmura Agnès en reprenant sa tasse de café, comme pour se donner une contenance.
— Je te présente Marco et Jérémy. Les jardiniers. Ils s'occupent du jardin depuis ce matin.
— Bonjour, dit Marco, qui était l'homme méditerranéen, avec un simple hochement de tête.
— Salut ! fit Jérémy, qui était le plus jeune, un peu plus enjoué.
Il lui adressa un petit signe de la main, les yeux encore un peu accrochés à ses jambes. Insidieusement, il avait l'air de se régaler de ce bref spectacle du matin. Il gardait ce petit sourire accroché aux lèvres, un peu gamin, un peu insolent. Et Agnès vit très bien ses yeux descendre, à peine, s'attarder sur sa poitrine — ou plutôt sur la forme de ses seins, lourds sous le tissu léger du T-shirt. Et maintenant, elle le ressentait : ce regard direct, curieux, presque fasciné. Pas agressif, mais insistant. Elle croisa les bras un peu plus fermement mais pas assez vite. Elle aurait voulu disparaître. Ou gifler ce garçon. Ou... elle ne savait même pas quoi. Elle eut soudainement très chaud.
L'autre, l'espèce de brute épaisse, Marco, n'était pas en reste. Il passa nerveusement une main calleuse sur sa mâchoire mal rasée, parut réprimer un grognement. Agnès crut voir sa pomme d'Adam monter et descendre lourdement. Ses yeux noirs, presque prédateurs, s'accrochaient aux formes de ses seins, aux tétons bruns qui pointaient nettement sous le coton fin. Il ajusta l'avant de sa combinaison qui semblait soudain trop serrée, faisant saillir ses biceps tatoués et veinés.
Sonia sourit et, s'apercevant du trouble de sa jeune cousine, elle plaisanta :
— Ça va, ma belle ? T'as chaud ?
Agnès se contenta d'un sourire maladroit et secoua la tête. Sonia dit alors, à l'adresse des hommes :
— Et voilà Agnès… Un cousine, qui va rester ici quelques jours… Mais qui n'est pas très matinale apparemment !
Elle se mit à rire, imitée par les trois hommes. Puis, sans se préoccuper davantage de la rougeur qui marquait les joues d'Agnès, elle se tourna vers le plus vieux, celui avec qui elle discutait déjà et qui semblait visiblement être le patron :
— Très bien, monsieur Delgado. Donc pour les haies du fond, je vous laisse faire comme on a dit.
— Ce sera fait, madame Dumontier, ce sera fait.
Sec dans ses paroles, autant que dans les traits de son visage, découpés à la serpe, le patron parut sévère à Agnès, presque effrayant. Ses sourcils gris broussailleux restaient froncés. Puis, s'adressant aux deux ouvriers d'un ton bourru, il lança :
— Allez les gars… On y va…
Ils sortirent, leurs bottes claquant contre le carrelage. Agnès s'effondra un peu sur une chaise, les nerfs en vrac. Elle attendit que la porte se refermât pour inspirer à fond. Ses doigts tremblaient un peu autour de la tasse. Le vide laissé par le départ de ces hommes était encore plus lourd que leur présence. Agnès se sentait brûlante de l'intérieur, mais glacée au niveau des bras, marqués par la chair de poule. La moiteur persistante pulsait entre ses cuisses, comme si les regards des deux hommes y avaient laissé une empreinte. Elle serra les jambes sous la table, terrifiée à l'idée que l'humidité qui collait sa culotte puisse être seulement supposée par sa cousine.
— Ils sont là pour deux jours, dit Sonia, impassible, en versant du café dans une autre tasse. Ils sont cools. Et pas dangereux, t'inquiète.
— J'ai pas dit que je m'inquiétais, marmonna Agnès.
Sonia haussa un sourcil, amusée.
— Ah bon ? T'as quand même failli laisser tomber ta tartine quand ils ont parlé. On aurait dit une biche qui vient de voir passer deux chasseurs !
Agnès leva les yeux au ciel, un peu agacée.
— J'étais surprise, c'est tout.
— Surprise ? répéta Sonia, faussement naïve. T'es mignonne, tiens. T'as surtout rougi comme une gamine prise en flag ! Crois-moi, après ce que les mecs viennent de voir, ils vont bosser avec le sourire…
Agnès fit mine de ne pas comprendre. Un léger sourire entendu, Sonia ajouta :
— Ils ont pas loupé une seconde du spectacle !
Agnès grimaça, crispée.
— Quel spectacle ?
— Bah… toi. Ta petite tenue. Tes nichons sous ton T-shirt. T'as pas vu comme ils te les dévoraient des yeux ? Ils en bavaient !
— N'importe quoi…
Sonia ricana et se tourna vers elle avec ce demi-sourire qu'Agnès commençait à redouter.
— Bien sûr. Et c'est sûrement un hasard si t'es restée plantée là, pendant que le petit Jérémy te matait les seins, comme s'il découvrait ce que c'était… Sérieusement, t'as dû leur filer une de ces triques !
Agnès serra la mâchoire, son visage en feu. Elle hallucinait devant l'obscénité des mots qui sortaient de la bouche de sa cousine, que la situation paraissait réjouir.
— Je t'assure… je n'ai rien remarqué… j'ai… j'ai pas fait exprès !
— Oh allez, fais pas l'innocente. T'étais à deux doigts de te planquer derrière le frigo. Et pourtant t'as pas bougé. Peut-être que ça t'a plu, un peu, non ?
Agnès ouvrit la bouche pour protester, mais rien ne sortit. Sa nuque la brûlait.
— Tu devrais mettre un soutif quand tu traînes en T-shirt, marmonna Sonia, moqueuse. Sauf si c'est volontaire.
La jeune fille sentit son sexe se contracter malgré elle à ces mots. Sonia la fixait, amusée, comme si elle lisait en elle.
— Avoue que ça t'a plu ! … C'est normal, ma belle. Deux beaux mâles qui te matent comme ça dès le matin… Moi, à ta place, j'aurais été trempée. !
Choquée par la crudité de ces derniers mots ; Agnès se leva brusquement, la chaise grinçant sur le carrelage.
— Tu dis vraiment des conneries !
— Je dis ce que je vois, ma belle. Et je t'assure que si tu comptes continuer à petit-déjeuner les cuisses à l'air au milieu des ouvriers, va falloir t'habituer à ce genre de regards !
Elle éclata de rire. Agnès sortit sans un mot, le cœur battant, son café à moitié bu. Dans son dos, elle entendit les ultimes paroles de Sonia, « Profite, va. Ici, personne te juge. Et si t'as envie d'en montrer plus, les haies du jardin sont assez hautes ! », suivies de l'écho de son rire gentiment moqueur, léger, presque affectueux. Agnès ne savait pas ce qui la mettait le plus mal à l'aise : les regards, ou le fait que Sonia les ait si bien compris. Elle s'était sentie vulnérable.
Après l'incident du petit-déjeuner, elle s'enferma, le souffle court. Quelque chose dans les yeux de ces deux hommes sur elle l'avait troublée. Ou plutôt dans le fait même d'avoir été vue. Sans fard. Presque nue. Sans rien à dire. Le pire, c'était que Sonia avait raison. Elle avait senti cette excitation traîtresse, ce frisson d'être vue, désirée, presque prise. Et maintenant, le regard de sa cousine – amusé, complice, presque invitant – ne faisait qu'attiser le feu. Il fallut longtemps à Agnès pour dissiper ce trouble, cette confusion de honte et d'excitation diffuse, impossible à nommer. Et qui n'était cependant pas désagréable, étonnamment.
Le silence relatif de la maison ne la calmait pas. Et ce qu'elle entendait alors au loin – les voix graves des ouvriers, les coups de pelle sourds ou ce qu'elle devina être le ronronnement d'une tondeuse – attisait tout à la fois sa honte et son trouble. Les mots, si choquants, de Sonia tournaient en boucle dans son esprit. « Moi, à ta place, j'aurais été trempée… » Elle l'était. Glissés sous l'élastique de sa culotte, ses doigts effleuraient un sexe gonflé, frôlaient un clitoris sensible. Elle fermait les yeux, peut-être songeait un instant à se caresser ; mais des éclats de rire masculins, venus du jardin, la ramenaient à la réalité et à son humiliation. La frustration s'était collée à sa peau. Elle ne réussit pas non plus à lire. Trop de pensées. Elle se repassa la scène du matin, encore et encore, sans oser remettre les pieds dans la cuisine de la journée.
Vers 16 heures, le soleil cognait encore, diffusant une lumière dorée sur les pierres chaudes de la terrasse. L'air sentait toujours un peu la poussière, le romarin, l'eau chauffée de la piscine. On entendait le bourdonnement lent des insectes et, par moments, le grondement lointain d'un tracteur dans les champs. Les ouvriers étaient partis depuis une heure déjà. Sonia vint toquer doucement à la porte de la chambre dans laquelle sa cousine s'était réfugiée.
— Tu veux te baigner, Agnès ? J'ai besoin de me rafraîchir, moi. L'eau est bonne.
Agnès hésita. L'idée de l'eau fraîche sur sa peau brûlante était tentante. Il sembla aussi que la voix de Sonia avait perdu toute ironie et, qu'abandonnant les sous-entendus graveleux qui avaient outrepassé les limites de la jeune fille, elle venait en quelque sorte proposer une trêve, s'excuser. Agnès prit un temps, puis, peu assurée, qu'elle répondit :
— J'ai pas de maillot.
— T'inquiète, j'ai ce qu'il faut.
Sonia disparut un instant dans la maison et revint avec un maillot de bain, un deux-pièces blanc qu'elle lança dans les mains d'Agnès.
— Je te prête celui-là. Il est un peu petit, mais on n'a pas trente-six solutions…
Il avait l'air minuscule. Le tissu brillant, presque un peu élastique, semblait fait pour un corps plus mince, plus souple. Agnès fronça les sourcils.
— Sérieux ? C'est... c'est vraiment à ma taille, ça ?
— Essaie. Si tu flottes dedans, je t'en trouverai un plus petit, ricana Sonia, qui retrouva son air canaille. Allez, enfile-le et rejoins-moi. … Ça te fera du bien de te détendre un peu.
Elle quitta la chambre sans attendre de réponse, ses tongs claquant contre le sol.
Agnès haussa les yeux au ciel mais ne dit rien. Elle alla se changer dans la salle de bain, porte verrouillée par réflexe. En enfilant lentement le bikini, elle se sentit un peu idiote. Le haut couvrait à peine sa poitrine brune. Ses seins débordaient légèrement sur les côtés, paraissaient encore plus gros, et elle dut resserrer les ficelles au maximum pour éviter qu'un téton ne pointe. Elle tira le nylon, mais rien n'y fit : un mouvement un peu vif et tout risquait de glisser.
Le bas, échancré, s'arrêtait haut sur ses hanches, dévoilant la naissance de ses fesses, et glissait un peu entre ses cuisses hâlées. Elle avait l'impression d'être le cul à l'air ! Devant, le triangle étroit s'incrustait entre ses lèvres encore gonflées du matin ; quelques poils noirs et crépus dépassaient ostensiblement sur les côtés et en haut. Elle tenta de les rentrer discrètement, mais le tissu glissait, frottait contre son clitoris sensible à chaque ajustement. « Quelle conne... » songea-t-elle. Elle se regarda dans le miroir. Une seconde. Deux. Elle eut envie d'enfiler un t-shirt par-dessus, mais renonça. Sonia se serait moquée.
Elle tenta tant bien que mal d'attacher ses lourds cheveux avec un élastique, de les dompter, puis elle descendit à pas lents vers la terrasse. Chaque marche faisait rebondir ses seins dans le haut trop petit ; le bas frottait entre ses cuisses à chaque pas, ravivant la frustration qu'elle n'avait pas apaisée dans sa chambre.
La chaleur lourde de l'extérieur l'enveloppa aussitôt, comme une main invisible qui effleurait sa peau presque nue. Sonia l'attendait, allongée sur un transat au bord de la piscine, les bras derrière la tête, les lunettes de soleil sur le nez. Sa peau noire avait pris des reflets dorés. Elle portait un paréo léger, noué à la taille ; le haut d'un maillot de bain rouge cachait sa poitrine. Elle tourna légèrement la tête en entendant Agnès arriver et sourit.
— Ah ! Tu l'as mis ? Il te va comme un gant…
— Tu parles… On dirait que j'ai volé le maillot d'une gamine…
— Et alors ? Tu le remplis très bien... Ça met bien tes seins en valeur, je trouve.
Agnès se contenta de hausser les épaules, mal à l'aise. Elle avança le long du bord de la piscine, à pas lents.
— Tourne-toi un peu, pour voir, demanda Sonia, faussement innocente.
Agnès hésita, puis fit un demi-tour rapide sur elle-même.
— Mmmh… Regardez-moi ce cul ! Jérémy aurait adoré cette vue ! souffla Sonia en riant doucement.
L'adolescente grimaça.
— Arrête… c'est pas drôle…
— Je te complimente, c'est tout ! Et puis tu pourrais remercier : c'est un joli maillot, non ? Il te fait un cul d'enfer ! T'es faite pour porter des trucs comme ça, ma belle, pas pour te cacher.
— Tu crois qu'on nous voit depuis le champ ? demanda Agnès, en regardant nerveusement les parcelles agricoles qui s'étendaient autour de la maison, par-delà les haies.
— Non, y a personne… Et puis, y a les arbres, on est tranquille…
Au loin, Agnès crut entendre un outil tomber, et percevoir des voix. Les ouvriers étaient partis, mais l'idée qu'un voisin ou un passant puisse apercevoir la piscine à travers les haies la fit frissonner d'un mélange d'angoisse et d'excitation. Elle laissa passer un temps puis elle s'installa finalement sur le transat, à côté de Sonia. Après plusieurs minutes, celle-ci se leva, faisant tomber son paréo.
— Allez, on va se rafraîchir un peu. Tu vas cuire si tu restes là.
D'un geste sûr, elle enleva son soutien-gorge. Deux seins lourds et noirs apparurent. Agnès n'eut pas le temps de réagir : à peine le haut enlevé, Sonia fit glisser le slip de bain et se retrouva totalement nue devant la jeune fille, qui écarquilla les yeux.
— Je nage toujours nue, chez moi. J'aime pas le tissu mouillé sur la peau. Ça colle, ça serre… Autant être à l'aise ! Non ?
— Euh… oui… bredouilla Agnès.
Le temps sembla se suspendre. Agnès contempla le corps noir et nu de Sonia qui s'offrait à son regard, sans la moindre pudeur. À quarante-trois ans, sa cousine rayonnait d'une assurance animale, d'une beauté charnelle intimidante. Sa peau, d'un brun profond aux reflets chauds d'acajou, captait la lumière comme du velours vivant, luisant légèrement d'humidité et de sueur. Chaque mouvement révélait la souplesse dense de son corps : des cuisses fortes, une taille fine mais des hanches larges. Tout en elle était courbe, chaleur, générosité sensuelle. Ses gros seins, lourds et fermes, se balançaient doucement à chacun de ses gestes, tandis que leurs deux grosses tétines pointaient vers l'avant avec une insolence tranquille. Leurs aréoles, très larges et très sombres, légèrement bombées, avaient quelque chose d'animal qui troublait Agnès plus qu'elle ne l'aurait voulu.
Allongée sur le transat, la jeune fille regardait, fascinée et honteuse. Elle n'arrivait pas à détourner les yeux, tant le corps nu de Sonia s'imposait à elle. Mais c'étaient surtout ses fesses qui l'hypnotisaient. Un cul bien rond, doux, comme sculpté. Les deux globes rebondissaient avec une insolence presque provocante, et chaque petit mouvement faisait trembler la chair lentement, comme une onde. Entre les cuisses, l'ombre discrète du sexe, charnu mais à peine visible sous la toison brune, finissait de paralyser Agnès. Un pli sombre dont elle ne pouvait détacher le regard, une touffe de poils noirs et épais.
Et en plus de tout cela, son sourire. Immense, chaleureux, presque moqueur parfois, mais jamais cruel. Agnès sentit son propre corps se troubler malgré elle. Elle éprouva une chaleur brutale qui lui remontait dans le ventre, la même qui l'avait trahie ce matin. Ce n'était pas juste la nudité. C'était Sonia, ce qu'elle dégageait, cette sensualité décomplexée, ce plaisir évident d'être vue, d'être là, offerte au soleil comme au regard. La jeune fille se sentait à la fois minuscule et aspirée, éprouvant le désir diffus de rester là et de regarder encore.
— À l'eau !
Sonia plongea dans un fracas d'eau projetée. Lorsqu'elle réapparut, ses épaules brillaient. Elle rabattit ses cheveux en arrière. Agnès détourna les yeux.
— Tu devrais essayer, dit Sonia doucement et en souriant. C'est vraiment super agréable ! C'est un peu… animal. Un peu interdit aussi.
— Euh… je sais pas…
— Allez, ose au moins le haut, insista Sonia. Ça doit te serrer atrocement les seins. Laisse-les respirer… Et puis, entre nous, personne viendra se plaindre de la vue !
— Tu fais ça souvent, ici ?
— Quand je suis seule, oui. Et là… Mais t'es pas vraiment une invitée, non ?
Sonia regardait Agnès avec un sourire tranquille, mais dans ses yeux, quelque chose brillait. Pas une provocation, pas une invitation claire non plus. Juste cette manière d'être trop à l'aise, trop libre, trop belle dans sa peau pour qu'on puisse rester indifférent. Elle éclata de rire et éclaboussa légèrement Agnès.
— Allez, viens te baigner, petite sauvage ! Ça va te faire du bien, je te jure...
Agnès hésita. Elle se leva, entra lentement dans la piscine, le corps frissonnant malgré la température. Mouillé, le maillot lui colla aussitôt à la peau, moulant chaque courbe, chaque creux. Le tissu fin et blanc devenait presque transparent, laissait deviner les aréoles sombres et les tétons durcis, que le froid de l'eau faisait pointer sans retenue. Agnès sentit le haut se tendre davantage sur sa poitrine, tandis qu'en bas, le bikini échancré s'était incrusté entre ses lèvres, dessinant la fente avec une précision obscène. Elle s'aperçut que quelques poils noirs, humides, dépassaient encore plus ostensiblement du triangle trempé et sentit une rougeur brûlante lui monter aux joues : on voyait tout, ou presque. Elle croisa les bras, machinalement, mais Sonia la fixait déjà avec un air amusé. Elle rougit, mais glissa tout de même dans l'eau. Le contact la fit frissonner, frais, doux, enveloppant.
Elle fit quelques brasses puis s'arrêta un moment, appuyée contre une margelle, les cuisses cachées sous l'eau. Elle sentait la chaleur de l'après-midi dans sa nuque, et maintenant, l'étrange présence de Sonia, nue, à quelques mètres d'elle.
Celle-ci nageait à reculons, le visage levé vers le ciel, les bras écartés. Son corps glissait dans l'eau en grandes coulées, à la fois puissant et désinvolte. La lumière du soleil dessinait des reflets dorés sur ses épaules, sa poitrine, son ventre lisse. Agnès, appuyée au bord, la regardait du coin de l'œil. Elle essayait de ne pas trop fixer. De ne pas s'attarder. Les seins de Sonia flottaient à demi dans l'eau, lourds, superbes, deux masses sombres qui semblaient danser au rythme de ses mouvements. Rien n'était caché. Et pourtant tout restait mystérieux. L'eau dissimulait à peine, comme un voile mouvant, mais laissait deviner chaque courbe.
Sonia plongea d'un coup, jaillit juste devant Agnès dans une gerbe d'eau. La jeune fille sursauta, éclata de rire malgré elle. Sonia se rapprocha, très près. Leurs bras se frôlèrent sous la surface.
— Tu fais une drôle de tête, murmura Sonia, le sourire aux lèvres.
— Tu m'as surprise…
— Tu regardais les grenouilles, peut-être ?
Agnès ouvrit la bouche, bafouilla une réponse inaudible. Sonia ria doucement, et l'éclaboussa d'un geste souple. L'eau gicla sur son visage, sur ses seins trop serrés dans le petit haut de maillot.
— Viens jouer un peu. Tu fais ta bourgeoise !
Elles commencèrent à se poursuivre dans l'eau, à se pousser, se taquiner. L'ambiance redevint légère, presque enfantine. Mais chaque éclat de rire, chaque contact involontaire avait une autre densité. Un frôlement de hanche, une main sur un bras mouillé, un éclat de peau nue effleuré trop longtemps. Les filles s'amusaient, se rapprochaient. Leurs corps, entre deux vagues, entre deux éclaboussures, étaient si proches l'un de l'autre. À un moment, Agnès tomba à moitié dans les bras de Sonia. Elle sentit, contre son propre buste, le contact des seins nus de sa cousine. Pleins, chauds et doux sous l'eau tiède. Ses tétons durcirent instantanément sous le bikini trempé, et elle pria pour que Sonia ne le remarque pas. Elle recula brusquement, le souffle court. Alors Sonia la regarda un instant, un rien moqueuse, un rien provocante. Puis elle s'écarta, avec grâce, sans un mot de plus. L'eau se referma entre elles comme un rideau.
Agnès resta là, tremblante sans savoir pourquoi, le cœur cognant contre sa cage thoracique. Elle ne savait plus si elle avait froid ou chaud. Ni si elle voulait sortir de la piscine ou y rester encore un peu. Au bout d'un quart d'heure, Sonia annonça qu'elle en avait assez de nager. Elle passa ses mains dans ses cheveux trempés, les ramena en arrière d'un geste ample, puis se hissa lentement hors de l'eau. Agnès la regardait faire, d'abord sans réfléchir. Et puis elle sentit son propre regard se figer, captif.
Hors de la piscine, le corps de Sonia s'offrait à la lumière du soir, dégoulinant, ruisselant. Une peau sombre, luisante, tendue de chaleur et d'eau. Ses fesses pleines, hautes, ruisselaient de gouttes qui descendaient le long de ses cuisses puissantes. Puis, tandis que Sonia attrapait sa serviette, Agnès admira une seconde fois les détails de ce corps, cette intimité qui se dévoilait sans aucune gêne. Le sexe était là, à quelques mètres, offert dans sa nudité simple, sans fard. Une toison dense, noire, taillée, mais présente, encadrant le pli charnu que l'eau faisait briller d'un éclat humide.
Sonia ne semblait rien remarquer du trouble qu'elle faisait naître chez Agnès. Elle s'enroula lentement dans une grande serviette claire, s'épongeant distraitement les bras, les cuisses. Puis elle se tourna vers la jeune fille, avec un petit sourire tranquille.
— Tu traînes encore un peu dans l'eau ou tu sors ?
Agnès sentit son souffle se bloquer. Elle fit oui de la tête, sans répondre, incapable de soutenir son regard. Elle resta encore quelques instants dans l'eau, comme pour éteindre le feu qu'elle sentait couver au fond d'elle. Ce n'était plus seulement de la gêne. C'était un trouble physique, une chaleur qu'elle n'identifiait qu'à demi, mais qui lui remontait dans le ventre, dans la gorge. Finalement, elle remonta les marches de la piscine et attrapa sa serviette. Elle jeta un coup d'œil rapide vers sa cousine. Sonia restait nue, elle s'était allongée sur le transat, ses yeux cachés derrière ses lunettes de soleil, comme si le monde autour n'existait plus. Sa poitrine généreuse se soulevait lentement à chaque respiration, alourdie par la chaleur et la détente. Agnès s'approcha du deuxième transat et s'y laissa tomber avec une maladresse un peu gauche.
Elle garda sa serviette serrée contre elle un moment, couvrant son ventre, ses cuisses, comme pour compenser l'absence de tissu sur Sonia. Elle s'allongea, sentant sa peau humide qui se séchait au contact du coton et sous le vent chaud.
Le silence s'était installé, moelleux, suspendu entre les deux corps étendus. Le soleil descendait lentement, réchauffant encore les transats, les épaules, les cuisses. Agnès, allongée sur le dos, sentait son cœur battre plus vite qu'il ne devrait. Elle avait gardé les bras croisés sous sa poitrine et avait étalé la serviette presque sur tout son corps, comme si elle cherchait encore à se protéger. Sonia, elle, ne disait rien. Derrière ses verres fumés, elle observait le ciel, ou peut-être un peu Agnès, en coin. Elle dit simplement :
— Tu peux enlever ta serviette, tu sais. On est entre nous.
Sa voix était douce, posée. Mais le teint d'Agnès s'empourpra de nouveau, sans qu'elle sache pourquoi. Elle resta un instant immobile, puis desserra doucement les doigts. La serviette glissa. Elle était de nouveau dans ce petit maillot blanc trop étroit, qui ne tenait pas vraiment ses seins ni ses hanches. Et à côté d'elle, le corps noir et nu de Sonia s'étendait avec une assurance tranquille, une sensualité sans effort. Elle se força à regarder ailleurs.
— Ça te gêne ? demanda Sonia, toujours sans bouger.
Agnès hésita. Elle aurait pu mentir.
— Un peu, avoua-t-elle dans un souffle.
Sonia leva ses lunettes sur son front, tourna un peu la tête vers elle. Son sourire était calme. Presque affectueux.
— T'es mignonne quand t'es gênée. Mais faut pas… T'as un super corps.
Agnès ne répondit pas. Elle avait envie de croire ça. Elle avait envie de fuir, aussi. Mais plus encore, elle voulait comprendre ce feu doux qui montait en elle.
— Tu devrais arrêter de te cacher, reprit Sonia. C'est presque pire…
Agnès tourna la tête vers elle, surprise.
— Je me cache pas… C'est juste que… C'est pas mon truc.
— T'as pas à être gênée… Après, c'est vrai que moi, à ton âge, j'étais comme toi.
— C'est-à-dire ?
— Pas à l'aise. Pas forcément complexée non plus. Mais toujours à croire que mon corps n'était pas à la hauteur. Ou qu'il fallait absolument le maîtriser.
Elle avait parlé doucement, sans forcer, avec cette voix ronde et posée qui semblait ne jamais juger.
— Et maintenant… ? demanda Agnès après un moment, curieuse de cet aveu inattendu.
Sonia haussa une épaule, paisible.
— Maintenant je m'en fous. J'aime mon corps. Je le laisse vivre. Respirer. Je profite, quoi…
Agnès regarda le ciel, puis baissa les yeux sur son propre ventre. Le tissu du maillot, mouillé, lui collait à la peau, remontant à peine sur ses seins, qu'elle sentait trop visibles, trop serrés.
— Je pourrais pas… comme toi, murmura-t-elle. Être complètement nue.
— Tu crois ? dit Sonia, un sourire au coin des lèvres. Je parie que si. Mais peut-être pas d'un seul coup…
Ses yeux sombres se faisaient un peu rieurs, un peu doux.
— Tu veux essayer juste le haut ? Ça change tout, tu verras. C'est comme respirer un peu mieux.
Des plaques rouges marquaient le front d'Agnès, ses joues, son cou. La jeune fille hésita, longtemps. Sonia se redressa un peu sur son transat, s'appuya sur l'accoudoir et posa son menton sur sa main. Elle la laissait choisir.
— Tu veux que je regarde ailleurs ? demanda-t-elle, mi-sérieuse, mi-amusée.
Agnès ne répondit pas. Sonia sourit, puis tourna le visage vers les arbres. Alors, presque sans réfléchir, ses doigts montèrent à sa nuque et cherchèrent dans son dos. Elle défit les attaches. Le haut tomba doucement, glissa le long de son ventre. Elle le garda un instant posé là, puis le repoussa.
Ses seins étaient nus, offerts à la lumière dorée. Elle éprouvait à son tour la sensation étrange d'être vue, même s'il n'y avait que Sonia. Elle sentit la chaleur de l'air, la caresse du soleil. Son cœur battait fort. Un frisson léger parcourut son corps, mêlant l'appréhension et une impression nouvelle de liberté. La jeune métisse se sentait vulnérable. Sonia tourna la tête, revint vers la jeune fille.
— Voilà, souffla-t-elle. C'est pas si terrible, hein ?
Agnès sentit le regard de Sonia se poser sur elle, chaud et attentif. Celle-ci détaillait sans détour le corps de la jeune fille, le menton légèrement relevé, les lèvres entrouvertes, admirative. Elle se rapprocha lentement, et posa les yeux sur les gros seins offerts. Ils étaient bien ronds, généreux, avec cette douceur propre à la jeunesse, mais aussi cette fermeté qui trahissait l'énergie des vingt ans. La peau était hâlée et les tétons bruns, légèrement dressés au contact de l'air, captaient la lumière comme deux petits boutons délicats. Sonia repéra quelques petits grains de beauté discrets.
Un long silence s'installa. Le chant des cigales avait repris, lointain. Des mouches tournaient lentement dans la lumière. Les pierres de la terrasse gardaient la chaleur du jour. Agnès sentit peu à peu ses muscles se détendre, ses épaules retomber. Elle resta là, nue à moitié, les seins libres. La peau vivante. Elle respirait plus lentement.
— Alors ? demanda Sonia, on respire mieux, non ?
Et Agnès, contre toute attente, sourit. Un vrai sourire. Petit, mais franc. Ce n'était pas si terrible, non. C'était même étrange, un peu grisant. Sonia la regardait avec douceur, pleine d'une bienveillance encourageante. Agnès leva les yeux et rencontra le regard apaisant de sa cousine. Ce simple échange semblait dire que tout était permis ici, que la pudeur pouvait s'effacer, que les corps pouvaient s'offrir sans peur ni honte.
— T'as une très belle poitrine, dit Sonia. Tu le sais, ça ?
Agnès déglutit. Une part d'elle frémissait sous l'excitation de cette attention. Alors, lentement, presque avec hésitation, Sonia approcha sa main, légère. Sans précipitation, elle effleura à peine la peau douce et frémissante des seins d'Agnès. Le contact était léger, presque aérien, comme une plume déposée sur une fleur fragile. Le bout des doigts se faisait timide, respectueux, mais porteur d'une promesse. Agnès retint son souffle, surprise par cette douceur, ce respect presque maternel mêlé à une curiosité tendre. Ses émotions tourbillonnaient entre gêne et curiosité.
— Tu es belle comme ça, dit Sonia d'une voix douce, presque un murmure.
Agnès sentit une chaleur nouvelle se répandre en elle, un mélange de gêne et de plaisir, comme si ce simple contact réveillait quelque chose d'inattendu. Elle ne savait pas quoi, exactement, mais elle comprenait que cette intimité, cette confiance, créait un espace à part, suspendu. Les doigts de Sonia traçaient lentement le contour du sein. Sa paume caressait avec une infinie délicatesse la rondeur généreuse, sans chercher à saisir ni presser, explorant sans jamais brusquer, offrant à Agnès la sensation douce d'être acceptée, désirée dans sa fragilité et sa beauté. Celle-ci, les yeux mi-clos, laissa son corps répondre à cette caresse tendre, découvrant avec étonnement une torpeur qui l'envahissait. Ce moment, simple et fragile, creusait entre elles un lien intime et profond. Le temps semblait suspendu, les bruits autour s'effaçaient. Le silence apaisant de Sonia semblait indiquer que tout était normal, naturel.
Les doigts de Sonia remontèrent jusqu'au mamelon bronzé dressé, son pouce titilla le téton rond, qui réagit aussitôt et s'endurcit, arrachant un soupir à Agnès.
— T'as froid… ou t'es excitée ? murmura Sonia, la voix plus grave.
Agnès ferma les yeux, incapable de répondre. Alors, Sonia se pencha, son souffle chaud effleurant la peau sensible avant que ses lèvres ne se posent sur le bout du sein. Elle captura le téton dressé avec une lenteur presque cruelle, l'enfermant d'abord entre ses lèvres douces, humides. Agnès sentit la langue de sa cousine tourner autour de la pointe durcie, la lécher en cercles lents, la titiller du bout, avant de l'aspirer plus profondément. Elle sursauta, les hanches se soulevant malgré elle, un gémissement lui échappant.
La bouche de Sonia agaça le bout du sein de la jeune fille pendant plusieurs minutes. Puis la succion devint plus intense, rythmée, vorace. Elle aspirait le mamelon d'Agnès comme pour en extraire le plaisir, sa bouche chaude et humide faisant claquer doucement la peau à chaque retrait. Sa langue revenait aussitôt, lapait la pointe gonflée, la mordillait très légèrement, juste assez pour arracher à Agnès un autre gémissement, un peu plus affirmé. Sa main libre s'égarait vers l'autre sein, le modelant avec une tendresse étudiée. Elle le caressait avec une fermeté possessive, pinçait le téton au rythme de la succion, le roulait jusqu'à ce qu'il soit aussi dur et sensible que le premier. Agnès se cambrait, les hanches se soulevant légèrement du transat. Depuis sa poitrine, des frissons la traversaient, gagnant jusqu'au sexe. Le tissu du bikini frottait contre son clitoris à chaque mouvement involontaire.
— T'aimes ça, hein ? souffla Sonia contre le sein humide, sans lâcher la pointe qu'elle maintenait entre ses dents. Regarde comme il durcit dans ma bouche…
Elle reprit la succion, plus profonde cette fois, sa tête se mouvant lentement. Elle alternait entre les deux seins, passant de l'un à l'autre, léchant, aspirant, mordillant. Ses lèvres glissaient sur la peau hâlée, laissant une traînée brillante de salive, jusqu'à ce qu'Agnès halète. La main de la jeune fille s'accrochait à l'épaule de sa cousine, sans repousser, au contraire, mais comme pour l'encourager à continuer. Elle soupirait. Le plaisir montait en vagues lentes, brûlantes. Elle sentait son sexe palpiter, se contracter au bord d'un orgasme. Ses cuisses se frottaient instinctivement, cherchant une friction que le tissu ne pouvait pas offrir.
Mais Sonia releva enfin la tête, les lèvres gonflées et luisantes, un sourire satisfait aux coins de la bouche. Les deux tétons d'Agnès étaient rouges, dressés, brillants de salive, hypersensibles à la moindre brise.
— On est folles ! dit Sonia, en souriant.
Agnès lui rendit son sourire.
— Allez, conclut Sonia. Je rentre… Mon poulet coco va pas se faire tout seul !
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