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✦ Vivi75 Agnès se découvre XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Agnès se découvre — Chapitre 10 · Agnès et Sonia : enfin la paix ?

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Vivi75
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Agnès se découvre

Chapitre 10 · Agnès et Sonia : enfin la paix ?

Après que Cédric eut joui, tout se passa assez vite et, pour Agnès, dans une sorte de semi-conscience. Le souffle court, l'homme remonta son pantalon d'un geste machinal, un sourire satisfait aux lèvres. Puis il s'approcha de Sonia. Il prit son visage entre ses mains, effleura ses lèvres gonflées et luisantes d'un baiser tendre. Il murmura quelque chose à son oreille, qui la fit sourire. Les deux époux s'étreignirent en silence. Plus que jamais, l'amour brillait dans leurs regards. Ensuite, il posa la paume de sa main sur la joue droite d'Agnès et la caressa délicatement. La jeune fille retrouva en lui la tendresse réconfortante, la gentillesse de celui qu'elle croyait connaître.
— Tu as été super. Je t'assure, lui murmura-t-il, avec une profonde sincérité.
Il adressa aux deux femmes un dernier sourire fatigué mais satisfait.
— Vous êtes incroyables, toutes les deux, souffla-t-il, la voix rauque. Je vais me coucher. Continuez sans moi si vous voulez.
Il les abandonna dans un silence épais, chargé d'odeur de sexe et de respirations saccadées. Agnès s'était écroulée dans le fauteuil. La robe bustier remontait sur les cuisses ; les seins nus luisaient de salive et de sperme. Son corps demeurait inerte et ses yeux se perdaient dans le vague. Elle avait le visage rougi par l'effort. Pâteuse, elle éprouvait un étrange mélange d'excitation résiduelle et de honte crasseuse, qui remontait par vagues.
Sonia, après avoir remis en ordre sa nuisette, s'approcha doucement. Son expression avait changé : plus de provocation, plus d'ironie. Une tendresse inattendue, presque maternelle, éclairait son visage. Elle s'agenouilla devant Agnès.
— Hé, ma belle. Ça va ?
Elle prit les mains de sa jeune cousine dans les siennes.
— Agnès, regarde-moi.
Agnès leva délicatement des yeux désespérés vers elle. Des larmes coulèrent lentement sur ses joues.
— Pourquoi ? Pourquoi vous me faites ça ? demanda sa voix cassée.
Touchée au cœur, Sonia l'enlaça et, pour étouffer les sanglots qui montaient, lui murmura des « C'est rien, ma belle. C'est fini » consolateurs. Agnès était lasse, elle se laissait aller contre sa cousine, sans retenir ses larmes. Finalement, la martiniquaise lui dit :
— Viens. On va prendre une douche. Ça nous fera du bien.
Agnès ne protesta pas. Elle n'en avait plus la force, et effectivement, elle ressentait le besoin de se laver. Sa cousine l'aida à se relever. La robe retomba un peu plus bas sur ses hanches. Puis, sans un mot, les seins nus, comme une somnambule, la jeune fille suivit Sonia, qui la mena vers la grande salle de bain du rez-de-chaussée.
L'eau chaude de la grande douche à l'italienne coula bientôt, emplissant la pièce d'une vapeur douce et parfumée. Déjà, Agnès se sentait mieux. Elle trouvait ici une chaleur bienfaisante, une douceur qui l'enveloppait.
Rapidement, Sonia défit sa nuisette, la laissant tomber au sol. D'un œil distrait, Agnès observa à nouveau le corps de sa cousine : ce corps noir, pulpeux, qu'elle trouvait si attirant. Elle retrouva les seins lourds et ronds, aux gros tétons bruns, les hanches larges et la toison bouclée entre les cuisses. Tout ce qu'elle avait aimé d'elle, la première fois, au bord de la piscine. Sans prêter attention au regard de la jeune fille, Sonia attacha ses cheveux avec un élastique et entra la première sous la douche. Elle laissa couler l'eau chaude sur son corps, souffla, puis se tourna vers sa cousine. Elle lui sourit, lui tendit la main pour l'inviter à la rejoindre.
— Allez. Je vais m'occuper de toi.
Agnès, encore sonnée, laissa la robe bustier glisser à ses pieds. Elle ôta maladroitement sa culotte. Il lui sembla qu'en enlevant ces morceaux de tissu, elle respirait enfin. À son tour, Sonia admira le corps nu de sa jeune cousine. Elle admira la carrure d'athlète d'Agnès, qui ne perdait rien pourtant de sa féminité ni de sa sensualité, sa peau mate et lisse, ses seins sur lesquels le sperme de son mari avait fini par sécher, son ventre plat, et ses fesses arrondies. Comme elle, la jeune fille conservait une belle toison brune, épaisse, au niveau du sexe.
Sans réfléchir, Agnès entra sous l'eau brûlante. La chaleur l'enveloppa immédiatement, apaisante, comme un cocon. Elle ferma les yeux, laissant le jet s'abattre sur ses épaules. Sonia la prit dans ses bras, la serrant délicatement contre elle, sans la brusquer. Elles se frôlèrent, peau contre peau, leurs seins se pressant l'un contre l'autre. Déjà l'eau ruisselait sur elles et emportait le sperme, la salive, la sueur. Sonia prit le gel douche, en versa dans le creux de sa paume et commença à laver Agnès avec une douceur infinie, passant d'abord sur les épaules, le cou, descendant sur les seins encore sensibles, puis le ventre, les cuisses. Ses gestes se faisaient lents, presque caressants, sans aucune ambiguïté sexuelle cette fois. Juste de la tendresse.
— C'était vraiment génial ce soir, murmura-t-elle à l'oreille de la jeune métisse.
Agnès posa la tête contre l'épaule de Sonia, laissa les larmes couler, mélangées à l'eau.
— Je… je sais pas ce qui m'arrive… je me sens… bizarre…sale…
Sonia la serra plus fort, ses seins lourds pressés contre ceux d'Agnès, ses mains descendant sur le dos, les reins, les fesses rondes.
— Mais non, lui dit-elle, d'une voix rassurante. Y a aucune honte à avoir. T'as aucun souci à te faire, je t'assure.
Agnès pleurait. Alors, sous le jet chaud de la douche, Sonia prit sa cousine entre ses bras. Elle la cajola. Puis, elle commença à la laver. Elle prit le gant, le savonna, et lava le ventre plat, les cuisses musclées, effleurant l'intérieur, sans insister, juste pour nettoyer, pour apaiser. Elle rinça ensuite studieusement le jeune corps bronzé. Agnès redressait la tête, lentement. La honte s'estompait un peu, remplacée par une étrange sérénité. Elle posa ses mains sur les hanches larges de Sonia, sentit la peau chaude, les courbes généreuses.
— T'es belle, tu sais, lui dit la martiniquaise, en la regardant au plus profond des yeux.
— Merci… murmura Agnès, tandis qu'un sourire discret naissait sur sa bouche.
Sonia l'embrassa sur la joue, un baiser tendre, puis lui rendit son sourire. Elles restèrent encore de longues minutes sous l'eau, enlacées, sans parler. Juste le bruit de la douche, la vapeur, la chaleur. Elles se frottaient, se caressaient le plus délicatement du monde. Elles avaient besoin de ce moment. Agnès se blottissait contre le corps de sa cousine. Sous l'eau brûlante, elle gardait les paupières closes. Les images de cette soirée revenaient malgré elle, diffuses et morcelées. Qu'est-ce qui avait dérapé ? Et pourquoi son corps gardait-il la mémoire de cette excitation trouble ? La chaleur de la douche effaçait les traces, mais pas les pensées. Et puis il y avait Sonia. Sonia, si proche, si enveloppante. Sonia, qui était la main qui pousse, mais aussi celle qui recueille, celle qui console. Agnès se disait qu'elle devrait se méfier de cette femme. Et pourtant, contre toute attente, sa colère s'émoussait, et elle éprouvait pour sa cousine une forme d'attachement confus, presque une reconnaissance ambiguë.
— On est toutes les deux pareilles, finit par affirmer Sonia. Tu t'en rends pas compte, mais je te jure que c'est le cas.
Agnès ne répondit rien, se contentant de savourer ce moment de tendresse pure entre elles. Lorsqu'elles sortirent de la douche, Sonia l'enveloppa dans une grande serviette moelleuse, la sécha doucement, comme une grande sœur. Puis elle lui proposa :
— Viens dormir avec nous, si tu veux. Ou dans ta chambre. Comme tu préfères.
— Ma chambre… répondit Agnès.
Sonia sourit et l'embrassa sur le front. « D'accord », murmura-t-elle. Elle se sécha à son tour et accompagna la jeune métisse jusqu'à sa chambre. Nue, Agnès se coucha sous la couverture épaisse, que sa cousine remonta, et borda.
— Dors bien, ma belle !
Sans bruit, Sonia quitta la chambre. Agnès avait chaud, Agnès était bien, sereine. Cette nuit-là, elle dormit d'un sommeil profond.
Le lendemain matin, il était presque onze heures lorsque Sonia pénétra dans la chambre d'Agnès. Elle avait laissé sa jeune cousine dormir, et profiter d'une grasse matinée bien méritée après la nuit précédente. Après avoir frappé doucement à la porte, la martiniquaise entra, un plateau dans les mains : café fumant, croissants chauds, jus d'orange frais, yaourt, et quelques fruits découpés. Elle portait un simple peignoir en coton blanc, noué lâchement, ses formes pulpeuses à peine contenues. Elle posa le plateau sur la table de nuit et ouvrit les rideaux, à travers lesquels le soleil filtrait déjà.
— Debout là-dedans ! chantonna-t-elle.
Une lumière douce baigna la chambre. Agnès se réveilla progressivement dans la chaleur de son lit, le corps lourd, l'esprit embrumé. Elle mit quelques secondes à émerger. Elle observa sa cousine, et se remémora la fatigue agréable de la nuit dernière, mêlée à une confusion persistante. Sonia, souriante, s'assit au bord du lit.
— Bonjour, ma belle. Bien dormi ?
Agnès se redressa, tirant la couverture sur sa poitrine nue, un peu gênée.
— Euh… oui, merci.
La jeune fille resta un moment immobile. La mémoire lui revenait par bribes : la robe, le salon, les mains de Sonia sur ses seins, la bite de Cédric dans sa bouche, le sperme sur sa peau. Elle rougit violemment sous les draps. Elle se sentait étrangement honteuse mais aussi vivante. « Mais qu'est-ce qui m'a prise ? » songea-t-elle. Sonia lui tendit une tasse de café, ses yeux scrutant le visage de sa cousine avec une attention bienveillante, mais aussi cette lueur malicieuse qu'Agnès commençait à connaître.
— Je t'ai préparé le p'tit déj. Bois, ça te réveillera.
Agnès saisit la tasse, but une gorgée, le café amer et chaud lui faisant du bien. Le silence s'installa un instant, confortable, mais un doute s'empara à nouveau de la jeune métisse. Elle se demanda ce que pouvait dissimuler une telle gentillesse, quelle manipulation perverse pouvait encore cacher sa cousine ! « Elle est si gentille ce matin. Comme si rien n'était arrivé » pensa-t-elle, un peu déconcertée.  
— Cédric ne sera pas avec nous aujourd'hui, annonça Sonia.
— Ah ?…
— Oui. Il est à sa boîte toute la journée. Il doit recevoir le type qui s'occupe de la branche Alsace, je crois. Brunet. Un mec un peu rigide. Enfin, du sérieux quoi.
Agnès soupira. Quelque chose en elle fut soulagé de n'avoir pas à rencontrer le mari de sa cousine ! Sonia croqua dans un croissant, puis posa sa main sur le genou de sa cousine sous la couverture, dans un geste maternel, presque.
— Si tu as faim, mange. Tu as besoin de reprendre des forces.
À son tour, la jeune métisse prit une viennoiserie et mâcha lentement, sous le regard de sa cousine. Celle-ci poursuivit, en la regardant dans les yeux :
— C'est normal… Après la soirée d'hier…
Agnès mordit brutalement dans le croissant. Son cœur se mit à battre. Elle se demandait si Sonia allait lui en parler. Est-ce qu'elle-même voulait évoquer cette soirée ? Elle n'aurait su le dire, éprouvant un mélange d'appréhension et de soulagement. Alors, elle ne répondit rien.
— Tu dois penser que je suis une salope...
La martiniquaise avait dit ces mots très sérieusement, avec de la tristesse dans la voix. C'était comme si elle craignait le jugement qu'Agnès aurait pu porter sur elle. Il y a quelques jours encore, la jeune fille, évidemment, aurait répondu par l'affirmative. Mais il y avait dans la voix de Sonia des accents de sincérité qui l'arrêtèrent. Non, à cet instant, Agnès ne voulut pas la blesser. Alors, Sonia demanda, avec beaucoup de bienveillance dans la voix :
— Écoute, si tu veux, on peut parler un peu ? De cette nuit ?
La jeune fille baissa les yeux.
— Je… je sais pas trop quoi dire.
Sonia sourit doucement.
— Je te l'ai dit ma belle : tu n'as pas à avoir honte. Vraiment pas.
Elle marqua une pause, Agnès but une gorgée de jus. Elle regardait le fond de son verre, mais écoutait avec beaucoup d'attention les explications de sa cousine, explications qu'elle attendait depuis longtemps maintenant. Presque depuis le fameux jour de la piscine :
— C'était intense, hein ? Pour toi, j'imagine que c'était la première fois dans ce genre de situation. Mais je veux que tu saches que tu n'as rien à regretter. Tu as été parfaite.
Agnès rougit légèrement. Parfaite ? C'est donc comme ça qu'ils l'avaient vue ? Cette espèce de compliment flatta la jeune fille. Mais, entre fierté et embarras, elle s'étonna d'accueillir si favorablement cette félicitation étrange.
— Cédric et moi, on est un couple très libre. Très libéré. On aime faire l'amour. Beaucoup. Et on aime multiplier les expériences. Depuis longtemps.
Sonia poursuivait. Elle marqua une pause, comme si elle choisissait les mots les plus appropriés.
— Tu sais, Cédric et moi, on s'aime profondément. On est ensemble depuis quinze ans. Avant de se rencontrer, on a eu des vies amoureuses assez… galères, lui et moi. Disons qu'on n'a pas toujours été très heureux. Et puis, on s'est rencontrés, on s'est trouvés. Et ça a été comme une évidence. Sur le plan sexuel, on a toujours été… ouverts. Au début, c'était juste des fantasmes qu'on partageait au lit. Puis, petit à petit, on a essayé des choses.
Agnès leva les yeux, surprise mais curieuse.
— Vous… vous faites souvent ça ? Avec d'autres ? demanda-t-elle timidement.
— Pas tout le temps. Mais oui, de temps en temps. Des soirées avec d'autres couples, des femmes, parfois des hommes. Ça nous excite et ça nous rapproche, en fait.
Agnès l'écoutait sans trop y croire. La jeune fille n'était pas naïve. Elle savait que ce genre de couple existait. Mais c'était la première fois qu'elle était face à ces pratiques amoureuses. Elle avait pourtant de la difficulté à comprendre comment pouvait durer la relation de Sonia et son époux. Ils s'aiment… et ils font « ça » ? C'est possible ? Elle pensa à Hugo. Tout cela paraissait si loin de leur couple chaotique.
— Et… ça ne vous rend pas jaloux ?
Sonia s'amusa de la candeur de sa cousine.
— Non. On en parle. On fixe des règles. C'est du plaisir partagé, pas de la trahison.
— Ok… répondit Agnès, assez peu convaincue par ce surprenant exposé.
La jeune fille reprit une gorgée de café. Elle était un peu abasourdie par l'aveu de Sonia. Et puis, tout lui revint : Sonia qui l'avait touchée au bord de la piscine, qui avait probablement voulu être découverte en train de sucer les jardiniers, le tiramisu, la prétendue erreur de Cédric dans la cabine d'essayage. Jusqu'à la soirée d'hier. Tout de même : que Sonia et son mari se livrent à ces « pratiques », pourquoi. Après tout, c'était des adultes, ils pouvaient bien faire ce qu'ils voulaient. C'était leur affaire, leurs problèmes. Mais pourquoi l'avoir fait participer, elle, à leurs jeux ? Qu'avaient-ils eu besoin de la manipuler pour en faire une sorte de poupée sexuelle pour assouvir leurs désirs ? Ces pensées révoltèrent un peu la jeune fille.
— Et moi là-dedans ? osa-t-elle.
Sa voix demandait des comptes. Sonia soupira, et répondit :
—Toi ? Toi… Eh bien, toi, tu nous as plu. Terriblement. Tu es belle, jeune, sensuelle.
Les joues d'Agnès rosirent. À la fois flattée et gênée, elle sentit une chaleur monter, mélange de gêne et de flatterie. C'était comme s'ils l'avaient choisie, elle ? Sonia lui faisait une véritable déclaration :
— Quand j'ai vu débarquer ici une femme comme toi… Ton innocence, ton corps, ton désir. Ma belle, tu nous as excités. Tu n'as même pas idée…
— Mais je suis ta cousine, bafouilla Agnès. Je sais pas... je sais pas si on aurait dû…
Sonia la coupa :
— Repense à tout ce qui s'est passé depuis que tu es ici. Est-ce qu'il y a une seule fois où tu n'as pas pris de plaisir ?
Agnès hocha la tête, les yeux baissés. Elle se rappela les sensations de la nuit dernière. Puis des jours précédents. Oui, c'est vrai, c'était bon. C'était très bon. Mais voulait-elle recommencer ? Et le devait-elle ?
— Oui… mais après… je me sens bizarre.
Sonia se pencha, presque confidente :
— T'en fais pas. Les premières fois, c'est intense. Mais tu verras : ça devient addictif. Le plaisir sans tabous. Le corps qui parle, sans la tête qui censure.
Agnès demeurait pensive. Le plaisir sans tabous. La belle affaire ! Cela semblait si simple pour eux ! Sonia caressa doucement le bras nu de la jeune fille. À nouveau, son ton se fit presque maternel :
— Cédric et moi, on aimerait aller plus loin avec toi, si tu en as envie. Mais personne ne te force. Jamais. Si tu veux continuer, explorer, on est là. Sans jugement.
Agnès respira plus fort, le trouble revenait.
— Je… je sais pas si je suis prête pour ça.
Sonia sourit, se leva.
— T'inquiète pas. C'est pas grave si c'est pas ton truc. Mange. Repose-toi. On en reparlera quand tu voudras. Elle sortit, laissant Agnès seule avec son café, ses croissants, et des pensées qui tournaient en boucle.
Le reste de la journée s'étira lentement, comme engourdi. Agnès tentait de recouvrer une normalité, après les heures extravagantes qu'elle avait traversées. Elle se surprenait à tendre l'oreille au moindre bruit : un pas dans l'escalier, une porte qu'on ouvre, une voix. Tous ses sens semblaient aux aguets, comme une bête sur le qui-vive. Elle tenta de s'occuper, rangea sa chambre, tria son linge, feuilleta un magazine, mais sans parvenir à lire vraiment. Chaque geste était mécanique, comme si elle cherchait à se rassurer par l'ordinaire. Mais son esprit, lui, n'était jamais tout à fait là. Les paroles de Sonia tournaient en boucle. « Le plaisir sans tabous. On aimerait aller plus loin. » Ces phrases s'imposaient à elle sans prévenir, surgissaient entre deux mouvements, deux respirations.
En fin d'après-midi, elle s'allongea sur son lit, les bras croisés sur le ventre. Les yeux ouverts, elle fixait le plafond. Les images revenaient malgré elle, moins nettes que la veille, mais chargées d'émotion. Ce n'était plus la scène en elle-même qui la hantait, mais ce qu'elle ressentait désormais : la perte de contrôle, oui, mais aussi l'intensité, l'abandon volontaire. Et surtout une tentation. Elle aurait encore aimé goûter ce plaisir sale, cette brutalité du désir satisfait. Lorsque Sonia passa devant sa porte en lui demandant distraitement quand elle voulait dîner, Agnès répondit mais sentit son estomac se nouer d'une excitation nerveuse mêlée de crainte. Une part d'elle savait qu'elle devrait dire non à tout, pour se protéger. Une autre plus profonde, se demandait combien de temps encore elle pourrait résister à cette tentation douce et à la volupté que lui offrait sa cousine. Elle se répétait qu'elle devait garder ses distances, reprendre le contrôle, mais la sensation étrange d'avoir été désirée, regardée, choisie demeurait. Ainsi, à midi comme le soir, lorsque les femmes mangèrent ensemble, rien n'était plus vraiment pareil. La jeune métisse observait sa cousine et se surprenait à repenser à la proximité de leurs corps près de la piscine, sous la douche, à la douceur de ses mains, à cette présence qui l'avait à la fois rassurée et déboussolée. Même l'épisode du tiramisu revenait. Ces souvenirs éveillaient en elle des élans confus, des envies qu'elle n'osait pas formuler. Elle se sentait coupable de ces pensées, mais incapable de les chasser.
Cédric rentra vers 22 heures. Il se montra aimable avec Agnès, ne fit aucune allusion à la soirée de la veille. La jeune fille lui répondit poliment, mais resta en retrait, attentive à ne pas se retrouver trop près de lui. Quelque chose s'était fissuré, irrémédiablement. Elle ne parvenait plus à le regarder comme avant ; derrière ses gestes courtois, elle percevait désormais une part opaque qui la rendait méfiante.
Finalement, prétextant la fatigue, Agnès regagna sa chambre. Elle s'enferma, se déshabilla, assaillie par ses pensées. Allongée sur son lit, seule, elle sentit l'agitation reprendre possession de son corps. Elle avait besoin d'une voix familière, rassurante, mais aussi que l'on comprenne ses désirs. Peut-être qu'on les satisfasse. Sa frustration devenait intolérable. Elle attrapa son téléphone. Ses doigts hésitèrent une seconde, puis elle appela Hugo. Il ne répondit pas. Elle avait envie de hurler. Elle s'occupa l'esprit, joua sur des applis et rappela plusieurs fois. Quand il décrocha enfin, vers 23 h 30, son cœur se mit à battre plus vite. Elle sourit dans la pénombre, soulagée d'entendre la voix ensommeillée du garçon.
— Allô ? Agnès ? Ça va ?
— Oui… oui, ça va. Je… je voulais juste t'entendre.
Un silence. Elle entendit un bâillement étouffé, un bruit de draps.
— Pour quoi tu m'appelles ? demanda Hugo.
— Comme ça… Pour rien… j'avais envie de te parler.
— Ah ok.
Ils laissèrent passer un nouveau silence.
— T'es encore debout à cette heure-là ?
— Oui oui. Oh Hugo, tu me manques tellement !
— Ouais, toi aussi, bébé. Mais là il est super tard.
— Ah…
Ce n'était pas la réponse qu'elle espérait. Elle s'excusa de l'appeler à cette heure tardive, tout en se gardant bien de lui signaler que lui, contrairement aux promesses qu'il lui faisait, ne la rappelait jamais, quelle que fût l'heure. Ils discutèrent quelques minutes, de tout et de rien. Lui, surtout, parla. Il lui raconta une sortie géniale avec Caro et Virginie, deux filles trop sympas, qu'il avait croisées « par hasard » (deux connasses allumeuses qu'Agnès détestait !) ; il évoqua vaguement un projet d'article qu'il avait pour une revue politique en ligne. Un truc très engagé, qui ferait parler de lui ! Les réponses d'Agnès restaient brèves. Lorsqu'il eut fini, elle insista :
— Hugo, tu me manques. Vraiment.
— Ouais, je sais. Mais là je suis crevé, j'ai passé la journée à bosser sur des projets. C'est chaud.
Agnès ferma les yeux. Elle voulait lui dire. Tout. Ou du moins une partie. Lui dire qu'elle avait envie de lui, qu'elle se sentait seule, qu'elle avait besoin qu'il l'écoute, qu'il la désire.
— Ça me manque trop, de pas avoir ton corps près de moi. J'en crève.
Un rire fatigué à l'autre bout.
— C'est mignon. Mais t'inquiète pas. Tu viens bien finir par revenir, non ?
Elle mordit sa lèvre. Nue sous la couette, elle éprouvait une sensibilité électrique par tous les pores de sa peau. Sa main libre glissa, effleura son ventre, descendit vers son sexe, humide rien qu'à parler au téléphone.
— Je… j'ai envie de toi. Tout le temps. Tu sais ?
— Ouais, moi aussi. Quand tu rentres, on se fait une bonne baise, promis.
Le mot « baise » la fit frissonner. Ses doigts trouvèrent son clitoris gonflé, le caressèrent doucement en cercles lents.
— J'arrive pas à dormir. Je pense à toi sans arrêt, avoua-t-elle, en respirant plus fort.
Mais le garçon ne semblait pas vouloir entrer dans le jeu d'Agnès. La frustration d'Agnès redoubla. Pourquoi Hugo ne partageait-il pas son désir ? Ne devinait-il donc pas, au bout du fil, ce dont elle avait envie ?
— Dis-moi… dis-moi ce que tu me ferais. J'ai besoin de t'entendre.
Un silence plus long. Puis un soupir agacé.
— Sérieux ? Il est super tard, Agnès. Je suis naze. Et j'ai un rendez-vous demain matin pour un truc, c'est important.
Agnès sentit une pointe de déception. Sa main s'immobilisa. Elle le supplia :
— Juste un peu… s'il te plaît. J'ai besoin de t'entendre.
Le souffle court, elle accéléra ses caresses sur son clito raide. Elle imaginait le corps d'Hugo, sa bite ! Là, elle en avait besoin ! « Écoute-moi… s'il te plaît…pensa-t-elle, désespérée.
— Juste un peu… Hugo, je suis… je suis toute mouillée là. J'ai envie de ta voix, de toi.
Nouveau soupir du jeune homme, plus marqué.
— Écoute, bébé, je t'aime, hein. Mais là je tiens plus debout. On en parle demain, ok ? Dors bien.
Elle entendit un bruit de draps, comme s'il se retournait déjà.
— Hugo…
— Ouais ?
— Tu… tu penses à moi, parfois ? Quand tu te touches ?
Un petit rire gêné.
— Ben ouais, bien sûr…. Bon, on se dit bonne nuit ?
— Hugo… attends… parle-moi un peu. Dis-moi que tu penses à moi, que tu bandes pour moi…
Un rire gêné, distant.
— Ben ouais, bien sûr que je bande pour toi. T'es ma meuf. Normal quoi. Allez…
Elle sentit une pointe aiguë dans la poitrine, sa main s'immobilisant. L'urgence de l'instant l'étrangla ! Elle voulait à tout prix le retenir !
— Et quand je te suce, t'aimes ça ? Tu voudrais pas que je te suce là ?
— Bonne nuit, Agnès.
Il raccrocha.
Agnès resta là, pétrifiée, le téléphone contre l'oreille, dans un silence mortel. La frustration avait déferlé sur elle, l'avait recouverte, au point de presque l'étouffer. Elle était chaude, trempée. Tout son corps réclamait une bouche, des mains. Une bite. Mais lui… il ne l'avait même pas écoutée. Il n'avait rien compris. Il n'avait même pas voulu. Même pas fait l'effort. La désillusion faisait si mal !
Des larmes coulèrent sur ses joues. Elle reposa le téléphone ; sa main reprit son chemin, trouva son sexe ouvert et désespéré. Elle glissa deux doigts en elle, imitant ce qu'elle aurait souhaité sentir. Elle se masturba avec rage, les hanches se cambrant, gémissant dans l'oreiller. Mais dans sa tête, ce n'était plus Hugo. C'était la nuit précédente. C'était la bite de Cédric. Les mains de Sonia. Leur désir brutal. Et surtout, cette sensation d'être désirée, vraiment.
Hugo ne comprenait pas. Ne pouvait pas comprendre.
Mais eux oui.
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