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Orientation principale dans ce chapitre
Boss — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Boss
Chapitre 4
Mes collègues ont vraiment une sale gueule ce matin. Yeux rougis, cernes jusqu'au menton, café en intraveineuse. On dirait une armée de zombies en costard.
Moi, bizarrement, je me sens plutôt bien. Un peu de fatigue, bien sûr, mais rien de comparable. L'air frais du matin m'a remis d'aplomb (et peut-être aussi le souvenir de la nuit).
Après, c'est sûr qu'en arrivant avec deux heures de retard, je ne peux être que plus reposé que mes collègues…
Je croise Assia près de la machine à café. Elle me regarde longuement et c'est quand je constate son air interloqué que je me rends compte que j'affiche un grand sourire débile.
— Toi, tu as fait quelque chose…
— Quelque chose ? Je répète en feignant l'innocence. De quoi tu parles ?
— Je parle du fait que tu ne te pointes jamais au boulot avec cette bonne humeur-là, me grille-t-elle. J'en conclus donc que ta soirée d'hier et peut-être même ta nuit se sont très bien passées…
Ah ça, c'est sûr, la soirée est la première partie de la nuit se sont même super bien passées. Mais je ne peux pas vraiment lui dire “oui c'est vrai, j'ai ken le directeur dans sa voiture, sa bite est très grosse et son cul était vraiment agréable”.
— Mouais, j'élude d'un simple haussement d'épaules.
— Tu as pécho qui ? comprend-elle avec un petit sourire en coin. Un collègue ?
“Un collègue”...? L'euphémisme est si grand qu'il m'arrache un rire, presque d'outrance.
— Non, j'élude dans un haussement d'épaule.
— Un inconnu…? Ou… Non, pas Vaure, quand même ?
Merde.
— Vous avez discuté, c'est ça ? suppose-t-elle devant mon silence trop long.
— Oui, voilà… On a discuté. On ne peut rien te cacher, j'élude encore en ne parvenant plus à la regarder dans les yeux. Bon allez, c'est qu'il y en a qui bosse ici. J'y vais.
Évidemment, comme je suis arrivé bien plus tard qu'elle et que je commence ma journée de taf avec une pause café, elle prend ma réflexion assez mal et rouspète. Je quitte la salle de pause en lui tirant la langue, et je rejoins l'open space.
Dans le couloir, je croise Farouk, un autre de mes collègues. On se serre la main poliment, et avant que je ne trace ma route, il me retient par le bras.
— Tu as parlé au directeur Vaure ? m'interroge-t-il.
— Parlé…? Je répète sans comprendre.
Quand il prononce le nom du boss, inévitablement, je revois son visage dévasté par le plaisir, juste en dessous de moi. Je me remémore ses petits couinements à mesure de mes coups de bite et me dis que, étant donné que nous n'avons pas vraiment “parlé”, je suppose que mon collègue ne fait pas référence à ça.
— Il nous a demandé où tu étais, ce matin. Il avait l'air vénère de pas te voir.
— Ah ouais ?
— Il nous a dit de te dire d'aller le voir quand tu arrives, parce que ça avait l'air de vraiment le saouler de te chercher partout.
Je n'arrive pas à réprimer le sourire de teubé sur ma gueule. Le fait qu'il me cherche partout me flatte, mais le fait qu'il soit “vénère” un peu moins. J'ai envie de croire qu'il m'attend pour échanger sur notre dernière… conversation… mais une sale sensation me prend et je crois que l'intimité partagée d'hier soir ne pèsera pas lourd face à mon défaut de ponctualité.
— Ok, bah… Je vais le voir, alors, je soupire.
On se salue brièvement avec Farouk, et chacun continue son petit bonhomme de chemin. Quand je passe devant le bureau de Vaure, je zieute vite fait par la vitre pour voir dans quel état je vais le trouver. À son visage fermé, ses cernes violacées et ses lèvres pincées, je saisis qu'il est carrément sur les nerfs et que je m'apprête à passer un mauvais quart d'heure.
Bon, allez. Courage. Ça ne va pas être aussi horrible, non ? Il ne va quand même pas me manger…
Je me marre tout seul en me disant que j'aimerais bien “qu'il me mange”, moi…
Je reste quelques secondes devant sa porte, attendant qu'il relève la tête de lui-même pour m'inviter à entrer. Mais il est bien trop concentré sur le dossier qu'il tient devant lui, sur son bureau. Concentré ou au bout de sa vie, avec ses mains plaquées de chaque côté de son visage, comme si sa tête était trop lourde à supporter aujourd'hui.
Est-ce qu'il n'aurait pas la gueule de bois…? Bien sûr que si.
Je toque. Il se redresse. Me fait signe d'ouvrir.
Je fais un pas dans son bureau, et la lourdeur qui s'en échappe m'étouffe direct. Il ne dit rien, et moi non plus. Je patiente pour qu'il parle, il patiente pour que je parle, et pendant un instant, on se regarde dans le blanc des yeux.
— Oui…? me lâche-t-il froidement en inclinant la tête avec insistance. C'est pour…?
Ok… Visiblement, je le dérange…
— “Bonjour”, je rétorque un peu agacé. Les collègues m'ont dit que vous vouliez me voir.
Regard impassible, long silence. Les secondes passent. Finalement, il expire, ferme le dossier sur son bureau, et jette un coup d'œil à sa montre hors de prix accrochée à son poignet.
— Quinze minutes de retard il y a 2 jours, observe-t-il. Je vous ai repris dans mon bureau pour vous demander de venir à l'heure au travail. Et aujourd'hui… Deux heures de retard…?
Il ne termine pas sa phrase. Il me laisse comprendre tout seul comme un grand son “c'est du foutage de gueule…?” implicite.
— Ça va, je relativise en levant les yeux au ciel. Vous savez bien que je rattrape le soir. Je décale juste mes horaires.
— Et la personne qui vous a autorisé à le faire, c'est…?
Long silence.
— Visiblement pas vous, je constate.
— Voilà. Pas moi. La prochaine fois, vous prenez un blâme.
Sa colère me gonfle, mais j'arrive encore à l'accepter. En revanche, sa menace, que je trouve complètement démesurée, me sort de mes gongs.
— T'es sérieux…?! je lui rétorque subitement.
Le bleu de ses yeux me décapite. Il me fixe si glacialement que je me tais sur-le-champ.
Ma réaction ne lui plaît pas. En même temps, je m'énerve moi aussi, et je me mets à le tutoyer. Je peux comprendre qu'il voie rouge.
— Pardon…? murmure-t-il, sidéré.
Ses mots sont une baffe.
Je m'empresse de fermer la porte. Non pas pour partager un moment d'intimité avec mon boss, mais loin de moi l'idée de faire une esclandre devant toute l'agence.
Vaure me regarde avec deux grands yeux ronds.
— Désolé, j'essaie de me rattraper. Mais franchement, ça n'a pas de sens. Vous savez que je fais mes heures. Vous savez que je bosse vite et bien. Je traite plus de dossiers que n'importe qui. J'ai déjà prouvé que vous pouviez me faire confiance. Pourquoi vous en faites tout un plat ?
— Parce que si je vous autorise ça, alors je devrais l'autoriser aux autres, dit-il simplement. Parce que si je vous autorise, Jonas, après, vous me demanderez plus. Vous avez un problème avec l'autorité. Vous chercherez toujours à faire comme bon vous semble. Je n'ai pas envie de créer des conflits, ni entre nous, ni avec mes autres employés.
— Mais lol… C'est moi qui ait “un problème avec l'autorité”...? je marmonne. Vous ne cherchez pas la collaboration entre nous. Vous cherchez l'obéissance. La soumission. C'est de l'autoritarisme. Vous voulez que je fasse ce que vous dites uniquement par principe, et même si cette chose n'est pas logique.
— Oui, réplique-t-il sans desserrer les dents. C'est le principe d'une hiérarchie. Si vous n'êtes pas à l'aise avec ça, je vous invite à monter votre propre boîte et à n'avoir que des “collaborateurs”.
Quel con.
Sa repartie me fait halluciner, parce qu'elle ferme le débat avec tout ce que je suis en train de lui reprocher : l'utilisation abusive de son pouvoir. Il se permet de me parler comme ça uniquement parce que c'est le boss.
Mais au fond… Il n'a pas tort non plus. Je suis juste vexé d'être logé à la même enseigne que tout le monde. Déjà parce que je fais du bon taff, je le sais. Et, parce que, lui et moi, on a quand même… Enfin bref.
— C'est ce que vous voulez…? insiste-t-il devant mon silence. Partir pour de plus vertes prairies ?
— Non…, je réponds à voix basse. Ce n'est pas ce que je veux.
— Vous êtes mon employé, Jonas. Que ça vous plaise ou non, il y a des règles, ici. Je n'aurais pas la patience de vous prendre une troisième fois dans mon bureau. On se comprend ?
Le silence qui suit est brutal. Je serre les dents. On se mate comme deux chiens féroces prêts à s'affronter.
— Moi, je lui renvoie frontalement. J'ai bien eu la patience de vous prendre dans votre voiture, pourtant.
Il se décompose. Vaure se décompose. Il essaie de rester de marbre mais ma remarque le laisse sans voix.
Ouais, je sais. J'abuse. C'est pas très fair-play. Et en même temps, la manière dont il fait comme si tout ça ne s'était jamais produit me rend dingue.
— Il ne s'est rien passé, Jonas, se défend-il.
Bah voilà… Qu'est-ce que je vous disais…? T'es un gros lâche, Axel Vaure.
— Je vous ai sodomisé à l'arrière de votre berline, je lui rappelle sèchement. Mais peut-être étiez-vous trop bourré pour vous en souvenir.
Il plonge son visage dans sa main et souffle. Il n'est pas surpris. Il se “souvient” très bien.
— Il ne s'est rien passé, réitère-t-il comme si j'étais sourd.
— Je vous ai sucé la bite. Léché le cul. J'ai jouis en vous et vous vous êtes masturb…
— JONAS !
Il hausse le ton et je me tais. Je n'aime pas qu'on me crie dessus mais je ne peux pas non plus dire que je ne l'ai pas mérité. Après tout, je lui ai volontairement remis dans la gueule ce qu'on a fait et de manière assez sale.
— IL. NE S'EST. RIEN. PASSÉ.
Il hache sa phrase en ponctuant chaque mot avec son index, comme si j'étais un gosse qu'on sermonne et qu'il voulait que son message s'imprime de façon indélébile dans ma cervelle.
— Hier, précise-t-il. Nous avions bu et ça a dérapé. Ça ne se reproduira pas.
— Ah oui…? Et ça “dérape” souvent avec vos “employés”, comme ça ?
— Ça ne se reproduira pas, Jonas. Laissez ouvert en sortant.
Je cligne des yeux plusieurs fois, le temps de comprendre qu'il me met gentiment à la porte.
— Si ça vous fait plaisir de le croire, je le rembarre. Tant mieux pour vous.
Il se contente de détourner le regard, de lisser une pile de dossiers, de remettre en place un stylo sur son bureau. Geste précis, mécanique. Sa rigidité le rassure certainement.
Je sens la colère me monter. Je tourne les talons, claque la porte derrière moi et ne laisse surtout pas “ouvert en sortant”.
…
J'ai passé une journée pourrie.
Le genre de journée où tout va de travers : dossiers perdus, mails sans réponse, café froid.
Et lui. Toujours lui, planant quelque part dans ma tête, comme un fantôme en costume. Par un heureux hasard, il se barre de la boîte avant moi, et j'ai enfin l'impression de respirer.
Quand l'heure de partir arrive enfin (avec deux heures de décalage, évidemment), je soupire de soulagement. Je veux juste rentrer, prendre une douche, dormir, oublier tout ça.
Je range mes affaires, enfile mon sac à dos, casque de vélo sous le bras, et hop, direction l'ascenseur. Je grimpe dedans, le fais descendre au rez-de-chaussée, et m'apprête à sortir quand les portes s'ouvrent, et… Je me retrouve nez à nez avec mon boss.
Vaure…? Mais qu'est-ce qu'il fout là…?!
Je ne bouge pas. Je reste figé, devant le dirlo qui me fixe, entre sans un mot et attend que je me casse pour appuyer sur le bouton du deuxième étage.
— Vous descendez ? finit-il par me demander sans masquer son impatience.
— Non, je… J'ai oublié mes clefs… sur… mon bureau…
Je mens. J'improvise une excuse à deux balles, sans savoir trop pourquoi, mais là, c'est comme si l'envie de rentrer m'était complètement passée. Comme si le voir me faisait ressentir le besoin de ne pas m'en aller.
Pour… Quoi…? En découdre avec lui ?
C'est vrai que j'ai encore en travers de la gorge notre dernière discussion, mais… Je sais pas. Il y a un truc pas normal chez lui ce soir, une sensation désagréable, un mauvais pressentiment qui m'oblige à rester avec lui.
Il hausse les épaules avec désintérêt, appuie sur le bouton, et les portes se referment.
Pendant qu'on grimpe, le silence entre nous est pesant. J'ose jeter un œil en sa direction, et capte sa chemise froissée, sa cravate nouée à l'arrache ou encore ses cheveux mouillés un peu en désordre. À l'évidence, il était chez lui, a pris une bonne douche, et s'est vu contraint de ressortir.
Ma curiosité perdure. Il finit par me griller et tourne franchement la tête vers moi. Son regard se plante dans le mien, presque outré, comme si j'avais été un vieux pervers qui s'amusait à le reluquer dans les chiottes.
— Quoi ? fait-il.
— Je vous croyais parti, j'observe.
— Comme vous le voyez, je suis là.
— Oui, je vois, en effet. Une urgence ?
— Rien qui vous concerne.
Ok. Pas super sympa, là…
Son ton désagréable commence sincèrement à me gonfler. Je n'ai pas envie qu'on se reprenne la tête, alors je tente de me calmer et d'entamer cet échange sous un angle plus diplomate.
— Écoutez…, je lance. Je suis désolé pour tout à l'heure. Je comprends votre point de vue et je ferai un effort pour faire ce que vous me demandez.
Long silence.
— N'en parlons plus, murmure-t-il.
Sa phrase sonne davantage comme “Ne parlons pas.”
Bon… Il ne m'aide pas trop, là…
Les portes de l'ascenseur s'ouvrent et Vaure trace sans demander son reste. Je presse le pas en le suivant, sans trop savoir pourquoi, et finis devant son bureau à l'observer allumer la petite lumière, jeter son sac sur sa chaise, desserrer sa cravate nerveusement et expirer lourdement. Il relève les yeux sur moi en se rendant compte de ma présence et son visage se ferme davantage.
— Quoi ?
— Vous êtes vraiment chiant, je lui lâche. J'essaie d'être cool, là.
Pas de réponse. Même pas un sermon.
L'atmosphère est tendue, presque irrespirable.
— Et vous, un petit merdeux, Perreira, répond-il. Pourquoi vous vous obstinez à me les casser, ce soir ? N'avez-vous rien d'autre à faire ?!
Sa voix part dans les aigues quand il se met à hurler. Je zieute le boss avec stupéfaction. Je ne le connais pas très bien, mais il n'a pas l'air du genre à perdre ses moyens aussi facilement.
— Vous ne voulez pas vous asseoir ? je lui propose en lui indiquant le sofa.
Il me regarde, regarde le sofa avec incrédulité, et hoche la tête.
— Pourquoi je ferais ça…?
— Pour discuter. Vous n'êtes pas bien et vous avez besoin de parler.
— Je n'ai besoin de rien, Perreira. Partez, s'il vous plaît.
J'entre et ferme la porte derrière moi.
— Ce n'est pas ce que “partez” veut dire, me fait-il remarquer.
— Je sais. Je ne comptais pas vous obéir.
— Étonnant, me tacle-t-il avec sarcasme.
Entêté, il s'avance vers moi, chope la poignée de la porte pour ouvrir cette dernière, mais je la reclaque d'un coup sec.
Son regard s'assombrit.
— Monsieur, je commence.
Il ne me laisse pas finir. Il me plaque violemment au mur. Et quand je m'apprête à recevoir un coup, à la place, c'est son souffle, qui me percute. Son souffle chaud, humide, emballé par l'émotion, et précurseur de ses lèvres qui se déposent sur les miennes.
Hou… Si je m'attendais à ça…
Le choc est brutal. Sec. Brûlant.
C'est un baiser qui n'a rien de réfléchi, une pulsion animale, presque maladroite.
Ses mains se posent à plat de chaque côté de mon visage pour m'immobiliser la tête et enchevêtrer sa langue bouillante à la mienne.
Mm… Tellement torride…
Je ne dis rien. Je ne peux pas. Il emprisonne tout mon air, et puis… je n'ai pas envie de briser ce moment irréaliste.
Il m'emballe comme un dingue, m'attrapant fermement par la taille et me paralysant contre le mur. Son grand corps, pressé contre le mien. Ses lèvres s'écrasent sur les miennes dans un baiser humide et presque violent. Je le lui rends. Nos langues s'entrelacent avidement. Ses dents accrochent ma lèvre, me faisant gémir de désir.
Ses mains parcourent mon corps avec une urgence désespérée. Ses doigts enserrent ma ceinture tandis qu'il trace un chemin de baisers mouillés le long de mon cou, sa joue râpeuse accrochant délicieusement ma peau. Je penche la tête en arrière, lui offrant un meilleur accès. Mes mains agrippent ses larges épaules pour me stabiliser. Il se penche. Son souffle sonore résonne dans mon oreille. Il est emballé, comme après une course effrénée, et je me délecte de ses tout petits râles d'excitation qu'il ne parvient pas à taire.
Ma ceinture ouverte, le bouton de mon pantalon défait, ma braguette descendue, Vaure se met à genoux et…
Quoi ?! Ne me dis pas qu'il va me…
Ses grandes mains se calent sur mes hanches. Il tire sur mon futal, tire sur mon boxer, et déploie une érection solide que je ne suis plus en mesure de lui cacher. Mon gland est déjà humide d'envie. Le boss lève ses yeux bleus, me regarde, avant de se courber en avant et de prendre ma queue dans sa bouche.
Ah si, il le fait…
— Oh…, je soupire.
Mes yeux se ferment. Ma tête retombe contre le mur dans un “poc” à peine audible.
La sensation de sa langue chaude sur ma bite est presque trop intense. Il me suce avec une avidité désespérée, ses mains empoignant mes cuisses tremblantes pour me maintenir en place. Je peux sentir chaque mouvement de sa langue, chaque pression de ses lèvres, me poussant de plus en plus près du bord du gouffre. Je sens qu'il va m'achever au moment où il m'enfonce dans sa glotte.
— Att… Attends, je lui murmure en l'arrêtant, une main dans ses cheveux noirs. Pas trop vite…
Il comprend le message. Il se redresse. Je ne lui laisse pas le temps de reculer ; cette fois, c'est moi qui l'attrape et lui roule une pelle de malade. Il gémit. Je tremble. Son visage plonge dans mon cou, et à défaut de me tailler une pipe, il me caresse la queue. Doucement. Et surtout, il me laisse faire quand je le désappe, sors sa grosse trique, et que je commence à le branler à mon tour.
Mm…
Jouer à “touche-pipi”, c'est pas trop ma came, en général. Disons que dernièrement, avec ma rupture amoureuse et mes conquêtes d'un soir, le sexe se résumait plus à… une bonne baise. Sans attache. Sans émotion. Juste se vider les couilles.
Mais là, c'est différent. Vaure me fait palpiter de tout mon corps. Chaque parcelle de sa peau qui rentre en contact avec la mienne est en ébullition. C'est une dinguerie. Et avec lui, oui, juste se masturber suffit à me faire décoller.
Plic
Plic
Plic
Le bruit de nos mouilles emplit le silence du bureau. J'adore entendre son excitation suinter dans ma paume et la mienne dans la sienne. Il me trempe carrément la main. Et même si notre énergie s'est canalisée, ce qu'on fait là n'est pas moins terriblement bandant…
— Tu suces bien, je lui susurre à l'oreille.
Sa tête tourne légèrement. L'odeur de sa joue m'envoie dans les poumons les effluves émoussées de son après-rasage et me rend complètement fébrile. Ses yeux bleus plongent dans les miens et il m'observe avec un petit sourire. Je mate ses lèvres, complètement sous le charme.
— Juste “bien”...? me taquine-t-il.
— Bon d'accord, j'admets en lui collant un nouveau baiser. Tu suces trop bien.
On s'embrasse en silence pendant de longues secondes, et Vaure rompt ce contact pour m'étreindre subitement et avec force.
Un câlin…?
Il est étrangement tendu.
Ses épaules se mettent à trembler. Mais… il n'est pas en train de rire. Il est en train de pleurer.
Je soupire, calme mes ardeurs et resserre les bras autour de lui.
— Et là…? je lance en tâchant de garder mon sang-froid. Tu te mets à chialer devant ton pire employé et tu vas continuer de dire que tu “n'as besoin de rien” ?
J'essaie de l'écarter de moi pour le regarder en face, mais il fait de la résistance.
— Axel… Qu'est-ce qu'il se passe ? Je l'interroge. Je t'ai fait mal…?
Il renifle. Je réussis finalement à le détacher de moi. Je le fixe essuyer ses larmes avec désarroi.
— Ma femme…, sanglote-t-il après un long silence.
Sa… quoi…?
Mes yeux tombent sur son alliance. Je me rappelle qu'il est marié. Je me rappelle ce coup de téléphone, quelques jours plus tôt, quand il a appelé son interlocuteur ”ma chérie”.
Ah oui. C'est vrai. Un hétéro curieux.
Je n'ai rien contre eux. J'ai juste beaucoup du mal avec le fait qu'ils fassent cocu à leur meuf. Et j'ai aussi beaucoup de mal avec le fait que je suis le gay de service pour les y aider.
Je suis surtout blasé. Touché par sa détresse, mais blessé par son égoïsme. Et là, je suis sensé faire quoi ? Le consoler ? Alors qu'il me brise le coeur ?
— Ouais…, je soupire.
Il est grave beau, en larmes, là. Le blanc de ses yeux est rougi par sa peine et fait ressortir ses iris bleus.
— Tu veux faire quoi ?
— Je ne sais pas, dit-il d'une voix éteinte. J'aime ce qu'on fait, Jonas, mais… je culpabilise…
— Bah, normal…, je largue en haussant les épaules. Tromper ta femme alors qu'elle t'attend à la maison, c'est quand même moyen.
Vaure relève sur moi un regard noir qui me glace le sang. Je suis un peu pris de court par sa réaction.
— Quoi… J'ai dit une connerie ? je lui demande.
— Elle est morte, Jonas.
Je cligne trois fois des yeux, mais je ne comprends pas ce qu'il me raconte.
Heu… Quoi…?
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Commentaires ()
Bon, même s'il est en ligne, je le réserve pour plus tard. Je lis selon mes envies du moment.
PS: j'ai toujours pensé que lorsqu'il disait au téléphone ''chérie'', il s'adressait à sa fille. Mais bon, peut-être fais-je erreur? À voir par la suite. ;)