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Orientation principale dans ce chapitre
Boss — Chapitre 7
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Boss
Chapitre 7
Une pluie fine me tombe dessus quand je sors du tram, brouillant les néons qui colorent les façades de reflets roses, bleus, violets. J'avance en tenant le col de ma veste, frigorifié par le froid de la nuit.
Je tremble, euphorique à l'idée de rejoindre mon boss, dans ce petit resto japonais au coin de la rue.
On a débattu pendant près de vingt minutes du lieu du dîner, tout à l'heure, dans son bureau.
La première fois qu'on a mangé ensemble, quand je l'ai aidé à classer les archives, il avait commandé pizza.
La deuxième fois, après qu'il m'ait ken sur son sofa, j'avais pris des burger.
On dirait que notre petit tour du monde gastronomique continue gentiment sa route au pays du Soleil Levant.
J'arrive devant l'auvent rouge. Une fresque de carpes Koï entourées de samouraïs et du Mont Fuji traverse la vitrine. Vaure a l'air de la kiffer. Je le sais, parce qu'il est tellement obnubilé à la regarder, qu'il ne me voit même pas m'arrêter à côté de lui.
— C'est joli, je lance dans une moue impressionnée.
Il baisse rapidement la tête vers moi, et, sa surprise passée, laisse un petit sourire s'esquisser au coin de ses lèvres. Moi, je m'efforce de garder la face alors que je le dévore des yeux. Comme d'habitude, mon directeur s'habille avec classe, mais la touche décontractée qui teinte son look pour l'occasion me fait totalement bader.
— Vous êtes très beau, Jonas.
Et voilà qu'il me prend de court, comme s'il lisait dans mes pensées. J'ouvre la bouche, étonné, et aucun mot n'en sort. Je ne sais pas quoi répondre. Pire, je sens la gêne me brûler les oreilles.
— Vous rougissez...? s'emmerveille-t-il dans un gloussement.
Toujours rien à dire. Je laisse tomber mon visage dans mes mains pour me cacher, sans comprendre ce qu'il est en train de m'arriver. Un pincement, dans la poitrine, me coupe la respiration.
— J'ai mis... Une vraie chemise, pour vous..., je balbutie, presque avec indignation.
— J'ai vu, m'assure-t-il. Je mérite une si belle attention de votre part ? C'est sincèrement touchant.
Il se moque de moi, l'enfoiré. Tout ça parce que je me pointe au taf avec des chandails froissés.
Vaure me regarde. Son sourire s'efface doucement. Il encercle ma nuque de son bras, me rabat contre lui, et pose un baiser sur ma tête.
— Allons manger, Jonas. Ça vous va ?
...
Un long silence se profile alors que nous avons les yeux rivés, chacun, sur la carte.
La musique d'ambiance, ainsi que les volutes des gros poissons chats dans l'aquarium, animent ce petit restaurant aux couleurs chaudes. L'endroit est peu fréquenté, non pas par manque de succès, mais parce que nous arrivons bientôt sur l'heure de fermeture.
— Vous avez choisi ? nous questionne le serveur avec un très léger accent japonais.
— Oui, je réplique. Axel ?
Il relève ses yeux bleus de la carte pour les poser sur moi, désemparé. On dirait que m'entendre prononcer son prénom le déstabilise, bien que ce ne soit pas la première fois. Ses iris brillent d'une lueur turquoise intense qui me fait tomber à la renverse.
— Ramen au poulet pour moi, finit-il par répondre en comprenant que je lui laissais l'honneur de commencer. Et vous...?
— Un assortiment de maki... Le "combos 18 pièces", s'il vous plaît. On se prend une bière ?
— Un assortiment de maki... Le "combos 18 pièces", s'il vous plaît. On se prend une bière ?
Le boss acquiesce dans un "bonne idée".
— Et deux bières.
- "...Deux bières...", finit d'écrire le serveur. C'est noté, on vous apporte ça !
— Merci.
Il s'éloigne, et on se mate en silence.
Avec tout ce qu'il s'est passé entre nous, je ne sais pas pourquoi j'arrive encore à être stressé. J'ai les mains moites, j'ai l'impression que le col de ma chemise est trop serré et m'étrangle, que les murs autour de moi sont en train de se rapprocher, et que ce putain de rythme cardiaque ne cesse de s'emballer à chaque fois que je pose un œil sur lui.
Dans un rire nerveux, j'expire doucement, et Vaure me mate, interloqué.
— Tout va bien, Jonas ?
— Non.
— Non.
J'essaie de mettre une signification à tout ce chao, mais ce n'est pas évident.
— Vous et moi, j'enchaîne. On s'est pris la tête trois ou quatre fois, et on a quoi... Baisé deux fois ? Et malgré ça, c'est maintenant que je suis nerveux avec vous.
— Vous vous sentez mal à l'aise...?
— Vous vous sentez mal à l'aise...?
Merde. Voilà qu'il croit que sa compagnie me pèse.
— Non, Axel, je tente de le rassurer. Pas ce "malaise" là. Plutôt...
Je ne sais pas quoi dire. Par réflexe, je mime. Une main tambourinant contre ma poitrine. Vaure me scrute avec une telle surprise que son visage d'ordinaire impassible se défait.
— Des sentiments...? demande-t-il.
-- Hum.
Il a l'air... Affolé. Ou inquiet. Ou sidéré, je ne sais pas vraim...
POC.
POC.
POC.
Le serveur vient de déposer deux bières japonaises sur la table.
Si je marmonne un "merci", mon boss continue de me dévisager en silence.
— Bref, je lâche pour passer à autre chose. Semaine tendue, pour toi ?
Il me regarde encore, baisse les yeux au sol et finit par acquiescer.
— Le dossier que je vous ai refait faire en urgence - et je m'en excuses, Jonas, vraiment, est celui d'un gros client qui s'est vu avoir des problèmes fiscaux à cause d'une comptabilité bâclée. Ce n'est pas le seul. Depuis lundi, les réclamations, les plaintes, les dossiers concernés s'accumulent, et je me retrouve à devoir passer des appels ou me déplacer tous les jours pour essayer de remettre un peu d'ordre. Avec les clients, mais avec le siège de la boîte qui n'est pas du tout satisfait de ce qu'il se passe.
— Normal, je murmure avec évidence. C'est pour ça que tu as été absent toute la semaine.
— Oui... J'ai mis quelques cadres sur le coup, mais il y a trop à faire. J'ai fait appel à vous parce que vous êtes compétent et fiable dans votre travail. Je suis désolé que notre communication en ait été impactée.
— Non, je comprends, t'inquiète. Si je peux t'aider, franchement, c'est sans hésiter.
Il sourit, l'air sérieux, une main contre la bouche.
— Des têtes vont tomber, me glisse-t-il.
— Des licenciements ? J'essaie de comprendre.
— Huhum. Vous gardez ça pour vous, Jonas. Ce n'est pas officiel.
— Non, je ne dirais rien mais... Vous êtes concerné ?
— Non. Vous non plus.
Je soupire. Davantage soulagé qu'il ne perde pas son taf plutôt que je ne perde pas le mien.
— Par contre, la RH risque de sauter.
— Valérie ?
— Et certains de vos collègues.
— Assia...? je grimace avec appréhension.
Léger hochement de tête.
— Non, Axel... Elle est mère de deux enfants...
— On est beaucoup à être parents, consent-il. Mais ce n'est en rien un totem d'immunité. Je sais que vous l'appréciez, mais son rendement est au plus bas. Le nombre de dossiers qu'elle traite à la journée est insuffisant. Elle a autant d'ancienneté que vous, mais elle, elle nous coûte cher pour peu de résultats. Ce n'est pas un bon investissement.
— Elle n'est pas un appartement à louer, Axel. C'est une personne. Tu peux pas parler des gens comme ça.
— Jonas...
Il soupire.
— Je comprends votre point de vue, et je suis d'accord avec vous... En partie. Garder un salarié qui ne réalise pas son chiffre et réalise de la perte, c'est risquer l'avenir de la boîte et la pérennité des autres postes. Des autres "personnes" qui elles travaillent bien. Écoutez. Je n'ai pas dit qu'assia allait être mise de suite sur la touche. Mais... Essayez de la motiver à faire mieux. Je ne vois que ça.
Je souffle lourdement, ennuyé. Je tiens à Assia mais le discours du boss est un discours de boss. Et dans une entreprise telle que la nôtre, ça a du sens. Je ne peux pas aller contre la postérité de ma propre boîte...
— Ouais. Ça marche.
Silence.
— Au moins, tu vas avoir un weekend plus calme, maintenant, je lance.
— Il me reste quelques urgences à traiter dans les prochains jours, mais oui. J'espère pouvoir souffler un peu.
— Je peux t'y aider ce soir...
Il penche la tête sur le côté et me regarde avec un petit sourire.
— Ah oui ? Et comment...?
— En... Goûtant avec mes lèvres... Un gros litchi juteux...
Pas fine, la métaphore. Il n'y a qu'à voir les sourcils de Vaure se hausser pour comprendre que l'allusion était purement sexuel.
— Le dessert se prendra directement à l'hôtel, donc ? en déduit-il.
J'acquiesce sans le quitter des yeux, un sourire de petit con sur la tronche. Son regard se pose sur ma lèvre quand j'ai le réflexe de la mordiller.
— Tenez, Jonas, me rembarre-t-il en me poussant la panière de chips de crevettes. J'ai l'impression que vous avez la dalle, ce soir.
J'éclate de rire.
...
Le temps file à une vitesse fulgurante. Il est presque 23h, le resto va fermer ses portes, et Vaure et moi nous nous levons pour rejoindre la sortie. La main dans son manteau, il cherche son portefeuille. Je le devance pour aller payer la note. Il n'est pas content, râle en disant qu'il m'invitait.
— Tu as réservé l'hôtel à tes frais, non ? je lui fais remarquer. Laisse-moi au moins payer la bouffe.
Il n'a rien à redire, à part un :
— Vous êtes chaud pour qu'on passe la nuit ensemble, alors ?
À son ton et son air presque candide, je devine que le choix de ses mots n'a rien de sexuellement provocant. Il veut juste s'assurer que nous sommes sur la même longueur d'ondes.
Mais ça me fait sourire et, devant la fresque du samouraï aux carpes Koï, je me hisse sur la pointe des pieds, le chope par les jours et l'embrasse.
- " Super chaud", je réponds.
Il sourit, hoche la tête, et je marche à côté de lui dans l'air frais de la nuit pour regagner sa voiture garée contre le trottoir.
Quand j'ouvre la portière, l'odeur du cuir, du sent bon et de son parfum me flashe immédiatement des images de notre première fois sur cette même banquette arrière que je suis en train de zieuter. C'est dans cette caisse que je l'ai ken, et rien que du repenser, ça me fout une trique de malade.
On s'installe. Vaure démarre le moteur et rejoind la route. Pendant quelques minutes, on ne parle pas. Mais c'est lui, si c'est le silence en premier. Quand il me bazarde un soudain :
— Vous avez toujours de la place pour le dessert...?
Je tourne les yeux sur lui, les plisse en essayant de saisir le sens de sa phrase.
Mais là, ce que je capte dans son regard - cette intensité animale et dominatrice, rend les choses limpides.
— Vous avez un litchi à me proposer...? je l'interroge dans un rire bas.
- "Très juteux", oui, affirme-t-il.
Je me ronge l'ongle du pouce en matant à travers la fenêtre. Vaure vient de décupler mon excitation en deux phrases, et voilà que je me mets à lubrifier mon boxer de mouille quand un putain d'ados en chaleur.
L'air de l'habitacle est étouffant et saturé phéromone. Quand j'ose reposer les yeux sur mon boss, c'est pour l'observer autrement. Avec désir. Avec une tension sexuelle que je ne parviens ni à réfréner, ni à lui cacher.
— J'ai super envie de toi, je lui lance. Vite, qu'on arrive...
— Pour faire quoi...? me provoque-t-il.
— Te baiser par tous les trous possible.
Haussement de sourcils, ouverture de bouche, souffle alourdi, Vaure fixe la route et une certaine tension anime les muscles de sa gorge. Je l'entends déglutir, comme brusquement assoiffé par une écrasante montée en température.
On s'échange un nouveau regard. Une promesse silencieuse.
Celle de profiter de cette soirée.
...
On arrive à l'hôtel. Il se gare dans le parking sous-terrain. Il ouvre le coffre pour récupérer nos sacs. Ferme ce même coffre, contre lequel je le plaque brusquement. Je l'embrasse. Mes mains se faufilent sur sa taille, son torse, sa joue. Il en lâche les sacs et répond à mon baiser plus violemment et plus profondément que j'ai pu le faire.
— Attendez, Jonas..., halete-t-il. Pas... Ici...
Il me prend par la main.
Par.
La.
Main.
On marche vers l'ascenseur. On grimpe. Bouton appuyé, direction l'accueil.
L'ascenseur monte. Nous aussi. Au septième ciel, quand on s'emballe encore.
Les portes s'ouvrent. Il va au comptoir.
— Monsieur, bonsoir, dit le réceptionniste.
— Bonsoir. Une chambre au nom de "Vaure, Axel".
— Oui. Pour deux personnes ?
— C'est ça.
— Avec la taxe de séjour multipliée part deux, ça vous fait un total de 175 euros.
Outch...
— Par carte ?
— Oui.
Vaure paie puis revient vers moi. Ascenseur de nouveau, direction le troisième étage. Dans le couloir, on presse le pas. Carte magnétique, ouverture de la chambre, il a à peine le temps de refermer la porte derrière nous que je le plaque au mur.
— La note est salée, je lui fais remarquer.
— Il n'y a pas que la note, qui va être "salée", me prévient-il alors que je défais les boutons de sa chemise.
— Mm...
Je l'embrasse. Partout. Le léche. Du cou, jusqu'au nombril. Sa main pèse sur ma tête et m'accompagne avec une certaine autorité quand je m'agenouille au sol.
Je relève les yeux sur son corps inondé d'une faible lumière filtrant à travers la fenêtre. Tout est sombre. Intimiste.. Silencieux et sonore à la fois.
Mes mains tremblent légèrement alors que je les pose sur ses cuisses musclées, sentant la chaleur de sa peau à travers le tissu fin de son pantalon.
Avec une lenteur délibérée, je défais sa ceinture, le bruit métallique résonnant dans le calme de la chambre. Je descends sa braguette. Mes doigts glissent sous l'élastique de son boxer, et libèrent sa grosse queue déjà dure et bien prête. Dégoulinante et pulsante de désir.
Je me penche en avant. Mes lèvres effleurant son gland. Je sens un frisson de plaisir traverser son corps, et je souris intérieurement, savourant le pouvoir que j'ai sur lui. Je prends sa bite dans ma bouche ouverte en grand. La sensation de sa chair chaude et veloutée contre ma langue est bluffante.
Je commence à le sucer avec une douceur mais une ferveur croissantes. Rapidement, ses gémissements se synchronisent avec mes mouvements, et je savoure chacune de ses plaintes de plaisir. Ma langue l'explore dans chaque recoin. Sous son prépuce. Autour de son gland. Le long de sa hampe, avant de remonter, lui infligeant une torture qui est en train de le rendre fou.
— Écarte, je lui murmure.
Il me regarde, les paupieres entrouvertes, et m'obeis. Ses cuisses m'offrent un passage privilegié.
Mes doigts, lubrifiés, trouvent leur chemin entre ses fesses. Je le pénètre avec précaution, sentant ses muscles se contracter autour de moi. D'abord, par petites pressions, puis,
s'enfonçant plus profondément à chaque va-et-vient. Vaure gémit plus fort, ses mains s'agrippent à mes cheveux, me maintenant en place. Je l'avale plus profondément. Ma gorge se relaxe pour l'accueillir entièrement.
Je continue à le sucer tout en le doigtant. Vaure se penche en arrière, tremblote, ses mains contre le mur, cherchant un appui tandis que je le lime plus profondément, mes doigts usant ses parois intérieures.
Ses couinements deviennent de plus en plus intenses, son corps se crispe brutalement.
— Jo... Jonas... Ah...! Ah...!
Il approche de l'orgasme. Ses muscles se tendent. Ses cuisses se tétanisent sous mes mains. Et il lâche la sauce. Sur ma langue. Une giclée salée qui se répand délicieusement dans ma gorge alors qu'il gémit bruyamment.
Le plaisir qu'il prend déclenché aussitot le mien.
Alors que j'avale chaque goutte de son sourire chaud, mes doigts toujours en mouvement à l'intérieur de lui, je sens une chaleur grandiose se répandre dans mon ventre. Sans que je ne comprenne ce qu'il m'arrive, dans que je n'ai le temps de prendre conscience de ce qu'il se passe, le sud ébranlé par une vague de plaisir monstrueuse, qui m'electrise longuement avant de m'abandonner dans un état d'épuisement soudain.
Un silence passe.
— Merde, je lâche alors.
Vaure se redresse, et le jette un regard interloqué.
— Tout va bien...?
— Ouais..., je marmonne en me redressant. J'ai... Jouis dans mon boxer...
L'humidité entre mes jambes me gène, mais ce n'est rien comparé à la honte que je ressens.
— Sans vous avoir touché ? s'étonne Vaure.
— Ouais... J'étais trop excité...
Il se met à sourire, et au lieu de se moquer de moi, me serre contre lui et m'embrasse la joue.
— Allons prendre une bonne douche chaude, Jonas.
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