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Orientation principale dans ce chapitre
Boss — Chapitre 10
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Boss
Chapitre 10
La berline s'arrête devant une petite maison, au plein cœur d'une allée de résidences privées. Vaure éteint le moteur, et le silence prend brutalement place dans la voiture.
Mais... Ce n'est pas un silence pesant. C'est un silence excitant.
— Voilà.
La voix grave de mon directeur résonne, et ce dernier tourne vers moi un petit sourire.
Il est intimidé ? On dirait bien. C'est... Craquant...
— Ma demeure.
Ça fait du bien. De l'entendre. Durant tout le trajet, on n'a pas parlé. Pas un mot. Je le sens un peu stressé, et... Surtout songeur. De la journée de taff, de notre soirée à venir ensemble... On dirait qu'il s'est posé mille et une question. Je n'avais pas le cœur de troubler sa pensée. Je n'en ai pas besoin. Partager le même mètre carré que lui me suffit à être bien.
On descend de la voiture, récupère nos sacs dans le coffre, et direction cette petite baraque de ville aux murs orangés. On passe un portillon en bois, et traverse une petite cours herbée, dont des plaques d'ardoise noires forment un chemin artisanal dans la pelouse.
Quelques marches, puis on arrive à la porte d'entrée.
Pendant que Vaure la déverrouille avec sa clé, je souris en matant le petit lutin en céramique suspendu à l'applique du préau qui nous protège de la pluie.
Ses yeux bleus suivent les miens. Je l'entends soupirer un rire en apercevant la statuette.
Pendant que Vaure la déverrouille avec sa clé, je souris en matant le petit lutin en céramique suspendu à l'applique du préau qui nous protège de la pluie.
Ses yeux bleus suivent les miens. Je l'entends soupirer un rire en apercevant la statuette.
— Ma fille est une grande fan de Noël, m'explique-t-il. Vous verrez... Le salon est déjà tout décoré. Elle a commencé à s'attaquer au jardin, mais elle n'a pas eu le temps de finir.
Il pousse la porte d'entrée.
Une odeur chaude de cannelle s'échappe alors du hall.
Une odeur chaude de cannelle s'échappe alors du hall.
— Elle a raison, je commente. Noël, c'est trop bien. C'est aussi ma fête préférée.
Le boss sourit encore et m'invite à entrer le premier. Je fais un pas hésitant dans la maison, pris d'un léger vertige d'émotions confuses.
Son "chez-lui". Chez mon directeur. Chez Axel.
Le bruit des clés sur la commode à l'entrée me ramène à moi. Je regarde Vaure poser son sac à dos, enlever son manteau et sa veste de costume, puis ses mocassins en cuir. Sa chemise bleue dessine les contours de son grand corps et fait ressortir ses iris de la même couleur.
— Je vous débarrasse ? me propose-t-il.
J'acquiesce en lui filant mes affaires, et finis, comme lui, en chemise-pantalon et chaussettes. Sauf que les miennes ne sont pas des chaussettes élégantes, fines, et noires. Se sont des chaussettes dépareillées, une, constellée de petits "Toad" (champignon de Marion), et l'autre ressemble à un cupcake dont les orteils forment la chantilly aux vermicelles colorés.
Vaure se marre en les voyant.
Vaure se marre en les voyant.
— Charmant, se moque-t-il.
— J'ai fait un effort sur la tenue, j'essaie de me défendre. Maintenant, je mets des chemises. Mais personne n'est censé voir les chaussettes...
— Ne vous inquiétez pas, me rassure-t-il. Elles ne resteront pas en place très longtemps.
— J'ai fait un effort sur la tenue, j'essaie de me défendre. Maintenant, je mets des chemises. Mais personne n'est censé voir les chaussettes...
— Ne vous inquiétez pas, me rassure-t-il. Elles ne resteront pas en place très longtemps.
Je fronce les sourcils en essayant de comprendre le sous-entendu, avant qu'il ne rajoute :
— Ni elles, ni le reste.
Oh...
Là, c'est clair : il compte me foutre à poil tôt ou tard. Et même si cette information ne m'étonne pas, l'entendre prononcer ces mots me font immédiatement bander.
— Vous ne répondez pas...? s'étonne-t-il en se rapprochant. Votre repartie est pourtant sans limite, d'habitude...
Je ris bas, en baissant les yeux. C'est vrai que je suis déstabilisé. Vaure s'en rend compte et me prend dans ses bras.
Tellement agréable...
Je laisse ma tête reposer divinement contre sa poitrine.
— Désolé, je murmure. J'ai l'impression... De... C'est votre intimité. Je ne veux pas déranger.
— C'est moi qui vous invite, Jonas, conteste-t-il. Mais je comprends. On peut aller ailleurs si vous le souhaitez. Sachez que ça me fait plaisir de vous faire venir chez moi.
— Bon. Tant mieux. Restons ici, alors.
— C'est moi qui vous invite, Jonas, conteste-t-il. Mais je comprends. On peut aller ailleurs si vous le souhaitez. Sachez que ça me fait plaisir de vous faire venir chez moi.
— Bon. Tant mieux. Restons ici, alors.
Il recule sa tête, caresse ma joue avec sa main, puis me tire à lui pour m'embrasser.
— Allons faire le tour du propriétaire, conclut-il dans un sourire à tomber.
On se sépare, uniquement pour pouvoir marcher dans la maison. Mais... Nos mains se tiennent toujours, elles. Comme deux amants aux sentiments naïfs. L'insouciance des premiers émois amoureux qu'à notre âge, nous ne sommes plus censés vivre avec autant d'intensité.
On arrive dans un salon. Un grand canapé bleu marine fait face à une cheminée éteinte, aux côtés de laquelle une gigantesque bibliothèque se dresse dans des murs entiers de bouquins.
— Laissez-moi deviner..., je marmonne. Pas de télé, que des livres ?
Il tourne un sourire presque désolé sur moi.
— Pourquoi je ne suis même pas étonné ? je déplore.
“Monsieur parfait”...
Comme il me l'avait annoncé, la maison est déjà à la sauce Noël.
Un petit sapin trône fièrement sur la table basse en verre, habillé de nombreuses guirlandes en frou-frou vertes, argentées et rouges, ainsi que des sucre-d'orges comestibles, suspendus sur les branches d'épines. Juste en-dessous, une bougie en forme de bonhomme de pain d'épice dégage une forte odeur de cannelle.
Une led scintille d'une lumière chaude en parcourant les étagères de la bibliothèque, dans laquelle des figurines de rennes, de pingouins et de bonhommes de neige se cachent.
Des dessins de flocons, réalisés au pochoir avec de la fausse neige, occupent les vitres.
Un Père-Noël est accroché à la cheminée, juste à côté d'une incontournable ribambelle de grandes chaussettes rouges et blanches à remplir. Il y en a une pour chaque membre de la famille.
Un petit sapin trône fièrement sur la table basse en verre, habillé de nombreuses guirlandes en frou-frou vertes, argentées et rouges, ainsi que des sucre-d'orges comestibles, suspendus sur les branches d'épines. Juste en-dessous, une bougie en forme de bonhomme de pain d'épice dégage une forte odeur de cannelle.
Une led scintille d'une lumière chaude en parcourant les étagères de la bibliothèque, dans laquelle des figurines de rennes, de pingouins et de bonhommes de neige se cachent.
Des dessins de flocons, réalisés au pochoir avec de la fausse neige, occupent les vitres.
Un Père-Noël est accroché à la cheminée, juste à côté d'une incontournable ribambelle de grandes chaussettes rouges et blanches à remplir. Il y en a une pour chaque membre de la famille.
Axel
Lisa
Manon
J'ai un pincement au cœur en voyant ça. Une famille, à l'allure si parfaite. Si unie. Et pourtant, brisée par le décès de l'un de ses membres.
Malgré tout, la femme de Vaure, la mère de Manon, reste encrée dans leurs coeurs et leurs habitudes. Elle est présente. Grâce au souvenir.
Ma poitrine se serre. J'ai grave envie de chialer.
Ma poitrine se serre. J'ai grave envie de chialer.
— C'est vrai qu'elle s'est donnée à fond, votre fille, je largue pour penser à quelque chose de plus joyeux. C'est magnifique.
— Oui, acquiesce-t-il. Elle cuisine, aussi. J'ai le droit à des sablés en forme de petits sapins quasiment tous les deux jours.
— Oui, acquiesce-t-il. Elle cuisine, aussi. J'ai le droit à des sablés en forme de petits sapins quasiment tous les deux jours.
Il sourit. Son innocence - et son amour évident pour sa gamine, me touchent infiniment.
— Jonas, hésite-t-il. Je...
Il se tait.
— Oui...? je l'invite à poursuivre.
Ses yeux bleus se plantent dans les miens. Il déglutit avec peine et prend son courage à deux mains. Enfin. À une, puisqu'il me tient toujours, avec la deuxième.
— Ce que je vais vous demander est un peu absurde, mais...
Il ne trouve pas les mots. Alors il me montre. Il me guide vers l'étagère de la cheminée, sur laquelle repose des photos.
Des photos de famille.
Pour la première fois, j'y vois le visage de son épouse, Lisa. Une belle femme à la peau noire, presque ambrée, aux yeux sombre et en amande. Ses cheveux bouclés et bruns descendants tout autour de son visage comme une cascade ondulée. Ses pommettes hautes et rondes scellent un rictus magnifique qui respire la joie et la douceur.
Sur le cliché, elle est à côté d'un homme, souriant mais plus discret, à l'allure bien plus décontractée que je lui connais aujourd'hui : c'est Vaure. Il tient dans ses bras une petite fille métissée, aux traits de sa mère, mais à la peau pâle et aux yeux très bleus de son père.
— Votre famille... Est sublime..., je balbutie avec consternation. Vous êtes beaux... Tous les trois...
Mon boss sourit mais ne répond pas. Il enserre ma nuque de son bras, me ramène contre lui, et pose un bisou sur ma tempe.
On pourrait croire qu'il le fait pour moi. Pour me consoler devant cette révélation troublante et horriblement triste de ce contraste bonheur / drame. Mais non. Je le soupçonne de se donner lui-même de la force pour ce qui va suivre.
— Jonas, dit-il d'une voix teintée d'un léger tremblement. Je vous présente Lisa. Ma femme. Et Lisa, je te présente Jonas. Mon...
Il baisse les yeux, sa main suspendue devant moi pour me désigner.
— Petit ami...? je propose devant son désemparement.
Il laisse tomber un rire et acquiesce.
— Jonas, mon "petit-ami", dit-il.
Ok. J'ai saisi.
Quand il me disait "ce que je vais vous demander est un peu absurde", c'est à ça qu'il faisait référence. Au fait de me présenter officiellement à sa femme. Un geste bien sûr plus symbolique qu'autre chose, mais important pour lui, qui est toujours terrassé par cet amour déchu.
Je respecte ça.
Je ne cherche pas à évincer Lisa, ni dans cette maison, ni dans le cœur d'Axel.
Et ce qu'il fait n'est pas si "absurde" que ça. C'est même une façon super cool de me faire un peu de place dans cette vie striée de cicatrices.
Et ce qu'il fait n'est pas si "absurde" que ça. C'est même une façon super cool de me faire un peu de place dans cette vie striée de cicatrices.
Alors, je joue le jeu.
— Enchanté, Lisa, je réponds avec sincérité. Ravi de te rencontrer.
Axel sourit, reconnaissant de mon geste, et m'embrasse à nouveau la tête.
— Vous avez faim ? me questionne-t-il. Je finis de vous faire visiter et on se fait à dîner ?
...
On prépare le repas en discutant de tout et de rien. Bien sûr, je le questionne sur les réunions de cet après-midi, et de comment elles se sont passées en détail.
Il me refait le topo : qu'une des entreprises passe l'éponge cette fois, que l'autre accepte d'annuler le recours judiciaire, mais ne souhaite pas reconduire de contrat avec la société.
Je le sens toujours aussi désarmé devant le manque de succès total de cette affaire. Mais je lui répète que c'est déjà considérablement un miracle de s'en sortir aussi bien avec toutes les aberrations que j'ai pu trouver dans les dossiers.
— C'est vous, "le miracle", Jonas, me fait-il naturellement en cassant un œuf au-dessus d'un bol. Sans vous, c'était la catastrophe assurée.
Je souris, incapable de rétorquer sans laisser le rouge me monter jusqu'aux oreilles.
— Assia va être virée ? je l'interroge pensivement.
Ma phrase a le ton d'une question, mais c'est davantage une affirmation. Le travail que j'ai dû faire derrière elle à cause de ses nombreuses fautes, ou plutôt de son manque de professionnalisme, m'a coûté suffisamment de temps et d'énergie pour comprendre que ce genre de désinvolture est un vrai poids pour l'entreprise.
Le boss hoche la tête en signe de "oui", et devant le rappel de notre dernière conversation entre mon amie et moi, devant son manque de sérieux face à mes avertissements, je ne me retrouve même pas triste ou coupable de savoir qu'elle va quitter la boîte.
C'est peut-être un peu méchant de ma part. Peut-être que je devrais plus la défendre. Mais Axel a raison quand il dit que ce n'est pas aux autres employés de se sacrifier pour une personne qui ne leur en est même pas reconnaissante.
— C'est juste une question de respect, poursuit-il. Si tout le monde fait ça, on ne s'en sort pas. La boîte coule et nous avec. Pourquoi des gens méritants avec leur travail devraient subir un tel sort ? Au bout d'un moment, je suis désolé... Ça ne me fait jamais plaisir de licencier des employés, mais ça va dans les deux sens. Si elle avait ne serait-ce que montrer un peu de bonne volonté, un peu de préoccupation, j'aurais revu mon jugement. Mais là...
Je ne peux qu'être d'accord...
— D'autant, Jonas, je ne vous cache pas que tous ces problèmes de compta a impacté ma vie perso, continue Vaure. Et comme vous le savez, ce n'est pas la période de l'année le plus propice pour être absent de cette maison. Et... Laisser ma fille unique, dont je suis le seul parent, rentrer du lycée et ne même pas pouvoir compter sur moi pour l'écouter me raconter sa journée.
— Normal, je concède en égouttant la salade verte.
— Après..., se contredit-il. Je sais que j'ai un poste à responsabilités, et que mon statut de directeur m'oblige à une certaine assiduité dans l'entreprise. Surtout en cas de soucis. C'est à moi d'être sur le pont pour gérer.
— Mais ça fait beaucoup à gérer pour une prise de poste en à peine deux semaines, vous ne croyez pas ?
— Normal, je concède en égouttant la salade verte.
— Après..., se contredit-il. Je sais que j'ai un poste à responsabilités, et que mon statut de directeur m'oblige à une certaine assiduité dans l'entreprise. Surtout en cas de soucis. C'est à moi d'être sur le pont pour gérer.
— Mais ça fait beaucoup à gérer pour une prise de poste en à peine deux semaines, vous ne croyez pas ?
Il tourne sur moi ses yeux bleus, un peu étonné par ma question. Et baisse la tête, cassant le dernier œuf dans le bol avant de mélanger le tout dans une mixture orange et homogène.
— Vous ne trouvez pas que mes réactions sont exagérées, alors ?
Ses mots me désemparent. Ils sont d'une telle innocence, d'une telle peur de mal faire ou de faire du mal... Que j'en suis troublé.
C'est la deuxième fois qu'il me demande mon avis sur sa propre attitude. La première, c'était au début, quand il culpabilisait de me fréquenter vis-à-vis de sa femme.
"Ça ne fait pas de moi un connard, alors ? Envers elle et envers... Vous...?", m'avait-il questionné.
À mesure que je le connais, la réponse à cette interrogation me paraît plus que claire : non, Axel, tu es loin d'être un connard, à te préoccuper de tout le monde avant de prendre soin de toi-même.
C'est la deuxième fois qu'il me demande mon avis sur sa propre attitude. La première, c'était au début, quand il culpabilisait de me fréquenter vis-à-vis de sa femme.
"Ça ne fait pas de moi un connard, alors ? Envers elle et envers... Vous...?", m'avait-il questionné.
À mesure que je le connais, la réponse à cette interrogation me paraît plus que claire : non, Axel, tu es loin d'être un connard, à te préoccuper de tout le monde avant de prendre soin de toi-même.
— Pas du tout, je finis par lui répliquer. Au contraire. Ça fait du bien d'avoir un chef un peu carré.
— "Un peu" ? rit-il. Vous ne disiez pas ça les fois où je vous ai convoqué dans mon bureau.
— Ce n'était pas pareil, Axel. Ces fois-là, j'étais saoulé que vous me logiez à la même enseigne que les autres, justement parce que j'ai conscience de l'écart de qualité de travail entre certains collègues et moi. Et je ne trouvais justement pas ça "méritant". Après..., j'y ai réfléchi, et je me suis rendu compte que ce n'était pas facile en tant que nouveau boss, de venir s'imposer dans une équipe qui n'a pas l'habitude d'adopter autant de rigueur. De votre point de vue, vous deviez vous faire entendre et je sais que je suis parfois un peu...
— Têtu...?
— Relou... Mais oui, têtu aussi.
— "Un peu" ? rit-il. Vous ne disiez pas ça les fois où je vous ai convoqué dans mon bureau.
— Ce n'était pas pareil, Axel. Ces fois-là, j'étais saoulé que vous me logiez à la même enseigne que les autres, justement parce que j'ai conscience de l'écart de qualité de travail entre certains collègues et moi. Et je ne trouvais justement pas ça "méritant". Après..., j'y ai réfléchi, et je me suis rendu compte que ce n'était pas facile en tant que nouveau boss, de venir s'imposer dans une équipe qui n'a pas l'habitude d'adopter autant de rigueur. De votre point de vue, vous deviez vous faire entendre et je sais que je suis parfois un peu...
— Têtu...?
— Relou... Mais oui, têtu aussi.
Je verse la laitue dans un saladier où sont déjà mariés huile d'olive et vinaigre de vin aux échalotes.
— Et j'étais aussi saoulé, je reprends, d'être logé à la même enseigne que les autres, malgré ce qui s'était passé entre nous. Mais c'était mal venu de ma part. Vous étiez le boss, et même si je vous avais baisé dans votre voiture à votre soirée d'inté, ça ne me donnait pas le droit d'en attendre plus de vous au travail. Je n'ai pas réussi à faire la part de choses, sur le moment.
— Et maintenant...? me questionne-t-il dans un petit sourire.
— Maintenant, j'admets en ricanant. C'est encore pire. J'ai envie de vous sauter tout le temps.
— Et maintenant...? me questionne-t-il dans un petit sourire.
— Maintenant, j'admets en ricanant. C'est encore pire. J'ai envie de vous sauter tout le temps.
Il se marre, un gloussement grave qui me fait chaud au cœur.
— Je comprends, avoue-t-il alors. J'ai la même envie. Vous baiser à chaque fois que je vous vois. Ou... vous laisser me baiser, à chaque fois que je vous vois...
Arg.
Un souffle lourd s'arrache à mes lèvres alors que je l'observe poser sa fourchette dans l'évier.
De l'excitation à l'état pur.
De l'excitation à l'état pur.
— Bref, je poursuis en tâchant de me ressaisir. Maintenant, vous me faites confiance et c'est cool.
— Vous m'avez prouvé que vous étiez digne de cette confiance, Jonas, observe-t-il.
— C'est vrai.
— Vous m'avez prouvé que vous étiez digne de cette confiance, Jonas, observe-t-il.
— C'est vrai.
Un silence passe pendant lequel on continue de cuisiner. Il met les œufs dans une poêle, sur la gazinière, les agrémente de champignons, de quelques épices et de quelques herbes et baisse le feu.
Pendant ce temps, je cherche dans les placards et trouve deux assiettes à empiler sur le plan de travail.
— Tout ça pour dire, je conclus enfin. Que "non, je ne trouve pas votre réaction exagérée". Vous faites ce que vous pouvez avec les conneries des autres, alors même que ça empiète sur votre vie privée.
— Oui, c'est vrai, dit-il pensif. Manon est bien gentille de ne me faire aucun reproche...
— Oui, c'est vrai, dit-il pensif. Manon est bien gentille de ne me faire aucun reproche...
Nouveau silence.
— Où est-elle, d'ailleurs ? je l'interroge.
— Qui, ma fille ? Chez sa tante.
— Votre sœur ?
— Belle-sœur. La sœur de Lisa. Pour le weekend. Elle y est depuis jeudi, puisqu'elle n'avait pas cours aujourd'hui, alors... C'était l'occasion pour elle de voir un peu de famille pour "célébrer" la mémoire de sa mère.
— Hum.
— Qui, ma fille ? Chez sa tante.
— Votre sœur ?
— Belle-sœur. La sœur de Lisa. Pour le weekend. Elle y est depuis jeudi, puisqu'elle n'avait pas cours aujourd'hui, alors... C'était l'occasion pour elle de voir un peu de famille pour "célébrer" la mémoire de sa mère.
— Hum.
Long silence.
— Elle sait pour nous ?
Vaure me fixe longuement, puis secoue la tête.
— Pas encore, admet-il. Je ne voulais pas le lui annoncer en cette période et le faire avant de m'assurer que vous et moi...
— C'était sérieux ? j'en déduis.
— C'est ça... Mais elle sait que je suis bi. Et que je peux donc être amené à fréquenter des hommes.
— "Bi" ?!
— C'était sérieux ? j'en déduis.
— C'est ça... Mais elle sait que je suis bi. Et que je peux donc être amené à fréquenter des hommes.
— "Bi" ?!
Je répète ça comme si cette révélation avait quelque chose d'incroyable. J'en reste même scotché quelques secondes, ce qui a pour mérite de déstabiliser Vaure.
— Heu... Oui, Jonas, confirme-t-il sans comprendre. Étant donné que j'ai été marié à une femme et que je sors avec vous... Ça me semblait évident, non ? Je pensais que vous l'aviez compris. Mais de toute façon, ça change rien. Si...?
— Non, non, je le rassure. Désolé de ma réaction. C'est juste que j'ai toujours cru que vous étiez un "hétéro curieux", c'est tout.
— Eh non, lâche-t-il en retournant l'omelette. Navré de vous dire ça, Jonas, mais vous n'êtes pas mon premier mec.
— Non, non, je le rassure. Désolé de ma réaction. C'est juste que j'ai toujours cru que vous étiez un "hétéro curieux", c'est tout.
— Eh non, lâche-t-il en retournant l'omelette. Navré de vous dire ça, Jonas, mais vous n'êtes pas mon premier mec.
Wa. Je ne sais pas pourquoi, mais cette conversation a quelque chose d'électrique. Je me surprends, moi qui pensais être le gars expérimenté du couple, à me sentir presque dépassé par son propre parcours personnel. Parce que de l'expérience, il en a, visiblement.
— Ça me fait toujours bizarre de voir quelqu'un aimer les deux, j'avoue. C'est comme si c'était... Un manque de décision.
— Et pourquoi faudrait-il se positionner ? s'oppose-t-il. Je n'ai pas choisi d'aimer la bière ou le vin, et pourtant, j'apprécie les deux.
— Et quand vous êtes avec une femme, un mec ne vous manque pas ? Et inversement ? je réplique interloqué.
— Si je suis bien avec la personne avec laquelle je sors, homme ou femme, peu m'importe.
— Et pourquoi faudrait-il se positionner ? s'oppose-t-il. Je n'ai pas choisi d'aimer la bière ou le vin, et pourtant, j'apprécie les deux.
— Et quand vous êtes avec une femme, un mec ne vous manque pas ? Et inversement ? je réplique interloqué.
— Si je suis bien avec la personne avec laquelle je sors, homme ou femme, peu m'importe.
Il se rapproche de moi, enroule ses bras autour de ma taille et me smack en souriant.
— Du moment qu'on peut faire l'amour... Très souvent..., lâche-t-il dans un murmure super attirant.
Je gémis, quand il m'embrasse le cou. Je sens que je m'abandonne complètement alors qu'il prend les devants pour déposer sur ma peau fébrile tout un tas de baisers brûlants.
— Mais ça ne m'étonne pas, reprend-il à voix basse en défaisant ma ceinture. De la part d'un pur gay, je ne pouvais m'attendre qu'à ce genre de réflexion très binaire...
— Eh ! je conteste dans un froncement de sourcils peu crédible. Comment vous pouvez être sûr que je suis "un pur gay", d'abord...?
— Ça se voit comme le nez au milieu de la figure..., me chambre-t-il en s'agenouillant devant moi. Vous éteignez le feu pour éviter que l'omelette ne brûle, Jonas, s'il vous plaît...?
— Eh ! je conteste dans un froncement de sourcils peu crédible. Comment vous pouvez être sûr que je suis "un pur gay", d'abord...?
— Ça se voit comme le nez au milieu de la figure..., me chambre-t-il en s'agenouillant devant moi. Vous éteignez le feu pour éviter que l'omelette ne brûle, Jonas, s'il vous plaît...?
Quoi...? Wa... Heu... Attends... L'omelette...?
J'essaie de détacher les yeux de mon boss pour faire ce qu'il me demande, mais c'est super hard de détourner le regard quand un mec canon est en train de sortir votre queue pour la mettre dans sa bouche.
Je n'ai pas le temps de verrouiller le bouton de la gazinière, que Vaure a déjà commencé à mon pomper le manche.
Et pu... tain... C'est divin.
Sa langue chaude, serrant mon gland à mesure qu'il m'enfonce dans sa gorge, réalisant des va-et-vients suintants de désir.
Dans son pantalon de travail, il bande, je le vois. Il est tellement excité par la situation qu'une tâche de mouille se forme sur le tissu.
Autant dire que ça booste considérablement mon désir pour lui.
Et pu... tain... C'est divin.
Sa langue chaude, serrant mon gland à mesure qu'il m'enfonce dans sa gorge, réalisant des va-et-vients suintants de désir.
Dans son pantalon de travail, il bande, je le vois. Il est tellement excité par la situation qu'une tâche de mouille se forme sur le tissu.
Autant dire que ça booste considérablement mon désir pour lui.
— Ok..., je tremble en plongeant ma main dans ses cheveux noirs un peu décoiffés. C'est... Comme ça, pour le plaisir de me taper une turlute ?
— Je vous l'avez promis, pour vous remercier, me rappelle-t-il. Pour votre travail considérable et votre disponibilité. Je ne fais qu'honorer ma parole.
— Avant... Le repas ?
— Prenez ça comme un apéritif, Jonas.
— Ah, d'accord, je souffle haletant. Un apéro-pipe... Très bien...
— Je vous l'avez promis, pour vous remercier, me rappelle-t-il. Pour votre travail considérable et votre disponibilité. Je ne fais qu'honorer ma parole.
— Avant... Le repas ?
— Prenez ça comme un apéritif, Jonas.
— Ah, d'accord, je souffle haletant. Un apéro-pipe... Très bien...
Je me tais et tâche de me détendre. Vaure a sorti ma bite de sa bouche, et prend le temps de la lécher très lentement. Elle, puis mes cuisses, mon pubis ou encore mes couilles... Il me fout de la salive partout, mais... Les frissons qu'il me procure sont dingues.
C'est de la torture, en fait. Il joue avec mes sens. Quand il sent que je ne résiste pas, il vient lapper mon gland. Quand il sent que je veux plus, il se recule en me regardant droit dans les yeux.
— Putain..., je râle dans la barbe que je n'ai pas. Sucez-moi, Axel, bordel...
Il sourit. Ce petit sourire en coin qui me fait vriller. Dans une impulsion, une seule, je le chope par la nuque et lui présente mon bout devant sa petite gueule de merdeux.
— Effacez-moi ce sourire, je murmure en me mordillant les lèvres. Et avalez-moi.
Il acquiesce et ouvre la bouche. Il m'oblige à m'insérer moi-même, écartant sa mâchoire au maximum pour que je ne sente la chaleur de sa gorge qu'en m'enfonçant profondément. Ce que je fais, dans un bruit de déglutition absolument grisant.
Ses lèvres se referment sur mon chibre tendu.
On dirait qu'il va mettre fin à mes tourments...
En effet, il reprend sa fellation, toujours avec autant de tendresse, mais... Il y va plus vite. Plus fort. Plus profond. Il m'aspire le dard comme une véritable sangsue, et c'est si sensible, si intense, que je gicle brusquement sans même le sentir venir.
— Merde...!
Je lui envoie dans la gorge plusieurs jets de sperme, qu'il avale sans concession. Il me tète jusqu'à la dernière goutte nacrée, alors qu'éreinté, je me courbe à moitié sur son dos pour ne pas perdre l'équilibre. Mon corps tremble entièrement. Et je me sens incroyablement léger.
— Alors...? demande Axel en se redressant. Cet "apéro-pipe" ?
Il s'essuie la bouche, mais je parasite son geste en lui choppant les joues pour le tirer vers moi et lui rouler une putain de pelle.
Sur sa langue, je sens encore le sucré iodé de ma semence, et ce baiser onctueux suffit à relancer la machine.
Je me remets à bander contre la cuisse de mon boss, qui regarde cette érection avec étonnement.
— Quoi, ce n'était pas assez bon...? me questionne-t-il.
— C'était beaucoup trop bon, en fait, je conteste en lui attrapant la main. Passons au plat de résistance.
— L'omelette...? essaie-t-il de comprendre.
— La levrette, plutôt, je précise. Allons dans la chambre, histoire que je vous secoue un peu.
— C'était beaucoup trop bon, en fait, je conteste en lui attrapant la main. Passons au plat de résistance.
— L'omelette...? essaie-t-il de comprendre.
— La levrette, plutôt, je précise. Allons dans la chambre, histoire que je vous secoue un peu.
...
De la cuisine à la chambre, on n'a pas arrêté de s'embrasser, cognant contre les murs du couloir étroit qui mène aux piaules, à la salle de bain et aux chiottes.
Vaure me fait rentrer dans une pièce simple et épurée, dans laquelle un grand lit nous fait face. Je l'y positionne docilement à quatre pattes, avant de lui baisser pantalon et boxer, et de le préparer avec ma langue.
J'adore... Il a des fossettes en bas du dos... Super sexy...
— O... Oh, J... Jonas..., marmonne-t-il, la tête dans la couette.
Je le lèche. Le suce dans cet endroit minuscule qui va bientôt m'accueillir. Un cul brûlant et ouvert de désir qui n'attend que moi. Je prends le temps de le lubrifier. Je prends le temps de lui faire un maximum de bien.
— Vous êtes une vraie limace, je râle en me redressant. J'ai de la salive plein les poils.
Il ricane. Puis gémit, quand je lui enfonce ma queue dans les fesses.
— Oh...
Dilaté comme il est, je commence à le bourrer sans trop de précaution. Je lui enchaîne des enculades profondes et puissantes qui le font délicieusement couiner.
Malgré les températures hivernales qui guettent cette soirée, je suis en sueurs, ivre d'excitation humide pour mon boss. Il n'est pas dans un état bien plus avantageux : il est si fébrile, si fiévreux sexuellement que tout son corps est constellé de chair de poule brûlante qui rend jusqu'à ses cheveux collants de transpiration.
Nos peaux crépitent l'une contre l'autre à mesure que je le baise. C'est hyper bon. Et même si j'ai déjà joui, voir mon patron se donner à moi avec une telle docilité me termine complètement. J'éjacule à nouveau, mais cette fois, dans son cul.
— Quoi... Déjà fatigué, Jonas...?
Il se fout de moi. En même temps, je suis à moitié écroulé sur son dos, le cœur battant à tout rompre. Je n'ai plus aucune force. Ce deuxième orgasme me coupe les jambes.
— Bah ouais, je lâche dans un souffle. Vous m'avez vidé...
— Ah oui ? m'interroge-t-il en se retournant.
— Ah oui ? m'interroge-t-il en se retournant.
Il m'attrape par les hanches, me renverse sur le dos et vient me surplomber de sa taille. Je me retrouve les quatre fers en l'air, un Axel très excité et très... Dominant, entre les cuisses.
— Ben maintenant, je vais vous remplir, m'annonce-t-il en me relevant les jambes.
— Miam...
— Miam...
Son gros gland cherche mon trou, qu'il ne tarde pas à trouver. La première pénétration me brûle un peu, mais... Psychologiquement, c'est le paradis. Sentir Vaure me prendre de toute sa bite est enivrant. Je me sens rempli. Comblé. Dans tous les sens du terme. Et son corps lourd qui m'écrase me donne cette sensation d'être avili, possédé, protégé.
Le rythme qu'il m'insuffle est plus calme. Ses hanches se mettent à danser dans les miennes avec une lenteur qui me rend fou. Toute sa longueur, toute son épaisseur, je les savoure centimètres par centimètres, laissant son pieu me limer l'anus avec une douceur déconcertante.
Je geins dans des murmures étouffés. Je tremblote. Des courants électriques de plaisir pulsent dans l'ensemble de mon corps.
Vaure me fait l'amour. Vraiment. Je le sais au regard qu'il me lance en me pénétrant. Sa sincérité, son affection. Sa délicatesse. Tout se retrouve dans chacune de ses ondulations de bassin. Chacun de ses coups d'œil sur mon visage. Il était super attentif à moi, dans ce corps à corps suave et gonflé d'érotisme qui me charme comme jamais.
— Jonas...
Sa voix s'éteint dans sa gorge serrée. Ses mouvements ralentissent. Sa tête tombe sur mon torse.
— Quoi...? je demande un peu pris de court.
Ses épaules tressaillent.
— Axel...?
Je lui relève le visage. Des larmes trempent ses joues. Ses iris bleus, contrastant avec le blanc de ses yeux rougis par sa peine, arbore une couleur presque violacée.
Mais...?!
— Pourquoi vous pleurez...? je l'interroge.
— Parce que..., sanglote-t-il dans un soupir brisé. Je vous aime...
— Parce que..., sanglote-t-il dans un soupir brisé. Je vous aime...
Quoi...?Alors si je m'attendais à ça... C'est bien la première fois qu'on me le dit en me vouvoyant...
Il baisse la tête. Il cherche à se cacher, pris par la honte.
Mais je lui redresse encore le visage pour capter son regard.
Déchirant.
Mais je lui redresse encore le visage pour capter son regard.
Déchirant.
— Non, non, Axel. De si beaux mots ne doivent pas s'accompagner de larmes.
Il acquiesce, les yeux baissés et débordant de sel. Il saisit, d'une main, l'une des miennes qui lui tient encore la tête pour y déposer un long baiser.
— Mais pourquoi pleurer ? je lui demande gentiment. À cause de Lisa ?
Il opine discrètement.
"Oui".
Sa culpabilité revient le hanter comme un violent retour de bâton.
"Oui".
Sa culpabilité revient le hanter comme un violent retour de bâton.
— Axel.
Silence.
— AXEL. Regarde-moi.
Il lève les yeux et me dévisage, foudroyé par sa peine.
— Tu as le droit d'aimer Lisa et de m'aimer aussi. Tu en as le droit. Les sentiments que tu me portes ne remplaceront jamais ceux que tu gardes pour ta femme. Ton amour pour elle est à vie. Je suis ok avec ça. Je te l'ai déjà dit. Continue de l'aimer et de la chérir. Elle fait partie de cette famille pour toujours. Et moi, j'accepterai cette situation quelque soit la place que tu me donnes. Ok ? Axel. Arrête de pleurer. Tout va bien. Tu veux savoir une chose ?
Je lui tiens le visage pour soutenir son regard larmoyant. Il ne dit rien mais acquiesce.
— Je t'aime, mon aussi, je lui réponds simplement.
Ses yeux bleus s'écarquillent, scintillant d'une lueur d'espoir monstrueuse. Il m'embrasse subitement dans une grande inspiration.
Me volant mon souffle. Me captant comme si j'étais ce souffle.
— Ne prenez pas peur, murmure-t-il.
Il se défait de sa chemise. Ses grands bras sont couverts d'hématomes.
Vestiges de sa crise d'épilepsie. De ses convulsions brutales qui lui ont fait percuter les pieds du lit.
Il me désape et se désappe. Entièrement.
Corps nu contre corps nu, la chaleur de son âme ruisselle entre les voluptes de ma chair de poule.
Corps nu contre corps nu, la chaleur de son âme ruisselle entre les voluptes de ma chair de poule.
Je frissonne alors qu'il creuse les reins. S'enfonce en moi profondément. Et termine de me faire l'amour d'une douceur incontestée.
Quand il jouit, c'est à peine perceptible. Un souffle fébrile dans mon cou. Un tremblement discret de ses hanches.
Tout retombe et cette étreinte magique vire dans un simple et long câlin, faisant battre nos cœurs à l'unisson.
...
Le reste de la soirée se déroule doucement.
Axel et moi, après avoir pris une douche ensemble (et s'être embrassés et doigtés un moment), on a dîné devant un film, et conclu ce repas en recouchant ensemble.
On est resté sage. Plutôt. J'ai insisté pour que mon boss se repose, et éviter une nouvelle crise convulsive.
On a terminé dans son lit, dans les bras l'un de l'autre, et je me suis endormi cette nuit-là plus serein que jamais je ne l'ai été.
...
— Eh. Bonjour.
Je papillonne des yeux et croise ses iris bleus. C'est le matin. Je crois. Dehors, il fait jour. La lumière blanche filtre à travers les volets roulants de la chambre. Une météo d'hiver qui guette déjà cette fin d'automne.
J'ai un peu froid. Un frisson brusque me secoue de la tête aux pieds.
J'ai un peu froid. Un frisson brusque me secoue de la tête aux pieds.
— Viens.
C'est Axel, qui me parle. Son bras est tendu vers moi. Je m'y blottis. Il l'enroule autour de mes épaules et me colle contre lui.
Peau contre peau.
Baiser sur la tête.
Bonheur infini.
Baiser sur la tête.
Bonheur infini.
— Mm...
Son contact m'électrise et très vite, je me blottis davantage dans sa chaleur.
Mon érection matinale fait des siennes, juste en respirant son odeur.
Elle se déploie et me donne considérablement envie de m'attaquer à la sienne.
Mon érection matinale fait des siennes, juste en respirant son odeur.
Elle se déploie et me donne considérablement envie de m'attaquer à la sienne.
Ce que je fais.
Je plonge sous la couette et rampe entre ses cuisses. Il soupire d'excitation avant même que je ne le prenne en bouche. Mais quand c'est chose faite, quand je commence à le sucer avec une faim incontestable, Axel écarte les jambes, gémit, et se tortille pour accentuer le mouvement de son bassin, et donc de sa bite, au fond de ma gorge, pendant qu'il me caresse les cheveux d'une main tremblante.
Je le pompe un moment avant de juger qu'il est prêt. Quand je le décide, je grimpe sur lui. Le chevauche. Récupère sa grosse queue durcie et me la mets dans le trou. Il rentre facilement, cette fois, et... Même si c'est lui qui m'encule, c'est moi, qui commence à lui faire l'amour en rebondissant sur ses hanches.
Il m'observe faire en silence, bouche ouverte et haletante. Ses mains sur mes fesses, il accompagne mes mouvements. Les renforce. Ondule des reins pour me pénétrer puissamment à son tour.
— AXEL...! AH...! AH...!
— Jonas..., vous me faites venir...
— Jonas..., vous me faites venir...
On mène cette danse passionnée et physique à deux, dans des soupirs de liesse intarissables.
J'atteins l'orgasme en premier dans une douloureuse délivrance. Il me suit de près et se vide dans mon cul.
Nos gémissements bruyants se confondent et même après avoir atteint le septième ciel, on continue de s'embrasser à mort, jusqu'à ce que notre essoufflement ne nous le permette plus.
— Wa, putain..., je murmure avec consternation, toujours à moitié avachi contre lui. C'était... Wa...
— J'ai adoré te voir sur moi, confesse-t-il calmement, ses yeux bleus plissés dans un sourire ravageur.
— J'ai adoré te voir sur moi, confesse-t-il calmement, ses yeux bleus plissés dans un sourire ravageur.
Je reste bouche bée.
— "Te"...? je répète abasourdi.
Mon rictus répond au sien et s'étire jusqu'à mes oreilles.
— Je t'aime, conclut-il dans un murmure avant de m'offrir une multitude de bisous brûlants dans le cou.
Je frémis.
— Moi aussi.
Je l'embrasse sur les lèvres. Plusieurs fois. Des baisers qui smackent à répétition dans le silence de la chambre.
— Tu as soif ? je le questionne en me redressant. Cette partie de baise m'a carrément asséché.
— Un vrai pruneau, se moque-t-il.
— Eh oh.
— Un vrai pruneau, se moque-t-il.
— Eh oh.
Il se marre, se penche pour attraper sa bouteille d'eau, sur sa table de nuit. Mais elle est vide.
— Je vais en chercher une autre, je me dévoue en me laissant glisser sur le lit.
— Merci.
— Merci.
Le sol, sous mes pieds nus, est froid. Je marche vite dans la maison fraîche, frigorifié par ma totale nudité. Je me dépêche de gagner la cuisine pour récupérer de l'eau en ayant qu'une idée en tête : vite retrouver sous la couette chauffée de nos deux corps.
Crunch.
Crunch.
Mais... On dirait que le destin en a décidé autrement. Parce que... Ce n'est que lorsque je chope une bouteille sous l'un des placards de l'évier, et que je me redresse, que je me rends compte de la présence d'une jeune fille métisse attablée au comptoir de la cuisine, en train de manger ses céréales pour enfants particulièrement croustillantes.
Crunch.
Crunch.
Elle me mate sans aucune réaction, continuant son petit-dej comme si de rien n'était. Malgré tout, je m'empresse de cacher ma queue avec ce que j'ai sous la main - à savoir son paquet rectangulaire de Cacaopops, et essaie de trouver un truc à dire.
Mais rien ne vient, à part un connard de :
— Eh... Salut...
La gamine lève un sourcil, et tourne ses yeux très bleus quand la voix de Vaure m'interpelle en se rapprochant.
— Jonas ? Vous vous êtes perdu ? Vous en mettez du temps... Tout va bi...?
Le boss se fige, à côté de moi. Tout aussi stupéfait, paralysé, et nu que je peux l'être.
Ses yeux écarquillés fixent la jeune fille avec stupeur, et il s'exclame dans la plus totale des surprises :
— MANON...?!
Ou : comment rencontrer la fille de son patron dans les pires conditions qui soient.
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Commentaires ()
Manon n'a pas hurlé, donc c'est qu'elle n'a pas été vraiment surprise de découvrir un homme inconnu nu entrer dans la cuisine.
Vivement le prochain épisode