Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Boss — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Boss
Chapitre 1
La porte s'ouvre, et d'un coup, l'open space se fige. Tous les regards se braquent sur lui, comme si quelqu'un venait de couper le son. Un grand brun entre, costume sombre parfaitement taillé, mâchoire serrée, épaules droites. Il marche, sans hésitation, comme s'il connaissait déjà l'endroit, les couloirs, les visages. Ses yeux d'un bleu froid balaient la pièce comme un radar.
Je repose mon café sans le quitter du regard. Il a ce genre de présence qui fait taire les gens, même les plus bavards de la boîte.
Tu m'étonnes. Ce mec, debout devant nous, au milieu de nous, est impressionnant.
Froid.
Impeccable.
Imperméable.
Il s'arrête devant la responsable RH qui l'attendait, note un petit hochement de tête sans émotion, puis se tourne lentement vers nous.
Je repose mon café sans le quitter du regard. Il a ce genre de présence qui fait taire les gens, même les plus bavards de la boîte.
Tu m'étonnes. Ce mec, debout devant nous, au milieu de nous, est impressionnant.
Froid.
Impeccable.
Imperméable.
Il s'arrête devant la responsable RH qui l'attendait, note un petit hochement de tête sans émotion, puis se tourne lentement vers nous.
— Bonjour à tous. Axel Vaure. Je prends la direction de cette agence à compter d'aujourd'hui.
Voix posée. Grave, sans chaleur.
Pas un sourire. Même pas un faux. Juste l'info. Un nom, une fonction, un ton neutre.
Je cligne des yeux. Ce type a clairement pas été formé par la même école que notre ancien directeur. Lui, il arrivait en baskets et balançait des "Salut la team !" avec un accent du sud trop prononcé. Là, on vient de changer d'univers.
Je le regarde s'approcher, serrer quelques mains mécaniquement. Quand il arrive à moi, je me lève.
Pas un sourire. Même pas un faux. Juste l'info. Un nom, une fonction, un ton neutre.
Je cligne des yeux. Ce type a clairement pas été formé par la même école que notre ancien directeur. Lui, il arrivait en baskets et balançait des "Salut la team !" avec un accent du sud trop prononcé. Là, on vient de changer d'univers.
Je le regarde s'approcher, serrer quelques mains mécaniquement. Quand il arrive à moi, je me lève.
— Jonas Perreira, dis-je. Ressources humaines.
Il serre ma main. Sa poigne est ferme, sa main est fraîche. Son regard bleu accroche le mien une fraction de seconde de plus que prévu. Puis, il passe au suivant.
...
Je suis en train de taper une note pour un client quand une tête brune apparaît au-dessus de mon écran, avec un sourire trop large pour cette heure-là.
Assia.
Assia.
— Dis donc Perreira, tu viens ce soir, j'espère ?
— Ce soir ? je répète, en levant les yeux de mon ordi.
— Bah oui, le pot d'arrivée du nouveau boss. À 18h30 au Velvet Bar. Tu savais pas ?
— Non. Je croyais qu'il était plutôt du genre... cocktail Perrier en solo, tu vois.
— Apparemment, il ne veut pas perdre de temps pour "se lier à l'équipe", qu'elle dit en imitant une voix grave pleine de sérieux.
— Ce soir ? je répète, en levant les yeux de mon ordi.
— Bah oui, le pot d'arrivée du nouveau boss. À 18h30 au Velvet Bar. Tu savais pas ?
— Non. Je croyais qu'il était plutôt du genre... cocktail Perrier en solo, tu vois.
— Apparemment, il ne veut pas perdre de temps pour "se lier à l'équipe", qu'elle dit en imitant une voix grave pleine de sérieux.
Je pouffe. Ce mec ? Se lier à l'équipe ? Avec son regard de flic d'aéroport et sa diction d'algorithme ? Mais bon, pourquoi pas. C'est vendredi. Et Assia y va, donc ça suffit à me convaincre.
— Allez, je viens, je réponds.
— Voilà. Mets une chemise potable, au moins.
— Voilà. Mets une chemise potable, au moins.
C'est sûr qu'avec mon vieux t-shirt de reggae, ça fait un peu tache.
...
18h38. J'arrive au Velvet, bar un peu branché du centre. Lumière tamisée, playlist entre jazz électro et silence gêné.
La moitié de l'agence est là, bière ou verre de vin à la main. Assia me fait signe direct.
La moitié de l'agence est là, bière ou verre de vin à la main. Assia me fait signe direct.
— T'es pas trop mal, me dit-elle en me regardant de haut en bas.
— C'est censé être un compliment ?
— Un miracle, en fait.
— C'est censé être un compliment ?
— Un miracle, en fait.
On rit. Je prends un verre, m'installe près d'elle. La discussion part sur des conneries de boulot, de clients absurdes, de stagiaires fantômes.
Puis Vaure arrive. Toujours en costard, mais sans cravate cette fois. Il serre quelques mains, puis s'approche.
Puis Vaure arrive. Toujours en costard, mais sans cravate cette fois. Il serre quelques mains, puis s'approche.
— Jonas, dit-il en inclinant légèrement la tête.
Il se souvient de mon prénom.
— Vous êtes ici depuis longtemps ?
Je suis un peu surpris.
— Euh... depuis dix minutes.
— Non, me tacle-t-il. Je parlais de la boîte.
— Ah !
Je suis un peu surpris.
— Euh... depuis dix minutes.
— Non, me tacle-t-il. Je parlais de la boîte.
— Ah !
Je me marre du mal entendu. Pas lui. Il me fixe impassiblement, semble même se froisser un peu comme si mon rire était destiné à me moquer.
— Huit ans, finis-je par répondre.
— Alors, vous savez mieux que quiconque comment elle tourne.
— Quoi donc, la boîte ?
— Alors, vous savez mieux que quiconque comment elle tourne.
— Quoi donc, la boîte ?
Son silence clame un “évidemment”.
— Oui, j'admets.
Son regard me scanne. Je déteste ça. On dirait qu'il note mes réponses pour un concours dont j'ignorais l'existence.
— Les anciens salariés sont une ressource précieuse, lâche-t-il alors. Mais ils peuvent aussi avoir leurs habitudes et l'arrivée d'un nouveau patron peut être source de conflit quand des changements s'imposent.
Il est glacial et je n'aime pas ça. Ses mots ont le ton d'une menace.
— Il suffit de faire converger le respect de chacun avec le bien de l'entreprise, répliqué-je en serrant les dents. Si on sait rester raisonnable, je sais me montrer à l'écoute de nouvelles directives.
On se fixe en silence. L'ambiance est tendue. Finalement, il acquiesce, lâchant juste un “hum” mêlé à un sourire poli et il repart.
OK. Super, pour un début...
Je soupire un peu. Assia me donne un petit coup de coude.
OK. Super, pour un début...
Je soupire un peu. Assia me donne un petit coup de coude.
— Il t'interroge, ton nouveau crush ?
— Pff, arrête. Il me met juste la pression.
— C'est qu'il te trouve à son goût, je parie.
— Non, juste à son service. Et puis tout le monde n'est pas “gay”, Assia. Arrête d'en voir partout.
— Pff, arrête. Il me met juste la pression.
— C'est qu'il te trouve à son goût, je parie.
— Non, juste à son service. Et puis tout le monde n'est pas “gay”, Assia. Arrête d'en voir partout.
De toute façon, qui voudrait se taper un gars comme lui ? Elle rigole et boit une gorgée de son mojito.
— Et sinon ? Des nouvelles de ton mec ?
Je m'adosse au mur et prends une petite inspiration.
— On a rompu, y a deux semaines.
— Sérieux ? Merde. C'est toi qui...
— Lui. Mais c'est pas grave. Enfin, si, mais... bon, voilà. C'est comme ça.
— Sérieux ? Merde. C'est toi qui...
— Lui. Mais c'est pas grave. Enfin, si, mais... bon, voilà. C'est comme ça.
Je sens un mouvement à côté. Un frisson dans l'air. Je tourne la tête. Vaure est juste derrière moi. Il discute avec un de nos collègues comptables, Walid, mais roule un regard étonné sur moi. Puis, il détourne les yeux et s'éloigne. Je reste figé. Assia aussi l'a vu.
— Il a entendu ? murmure-t-elle.
— Que je préfère les gars ? rétorqué-je. J'en sais rien. Et j'espère surtout que ça ne va pas me causer du tort.
— Hum, lance-t-elle en terminant son mojito. Qui vivra verra.
— Que je préfère les gars ? rétorqué-je. J'en sais rien. Et j'espère surtout que ça ne va pas me causer du tort.
— Hum, lance-t-elle en terminant son mojito. Qui vivra verra.
Je hoche la tête sans répondre.
Mon verre est vide. Et pour une fois, ce n’est pas l'alcool qui me monte à la tête, c'est le regard qu'il m'a lancé. Déstabilisant ! Mais aussi grave excitant.
Mon verre est vide. Et pour une fois, ce n’est pas l'alcool qui me monte à la tête, c'est le regard qu'il m'a lancé. Déstabilisant ! Mais aussi grave excitant.
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