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Boss — Chapitre 11 · Fin pour de vrai cette fois ;)
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Boss
Chapitre 11 · Fin pour de vrai cette fois ;)
Un silence d'outre-tombe prend place dans le salon, avant qu'Axel ne m'embarque rapidement de la chambre. Il me jette des fringues avec panique, et ouvre un placard au hasard pour s'en sortir, à lui aussi.
Jean, t-shirt, sans boxer. Au plus simple.
Jean, t-shirt, sans boxer. Au plus simple.
— Mais... Qu'est-ce-que... Qu'est ce que tu fais ici...?! s'étrangle-t-il à l'adresse de sa fille alors qu'il enfile son futal.
— J'habite "ici", répond cette dernière, avec une évidence désarmante depuis la cuisine.
— Oui, d'accord, mais...
— J'habite "ici", répond cette dernière, avec une évidence désarmante depuis la cuisine.
— Oui, d'accord, mais...
Vaure soupire, une main affolée sur sa tronche. Il sort de la chambre pour aller la rejoindre. Je le suis, un peu en retrait, cependant... La gamine profite de ce moment muet pour me lancer un regard assassin de ses deux grands yeux bleus.
— Tu... Tu étais censée être avec Anne-Cécile, observe-t-il.
— Tatie est là aussi, réplique la gosse presque outrée. Dans la voiture. Seulement elle, elle n'a pas eu la patience d'attendre que tu termines tes petites affaires.
— Tatie est là aussi, réplique la gosse presque outrée. Dans la voiture. Seulement elle, elle n'a pas eu la patience d'attendre que tu termines tes petites affaires.
Merde... Elle nous a clairement entendus baiser. Et... On n'y est pas allés à la légère... Ça craint.
Je jette un regard silencieux à mon boss, la gorge serrée, le coeur pulsant à dix milles. Mes mains sont moites contre mes cuisses. Vaure, lui, scrute sa fille, terrifié.
— Je... je suis désolé pour tout ça, ma chérie... Je ne savais pas que tu serais là..., dit-il.
—Ah parce que ce qui te gêne, c'est juste que je t'ai flag ? C'est pas de tromper maman...?
—Ah parce que ce qui te gêne, c'est juste que je t'ai flag ? C'est pas de tromper maman...?
Elle s'énerve. Une bombe à retardement qui explose d'un coup après avoir contenu sa révolte dans chacune de ses précédentes phrases. Manifestement, la situation qu'elle vient de rencontrer la choque considérablement.
— Je ne trompe pas maman, conteste Axel. Je...
— Se taper quelqu'un d'autre dans sa propre chambre ?!
Elle et ivre de rage. Ses yeux aux couleurs de l'océan fusillent son père. Elle ne me calcule même plus dans sa hargne. Dans le regard de cette gamine, ce que j'y vois, c'est surtout la douleur.
— Maman n'est plus là, murmure Axel.
Je crois que ce qu'il veut dire par là, c'est qu'aujourd'hui, alors que son épouse a disparu, les choses changent inévitablement. Mais Manon le prend presque comme une insulte.
— "Elle n'est plus là" ?! crie-t-elle. Ah bon ?! J'étais pas au courant !
Le sarcasme est de famille...
— Ça fait à peine deux ans qu'elle est morte. Je t'entends pleurer tous les soirs. Et là, begué-t-elle en me désignant de la main. Tu... tu te tapes... Lui...? Mais... Papa... Mais t'es sérieux ?!
Vaure baisse la tête. Les yeux. Les épaules. Tout. Je le sens si mal qu'il semble crever d'envie de rentrer sous terre.
— Je... Je te demande pardon...
Il se retient de chialer, d'une force...
Ses mâchoires sont raides. Ses dents serrées. Sa pomme d'Adam danse dans sa gorge nouée. Le blanc de ses yeux, rougis par les larmes. Il retient une souffrance monstrueuse.
Ses mâchoires sont raides. Ses dents serrées. Sa pomme d'Adam danse dans sa gorge nouée. Le blanc de ses yeux, rougis par les larmes. Il retient une souffrance monstrueuse.
Celle d'avoir blessé son propre enfant.
C'est Manon qui renifle en premier. Le visage dans la main, on ne peut voir d'elle que sa touffe de cheveux noire et bouclée. Ses mèches ondulent quand ses épaules tressaillent sous les pleurs tus.
— C'est à elle qui faut demander "pardon"..., lâche-t-elle d'une voix brisée. Et dire que je m'inquiétais que tu ne répondes pas à mes sms... Que tu sois en train de faire une crise, comme avant-hier, tout seul... Mais pas du tout. T'étais juste en train de...
"Baiser".
Long silence.
Le malaise est étouffant. Et... bien que je sois responsable de cette dispute, je ne suis pas à ma place ici. Pas maintenant, dans cette maison, dans cette famille qui menace de péter comme du verre par ma faute. Je dois les laisser. Avant de faire davantage de dégâts.
Je bouge un peu, histoire de me sortir de toute cette tension écrasante.
— Je vais y aller..., je souffle discrètement à l'adresse de mon boss en lui touchant le dos pour l'interpeller.
Sauf que dans ce calme meurtrier, le son de ma voix à l'allure d'un hurlement.
— Laissez-moi vous ramener, Jonas.
— Non, non... Ne vous embêtez pas pour moi. Je me débrouille.
— Non, non... Ne vous embêtez pas pour moi. Je me débrouille.
Vaure acquiesce en me jettent un coup d'œil furtif. Il n'ose pas me regarder franchement, de peur que ses sentiments pour moi se lisent à travers ses yeux. Et aussi, la déception. Celle d'être obligé d'écourter notre weekend ensemble.
Je prends mes clics mes clacs et sous l'ambiance pesante, sors de la maison.
Je prends mes clics mes clacs et sous l'ambiance pesante, sors de la maison.
Alors que je marche sur le petit chemin en ardoise, je me sens comme une merde. Mon cœur est noir comme le ciel et je laisse enfin mes larmes couler et se mêler à la pluie.
D'effroi. De honte. De colère. De peine.
J'ai mal dans la poitrine. Mais j'imagine que ce n'est rien comparé à ce que peuvent ressentir Vaure et sa fille.
Le portillon franchi, j'atterris dans la rue, face à face avec une femme assise dans sa voiture. Ses yeux noirs se plantent dans les miens, matent la maison puis reviennent sur moi.
À la gueule qu'elle tire, et à ses traits physiques qui ressemblent énormément à ceux de Lisa, la femme d'Axel, je comprends que je viens tout simplement de rencontrer "Anne-Cécile", la belle-soeur.
À la gueule qu'elle tire, et à ses traits physiques qui ressemblent énormément à ceux de Lisa, la femme d'Axel, je comprends que je viens tout simplement de rencontrer "Anne-Cécile", la belle-soeur.
Bref. Je me commande un chauffeur VTC pour me barrer au plus vite.
...
Le reste du weekend passe à une lenteur douloureuse. Axel me manque. Et je n'ai toujours aucune nouvelle de lui.
Comme si ça ne suffisait pas, mon ex a choisi cette fin de semaine-ci pour faire défiler les mecs dans l'appart. Il a au moins le respect de se les farcir dans le salon, et de me laisser la chambre. Mais j'en ai un peu marre de rester prisonnier de cette piaule en attendant qu'il finisse sa partie de jambes en l'air.
Comme si ça ne suffisait pas, mon ex a choisi cette fin de semaine-ci pour faire défiler les mecs dans l'appart. Il a au moins le respect de se les farcir dans le salon, et de me laisser la chambre. Mais j'en ai un peu marre de rester prisonnier de cette piaule en attendant qu'il finisse sa partie de jambes en l'air.
Ouais, bon... Manon a bien du attendre que je finisse la mienne avec son père...
Cette idée me rend malade. Je ne suis pas exhib pour un sous, et encore moins avec une gamine. La situation est franchement gênante, sans compter qu'elle a remué chez mon boss et sa fille tout un tas de souffrances.
Je m'en veux.
Est-ce que j'aurais dû mettre de la distance avec Axel dès que j'ai su pour sa femme ?
Peut-être. Après... On ne pouvait pas savoir que ça se passerait comme ça. Et je n'ai pas à choisir égoïstement pour nous deux : lui aussi, il avait envie que cette relation évolue positivement.
Peut-être. Après... On ne pouvait pas savoir que ça se passerait comme ça. Et je n'ai pas à choisir égoïstement pour nous deux : lui aussi, il avait envie que cette relation évolue positivement.
Maintenant... Je me retrouve, une nuit de plus, mon téléphone sur l'oreiller à guetter chacun de ses messages. Je lui ai demandé si ça allait, s'il avait besoin de quelque chose. Il a fini par m'écrire :
"Tout va bien, Jonas. Merci. On se voit demain pour en parler.", dimanche soir quand je lui ai textoté que je commençais vraiment à m'inquiéter de son silence.
"Tout va bien, Jonas. Merci. On se voit demain pour en parler.", dimanche soir quand je lui ai textoté que je commençais vraiment à m'inquiéter de son silence.
Maigre consolation, ce message. Enfin bref. Je me couche tôt, histoire de faire passer ce weekend merdique rapidement.
...
Je suis debout tôt, ce lundi matin. Si tôt qu'il fait encore nuit, dehors. Si tôt que je ne croise dans la boîte que madame Boussède, la femme de ménage.
À la drôle de tête qu'elle me lance, je comprends... Qu'elle me reconnaît.
À la drôle de tête qu'elle me lance, je comprends... Qu'elle me reconnaît.
Eh oui, je suis l'un des mecs à poil que vous avez surpris, il y a quelques jours dans le bureau du boss !
Les collègues arrivent un a un et remplissent progressivement l'Open space, mais... Pas de trace d'Axel. Assia s'installe à côté de moi avec son café, comme tous les jours, et souffle d'admiration en me voyant déjà en train de bosser.
— Mais non...! Jonas, tu es tombé du lit, ce matin ?
— On peut dire ça, je lui souris. Ça va, toi ?
— On peut dire ça, je lui souris. Ça va, toi ?
On discute un peu. Les nouvelles de son weekend ; je passe rapidement sur le mien dans un "boh, comme d'habitude : je me suis reposé, je me suis engueulé avec mon ex et je me suis tapé des séries".
À défaut de lui dire que je me suis tapé le boss.
— Cool ! réplique-t-elle.
— Et Eden, ton fils ? Ça va mieux ?
— Mieux, merci. Il n'est plus trop malade mais il est encore fatigué. Et puis...
— Et Eden, ton fils ? Ça va mieux ?
— Mieux, merci. Il n'est plus trop malade mais il est encore fatigué. Et puis...
En un claquement de doigt, mes oreilles se ferment et sa voix ne m'atteint plus.
Assia continue pourtant à parler. Mais je ne l'écoute pas.
Parce que mes yeux viennent de se poser sur Axel Vaure.
Qui débarque justement dans l'Open space.
Son manteau, sa chemise, son sac à dos.
Ses cheveux noirs coiffés en arrière.
Et ses yeux bleus qui se posent sur moi et me coupent le souffle.
Assia continue pourtant à parler. Mais je ne l'écoute pas.
Parce que mes yeux viennent de se poser sur Axel Vaure.
Qui débarque justement dans l'Open space.
Son manteau, sa chemise, son sac à dos.
Ses cheveux noirs coiffés en arrière.
Et ses yeux bleus qui se posent sur moi et me coupent le souffle.
— Jonas...? m'interpelle Assia. Allô la terre ?!
Elle suit mon regard et se met à observer le boss qui se plante eu milieu de la salle.
— Votre attention, s'il vous plaît, lâche-t-il alors. Bonjour.
Progressivement , les bavardages s'estompent, les clics de souris ralentissent, les respirations se taisent.
Tout le monde le fixe avec une certaine curiosité.
Tout le monde le fixe avec une certaine curiosité.
— Vous n'êtes pas sans savoir que la boîte a essuyé quelques difficultés juridiques en commerciales, poursuit Vaure avec une impassibilité légendaire. Ces incidents nous ont coûté des milliers d'euros, ainsi que la perte de précieux contrats.
Long silence .
— Compte tenu de ces événements, la direction supérieure m'a chargé de procéder à des entretiens professionnels individuels afin de trier les éléments indispensables à la prospérité de cette entreprise, et ceux, dont l'avenir se trouvera... Ailleurs. Préparez-vous. Ces entretiens auront lieu tout au long de la journée. Je vous appellerai chacun votre tour. Ça commence dans cinq minutes.
Un silence lourd s'abat.
Même la machine à café se la ferme.
Je sens la vague de stress parcourir la pièce. Des dos se redressent. Des regards s'évitent. Des mains se crispent sur les mugs fumants.
Même la machine à café se la ferme.
Je sens la vague de stress parcourir la pièce. Des dos se redressent. Des regards s'évitent. Des mains se crispent sur les mugs fumants.
Ok... On peut dire que le ton est donné...
Malgré la tension qui anime la salle, moi, je ne peux m'empêcher de scruter ce grand brun aux yeux bleus avec un pincement au cœur. Les sentiments que je lui porte - parce que, oui, on parle bien de sentiments, se ravivent instantanément et d'une façon assez violente.
Dès lors, me faire virer ou pas n'a plus d'importance. Ce qui a de la valeur, là, tout de suite, c'est juste ce type qui vient de brièvement croiser mon regard en me provoquant une mini-crise cardiaque.
Dès lors, me faire virer ou pas n'a plus d'importance. Ce qui a de la valeur, là, tout de suite, c'est juste ce type qui vient de brièvement croiser mon regard en me provoquant une mini-crise cardiaque.
...
Il commence à appeler les noms. Des collègues.
Mehdi, Johanna, Maria, Stéphane, Quentin...
Les uns après les autres.
Certains reviennent avec un sourire nerveux, trop large, comme s'ils avaient survécu à un accident, la goutte de sueur encore glissante sur la tempe...
Certains reviennent avec un sourire nerveux, trop large, comme s'ils avaient survécu à un accident, la goutte de sueur encore glissante sur la tempe...
— Ça va, murmure l'un. Ils sont assez contents de mon travail.
— Faut que je fasse mieux, lâche un autre en passant. J'ai quelques soucis de délais à régler, mais en étant plus organisé, ça devrait aller.
— Faut que je fasse mieux, lâche un autre en passant. J'ai quelques soucis de délais à régler, mais en étant plus organisé, ça devrait aller.
Puis il y a ceux qui ne disent rien.
Ou... Ceux qui pleurent.
Comme Valérie, la RH, qui sort du bureau en essuyant ses joues, les épaules secouées.
Personne n'ose aller lui parler.
Et dire que la plupart des gens ici la trouvaient "trop cool", adoraient aller lui gratter l'amitié. Maintenant, ils la matent tous comme une pestiférée.
Ou... Ceux qui pleurent.
Comme Valérie, la RH, qui sort du bureau en essuyant ses joues, les épaules secouées.
Personne n'ose aller lui parler.
Et dire que la plupart des gens ici la trouvaient "trop cool", adoraient aller lui gratter l'amitié. Maintenant, ils la matent tous comme une pestiférée.
Je la rejoins en salle de pause. Ça fait cinq ans qu'on travaille ensemble, elle et moi, et même si on n'est pas très proches, ça fait toujours mal au cœur de voir des personnes dans cet état.
Je lui offre un café. Elle me remercie et chiale en me racontant son entretien.
Je lui offre un café. Elle me remercie et chiale en me racontant son entretien.
— Il a été dur. Vaure, me dit-elle. Gentil mais... Direct. Genre "vous avez beaucoup de bonne volonté. Votre bonne humeur et votre conscience professionnelle sont un réel atout pour l'équipe mais aujourd'hui, vous performances ne suffisent plus." J'ai quinze jours de préavis avant de quitter la boîte définitivement.
Elle fond en larmes.
— Au moins, ils me verseront une belle prime de départ, essaie-t-elle de se consoler.
— De toute façon, ce Vaure, c'est juste une grosse tafiole.
— De toute façon, ce Vaure, c'est juste une grosse tafiole.
Je lève les yeux dans cette ambiance de plomb. Farouk, le même type qui nous a surpris Vaure et moi en pleine conversation osée dans les chiottes, vient d'entrer pour se servir un café. Il me remorque de haut en bas et, comme d'hab, il n'a jamais su fermer sa gueule.
— Dis-moi, Jonas. Tu lui as assez lécher le cul, au boss, pour t'éviter un licenciement ?
Valérie l'observe en essuyant ses maîtres qui charrient avec elles une bonne coulée de maquillage noir. Elle ressemble à un panda surpris.
— Quoi, tu sais pas ? lui lance Farouk. Jonas kiffe sucer des queues. Et Vaure kiffe se faire sucer la queue par Jonas.
Elle me regarde piquer un phare, de honte, et de colère.
Bon, au moins, j'en ai la confirmation : Farouk est bien au courant pour nous deux...
— Arrête ça, Farouk, je réplique en serrant les dents. Ça va pas, de dire des trucs pareil ? Mais qu'est-ce que tu cherches ?!
— Ouais... Fais l'innocent, Perreira. Tu verras, Valérie. Lui, il ne se fera pas virer. Et s'il faut, il te piquera même ton job.
— Je suis comptable, du con. Qu'est-ce que tu veux que je foute d'un poste de responsable RH ?!
— Ouais... Fais l'innocent, Perreira. Tu verras, Valérie. Lui, il ne se fera pas virer. Et s'il faut, il te piquera même ton job.
— Je suis comptable, du con. Qu'est-ce que tu veux que je foute d'un poste de responsable RH ?!
Farouk ricane en quittant la pièce.
Valérie continue de me dévisager comme si j'avais pactisé avec le diable.
Valérie continue de me dévisager comme si j'avais pactisé avec le diable.
...
Assia est appelée par Vaure, peu avant midi.
Dès que son nom résonne, je sais.
Dès que son nom résonne, je sais.
Elle ne sortira pas de ce bureau avec une bonne nouvelle.
Elle me lance un regard inquiet avant de se lever, et ça me démoli. Parce que je suis déjà au courant. Parce que je n'ai pas fait grand-chose pour l'aider et que maintenant, elle va vivre un très pénible moment que j'aurais peut-être pu lui éviter. Ou... Auquel j'aurais peut-être pu le préparer.
Elle essaie de sourire, comme si ça pouvait encore changer quelque chose.
Mais non.
Quand la porte du bureau de ferme derrière elle, je sais que la décision est déjà cellée. Et j'en ai la confirmation quand elle en ressort, tente minutes plus tard.
Elle essaie de sourire, comme si ça pouvait encore changer quelque chose.
Mais non.
Quand la porte du bureau de ferme derrière elle, je sais que la décision est déjà cellée. Et j'en ai la confirmation quand elle en ressort, tente minutes plus tard.
En larmes.
Elle ne me regarde même pas. Elle vient de rasseoir derrière son ordi.
Ses mains tremblent.
Elle semble au bout de sa vie.
Ses mains tremblent.
Elle semble au bout de sa vie.
Je me sens comme les derniers des connards.
— Jonas Perreira ?
Mon sang se glace. Je sursaute et plonge mes yeux dans ceux du boss qui m'attend devant sa porte.
Je me lève lentement. La boule dans mon ventre est massive. Mon poul pulse dans mes tempes.
Les regards se posent sur moi. Certains encouragements. D'autres curieux.
Je me lève lentement. La boule dans mon ventre est massive. Mon poul pulse dans mes tempes.
Les regards se posent sur moi. Certains encouragements. D'autres curieux.
Et Farouk, lui, me dévisage avec haine. Tout comme Valérie...
Je passe devant Vaure. Il porte ses lunettes. J'adore, putain.
— Entrez, Jonas.
Le bureau est sombre. Les stores sont fermés. Le boss m'invite à m'asseoir et prend place derrière son bureau. Il a l'air fatigué, mais calme.
Je m'installe, tendu.
Il me fixe longuement.
Je m'installe, tendu.
Il me fixe longuement.
— Comment allez-vous ?
La question me prend un peu de court.
— Déstabilisé, dis-je honnêtement. Je ne sais pas si je dois vous parler en tant qu'employé… ou en tant... Qu'amant. Je veux dire... Il faut qu'on parle de ce qu'il s'est passé.
Il soutient mon regard.
Il soutient mon regard.
— Oui…, souffle-t-il.
Puis il se redresse.
— On va parler de votre travail, Jonas. J'aimerais d'abord faire votre entretien professionnel. Pour qu'on s'en débarrasse. Et ensuite... On discutera. Comme je vous l'avez promis.
J'acquiesce. Je me raccroche à ça.
Sa promesse.
Il ouvre mon dossier.
Il parle de chiffres.
De résultats.
De délais rattrapés.
De dossiers impossibles que j'ai remis à flot.
Sa promesse.
Il ouvre mon dossier.
Il parle de chiffres.
De résultats.
De délais rattrapés.
De dossiers impossibles que j'ai remis à flot.
— Vous vous êtes avéré être inégalable dans la gestion de ces dossiers à problème, lâche-t-il avec émerveillement. Votre efficacité, votre expertise, votre implication… vous le savez déjà, mais je vous le répète : vous avez évité à la boîte de gros problèmes.
Je souris doucement. Soulagé qu'il s'en tienne à ce qu'il m'avait dit. Et flatté par de telles congratulations.
— Vous ne serez évidemment pas licencié.
Je ferme les yeux et acquise.
— Mieux que ça, poursuit-il. Je souhaite vous proposer une promotion.
Je le scrute, interdit.
— Un poste de cadre comptable.
— … Juste avec un BTS ? je déglutis.
— Oui. C'est possible. Vous aurez tout l'accompagnement profession nécessaire pour acquérir les diplômes et formations nécessaires en parallèle.
— … Juste avec un BTS ? je déglutis.
— Oui. C'est possible. Vous aurez tout l'accompagnement profession nécessaire pour acquérir les diplômes et formations nécessaires en parallèle.
Il marque une pause.
— Également, une prime de récompense pour le travail fourni. Et une augmentation de salaire. D'environ cinq cents euros nets. Pour commencer.
Je suis bouche bée.
Je n'arrive pas à parler.
Je n'arrive pas à parler.
— Je ne vous demande pas de répondre maintenant, ajoute-t-il. Prenez le temps d'y réfléchir.
— D'accord... Je... Merci, je balbutie. C'est... Vraiment très bien. Je vais y penser à tête reposée.
— Bien.
— D'accord... Je... Merci, je balbutie. C'est... Vraiment très bien. Je vais y penser à tête reposée.
— Bien.
Un silence s'installe. Il se prolonge, nous laissant l'opportunité de nous tendre un peu.
Son regard a changé quand il le lève sur moi. Il devient plus sombre. Plus personnel.
Son regard a changé quand il le lève sur moi. Il devient plus sombre. Plus personnel.
— Samedi, murmure-t-il enfin.
Mon cœur rate un battement.
— Je suis désolé pour ce chaos. Ça a été... Particulièrement...
— Embarrassant ? je complète.
— Oui. Ma fille et ma belle-soeur nous a surpris. Ce n'était pas un secret à cacher, notre relation, mais... Peut-être que c'était trop tôt pour leur en parler. En tout cas... Qu'elles l'apprennent d'une façon aussi... Brutale...
— Embarrassant ? je complète.
— Oui. Ma fille et ma belle-soeur nous a surpris. Ce n'était pas un secret à cacher, notre relation, mais... Peut-être que c'était trop tôt pour leur en parler. En tout cas... Qu'elles l'apprennent d'une façon aussi... Brutale...
Il retire ses lunettes et se frotte nerveusement les yeux.
— Vous avez l'air épuisé, je lui fait remarquer.
— Je le suis, admet-il. J'ai très peu dormi, ce weekend.
— Manon est en colère ? je l'interroge.
— Oui. Pas directement contre vous, Jonas. Contre moi. Elle... Elle n'a qu'une maman. Pour elle, je ne peux pas laisser quelqu'un d'autre prendre cette place dans mon cœur.
— Mais ce n'est pas le cas, je conteste. Je ne remplace pas Lisa.
— Moi, je le sais, dit-il. Vous le savez aussi.
— Mais pour Manon, c'est encore trop difficile à intégrer, c'est ça ? j'en conclu.
— Je le suis, admet-il. J'ai très peu dormi, ce weekend.
— Manon est en colère ? je l'interroge.
— Oui. Pas directement contre vous, Jonas. Contre moi. Elle... Elle n'a qu'une maman. Pour elle, je ne peux pas laisser quelqu'un d'autre prendre cette place dans mon cœur.
— Mais ce n'est pas le cas, je conteste. Je ne remplace pas Lisa.
— Moi, je le sais, dit-il. Vous le savez aussi.
— Mais pour Manon, c'est encore trop difficile à intégrer, c'est ça ? j'en conclu.
Vaure hoche la tête.
Je murmure, la gorge serrée :
— Vous voulez qu'on fasse une pause ?
Il ferme les yeux.
Quand il les rouvre, ils brillent.
Il hoche la tête.
Un "oui" silencieux qui me démonte.
Quand il les rouvre, ils brillent.
Il hoche la tête.
Un "oui" silencieux qui me démonte.
— Je voudrais tellement être avec vous…, s'indigne-t-il.
Ma gorge me brûle.
— Axel.
Ses yeux bleus se relèvent sur moi avec surprise.
— Je vous attendrai le temps qu'il faudra, je lui assure. Le temps nécessaire pour que Manon accepte. Même si ça dure des mois.
Un silence dense s'installe. Un silence d'accord tacite. On ne se sépare pas, mais... On ne continue pas non plus.
C'est acté.
Professionnellement, je monte.
Personnellement, c'est hard.
C'est acté.
Professionnellement, je monte.
Personnellement, c'est hard.
Quand je sors du bureau, j'ai les larmes aux yeux. Je suis tellement épuisé par toutes ces histoires, que je n'ai même plus la force de masquer ma peine.
Assia me voit. Elle croit comprendre.
Assia me voit. Elle croit comprendre.
— Quoi… Toi aussi ? Tu t'es fait virer ?!
Je souffle, amer.
— Non, putain.
Je lève les yeux vers elle.
— J'ai été promu.
Elle me regarde, perdue.
Et moi, je retourne à mon bureau avec un goût de victoire qui a le goût exact d'une défaite.
Et moi, je retourne à mon bureau avec un goût de victoire qui a le goût exact d'une défaite.
...
Les heures s'égrènent avec une lenteur abominable.
Le tic-tac de l'horloge murale me donne envie crever sur place. Chaque entretien est une torture pour tout le monde.
Moi, je reste à mon bureau.
Je fais semblant de travailler.
Farouk, lui, ne fait semblant de rien.
Il tourne autour de moi comme un vautour affamé.
Je fais semblant de travailler.
Farouk, lui, ne fait semblant de rien.
Il tourne autour de moi comme un vautour affamé.
— Alors, Pereira, ton entretien ?
Il ricane.
— Faut dire que quand on lèche bien les boules du patron…
Je serre les dents. Je fixe mon écran. Je me répète que ça va passer. Que répondre ne ferait qu'empirer les choses.
Mais à force, quelque chose se brise.
Ma patience.
Mais à force, quelque chose se brise.
Ma patience.
Dans la journée, les regards changent. Les gens qui riaient avec moi hier m'évitent. Les conversations s'arrêtent quand j'arrive. Les soupirs se font plus appuyés. La rumeur enfle, sale, sourde : ''il s'en est sorti parce qu'il a couché pour garder sa place.''
Farouk jubile en s'asseyant sur mon bureau, juste à côté de mon clavier.
— Et, tu sais pas quoi ? me lâche-t-il. Pédé et Pereira…
Il marque une pause théâtrale.
— Ça fait pédéreira !
C'en est trop.
Je ne réfléchis pas.
Je me lève d'un coup. Ma chaise recule brutalement. Le bruit résonne dans l'open space. Tout le monde se fige.
Je ne réfléchis pas.
Je me lève d'un coup. Ma chaise recule brutalement. Le bruit résonne dans l'open space. Tout le monde se fige.
Et... Je lui saute dessus.
La première droite part presque toute seule. Puis une autre. J'ai l'avantage de la surprise, de la rage accumulée. Je sens ses os sous mes poings, son souffle se couper. Pendant quelques secondes, je me dis que je vais gagner.
La première droite part presque toute seule. Puis une autre. J'ai l'avantage de la surprise, de la rage accumulée. Je sens ses os sous mes poings, son souffle se couper. Pendant quelques secondes, je me dis que je vais gagner.
Mais il est plus grand. Plus lourd.
Il me rend coup pour coup. Ma tête heurte quelque chose. Je sens le goût métallique du sang dans ma bouche. On s'agrippe, on tombe presque. Les cris fusent autour.
— Ça suffit !
La voix de Vaure.
Tout s'arrête net.
Farouk est tiré en arrière.
Le boss est livide. Furieux.
Farouk est tiré en arrière.
Le boss est livide. Furieux.
— Vous êtes complètement malades, tous les deux ?!
Axel me fixe avec incompréhension.
Mehdi, un collègue, intervient.
Mehdi, un collègue, intervient.
— Monsieur... Pardon, mais... Ça fait des heures qu'il balance des insultes homophobes à Jonas.
Le boss se tourne vers Farouk avec stupéfaction.
— Vous prenez un blâme, lui dit-il. Encore un seul incident. Un seul. Et vous dégagez. Définitivement.
Farouk ne répond pas. Mais il ne baisse pas les yeux. Les mots du patron ne font que confirmer ce qu'il sait déjà : Vaure me protège.
Mais au moins, il ne m'emmerde plus.
...
La fin de la journée approche, et avec elle, toutes les merdes quelle a accumulées.
Je suis en train de ranger mes affaires, les yeux sur l'horloge, quand un gros "boum" fait trembler tout l'Open space.
Je suis en train de ranger mes affaires, les yeux sur l'horloge, quand un gros "boum" fait trembler tout l'Open space.
Je me paralyse et, si les collègues s'interrogent sur ce qu'il se passe, moi, je n'ai aucun doute sur la question : je fonce dans le bureau d'Axel et mes craintes se confirment.
Il est en train de convulser.
Il est en train de convulser.
Mâchoire crispée. Bave qui coule le long de ses lèvres. Yeux révulsés.
Putain... ça recommence...
— AXEL !
Des collègues m'emboitent le pas et découvrent la scène avec stupeur. Certains s'affolent, d'autres sont plus utiles. Lun d'eux est secouriste et prend en charge, avec mon aide, notre boss qui réouvre doucement les yeux.
On lui parle.
On appelle le SAMU, pour avis médical.
Puis il est convenu que je ramène Vaure chez lui pour qu'il se repose.
On lui parle.
On appelle le SAMU, pour avis médical.
Puis il est convenu que je ramène Vaure chez lui pour qu'il se repose.
Évidemment, en me voyant sortir avec le patron marchant contre moi, les collègues comprennent.
Dont Assia.
Dont Assia.
Oui, je sors avec le boss et oui, je savais que tu allais être virée.
...
— Papa ?!
Je supporte le poids d'Axel tandis qu'on marche sur le chemin en ardoise. Sa fille, qui nous a entendu entrer dans le jardin, sort de la maison en panique.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ?! s'affole-t-elle.
Je lui explique.
Cette journée de merde son vient de passer.
La bagarre.
Les rumeurs.
La fatigue.
On installe Axel dans sa chambre. On le déshabille doucement pour qu'il soit à l'aise.
Quand tout semble bien aller, je récupère ma veste et mes chaussures et fille à Manon un bout de papier avec mon numéro de téléphone dessus.
Cette journée de merde son vient de passer.
La bagarre.
Les rumeurs.
La fatigue.
On installe Axel dans sa chambre. On le déshabille doucement pour qu'il soit à l'aise.
Quand tout semble bien aller, je récupère ma veste et mes chaussures et fille à Manon un bout de papier avec mon numéro de téléphone dessus.
— Si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle-moi…
Elle me regarde. Longuement. Et hoche la tête.
— Reste. C'est bon. Je t'en veux pas. Je vois bien que tu essaies d'aider. Tu peux dormir sur le canapé.
Alors je reste.
On veille. En silence. On regarde son père dormir. Sa respiration est lourde, mais régulière. La peur retombe doucement.
Manon me pose des questions. Je lui explique la journée plus en détails. Les entretiens. Les tensions.
Elle comprend que je suis un employé. Que Vaure est mon boss. Sa colère affleure.
Je prends une inspiration pour essayer d'apaiser les choses.
Elle comprend que je suis un employé. Que Vaure est mon boss. Sa colère affleure.
Je prends une inspiration pour essayer d'apaiser les choses.
— Je sais ce que tu ressens… Enfin, un peu. C'est ma grand-mère qui m'a élevé, moi, je lui avoue. Si je la perdais, je ne voudrais pas qu'on la remplace.
Je la regarde.
— Ta maman est irremplaçable. Lisa. Je ne prendrai jamais sa place. Ni dans le cœur de ton père, ni dans cette famille. Lisa en fera toujours partie. Que tu m'acceptes ou non.
Elle m'écoute. Vraiment. Ses yeux bleus, si assassins dans cette cuisine quelques jours plus tôt, me fixent avec désarroi.
— J'aime Axel. Et il m'aime. Et il n'arrêtera jamais d'aimer Lisa. C'est ok pour moi. Je veux juste votre bonheur.
Sa colère s'apaise. Lentement.
On parle. De Lisa. De souvenirs. On met de la musique. On fait des pâtes. Simplement. On finit par s'endormir, elle dans le lit avec son père, moi sur le canapé.
Le lendemain, Axel me réveille. Il m'embrasse la main. S'excuse. Pleurs dans mes bras.
...
Les semaines passent à la boîte. Les départs aussi. Assia s'en va. On ne se dit presque rien. Je sais que c'est fini. On ne se reverra pas
Farouk revient à la charge, dégoûté de voir ses collègues préférés partir. Ça dégénère encore. Axel s'interpose. Cette fois, Farouk est viré. Définitivement.
Mais le mal est trop profond.
Le directeur supérieur nous convoque, à cause de toutes ces rumeurs entre Axel et moi. Il menace Vaure. Comme c'est lui le plus gradé, c'est à lui d'assumer. Mais il risque sa carrière, et je veux lui éviter ça.
Alors je prends la parole. Je provoque. J'insulte le directeur supérieur. Je le traite de connard.
Axel essaie de m'en dissuader.
Axel essaie de m'en dissuader.
— Non, Jonas... Je sais ce que vous essayer de faire. Vous voulez prendre à ma place, mais vous ne méritez pas des vous faire virer.
— Vous non plus, je lui rétorque. Vous avez votre fille. Elle a plus besoin que moi que vous gardiez votre travail.
— Vous non plus, je lui rétorque. Vous avez votre fille. Elle a plus besoin que moi que vous gardiez votre travail.
Finalement, je me fais licencier. Mais... Davantage pour la forme, alors... j'ai le droit à une belle prime de départ qui me permettra de me pencher sur un projet plus ambitieux : monter ma propre boîte. Un mal pour un bien.
Ma dernière journée passée ici, je reste tard. Un peu par nostalgie. Pour profiter des derniers moments de cet endroit.
Dans le bureau de Vaure, il y a de la lumière. Nous sommes les derniers dans l'entreprise.
Un peu hésitant, je toque à la porte.
Il relève les yeux et les plante dans les miens.
Dans le bureau de Vaure, il y a de la lumière. Nous sommes les derniers dans l'entreprise.
Un peu hésitant, je toque à la porte.
Il relève les yeux et les plante dans les miens.
— Jonas ? s'étonne-t-il. Vous êtes encore là ?
J'acquiesce et entre. Referme la porte derrière moi. Les stores sont déjà baissés.
— Oui. Je venais vous dire au-revoir.
Il sourit. Mais c'est un sourire triste.
— Ne tirez pas cette tête, je me marre. Vous savez bien que je m'en vais pour ''de plus vertes prairies''.
Je ne fais que reprendre ses mots, lorsqu'il m'a convoqué, à son arrivée, dans son bureau pour me passer un savon. Il m'a clairement dit que si je n'étais pas content, je pouvais aller voir ailleurs. Aujourd'hui, c'est ce qu'il se passe.
— C'est vrai, dit-il. Mais j'aurais aimé les parcourir avec vous.
Il se lève de son bureau, au même moment où j'encaisse ses mots.
Des semaines de sont écoulées depuis ce fameux weekend où sa fille nous a surpris. Depuis, lui et moi... C'est sur ''off''. Mon départ ne va faire que nous éloigner encore plus.
Des semaines de sont écoulées depuis ce fameux weekend où sa fille nous a surpris. Depuis, lui et moi... C'est sur ''off''. Mon départ ne va faire que nous éloigner encore plus.
— Ça n'empêche pas, je lui murmure alors qu'il s'approche de moi. Je veux dire... Vous savez que je suis à vous, de toute façon.
Il ne dit rien, mais ses yeux bleus se mettent à briller. Il est ému. Touché. Triste mais sincèrement reconnaissant.
Et... Je ne résiste pas.
Mes mains se posent sur ses joues rasées. Je me hisse sur la pointe des pieds et m'abreuve de son odeur de sueur, mêlée à celle de son parfum émoussé par sa journée de travail.
Je lève le visage quand il baisse le sien.
Et.
Très naturellement.
Nos lèvres.
Se rencontrent.
Un baiser lent, très lent, si se déploie rapidement dans un roulage de pelle urgent. Nos souffles se confondent. Nos poitrines se soulèvent en même temps que nos langues se lient. On s'embrasse à s'en cogner les dents, à se marquer la peau à sang, et à se pincer le corps de nos mains vives et baladeuses.
Rapidement, je me retrouve assis sur son bureau, la chemise sortie du pantalon, la ceinture défaite, mes doigts en train de s'agiter autour de sa grosse queue mouillée de désir.
Son érection est monstrueuse. Elle hurle le manque de "nous".
Vaure s'agenouille pendant qu'il libère ma bite et la rentre dans sa bouche. Il me pompe avidement, m'aspirant le gland à l'en rendre violet. Pendant de longues minutes, il me suce, salive dans mes poils et me lèche les couilles.
Enfin... Pas que les couilles...
De ses bras puissants, il me redresse des jambes et de sa langue, vient lapper mon cul. Il me prépare. Avec une faim réelle.
La chaleur de sa bave dans mon trou me fait frissonner. Je tremble d'excitation, de désir brute, et Vaure est dans un état tout aussi pitoyable. Il transpire le sexe.
En parlant le sexe, le sien n'attend qu'une chose : me prendre.
Et c'est ce qu'il fait.
Il se redresse, présente sa bite contre mon cul, et me pénètre d'une poussée lente mais assurée.
Il s'enfonce profondément en moi dans un couinement irrésistible, et dés lors débute les coups de reins les plus physiques et puissants qui soient.
Il me détrousse sur son bureau, me sodomise à sec à moitié affalé sur le clavier de son ordinateur, faisant trembler chaque meuble de la pièce.
Et moi ? Je me retiens à peine de gémir, soufflant de petits "Ah ! Ah ! Ah !" qui lui font perdre la tête.
Et... Je ne résiste pas.
Mes mains se posent sur ses joues rasées. Je me hisse sur la pointe des pieds et m'abreuve de son odeur de sueur, mêlée à celle de son parfum émoussé par sa journée de travail.
Je lève le visage quand il baisse le sien.
Et.
Très naturellement.
Nos lèvres.
Se rencontrent.
Un baiser lent, très lent, si se déploie rapidement dans un roulage de pelle urgent. Nos souffles se confondent. Nos poitrines se soulèvent en même temps que nos langues se lient. On s'embrasse à s'en cogner les dents, à se marquer la peau à sang, et à se pincer le corps de nos mains vives et baladeuses.
Rapidement, je me retrouve assis sur son bureau, la chemise sortie du pantalon, la ceinture défaite, mes doigts en train de s'agiter autour de sa grosse queue mouillée de désir.
Son érection est monstrueuse. Elle hurle le manque de "nous".
Vaure s'agenouille pendant qu'il libère ma bite et la rentre dans sa bouche. Il me pompe avidement, m'aspirant le gland à l'en rendre violet. Pendant de longues minutes, il me suce, salive dans mes poils et me lèche les couilles.
Enfin... Pas que les couilles...
De ses bras puissants, il me redresse des jambes et de sa langue, vient lapper mon cul. Il me prépare. Avec une faim réelle.
La chaleur de sa bave dans mon trou me fait frissonner. Je tremble d'excitation, de désir brute, et Vaure est dans un état tout aussi pitoyable. Il transpire le sexe.
En parlant le sexe, le sien n'attend qu'une chose : me prendre.
Et c'est ce qu'il fait.
Il se redresse, présente sa bite contre mon cul, et me pénètre d'une poussée lente mais assurée.
Il s'enfonce profondément en moi dans un couinement irrésistible, et dés lors débute les coups de reins les plus physiques et puissants qui soient.
Il me détrousse sur son bureau, me sodomise à sec à moitié affalé sur le clavier de son ordinateur, faisant trembler chaque meuble de la pièce.
Et moi ? Je me retiens à peine de gémir, soufflant de petits "Ah ! Ah ! Ah !" qui lui font perdre la tête.
Tout ça est trop intense.
Il est le premier à craquer. Ou du moins à ne pas être loin de le faire.
D'un coup, il sort son peu de moi, et le colle au mien. Chibre contre chibre, il nous branle avec une tendresse déchirante, et éjacule d'un coup en jutant copieusement sur mon ventre.
Évidemment, je le suis de près, et gicle à mon tour dans un râle de soulagement.
D'un coup, il sort son peu de moi, et le colle au mien. Chibre contre chibre, il nous branle avec une tendresse déchirante, et éjacule d'un coup en jutant copieusement sur mon ventre.
Évidemment, je le suis de près, et gicle à mon tour dans un râle de soulagement.
Méga intense...
Essoufflés, on reste l'un contre l'autre des minutes entières, juste... À se recharger du contact de l'autre.
Maintenant l'appétit sexuel rassasié, c'est une toute autre chose qui se joue : l'amour. Celui qu'on a forcé à s'éteindre, et qui se ravive d'une seule étincelle.
Maintenant l'appétit sexuel rassasié, c'est une toute autre chose qui se joue : l'amour. Celui qu'on a forcé à s'éteindre, et qui se ravive d'une seule étincelle.
— Manon aimerait vous revoir.
Il murmure, tout à coup.
Je redresse la tête de son torse pour le regarder dans les yeux.
Je redresse la tête de son torse pour le regarder dans les yeux.
— Pardon...? je lui demande sans être sûr d'avoir bien compris.
Il hésite.
— J'ai beaucoup discuté avec ma fille, ces dernières semaines, commence-t-il. Me voir avec une autre personne n'est pas facile pour elle, mais... Elle comprend. Et elle dit que c'est à moi de choisir. Si ça me rend heureux, alors elle l'est aussi. Et... Elle aimerait vous rencontrer. Enfin... Vous revoir. Sans... Être à poil ou en train de secourir son père.
Je ricane, perdu dans un violent flot d'émotions.
Tout est confus, vifs, au point que ça m'arrache des larmes.
Tout est confus, vifs, au point que ça m'arrache des larmes.
— Vous et moi, ça reprend, alors ? je lui demande de confirmer.
Il acquiesce, et m'achève d'un baiser sur la bouche.
— Jonas... Vous êtes libre le 24 au soir ?
...
Épilogue
Le minuscule sapin sur la table basse.
Les figurines bonhomme de neige dans la bibliothèque.
Les chaussettes-prénoms accrochées à la cheminée.
La guirlande de led si clignote dans la pièce...
Les figurines bonhomme de neige dans la bibliothèque.
Les chaussettes-prénoms accrochées à la cheminée.
La guirlande de led si clignote dans la pièce...
Me revoilà chez Axel, dans cette maison du bien décorée qui sent la cannelle.
Je soupire de bien-être, heureux de pouvoir profiter de mon"petit-cipaons" et de sa fille pour cette magnifique occasion : le réveillon de Noël.
Je soupire de bien-être, heureux de pouvoir profiter de mon"petit-cipaons" et de sa fille pour cette magnifique occasion : le réveillon de Noël.
— Tiens, Jonas.
Manon me tend un verre. Je le prends en la remerciant, et tous les trois, on trinque.
— À la vôtre, Jonas, me murmure Axel en m'attrapant par la taille pour me coller un bisou sur la joue.
Divin.
— "Vôtre", se moque Manon en levant les yeux aux ciels. C'est bon, papa. T'es plus son patron. Tu peux le tutoyer, non ? Même moi, je le tutoie.
Axel rigole, et hausse les épaules.
— J'aime bien, moi, dit-il. Non ?
— Je suis de votre avis, Axel, je renchéris.
— Je suis de votre avis, Axel, je renchéris.
On se marre, Manon râle.
Puis elle me tend un paquet. Que je reluque sans comprendre.
Puis elle me tend un paquet. Que je reluque sans comprendre.
— Quoi ? C'est pas encore l'heure des cadeaux. Si ?
— Celui-ci est spécial, dit-elle.
— Celui-ci est spécial, dit-elle.
Je le prends avec hésitation et le déballe.
Je manque de verser ma petite larme.
C'est une chaussette rouge. Avec mon prénom. La meme que celles accrochées à la cheminée.
Je manque de verser ma petite larme.
C'est une chaussette rouge. Avec mon prénom. La meme que celles accrochées à la cheminée.
Une façon de me dire "tu fais partie de la famille, maintenant".
— Merci beaucoup, Manon. Je suis très touché.
Elle me sourit, ses yeux bleus pétillants. Naturellement, on se prend dans les bras, émus. Ses cheveux bouclés me chatouillent le visage.
Mais une odeur de cramé mais fin à cette chaleureuse étreinte.
— Merde ! Les sablés ! s'écrit-elle.
Elle et son père courent à la cuisine sauver les sablés sapins qu'elle a préparé pour l'occasion.
— Accroche ta chaussette ! me crie-t-elle dzpuis le plan de travail
Je le fais. À côté de la sienne.
Axel.
Lisa.
Manon.
Jonas.
Lisa.
Manon.
Jonas.
Les yeux se baissent sur la photo de famille, celle, magnifique, où ils sont tous les trois.
— Je vais prendre soin d'eux, Lisa, je murmure en zieutant cette femme si belle et si souriante. Je te le promets.
———
Eh Salut, c'est Evan !
Eh oui... "Boss" est terminé.
Si tu as aimé les aventures de Jonas et Axel, n'hésite pas à me le dire en commentaire !
(Oui moi aussi je suis ému...)
Et en attendant, découvre mes autres séries !
Eh oui... "Boss" est terminé.
Si tu as aimé les aventures de Jonas et Axel, n'hésite pas à me le dire en commentaire !
(Oui moi aussi je suis ému...)
Et en attendant, découvre mes autres séries !
Bise !
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Commentaires ()
J'espère que vous nous reviendrez vite avec une nouvelle série tout aussi belle ... et bandante.
J'espère que vous nous reviendrez vite avec une nouvelle srie tout aussi belle ... et bandante.
Vous etes un merveilleux ecrivain .
Histoires vivantes et d une sensibilite extreme.
Sentiments, sexe, amour profond tout y est, une vrais merveille.
Merci