Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La dernière notification — Chapitre 8
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La dernière notification
Chapitre 8
Chapitre 8
Mardi matin. Le réveil sonne à 6 h 45, comme toujours. Je me lève avec la même lourdeur que la veille. Le studio est froid, le lit encore défait, et l'odeur de café froid de la veille traîne dans l'air. Je jette un œil à mon téléphone : un message d'Ezra de 5 h du matin (il n'arrive pas à dormir non plus).
[SMS] Ezra : Je pense à toi depuis que je me suis réveillé. Courage pour aujourd'hui. Le communiqué a fait son effet, les gros médias sont passés à autre chose. Je t'aime.
Je souris faiblement, réponds rapidement : « Courage aussi de ton côté. Je t'aime. » Puis je me prépare : douche brûlante pour chasser le froid, jean, sweat gris, lunettes. Je regarde mon reflet : les cernes sont plus marqués, les yeux rougis par les nuits courtes et les larmes. Je me sens fragile, comme si un rien pouvait me faire craquer.
J'arrive au boulot à 7 h 50. Tiphaine m'attend à l'entrée du personnel, comme hier, avec deux cafés. Elle a l'air fatiguée elle aussi – les cernes, le maquillage un peu trop épais pour cacher.
— Ça va ? murmure-t-elle en me tendant le gobelet.
— Pas vraiment. Mais je tiens.
— Pas vraiment. Mais je tiens.
On passe le badge. Je range mon sac à dos dans mon casier – je l'ai apporté pour le week-end, même si je ne pars que vendredi soir. Je ne veux pas avoir à rentrer chez moi après le boulot. La salle de pause est déjà pleine. Les collègues parlent fort, rires gras, mais dès qu'on entre, le volume baisse légèrement. Les regards se posent sur moi. Myriam est là, assise à la table du fond, téléphone en main. Elle lève les yeux, me fixe un instant, puis sourit – un sourire qui n'atteint pas les yeux.
— Salut Marceau. T'as vu le communiqué d'Ezra ? « Membre de l'équipe technique ». Pratique, non ?
Je hausse les épaules, m'assois à l'autre bout de la table.
— Ouais, j'ai vu.
Myriam se lève, s'approche lentement. Elle s'assoit juste à côté de moi, presque collée, comme si on était les meilleures amies du monde. Elle baisse la voix, se penche vers moi et Tiphaine qui s'est installée de l'autre côté.
— Écoute, Marceau… je ne suis pas dupe. La photo floutée, c'est toi. Même si Tiphaine dit que c'est un mec du staff, je vois bien comment tu rougis à chaque fois qu'on parle d'Ezra. Et toi, Tiphaine, tu défends un peu trop fort. Vous êtes proches tous les deux, je le sais. Vous parlez tout le temps doucement quand vous croyez que personne n'entend.
Tiphaine fronce les sourcils.
— Myriam, arrête. On t'a dit : c'est une photo prise en live pendant la dédicace. J'ai flouté le mec parce que je ne voulais pas qu'il apparaisse sur mon Insta. Point.
Myriam se penche encore plus, murmure presque à mon oreille.
— Ok, admettons. Mais dis-moi franchement, Marceau : pourquoi tu es tout pâle depuis samedi ? Pourquoi tu regardes ton téléphone toutes les cinq minutes comme si ta vie en dépendait ? Et pourquoi, quand Tiphaine a dit hier « il est rentré tôt », tu as baissé les yeux comme si elle mentait pour toi ?
Je sens mon cœur s'accélérer. Je fixe mon café. Les mots restent coincés dans ma gorge. Myriam continue, la voix encore plus basse.
— Et puis… tu sais ce que je remarque ? Depuis samedi, tu es différent. Tu souris à ton téléphone quand tu crois que personne ne te voit. Tu sursautes dès qu'on parle d'Ezra. Tu as l'air… amoureux. Je le vois dans tes yeux. Et Tiphaine qui te couvre comme une sœur. Alors dis-moi la vérité : c'est toi sur la photo, hein ? Et Ezra… il est avec toi ?
Je relève la tête d'un coup. La panique monte comme une vague. Je n'en peux plus. Plus de mensonges, plus de silences, plus de rougeurs. Je craque.
Je me lève d'un bond, la chaise racle le sol bruyamment. Toute la salle de pause se tait. Je fixe Myriam, les poings serrés, la voix tremblante mais forte.
Je me lève d'un bond, la chaise racle le sol bruyamment. Toute la salle de pause se tait. Je fixe Myriam, les poings serrés, la voix tremblante mais forte.
— Arrête ! Arrête tout de suite, Myriam ! Je ne peux plus supporter ça ! Tu me harcèles depuis lundi, tu me suis, tu écoutes nos conversations, tu poses des questions sans arrêt ! Si tu continues, je vais me plaindre pour harcèlement. Je vais aller voir la direction, je vais tout leur dire, et tu auras des problèmes. Alors arrête. Tout de suite !
Ma voix tremble, mais elle est forte. Plus forte que je ne l'ai jamais entendue. Myriam ouvre la bouche, stupéfaite. Tiphaine me regarde, les yeux écarquillés. Les autres collègues nous fixent, bouche bée.
Je tourne les talons, et je pars en courant de la salle de pause. Je traverse le couloir, les larmes aux yeux, le cœur battant à tout rompre. Je m'engouffre dans les toilettes du personnel, m'enferme dans une cabine, et je m'assois par terre, le dos contre la porte. Je pleure en silence, les genoux contre la poitrine.
Quelques minutes plus tard, Tiphaine frappe doucement à la porte.
— Marceau ? C'est moi. Ouvre.
Je déverrouille. Elle entre, s'assoit à côté de moi sur le sol carrelé froid.
— Tu as été courageux. Vraiment. Elle ne s'y attendait pas. Personne ne s'y attendait.
Je renifle, essuie mes larmes.
— Je… je pouvais plus. Elle n'arrête pas. Elle écoute tout. Elle sait que je suis gay, elle sait que c'est moi. Et maintenant tout le monde va savoir que je suis au bord de la crise.
Tiphaine me prend dans ses bras.
— Non. Tu as mis les choses au clair. Elle va reculer. Et si elle continue, on ira ensemble voir la direction. Tu n'es pas seul.
Je hoche la tête, mais le stress ne s'en va pas. La journée se passe dans un brouillard. Myriam ne s'approche plus de moi. Elle évite mon regard. Les collègues murmurent, mais personne n'ose poser de question. Je reste muet, concentré sur mon travail, le cœur serré.
Vers 10 h 15, Sophie, ma chef, passe dans les allées. Elle s'arrête à ma caisse, sourit gentiment.
— Marceau, tout va bien ?
Je relève la tête, surpris.
— Oui… oui, ça va.
Elle me regarde avec douceur.
— Tu as l'air fatigué ces derniers jours. Tu es sûr que tout se passe bien ?
Je hoche la tête, la gorge nouée.
— Oui… c'est juste un peu compliqué en ce moment, mais ça va aller.
Sophie pose une main sur mon épaule.
— Si tu as besoin de parler, tu sais où me trouver. Et pour ton week-end à Strasbourg, profite bien. Tu reviens lundi en forme, d'accord ? Tu m'avais déjà dit que tu y allais.
— D'accord. Merci, Sophie.
— D'accord. Merci, Sophie.
Elle sourit, me tapote l'épaule et repart vers les bureaux. Je reprends mon travail, mais je sens le regard de Myriam brûler dans mon dos. Elle a tout entendu. Chaque mot.
L'après-midi arrive. Pause de 14 h 30. Je m'assois à la table du fond avec Tiphaine. Myriam est là aussi, avec deux autres collègues. Elle parle fort, exprès, pour que je l'entende.
— …c'est quand même bizarre, non ? Il va à Strasbourg ce week-end… le même week-end que le concert d'Ezra à Strasbourg. Apparemment ce n'est pas lui sur la photo, c'est un mec du staff, mais bon… c'est peut-être juste une coïncidence.
Elle rit, un rire faux, forcé. Les deux collègues rient avec elle, mal à l'aise. Tiphaine se raidit à côté de moi. Je sens la colère monter, mais aussi la peur. Je ne dis rien. Je fixe mon café, les mains tremblantes.
Myriam continue, encore plus fort.
— Strasbourg, ce n'est pas la porte à côté. Et pile le week-end du concert… enfin, chacun fait ce qu'il veut, hein. Mais c'est drôle quand même.
Tiphaine pose sa main sur mon bras sous la table, me serre doucement. Je respire profondément. Je ne réponds pas. Je ne peux pas. Pas ici. Pas maintenant.
La pause se termine. Je retourne à ma caisse, le cœur lourd. À 17 h, je finis mon service. Je récupère mon sac dans le casier, dis au revoir à Tiphaine qui me serre dans ses bras.
La pause se termine. Je retourne à ma caisse, le cœur lourd. À 17 h, je finis mon service. Je récupère mon sac dans le casier, dis au revoir à Tiphaine qui me serre dans ses bras.
— Profite. Et sois prudent. Si Myriam pose encore des questions lundi, je gère.
— Merci… vraiment.
— Merci… vraiment.
Je sors par l'entrée du personnel, le sac sur l'épaule. Je marche jusqu'à l'arrêt de bus le plus proche. Pas de métro à Besançon – je prends le bus 30 jusqu'à la gare Viotte. Il est 17 h 20. Le bus est bondé, je reste debout, serré contre les autres passagers, le sac contre moi. Je regarde par la vitre : les rues de Besançon défilent, les lumières commencent à s'allumer dans la grisaille du soir. Mon cœur bat fort. Dans moins d'une heure, je serai dans le train.
À 17 h 50, j'arrive à la gare Viotte. Je marche jusqu'au quai, trouve mon train. À 18 h 45, je monte. Première classe, place 12 A, côté fenêtre. Je m'assois, pose mon sac à mes pieds. Je regarde par la vitre : Besançon s'éloigne lentement, les lumières de la ville qui s'estompent dans la nuit. Je suis nerveux, excité, terrifié. Mais je suis aussi heureux. Dans quelques heures, je le reverrai.
À Strasbourg, 21 h 18. J'arrive. Je descends, cherche la sortie sud. La pancarte « M. Dupont » est là : un homme en costume sombre, discret. Je monte dans la voiture noire. Pas un mot. On roule dans les rues de Strasbourg, on arrive à l'hôtel par une entrée souterraine. L'ascenseur privé monte jusqu'au dernier étage. La porte s'ouvre.
Et il est là. Ezra. Sourire immense, yeux brillants. Il me prend dans ses bras, me serre fort.
— Marceau… enfin.
Je m'accroche à lui, les larmes aux yeux.
— Ezra…
On s'embrasse, longuement, passionnément. La porte se referme derrière nous. Le monde extérieur disparaît.
La porte de la suite se referme derrière moi avec un clic doux, comme un verrou qui scelle le monde extérieur. Ezra est là, devant moi, son corps chaud contre le mien, ses bras forts qui m'enlacent comme si j'étais la chose la plus précieuse au monde. Je sens son cœur battre contre ma poitrine, rapide, en rythme avec le mien. Ses yeux bleus me fixent, brillants d'une émotion que je n'ai vu que dans mes rêves ces derniers jours. Il ne dit rien d'abord – il se penche, et nos lèvres se rencontrent.
Le baiser commence doucement, comme une promesse, mais il s'intensifie vite, devient fougueux, presque désespéré. Ses lèvres pressent les miennes avec une urgence qui me coupe le souffle. Je réponds avec la même faim, mes mains agrippant son sweat, le tirant plus près de moi. Sa langue s'insinue dans ma bouche, explorant, dansant avec la mienne en un ballet lent et passionné. Je gémis doucement contre lui, le goût de menthe et de lui m'envahit, me fait tourner la tête. Ses doigts glissent dans mes cheveux, tirent légèrement ma tête en arrière pour approfondir le baiser, sa langue, plongeant plus profondément, nos souffles se mêlant en un rythme saccadé. Je sens son corps se presser contre le mien, sa chaleur m'envelopper, et je me perds dans ce moment. Le baiser dure, dure, des minutes entières, comme si on essayait de rattraper tous les jours de séparation, toutes les nuits solitaires. Ses lèvres mordillent la mienne, l'apaisent d'un coup de langue, replongent.
Je tremble, les jambes faibles, mais il me tient, me soutient. Quand enfin il se recule, nos fronts collés, nos souffles haletants se mêlent encore.
— Marceau… murmure-t-il, sa voix rauque, chargée d'émotion. Tu es là. Vraiment là.
Je hoche la tête, les larmes aux yeux.
— Oui. Je suis là.
Il me conduit dans la suite, sa main dans la mienne. La pièce est immense : lit king-size avec des draps blancs impeccables, vue sur les lumières de Strasbourg à travers de grandes baies vitrées, un salon avec un canapé en cuir, une bouteille de champagne sur la table basse. Mais je ne vois rien de tout ça. Je ne vois que lui. On s'assoit sur le canapé, l'un contre l'autre, ses bras autour de moi.
— Raconte-moi, dit-il doucement, son pouce caressant le dos de ma main. Comment s'est passée vraiment ta semaine ? Pas juste « je gère ». La vérité.
Je soupire, me blottis contre lui. Son parfum – bois et musc – m'envahit, me calme un peu.
— C'était l'enfer. Myriam… elle n'a pas lâché. Elle s'approche, elle pose des questions, elle écoute tout ce qu'on dit avec Tiphaine. Elle dit que le communiqué est trop pratique, que c'est moi sur la photo malgré le flou. Elle remarque que je rougis, que je regarde mon téléphone tout le temps. Elle sait que je suis gay, elle l'a deviné. Et elle n'arrête pas de murmurer, de douter. J'ai craqué mardi. Je lui ai crié dessus, je lui ai dit que j'allais me plaindre pour harcèlement si elle continuait. Elle s'est tue, mais elle me regarde encore de loin. Et les autres collègues… ils murmurent. Et sur les réseaux, ça continue. Certains fans disent que le communiqué est fake, ils analysent la photo, ils cherchent. J'ai peur qu'ils trouvent mon nom.
Ezra me serre plus fort, pose un baiser sur mon front.
— Je suis désolé… tellement désolé. Paul fait tout ce qu'il peut. Il supprime des posts, il fait pression sur les médias. Ça diminue, mais c'est lent. Tu es courageux, Marceau. Vraiment. Tu as tenu pour nous. Je t'aime pour ça.
Je lève les yeux vers lui, touche son visage.
— Et toi ? Ta semaine ?
Il sourit faiblement.
— Pareil. Paul était furieux. Il a crié, il a demandé des explications. J'ai tout dit. Il a peur pour la carrière, pour les fans. Mais il gère. Il a publié le communiqué, il organise tout pour nous. Il est en colère, mais il est de notre côté.
On discute encore un peu, de nos peurs, de nos espoirs. Sa voix me berce, ses mains sur ma peau me calment. Puis je sens la fatigue du voyage, la sueur du stress.
— Ezra… où est la salle de bain ? Je voudrais me doucher. Me rafraîchir un peu.
Il sourit, m'indique la porte au fond de la suite.
— Par là. Prends ton temps. Je t'attends.
Je prends mon sac, entre dans la salle de bain. Elle est luxueuse : marbre blanc, douche italienne immense, produits de bain parfumés. Je me déshabille, entre sous le jet d'eau chaude. L'eau coule sur ma peau, emporte la fatigue, le stress de la semaine. Je ferme les yeux, laisse l'eau masser mes épaules, mon dos. Je pense à Ezra, juste de l'autre côté de la porte. Je sens une chaleur monter en moi, pas seulement celle de l'eau.
La porte s'ouvre doucement. J'ouvre les yeux. Ezra est là, nu, son corps parfait sous la lumière tamisée. Il entre dans la douche, se colle contre moi par derrière, ses bras autour de ma taille.
— Je n'ai pas pu attendre, murmure-t-il à mon oreille, son souffle chaud contre ma peau.
Je frissonne, me tourne vers lui. Nos lèvres se retrouvent, le baiser reprend où il s'était arrêté, mais sous l'eau, il est encore plus intense. L'eau ruisselle sur nos corps, rend tout glissant, chaud, sensuel. Ses mains descendent sur mes hanches, me pressent contre lui. Je sens son excitation contre la mienne, et je gémis dans sa bouche. Sa langue danse avec la mienne, ses doigts explorent ma peau, traçant des lignes le long de mon dos, de mes côtés. Je réponds, mes mains sur son torse, descendant lentement, caressant chaque muscle, chaque courbe. Il mordille ma lèvre inférieure, descend des baisers sur mon cou, ma clavicule, mes épaules. L'eau amplifie tout : le bruit, les sensations, la chaleur.
Il me pousse doucement contre le mur carrelé, frais contre mon dos chaud. Ses lèvres descendent sur ma poitrine, sa langue taquine mes tétons, les fait durcir sous l'eau. Je gémis plus fort, mes mains dans ses cheveux mouillés. Il s'agenouille, ses mains sur mes cuisses, les écartent légèrement. Sa bouche descend plus bas, embrasse mon ventre, mes hanches, puis trouve mon sexe. Il le prend doucement en bouche, sa langue tournoie, lente, experte. Je me cambre, les yeux fermés, les sensations m'envahissent : la chaleur de l'eau, la douceur de sa bouche, la pression de ses mains sur mes cuisses. Je ressens tout : le plaisir qui monte, comme une vague, l'amour qui me submerge, la vulnérabilité d'être ainsi exposé, aimé. Ezra me regarde de bas, ses yeux bleu brillant, pleins de désir et de tendresse. Il accélère, sa bouche plus insistante, une main qui caresse mes testicules, l'autre qui me tient la hanche. Je gémis son nom, mes jambes tremblent.
Il se relève, m'embrasse à nouveau, son corps contre le mien, nos sexes se frottent, glissants sous l'eau. Je sens son désir, dur contre mon ventre. Je descends ma main, le caresse lentement, sent sa respiration s'accélérer contre ma bouche. Il grogne, me presse plus fort contre le mur.
— Marceau… je te veux. Maintenant.
Je hoche la tête, les yeux dans les siens.
— Oui… oui.
Il coupe l'eau un instant, attrape un gel douche, en met sur ses doigts. Il me tourne doucement, dos à lui. Ses doigts explorent mon entrée, doucement, patient, me préparant. Je me cambre, gémis, l'eau chaude qui coule à nouveau sur nous rend tout plus sensuel. Il entre un doigt, puis deux, lentement, en embrassant mon cou, en murmurant « Je t'aime » à chaque mouvement. Je me détends, le plaisir monte, mélange de douleur et de joie. Puis il retire ses doigts, se positionne, entre en moi doucement, centimètre par centimètre. Je gémis fort, mes mains contre le mur, l'eau ruisselant sur nos corps unis.
Il commence à bouger, lent au début, ses mains sur mes hanches, son torse contre mon dos. Je sens tout : sa longueur en moi, la chaleur, la plénitude, l'amour qui nous lie. Il accélère, ses mouvements plus profonds, plus rapides. Je pousse contre lui, nos corps en rythme parfait. Ses lèvres sur mon cou, ses murmures : « Tu es parfait », « Je t'aime tellement ». Je ressens l'orgasme monter, comme une vague immense, mes gémissements plus forts, ses grognements dans mon oreille. Il passe une main devant, me caresse en rythme avec ses coups de reins. Je ne tiens plus, je jouis dans sa main, tremblant, criant son nom. Il me suit quelques secondes après, s'enfonçant profondément, son corps se crispant contre le mien.
On reste comme ça, sous l'eau, haletants, collés l'un à l'autre. Il se retire doucement, me tourne vers lui, m'embrasse tendrement. L'eau lave nos corps, mais pas nos émotions. Je me sens comblé, aimé, en sécurité. Il coupe l'eau, nous enveloppe dans des serviettes chaudes, me porte jusqu'au lit.
On s'allonge, nus, sous les draps. Il me serre contre lui, ma tête sur son torse.
On s'allonge, nus, sous les draps. Il me serre contre lui, ma tête sur son torse.
— C'était… incroyable, murmure-t-il.
— Oui… je t'aime.
— Oui… je t'aime.
Je me réveille lentement, enveloppé dans la chaleur des draps et du corps d'Ezra contre le mien. La lumière du matin filtre à travers les rideaux épais de la suite, baignant la pièce d'une lueur douce et dorée. Je sens son souffle régulier contre mon cou, son bras autour de ma taille, me tenant comme si j'allais m'évaporer. On n'a pas beaucoup dormi cette nuit – après la douche, on a continué à se toucher, à s'embrasser, à se murmurer des mots d'amour jusqu'à ce que l'épuisement nous emporte. Mais maintenant, je suis là, blotti contre lui, et je ne veux pas bouger.
Ezra remue légèrement, ouvre les yeux. Son regard trouve le mien, et un sourire paresseux étire ses lèvres. Il ne dit rien. Il se contente de me serrer plus fort, sa main descendant le long de mon dos en une caresse lente, paresseuse. Je frissonne, ferme les yeux un instant, savoure la sensation de sa peau contre la mienne. Ses doigts tracent des cercles sur ma hanche, remontent sur mon flanc, effleurent mes côtes. Je réponds, ma main sur son torse, caressant les contours de ses muscles, descendant vers son ventre plat. Nos jambes s'entremêlent, nos corps se pressent l'un contre l'autre, sans urgence, juste pour le plaisir du contact.
Nos lèvres se trouvent à nouveau, un baiser doux, langoureux, sans mots. Sa bouche est chaude, tendre, et je me perds dedans. Je sens son cœur accélérer sous ma paume, le mien répond en écho. On s'embrasse comme ça, longtemps, nos langues se frôlant à peine, nos lèvres se caressant. Ses yeux sont ouverts, les miens aussi, et on se regarde, vraiment. Dans ses yeux, je vois tout : l'amour, la peur, l'espoir, la vulnérabilité. Je sais qu'il voit la même chose dans les miens. On ne parle pas. Pas besoin. Nos caresses disent tout : ses doigts qui glissent sur ma cuisse, les miens qui effleurent son dos, son cou, ses cheveux. On reste comme ça, des minutes, des heures peut-être, à se caresser, à s'embrasser, à se regarder. Le monde n'existe plus. Il n'y a que nous, dans ce lit, dans cette bulle.
Puis le téléphone de la chambre sonne, brisant le silence. Ezra grogne, tend le bras pour décrocher.
— Oui ? ... Ok, merci.
Il raccroche, me regarde avec un sourire contrit.
— C'est le wake-up call. Paul arrive dans une heure. Il faut se lever.
Je soupire, me blottis encore un instant contre lui.
— Déjà ?
Il rit doucement, m'embrasse le front.
— Oui. Mais on a le temps pour le petit-déjeuner. Je commande.
Il attrape le téléphone, appelle le room service. « Deux cafés, des croissants, des fruits, des œufs brouillés, du jus d'orange. Merci. » Il raccroche, se tourne vers moi.
— On a vingt minutes. Ça te dit un câlin rapide ?
Je ris, le pousse doucement.
— Non… on se lève.
On sort du lit, nus, on s'habille rapidement – un jogging pour lui, mes vêtements d'hier pour moi. Le petit-déjeuner arrive cinq minutes plus tard. On s'assoit à la table basse, on mange vite, sans trop parler. Les croissants sont chauds, les fruits frais, le café fort. Mais je sens l'urgence : Paul arrive, et la bulle va éclater.
À 10 h 30, on frappe à la porte. Ezra se lève, ouvre. Paul entre, costume impeccable, tablette à la main. Il me voit, s'arrête net.
— Marceau, je présume.
Je me lève, tends la main, les joues rouges.
— Oui. Bonjour.
Paul serre ma main, me regarde de haut en bas, l'air évaluateur mais pas hostile.
— Enchanté. Paul, manager d'Ezra. On s'est parlé au téléphone.
— Oui… merci pour tout.
— Oui… merci pour tout.
Il hoche la tête, se tourne vers Ezra.
— Prêt ? Les répets commencent à 11 h.
Ezra me regarde, sourit.
— Paul… Marceau peut venir avec nous ? Pour les répets. Il restera discret.
Paul fronce les sourcils, la voix ferme.
— Non. Trop risqué. Si quelqu'un le voit avec toi…
Ezra insiste, sa voix calme mais déterminée.
— Il n'y aura pas de débordement. Il reste dans la salle, il regarde de loin. Personne ne saura qui il est. S'il te plaît, Paul. C'est important.
Paul soupire, passe une main sur son visage.
— D'accord. Mais il suit les instructions à la lettre. Marceau, tu restes dans la salle, pas en coulisses. Tu ne parles à personne de l'équipe. Tu ne prends pas de photos. Tu ne sors pas seul. Thomas t'accompagnera partout. Et si quelqu'un demande, tu es un invité VIP anonyme. Compris ?
Je hoche la tête, le cœur battant.
— Compris. Merci.
Paul me regarde sérieusement.
— C'est pour sa sécurité. Et la tienne. Ezra tient à toi, alors fais attention.
Ezra sourit, me prend la main discrètement.
— Allez, on y va.
On sort de la suite par l'ascenseur privé, une voiture nous attend en bas. Thomas, l'assistant d'Ezra, est au volant. On monte à l'arrière, Ezra et moi côte à côte, Paul devant. Le trajet est silencieux, mais Ezra serre ma main sous son manteau. On arrive au Zénith de Strasbourg, entrée VIP. L'équipe est déjà là. Ezra me fait signe de m'asseoir dans la salle, au milieu des sièges vides. Thomas reste à côté de moi, discret.
Je regarde les répètes. Ezra monte sur scène, teste le micro, ajuste les lumières. L'équipe s'agite : techniciens, chorégraphes, musiciens. Ezra chante quelques notes, sa voix remplissant la salle vide. Il me regarde de temps en temps, me fait un signe discret – un clin d'œil, un sourire. Je lui fais signe en retour, le cœur gonflé. C'est magique de le voir comme ça, en privé, sans la foule. Je sens l'amour, la fierté, mais aussi la peur : si quelqu'un me voit le regarder comme ça…
À midi, pause. Ezra descend de scène, me rejoint. Il me prend la main, me conduit dans un coin des coulisses.
— Viens, je te présente l'équipe.
Il me présente à ses musiciens, son chorégraphe, ses techniciens. « C'est Marceau, un ami. » Personne ne fait de remarque. Ils sourient, disent « Salut », et retournent à leurs affaires. On s'assoit un peu à l'écart, un plateau-repas sur les genoux : sandwiches, fruits, eau. Ezra prend ma main souvent, la serre sous la table, me regarde avec tendresse.
— Tu vas bien ? murmure-t-il.
— Oui. C'est incroyable de te voir comme ça.
— Oui. C'est incroyable de te voir comme ça.
Il sourit, se penche, murmure à mon oreille.
— J'ai eu envie de toi toute la matinée.
Mon cœur s'accélère. Il me tire par la main, m'emmène dans un coin plus sombre des coulisses, derrière un rideau. Il me plaque doucement contre le mur, m'embrasse très longuement. Le baiser est profond, passionné, ses mains sur mes hanches, les miennes dans ses cheveux. Je gémis contre sa bouche, le monde disparaît à nouveau.
— J'avais besoin de ça, murmure-t-il en se reculant.
— Moi aussi.
— Moi aussi.
L'après-midi reprend. Les répètes continuent jusqu'à 16 h : Ezra affine les chansons, les mouvements, les lumières. Je le regarde, captivé. À 16 h, on retourne à la loge. Ezra se douche, se prépare. Je me change : jean propre, chemise noire, pour le concert. Vers 19 h, Thomas vient me chercher.
— C'est l'heure pour le carré VIP.
Ezra m'embrasse une dernière fois, longuement, ses mains sur mon visage.
— Je vais chanter pour toi. Je t'aime.
— Je t'aime aussi.
— Je t'aime aussi.
Je suis Thomas. On traverse les coulisses, on arrive au carré VIP. La salle se remplit lentement. Je m'assois, le cœur battant. Les lumières s'éteignent. Ezra entre en scène. Il me cherche du regard, trouve mes yeux, fait un clin d'œil. Le concert commence. Pour moi.
Fin du chapitre 8.
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