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Couverture de Laure : chapitre zér0, par Semyaza
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Laure : chapitre zér0 — Chapitre 1 · Antipathie

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Semyaza
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Laure : chapitre zér0

Chapitre 1 · Antipathie

Laure : chapitre zér0
[Notes préliminaires : cette histoire n'est pas une suite à proprement parler des deux précédentes – encore que...- mais elle y est intimement liée.
Il n'est pas nécessaire d'avoir lu les précédentes pour comprendre celle-ci SAUF en ce qui concerne la fin qui risque de paraître très... « en suspens » sans le « background »...
Comme d'habitude, c'est plus une histoire qu'une histoire de cul, et comme d'hab', il y en a très peu, ici. Donc, si vous êtes à la recherche d'un scénar' de film de boules, fuyez sinon vous allez vous ennuyer sévère. Et sinon, ma foi.... Libre à vous de poursuivre]
« Soon you will be by yourself,
I will leave you all alone.
So long is the path I have to walk
Too far away is my destination
Too rare are the honest words
Too far away is my horizon »
(Tristesse De La Lune : Queen Of The Damned)
PROLOGUE :
— Bouge de là, gros nullos !
Sans s'abaisser à m'octroyer le moindre regard, Sophie Delauney me percute d'un coup d'épaule pour se frayer un chemin jusqu'à la salle de cours que la prof d'histoire vient d'ouvrir. Une fois entrée dans la salle, ne flotte plus dans le sillage de Sophie que la douce fragrance de son délicat parfum et le gloussement amusé de sa suite connue par moi-même sous le nom de « gang des trois pintades-à-frange ». Moi, déséquilibré, je pars en arrière, mais suis retenu par Mercos, mon meilleur ami, qui me lance un regard désapprobateur. Il n'a pas besoin de dire quoi que ce soit, je sais exactement ce qu'il pense : il se demande pourquoi je me laisse écraser sans rien dire par Sophie Delauney.
Mercos et moi entrons à notre tour dans la salle et nous installons à nos pupitres.
Derrière son bureau, madame Renaut commence son heure de cours :
— Bien ! J'ai corrigé vos contrôles de la semaine dernière, fait-elle en brandissant l'épaisse pile de vingt-sept interrogations écrites corrigées et notées.
Elle passe dans les rangs, distribuant les copies, se fendant d'un petit commentaire à chaque fois.
Au bout d'un moment, elle finit par se poser devant la table située deux rangs derrière nous, sur la gauche.
— Tiffany Meyer : 10/20. Vous portez l'art de de ne pas vous démarquer de vos camarades de quelle manière que ce soit à un niveau qui frise l'excellence !
Tiffany, c'est une des trois pintades. Il est très compliqué de les décrire, ces trois-là. Malgré leur absence de lien génétique, ce sont de parfaits clones les unes des autres. Même personnalité, même style vestimentaire, même coiffure, même attitude. Elles sont des versions féminines de Loulou, Fifi et Riri. Parfaitement indissociables, interchangeables et indifférenciables. C'est bien simple, depuis la rentrée de septembre, même si je connais leurs noms, je ne suis jamais certain à 100% de savoir laquelle est laquelle. Leur trait de caractère principal, c'est de glousser bêtement chaque fois que Sophie Delauney ouvre le bec.
— Marie Prévost: 11/20. Encore un petit effort, et vous finirez par réussir à atteindre une moyenne à un seul chiffre !
Elle, c'est la deuxième pintade, située à côté de la première, et ma foi, tout ce qu'il y a à en dire, c'est qu'il n'y a rien de plus à en dire.
La prof continue sa tournée, vers le fond, sur les côtés, puis revient vers le devant, elle s'arrête devant notre table :
— Marc Didier : 14/20. Il y a du progrès. Continuez, vous êtes sur la bonne voie !
Marc, c'est mon pote Mercos. On se connaît depuis qu'on est gamins. A une époque, il était obsédé par les voitures allemandes de marque Mercedes. C'est à cause de ça que je me suis mis à le surnommer Mercos (avec un « s », parce que.... pourquoi pas...). Ça lui a passé, mais le surnom est resté. Un de nos loisirs préférés, c'est de se retrouver le week-end pour jouer à la console.
Madame Renaut se décale de trois pas sur sa droite et fait maintenant face à la table qui est à notre gauche.
— Emeline Ducan : 8/20. La prochaine fois, ne vous dérangez pas ! Vous êtes au courant que vous avez le bac à la fin de l'année où vous comptez vous installer ici pour quelques années ?
Elle, c'est la troisième pintade-à-frange, et je ne vois pas vraiment ce que l'on peut ajouter à son sujet.
— Sophie Delauney : 17/20. C'est bien...
Sophie, c'est plus compliqué. Elle est intelligente. Largement plus que les trois idiotes avec qui elle traîne. Elle est belle, aussi. Tout être sensé ne peut nier qu'elle est la plus belle de la classe, indiscutablement du lycée, certainement de la ville, et peut-être du monde, mais là je suis pas compétent pour juger. Je connais pas un mec normal qui demeure insensible à ses longs cheveux bruns, ses grands yeux vert émeraude et son petit grain de beauté sous la lèvre. Le problème, c'est que depuis le début de l'année elle me voue une haine viscérale et que je n'ai pas la moindre idée de pourquoi. Dès qu'elle peut me rentrer dans le lard ou me balancer une vacherie, elle ne se prive pas. L'autre problème, c'est que... Bin, en fait... J'arrive pas à la détester en retour. Je suis même content qu'elle ait eu un 17. D'ailleurs, ça rend Mercos dingue que je sois aussi coulant avec elle.
La prof se décale de nouveau vers notre table et cette fois, s'adresse à moi avec un grand sourire.
— 18/20. La meilleure note. Ca fait du bien d'avoir parfois le sentiment qu'un enseignant ne travaille pas complètement pour rien. Félicitations.... Monsieur Richard Lamarne !
1) ANTIPATHIE
Février 1993
J'accueille avec un grand sourire ma note et les compliments de notre prof, mais mon enthousiasme est vite douché par Sophie qui braque ses grands yeux verts sur moi avec un regard empli de haine et crache :
— Mais oui ! Félicitations, Richard Lamarne ! Quelle chance nous avons tous d'être illuminés par ton génie !
— Mademoiselle Delauney ! Vous avez un commentaire à faire ? Intervient madame Renaut.
— Oh, mon dieu, non ! Reprend-elle de plus belle. Nous autres simples roturiers devrions nous montrer reconnaissants d'avoir l'insigne honneur de nous trouver sur la même planète que monsieur Richard Lamarne !
— Ça suffit, Sophie ! Si ça vous tente tant que ça de vous lancer dans la poésie, attendez le cours de français !
Ainsi rabrouée, Sophie se tait, non sans me gratifier au préalable d'une grimace carnassière découvrant ses dents qui ne laisse nul doute quant à ses intentions.
L'heure de cours se passe sans autre incident. Une fois terminée, je sors prendre l'air avec Mercos.
Nous nous mettons à discuter de nos projets pour le samedi qui vient :
— Tu passes à la maison, ce week-end ? On se fait une aprèm' Street Fighter II ?
— Ouais, si tu veux... J'ai lu un truc sur l'avenir des consoles. Il paraît que dans pas longtemps, ils vont en sortir une deux fois plus puissante que la Super Nintendo.
Je fais une moue dubitative.
— Mouais... Je sais pas trop... Ça sent le genre de phrase d'accroche publicitaire pour faire vendre... T'as vu les graphismes de Mortal Kombat ? Comment tu veux faire plus réaliste que ça ?
La conversation qui s'annonce sur l'avenir du jeu vidéo est étouffée dans l'œuf par deux terrifiantes pupilles vertes qui viennent de surgir de nulle part et qui me fixent avec leur colère coutumière.
— Putain, encore toi ? T'en as pas marre de tout le temps être sur mon chemin ? Vivement le mois de juin, que je quitte ce bahut et que je sois débarrassé de ta tronche à tout jamais !
Sa tirade est accompagnée du triple gloussement de rigueur.
Je soupire de lassitude et marmonne :
— C'est ça ! Bonne journée à toi aussi, Sophie !
— Pauv' con !
Puis le quatuor passe son chemin sans un regard de plus.
L'autre regard excédé qui est braqué sur moi, c'est celui de Mercos.
— Bordel, Ritchie ! Pourquoi tu la laisses te piétiner comme ça ? Tu veux pas l'envoyer se faire foutre une bonne fois pour toutes ?
Je soupire une nouvelle fois.
— Pour quoi faire ? Ça m'avancerait à quoi, de toute façon, franchement ?
— Je sais pas, répond mon ami qui, je le sens, a bien du mal à ne pas me hurler dessus, peut-être à lui montrer qu'on traite pas les gens comme de la merde ? C'est un enfer, cette gonzesse !
— Mais non. Elle est pas méchante...
Je le vois écarquiller les yeux.
— Pas... ? Mais t'es givré ou quoi ? T'es au courant que traiter les gens de pauvres cons, c'est pas une marque d'affection dans notre espace-temps ?
— Ouais, ouais... Elle est un peu... Rugueuse.... En apparence. Mais je suis sûr que dans le fond, c'est une fille bien.
A sa tête, je comprends qu'il a du mal à croire ce qu'il vient d'entendre. Au bout d'un instant, je vois un sourire en coin se dessiner sur ses lèvres.
— Aaah, J'ai pigé ! T'as le béguin, en fait !
— Quoi ?
— En fait, t'es amoureux de Sophie Delauney !
C'est à mon tour de prendre un air ahuri.
— Mais pas du tout ! T'es complètement con, ou quoi ?
Je comprends en voyant sa tête qu'il ne me croit absolument pas.
— Mouais ! Y a une fille qui te traite comme la dernière des merdes, et toi tu lui trouves des excuses. Comme par hasard, c'est accessoirement la fille la plus canon qu'on connaît. Tu peux bien dire ce que tu veux, tu craques pour Sophie, c'est tout !
Ça y est. La conversation prend une tournure qui commence à m'agacer.
— Allez ! Arrête de raconter de la merde, tu me saoules ! Si tu veux, tu viens à la maison samedi pour un tournoi de Street Fighter. Et par pitié, on peut parler d'autre chose que de Sophie ?
— Bon, bon... Comme tu veux, monsieur Contradiction-Sur-Pattes !
Nous reprenons une conversation plus banale, puis nous séparons pour rentrer chacun chez nous.
Mercos, ça a beau être mon meilleur pote, il m'énerve quand il me parle de mon rapport aux filles, et particulièrement à Sophie. Je suis pas amoureux d'elle. Mais alors, pas du tout. Mais lui, il arrive pas à comprendre qu'admettre qu'une fille est belle, ça veut pas nécessairement dire qu'on veut se la taper. Et il arrive pas non plus à concevoir que c'est pas parce que quelqu'un ne t'aime pas que tu dois absolument le détester en retour ou être incapable de voir des qualités chez ladite personne.
Moi, amoureux de Sophie.... Ça n'a aucun sens. Je ne suis amoureux de personne, d'ailleurs. Un jour, ça me tombera dessus, sans doute, comme tout le monde. Mais ce sera pas Sophie. Aucune chance ! Jamais de la vie !
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Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
17 mars 2026 à 20:05
Quelle bonne surprise ce chapitre zér0 !
Je replonge chaque fois avec plaisir dans tes histoires, toujours positives et charmantes. Et c'est une très bonne idée que de revenir en arrière pour nous parler du passé de Richard.

Vivement la suite !
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Iznogood
16 mars 2026 à 23:18
La description de la belle Sophie donne à penser quand on connait celle de Laure... mais chut ! 🤫
Soyez respectueux
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Semyaza
16 mars 2026 à 22:46
je n'ai percuté qu'en lisant le nom de Richard (ben oui je suis pas si malin...) :/
Ah tiens au fait, le titre de l'histoire est si accrocheur, tu féliciteras l'auteur surtout !

Ah, ah ! et ouais ! C'était le but recherché :)
Pour l'auteur, ma foi... Si je le croise, je lui passerai tes salutations.... ;) En attendant tu as les miennes !
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Iznogood
Iznogood
16 mars 2026 à 22:36
OK, il y avait donc bien "une petite chose" en train malgré tout.
Parfait. Merci, c'est gentil. :-)
Gros retour en arrière vers l'avant de la "saga", je n'ai percuté qu'en lisant le nom de Richard (ben oui je suis pas si malin...) :/
Ah tiens au fait, le titre de l'histoire est si accrocheur, tu féliciteras l'auteur surtout ! ^^'
Bonne soirée et ... à suivre par la "Brigade des Cœurs Tendres" ;-)
Soyez respectueux
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