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Couverture de Laure : chapitre zér0, par Semyaza
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Laure : chapitre zér0 — Chapitre 7 · Officieux

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Semyaza
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Laure : chapitre zér0

Chapitre 7 · Officieux

OFFICIEUX
Juillet 1994
Mes lèvres toujours collées à celles de Sophie, je m'attends à m'en prendre une d'une seconde à l'autre. Rien ne vient. Au contraire. Elle passe ses bras autour de mon cou afin de resserrer son étreinte, et se presse plus fort contre moi, donnant plus de passion à notre baiser.
Nos lèvres se décollent au bout d'un long moment. Je reste planté là, béat d'incompréhension.
Je balbutie :
— Euh... Tu m'expliques ?
— T'en avais envie, non ? Dit-elle avec une évidente désinvolture. Eh bin, moi aussi !
J'ai bien du mal à mettre de l'ordre dans mes pensées. J'ai envie de la dévorer toute crue. Je me contiens, toutefois. D'abord, j'essaie tant bien que mal de comprendre ce qu'il se passe.
— T'es pas censée déjà être avec quelqu'un ? - Je refuse toujours de prononcer son nom à haute voix. C'est mesquin, je le sais. - Ça va pas, entre vous ?
Un haussement d'épaule et un regard fuyant sont les seules réponses que j'obtiens. Par honnêteté, je fais le choix de lui exprimer le fond de ma pensée.
— Tu sais que tu as ouvert une porte. Je vais m'imaginer des trucs, maintenant.
— C'est ton problème, me lance-t-elle amusée en écrasant à nouveau sa bouche contre la mienne.
Je la laisse faire un moment par pur plaisir égoïste, puis la repousse délicatement. Je n'ai pas fini de tenter de comprendre la situation.
— Ecoute, Soph'... Je suis complètement largué, là. J'aimerais bien savoir où on en est, toi et moi.
— Officiellement, il n'y a pas de « toi et moi ».
— Peut-être, mais comme je viens te le dire, tu viens d'ouvrir une porte. Et si tu veux tout savoir, ça fait pas mal de temps que... Eh bien... Que je suis amou...
Elle m'interrompt brutalement en posant ses doigts sur mes lèvres.
— Chut ! Ne termine pas cette phrase. Je... Je veux pas l'entendre. Je t'ai rien promis. Et je voudrais pas que tu attendes de moi quelque chose que je suis pas certaine de pouvoir te donner.
Je secoue la tête. J'ai beau faire de mon mieux, je ne comprends rien à rien, alors je le lui fais remarquer, mais son explication ne m'aide pas vraiment :
— Ecoute, Ritch'... J'ai pas toutes les réponses à tes questions. En fait, j'ai pas toutes les réponses à MES questions. Et pour être tout à fait honnête, je suis même pas certaine de savoir quelles sont les bonnes questions. Je n'ai rien de plus que ça à t'offrir. Ne m'en demande pas plus.
A la fin de sa tirade, elle m'embrasse à nouveau. Je ne cherche plus à lutter, ni à comprendre. Je laisse les choses suivre leur cours.
Du coin de l'œil, j'aperçois Mercos qui apparaît à l'orée de mon champ de vision. En nous voyant, il se fige sur place, bouche bée. Il n'intervient pas. Il se retire discrètement, mais rapidement.
Je prends la main de Sophie et l'attire vers un banc à proximité où nous nous asseyons côte à côte.
Il reste des questions en suspens à laquelle, je pense, elle peut tout de même répondre.
— Dis-moi, Soph' : Pourquoi lui ?
Elle comprend que je parle bien évidemment de son copain officiel. Elle laisse passer un long moment avant de répondre :
— Tu sais... L'été dernier, c'était pas très marrant. Il était là. Au bon endroit, au bon moment. Et toi, ma foi... T'étais pas là.
Je soupire.
— En gros, si j'étais pas parti en vacances, ce serait peut-être moi qui serais à sa place ?
Un haussement d'épaules en guise de réaction. Je poursuis.
— Je me doute que tu vas pas répondre clairement, mais je tente quand même : pourquoi moi, maintenant ?
— Parce que tu es là. Au bon endroit, au bon moment. Et lui non.
Je fais une moue dubitative. Tout ça ne nous mène pas bien loin. Je prends sa main. Nous nous embrassons encore. Je suis heureux : Je sors avec la fille de mes rêves. Je suis triste : je suis sa roue de secours.
Août 1994
— On s'est pas revus depuis la fête avec les étudiants de l'autre jour. Je crois que t'as quelques trucs à me raconter, tu crois pas ?
Je suis avec Mercos. Il est passé me rendre visite à l'improviste. On se retrouve comme au bon vieux temps sur le canapé de ma vieille piaule, chez mes parents. J'allais lui proposer de ressortir la console, comme au bon vieux temps, mais visiblement, il a envie de causer.
Je lui raconte ma vie. Mais par taquinerie, j'esquive délibérément le sujet que je sais qu'il veut que nous abordions.
— Bah, écoute. C'est pas l'été le plus divertissant de ma vie. Je viens de me dégotter un petit boulot pour engranger quelques francs. Mais pour l'être tout à fait – franc, je veux dire – jouer les serveurs, ça a pas le charme d'enquiller des bières autour d'un feu de camp en Dordogne.
Il éclate de rire.
— J'imagine. Mais tout va pas si mal pour toi. T'as l'air d'avoir trouvé un loisir pas déplaisant. Alors comme ça, vous êtes ensemble ?
— Oui... Enfin, non... Enfin, je sais pas vraiment, dis-je en levant les bras en signe d'impuissance. Disons qu'officiellement, on est juste bons amis.
Je vois que lui aussi fait des efforts pour tenter de comprendre.
— Atttends... Elle a largué Lucas, pour toi, mais faut que ça reste secret ?
Je secoue vivement la tête en signe de dénégation.
— Elle l'a pas largué... Enfin, pas que je sache... De toute façon, elle me parle pas de lui, et comme ça me viendrait pas à l'esprit de m'intéresser à lui...
Mon vieux copain ouvre de grands yeux. Lui non plus ne semble plus rien comprendre.
J'essaie de lui expliquer que je tente de profiter comme je peux de l'opportunité qui m'est offerte. Que je fais tout ce que je peux pour jouer le mec parfait, en espérant qu'un jour, elle prenne sa décision. Je lui révèle également que je pense qu'elle ne sait plus trop où elle en est, qu'elle est en proie à une sorte de confusion dans ses sentiments et que même si je refuse catégoriquement de lui dire ce qu'elle doit faire, j'espère qu'elle trouvera un moyen d'y remédier, et j'espère encore plus que ce sera en ma faveur. Pourtant, malgré le plaisir que j'ai à être en sa compagnie, je souffre de cette schizophrénie affective. J'ai l'impression de m'être fait entuber par le génie de la lampe : Mon souhait le plus cher, c'était d'être avec Sophie. Il a été exaucé, mais d'une manière tordue, incomplète, non satisfaisante. Moi je lui tiens la main, je lui fais des bisous, mais je reste caché derrière les murs et les buissons pour pas qu'on se fasse surprendre. Pendant ce temps, l'autre, il a le droit à la même chose, mais avec tout le reste en plus. Il partage son lit, il est bienvenu dans sa famille... Même si je marche un peu sur ses plates-bandes, il continue d'être un caillou dans ma godasse.
Quelques jours plus tard, je retrouve Sophie dans un parc public. Nous prenons à peine le temps de jeter des coups d'œil autour de nous pour vérifier que personne ne nous regarde et nous nous tombons dans les bras, le temps d'un baiser passionné.
Nous passons la journée à marcher main dans la main. Elle devient ma confidente et moi la sienne.
Je lui offre un verre à la terrasse d'un café à proximité.
Nous sommes si bien. Malgré la discrétion à maintenir, je ressens une véritable alchimie entre nous.
Le temps passant, un détail commence à titiller mon esprit. Si notre flirt demeure secret aux yeux de tous, je réalise à ma grande surprise que nous parvenons à nous voir de plus en plus souvent. Curieusement, je trouve que ça crée une incohérence dans l'histoire : où il est, son mec, pendant tout ce temps ? Qu'est-ce qu'il fait ? Comment ça se fait qu'elle parvient à trouver autant de temps pour le sortir de l'équation ? Si j'étais à sa place, moi, je passerais mon temps avec ma bien-aimée. Je ne la laisserai pas se barrer toute seule dès que l'occasion se présente. Comprenons-nous : je dis pas que je la fliquerais non plus, mais le minimum quand on est en couple, c'est... Eh bien... D'être en couple... Non ?
L'autre problème, c'est que comme me l'avait si bien fait remarquer Mercos un jour, je suis une contradiction sur pattes : plus je passe du temps avec Sophie, plus je suis persuadé que c'est celle que j'aime. Mais plus je passe du temps avec elle, moins j'ai le sentiment d'être à ma place. Ça ne m'amuse pas d'être le plan B. Pire : j'en souffre.
Le soir, quand je me retrouve seul chez moi, une certitude commence à poindre : Ça ne peut plus continuer comme ça. Je ne veux plus de ça. Si les choses continuent ainsi, mon cœur et mon âme vont éclater. Ça ne peut plus durer. Il faut que je fasse quelque chose. Je sais exactement quoi, mais ça ne m'enchante pas. Pas du tout, même.
Le samedi soir suivant, je la vois traîner aux alentours de la pizzeria où je fais office de serveur. Elle attend patiemment la fin de mon service, pour que nous nous retrouvions. Quel genre de mec déjà en couple n'a rien de mieux à faire uns samedi soir que de laisser sa copine retrouver son flirt secret, franchement ?
A peine suis-je sorti qu'elle se précipite dans mes bras. Son comportement avec moi est toujours le même : ambigu jusqu'au bout des doigts. Elle fait montre d'une grande tendresse, mais jamais un mot doux qui laisserait entrevoir explicitement ce qu'elle ressent à mon égard... ou pas.
Je l'embrasse par automatisme, mais au bout de quelques secondes, je pose mes mains sur ses épaules pour la repousser délicatement.
— Soph', faut qu'on parle.
Nous nous asseyons face à face sur une table extérieure de la pizzeria. A mon air sérieux, elle comprend que la suite risque de ne pas lui plaire. Je poursuis néanmoins.
— Il y a quelques temps, j'étais sur le point de te dire quelque chose, mais tu m'en as empêché. Ce soir, je vais terminer cette phrase : Sophie, je suis amoureux de toi. Tant pis si tu voulais pas l'entendre, mais c'est un fait. Il est important que tu le saches parce que toi et moi, ça ne peut pas continuer comme ça. T'aimer, pour moi, ça consiste pas juste à te faire des bisous cachés derrière un arbre quand on a une occasion. Ça ne m'intéresse pas de te partager avec un autre. Ça ne me rend pas heureux. Tu me donnes simplement l'illusion de sortir avec toi. Et c'est pas ce que je souhaite. D'une, ça me rend pas heureux, et de deux, ça ne m'offre pas une bonne manière de te montrer à quel point je tiens à toi.
— Ritch', je...
Je l'interromps en levant une main devant moi.
— Je suis désolé, Soph', mais j'arrête les frais. Je renonce. Je renonce à toi. Parce que tu prends trop de place dans mon cœur et je veux pas qu'on tienne à deux dans le tien, si même j'y ai une place, ce dont je ne suis même pas certain. Désolé, Soph'. Toi et moi, ça s'arrête là. Je te souhaite le meilleur, et je te demande pardon.
Sans un mot, je me lève et m'en vais, les poings serrés au fond de mes poches. J'ai à peine le temps de voir sa bouche s'ouvrir en grand de surprise. Je ne sais pas si elle, elle a eu le temps de voir les larmes qui perlent au coin de mes yeux.
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Semyaza
3 avril 2026 à 16:39
Interrogation aussi sur l’attitude de son meilleur ami, Mercos, parce que s’il n’est au courant de rien, c’est vraiment que dans le trio quelque chose ne fonctionne
pas en terme de confidence et de confiance

Il cherche peut-être à profiter de la situation pour avancer ses pions. Même s'il lui a fait comprendre qu'elle ne l'interesse pas. Mais là, il y a plus Jenny, et les choses évoluent avec le temps. Richard en est la preuve.
D'où la pêche aux nouvelles. Mais je peux me tromper. La suite nous le dira.

Ohla, ohlla.... Tranquille, tout le monde ! C'est pas Game Of Thrones non plus, mon histoire, hein !! : D : D :D
Soyez respectueux
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Ornix45
3 avril 2026 à 16:25
Interrogation aussi sur l’attitude de son meilleur ami, Mercos, parce que s’il n’est au courant de rien, c’est vraiment que dans le trio quelque chose ne fonctionne
pas en terme de confidence et de confiance

Il cherche peut-être à profiter de la situation pour avancer ses pions. Même s'il lui a fait comprendre qu'elle ne l'interesse pas. Mais là, il y a plus Jenny, et les choses évoluent avec le temps. Richard en est la preuve.
D'où la pêche aux nouvelles. Mais je peux me tromper. La suite nous le dira.
Modifié 3 avril 2026 à 16:26
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Ornix45
3 avril 2026 à 16:19
C'est pas sympa ce que fait Sophie, malgré qu'elle est perdue. Lui faire entretenir une espérance avec ces moments ambiguës.
Surtout qu'elle trouve beaucoup de temps à lui consacrer, avec son hypothétique situation.
Soyez respectueux
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Iznogood
3 avril 2026 à 16:12
Pffff….

En théorie, elle lui court après et lui confie un amer secret : ses parents ont organisé la rencontre avec « l’autre con » et elle est un peu coincée.
Milieu social, bla-bla-bla.
« Il était là, et toi t’étais pas là » c’est pas vraiment glorieux pour elle comme explication.
Dans genre je saute sur le premier venu, c’est un coup à laisser tomber l’affaire pour de bons.
Alors on va partir sur une autre hypothèse.

Mais elle peut tout aussi bien le laisser partir, son pauvre petit cœur 💔 réduit en miettes, prendre le temps de réfléchir, etc. etc.

Interrogation aussi sur l’attitude de son meilleur ami, Mercos, parce que s’il n’est au courant de rien, c’est vraiment que dans le trio quelque chose ne fonctionne
pas en terme de confidence et de confiance.

Bon, bah y a plus qu’à attendre… 😌
Soyez respectueux
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