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Couverture de Laure : chapitre zér0, par Semyaza
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Laure : chapitre zér0 — Chapitre 4 · Le trio infernal

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Semyaza
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Laure : chapitre zér0

Chapitre 4 · Le trio infernal

LE TRIO INFERNAL
Mai 1993
Assise au milieu du canapé, entre Marc et moi, Sophie laisse éclater sa joie triomphale. Ça fait six parties de Street Fighter II à la suite qu'elle gagne, laissant un Mercos désemparé qui, en tant que perdant, me refile sa manette pour le combat suivant. Quand elle contrôle le personnage de Chun-Li, notre meilleure amie est quasi imbattable. Mon Ryu et le Guile de Mercos ont bien du mal à lui arriver à la cheville.
Si on nous avait dit, deux mois plus tôt que Sophie Delauney deviendrait le ciment qui maintient nos amitiés et qu'elle serait le cœur et l'âme des bons moments que nous vivons, nous aurions bien ri.
Après son accident, personne ne savait précisément quand elle reviendrait en cours. Ainsi, quelques jours après être passé lui rendre visite, et alors que je ne m'y attendais pas particulièrement, elle reparut un matin, dans les couloirs du lycée, perchée sur une paire de béquilles.
J'ai à peine le temps d'apercevoir sa magnifique silhouette que déjà, les trois pintades se ruent sur elle en piaillant à qui-mieux-mieux. J'en entends une qui lui assure qu'elle a trop une bonne mine et qu'on ne croirait pas qu'elle sort tout juste de l'hôpital.
Quelle hypocrite ! Toute magnifique qu'elle est, Sophie est pâle, a les traits tirés et les yeux cernés comme quelqu'un qui vient de passer de mauvais moments. Prétendre le contraire, c'est mentir, et Marie, ou peu importe de laquelle des trois il s'agit, en est parfaitement consciente.
Je note cependant que Sophie est un brin moins souriante, plus distante que d'habitude avec ses trois suiveuses. Tout en leur parlant, elle continue d'avancer sans s'arrêter jusqu'à arriver face à moi où elle se fige, me regardant d'un air un peu gêné.
— Salut, Richard, fait-elle timidement.
— Salut, Sophie. Content de te revoir !
Content de la revoir, certes, mais honnête, je n'essaie pas de lui faire croire qu'elle a bonne mine alors que ce n'est pas le cas.
Un ange passe.
Contre toute attente, elle franchit le dernier mètre et arrivée à mon niveau, pose sa main sur mon épaule, et me fait la bise, sous les yeux quadruplement ahuris de Mercos et des trois pintades.
L'une d'entre elle grimace de dégoût et exprime son incompréhension :
— Tu fais la bise à Lamarne, toi, maintenant ? T'es encore sous morphine, ou quoi ?
Elle lui lance ce regard glacial que je ne connais que trop bien.
— Tu sais ce que c'est la différence entre Richard et vous, Tiff' ?
— Je suppose qu'il y en a plus qu'une, rétorque-t-elle avec morgue, mais non, je ne sais pas à laquelle en particulier tu fais allusion...
— Eh bien, je vais te le dire : il a fait l'effort de venir me rendre visite à l'hosto, lui !
Tiffany tente alors de se justifier.
— Ouais, mais tu comprends, on voulait venir te voir, je te jure, mais tu sais ce que c'est, avec les cours, et tout... On avait trop de trucs à faire, on n'a pas réussi à trouver un créneau, mais on a pensé à toi tout le temps. C'est juste qu'on n'a pas eu le temps.
Elle a un reniflement de mépris.
— Oh, t'inquiète, je vous le reproche pas. Je comprends tout à fait. On a tous pleins de trucs à faire. On a tous une vie à mener, et on est tous très occupés. Tout ce que je dis, c'est que Richard, avec qui, vous en conviendrez, je n'ai jamais été particulièrement aimable, il a aussi une vie à mener, et il est sans doute très occupé. Pourtant, entre deux trucs à faire, il a quand même trouvé le temps de passer me faire un petit coucou. Il a même eu la gentillesse de m'apporter des chocolats. Alors que mes super copines qui tiennent tellement à moi, n'ont même pas trouvé deux minutes pour me passer un coup de fil. Encore une fois, je vous en veux pas. Je dis juste que ça remet pas mal de choses en perspective...
la relation entre les quatre filles vient de basculer, mais le débat est interrompu par l'arrivée de la prof de français qui nous fait entrer à sa suite.
Alors que nous prenons place à nos pupitres, Mercos me chuchote à l'oreille :
— Sans déc', t'es passé la voir ? Et tu lui a offert des chocolats ?
— Bin ouais...
— Quelle charmante attention ! Tu ne lui refuses rien, à la fille dont tu n'es absolument pas amoureux !
Je ne relève pas le sarcasme.
— En tout cas, ça a payé ! Je sais pas si tu as remarqué, mais on a entamé le processus de paix. Pas sûr que ce serait arrivé si je l'avais envoyé chier comme tu me l'as si souvent conseillé.
— Ouais, bin compte pas sur moi pour aller copiner avec !
Sa remarque me fait rire.
— T'es quand même gonflé, toi ! Elle t'a jamais rien fait, à toi !
Il ne répond rien. Le cours commence. Assises à leur table, Sophie et la pintade qui est à côté d'elle semblent s'éviter du regard. La tension est palpable.
Les jours se succèdent, mais quelque chose a définitivement changé.
A chaque jour qui passe, Sophie se fait plus amicale avec moi et plus distante avec les trois pintades.
Nous passons de plus en plus de temps à discuter et découvrons que nous avons de nombreux points communs.
Dans ces moments-là, Mercos reste en retrait, intervenant peu. Il demeure encore très sceptique concernant mon rapprochement avec Sophie Delauney. Pourtant, un midi, à la cantine, lorsqu' elle vient nous rejoindre pour prendre son déjeuner en notre compagnie, il finit par progressivement se rendre à l'évidence. Elle est drôle, intelligente, à mille lieues de l'image qu'elle avait toujours donnée jusqu'à présent. Au final, lui aussi finit par se détendre et à l'accepter dans notre petit cercle fermé. Tant et si bien, d'ailleurs, qu'au bout de quelques semaines, alors qu'un matin, nous nous demandons ce que nous allons faire de notre week-end, l'évidence me vient :
— Dis, Soph', tu fais quoi, ce week-end ?
— Bof, je sais pas... rien de spécial, pourquoi ?
— Tu veux venir chez moi, samedi ? On passe l'aprèm' ensemble avec Mercos, si ça te tente...
Elle hésite une seconde.
— Je sais pas... Vous comptez faire quoi ?
Mercos intervient :
— En général, on passe notre temps à jouer à la console...
Elle se fend d'une moue peu convaincue.
— Je sais pas... j'y connais rien en jeux vidéo, moi, j'ai jamais trop pratiqué ce genre de choses...
Je reprends immédiatement le contrôle de la conversation, trop désireux de ne pas effaroucher notre nouvelle amie, ni de lui laisser envisager qu'elle n'a pas sa place parmi nous.
— Y a aucune obligation. On peut faire autre chose, aussi.
— Non, non ! Insiste-t-elle. Au contraire. Ça me plairait bien de découvrir un peu tout ça. Mais je vous préviens, j'y connais vraiment rien, faudra m'apprendre...
Je saute sur l'occasion sans hésiter :
— Eh bin, super ! On fait comme ça !
Le jour venu, Mercos me retrouve chez moi, vers 14h. Affalé sur le petit canapé de ma chambre, il me fait écouter une cassette compilant plusieurs groupes de ce « rock alternatif » qu'il aime tant. J'aime bien l'énergie dégagée par les chansons des Shériff, Ludwig Von 88, Bérurier Noir et autres Gogol Premier lorsque je suis en compagnie de mon ami, mais quand je suis seul, mes goûts personnels se portent plutôt sur les artistes rock ou folk américains des décennies précédentes.
Entre deux martèlements de boîte à rythme au volume poussé bien trop fort, des coups sont frappés à la porte de ma chambre. Ma mère passe sa tête dans l'entrebâillement.
— Richard, tu... Oh, bonjour Marc ! J'avais pas vu que tu étais déjà arrivé.
— Bonjour, Evelyne, ça va ?
— Très bien, merci. Richard, il y a une jeune fille beaucoup trop charmante pour toi, en bas, qui demande à te voir.
Je saute instantanément sur mes pieds, et dévale quatre à quatre les escaliers pour aller accueillir notre invitée.
Elle se tient dans l'entrée, tout sourire, visiblement contente d'être là, mais aussi un peu intimidée.
Je fais de mon mieux pour la mettre à l'aise, lui prenant sa veste pour la suspendre au porte-manteau, puis la conduis à l'étage vers mon antre. J'espère qu'elle ne se formalisera pas trop du bordel relatif qui y règne. Tout en lui indiquant le chemin, je vois ma mère qui peine à retenir un petit sourire amusé. Dans le dos de Sophie, sa bouche forme un « O » admiratif qui semble dire : « Eh bin dis donc ! Tu l'as trouvée où celle-là ? Elle est sacrément canon ! »
Je ne peux pas lui donner tort.
Nous rejoignons Mercos dans ma piaule, et Sophie prend place dans mon canapé. Avec une sorte d'assurance naturelle, elle s'assied au centre, afin que nous nous retrouvions de part et d'autre d'elle et qu'elle devienne inconsciemment le centre d'attention.
Je lui colle une manette de Super Nintendo entre les mains, et nous entamons son éducation. Nous commençons par Super Mario World. C'est simple, intuitif, parfait pour se familiariser avec les contrôles.
Elle a un peu de mal à acquérir les bons réflexes. Elle perd rapidement face aux premiers « Goombas » ou « Koopas », manque ses sauts qui la font sombrer dans les précipices, ou a ce réflexe de novice qui consiste à faire de grands gestes avec la manette en pensant que ça peut avoir une quelconque influence sur le jeu. Après quelques essais infructueux, elle commence à cerner la logique des mouvements, et ses déplacements se font plus assurés. Elle finit par parvenir à compléter les premiers niveaux sous nos encouragements.
— Je suis trop forte ! S'exclame-t-elle, enthousiaste.
— Alors, t'en penses quoi ? Lui demande Mercos, curieux de connaître son opinion sur l'un de nos loisirs préférés.
— J'adore ! C'est trop bien !
Je suis tellement content qu'elle s'amuse avec nous que je me dis que je suis tout à fait prêt à mettre les bouchées doubles au handball pour essayer de pas être trop nul. Elle le mérite bien.
Un peu plus tard, nous l'initions à F-Zero, le jeu de course avec les espèces de vaisseaux futuristes. Elle s'améliore à chaque instant.
Je me sens de mieux en mieux à côté d'elle. Quand on était tous les deux, avec mon pote, on s'amusait bien, mais à trois, c'est autre chose. La présence de Sophie et ses rires me réchauffent le cœur d'une étrange manière que je n'arrive pas vraiment à identifier.
L'après-midi se déroule dans la joie et la bonne humeur jusqu'à ce que ma mère viennent nous interrompre.
— Dites les jeunes, vous voulez rester dîner, ce soir ?
J'interroge Sophie du regard, mais elle rejette l'offre.
— Merci, c'est vraiment très gentil, mais j'ai promis à mes parents de pas rentrer trop tard.
— Comme tu veux, fait maman. Et toi, Marc ?
— Euh, je veux bien, mais uniquement si ça ne vous dérange pas. Je veux pas m'imposer, non plus.
L'affaire étant entendue, nous raccompagnons Sophie à la porte. Elle nous remercie pour la super journée qu'elle vient de passer. Nous lui promettons que nous remettrons ça une prochaine fois.
Entre le départ de Sophie et le dîner, nous débriefons notre journée. Mercos ne tarit pas d'éloges :
— Elle est vraiment chouette ! En plus, elle est drôle. Et puis, t'as vu ? Avec un peu d'entraînement, elle jouera comme une pro ! Et puis, qu'est-ce qu'elle est mignonne !
Contre toute attente, l'entendre enchaîner cette litanie de compliments me fait un drôle d'effet. Plutôt déplaisant, en fait, sans que je sache vraiment pourquoi. Je lui fais savoir de manière un peu détournée :
— Bin dis donc ! Heureusement que dans tes fantasmes bizarres, c'est moi qui suis censé craquer pour elle. A t'entendre, on pourrait avoir des doutes.
Il éclate d'un rire franc.
— T'en fais pas, grand couillon, j'ai pas l'intention de te la piquer. J'ai des vues sur quelqu'un d'autre, moi. Une jolie petite blonde qui s'appelle Jennifer. Tu peux dormir tranquille jusqu'à ce que tu finisses par t'avouer à toi-même que tu en es raide dingue depuis toujours. La menace ne viendra pas de moi.
J'ignore une fois de plus ses allusions aux sentiments imaginaires qu'il me prête, car les siens, qu'il vient de me révéler, m 'étaient jusqu'alors inconnus.
— Jennifer ? Je vois pas du tout qui c'est...
— Normal, tu la connais pas. Elle fait partie de mon club de judo. Si l'occasion se présente, je te la présenterai.
Me voilà soudain bien curieux quant aux goûts de mon ami en matière de filles, mais aussi étrangement soulagé.
Mais l'heure du dîner sonne et nos petites conversations personnelles sont mises en pause pour un temps...
Au fil des semaines qui passent, nous multiplions ces petites journées de divertissement. Sophie a fini par se découvrir une passion pour Street Fighter II, et après avoir tâtonné avec un peu tous les personnages, elle a fini par devenir une championne avec Chun-Li.
Pour autant, il ne faudrait pas croire que nous ne faisons rien d'autre de nos journées que nous enfermer derrière un écran. Les jours de beau temps, nous nous retrouvons pour de longues promenades en vélo dans les chemins de forêt aux alentours de la ville ou traîner dans le grand centre commercial. Je me prends même à accepter d'entrer dans les magasins « pour filles » et à ne même pas détester ça.
Lors de la célébration de mes dix-huit ans, un festin est organisé en compagnie de ma famille. Comme j'ai le droit d'inviter les amis que je veux, il va sans dire que Sophie et Mercos sont de la partie. Une petite fête simple, sans ostentation, mais Ô combien réjouissante.
Nous nous retrouvons également de temps en temps chez l'un ou chez l'autre pour réviser les cours ou les bacs blancs. Au début, la mère de Sophie regardaient notre présence chez eux d'un œil suspicieux - Son père étant toujours absent pour affaires- , mais lorsqu'elle se s'est rendue compte que nous travaillions vraiment et sérieusement, nous avons fini par être de plus en plus bienvenus.
Ces séances de révisions ont d'ailleurs été bénéfiques puisque nos moyennes, déjà plus que correctes, se sont encore un peu améliorées, contrairement à celles des trois pintades qui sont en chute libre depuis que le seul cerveau disponible qu'elles avaient à portée de main s'est détourné d'elles.
Cependant, tout ne peut pas toujours être parfait, et parfois, forcément, Sophie ne peut être parmi nous pour une raison ou une autre. Et dans ces cas-là, son absence se ressent sur mon moral. Je suis moins joyeux, plus terne. Je dois bien me rendre à l'évidence : quand elle n'est pas là, elle me manque.
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Semyaza
29 mars 2026 à 11:25
Eh, bien, merci encore ! Ca fait plaisir de savoir que ça fait plaisir :)
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Monsieur Plume
29 mars 2026 à 10:08
Toujours aussi charmant. J'aime beaucoup la façon dont la complicité s'installe au sein du trio.
J'avais déjà eu l'occasion de te le dire précédemment, mais j'apprécie toujours autant le côté réaliste de tes histoires.
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Semyaza
25 mars 2026 à 21:52
Haha ! Je vais te dénoncer pour plagiat :D :P ;)
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Photo de profil de Iznogood
Iznogood
25 mars 2026 à 20:14
Ahlala … une belle histoire se prépare et son attente (même 3 jours) se ressent sur mon moral.
Je suis moins joyeux, encore plus terne.
Je dois bien me rendre à l’évidence : quand la suite n’est pas là, elle me manque. 😁😇
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Semyaza
25 mars 2026 à 15:48
Hé, hé ! Qui sait ce que réserve le sort ? :)
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MAZ814967
25 mars 2026 à 15:08
L'art est difficile, la critique est aisée...
Belle histoire d'amitié et.....plus si affinités
Les trois personnages sont intéressants.
A voir l'évolution entre Sophie et Richard et si Marcos va avancer avec Jennifer et intégrer le Trio .... et.....
Mais seul l'auteur
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