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Le garçon succube — Chapitre 3 · Refuge
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
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Le garçon succube
Chapitre 3 · Refuge
L'appartement était redevenu silencieux. Trop silencieux.
John était toujours assis sur le canapé, son corps massif légèrement affaissé maintenant que l'adrénaline retombait. Lyris restait blotti contre lui, les jambes repliées sur le côté, le visage caché dans le creux du cou du géant. Les grandes mains de John caressaient lentement son dos, passant et repassant sur ses petites ailes noires avec une douceur inattendue.
Soudain, John laissa échapper un long soupir rauque. Il fixa le plafond un moment, comme s'il essayait de réaliser ce qui venait de se passer.
— Putain... murmura-t-il enfin. Je viens de défier tout un monde démoniaque là ?
Lyris se raidit légèrement dans ses bras. Il ne répondit pas tout de suite. Ses doigts fins étaient crispés sur le torse de John, comme s'il avait peur que celui-ci disparaisse s'il le lâchait.
— Je suis désolé... finit-il par chuchoter, la voix tremblante. Je n'aurais jamais dû rester. Je t'ai mis en danger. Tu es la seule personne qui ait jamais pris ma défense... et je te remercie en te jetant dans la gueule du loup.
Sa queue en cœur s'enroula tristement autour de son propre poignet. Une larme silencieuse coula le long de sa joue et tomba sur la peau chaude de John.
Celui-ci baissa les yeux vers le petit succube. Il glissa une main sous son menton pour lui relever doucement le visage. Les grands yeux bleus de Lyris étaient brillants, pleins de culpabilité et de peur.
— Hé... arrête ça, petite chose, dit John d'une voix grave mais étonnamment douce. C'est pas toi qui m'as forcé. J'ai choisi. Quand je t'ai vu trembler devant cette garce, j'ai pas réfléchi. J'ai juste... réagi.
Il essuya la larme du pouce, caressant ensuite la joue délicate du garçon.
— J'ai passé ma vie à voir des gens se faire écraser parce qu'ils étaient différents. Parce qu'ils étaient au mauvais endroit, avec la mauvaise apparence. Alors ouais... je vais pas te laisser tomber juste parce que t'as des ailes et une queue... et une adorable petite corne...
Lyris le regarda longuement, les lèvres tremblantes. Il se blottit un peu plus fort contre lui, comme s'il voulait fusionner avec ce corps imposant.
— Tu ne me détestes pas... ? Même après tout ça ?
John laissa échapper un petit rire bas et fatigué. Il resserra ses bras autour de Lyris, l'enveloppant complètement.
— Nan. Au contraire. T'es la première personne depuis longtemps qui me fait ressentir autre chose que de la routine. Même si t'es un démon... t'es sacrément mignon pour un démon.
Un silence confortable s'installa. John continua de caresser lentement le dos et les ailes de Lyris, tandis que ce dernier se détendait peu à peu, bercé par les battements puissants du cœur du colosse.
Pour la première fois depuis très longtemps, Lyris se sentait... voulu.
John resta un moment silencieux, serrant toujours Lyris contre lui. Puis, sentant que la culpabilité et la peur menaçaient d'étouffer le petit succube, il décida de changer de ton. Il caressa une dernière fois son dos avant de parler d'une voix plus légère, presque taquine :
— Bon... et si on finissait notre petit déj' ? Ça doit être froid maintenant. Tu m'as toujours pas donné ton avis sur les œufs...
Lyris cligna des yeux, surpris par ce brusque retour à la normalité. Il ouvrit la bouche pour protester, mais à ce moment précis, son ventre émit un gargouillement sonore et embarrassant.
Ses joues devinrent instantanément écarlates. Il baissa la tête, mortifié, ses oreilles rougissant jusqu'à la pointe.
Sans un mot, il se redressa timidement sur les genoux de John, puis glissa pour se rasseoir devant son assiette refroidie. Il prit sa fourchette d'une main tremblante et commença à manger en silence, lançant de petits coups d'œil furtifs vers le colosse.
John, de son côté, ne le quittait presque pas des yeux. Il mangeait lentement, un bras toujours nonchalamment posé sur le dossier du canapé derrière Lyris, comme pour lui rappeler qu'il était là, protecteur. Chaque fois que leurs regards se croisaient, Lyris rougissait un peu plus et baissait aussitôt les yeux sur son assiette, un petit sourire timide aux lèvres.
— C'est... c'est bon, murmura finalement Lyris après quelques bouchées, la voix douce. Les œufs sont bien assaisonnés. Merci...
John sourit en coin, amusé par la timidité du succube.
— Tant mieux. Faut que tu manges correctement. T'es déjà assez léger comme ça. J'ai pas envie que tu t'envoles au premier coup de vent.
Un silence confortable s'installa à nouveau, seulement ponctué par le bruit des couverts. Lyris continuait de jeter des regards discrets vers John, comme s'il n'arrivait toujours pas à croire qu'un homme aussi imposant puisse le regarder avec une telle douceur après tout ce qui venait de se passer.
À un moment, John posa sa fourchette et tendit la main pour écarter doucement une mèche blonde du visage de Lyris, effleurant au passage sa petite corne. Le succube frissonna légèrement, mais ne recula pas. Au contraire, il se pencha imperceptiblement vers ce contact.
John termina son assiette et posa une main grande et chaude sur la joue de Lyris, caressant doucement sa peau lisse du pouce. Le petit succube se laissa aller contre ce contact, les yeux mi-clos.
— Je vais devoir aller au travail tout à l'heure... murmura John. Tu ne peux pas venir avec moi, je crois que ça serait compliqué à expliquer. Mais avant ça, je dois prendre une douche. Tu veux venir avec moi sous la douche ?
Lyris pencha la tête sur le côté, l'air sincèrement confus. Ses grands yeux bleus étaient pleins d'innocence.
— Travail... ? C'est quoi ? demanda-t-il doucement.
John cligna des yeux, puis laissa échapper un petit rire grave, amusé par la naïveté du succube.
— Ah ouais... ils t'ont vraiment rien appris sur nous, hein ? Il attira Lyris un peu plus près de lui sur le canapé, passant un bras autour de ses épaules fines. Le travail, c'est ce que font la plupart des humains pour gagner de l'argent. L'argent, c'est ce qui nous permet d'avoir un toit, de la nourriture, des vêtements... tout ça. Moi je suis boxeur et coach dans une salle de sport. Et parfois garde du corps. Je m'entraîne, j'aide les autres à devenir plus forts. On a une vie normale : on travaille, on mange, on dort, on s'inquiète pour le loyer...
Lyris l'écoutait avec une attention fascinée, comme si on lui révélait un grand secret.
— Mais... on m'a toujours dit que les humains ne vivaient que pour leurs pulsions sexuelles. Que vous étiez dominés par ça... murmura-t-il, presque honteux d'avoir cru à ces mensonges.
John secoua la tête, un sourire en coin.
— Certains, peut-être. Mais pas tous. Et même ceux qui aiment ça ont quand même un boulot, des factures à payer et une vie à gérer. Le monde est plus compliqué que ce que tes semblables t'ont raconté.
Lyris resta silencieux un moment, digérant ces informations. Il semblait à la fois soulagé et émerveillé. Puis il releva timidement les yeux vers John.
— Et... tu veux vraiment que je vienne avec toi sous la douche ?
John caressa une dernière fois la joue de Lyris, un sourire chaleureux et légèrement taquin aux lèvres.
— Seulement si tu en as envie, petite chose. Pas de pression. Et ça m'aiderait, avec mes muscles, j'arrive pas à atteindre mon dos...
Lyris rougit jusqu'aux oreilles, mais un petit sourire timide apparut sur ses lèvres. Il baissa légèrement les yeux.
— Bon... pour ton dos alors... murmura-t-il, sachant très bien au fond de lui que cela ne s'arrêterait probablement pas là.
***
Quelques minutes plus tard, l'eau chaude coulait abondamment dans la grande cabine de douche.
John était déjà sous le jet, nu, l'eau ruisselant le long de son corps massif et sculpté. Les gouttes glissaient sur ses épaules larges, son dos puissant et ses muscles saillants, créant un spectacle presque hypnotique.
Lyris entra peu après, hésitant. Il avait retiré ses vêtements et se tenait nu, ses petites ailes légèrement repliées contre son dos, sa queue en cœur enroulée nerveusement autour de sa cuisse. Contrairement à la nuit précédente, où tout était guidé par l'urgence du désir et de la faim, cet instant semblait bien plus intime. Plus vulnérable.
Il se sentait terriblement frêle à côté de ce colosse. Tout chez John était imposant : ses bras, son torse, même ses fesses fermes et musclées. Lyris ne pensait pas qu'un corps humain pouvait être aussi... complet.
— Euh... je suis là. J'entre... murmura-t-il d'une voix douce, presque timide.
John tourna la tête vers lui, l'eau coulant sur son crâne chauve. Son regard s'adoucit immédiatement en voyant le petit succube si hésitant. Il tendit une grande main vers lui.
— Viens, Lyris. L'eau est bonne.
Le garçon succube s'avança lentement sous le jet chaud. L'eau glissa sur sa peau pâle et fine, faisant légèrement frissonner ses ailes. John l'attira doucement contre lui, plaçant ses grandes mains sur les hanches fines du démon. Le contraste entre leurs deux corps était saisissant : l'un massif et sombre, l'autre délicat et clair.
John se pencha légèrement et murmura près de son oreille :
— Tu n'es pas obligé de faire quoi que ce soit... Mais j'avoue que j'aime bien t'avoir près de moi.
Lyris posa timidement ses mains fines sur le torse de John, sentant les muscles puissants se contracter sous ses paumes. L'eau chaude coulait entre eux, créant une atmosphère lourde et sensuelle. Il se hissa sur la pointe des pieds pour atteindre le dos du géant et commença à passer ses mains dessus, maladroitement mais avec application.
Pourtant, très vite, ses gestes devinrent plus lents, plus caressants.
John laissa échapper un rire grave et chaud qui résonna dans la cabine de douche. L'eau continuait de couler sur leurs deux corps contrastés.
— T'es pas obligé de faire ça, tu sais. Le dos, c'était juste un prétexte pour t'avoir avec moi.
Lyris rougit violemment, ses joues prenant une teinte encore plus prononcée sous l'eau chaude.
— Je... je savais... murmura-t-il, mi-timide, mi-amusé, sans oser lever les yeux tout de suite.
Les grandes mains de John glissèrent lentement sur le corps frêle du succube, explorant avec une curiosité presque révérencieuse cette peau si fine et si pâle. L'une d'elles descendit progressivement le long de son ventre plat, jusqu'à envelopper avec une douceur surprenante le sexe déjà dressé de Lyris.
Le garçon succube sursauta légèrement, un petit soupir tremblant lui échappant.
John se figea un instant, attentif.
— C'est la première fois que j'en touche un autre que le mien... murmura-t-il d'une voix rauque, presque solennelle. Dis-moi si je te fais mal, d'accord ?
Ses doigts calleux commencèrent à bouger avec une lenteur extrême, caressant, découvrant, apprenant chaque réaction du petit démon. Son autre main restait posée dans le bas du dos de Lyris, le maintenant fermement contre lui sous le jet d'eau chaude.
Lyris enfouit son visage contre le torse massif de John, ses petites ailes frémissant violemment. Sa queue en cœur s'enroula instinctivement autour de la cuisse du colosse, serrant par réflexe à chaque vague de plaisir.
— N-non... ça ne fait pas mal... souffla-t-il d'une voix aiguë et essoufflée. C'est... c'est bon... John...
Le géant continua ses caresses lentes et attentives, observant avec fascination chaque frisson, chaque cambrure du corps délicat pressé contre lui. L'eau ruisselait entre eux, rendant chaque contact encore plus glissant, plus intime.
Les caresses de John restaient lentes, exploratrices, presque révérencieuses. Sa grande main enveloppait Lyris avec une douceur surprenante pour un homme de sa taille, glissant sur sa longueur avec une attention constante aux moindres réactions du succube.
Lyris tremblait contre lui, le souffle court, ses petites ailes à demi déployées sous l'eau chaude. Sa queue en cœur serrait convulsivement la cuisse de John, trahissant son plaisir grandissant.
Puis, sans vraiment savoir pourquoi, une pulsion soudaine et irrépressible s'empara de John. Son regard remonta vers le sommet de la tête de Lyris, attiré par cette petite corne noire si délicate qui dépassait de ses cheveux blonds mouillés. Il se pencha, posa ses lèvres chaudes directement dessus et l'embrassa tendrement.
Lyris sursauta violemment.
— J-John... ! gémit-il, la voix aiguë.
Mais John ne s'arrêta pas. Instinctivement, il mordilla doucement la corne sensible, juste assez pour exercer une légère pression avec ses dents.
Ce fut instantané.
Un plaisir foudroyant traversa tout le corps de Lyris comme une décharge électrique. Ses yeux bleus s'écarquillèrent, son dos se cambra brutalement et ses ailes noires se déployèrent complètement, tremblantes. Un cri cristallin, presque musical, lui échappa tandis que tout son corps se tendait d'un coup.
Il jouit violemment, secoué par un orgasme fulgurant qu'il ne put absolument pas contenir. Ses jambes flageolèrent et il serait probablement tombé si John ne l'avait pas tenu fermement contre lui.
Le géant, surpris par la violence de la réaction, retira aussitôt sa bouche de la corne, les yeux écarquillés.
— Merde... murmura-t-il, presque inquiet. J'ai fait ça trop fort ?
Lyris, haletant, le visage rouge écarlate et les yeux mi-clos, secoua faiblement la tête contre le torse de John. Il tremblait encore de la tête aux pieds, complètement submergé.
— N-non... c'est... c'est ma corne... souffla-t-il d'une voix brisée. Elle est... extrêmement sensible...
John resta silencieux un instant, puis un sourire tendre et un peu fier apparut sur ses lèvres. Il resserra ses bras autour du petit succube tremblant, le maintenant sous l'eau chaude qui continuait de couler sur eux.
— Je vois ça... murmura-t-il en embrassant cette fois le sommet de sa tête, juste à côté de la corne. Je m'en souviendrai.
Lyris se contenta de se blottir plus fort contre lui, encore secoué par les répliques de plaisir, sa queue enroulée possessivement autour de la taille de John comme s'il ne voulait plus jamais le lâcher.
***
Lyris avait remis ses seuls vêtements : le hoodie noir trop grand qui glissait sur son épaule fine et le short court qui dévoilait ses cuisses pâles. John, lui, était habillé pour la salle de sport - débardeur moulant noir et jogging gris qui soulignait sa musculature impressionnante. Il était déjà 7h32. Il était en retard.
Pourtant, John traînait.
Il avait donné à Lyris toutes les recommandations possibles : ne pas ouvrir à un inconnu, ne pas toucher au four, comment fonctionnait la télévision, où étaient les snacks, et surtout, son numéro de téléphone enregistré en cas d'urgence.
— Si jamais Velithra ou une autre revient, tu m'appelles immédiatement, compris ? Même si je suis en plein entraînement.
Il répéta la phrase pour la troisième fois, passant une main sur son crâne chauve, visiblement réticent à partir.
Il répéta la phrase pour la troisième fois, passant une main sur son crâne chauve, visiblement réticent à partir.
Lyris hochait la tête à chaque fois, essayant de sourire pour le rassurer. Mais il ne parvenait pas à cacher complètement sa peur. Ses petites ailes étaient légèrement crispées dans son dos, et sa queue en cœur s'agitait nerveusement.
À plusieurs reprises, il attrapa le bas du t-shirt de John, le serrant entre ses doigts fins comme pour le retenir. Puis il se forçait à le lâcher, avant de le reprendre presque aussitôt. John faisait semblant de ne rien remarquer, mais son regard s'attendrissait à chaque fois.
— Ça va aller... murmura finalement Lyris, la voix un peu trop aiguë pour être totalement convaincante. Je vais juste... attendre ici. Je ne bougerai pas. Promis.
John le regarda longuement, comme s'il cherchait une raison valable pour annuler sa journée. Il finit par poser une grande main sur la tête de Lyris, caressant doucement ses cheveux blonds et effleurant sa petite corne sensible.
— J'essaierai de rentrer le plus tôt possible.
Le moment fatidique arriva.
John ouvrit la porte d'entrée, hésita une dernière seconde sur le seuil, puis sortit. La porte se referma derrière lui avec un clic lourd et définitif.
Le silence retomba brutalement dans l'appartement.
Lyris resta planté au milieu du salon, les bras ballants, fixant la porte close. Ses épaules s'affaissèrent. Ses ailes noires se replièrent tristement contre son dos. Il serra ses bras autour de lui, soudain très conscient de sa solitude dans cet endroit inconnu.
Il était seul.
Pour la première fois de sa vie, il était vraiment seul... dans le monde des humains.
***
Mot de l'auteur
Et voilà, le chapitre 3.
Après la tension du chapitre 2, j'avais envie d'un chapitre plus calme. Un moment de respiration. Plus doux. Plus intime aussi.
J'avoue avoir adoré écrire John en mode protecteur absolu, qui a peur de casser Lyris en permanence (oui, particulièrement sous la douche).
D'ailleurs... la scène de la douche, vous en avez pensé quoi ?
Dans le chapitre 1, leur première fois devait être urgente, presque instinctive : pour Lyris, c'était une épreuve à réussir, un besoin immédiat. Ici, je voulais quelque chose de complètement différent. Plus tendre. Plus émotionnel. Plus vulnérable aussi.
Je ne sais pas totalement si j'ai réussi à transmettre ça... mais ça, seul vous pouvez me le dire.
Et plus globalement : comment avez-vous trouvé ce chapitre ? Trop calme ? Trop bavard ? Trop long ? Trop court ?
Merci encore d'avoir lu jusque-là.
On se retrouve normalement pour un chapitre 4 qui devrait partir dans une direction... beaucoup plus drôle.
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Commentaires ()
Le chapitre 4 sort le 27 juillet 😊