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✦ Lucifer83666 Le garçon succube XSTORY
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Le garçon succube — Chapitre 4

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Lucifer83666
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Le garçon succube

Chapitre 4

Lyris resta planté devant la porte d'entrée pendant de longues minutes, les yeux fixés sur le bois comme si celle-ci allait magiquement se rouvrir et faire réapparaître John.
Il ressemblait à un petit chien abandonné. Sa queue en cœur battait lentement contre le sol, ses ailes légèrement affaissées. Il finit par pousser un long soupir dramatique.
— ...Il ne va pas revenir tout de suite, hein ?
Résigné, il se retourna et décida d'explorer. Après tout, il était dans le monde des humains maintenant. Il fallait bien qu'il apprenne.
Il commença par la cuisine, là d'où étaient venus ces fameux œufs ce matin.
La pièce était propre, fonctionnelle, et totalement mystérieuse pour lui.
Il ouvrit d'abord le réfrigérateur. L'air froid le fit sursauter et reculer d'un bond, ses ailes se déployant brusquement.
— Un... coffre à vent glacial ?! Pourquoi les humains gardent-ils du vent froid chez eux ?!
Il observa les aliments avec une fascination mêlée de peur. Il reconnut les œufs, mais le reste... c'était l'inconnu. Il prit une bouteille de ketchup, la tourna dans tous les sens, puis la reposa avec précaution comme s'il s'agissait d'un artefact magique instable.
Son regard tomba ensuite sur le four.
— John a dit de ne pas toucher au four... murmura-t-il pour lui-même, très sérieux.
— Ce doit être un objet extrêmement dangereux.
Il s'accroupit devant et l'observa comme un animal sauvage face à une boîte piégée.
— Ça ressemble à... une petite grotte métallique. Est-ce que ça sert à enfermer les ennemis ? Ou à cuire les humains qui désobéissent ?
Il tapota timidement la porte du four avec un doigt, puis recula aussitôt, comme s'il risquait de se faire mordre.
Après avoir survécu à sa rencontre périlleuse avec le four démoniaque, Lyris passa au salon.
Son attention fut immédiatement attirée par le grand écran plat accroché au mur.
— ...Et ça, c'était quoi déjà ? murmura-t-il.
— John regardait dedans tout à l'heure. Ça avait l'air important...
Il s'approcha prudemment.
L'écran était noir. Silencieux.
Lyris pencha la tête sur la gauche.
Puis sur la droite.
Il leva timidement la main et agita ses doigts devant la surface brillante.
— Bonjour ?
Aucune réponse.
Il fronça légèrement les sourcils.
— ...Êtes-vous une fenêtre vers un autre monde ?
Silence.
— Ou un tableau magique qui bouge parfois ?
Toujours rien.
Déçu mais intrigué, Lyris baissa les yeux vers un étrange objet rectangulaire posé sur la table basse.
La télécommande.
Il la prit entre ses doigts fins, l'observant comme un artefact ancien.
— Ah... c'est probablement la clé d'activation.
Très sûr de sa théorie, il appuya sur plusieurs boutons au hasard.
L'écran s'alluma instantanément.
— AAAAH !
Lyris sursauta si violemment qu'il lâcha la télécommande. Celle-ci rebondit sur le canapé tandis qu'une chaîne sportive envahissait le salon à plein volume.
Des hommes se frappaient sur un ring sous les cris de la foule.
Le petit succube poussa un cri étranglé et se jeta derrière le canapé. Ses petites ailes tremblaient tellement qu'elles dépassaient du dossier.
Il resta caché plusieurs longues secondes.
Puis... très lentement...
une aile noire se leva légèrement.
Deux grands yeux bleus apparurent timidement.
Il observa.
Les coups.
Les mouvements.
La foule.
Puis il plissa les yeux.
— ...Attends...
Il reconnut soudain quelque chose dans la posture d'un combattant.
— Ça ressemble aux entraînements de John...
Sa peur diminua immédiatement d'au moins cinquante pour cent.
Avec prudence, il sortit de sa cachette et récupéra la télécommande tombée sur le tapis.
— Bon... créature lumineuse... nous allons apprendre à nous comprendre.
Il appuya sur un bouton.
L'image changea.
Une femme se tenait devant une immense carte colorée remplie de nuages, de symboles et de chiffres.
Lyris cligna plusieurs fois des yeux.
— ...Hein ?
Il s'approcha lentement de l'écran.
La femme pointait différentes régions.
— Pluie sur le nord-est, températures en baisse demain...
Lyris resta figé.
Son cerveau semblait lutter pour traiter l'information.
— ...Demain ?
Silence.
Ses yeux s'écarquillèrent brutalement.
— LES HUMAINS PEUVENT PRÉVOIR LE CIEL ?!
Il recula d'un pas.
Puis d'un deuxième.
— Attendez, attendez...
Il fixa la présentatrice météo avec un mélange de fascination et d'inquiétude.
— ...Elle parle au climat ?
Son regard passa de la carte au ciel visible par la fenêtre du salon.
Puis retourna à l'écran.
— Vous... vous savez déjà quand il va pleuvoir ?!
Il resta bouche bée quelques instants.
Dans son monde, prévoir précisément la météo relevait de la magie avancée.
Et les humains faisaient ça... à la télévision.
Sans ailes.
Sans cornes.
Sans mana apparent.
Lyris sentit naître une pointe d'admiration sincère.
— Les humains sont vraiment étranges...
Il appuya à nouveau sur la télécommande.
Nouvelle chaîne.
Une émission de cuisine.
Une personne découpait des légumes avec une vitesse terrifiante.
Lyris observa quelques secondes, très sérieux.
— ...Ils transforment volontairement leur nourriture avant de la manger. Fascinant.
Click.
Documentaire animalier.
Un crocodile surgit hors de l'eau.
Lyris poussa un petit cri et changea immédiatement de chaîne.
Click.
Publicité.
Une famille souriait beaucoup trop fort autour d'un produit ménager.
Lyris plissa les yeux.
— ...Ça ressemble à une forme d'hypnose collective.
Click.
Les images changèrent brusquement.
Explosion.
Sirènes.
Fumée noire.
Voix grave du présentateur.
— ...Les combats continuent en Ukraine...
Lyris cessa immédiatement de bouger.
L'écran montrait des immeubles éventrés.
Des civils courant dans la poussière.
Des visages épuisés.
Puis un autre sujet.
Tensions internationales.
Frappes aériennes.
Réfugiés.
— ...Des dizaines de morts civils...
Le petit succube resta immobile.
Complètement immobile.
Ses grands yeux bleus se remplirent lentement de larmes.
Il ne comprenait pas.
Quelques minutes plus tôt, ces mêmes humains prédisaient la pluie.
Préparaient de la nourriture.
S'encourageaient dans des compétitions.
John cuisinait des œufs.
John caressait doucement ses ailes.
John avait risqué sa sécurité pour lui.
Comment...
Comment le même monde pouvait-il contenir autant de douceur... et autant d'horreur ?
Sa lèvre inférieure trembla.
Une larme roula sur sa joue.
Puis une deuxième.
Il attrapa maladroitement la télécommande et éteignit l'écran d'un geste tremblant.
Le silence retomba brutalement dans l'appartement.
Lyris se laissa glisser sur le canapé, ramenant ses genoux contre sa poitrine. Ses ailes noires s'affaissèrent complètement dans son dos.
Sa queue en cœur s'enroula autour de lui comme un instinctif mécanisme de protection.
— Les humains peuvent comprendre les tempêtes... murmura-t-il d'une voix brisée.
Il baissa les yeux.
— Alors... pourquoi n'arrivent-ils pas à se comprendre entre eux... ?
Il enfouit son visage dans ses bras.
Et, pour la première fois depuis le départ de John, l'appartement lui sembla immensément vide.
***
La salle de sport sentait le caoutchouc chaud, la sueur et la protéine en poudre bon marché.
Un environnement familier. Normalement rassurant.
Aujourd'hui... John avait l'impression d'être complètement à côté de ses pompes.
— Engage tes hanches, Marcus. Tes hanches. Pas ton dos.
Le client s'exécuta sur le mouvement de soulevé de terre.
John observa deux secondes.
Puis cinq.
Puis dix.
Son regard se perdit complètement dans le vide.
Une image stupide traversa son esprit sans prévenir.
Un hoodie noir trop grand glissant sur une épaule fine.
De grands yeux bleus encore endormis.
...Bonjour.
— Coach ?
John cligna brutalement des yeux.
— Hein ?
Marcus avait déjà reposé sa barre.
— Euh... je demandais si c'était bon.
John regarda la position.
Merde.
Le dos était trop rond depuis au moins trois répétitions.
D'habitude, il l'aurait corrigé immédiatement.
— ...Ouais. Non. Attends. Reprends depuis le début.
Le client arqua un sourcil.
— Tout va bien aujourd'hui ?
John passa une main sur son crâne chauve.
— Ouais. Juste mal dormi.
Mensonge partiel.
Il avait dormi.
Très bien même.
Trop bien.
Et c'était précisément ça, le problème.
Midi arriva enfin.
John s'affala lourdement sur une chaise dans la petite salle de pause de la salle de sport, une bouteille d'eau à la main.
Il fixa distraitement son téléphone.
Aucun appel.
Aucun message.
Rien.
Ce qui était normal.
Lyris ne savait probablement même pas envoyer un texto.
Alors pourquoi est-ce que ça l'inquiétait autant ?
Il va bien.
Il est dans l'appartement.
Je lui ai tout expliqué.
Il ne va pas mourir face à un grille-pain.
...Enfin.
Probablement.
— Putain...
— Jolie humeur.
John releva la tête.
Darren venait d'entrer avec son sandwich et son éternel sourire moqueur.
Coach fitness. Trente-et-quelques années. Sarcasme professionnel. Ouvertement gay et beaucoup trop observateur pour son propre bien.
Il s'installa en face de lui.
— T'as une sale tête.
John grogna.
— Merci.
— Non mais vraiment. T'as l'air d'avoir passé soit une nuit incroyable... soit une nuit catastrophique.
Silence.
John but une longue gorgée d'eau.
Erreur.
Très grosse erreur.
Parce que Darren plissa immédiatement les yeux.
— Ooooh.
— Quoi "oooh" ?
« Ce "silence + bouteille d'eau + regard traumatisé". Je connais ce combo. »
John pointa un doigt accusateur vers lui.
— Commence pas.
Darren prit une bouchée de son sandwich.
— Trop tard. Je commence déjà.
John soupira longuement.
Puis resta silencieux.
Trop silencieux.
Darren le remarqua immédiatement.
— ...Attends.
Il posa lentement son sandwich.
— Oh merde.
— Quoi encore ?
— T'as vraiment un problème.
John grogna plus fort.
Il fixa le mur pendant quelques secondes.
Puis lâcha finalement :
— Dis voir... question con.
Darren sourit immédiatement.
— Ah. Ça devient intéressant.
— Emballe-toi pas.
— Impossible. Continue.
John hésita.
Longtemps.
Beaucoup trop longtemps.
Puis il marmonna finalement, les yeux obstinément fixés sur sa bouteille :
— Comment... tu sais ?
Darren cligna des yeux.
— Comment je sais quoi ?
John soupira d'agacement.
— Comment tu sais quand... enfin... quand t'aimes les mecs.
Silence.
Un silence magnifique.
Terrible.
Darren le regarda lentement.
Très lentement.
John sentit instantanément l'erreur monumentale qu'il venait de commettre.
— NAN MAIS C'EST PAS POUR MOI.
Darren éclata de rire.
— Putain, John !
— J'suis sérieux !
— Bien sûr que tu l'es !
John passa ses deux mains sur son visage.
— J'te déteste.
— Non, non. Trop tard. Tu m'as offert ça gratuitement pendant ma pause déjeuner. Je savoure.
Il se calma finalement, observant son collègue d'un air un peu plus doux.
— Bon... réponse sérieuse.
John garda le silence.
Darren haussa une épaule.
— Y'a pas vraiment un moment magique où une voix descend du ciel en disant félicitations, vous êtes gay.
John souffla du nez malgré lui.
— Certains le savent tôt. D'autres mettent des années à comprendre.
Il marqua une petite pause.
Puis ajouta plus calmement :
— Et certains sont pas forcément gays.
John releva légèrement les yeux.
— Certains tombent juste amoureux d'une personne... et comprennent après que les cases sont plus compliquées qu'ils pensaient.
Quelque chose se serra légèrement dans l'estomac de John.
Pas fort.
Juste assez pour être profondément agaçant.
Il détourna immédiatement le regard.
— Mmh.
Darren croisa les bras.
— ...C'est donc pour toi.
— Non.
— John.
— Non.
— JOHN.
— Je pose juste une question théorique.
— Bien sûr. Une question théorique qui te fait regarder dans le vide depuis ce matin et oublier la moitié de tes coachings.
John se figea.
— ...Comment tu sais ça ?
Darren prit un air innocent.
— Parce que Kevin est venu me demander pourquoi son coach essayait d'expliquer un exercice en regardant une machine à smoothies pendant trente secondes.
John ferma les yeux.
— Putain...
Darren éclata de rire.
Le colosse resta silencieux un moment, accoudé à la table.
Puis, presque malgré lui, son regard retourna vers son téléphone posé à côté de sa bouteille.
Toujours rien.
Et, contre toute logique, une partie de lui avait envie de rentrer vérifier que tout allait bien.
Juste vérifier.
Rien d'autre.
Pas du tout parce qu'un petit démon blond avec un hoodie trop grand occupait son cerveau depuis ce matin.
Absolument pas.
Darren suivit son regard vers le téléphone.
Un lent sourire naquit sur ses lèvres.
— ...Oh bordel.
John releva brusquement les yeux.
— Quoi ?
Darren pointa vaguement le téléphone.
— Y'a quelqu'un qui t'attend à la maison, hein ?
John ouvrit la bouche.
La referma.
Réfléchit.
Puis grogna, vaincu :
— ...Va bouffer ton sandwich.
Darren éclata d'un rire victorieux.
***
Midi.
Lyris releva brusquement la tête depuis le canapé.
Son ventre venait d'émettre un gargouillement particulièrement dramatique.
Il posa une main sur son abdomen.
— Ah...
Faim.
La vraie faim.
Pas celle, douce et chaude, que lui procurait l'énergie de John.
Non.
La faim beaucoup plus simple, beaucoup plus terre-à-terre.
Humainement faim.
Déterminé, le petit succube retourna vers la cuisine.
Le réfrigérateur était toujours grand ouvert.
L'air froid continuait de s'en échapper tranquillement.
Lyris passa devant sans y prêter la moindre attention.
Il fouilla quelques secondes.
Œufs.
John avait utilisé des œufs.
Il pouvait reproduire ça.
Normalement.
...Probablement.
Il attrapa un œuf avec concentration.
Le contempla.
Le tourna dans tous les sens.
Puis le frappa contre le plan de travail.
CRAC.
Le contenu glissa entièrement entre ses doigts et s'écrasa lamentablement sur son hoodie noir déjà taché.
Lyris resta immobile.
Silence.
— ...Trahison.
Il essaya encore.
Deuxième tentative.
Un morceau de coquille termina dans un bol.
Troisième tentative.
Cette fois...
Plus ou moins.
Le résultat ressemblait vaguement à quelque chose qu'un humain optimiste pourrait appeler de la préparation culinaire.
Lyris contempla son œuvre.
Puis son regard dériva lentement vers la poêle.
Long silence.
— ...Et maintenant ?
Il observa les plaques de cuisson avec méfiance.
Puis le four.
Le four surtout.
John avait dit :
Ne touche pas au four.
Donc le four était exclu.
Clairement une relique dangereuse.
Les plaques chauffantes semblaient tout aussi suspectes.
Lyris abandonna après plusieurs minutes d'observation prudente.
Le plan de travail ressemblait désormais à une scène de crime impliquant plusieurs volailles.
Le petit succube s'essuya maladroitement les mains sur son hoodie.
Puis ouvrit un placard.
Il se figea.
Biscuits.
Cookies.
Snacks.
Des dizaines de paquets colorés.
Ses yeux bleus s'arrondirent légèrement.
— ...Oh.
Il attrapa un paquet.
L'observa sous toutes les coutures.
Celui-là, au moins, semblait moins agressif que les œufs.
Après quelques secondes de lutte acharnée contre l'emballage...
CRRRRK.
Victoire.
Lyris porta prudemment un cookie à ses lèvres.
Croqua dedans.
Silence.
Ses ailes se déployèrent légèrement sous le choc.
Ses yeux s'agrandirent.
— ...Oh.
Deuxième bouchée.
Puis troisième.
Son regard devint progressivement beaucoup trop brillant.
— LES HUMAINS SAVENT FAIRE ÇA ?
Pris d'une gourmandise soudaine, il regarda le paquet.
Puis le placard.
Puis le paquet.
...Y en aura assez ?
Question importante.
Très importante.
Par pure prudence stratégique, il attrapa trois autres paquets.
Et... un sachet rouge.
TAGADA.
Le nom avait l'air puissant.
Possiblement magique.
Parfait.
Chargé comme un écureuil particulièrement anxieux, Lyris retourna au salon et installa son trésor alimentaire sur la table basse.
Puis ralluma prudemment la télévision.
La chaîne changea immédiatement.
Bien.
Pas de guerre.
Pas d'explosions.
Pas de gens qui pleurent.
Une chaîne étrangère apparut.
Des présentateurs parlaient rapidement dans une langue inconnue.
Lyris pencha légèrement la tête.
Il ne comprenait rien.
Au début.
Puis... quelque chose de familier se produisit.
Une sensation étrange derrière ses tempes.
Subtile.
Naturelle.
Instinctive.
Comme lorsqu'il apprenait l'odeur énergétique d'un nouvel humain.
Les sons commencèrent à se réorganiser dans son esprit.
Les intonations trouvèrent lentement du sens.
Les mots se lièrent entre eux.
Quelques minutes plus tard...
— ...Attends.
Lyris cligna des yeux.
Il comprenait.
Pas parfaitement.
Pas encore.
Mais il comprenait.
Le présentateur parlait de football.
...Énormément de football.
Le petit succube resta silencieux plusieurs secondes, un biscuit à moitié mangé dans une main.
Puis il murmura, presque pour lui-même :
— Ah oui...
Sa queue remua légèrement derrière lui.
— J'avais oublié que nous faisons ça.
Les succubes voyageaient constamment entre royaumes, continents et mondes humains.
Les langues changeaient sans cesse.
Alors leur espèce s'était adaptée depuis longtemps.
Écouter.
Comprendre.
Absorber.
Toujours rapidement.
Lyris appuya sur un autre bouton.
Nouvelle chaîne.
Nouvelle langue.
Même phénomène.
Ses yeux s'écarquillèrent doucement.
Un sourire timide apparut sur ses lèvres.
— ...C'est pratique, finalement.
Un silence étrange.
Lyris cligna des yeux.
Deux humains se trouvaient à l'écran.
Très peu habillés.
...Extrêmement peu habillés.
Le petit succube pencha légèrement la tête.
Il observa quelques secondes.
Puis davantage.
Son expression devint progressivement confuse.
Très confuse.
— ...Hein ?
La femme à l'écran poussa un gémissement spectaculaire.
Lyris fronça légèrement les sourcils.
Puis encore davantage.
Il prit un cookie.
Croqua dedans.
Observa.
Long silence analytique.
— Pourquoi elle fait semblant ?
Il regarda l'écran avec l'air sincèrement perplexe d'un étudiant découvrant une démonstration mathématique fausse.
— Non, là elle exagère.
Pause.
— Et... personne réagit comme ça quand on touche là...
Son regard se plissa encore un peu plus.
— Attends... ils ont répété avant ?
Lyris resta plusieurs secondes à observer cette étrange performance humaine.
Puis haussa finalement les épaules.
— Les humains ont décidément des loisirs incompréhensibles.
Il changea de chaîne.
Instantanément.
Sans le moindre intérêt.
Puis son regard tomba sur le paquet rouge.
Tagada.
Il ouvrit le sachet.
Croqua une fraise.
...
Silence.
Ses ailes se déployèrent entièrement.
— OH MON DIEU.
Ses yeux brillèrent comme deux étoiles.
Il fixa la friandise rouge avec un mélange de respect, de terreur et d'amour immédiat.
John allait devoir lui expliquer beaucoup de choses en rentrant.
Notamment pourquoi les humains avaient créé une nourriture aussi dangereusement délicieuse.
***
Mot de l'auteur :
Bon, clairement ce chapitre c'est "Lyris découvre la civilisation humaine et survit miraculeusement à une télécommande".
Je voulais surtout le laisser explorer un peu librement, sans guide, pour voir jusqu'où son cerveau peut transformer un four en arme de destruction massive et une télé en artefact magique possédé.
On a aussi John, qui pense bosser normalement alors qu'en réalité il est en train de perdre sa concentration au rythme d'un petit démon blond et de ses choix de vie très discutables (genre survivre aux cookies et à la vérité de la météo).
Bref, si vous trouvez que Lyris comprend mal le monde... rassurez-vous, lui aussi.
Merci d'avoir lu, et à bientôt pour la suite 🫡
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lelivredejeremie
28 juillet 2026 à 00:05
J'adore Lyris, à cause de - ou plutôt grâce à - sa candeur, il voit clairement le pire de l'humanité, dans les images de guerre comme dans la parodie de sexe sur la chaine X :'/ Il est innocent, comme un enfant qu'un cookie ou un bonbon rendent la tristesse passagère ^^
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Stephane269
Stephane269
27 juillet 2026 à 22:02
Gentil et très amusant! Cool...
Soyez respectueux
Répondre

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