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✦ Lucifer83666 Le garçon succube XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Le garçon succube — Chapitre 5 · Apprendre à Vivre

12 minutes
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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Lucifer83666
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Le garçon succube

Chapitre 5 · Apprendre à Vivre

Le salon ressemblait à une scène de crime.
Des paquets de biscuits éventrés étaient dispersés un peu partout. Des miettes recouvraient la table basse, le canapé et probablement plusieurs zones encore inconnues de la science.
La télévision était allumée.
Une émission étrangère passait à l'écran.
Très étrangère.
Les intervenants parlaient dans une langue que John était incapable d'identifier.
Le boxeur fronça les sourcils.
— C'est du russe, ça ?
Une seconde d'écoute.
— Non.
Deux secondes.
«— Du polonais ?
Trois secondes.
— Non plus.
Il abandonna.
Puis son regard se posa sur la cuisine.
Le réfrigérateur était grand ouvert.
Depuis visiblement plusieurs heures.
Le plan de travail était couvert d'œufs cassés.
Un bol contenait quelque chose qui ressemblait à une tentative de cuisine interrompue par une catastrophe naturelle.
John ferma les yeux.
Long silence.
— ...Lyris.
Il posa son sac.
— Lyris ?
Aucune réponse.
Son cœur rata un battement.
Le sourire amusé disparut immédiatement.
— Lyris ?!
Cette fois sa voix résonna dans tout l'appartement.
Toujours rien.
Une inquiétude glaciale lui traversa l'estomac.
Velithra.
Le Conseil.
Les menaces.
Tout lui revint d'un coup.
John traversa rapidement le salon.
— Lyris !
Cuisine.
Vide.
Salle de bain.
Vide.
L'inquiétude monta encore d'un cran.
Puis il ouvrit la porte de sa chambre.
Et s'immobilisa.
— ...Oh.
Toute la tension quitta immédiatement ses épaules.
Lyris dormait.
Complètement roulé en boule au milieu du lit.
Ses petites ailes noires étaient repliées autour de lui comme une couverture supplémentaire.
Sa queue en cœur était enroulée autour d'un t-shirt de John qu'il tenait fermement contre sa poitrine.
Comme une peluche.
Un paquet de Tagada ouvert reposait à côté de son oreiller.
Quelques bonbons avaient même échappé au sachet.
L'un d'eux était coincé dans ses cheveux blonds.
John resta plusieurs secondes à le regarder.
Puis un sourire fatigué apparut sur son visage.
— T'es vraiment incroyable, petite chose...
Lyris remua légèrement dans son sommeil.
Sans se réveiller.
Il serra encore davantage le t-shirt contre lui.
Et murmura quelque chose d'incompréhensible.
John crut toutefois distinguer un mot.
—...John...
Le cœur du colosse fit un mouvement étrange dans sa poitrine.
Un mouvement qu'il commençait sérieusement à avoir du mal à ignorer.
Il s'assit doucement sur le bord du lit.
Puis retira délicatement la fraise Tagada coincée dans les cheveux du succube.
— J'espère que t'as pas mangé tout les paquets...
Lyris poussa un petit bruit endormi.
Puis se blottit instinctivement contre sa cuisse sans même ouvrir les yeux.
Comme si son corps avait reconnu sa présence avant son cerveau.
Et pour une raison qui lui échappait encore complètement...
John n'eut soudain plus envie de bouger du tout.
Les doigts de John glissèrent doucement dans les cheveux blonds de Lyris.
Le petit succube remua légèrement.
Ses oreilles frémirent.
Puis ses grands yeux bleus s'ouvrirent lentement.
Pendant une fraction de seconde, il sembla désorienté.
Puis il vit John.
Son visage s'illumina immédiatement.
Comme si quelqu'un venait d'allumer une lumière.
— John !
Avant même que le boxeur puisse réagir, Lyris se redressa et se jeta contre lui.
John eut juste le temps d'ouvrir les bras avant de recevoir un petit démon blond lancé à pleine vitesse contre son torse.
— Hé, doucement !
Un rire lui échappa tandis qu'il stabilisait Lyris sur ses genoux.
— Je sors de la salle. Je dois puer la sueur.
Lyris secoua aussitôt la tête.
— Je m'en fiche.
Il enfouit son visage dans le cou du géant.
— Même en sueur, tu sens bon.
John resta silencieux quelques secondes.
Il sentit les petites ailes se replier contre lui.
Les bras fins s'accrocher à son débardeur.
Puis la voix de Lyris se fit plus faible.
Plus fragile.
— Ne me laisse plus tout seul...
Quelque chose se serra dans la poitrine de John.
Ses grands bras entourèrent instinctivement le petit succube.
Il le ramena un peu plus près contre lui.
— Hé...
Sa main caressa lentement son dos.
Puis ses ailes.
Puis ses cheveux.
— Je suis revenu, non ?
Lyris hocha faiblement la tête sans quitter sa cachette dans son cou.
John laissa échapper un petit soupir amusé.
Puis il inspira distraitement l'odeur des cheveux blonds.
— Et toi, tu sens le sucre.
Il renifla une seconde fois.
— Beaucoup trop le sucre, d'ailleurs.
Lyris eut un petit mouvement coupable.
John sourit.
— Et... après le bazar que t'as mis dans mon appartement aujourd'hui...
Il tourna légèrement la tête vers la porte ouverte de la chambre.
Comme s'il revoyait le frigo béant, les œufs massacrés et les miettes absolument partout.
— Je crois que t'as raison.
Sa voix se fit plus douce.
— Je ne dois plus te laisser seul.
La queue en cœur de Lyris remua immédiatement derrière lui.
Et malgré toute sa bonne volonté...
John fut incapable de déterminer lequel des deux venait d'être le plus rassuré par cette promesse.
Un silence confortable s'installa.
John continuait de caresser distraitement les cheveux blonds du succube, profitant simplement de sa présence.
Puis son regard dériva vers la porte ouverte de la chambre.
Vers le salon.
Vers la cuisine.
Vers le réfrigérateur qui devait probablement être ouvert depuis plusieurs heures.
Il poussa un soupir.
— Bon... petite chose.
Lyris releva aussitôt la tête.
— Oui ?
— Il va falloir qu'on parle du crime de guerre qui a eu lieu dans ma cuisine.
Le petit succube cligna des yeux.
— Le quoi ?
— Les œufs, Lyris.
Silence.
— Ah.
John croisa les bras.
— Tu as tenté de les assassiner ?
Les joues de Lyris prirent immédiatement une jolie teinte rosée.
Il baissa les yeux.
— J'essayais de faire comme toi ce matin...
— Et ?
— Ils se sont défendus.
John resta parfaitement immobile.
Puis éclata de rire.
Un vrai rire.
Grave.
Profond.
Qui fit vibrer tout son torse.
Lyris se sentit immédiatement très fier de lui sans vraiment savoir pourquoi.
— Après j'ai abandonné, poursuivit-il. Le four avait l'air dangereux.
— Sage décision.
— Et ensuite j'ai trouvé les cookies.
Ses yeux brillèrent instantanément.
John reconnut cette expression.
C'était exactement la même que celle d'un enfant qui s'apprêtait à raconter la plus grande aventure de sa vie.
— Les cookies ?
— Oui !
Lyris se redressa davantage sur ses genoux.
— C'est incroyable. Et après j'ai trouvé les Tagadagada.
— Les Tagada.
— Les Tagadagada.
— Les Tagada.
— C'est ce que je viens de dire.
John abandonna immédiatement.
Combat perdu d'avance.
— Et puis j'ai regardé la télévision, continua Lyris.
— Ah oui ?
— J'ai appris plusieurs langues.
John cligna des yeux.
— Tu as quoi ?
— J'ai appris plusieurs langues.
— Aujourd'hui ?
— Oui.
— ...Combien ?
Lyris réfléchit.
— Je ne sais pas. Trois ? Quatre ? Peut-être cinq.
John resta silencieux quelques secondes.
— Bien sûr.
— J'ai aussi découvert que les humains peuvent voir l'avenir.
— Pardon ?
— Sur la chaîne météo.
— ...
— Et ensuite j'ai vu des humains faire semblant.
John fronça les sourcils.
— Faire semblant à quoi ?
Lyris hésita.
Puis répondit avec un sérieux absolu :
— Au sexe.
Le boxeur s'étouffa immédiatement avec sa propre salive.
— Quoi ?!
— Sur une chaîne.
— Quelle chaîne ?!
— Je ne sais pas.
Lyris haussa les épaules.
— Mais ils jouaient très mal.
John fixa le plafond.
Longuement.
Comme s'il demandait silencieusement de l'aide à une puissance supérieure.
— J'ai quitté l'appartement pendant une seule journée...
— C'était très instructif.
— J'en doute.
— J'ai aussi appris que les humains aiment énormément le football.
— Ça, par contre, c'est vrai.
Lyris hocha la tête avec gravité.
Puis son visage s'illumina soudain.
— Oh ! Et les Tagadagada ! C'est vraiment ce que je préfère.
John éclata de rire une nouvelle fois.
Puis il attrapa doucement le menton du succube entre ses doigts.
— Tu sais quoi ?
— Quoi ?
— Je suis partagé entre te féliciter d'avoir survécu à la journée...
Son regard dériva vers la cuisine dévastée.
Puis vers le salon couvert de miettes.
Puis vers le sachet de bonbons vide sur le lit.
— ...et appeler les assurances.
John secoua la tête, un sourire scotché aux lèvres, et se leva du lit en soulevant Lyris d'un seul bras comme s'il ne pesait rien. Il le déposa sur ses deux pieds, puis attrapa le sachet vide de Tagadagada pour le jeter à la poubelle.
— Allez, viens, le survivant. On va nettoyer ton crime de guerre culinaire avant que les fourmis de New York ne décident de coloniser ma chambre.
Lyris le suivit sagement jusque dans la cuisine, trottinant derrière le colosse. En arrivant devant le plan de travail, le petit succube baissa la tête, soudain un peu penaud en voyant les ravages du jaune d'œuf séché et les morceaux de coquilles incrustés.
John attrapa une éponge, du produit vaisselle, et commença à frotter.
— Tu sais... murmura Lyris, la voix douce, en observant les mouvements méthodiques du boxeur.
— Chez moi, je n'avais pas besoin de faire ça.
John s'arrêta un instant de frotter, tournant son crâne chauve vers le garçon.
— Ah ouais ? Vos esclaves humains nettoient vos conneries ?
« Oui », répondit Lyris en hochant la tête, ses ailes frémissant légèrement.
— Là où j'ai grandi. C'était une sorte de grand centre... comme un internat géant pour notre espèce. Pour la nourriture, il y avait la cantine. On s'asseyait, on nous servait, et on repartait. Et pour les vêtements...
Il attrapa le tissu de son hoodie noir, pointant du doigt les taches de chocolat et d'œuf.
— Il suffisait de les jeter dans un grand panier en métal dans le couloir. Le lendemain matin, ils revenaient propres, pliés et parfumés.
John posa l'éponge et s'appuya contre le comptoir, croisant ses bras massifs sur son torse. Il observa le petit démon avec une lueur plus sérieuse dans le regard.
— Même pour toi ? demanda doucement John.
— Je croyais que t'étais... l'anomalie de service. Le souffre-douleur.
Lyris eut un petit sourire triste, serrant ses bras contre sa poitrine. Sa queue s'enroula mollement autour de sa cheville.
— Oui. Ils me détestaient, ils m'insultaient, et les intendants me regardaient comme si j'étais un déchet. Mais le système logistique du royaume est parfait. Les démons ne s'embêtent pas à faire des exceptions pour la lessive ou les repas. J'avais les mêmes privilèges matériels que les autres. Le même confort.
Il leva ses grands yeux bleus vers John, un mélange de honte et de vulnérabilité lisible sur le visage.
— C'est pour ça que je ne sais rien faire... Je n'ai jamais eu à apprendre. Ici, je suis libre, et je me sens tellement mieux avec toi... mais je suis un fardeau. Je ne sais même pas casser un œuf sans qu'il se défende.
Le silence retomba dans la cuisine. John regarda le petit démon frêle au milieu de sa cuisine dévastée. Il soupira, mais ce n'était pas un soupir d'agacement. C'était le soupir d'un homme qui sentait ses dernières barrières s'effondrer.
Le colosse s'approcha, attrapa Lyris par la taille et le hissa sans effort pour l'asseoir directement sur le plan de travail propre, juste à côté de lui.
— Écoute-moi bien, petite chose, dit John d'une voix basse et ferme, ancrant son regard dans le sien.
— À Harlem, y'a pas de cantine magique et les fringues ne se lavent pas toutes seules. Mais t'es pas un fardeau. Tu sais pas faire ? Bah je t'apprendrai.
Il attrapa de nouveau son éponge avec un sourire en coin.
— Et on va commencer par t'apprendre à récurer un comptoir. Prends un chiffon, Lyris. La liberté, ça commence par la vaisselle.
Un immense soulagement traversa les yeux du succube, rapidement remplacé par un sourire espiègle. Sa queue en cœur se remit à battre joyeusement contre le meuble.
— D'accord, chef John !
***
Mot de l'auteur :
Je vous avais promis quelque chose de plus léger après les événements précédents, et je pense qu'on peut difficilement faire plus léger qu'un succube qui découvre un réfrigérateur, des cookies et la télévision le même jour.
J'avoue avoir beaucoup ri en écrivant certaines scènes. Entre les œufs qui se défendent, les "Tagadagada" et Lyris qui conclut que les humains peuvent voir l'avenir grâce à la météo, le pauvre n'était pas prêt pour notre monde.
D'ailleurs, ce chapitre était aussi l'occasion de montrer que Lyris n'est pas stupide. Il est simplement ignorant de tout ce qui n'a aucun rapport avec ce qu'on lui a appris. Quand on passe son enfance à étudier la séduction, la luxure et les humains, forcément, faire cuire un œuf devient une épreuve de boss.
J'ai également beaucoup aimé écrire le retour de John. Je crois que notre boxeur commence à avoir un sérieux problème : il s'inquiète pour un petit démon blond dès qu'il le perd de vue plus de dix minutes.
Et honnêtement... je ne suis pas certain que Lyris soit le seul à ne plus vouloir être seul.
La suite devrait continuer à explorer leur quotidien. Maintenant que Lyris est libre, il va devoir apprendre beaucoup de choses. Et John va découvrir qu'enseigner à un succube est probablement plus compliqué qu'entraîner un champion poids lourd.
Merci d'avoir lu jusqu'ici, et à bientôt pour le chapitre 5 !
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kudu
2 août 2026 à 22:23
Trop mignon.
Vraiment pas grave qu'il n'y ait pas de cul. Tout doit se mettre en place.
Soyez respectueux
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Photo de profil de lelivredejeremie
lelivredejeremie
30 juillet 2026 à 22:55
Miaou! Lyris est aussi déstabilisant qu'adorable (en faveur du second qualificatif), j'en veux un, absolument!
Et je dirai tagadagada désormais, na!

Ah, et aussi... si le séjour en enfer (que l'église ma promet) consiste à faire la lessive pour des petits succubes tout choupinous comme lui (et p-ê les laver eux-mêmes), ça me va :D
Soyez respectueux
Répondre

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