Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le garçon succube — Chapitre 12 · Ombres du passé
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le garçon succube
Chapitre 12 · Ombres du passé
Une semaine s'était écoulée depuis l'arrivée chaotique de Lilia. Cela faisait deux jours qu'elle était repartie régler quelques affaires dans le monde des succubes.
John était en train de faire un brin de ménage dans le salon quand un portail rose familier apparut soudain au milieu de la pièce. Il reconnut immédiatement la signature énergétique de Lilia.
La succube blonde en sortit, mais son sourire malicieux habituel avait disparu. Son visage était tendu, presque grave.
John posa son chiffon.
— Qu'est-ce qu'il y a ? On t'a tiré la queue dans le monde...
— Ferme-la, John. Il faut qu'on parle. Où est Lyris ?
— Oh... C'est la première fois que tu dis mon prénom. Ça doit être grave. Lyris est parti acheter des bonbons au bout de la rue.
Lilia passa une main dans ses cheveux, visiblement nerveuse.
— Il faut que tu saches qui est Velithra pour Lyris... Il vaudrait mieux qu'il t'en parle lui-même. Tu te souviens d'elle ?
John croisa les bras, le regard sombre.
— Oh que oui. Elle est si... Elle est méchante. Très méchante.
Lilia laissa échapper un petit rire amer.
— C'est pas la première chose à laquelle t'as pensé... Avoue. Mmmh, t'es qu'un humain après tout.
À cet instant précis, la porte d'entrée s'ouvrit. Lyris entra, un paquet de bonbons déjà à moitié vide dans les mains.
— Lilia, te revoilà ! Tu nous as manqué.
Le visage de Lilia s'adoucit immédiatement. Elle s'avança et le prit dans ses bras, le serrant un peu plus fort que d'habitude.
— Mon Lyris... Je suis contente de te revoir.
Puis, sans le lâcher, elle murmura d'une voix plus sérieuse :
— Tu dois dire à John la vérité sur Velithra... C'est important. Il doit savoir.
Lyris se raidit instantanément. Son corps tout entier se mit à trembler. Le paquet de bonbons glissa de ses mains et tomba sur le sol.
— Non... Non... Je ne veux pas. Pourquoi tu parles d'elle ? Je veux pas...
Lyris tremblait encore, le regard baissé, les mains crispées sur son t-shirt trop grand.
Lilia le serra plus fort contre elle et lui caressa doucement les cheveux.
— Ne t'inquiète pas, je suis là... murmura-t-elle d'une voix apaisante. Je t'expliquerai tout, mais d'abord, parle à John... Je vous laisse...
— Non... Reste... S'il te plaît... Tu dois rester, supplia Lyris d'une petite voix brisée, s'accrochant à son bras comme si elle était sa bouée de sauvetage.
Lilia jeta un regard hésitant vers John. Le colosse, adossé au mur, croisa les bras sans rien dire, attendant patiemment. Il comprenait que Lyris avait besoin de son amie pour affronter ce souvenir.
— D'accord... Je reste, finit par céder Lilia en embrassant le sommet de la tête de Lyris. Mais tu dois lui dire. Il a le droit de savoir qui est vraiment Velithra pour toi.
Lyris resta silencieux un long moment, le visage enfoui contre l'épaule de Lilia. Sa queue en cœur s'était enroulée autour de sa propre jambe, signe de son anxiété extrême.
John, d'une voix basse et calme, brisa enfin le silence.
— Prends ton temps, petite chose. Je suis là. On n'est pas pressés.
Lyris leva lentement les yeux vers lui, les larmes aux bords des cils.
— Velithra... elle n'était pas juste une succube comme les autres... Pour moi, elle était...
Sa voix se brisa.
Il y a dix-neuf ans, dans le monde des succubes
Velithra était alitée dans sa chambre luxueuse, le corps couvert de sueur, les draps de soie noire trempés. Ses ailes sombres étaient déployées de douleur contre le matelas, sa queue fouettant l'air convulsivement.
Une esclave humaine, une jeune femme aux yeux vides, était agenouillée entre ses cuisses, les mains tremblantes.
— Poussez, Dame Velithra... Poussez, je vois sa tête !
Velithra hurla, un cri primal qui fit trembler les murs de pierre. Ses griffes s'enfoncèrent dans les draps tandis qu'elle poussait de toutes ses forces, le corps arc-bouté par la douleur.
Un dernier cri déchirant.
Puis le silence.
L'esclave humaine souleva un petit être enveloppé de membranes sombres. Une minuscule queue en cœur, deux petites ailes noires repliées, et une corne à peine visible sur le crâne.
C'était un garçon.
Velithra, haletante, releva la tête. Ses yeux rouges brillaient d'une lueur étrange, mélange de fatigue, de triomphe... et de dégoût.
— Un... garçon ?
Elle laissa échapper un rire amer, presque hystérique.
— Après tout ça... toutes ces heures de souffrance... un garçon succube. Une anomalie.
L'esclave humaine baissa la tête, n'osant rien dire.
Velithra tendit une main tremblante et effleura la petite corne du nouveau-né. Celui-ci poussa un faible cri.
— Emmenez-le. Qu'on le mette aux rebuts, dans un orphelinat. Je ne veux pas le voir. Et si vous parlez de lui à qui que ce soit, je vous jette dans la rivière de lave.
— Comment souhaitez-vous l'appeler ?
— SORTEZ, CETTE... CHOSE... NE MÉRITE PAS QU'ON LA NOMME !!!
***
Il y a seize ans, Orphelinat des succubes
La petite infirmerie de l'orphelinat sentait l'herbes amères et le désinfectant bon marché. Lyris, alors âgé de seulement trois ans, était assis sur une table en bois usée, les jambes ballantes. Son front saignait abondamment d'une entaille faite par une pierre bien lancée. Des bleus anciens et récents parsemaient ses bras fins, ses cuisses et son dos.
Une nourrice humaine, une jeune femme aux yeux tristes et aux poignets marqués par des chaînes, nettoyait doucement la plaie avec un chiffon humide.
Lyris renifla, les larmes coulant sur ses joues sales.
— Les filles... elles m'ont lancé des pierres... murmura-t-il d'une petite voix tremblante. Lilia leur a dit que j'en valais pas la peine... et que ce serait plus drôle d'aller jeter des pierres aux esclaves...
Il éclata en sanglots, ses petites ailes noires tremblotantes dans son dos.
La nourrice humaine soupira doucement, passant une main apaisante dans ses cheveux blonds collés par le sang.
— Je sais, petit... Je sais.
Elle connaissait Lilia. Ce n'était pas la première fois que les autres abandonnaient soudain Lyris pour s'en prendre aux esclaves.
Elle n'ajouta rien de plus. Que pouvait-elle dire à un enfant que même sa propre mère avait rejeté dès sa naissance ?
Lyris continua de pleurer, le corps secoué de hoquets.
— Pourquoi... pourquoi elles me détestent toutes ? Je voulais juste jouer...
La nourrice essuya une larme qui avait coulé sur sa propre joue.
— Parce que tu es unique, mon petit. Et dans ce monde... être différent, est un crime.
***
Quelques mois plus tard, Orphelinat des succubes
Lyris était assis seul sous un vieil arbre noueux, à l'écart des autres enfants. À quatre ans, il avait déjà appris à se faire discret. Un livre abîmé était ouvert sur ses genoux. Il ne savait pas encore bien lire, mais il aimait suivre les dessins du doigt en inventant des histoires dans sa tête.
Un portail sombre s'ouvrit discrètement à l'orée du jardin. Velithra en sortit, seule. Elle n'était pas venue par amour maternel. Seulement par curiosité malsaine. Elle voulait voir ce qu'était devenu « l'erreur » qu'elle avait mise au monde.
Elle resta à distance, cachée derrière un bosquet. Son regard rouge se posa sur le petit garçon blond assis dans l'herbe.
Lyris, comme s'il avait senti quelque chose, releva lentement la tête.
Leurs regards se croisèrent.
Aucun mot ne fut prononcé.
Pourtant, Lyris comprit. Pas parce qu'on lui avait dit. Pas parce qu'il se souvenait. Mais parce qu'il y avait quelque chose d'instinctif. Le lien du sang. Une reconnaissance primitive, viscérale.
Et au lieu d'y trouver la chaleur d'une mère, il ne vit qu'un regard rempli de rejet pur, froid, presque dégoûté.
Velithra le fixa encore un instant, puis tourna les talons sans un mot. Le portail se referma derrière elle.
Lyris resta figé, le livre oublié sur ses genoux. Ses petites mains tremblaient.
Quelques minutes plus tard, une nourrice humaine passa près de lui. Lyris leva vers elle des yeux brillants de larmes.
— Madame... c'était qui ?
La nourrice s'arrêta. Elle regarda dans la direction où Velithra avait disparu, puis baissa les yeux, le visage fermé.
— ...Personne que tu aies besoin de connaître.
Elle caressa doucement les cheveux du petit garçon et s'éloigna, laissant Lyris seul sous l'arbre, le cœur serré par une douleur qu'il ne comprenait pas encore complètement.
***
Il y a treize ans, École primaire des succubes
La salle de classe était baignée d'une lumière rougeâtre provenant des grandes fenêtres donnant sur les plaines volcaniques. Une vingtaine de petites succubes étaient assises sagement derrière leurs pupitres de pierre noire, leurs petites ailes frémissant d'impatience.
Lyris occupait, comme toujours, la dernière place au fond de la classe. Seul.
L'enseignante referma le grand manuel d'histoire démoniaque.
— Retenez bien ceci, les enfants. Les humains vivent dans un monde où règne la luxure. Ce sont des créatures faibles qui ne servent qu'à satisfaire les besoins de notre espèce. Ils sont incapables de résister au charme d'une succube adulte. Voilà pourquoi ils sont naturellement destinés à devenir notre bétail.
Toutes les élèves acquiescèrent avec sérieux.
Lyris leva timidement la main.
— Madame...
La professeure soupira déjà.
— Oui, Lyris ?
— Est-ce qu'il existe... des humains gentils ?
Un silence.
Puis toute la classe éclata de rire.
— Pourquoi ils seraient gentils ?
— C'est du bétail !
— Il est vraiment bizarre...
La professeure attendit que les rires se calment avant de répondre d'un ton parfaitement neutre.
— Tu poses beaucoup trop de questions inutiles. Contente-toi de retenir ton cours.
Lyris baissa la tête sans répondre.
Plus tard dans la matinée, la professeure distribua des feuilles épaisses et une boîte de crayons.
— Aujourd'hui, nous allons faire un dessin. Je veux que chacune représente sa famille.
Les petites succubes s'exécutèrent avec enthousiasme.
Certaines dessinaient leur mère entourée d'esclaves humains.
D'autres représentaient leurs grandes sœurs.
Lyris, lui, resta immobile devant sa feuille blanche.
Sa main tremblait légèrement.
La professeure s'arrêta devant son bureau.
— Tu n'as toujours rien dessiné ?
Le petit garçon releva lentement la tête.
— Je... je ne sais pas à quoi ressemble ma maman...
La classe devint silencieuse.
L'enseignante le regarda quelques secondes avant de hausser les épaules.
— Ah... c'est vrai. Elle t'a abandonné. Je la comprends. J'aurais honte, moi aussi, de mettre au monde un être comme toi.
Lyris sentit son cœur se serrer.
— Bon. Dessine donc l'orphelinat à la place.
Elle poursuivit simplement son inspection des autres élèves.
Comme si elle n'avait rien dit d'anormal.
Une petite larme tomba sur la feuille blanche de Lyris.
Au premier rang, Lilia observait discrètement la scène.
Ses yeux descendirent vers son propre dessin.
Elle y avait représenté sa mère.
Puis elle hésita quelques instants.
Finalement, elle ajouta, juste à côté d'elle, un petit cerbère noir aux yeux bleus et à la queue terminée par un cœur.
La professeure revint jusqu'à son pupitre.
— Lilia... pourquoi y a-t-il un cerbère sur ton dessin ?
La petite succube leva la tête avec un sourire innocent.
— C'est Lyris.
Quelques élèves éclatèrent déjà de rire.
— Pourquoi tu l'as dessiné comme ça ?
— Parce qu'il fait partie de ma famille.
Pendant une seconde...
Le silence.
Puis toute la classe explosa de rire.
— Elle a dessiné le garçon comme un chien !
— Même Lilia le prend pour un animal !
— C'est trop drôle !
Lyris sentit les regards se tourner vers lui.
Ses joues devinrent brûlantes.
Ses yeux se remplirent de larmes.
Il baissa la tête, incapable de soutenir les moqueries.
Lilia fronça les sourcils.
— Ben... quoi ?
Elle regarda son dessin, puis ses camarades.
— Les cerbères vivent avec leur famille...
Mais personne ne l'écoutait plus.
Les rires continuaient.
Et, au fond de la classe, Lyris pleurait en silence, persuadé que même la seule personne qui lui parlait parfois le voyait comme un animal.
***
Il y a sept ans, Internat des succubes
Le dortoir était presque vide lorsque Lilia revint de la bibliothèque.
En passant devant le couloir des salles de cours pratiques, elle remarqua une porte entrouverte.
Des rires.
Des voix.
Puis une phrase qui lui glaça le sang.
— Tu es le seul garçon de l'internat... Les esclaves mâles sont interdits ici. Il n'y a que sur toi qu'on peut mettre en pratique les cours théoriques.
Un nouveau rire.
— Et puis... c'est amusant de te voir pleurer.
— Dame Velithra a dit qu'il ne valait même pas la peine d'être appelé un succube.
— Elle nous a dit de ne jamais avoir pitié de lui.
Lilia s'immobilisa.
Son cœur se mit à battre si fort qu'elle eut l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine.
Elle fit un pas vers la porte.
Puis un deuxième.
Sa main tremblante se posa sur la poignée.
À l'intérieur, les voix continuaient.
L'une d'elles appartenait à une élève issue d'une grande famille démoniaque.
Si Lilia intervenait...
Elle savait ce qui arriverait.
Elle deviendrait la prochaine cible.
Elle resta figée.
Les secondes lui parurent durer une éternité.
Finalement...
Les rires cessèrent.
La porte s'ouvrit.
Plusieurs jeunes succubes sortirent en discutant comme si de rien n'était.
En apercevant Lilia, l'une d'elles haussa un sourcil.
— Quoi ?
Lilia détourna les yeux.
— ...Rien.
Les filles s'éloignèrent dans le couloir en continuant leur conversation.
Lorsqu'elles eurent disparu, Lilia entra précipitamment dans la salle.
Lyris était assis contre un mur.
Son uniforme était froissé.
Ses ailes tremblaient.
Il gardait les yeux fixés sur le sol, incapable de relever la tête.
Lilia s'agenouilla immédiatement devant lui.
— Mon Lyris...
Il sursauta au simple son de sa voix.
— Elles... elles sont parties ?
— Oui...
Il resta silencieux.
Ses mains tremblaient tellement qu'il n'arrivait même plus à les cacher.
Lilia retira doucement sa veste et la posa sur ses épaules.
— Viens...
Lyris secoua faiblement la tête.
— Je... je veux juste rentrer...
Sa voix était presque inaudible.
Lilia sentit un poids écraser sa poitrine.
Elle avait entendu.
Elle avait compris.
Et elle n'avait rien fait.
Elle passa délicatement un bras autour de lui.
Cette fois, Lyris ne résista pas.
Il enfouit simplement son visage contre son épaule.
Les premières larmes commencèrent enfin à couler.
Lilia le serra un peu plus fort.
— Je suis désolée...
Elle savait pourtant que ces mots ne suffiraient jamais.
Pendant tout le trajet jusqu'au dortoir, aucun des deux ne parla.
Ce soir-là, Lilia resta assise au pied du lit de Lyris jusqu'à ce qu'il s'endorme.
Et, pour la première fois de sa vie, elle se détesta d'avoir eu peur.
***
Les années passèrent.
Le harcèlement ne cessa jamais.
Les insultes devinrent des habitudes.
Les coups aussi.
Les viols...
Puis vinrent des violences que Lyris n'avait même plus les mots pour décrire.
À force, il avait cessé de compter.
Un soir, alors que Lilia refermait une nouvelle fois une plaie sur son épaule grâce au peu de magie de soin qu'elle avait appris en secret, elle serra les dents.
— Je vais finir par les tuer.
Lyris secoua aussitôt la tête.
— Non...
— Mon Lyris...
— Je ne veux pas qu'elles te fassent la même chose qu'à moi.
Lilia baissa les yeux.
— Elles s'en prendraient à toi. Elles sont plus nombreuses... et leurs familles sont puissantes.
Il esquissa un sourire triste.
— Et elles ont la bénédiction de... tu sais qui.
Il trembla.
— Alors... continue simplement à rester avec moi quand personne ne regarde. Ça me suffit.
Ce soir-là, Lilia pleura en silence pendant qu'il s'endormait blotti contre elle.
À partir de ce jour, ils conclurent un accord tacite.
En public...
Ils étaient presque des inconnus.
Lilia passait devant lui sans un regard.
Elle riait parfois avec les autres pour ne pas attirer les soupçons.
Et chaque fois, son cœur se serrait un peu plus.
Mais une fois les couloirs vides...
Elle redevenait son unique refuge.
Elle pansait ses blessures.
Le forçait à manger lorsqu'il n'en avait plus la force.
Restait près de lui jusqu'à ce qu'il s'endorme.
C'était peu.
Terriblement peu.
Mais c'était tout ce qu'elle pouvait lui offrir.
***
Lyris, la voix tremblante, continuait son récit, les yeux fixés sur le sol.
— ...et c'est comme ça que tu as été désigné pour mon évaluation, John. C'était pas prévu que je reste. J'étais juste... une anomalie qu'on envoyait au hasard. Pour voir si j'allais survivre.
Un lourd silence tomba dans le salon.
Lilia, qui avait écouté sans l'interrompre, était en larmes. Elle n'avait pas mesuré à quel point Lyris s'était senti mal durant toutes ces années. Ses épaules tremblaient, et pour la première fois depuis très longtemps, elle ne cherchait plus à cacher sa culpabilité.
— Mon Lyris... murmura-t-elle d'une voix brisée, en s'approchant pour le prendre dans ses bras.
— Je savais que c'était dur, mais... pas à ce point. Je suis désolée... Je suis tellement désolée...
Lyris se laissa aller contre elle, épuisé par les souvenirs. Ses petites ailes étaient complètement repliées, comme s'il voulait disparaître.
John, resté silencieux tout ce temps, avait les poings serrés. Son regard était sombre, rempli d'une colère froide envers ce monde qui avait brisé le garçon qu'il aimait.
Il s'approcha lentement et posa une grande main sur l'épaule de Lyris, puis sur celle de Lilia.
— C'est fini maintenant, dit-il d'une voix basse mais ferme.
— Vous êtes ici. Avec moi. Personne ne te touchera plus, Lyris. Ni toi, Lilia, si tu restes.
Lilia releva la tête, les yeux encore brillants de larmes, et hocha faiblement la tête.
Pour la première fois, les trois se tinrent ensemble dans un silence lourd, mais étrangement solidaire.
Après quelques minutes de silence lourd, seulement troublé par les reniflements de Lyris, Lilia se redressa lentement. Elle essuya ses larmes d'un revers de main, reprenant un semblant de contenance.
— Bien... Maintenant, c'est mon tour de vous dire ce que j'ai entendu dans l'autre monde.
John et Lyris levèrent les yeux vers elle, attendant la suite.
Lilia inspira profondément, le regard grave.
***
Mot de l'auteur
Ce chapitre a été particulièrement intense à écrire.
J'ai essayé de retracer, à travers ces flashbacks, les éléments qui ont façonné Lyris et ses relations avec Lilia et John, et de donner du sens à ce qui pouvait sembler flou ou simplement suggéré jusqu'ici.
C'était aussi l'occasion d'explorer plus en profondeur les conséquences de leur environnement, et la manière dont chacun a composé, ou survécu, avec ce qu'il a vécu.
Merci à ceux qui suivent toujours l'histoire, même silencieusement. Votre présence, visible ou non, compte réellement pour moi.
La suite du récit reviendra au présent, avec des réponses... et probablement de nouvelles questions.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()