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Le garçon succube — Chapitre 8 · Choc culturel et Tagadagada
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
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Le garçon succube
Chapitre 8 · Choc culturel et Tagadagada
Il avait fallu un seau, une serpillière et beaucoup de patience pour effacer les traces du « meurtre » des œufs innocents sur le carrelage de l'entrée. John avait supervisé la corvée d'un œil noir, tandis que Lilia ronchonnait et que Lyris s'excusait à moitié pour ses précieux œufs perdus.
Une fois le sol propre, la tension était redescendue d'un cran. Lyris, sincèrement heureux et surexcité de revoir son amie, s'était installé à la table de la cuisine avec elle. Et là, les vannes s'étaient ouvertes.
Avec sa candeur habituelle, Lyris lui avait tout expliqué depuis le début. Lilia l'écoutait, les bras croisés, oscillant entre des hochements de tête furieux et des regards en biais vers John, qui se tenait un peu en retrait, adossé au plan de travail. Lyris lui raconta son arrivée chaotique dans le monde des humains, sa rencontre avec ce grand garde du corps grognon mais protecteur, la menace de Velithra qui pesait toujours au-dessus de sa tête, et enfin, leur étrange routine de la semaine écoulée.
Mais le point culminant de son récit, le moment où ses yeux brillèrent de la plus pure des fascinations, arriva lorsqu'il pointa du doigt le rescapé des courses : le sachet plastique transparent.
— Mais le plus important, Lilia... murmura Lyris d'un ton presque religieux. Les Tagadagada.
Lilia haussa un sourcil blond, sceptique.
Sans lui laisser le temps de poser une question, Lyris plongea ses doigts griffus dans le paquet, en sortit une petite demi-sphère rouge et bombée, couverte de sucre rose, et la glissa directement dans la bouche de son amie.
Sans lui laisser le temps de poser une question, Lyris plongea ses doigts griffus dans le paquet, en sortit une petite demi-sphère rouge et bombée, couverte de sucre rose, et la glissa directement dans la bouche de son amie.
Lilia s'immobilisa. Ses mâchoires se refermèrent lentement sur la texture moelleuse. En un quart de seconde, ses grands yeux roses se dilatèrent d'un plaisir si évident, si intense, qu'elle en laissa échapper :
— C'EST QUOI CE TRUC ?!
Le sucre chimique et le goût artificiel d'une fraise humaine venaient de terrasser une démone de l'Enfer.
...
Lilia cala une énième fraise rose dans sa joue, mâchant avec une concentration presque féroce avant de reprendre, la voix un peu étouffée par le sucre :
— En parlant de Velithra, tu sais, tout le monde s'en fiche que tu sois parti. Il n'y a qu'elle que ça dérange. Une fois que les succubes ont réussi l'épreuve finale, elles sont libres de faire ce qui leur chante. Bon, toi, c'est vrai que tu n'es jamais revenu... Mais les manigances de Velithra se sont carrément retournées contre elle. Elle a proclamé partout que tu avais réussi l'épreuve. Si elle avait tenu sa langue au lieu de vouloir sauver les apparences, peut-être que les choses se seraient passées autrement.
John suivait la conversation avec attention, gravant chaque détail dans sa mémoire. Ainsi, aux yeux de leur société, Lyris était techniquement un démon "libre", et Velithra s'était coincée toute seule dans son propre mensonge pour ne pas avouer qu'un paria lui avait échappé.
Sa réflexion fut brutalement interrompue par Lilia qui tapota le sachet de bonbons d'un index accusateur. En disant cela, elle avait déjà englouti la moitié du paquet.
— Au fait, grogna-t-elle en fronçant ses sourcils blonds vers l'emballage, c'est écrit Tagada. Pas Tagadagada.
Lyris fronça le nez, outré par la mauvaise foi de son amie, et tenta de récupérer le précieux sachet de plastique qu'elle gardait jalousement près d'elle.
— Mais c'est ce que je dis ! C'est des Tagadagada ! Et ne mange pas tout, c'est John qui les a payées !
— C'est toi qui me l'as mise dans la bouche, premier arrivé, premier servi, le géant idiot n'a qu'à en racheter, répliqua Lilia en pivotant sur sa chaise pour lui faire écran de son dos, tout en glissant une autre fraise entre ses lèvres.
Lilia jeta un coup d'œil malicieux à Lyris. Il ne restait plus qu'une seule fraise au fond du sachet en plastique. Pour le taquiner, elle la sortit lentement, la cala entre ses dents avec un sourire provocateur, défiant son ami du regard.
Lyris ne réfléchit pas une seconde. Poussé par sa gourmandise et son habitude de partager avec elle, il se jeta en avant. Ses lèvres accrochèrent celles de Lilia, ses dents coupant net le bonbon en deux.
Mais le partage ne s'arrêta pas là. Dans un élan naturel, nourri par une semaine de séparation et des années de complicité, le contact se mua instantanément en un baiser fougueux. Leurs langues se mêlèrent sans la moindre gêne, échangeant le goût sucré de la fraise artificielle sous les yeux complètement médusés de John.
Planté au milieu de sa propre cuisine, le grand garde du corps resta un instant la bouche grande ouverte, le cerveau en surchauffe.
— Hé..., commença John d'une voix blanche.
Les deux démons l'ignorèrent superbement, Lilia passant une main dans les cheveux de Lyris pour approfondir le baiser.
Les deux démons l'ignorèrent superbement, Lilia passant une main dans les cheveux de Lyris pour approfondir le baiser.
— HÉ... HO... ! haussa le ton John, les bras ballants, oscillant entre la gêne la plus totale et une pointe de jalousie qu'il s'efforçait de refouler.
Lilia se détacha enfin de Lyris, le souffle court, ses grands yeux roses plantés dans les siens.
— Tu m'as manqué, mon Lyris.
— Toi aussi, répondit-il avec un sourire d'une douceur absolue.
John croisa les bras, tapant du pied sur le carrelage pour s'imposer dans l'espace.
— Ohhh, je suis là. Lyris...
Le jeune succube tourna la tête vers John, clignant des yeux comme s'il venait de se souvenir de sa présence. Puis, une lueur de compréhension traversa son regard, et il frappa doucement ses mains l'une contre l'autre.
— Oh... c'est vrai... J'oubliais, dit Lyris d'un ton professoral en se tournant vers Lilia. La majorité des humains sont monogames.
Lilia fronça les sourcils, la bouche entrouverte, le regard empli d'une incompréhension totale.
— Quoi... ? Sérieux ? Mais pourquoi ?
...
Lilia laissa retomber ses bras, le sachet de Tagada vide désormais complètement oublié sur la table. Elle dévisagea son ami, avec la perplexité la plus totale.
— Je ne sais pas trop à vrai dire, continua Lyris en s'entortillant une mèche de cheveux autour du doigt, l'air pensif. Je ne comprends pas comment c'est possible, les humains ne sont pas faits pour être monogames en théorie... Enfin, c'est ce qu'on nous a appris en cours de sociologie humaine.
Il jeta un coup d'œil timide vers John, ses joues se teintant d'un rose un peu plus soutenu, avant de se tourner à nouveau vers la démone blonde.
— Ce que je sais, c'est que je ressens pour lui la même chose que je ressens pour toi. En fait... c'est même plus fort pour lui, je crois.
Un silence de plomb s'abattit instantanément dans la cuisine.
Un silence de plomb s'abattit instantanément dans la cuisine.
— Comment ça, plus fort ?! s'offusqua Lilia, outrée, en se redressant d'un coup sur sa chaise, ses ailes invisibles frémissant de colère sous le coup de l'affront.
À côté d'elle, la posture de John changea du tout au tout. La gêne et les bras croisés disparurent, remplacés par un redressement de torse immédiat. Il n'émit pas un son, mais il arbora instantanément l'air du mec qui venait de gagner le gros lot. Un sourire en coin, presque imperceptible mais d'une suffisance absolue, s'installa sur ses lèvres alors qu'il plantait son regard d'ébène dans celui de la succube furieuse. 1-0 pour l'humain.
— Tu plaisantes, Lyris ?! reprit Lilia, ignorant le visage triomphant du géant pour se focaliser sur son ami. Je te connais depuis qu'on a des cornes de lait ! J'ai partagé mes rations avec toi, je t'ai soigné, on a couché ensemble je ne sais combien de fois !
Lyris baissa un peu la tête, intimidé par l'explosion de son amie, mais il ne revint pas sur ses mots. Au fond de lui, la différence était claire : Lilia l'aimait dans l'ombre en le piétinant le jour. John, lui, avait crié qu'il l'aimait face à ses propres démons, sans se cacher.
...
Lilia croisa les bras, fusillant John du regard. L'air suffisant du garde du corps semblait lui donner des envies de meurtre, mais elle ravala sa rage. Elle n'allait pas s'avouer vaincue si facilement. Pas devant un mortel.
Elle se tourna lentement vers Lyris, attrapa doucement son menton pour le forcer à la regarder, avant de planter ses yeux roses directement dans ceux de John, un sourire provocateur et plein de défi aux lèvres.
— Je repasserai devant, décréta-t-elle d'une voix vibrante de détermination. Je serai première dans ton cœur, mon Lyris. Je veux redevenir la numéro un.
Un silence flotta dans la cuisine. Lyris cligna des yeux, un peu dépassé par l'intensité de son amie, tandis que le sourire victorieux de John s'effaçait instantanément.
— Attends, quoi ? intervint le grand humain, fronçant les sourcils. Tu repasseras devant depuis où, exactement ? Il n'a jamais été question que tu restes ici.
Lilia s'installa confortablement sur sa chaise, attrapant le sachet de Tagada désormais vide pour en laper les derniers grains de sucre sur ses doigts, feignant une indifférence totale face à la carrure imposante de John.
— Je ne bouge pas d'ici, « le géant ». Mon Lyris dit que tu es plus fort que moi dans son cœur. C'est inacceptable. Donc, je m'installe. Je vais lui prouver que je suis bien meilleure que toi. En plus, vos bonbons chimiques sont une tuerie.
John massa l'arête de son nez, sentant une migraine phénoménale pointer le bout de son nez. Un succube à gérer, c'était déjà un défi quotidien. Deux succubes en pleine compétition affective sous son propre toit ? C'était le début de l'Enfer. Littéralement.
***
Tout les succubes sont-ils destinés à être terrassés par le pouvoir du sucre ? 🤣
Plus sérieusement, je n'oublie pas que c'est un slice of life érotique. Rassurez-vous, l'érotisme ne va pas disparaître... 😉
Mais avant de pouvoir mettre deux succubes dans la même maison, il fallait déjà qu'ils découvrent les joies de la lessive, des bonbons industriels et des relations humaines.
Ou démoniaques.
Ou démoniaques.
Les prochains chapitres devraient être un peu plus... intimes. Après tout, John avait déjà fort à faire avec un seul démon de la luxure. Maintenant qu'ils sont deux, je lui souhaite bien du courage.
J'ai également conscience que ce chapitre est plus court que les précédents. Mais je préfère un chapitre qui raconte exactement ce qu'il a à raconter plutôt que de l'allonger artificiellement avec du remplissage. Son rôle était surtout de présenter la dynamique entre John, Lyris et Lilia, ainsi que le choc culturel entre leurs visions très différentes des relations.
Merci d'avoir lu, et à bientôt pour la suite !
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