Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les nuits folles de Pierre Dubourg — Chapitre 12
Auteur
Les nuits folles de Pierre Dubourg
Chapitre 12
Septembre 1973,
À son retour de New York, Pierre nourrit déjà deux nouveaux projets.
Le premier concerne Claire.
Depuis plusieurs semaines, une idée ne le quitte plus.
Il veut produire son prochain album.
Pas seulement en tant que compositeur ou auteur.
Comme un véritable directeur artistique.
Le voyage aux États-Unis l'a profondément marqué.
Les nuits passées dans les clubs new-yorkais lui ont ouvert de nouveaux horizons.
La soul.
Le funk.
Les premiers rythmes disco.
Ces sonorités modernes continuent de résonner dans son esprit.
Il est persuadé qu'elles peuvent sublimer la voix de Claire sans jamais trahir sa sensibilité.
Un soir, il lui expose son idée.
— J'aimerais qu'on fasse un disque différent.
Le plus beau de ta carrière.
Claire l'écoute en silence.
Pierre poursuit avec enthousiasme.
— Tu garderas tes plus beaux textes. Mais j'aimerais aussi faire appel à quelques-unes des plus grandes plumes de la chanson française. Pas pour te remplacer... pour t'offrir d'autres couleurs.
Il marque une pause.
— Et je voudrais faire venir plusieurs musiciens américains. Des gars qui jouent la soul et le funk comme personne.
Claire sourit.
— Tu veux me faire danser, maintenant ?
Pierre éclate de rire.
— Non.
Je veux que les gens dansent... pendant que tu les fais rêver.
La chanteuse le regarde quelques secondes avant de lui tendre la main.
— D'accord.
Mais une seule condition.
— Laquelle ?
— Si une chanson est mauvaise...
Tu n'auras aucun passe-droit parce que tu t'appelles Pierre Dubourg.
Il éclate de rire.
— Marché conclu.
Ensemble ils demandent à Émile Brassero et Philippe Baccaro. Les deux chanteurs acceptent avec plaisir de confier quelques textes sur mesure pour la jolie chanteuse.
Puis Pierre a l'idée de demander à Brigitte Cladon d'écrire aussi pour sa compagne. Elle accepte avec beaucoup d'enthousiasme d'offrir quelques offrandes pour son aînée.
Alors que les dernières prises de French Soul sont mises en boîte, Pierre se consacre pleinement à son second projet.
À son retour de New York, Pierre nourrit déjà deux nouveaux projets.
Le premier concerne Claire.
Depuis plusieurs semaines, une idée ne le quitte plus.
Il veut produire son prochain album.
Pas seulement en tant que compositeur ou auteur.
Comme un véritable directeur artistique.
Le voyage aux États-Unis l'a profondément marqué.
Les nuits passées dans les clubs new-yorkais lui ont ouvert de nouveaux horizons.
La soul.
Le funk.
Les premiers rythmes disco.
Ces sonorités modernes continuent de résonner dans son esprit.
Il est persuadé qu'elles peuvent sublimer la voix de Claire sans jamais trahir sa sensibilité.
Un soir, il lui expose son idée.
— J'aimerais qu'on fasse un disque différent.
Le plus beau de ta carrière.
Claire l'écoute en silence.
Pierre poursuit avec enthousiasme.
— Tu garderas tes plus beaux textes. Mais j'aimerais aussi faire appel à quelques-unes des plus grandes plumes de la chanson française. Pas pour te remplacer... pour t'offrir d'autres couleurs.
Il marque une pause.
— Et je voudrais faire venir plusieurs musiciens américains. Des gars qui jouent la soul et le funk comme personne.
Claire sourit.
— Tu veux me faire danser, maintenant ?
Pierre éclate de rire.
— Non.
Je veux que les gens dansent... pendant que tu les fais rêver.
La chanteuse le regarde quelques secondes avant de lui tendre la main.
— D'accord.
Mais une seule condition.
— Laquelle ?
— Si une chanson est mauvaise...
Tu n'auras aucun passe-droit parce que tu t'appelles Pierre Dubourg.
Il éclate de rire.
— Marché conclu.
Ensemble ils demandent à Émile Brassero et Philippe Baccaro. Les deux chanteurs acceptent avec plaisir de confier quelques textes sur mesure pour la jolie chanteuse.
Puis Pierre a l'idée de demander à Brigitte Cladon d'écrire aussi pour sa compagne. Elle accepte avec beaucoup d'enthousiasme d'offrir quelques offrandes pour son aînée.
Alors que les dernières prises de French Soul sont mises en boîte, Pierre se consacre pleinement à son second projet.
Au mois de novembre, il s'envole pour le Brésil afin de tourner un nouveau film « L'Or de l'Amazonie ».
Pour la première fois de sa carrière, il participe à une véritable coproduction internationale.
Le film, une comédie d'aventure au parfum d'exotisme, est réalisé par le cinéaste français Philippe Bresson, réputé pour son sens du rythme et ses dialogues ciselés.
Pierre y retrouve Giovanna Visconti, sa partenaire d'En plein ciel. Les deux acteurs se retrouvent, quatre ans après ce tournage aussi exigeant qu'éprouvant.
Le casting réunit également l'actrice allemande Elke Heinsberg, nouvelle figure montante du cinéma européen, et ancienne compagne d'Alain Natale. Cette relation fut passionnée et destructrice pour Elke.
Enfin Robert Palmer, immense vedette hollywoodienne des années cinquante et soixante.
Il traîne depuis plusieurs années une réputation d'acteur impossible à diriger.
Les réalisateurs le disent capricieux, les producteurs imprévisibles.
Pourtant, Pierre découvre un homme d'une courtoisie exemplaire, ponctuel, drôle et d'une curiosité sincère.
Le tournage doit se dérouler entre Rio de Janeiro, les chutes d'Iguaçu et plusieurs villages perdus de l'intérieur du pays.
L'histoire raconte les aventures improbables de quatre chasseurs de trésors lancés à la poursuite d'une mystérieuse cité disparue au cœur de la forêt amazonienne.
Pour Pierre, c'est un véritable changement d'univers.
Après les polars de Rouland et les drames intimistes de Xavier Gould, il découvre les contraintes d'une grosse production internationale : une équipe cosmopolite, un budget considérable, des cascades spectaculaires et des semaines entières passées au milieu d'une nature aussi magnifique qu'hostile.
Le chanteur mesure alors le chemin parcouru.
Quelques années plus tôt, il était ce jeune homme myope de la goutte d'or, que personne ne connaissait.
Désormais, il s'apprête à partager l'affiche avec l'une des plus grandes stars du cinéma américain.
Les deux projets connaissent finalement un destin étonnamment similaire.
Fin novembre 1973, Claire publie French Soul.
Le disque surprend immédiatement le public.
Porté par une production moderne mêlant chanson française, soul, funk et les premiers accents disco découverts à New York, il se vend remarquablement bien.
Les radios diffusent abondamment plusieurs titres et l'album devient rapidement disque d'or.
Le public danse et s'amuse sur les morceaux de Claire : c'est une première.
Du coup, une fois n'est pas coutume, elle se lance dans une grande tournée hexagonale et passera aussi par l'Italie.
Claire est heureuse.
Mais la critique, en revanche, se montre beaucoup plus réservée.
Certains journalistes saluent la qualité des musiciens américains et l'audace des arrangements, mais beaucoup reprochent au disque d'être trop démonstratif, trop sophistiqué, voire prétentieux.
Dans les colonnes de quelques journaux d'extrême droite, les attaques deviennent beaucoup plus virulentes.
On y dénonce une musique « décadente », « étrangère à la tradition française », parfois même « bestiale », preuve, selon leurs auteurs, d'une américanisation inquiétante de la chanson.
Claire est profondément blessée par ces attaques.
Pierre, lui, préfère en rire.
— Quand les imbéciles crient aussi fort, c'est souvent qu'on a touché quelque chose de juste.
Quelques semaines plus tard, en février 1974, sort L'Or de l'Amazonie.
Le film devient un véritable phénomène.
En Europe comme aux États-Unis, les salles affichent complet pendant plusieurs semaines.
Pour la première fois de sa carrière, Pierre participe à une vaste tournée promotionnelle américaine aux côtés de Robert Palmer.
Les deux hommes sont invités sur les plus grandes émissions de télévision du pays.
Leur complicité amuse le public.
La presse people se prend même d'affection pour ce Français avec ses lunettes noires et à l'humour pince-sans-rire.
Les critiques spécialisées, elles, restent plus prudentes.
Elles reconnaissent un divertissement spectaculaire, parfaitement maîtrisé, mais refusent d'y voir un grand film d'aventure.
« Une excellente distraction », écrit l'un des principaux quotidiens américains.
« Rien de plus. »
Le destin du film change pourtant lorsqu'au cours d'une conférence de presse, le président des États-Unis déclare avec le sourire :
— J'ai vu L'Or de l'Amazonie avec ma famille le week-end dernier... et je me suis régalé.
La phrase fait le tour des médias.
Le lendemain, les exploitants constatent une nouvelle hausse de la fréquentation.
Pierre s'en amuse.
— Décidément... les présidents font parfois de meilleurs attachés de presse que les producteurs.
Pour la première fois de sa carrière, il participe à une véritable coproduction internationale.
Le film, une comédie d'aventure au parfum d'exotisme, est réalisé par le cinéaste français Philippe Bresson, réputé pour son sens du rythme et ses dialogues ciselés.
Pierre y retrouve Giovanna Visconti, sa partenaire d'En plein ciel. Les deux acteurs se retrouvent, quatre ans après ce tournage aussi exigeant qu'éprouvant.
Le casting réunit également l'actrice allemande Elke Heinsberg, nouvelle figure montante du cinéma européen, et ancienne compagne d'Alain Natale. Cette relation fut passionnée et destructrice pour Elke.
Enfin Robert Palmer, immense vedette hollywoodienne des années cinquante et soixante.
Il traîne depuis plusieurs années une réputation d'acteur impossible à diriger.
Les réalisateurs le disent capricieux, les producteurs imprévisibles.
Pourtant, Pierre découvre un homme d'une courtoisie exemplaire, ponctuel, drôle et d'une curiosité sincère.
Le tournage doit se dérouler entre Rio de Janeiro, les chutes d'Iguaçu et plusieurs villages perdus de l'intérieur du pays.
L'histoire raconte les aventures improbables de quatre chasseurs de trésors lancés à la poursuite d'une mystérieuse cité disparue au cœur de la forêt amazonienne.
Pour Pierre, c'est un véritable changement d'univers.
Après les polars de Rouland et les drames intimistes de Xavier Gould, il découvre les contraintes d'une grosse production internationale : une équipe cosmopolite, un budget considérable, des cascades spectaculaires et des semaines entières passées au milieu d'une nature aussi magnifique qu'hostile.
Le chanteur mesure alors le chemin parcouru.
Quelques années plus tôt, il était ce jeune homme myope de la goutte d'or, que personne ne connaissait.
Désormais, il s'apprête à partager l'affiche avec l'une des plus grandes stars du cinéma américain.
Les deux projets connaissent finalement un destin étonnamment similaire.
Fin novembre 1973, Claire publie French Soul.
Le disque surprend immédiatement le public.
Porté par une production moderne mêlant chanson française, soul, funk et les premiers accents disco découverts à New York, il se vend remarquablement bien.
Les radios diffusent abondamment plusieurs titres et l'album devient rapidement disque d'or.
Le public danse et s'amuse sur les morceaux de Claire : c'est une première.
Du coup, une fois n'est pas coutume, elle se lance dans une grande tournée hexagonale et passera aussi par l'Italie.
Claire est heureuse.
Mais la critique, en revanche, se montre beaucoup plus réservée.
Certains journalistes saluent la qualité des musiciens américains et l'audace des arrangements, mais beaucoup reprochent au disque d'être trop démonstratif, trop sophistiqué, voire prétentieux.
Dans les colonnes de quelques journaux d'extrême droite, les attaques deviennent beaucoup plus virulentes.
On y dénonce une musique « décadente », « étrangère à la tradition française », parfois même « bestiale », preuve, selon leurs auteurs, d'une américanisation inquiétante de la chanson.
Claire est profondément blessée par ces attaques.
Pierre, lui, préfère en rire.
— Quand les imbéciles crient aussi fort, c'est souvent qu'on a touché quelque chose de juste.
Quelques semaines plus tard, en février 1974, sort L'Or de l'Amazonie.
Le film devient un véritable phénomène.
En Europe comme aux États-Unis, les salles affichent complet pendant plusieurs semaines.
Pour la première fois de sa carrière, Pierre participe à une vaste tournée promotionnelle américaine aux côtés de Robert Palmer.
Les deux hommes sont invités sur les plus grandes émissions de télévision du pays.
Leur complicité amuse le public.
La presse people se prend même d'affection pour ce Français avec ses lunettes noires et à l'humour pince-sans-rire.
Les critiques spécialisées, elles, restent plus prudentes.
Elles reconnaissent un divertissement spectaculaire, parfaitement maîtrisé, mais refusent d'y voir un grand film d'aventure.
« Une excellente distraction », écrit l'un des principaux quotidiens américains.
« Rien de plus. »
Le destin du film change pourtant lorsqu'au cours d'une conférence de presse, le président des États-Unis déclare avec le sourire :
— J'ai vu L'Or de l'Amazonie avec ma famille le week-end dernier... et je me suis régalé.
La phrase fait le tour des médias.
Le lendemain, les exploitants constatent une nouvelle hausse de la fréquentation.
Pierre s'en amuse.
— Décidément... les présidents font parfois de meilleurs attachés de presse que les producteurs.
Mars 1974
À peine la promotion de L'Or de l'Amazonie terminée, Pierre retrouve les plateaux de cinéma.
Jean-Claude Rouland lui a proposé le rôle principal de son nouveau polar, La Nuit des truands.
Le casting est une nouvelle fois prestigieux.
Pierre partage l'affiche avec Michel Ducasse, Marie-France Delorme, Jean Lefort et retrouve avec plaisir Elke Heinsberg, quelques mois seulement après leur collaboration au Brésil.
Il y interprète Julien Varella, un ancien inspecteur suspendu après une bavure et rappelé pour enquêter sur une série de meurtres visant les plus influents notables marseillais.
Le tournage se déroule entre Marseille et ses environs.
L'ambiance est studieuse, mais chaleureuse.
Cette fois, Pierre passe beaucoup plus de temps avec Elke.
Au Brésil, leurs échanges étaient restés limités.
L'actrice allemande s'était montrée discrète, presque distante, tandis que Pierre passait l'essentiel de son temps libre avec Robert Palmer, dont il admirait autant le talent que la personnalité.
Ils s'étaient pourtant quittés en bons termes.
À Marseille, les choses évoluent naturellement.
Entre deux prises, ils prennent l'habitude de déjeuner ensemble, de discuter de cinéma, de littérature et de musique.
Pierre découvre une femme cultivée, drôle et bien plus sensible qu'elle ne le laisse paraître.
Elke, de son côté, apprécie l'humour du Français et sa façon de mettre tout le monde à l'aise sur un plateau.
Elle lui parle aussi, avec une sincérité désarmante, de sa relation passée avec Alain Natale.
Une histoire aussi passionnée que destructrice, dont elle porte encore quelques blessures.
Pierre ne cherche ni à la consoler ni à la juger.
Il écoute simplement.
Au fil des semaines, une véritable amitié naît entre eux.
Puis, presque malgré eux, cette complicité prend une autre couleur.
Un regard qui dure un peu trop longtemps.
Une main qui s'attarde lorsqu'ils répètent une scène.
Des éclats de rire qui les isolent du reste de l'équipe.
Pierre comprend très vite le danger.
Baron, toujours présent à ses côtés, observe le manège avec son habituelle décontraction.
Ce n'est pas le cas de Charly, de passage quelques jours sur le plateau. Il prévient le chanteur :
— Attention Pierre, ne fais pas le con ! Rappelle-toi ce que ça t'a coûté !
Pierre ne répond pas, mais il écoute son impresario avec sagesse.
Elke est une femme magnifique, intelligente, libre.
Il sent naître une attirance qu'il pense être capable de maîtriser.
Mais chaque fois que son esprit s'égare, le visage de Claire lui revient.
Puis celui de Julien.
Il se souvient des mois de solitude, de la douleur qu'il a infligée à celle qu'il aime et des efforts qu'il a fallu pour reconstruire leur confiance.
Cette fois, il refuse de commettre les mêmes erreurs.
Il prend soin de ne jamais franchir cette frontière invisible qui sépare l'amitié du désir.
Elke semble comprendre ce combat silencieux.
Elle n'insiste jamais.
Leur relation conserve alors toute sa beauté, faite d'une tendresse retenue, d'un profond respect et de cette légère tension qui existe parfois entre deux êtres sans qu'aucun d'eux ne choisisse de la transformer en histoire d'amour.
À peine la promotion de L'Or de l'Amazonie terminée, Pierre retrouve les plateaux de cinéma.
Jean-Claude Rouland lui a proposé le rôle principal de son nouveau polar, La Nuit des truands.
Le casting est une nouvelle fois prestigieux.
Pierre partage l'affiche avec Michel Ducasse, Marie-France Delorme, Jean Lefort et retrouve avec plaisir Elke Heinsberg, quelques mois seulement après leur collaboration au Brésil.
Il y interprète Julien Varella, un ancien inspecteur suspendu après une bavure et rappelé pour enquêter sur une série de meurtres visant les plus influents notables marseillais.
Le tournage se déroule entre Marseille et ses environs.
L'ambiance est studieuse, mais chaleureuse.
Cette fois, Pierre passe beaucoup plus de temps avec Elke.
Au Brésil, leurs échanges étaient restés limités.
L'actrice allemande s'était montrée discrète, presque distante, tandis que Pierre passait l'essentiel de son temps libre avec Robert Palmer, dont il admirait autant le talent que la personnalité.
Ils s'étaient pourtant quittés en bons termes.
À Marseille, les choses évoluent naturellement.
Entre deux prises, ils prennent l'habitude de déjeuner ensemble, de discuter de cinéma, de littérature et de musique.
Pierre découvre une femme cultivée, drôle et bien plus sensible qu'elle ne le laisse paraître.
Elke, de son côté, apprécie l'humour du Français et sa façon de mettre tout le monde à l'aise sur un plateau.
Elle lui parle aussi, avec une sincérité désarmante, de sa relation passée avec Alain Natale.
Une histoire aussi passionnée que destructrice, dont elle porte encore quelques blessures.
Pierre ne cherche ni à la consoler ni à la juger.
Il écoute simplement.
Au fil des semaines, une véritable amitié naît entre eux.
Puis, presque malgré eux, cette complicité prend une autre couleur.
Un regard qui dure un peu trop longtemps.
Une main qui s'attarde lorsqu'ils répètent une scène.
Des éclats de rire qui les isolent du reste de l'équipe.
Pierre comprend très vite le danger.
Baron, toujours présent à ses côtés, observe le manège avec son habituelle décontraction.
Ce n'est pas le cas de Charly, de passage quelques jours sur le plateau. Il prévient le chanteur :
— Attention Pierre, ne fais pas le con ! Rappelle-toi ce que ça t'a coûté !
Pierre ne répond pas, mais il écoute son impresario avec sagesse.
Elke est une femme magnifique, intelligente, libre.
Il sent naître une attirance qu'il pense être capable de maîtriser.
Mais chaque fois que son esprit s'égare, le visage de Claire lui revient.
Puis celui de Julien.
Il se souvient des mois de solitude, de la douleur qu'il a infligée à celle qu'il aime et des efforts qu'il a fallu pour reconstruire leur confiance.
Cette fois, il refuse de commettre les mêmes erreurs.
Il prend soin de ne jamais franchir cette frontière invisible qui sépare l'amitié du désir.
Elke semble comprendre ce combat silencieux.
Elle n'insiste jamais.
Leur relation conserve alors toute sa beauté, faite d'une tendresse retenue, d'un profond respect et de cette légère tension qui existe parfois entre deux êtres sans qu'aucun d'eux ne choisisse de la transformer en histoire d'amour.
Juin 1974
Après le tournage, Pierre reste à Marseille quelques jours puis il rejoint la maison de Sanary, où arrivent Olga et Julien.
Après le tournage, Pierre reste à Marseille quelques jours puis il rejoint la maison de Sanary, où arrivent Olga et Julien.
Il faut encore une petite semaine pour que Claire fasse une pause et rejoigne sa famille.
Entre châteaux de sable et glaces.
Pierre profite de son fils et évidemment Baron est toujours présent.
Lorsque Claire arrive, elle retrouve ses deux hommes. C'est le moment du bonheur entre cocktails et salades préparées avec soin par Pierre.
Plusieurs amis viennent aussi leur rendre visite pendant ces instants de décontraction.
Après des vacances bien méritées, il est temps pour chacun de reprendre ses activités.
Claire repart en tournée fin août et « La Nuit des truands » sort en salle début septembre.
Pierre jongle entre les plateaux télé pour la promotion et le nouveau film pour lequel il s'est engagé.
Il s'appelle « Les Démons du passé », il tourne avec un jeune réalisateur qui s'appelle Eddy Leblond.
Au casting, il retrouve Bernard Bourdin et découvre l'acteur italien mythique Marco Manzone.
C'est un film de gangsters mais il ne partage aucune scène avec son ami Bernard.
Il joue le même personnage que son mentor mais trente ans plus tôt.
Les deux hommes, qui ont déjà beaucoup d'affection l'un pour l'autre, passent beaucoup de temps ensemble pour coordonner leurs démarches et certaines mimiques.
Ils veulent donner de la crédibilité au scénario.
Émile vient de temps à autre manger avec eux le soir car il est très ami, et depuis très longtemps, avec Bernard.
Marco fait aussi quelques fois partie de la troupe.
Les repas sont souvent très arrosés, Pierre réalise la chance qu'il a d'accompagner dans leurs discussions ces monuments.
Souvent, ses aînés lui offrent de précieux conseils aussi arrosés que bienveillants.
Entre châteaux de sable et glaces.
Pierre profite de son fils et évidemment Baron est toujours présent.
Lorsque Claire arrive, elle retrouve ses deux hommes. C'est le moment du bonheur entre cocktails et salades préparées avec soin par Pierre.
Plusieurs amis viennent aussi leur rendre visite pendant ces instants de décontraction.
Après des vacances bien méritées, il est temps pour chacun de reprendre ses activités.
Claire repart en tournée fin août et « La Nuit des truands » sort en salle début septembre.
Pierre jongle entre les plateaux télé pour la promotion et le nouveau film pour lequel il s'est engagé.
Il s'appelle « Les Démons du passé », il tourne avec un jeune réalisateur qui s'appelle Eddy Leblond.
Au casting, il retrouve Bernard Bourdin et découvre l'acteur italien mythique Marco Manzone.
C'est un film de gangsters mais il ne partage aucune scène avec son ami Bernard.
Il joue le même personnage que son mentor mais trente ans plus tôt.
Les deux hommes, qui ont déjà beaucoup d'affection l'un pour l'autre, passent beaucoup de temps ensemble pour coordonner leurs démarches et certaines mimiques.
Ils veulent donner de la crédibilité au scénario.
Émile vient de temps à autre manger avec eux le soir car il est très ami, et depuis très longtemps, avec Bernard.
Marco fait aussi quelques fois partie de la troupe.
Les repas sont souvent très arrosés, Pierre réalise la chance qu'il a d'accompagner dans leurs discussions ces monuments.
Souvent, ses aînés lui offrent de précieux conseils aussi arrosés que bienveillants.
Un soir, Bernard Bourdin allume une cigarette et lance :
— Tu sais ce qui fait un bon acteur ?
Pierre hausse les épaules.
— Savoir écouter.
Marco Manzone éclate de rire.
— Non !
— Savoir attendre.
— Les jeunes veulent toujours montrer quelque chose.
— Les vieux savent qu'un silence peut être plus fort qu'un discours.
Émile n'est pas en reste pour conter quelques petites fables improvisées évoquant les femmes, le vin, la poésie et surtout l'importance des copains.
— Tu sais ce qui fait un bon acteur ?
Pierre hausse les épaules.
— Savoir écouter.
Marco Manzone éclate de rire.
— Non !
— Savoir attendre.
— Les jeunes veulent toujours montrer quelque chose.
— Les vieux savent qu'un silence peut être plus fort qu'un discours.
Émile n'est pas en reste pour conter quelques petites fables improvisées évoquant les femmes, le vin, la poésie et surtout l'importance des copains.
Comme prévu, certains soirs, il retrouve Elke pour vendre le film sur les plateaux télé.
La complicité des deux acteurs est évidente.
Ils se retrouvent quelques fois sur les plateaux télé.
Un soir, il propose à celle-ci de la raccompagner chez elle, à Montmartre.
L'actrice accepte et, alors qu'ils sont en bas de chez elle, la jeune femme propose au chanteur de monter boire un verre.
La complicité des deux acteurs est évidente.
Ils se retrouvent quelques fois sur les plateaux télé.
Un soir, il propose à celle-ci de la raccompagner chez elle, à Montmartre.
L'actrice accepte et, alors qu'ils sont en bas de chez elle, la jeune femme propose au chanteur de monter boire un verre.
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