Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les nuits folles de Pierre Dubourg — Chapitre 5
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les nuits folles de Pierre Dubourg
Chapitre 5
Pendant cet appel, Claire lui propose de venir passer quelques jours chez elle, à Sanary-sur-Mer, où elle vient d'acheter une jolie maison sur les hauteurs.
Pierre accepte presque immédiatement.
Puis, le doute s'installe.
Il sait que Claire partage désormais sa vie avec Claude. Et les rapports entre les deux sont très tendus.
L'idée de le retrouver après tous ces mois le met profondément mal à l'aise. Il s'imagine déjà les sourires de circonstance, les poignées de main forcées et les conversations sans intérêt.
Claire le rassure.
— Claude est aux États-Unis. Il suit un groupe pour un reportage photo. Il ne rentrera pas avant plusieurs semaines.
Pierre sent aussitôt la tension retomber.
— Nous ne serons pas nombreux, ajoute-t-elle. Juste un couple d'amis... tu les connais un peu.
Il accepte définitivement.
Un détail le trouble pourtant.
Claire ne prononce pas une seule fois le titre C.A.
Elle ne le félicite pas.
Ne lui pose aucune question.
N'évoque même pas le disque.
Pierre en conclut qu'elle a forcément entendu la chanson. Depuis plusieurs semaines, elle passe en boucle sur toutes les radios du pays.
Mais si Claire a compris que ces deux initiales étaient les siennes, elle garde soigneusement le silence.
Cette idée ne quitte plus Pierre pendant le trajet qui le mène vers le sud.
À son arrivée, la lumière de Sanary-sur-Mer lui fait immédiatement oublier le tumulte parisien.
Claire l'accueille avec un sourire sincère.
Comme si rien n'avait changé.
Le couple d'amis est déjà installé sur la terrasse, un verre de rosé à la main. Pierre les connaît de vue depuis plusieurs années. La soirée s'annonce simple, loin des mondanités parisiennes.
Cette simplicité lui fait un bien fou.
Il sait pourtant que ces quelques jours ne seront qu'une parenthèse.
Ensuite, direction Saint-Tropez.
Larry Bopper et Francky Marshall ont donné rendez-vous à toute l'ancienne bande de la Goutte-d'Or.
Pour la première fois depuis des années, tous ceux qui avaient grandi ensemble dans les rues de leur quartier seront réunis.
Alain un guitariste qui joue dans les plus grands studios de New-York, un banquier revenu des États-unis, quelques amis d'enfance devenus commerçants, d'autres ouvriers restés dans le quartier...
Pendant quelques jours, il n'y aura plus de chanteurs célèbres, ni de stars quelquoncque.
Seulement une bande de copains qui retrouvera, le temps d'un été, l'insouciance de ses seize ans.
Pierre ignore encore que ces vacances marqueront un tournant dans sa vie.
Installés sur la terrasse, à l'ombre des pins parasols, les quatre convives profitent de la douceur de cette fin d'après-midi. La mer scintille au loin et une légère brise fait danser les voilages de la maison.
Pierre retrouve peu à peu le sourire.
Jean et Marie-France se montrent particulièrement attentionnés avec lui. Tous deux semblent impressionnés par la présence du chanteur. Jean, publicitaire dans une grande agence parisienne, l'interroge sur ses projets, ses tournées et les studios londoniens. Marie-France, elle, écoute davantage qu'elle ne parle.
Elle débute au cinéma et au théâtre. Pour l'instant, elle enchaîne les seconds rôles, sans jamais parvenir à décrocher celui qui pourrait véritablement lancer sa carrière.
Pierre les trouve beaux tous les deux.
Jean dégage une élégance naturelle, tandis que Marie-France possède cette beauté lumineuse qui attire immédiatement le regard.
Sans le vouloir, Pierre s'attarde un peu trop souvent sur elle.
Ses longs cheveux châtains, son sourire discret, la finesse de ses gestes... tout chez cette jeune femme réveille chez lui ce vieux démon de la séduction.
Il s'en veut presque aussitôt.
Car chaque fois qu'il croise le regard de Claire, il se rappelle pourquoi il est venu jusqu'ici.
Depuis quelque temps, il est persuadé d'être amoureux d'elle.
Et pourtant, il ne peut s'empêcher de remarquer la beauté des autres femmes.
C'est plus fort que lui.
Comme un réflexe dont il ne parvient pas à se défaire.
Alors, pour chasser cette pensée, il attrape son verre de rosé et se mêle de nouveau à la conversation.
Claire l'observe en silence.
Elle connaît suffisamment Pierre pour savoir lire derrière son sourire.
Et elle se demande parfois si un homme capable d'aimer autant les femmes peut réellement n'en aimer qu'une seule.
Le lendemain matin, Claire entraîne tout le monde au marché de Sanary.
Sous les platanes, les étals débordent de fruits, d'olives, de poissons fraîchement pêchés et d'épices dont les parfums embaument les ruelles.
Très vite, Pierre et Claire sont reconnus.
Un premier commerçant leur demande un autographe, puis une famille s'approche pour les saluer. En quelques minutes, une petite foule se forme autour des deux artistes.
Loin d'être envahissants, les badauds se montrent chaleureux et respectueux. Quelques compliments, quelques poignées de main, des sourires, puis chacun reprend son chemin.
Jean et Marie-France assistent à la scène avec amusement.
— Vous ne pouvez pas faire trois mètres sans qu'on vous arrête, lance Jean en riant.
— On finit par s'y habituer, répond Pierre avec un sourire.
L'après-midi, ils descendent jusqu'à la plage.
Les heures s'écoulent paisiblement entre baignades, parties de cartes et éclats de rire.
Pierre et Claire retrouvent une complicité presque adolescente. Ils se taquinent sans arrêt, s'éclaboussent dans l'eau, se chamaillent pour une serviette ou une place à l'ombre. À plusieurs reprises, leurs éclats de rire attirent les regards des vacanciers.
En les observant, Jean finit par glisser à Marie-France :
— On dirait un vieux couple.
Claire fait mine de ne pas avoir entendu.
Pierre, lui, détourne discrètement les yeux.
En fin d'après-midi, tout le monde regagne la maison.
Vers dix-huit heures, la terrasse retrouve son animation.
Pendant que Jean et Pierre s'occupent du barbecue, Claire improvise une série de cocktails dont elle garde jalousement le secret.
À chaque tournée, les verres semblent un peu plus généreusement servis.
Pierre s'en amuse.
— Tu cherches à nous endormir ?
Claire lui adresse un sourire malicieux.
— Je cherche juste à détendre l'atmosphère.
Les conversations deviennent plus bruyantes, les rires plus francs.
La chaleur, le rosé, les cocktails et la fatigue des derniers mois finissent par faire tomber les barrières.
Jean passe instinctivement un bras autour des épaules de Marie-France.
Elle se blottit contre lui avec naturel, lui caresse distraitement la main puis la cuisse et l'embrasse de temps à autre au milieu d'une conversation.
Leur tendresse est évidente, l'envie qu'ils ont l'un pour l'autre aussi.
Pierre les observe un instant, un sourire aux lèvres.
Puis son regard croise celui de Claire.
Quelques secondes de silence.
Comme si, pour la première fois depuis longtemps, ils étaient seuls au milieu des autres.
Claire baisse les yeux vers son verre avant de le relever lentement.
L'alcool lui donne une audace nouvelle.
Elle se demande combien de temps encore Pierre réussira à dissimuler ce qu'elle lit dans son regard.
Marie-France et Jean se lèvent et souhaitent une belle nuit aux deux chanteurs. Pierre sourit et décroche un clin d'oeil à Jean.
Il comprend bien entendu que la nuit va être coquine pour les deux tourtereaux.
Il continue de discuter plusieurs minutes avec son hôtesse, celle-ci rit de ses bons mots. Du coin de l'œil, il voit la lueur de la lumière dans la chambre des amoureux. Il aimerait pouvoir aller y jeter un oeil mais pour l'instant, il continue sa discussion avec son amie.
Puis Claire lui propose :
_ Tu veux une coupe ?
Il lui répond :
_ Avec plaisir !
Celle-ci se dirige vers la cuisine, sa démarche n'est pas très assurée. L'alcool fait son effet, Pierre sourit. Alors qu'il est seul à table, il se déplace sur la terrasse pour s'approcher de la fenêtre éclairée.
Claire pendant ce temps prépare un sceau à champagne avec de la glace, puis elle y ajoute une bouteille de Dom Pérignon, qu'elle avait remisé au frais. Puis elle découpe un melon en cube, pour accompagner le nectar champenois.
Pierre arrive devant la fenêtre et aperçoit Marie France et Jean en pleine action. Les rideaux ne pas totalement fermés et laisse la possibilité d'observer à l'intérieur.
Marie France est à quatre pattes sur le lit et Jean la prend en levrette. La scène le fait bander. D'autant que rapidement, la jeune femme remarque sa présence et ne semble pas s'en choquer. Alors qu'elle continue de se faire baiser, Marie France regarde le chanteur dans les yeux à travers la fenêtre. Jean lui ne paraît pas faire attention à ce voyeur.
Claire termine sa préparation, puis se passe un peu d'eau fraîche sur le visage. Puis elle embarque son plateau pour rejoindre Pierre sur la terrasse. Lors de son arrivée sur la terrasse, elle s'apprête à parler à son ami. Mais elle le voit présent devant la fenêtre accoudé sur la rambarde, il est omnuibulé par le spectacle et ne remarque pas le retour de Claire.
Il ne faut que quelques secondes à la jolie chanteuse, pour déposer le plateau et s'approcher de Pierre discrètement. Elle voit la scène à l'intérieur de la chambre. Elle trouve la situation excitante. Puis elle pose ses mains sur le corps de l'homme qu'elle convoite depuis tant de temps.
Celui-ci ne semble pas être surpris, comme si il s'y attendait. Sa main glisse rapidement à l'intérieur de son bermuda. Elle agrippe son sexe durci, elle lui glisse quelques baisers dans le cou. Puis en chuchotant, elle lui demande :
_ Ça te plaît de les regarder ?
Sa main commence à s'agiter sur son membre. Elle l'entend émettre quelques soupirs de plaisir, Marie France continue du coin de l'oeil à observer ces voyeurs.
Pour Pierre ce moment est magique, regarder ce couple faire l'amour, tout en sentant les lèvres de Claire caresser sa peau. Son souffle chaud qui s'accélère au même rythme que sa main qui continue de secouer avec énergie sa queue.
Pierre pousse quelques légers gémissements, Claire continue de le branler avec envie. Jusqu'au moment où le chanteur crache sa semence. Les doigts de Claire sont souillé, mais ça ne l'empêche de continuer ses va-et-vient.
Pierre se retourne et embrasse enfin Claire. Ce baiser est langoureux, ce baiser marque le début d'une relation passionnée et destructrice.
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