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✦ Spector Les nuits folles de Pierre Dubourg XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Les nuits folles de Pierre Dubourg — Chapitre 6

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Les nuits folles de Pierre Dubourg

Chapitre 6

1969
L'année 1969 s'ouvre sous les meilleurs auspices.
Après plusieurs mois passés à se tourner autour, Pierre et Claire ne cherchent plus à cacher leur histoire. Les photographes les surprennent régulièrement à la terrasse des cafés de Saint-Germain-des-Prés ou dans les rues de Paris. Les journaux parlent du « couple idéal de la chanson française », et, cette fois, aucun des deux ne cherche à démentir.
Claire a définitivement mis un terme à sa relation avec Claude. La séparation s'est faite sans éclat et le photographe, avec le temps, a accepté l'évidence. L'amitié qu'il portait à Pierre reprend finalement le dessus. Les deux hommes renouent progressivement le contact, jusqu'à retrouver leur complicité d'autrefois.
Artistiquement, les amoureux avancent désormais côte à côte.
Leurs nouveaux albums paraissent à quelques semaines d'intervalle.
Sur les conseils de Pierre, Claire est partie enregistrer à Londres avec plusieurs musiciens anglais. Le résultat surprend son public : les orchestrations sont plus pop, plus lumineuses, sans rien enlever à la délicatesse de son univers.
Pierre lui écrit plusieurs mélodies, tandis que Christophe Kolarov compose notamment Le Temps des cerisiers bleus, Les Matins de cristal et J'effacerai l'hiver. Claire signe, comme toujours, l'ensemble des paroles, confirmant son immense talent d'autrice.
Quelques semaines plus tard paraît le nouvel album de Pierre.
Son titre fait immédiatement parler de lui :
Tête à queue !
Les ligues de vertu s'indignent avant même sa sortie. Pierre jubile.
Pourtant, derrière cette provocation se cache son disque le plus personnel.
Il revient enregistrer à Paris et délaisse les grosses guitares anglaises pour retrouver un univers plus acoustique, où les guitares sèches, le piano et les cordes occupent une place centrale.
Toutes les musiques sont composées par Christophe Kolarov.
Pierre signe presque tous les textes.
L'album comprend notamment :
C.A., son immense succès.
Les Dimanches en velours, une ballade mélancolique.
Les Mains dans les poches, chronique douce-amère d'un homme qui regarde sa jeunesse s'éloigner.
L'Horloger du quartier, portrait tendre d'un vieil artisan parisien.
Les Amours silencieuses, une chanson intimiste portée par une guitare acoustique.
La Chambre aux volets bleus, inspirée des quelques jours passés chez Claire à Sanary.
Tête à queue !, morceau ironique et espiègle qui donne son nom à l'album.
Le disque réserve également plusieurs invités.
Pierre partage avec Claire un duo sensuel intitulé À demi-mots, où leurs deux voix semblent se chercher avant de se rejoindre.
Puis Larry Bopper et Francky Marshall viennent poser leurs voix sur Les Gamins de la Goutte-d'Or, une chanson pleine de nostalgie qui raconte leurs années d'adolescence dans les rues de leur quartier.
Enfin, Pierre tient à rendre hommage à Marcel Delmas.
Avec Serge Parmentier, il enregistre une nouvelle version du Balayeur de Belleville, plus rythmée, plus moderne, presque rock.
Ce morceau avait, quelques années plus tôt, relancé la carrière de Serge Parmentier à une période où le public semblait l'avoir oublié. Pierre n'a jamais oublié ce que cette chanson représentait pour lui et son aîné. Cette nouvelle version est donc autant un hommage à Marcel qu'un clin d'œil à celui qui en avait fait un immense succès.
À ceux qui lui demandent pourquoi il a choisi de reprendre cette chanson, Pierre répond simplement :
— Sans Marcel, je ne serais peut-être jamais monté sur scène, et tout a démarré grâce à cette chanson !
Après la sortie de Tête à queue !, Pierre prend tout le monde à contre-pied.
Plutôt que d'entreprendre une longue tournée à travers la France, il choisit de ne donner que quelques représentations à l'Olympia. Une série de concerts plus intimistes, pensée comme une rencontre privilégiée avec son public. Chaque soir, Christophe Kolarov l'accompagne au piano sur plusieurs morceaux, notamment C.A., devenu le moment le plus attendu du spectacle. Les invités de l'album viennent tous le rejoindre sur scène pour la dernière.
Pour la première fois depuis longtemps, Pierre semble moins préoccupé par les records de ventes que par le plaisir de jouer.
L'année 1969 est d'ailleurs l'une des moins chargées de sa carrière musicale.
En revanche, le cinéma prend une place de plus en plus importante dans sa vie.
Il tourne tout d'abord Le Patron, un polar mis en scène par le grand réalisateur Jean-Claude Rouland, véritable maître du cinéma populaire français.
Il y partage l'affiche avec Bernard Bourdin, immense vedette des années d'avant et d'après-guerre. Ancien résistant décoré, Bourdin possède une réputation aussi solide que son caractère est exécrable. Bourru, autoritaire, têtu jusqu'à l'absurde, il ne supporte guère qu'on le contredise. Mais son talent est tel que personne n'ose réellement lui tenir tête.
Personne... sauf Pierre Dubourg.
À la surprise générale, les deux hommes se prennent immédiatement d'affection l'un pour l'autre.
Ils partagent le même humour insolent, le même goût pour la provocation et, surtout, une solide descente.
Entre deux prises, les bouteilles de whisky circulent plus vite que les feuilles de service. Bernard et Pierre passent leur temps à improviser, réécrire les dialogues et inventer de nouvelles scènes sans prévenir personne.
Jean-Claude Rouland entre régulièrement dans des colères mémorables.
— Ce n'est pas la scène que j'ai écrite !
— Peut-être... répond Bernard en haussant les épaules. Mais elle est meilleure.
Pierre éclate de rire tandis que le réalisateur menace d'interrompre le tournage.
Au fond, Rouland sait qu'il tient deux acteurs exceptionnels.
Il ravale donc sa fierté, réécrit parfois ses plans et poursuit l'aventure.
À la sortie, Le Patron est un immense succès populaire.
Le public acclame le duo inattendu formé par Bourdin et Dubourg, et le film rejoint rapidement la liste des grands succès de Jean-Claude Rouland.
Quelques mois plus tard, Pierre change complètement de registre.
Il accepte le rôle principal d'En plein ciel, un drame romantique réalisé par Xavier Gould, jeune cinéaste prometteur de la Nouvelle Vague.
Le tournage se passe à Rome et c'est une toute autre expérience.
Gould est un perfectionniste obsessionnel. Il multiplie les prises, recherche sans cesse une émotion plus juste, un regard plus vrai, un silence plus long.
Pierre, habitué à l'efficacité des tournages populaires, s'impatiente rapidement.
Les journées lui semblent interminables.
Sa partenaire, la jeune actrice italienne Giovanna Visconti, est d'une beauté renversante. Les photographes se l'arrachent déjà.
Pierre la trouve magnifique.
Mais aussi insupportable.
Elle doute de tout, remet chaque scène en question et passe des heures à discuter avec le réalisateur de la psychologie de son personnage.
— On pourrait aussi... jouer la scène, non ? finit-il par lancer un jour, mi-amusé, mi-agacé.
L'ambiance se tend.
Le film est difficile à terminer.
À sa sortie, En plein ciel ne rencontre qu'un succès d'estime et attire peu de spectateurs.
En revanche, la critique est unanime.
Elle salue le talent de Xavier Gould et souligne la performance étonnamment sobre de Pierre Dubourg, qui prouve une nouvelle fois qu'il n'est pas seulement un chanteur populaire, mais un véritable acteur.
La relation avec Claire transforme Pierre plus profondément qu'il ne l'aurait lui-même imaginé.
Ses amis sont les premiers à le remarquer.
Il continue de fréquenter les brasseries de Saint-Germain-des-Prés, de passer des soirées avec Larry, Francky ou Christophe, mais quelque chose a changé.
Il ne ferme plus les établissements au petit matin.
Il boit avec davantage de mesure.
Il rentre plus tôt.
Les nuits de débauche qui faisaient sa réputation deviennent de plus en plus rares.
Et surtout, chose que personne n'aurait cru possible quelques années plus tôt, Pierre reste fidèle.
L'ancien séducteur compulsif semble enfin avoir trouvé une femme devant laquelle toutes les autres s'effacent.
Ses amis ne manquent pas de le taquiner.
— Alors, Dubourg... tu serais devenu raisonnable ?
Pierre éclate de rire.
— Non... simplement amoureux.
Personne ne l'avait jamais entendu prononcer ces mots avec autant de sincérité.
De son côté, Claire vit un véritable conte de fées.
Pendant des années, Pierre Dubourg lui avait semblé inaccessible. Une vedette entourée de femmes, d'excès et de scandales.
Aujourd'hui, c'est elle qui partage sa vie.
Elle découvre un homme infiniment plus tendre que celui décrit par les journaux. Derrière le provocateur se cache quelqu'un d'attentif, drôle et étonnamment pudique lorsqu'il s'agit de parler de ses sentiments.
Au printemps, lors d'un séjour à Londres consacré à l'enregistrement de quelques chansons, Claire fait une rencontre inattendue.
Peter Barton, le charismatique chanteur des The King of Universe, lui est présenté après un concert.
L'homme est au sommet de sa gloire.
Son sourire fait chavirer des milliers de jeunes femmes à travers le monde.
Au cours de la soirée, il ne cache pas son intérêt pour la chanteuse française et lui propose de prolonger la nuit dans un club privé.
Claire le remercie avec un sourire.
— C'est très flatteur... mais quelqu'un m'attend à Paris.
Peter insiste avec élégance.
Elle décline une seconde fois.
En quittant le restaurant, elle éprouve une étrange satisfaction.
Quelques mois plus tôt, elle aurait peut-être été troublée par tant d'attention.
Cette fois, elle ne pense qu'à Pierre.
L'été venu, ils s'offrent quelques semaines de bonheur en Sardaigne.
Loin des studios, des photographes et des tournages, ils redécouvrent le plaisir d'une vie simple.
Les journées s'écoulent entre les baignades dans une eau translucide, les longues promenades sur les chemins côtiers, les repas improvisés face à la mer et les siestes à l'ombre des oliviers.
Le soir, ils s'isolent sur la terrasse de leur villa pour regarder le soleil disparaître derrière l'horizon.
Ils savourent cette intimité retrouvée et se montrent plus amoureux que jamais, profitant de chaque instant loin du tumulte de leurs vies parisiennes.
Claire emporte toujours avec elle un carnet relié de cuir.
Au fil des jours, elle y couche les textes de son prochain album.
Des chansons d'amour, lumineuses et passionnées.
Toutes inspirées par le même homme.
Pierre.
Pour la première fois depuis longtemps, chacun d'eux a le sentiment d'avoir trouvé sa place.
Ils ignorent encore que ce bonheur paisible ne durera pas éternellement.
1970
Cette nouvelle année s'annonce autrement plus intense.
Pierre n'a aucune intention de se reposer sur le succès de Tête à queue !.
À peine les fêtes terminées, il remplit déjà des carnets de notes, accumule les idées et multiplie les rendez-vous avec sa maison de disques. Il sait qu'un nouvel album verra le jour avant la fin de l'année. Reste à savoir lequel.
Depuis plusieurs semaines, une idée l'obsède.
Partir enregistrer aux États-Unis.
Pas à New York.
Pas à Los Angeles.
Mais à La Nouvelle-Orléans, ville de brassage musical où se mêlent le jazz, le blues, le rhythm and blues et les premières influences de la soul.
Pierre est fasciné par cette musique organique, chaude, presque animale. Il imagine déjà des cuivres puissants, des chœurs gospel, des guitares plus rugueuses et une rythmique profondément américaine.
Pourtant, ce n'est pas la musique qui le fait le plus douter.
C'est l'écriture.
Depuis bientôt dix ans, Pierre Dubourg chante presque exclusivement ses propres textes.
Ils lui ressemblent.
Ils portent son humour, son insolence et ses blessures.
Mais quelque chose a changé.
En enregistrant les mélodies de Christophe sur Tête à queue !, il a découvert un plaisir inattendu : celui d'interpréter la sensibilité d'un autre.
Il ne ressent plus le besoin d'avoir le dernier mot sur tout.
Pour la première fois de sa carrière, il envisage un album dont il ne signerait pas une seule ligne.
L'idée amuse autant qu'elle effraie son entourage.
— Tu es sûr de toi ? lui demande Marcel Delmas... (il s'arrête un instant dans sa pensée, avant de sourire tristement ; il lui arrive encore d'imaginer les conseils de son ancien mentor.)
À la maison de disques, certains pensent qu'il commet une erreur.
Le public achète autant les mots de Pierre que sa voix.
Lui y voit un défi.
— Un interprète n'est pas obligé d'être l'auteur de ses chansons.
Les premiers textes arrivent rapidement.
Christophe Kolarov, trop absorbé par son propre album, ne pourra finalement composer que quelques conseils à distance. Il préfère se consacrer entièrement à son nouveau projet et décline, avec regret, la proposition de Pierre.
Claire est la première à répondre présente.
Elle lui confie deux textes, profondément différents de ce qu'elle écrit pour elle-même.
Plus directs.
Plus masculins.
Plus ironiques.
Larry Bopper et Francky Marshall acceptent eux aussi de participer à l'aventure, chacun offrant une chanson à leur ami d'enfance.
Pierre les lit avec gourmandise.
Il retrouve un peu de chacun d'eux dans leurs mots.
Mais quatre chansons ne suffisent pas.
Il lui faut désormais partir à la rencontre d'autres auteurs.
Des poètes.
Des romanciers.
Des inconnus.
Des jeunes plumes.
Des artistes capables de lui faire dire des choses qu'il n'aurait jamais écrites lui-même.
Pour la première fois depuis ses débuts, Pierre Dubourg ne cherche plus à imposer sa voix d'auteur.
Il cherche à devenir le plus grand interprète de sa génération.
Puis, un nom lui revient en mémoire.
Jacques Welstein.
Ils s'étaient rencontrés quelques mois plus tôt sur le tournage du Patron.
Jacques n'était pas acteur. Il était venu rendre visite à son vieil ami Bernard Bourdin, avec lequel il entretenait une solide complicité depuis des années.
Le courant était immédiatement passé entre les deux hommes.
À première vue pourtant, tout les opposait.
Jacques était un homme d'une quarantaine d'années, petit, trapu, les cheveux déjà clairsemés et le visage marqué par une vie passée derrière une machine à écrire plutôt que sous les projecteurs.
Il n'avait rien du séducteur.
En revanche, il possédait une intelligence mordante et une répartie capable de désarçonner n'importe qui.
Ses romans, régulièrement salués par la critique, étaient de féroces satires de la société française. Il y égratignait les bourgeois, les politiques, les vedettes et, plus généralement, toutes les formes de bêtise humaine.
Son humour, aussi noir que brillant, avait immédiatement séduit Pierre.
Les deux hommes avaient passé plusieurs soirées à discuter de littérature, de musique et de cinéma, souvent sous l'œil amusé de Bernard Bourdin, qui riait de les voir refaire le monde jusqu'au milieu de la nuit.
Ils s'étaient ensuite revus par hasard sur le plateau d'une émission de télévision.
Quelques verres avaient prolongé l'enregistrement.
Puis chacun était reparti de son côté.
Pierre décroche alors son téléphone.
Il compose le numéro de Jacques.
Au bout de quelques sonneries, une voix grave répond.
— Allô ?
— Jacques ? C'est Pierre Dubourg.
Un silence.
Puis un rire chaleureux.
— Tiens donc... Le chanteur qui boit mon whisky !
— Et l'écrivain qui remplit mes cendriers.
Les deux hommes éclatent de rire.
Pierre entre rapidement dans le vif du sujet.
— J'ai besoin de toi.
— Pourquoi faire ?
— J'aimerais que tu m'écrives des chansons.
Nouveau silence.
Cette fois, beaucoup plus long.
— Tu es sérieux ?
— Plus que jamais.
— Je n'ai jamais écrit une seule chanson de ma vie.
Pierre sourit.
— Justement... c'est pour ça que je t'appelle.
Jacques éclate de rire.
— Tu es complètement fou...
— Possible... mais ça ne répond pas à ma question.
L'écrivain laisse passer quelques secondes.
— D'accord... viens dîner à la maison. On en parlera.
En raccrochant, Pierre a le sentiment de tenir la première pièce d'un puzzle qu'il ne fait que commencer à assembler.
Alors que Pierre prépare son prochain voyage aux États-Unis, Claire s'est définitivement installée chez lui, dans son appartement de Saint-Germain-des-Prés. La cohabitation se passe à merveille. Chacun respecte l'univers de l'autre, partage ses journées entre travail et moments de complicité.
Un soir, en rentrant chez lui, Pierre entend des éclats de rire avant même d'ouvrir la porte.
Dans le séjour, Claire est installée sur le canapé avec Marie-France.
Une bouteille de vin presque vide trône sur la table basse, accompagnée de deux verres déjà bien entamés.
Marie-France traverse une période mouvementée. Depuis sa séparation avec Jean quelques mois plus tôt, elle se consacre entièrement à sa carrière. Les propositions commencent enfin à arriver et, ironie du sort, c'est aux côtés de Pierre qu'elle a obtenu son premier rôle remarqué au cinéma.
Dans Le Patron, elle incarnait la fille du personnage joué par Bernard Bourdin.
Depuis le tournage, une véritable amitié est née entre eux.
Pierre embrasse tendrement Claire avant de saluer Marie-France.
— Je dérange ?
— Absolument pas, répond cette dernière en levant son verre. Au contraire, on parlait de toi.
— Ça m'inquiète...
Les trois éclatent de rire.
Claire se lève pour l'embrasser une seconde fois avant de lui servir un verre.
Pierre remarque immédiatement leurs joues légèrement rosies et leurs regards plus brillants qu'à l'ordinaire.
Les deux jeunes femmes ont manifestement pris un peu d'avance sur lui.
Au fil de la soirée, les conversations deviennent plus libres.
On évoque le cinéma, les tournages, les acteurs, les journalistes, les amours qui naissent et ceux qui s'effondrent.
Marie-France rit beaucoup.
Son rire est franc, communicatif.
Pierre ne peut s'empêcher de la trouver toujours aussi séduisante.
Ses longues jambes croisées dans le fauteuil, son port de tête élégant, sa manière de remettre une mèche de cheveux derrière son oreille... tout chez elle continue de l'attirer.
Claire le remarque immédiatement.
Depuis longtemps, elle connaît ce regard.
Elle sait reconnaître la différence entre le désir et l'amour.
Pierre regarde Marie-France comme il regarderait une très belle femme dans la rue.
Avec envie.
Avec curiosité.
Mais sans la moindre profondeur.
Il n'y a derrière cette attirance ni projet, ni sentiment, ni la moindre envie de mettre leur histoire en danger.
Claire en est parfaitement consciente.
Cela l'amuse presque davantage que cela ne l'agace.
Alors, profitant de l'ambiance légère et des quelques verres déjà bus, elle lance malicieusement :
— Tu sais, Marie-France... je crois que Pierre t'a toujours trouvée très jolie.
Pierre manque de s'étouffer avec son verre.
Marie-France éclate de rire.
— Ah bon ? Pourtant il a toujours été très sage avec moi !
Puis avec un sourire faussement ingénu, elle continue :
_ À part peut être une fois !
Claire rit et s'entruche légèrement avec son verre de vin, puis après avoir repris sa respiration elle ajoute :
_ C'est vrai chéri, nous en parlions avant que tu n'arrives. Tu te rappelles de la chambre aux volets bleus ?
Pierre sait parfaitement ou elles veulent en venir, ils les sent très coquines ce soir. Il n'a pas envie de passer à côté d'une telle occasion. Il répond à sa compagne :
_ Ma mémoire doit me jouer des tours, j'ai quelques vagues souvenirs mais rappelez-moi un peu cette petite soirée.
Les deux femmes échangent un regard complice.
Puis, sans quitter Pierre des yeux, elle s'approche lentement de son amie. Claire sourit à son homme pour le défier, puis après avoir posé sa main sur le sein de Marie-France. Elle dépose un baiser langoureux sur les lèvres de son amie.
La comédienne ne reste pas passive et lui rend son baiser tout en lui glissant une main dans les cheveux.
L'atmosphère a totalement changé.
Le verre suspendu entre ses doigts, il observe la scène avec un mélange de surprise, de fascination et d'amusement. dit long
Claire retire une bretelle de sa robe pour laisser apparaître un sein de son amie. Puis elle redemande à Pierre :
_ Tu es sûr que tu ne te rappelles plus, lorsque tu regardais Marie se faire prendre en levrette ?
Il sourit, puis rétorque avec un clin d'oeil :
_ Ça me dit vaguement quelque chose, c'est vrai !
Claire vient maintenant faire danser sa langue sur le téton découvert de l'actrice, Marie France retire son autre bretelle pour donner libre accès à sa poitrine. Puis avec son doigt elle fait signe à Pierre de les rejoindre.
Le chanteur ne se fait pas attendre et rejoint les deux femmes, il attrape d'abord d'une main ferme le sein libre de leur amie. Puis il lui gobe le téton à son tour,
Claire regarde son homme avec gourmandise, et lui propose :
_ Est-ce que tu veux qu'on la baise ensemble ?
Pierre lui répond avec un naturel désarmant :
_ Bien sûr ma chérie !
Le couple entreprend la jeune femme, Pierre lui enlève sa robe et sa culotte et commence à lui lécher son minou. Pendant ce temps, Claire continue d'alterner les tendres baisers avec le malaxage de sa poitrine.
Marie France est aux anges et se laisse aller sous les caresses manuelles et buccales de ses deux amants du soir.
Pierre sait être tendre, doux et romantique. Mais il sait aussi faire preuve de virilité et de vigueur. Et c'est cette alternance qu'il tenir aux femmes ce soir là.
Il doigte Marie France et Claire se déshabille à son tour. Trois doigts entrent en elle pendant que sa langue vient tapisser de salive, le clitoris de l'actrice.
Une fois son effeuillage terminé, Claire revient aux affaires en chevauchant le visage de son amie. Marie France lui mange littéralement la chatte avec un plaisir non dissimulé.
Le chanteur a sorti son sexe durci et commence à l'agiter de son autre main. Puis rapidement, il enfonce son pieux dans le cratère d'amour de la jeune femme.
Celle-ci bouillonne, elle est en trans, elle mange le sexe de son amie chanteuse avec un appétit inédit.
Pierre vient lui enfoncer son gourdin sans préavis. Marie France se raidit et ne peut s'empêcher d'émettre un gloussement de bonheur. Claire de son côté continue de lui agripper et ses gros seins, distribuant au passage quelques légères claques. 
La séance va durer un bon moment, les deux amoureux s'associent pour donner du plaisir à leur amie. Marie-France prend son pied lors de cette séance, Pierre de son côté comble son besoin de sexe et Claire accepte de partager son homme pour pouvoir mieux le garder 
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