Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les nuits folles de Pierre Dubourg — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les nuits folles de Pierre Dubourg
Chapitre 1
1943.
Pierre Dubourg voit le jour, dans le quartier Latin, à Paris. La ville vit au rythme de l'Occupation, mais les préoccupations de ses parents sont ailleurs.
Son père, Léon Dubourg, n'est ni résistant ni collaborateur. Il préfère les lumières tamisées des cabarets aux discours politiques. Pianiste et chanteur occasionnel, il gagne modestement sa vie en accompagnant des artistes dans les nuits parisiennes. Taquin, charmeur et toujours prompt à raconter une histoire, il possède cette élégance légère des hommes qui refusent de se laisser abattre.
Sa mère, Olga, est une immigrée russe arrivée en France avant la guerre. Femme au foyer au tempérament de feu, elle est l'exact opposé de son mari. Là où Léon improvise, elle exige la discipline. Pianiste de formation classique, elle initie très tôt son fils au clavier. Les leçons sont le seul moment où sa douceur disparaît : chaque fausse note est reprise, chaque approximation corrigée. Pierre s'y plie sans protester, conscient que derrière cette rigueur se cache un immense amour.
Fils unique, il grandit entouré d'affection. C'est un enfant discret, observateur, doté d'un esprit vif et d'une répartie qui surprend les adultes. Il préfère écouter avant de parler, mais lorsqu'il ouvre la bouche, c'est souvent pour faire rire toute la pièce.
1954
Lorsque Pierre a onze ans, les difficultés financières obligent la famille à quitter le quartier Latin. Les Dubourg s'installent à la Goutte-d'Or, un quartier populaire où les rues débordent de vie.
Pour le jeune garçon, c'est un bouleversement. Très vite pourtant, il se fait une bande de copains avec lesquels il passe ses journées dehors. Ils traînent sur les trottoirs, jouent au football entre deux voitures, chapardent quelques pommes chez l'épicier et rêvent déjà de devenir adultes.
Parmi eux se trouvent Christian Caron et Jean-Pierre Parsan. Des années plus tard, toute la France les connaîtra sous les noms de Francky Marshall et Larry Bopper. Mais à cette époque, ils ne sont que trois gamins inséparables qui s'inventent un avenir plus grand que leur quartier.
En grandissant, les bêtises prennent une autre ampleur. Les garçons fréquentent des bandes un peu plus âgées, traînent du côté de Pigalle, reviennent parfois avec quelques ecchymoses et des histoires qu'ils préfèrent ne pas raconter à leurs parents. Pierre participe volontiers aux mauvais coups, mais il garde toujours une limite qu'il refuse de franchir. Il n'aime ni la violence gratuite ni la méchanceté.
À quinze ans, un autre problème occupe bien davantage son esprit : son physique. Il se trouve laid. Une forte myopie l'oblige à porter d'épaisses lunettes, son visage est couvert d'acné et sa coupe de cheveux, souvent très courte, ne l'avantage guère. Il regarde ses camarades attirer les filles tandis que lui passe presque inaperçu.
C'est à cette époque qu'il découvre la guitare. Comme Christian et Jean-Pierre, il s'y met presque par jeu. Mais très vite, quelque chose se révèle. Là où ses amis apprennent quelques accords, Pierre développe une véritable sensibilité musicale. Les heures passées enfant devant le piano de sa mère lui donnent une longueur d'avance. Pour la première fois, il comprend qu'il existe un domaine où l'apparence compte moins que le talent.
1960
À dix-sept ans, Pierre Dubourg partage son temps entre les Beaux-Arts et le Golf-Drouot, le temple du rock naissant à Paris.
Ses deux amis, Christian Caron et Jean-Pierre Parsan, qui se font désormais appeler Francky Marshall et Larry Bopper, commencent à attirer l'attention du public. Pierre les accompagne régulièrement. Tantôt à la guitare, tantôt au piano selon les besoins, il participe aux répétitions, aux concerts et découvre peu à peu les coulisses du métier.
Il aime cette vie, sans toutefois s'y projeter vraiment.
À la demande insistante de sa mère, il poursuit ses études à l'École des Beaux-Arts. Son coup de crayon est reconnu par ses professeurs, mais il s'y ennuie. Chaque matin passé devant un chevalet lui donne le sentiment de perdre un temps précieux. Ce qui le passionne vraiment, ce sont les mélodies qui lui viennent sans prévenir et les textes qu'il griffonne au dos de ses carnets.
Les mois passent ainsi, entre les salles de concert enfumées et les ateliers de dessin.
Puis la chance frappe à la porte.
Larry Bopper décroche un premier contrat avec une maison de disques. Pierre est invité à participer à l'enregistrement en tant que guitariste. Pendant une pause, pour tuer le temps, il sort un cahier froissé et commence à fredonner une chanson qu'il vient d'écrire.
Elle s'intitule Le Balayeur de Belleville.
Larry reprend le refrain en riant. Les deux amis chantent sans y penser lorsqu'une voix grave les interrompt.
— Qui a écrit ça ?
À la porte du studio se tient Marcel Delmas, le directeur artistique de la maison de disques. C'est un homme réputé pour son flair autant que pour son caractère autoritaire.
Pierre, intimidé, lève timidement la main.
Marcel ne dit rien pendant quelques secondes.
— Ne perds jamais cette chanson.
Quelques semaines plus tard, il la fait écouter à Serge Parmentier, l'une des grandes vedettes de la chanson française. Le chanteur accepte immédiatement de l'enregistrer.
Le succès dépasse toutes les espérances.
En quelques mois, Le Balayeur de Belleville devient un tube. Pierre touche ses premiers droits d'auteur. Sans être riche, il gagne enfin suffisamment d'argent pour quitter les Beaux-Arts et vivre de sa plume. Surtout, son nom commence à circuler dans les maisons de disques. On lui commande des textes, des mélodies, parfois des chansons entières. À seulement dix-huit ans, il devient un jeune auteur-compositeur que les professionnels s'arrachent discrètement.
Un matin, Marcel Delmas le convoque dans son bureau.
— J'ai quelqu'un à te présenter.
Dans la pièce attend une jeune chanteuse de dix-neuf ans.
Claire Auban.
La maison de disques mise beaucoup sur elle. Elle possède une voix lumineuse et une présence qui captive immédiatement. Plusieurs auteurs lui ont déjà écrit des textes, mais il lui manque encore des mélodies capables de la distinguer.
Lorsque Pierre lui serre la main, le temps semble s'arrêter.
Il tombe instantanément sous son charme.
Claire, elle, ne lui accorde guère plus qu'un sourire poli. Elle écoute les maquettes que Pierre lui joue au piano, en sélectionne trois avec professionnalisme, remercie Marcel puis quitte le bureau au bras de son impresario, sans même se retourner.
Pierre reste seul devant le clavier.
1965
Les cinq années qui viennent de s'écouler ont fait de Pierre Dubourg l'un des jeunes auteurs-compositeurs les plus recherchés de Paris.
Après avoir effectué ses obligations militaires, il a retrouvé la maison de disques de Marcel Delmas, qui lui a confié un poste de directeur artistique. À vingt-deux ans à peine, Pierre choisit des chansons, conseille les jeunes artistes et continue d'écrire pour les vedettes du moment. Lorsqu'il en a l'occasion, il retrouve aussi Larry Bopper et Francky Marshall en studio, guitare à la main, comme au temps du Golf-Drouot.
Le garçon timide de la Goutte-d'Or n'existe plus.
Les épaisses lunettes ont laissé place à des lentilles de contact. Les costumes italiens soulignent une silhouette devenue élégante, tandis que ses cheveux, désormais plus longs, lui donnent une allure de dandy. Son humour et sa répartie font le reste. Les femmes commencent à le remarquer et Pierre profite pleinement de cette nouvelle attention. Les aventures se succèdent, nombreuses, sans jamais laisser de véritable trace dans son cœur.
Une seule femme lui revient parfois en mémoire.
Claire Auban.
Ils ne se sont presque pas revus depuis leur première rencontre.
Un après-midi, Marcel Delmas reçoit dans son bureau Anatole, le chanteur dont tout le monde parle. Ses chansons engagées envahissent les ondes et les journaux. Il aime provoquer et n'hésite pas à égratigner ses confrères. Dans ses derniers succès, il s'est même amusé à ridiculiser Larry Bopper et Francky Marshall, qu'il considère comme les symboles d'une chanson trop légère.
Pierre trouve ces attaques mesquines, mais il connaît les règles du métier. Les polémiques font vendre des disques.
Anatole arrive accompagné de son manager et d'une jeune femme d'une grande élégance. Marcel souhaite évoquer une éventuelle collaboration, tandis que Pierre a préparé plusieurs maquettes susceptibles de lui convenir.
La réunion tourne court.
Anatole parle fort, coupe la parole, traite les propositions avec condescendance et finit par manquer ouvertement de respect à Marcel. Pierre observe surtout la jeune femme qui accompagne le chanteur. Elle baisse les yeux à chacune de ses sorties, manifestement embarrassée.
Lorsque Marcel perd patience et met fin à l'entretien, Anatole quitte le bureau sans saluer.
Avant que la porte ne se referme, Pierre échange avec la jeune femme un sourire discret, presque complice. Elle lui répond timidement avant de disparaître dans le couloir.
Le silence retombe.
Marcel allume une cigarette avec nervosité.
— Quel prétentieux...
Pierre laisse passer quelques secondes.
Puis un sourire se dessine sur son visage.
— On n'a qu'à fabriquer son contraire.
Marcel le regarde sans comprendre.
— Lui, il veut expliquer la vie. Nous, on va faire chanter la vie.
Le directeur artistique écrase sa cigarette.
— Et tu vois qui ?
Pierre hésite un instant.
Puis il répond avec un calme désarmant.
— Moi.
Deux mois plus tard, Pierre Dubourg termine l'enregistrement de son premier album.
On y retrouve Le Prince des terrasses, Paris ne dort jamais, Les Filles du boulevard, Velours caramel et surtout Moi d'abord.
L'album respire les nuits parisiennes, les femmes, les cafés, les amours sans lendemain et cette insouciance qui semble définir toute une génération.
Mais c'est Moi d'abord qui attire immédiatement l'attention.
Sans jamais citer Anatole, Pierre répond point par point à ses chansons engagées. Là où son rival disserte sur la société, Pierre oppose l'ironie.
« Vous voulez refaire le monde ? Très bien... moi, je vais déjà essayer de réussir ma soirée. »
Le ton est insolent, drôle, léger.
Le public adore.
Les radios diffusent le morceau en boucle. Les ventes s'envolent. Les journalistes parlent d'un « antidote à la chanson moralisatrice ». En quelques semaines, Pierre Dubourg devient la nouvelle coqueluche de la chanson française.
Contrairement à Larry Bopper ou Francky Marshall, il conserve son véritable nom. Marcel Delmas a bien tenté de lui trouver un pseudonyme, mais Pierre s'y est toujours refusé.
— Si je me plante, au moins ce sera sous mon vrai nom.
Le succès de Moi d'abord est un camouflet pour Anatole.
Quelques semaines plus tard, les deux hommes se retrouvent par hasard dans une boîte de nuit très en vue des Champs-Élysées.
Pierre sait parfaitement que son rival y a ses habitudes.
Lorsqu'il l'aperçoit, il s'approche avec un sourire désarmant.
— Alors Anatole... toujours décidé à sauver le monde ?
Le chanteur lui répond par une pique sur ses chansons « pour danseuses de cabaret ».
Les verres se figent quelques secondes autour d'eux.
Les voix montent.
Les deux hommes échangent quelques insultes avant que leurs entourages respectifs ne s'interposent. La soirée reprend comme si rien ne s'était passé.
Au moment de quitter les lieux, Pierre croise le regard de la jeune femme qui accompagne Anatole.
C'est la même qu'il avait remarquée quelques mois plus tôt dans le bureau de Marcel Delmas.
Il lui glisse discrètement sa carte de visite.
— Si un jour vous voulez faire autre chose que de soignez ses colères... appelez-moi.
Elle hésite.
Puis glisse la carte dans son sac avant de rejoindre Anatole.
Pierre s'éloigne avec un sourire.
Il sait déjà que ce geste ne lui fera peut-être pas gagner une artiste...mais un ennemi pour la vie.
Le lendemain matin, Pierre reçoit un appel.
— Bonjour... c'est Sylvie.
Il reconnaît immédiatement la voix de la jeune femme rencontrée quelques semaines plus tôt aux côtés d'Anatole.
Ils déjeunent ensemble le jour même.
Le courant passe instantanément. Sylvie est drôle, vive, beaucoup plus libre qu'elle n'en donnait l'impression. Le dîner se prolonge jusque tard dans la nuit et ils terminent dans une chambre d'hôtel près de l'Opéra.
Pierre découvre une femme affranchie, qui n'a rien de la compagne discrète qu'elle semblait être auprès d'Anatole. Leur liaison débute sous le signe de la passion, avec une intensité qui amuse autant Pierre qu'elle le surprend.
Sylvie fait preuve de beaucoup de lubricité, elle n'hésite pas à en demander plus. Pierre lui donne ce qu'elle veut et enchaîne les coups de reins. Plus il s'agite, plus elle en redemande. Le chanteur ne lésine pas sur les efforts et continue de la prendre comme elle le veut. Sylvie finit par lui demander :
_ Prends-moi par les fesses, si il te plaît ! Vas-y encule moi !
Pierre la bourre à sa convenance, il se sent tellement dur. Il enchaîne avec une virilité sans faille. Elle gémit puis hurle de plaisir, elle semble se transformer.
Pierre lui lâche aussi quelques grossièretés bien senties. Ce qui ne fait qu'accroître le plaisir de sa conquête. Il finit par venir jouir sur son anus dans un grognement animal.
Il lui donne ensuite quelques instants de douceur avant de se séparer d'elle.
Mais il ne mélange jamais totalement les sentiments et le travail.
Convaincu que Sylvie possède une vraie personnalité, il lui fait enregistrer plusieurs chansons, dont Les Glaces au gingembre, un titre aux paroles pleines de sous-entendus qui fait sourire les techniciens du studio.
Marcel Delmas apprécie immédiatement le morceau mais décide de patienter avant sa sortie.
— Tant qu'elle est encore la compagne d'Anatole, on ne fait rien. Le scandale est une chose, le bon timing en est une autre.
Quelques semaines plus tard, Sylvie quitte définitivement le chanteur engagé.
La maison de disques organise alors une grande réception afin de présenter officiellement sa nouvelle recrue.
Tous les artistes du label sont présents.
Larry Bopper et Francky Marshall ouvrent le bal des plaisanteries, tandis que journalistes et photographes se pressent autour de la jeune chanteuse.
Au milieu de la soirée, Pierre aperçoit Claire Auban.
Cela fait plusieurs années qu'ils ne se sont pas réellement parlé.
Ils échangent quelques mots, quelques sourires.
Claire le félicite pour le succès de Moi d'abord.
Pierre, lui, cherche maladroitement à prolonger la conversation.
Mais elle s'éclipse rapidement.
Les mondanités ne l'ont jamais attirée. Elle préfère de loin une terrasse de café, quelques amis et une discussion tranquille aux soirées où chacun cherche à être vu.
Son départ laisse Pierre avec un léger sentiment d'inachevé.
La fête, elle, continue jusque tard dans la nuit.
Pierre entraîne chez lui, dans son appartement de Saint-Germain-des-Prés.
Larry, Francky, Sylvie, une jeune mannequin rencontrée pendant la réception ainsi que Claude, un photographe de mode avec qui il s'est lié d'amitié.
Larry, Francky, Sylvie, une jeune mannequin rencontrée pendant la réception ainsi que Claude, un photographe de mode avec qui il s'est lié d'amitié.
Comme souvent chez Pierre, la soirée dégénère en fête improvisée où l'alcool coule à flots, les couples se forment et se défont au fil de la nuit.
Sylvie est prise par devant et par derrière en même temps par Larry et Franckie. Pendant que Claude immortalise cette jeunesse insouciante avec son appareil photo, tout en se faisant sucer par la mannequin scandinave.
Pierre lui pendant ce temps là culbute en levrette mais lorsqu'il voit la ses deux potes avec Sylvie, il fait signe à son ami photographe. Puis il colle sa queue dans la bouche de sa nouvelle artiste et fait signe à Claude, pour qu'il mitraille la scène.
Puis les trois hommes viennent se finir sur la jeune chanteuse qui reçoit un véritable feu d'artifice de sperme. La suédoise, reçoit à son tour le foutre de Claude sur les seins.
Puis après quelques moments de repos, tout le monde s'endort tranquillement.
Sur le moment, personne ne songe aux conséquences. Personne, sauf Pierre ...
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Commentaires ()
Eh non 😜
👍
Je pense à Ferré pour son attitude et son engagement politique ou encore Ferrat qui était beaucoup plus engagé politiquement, et entrait régulièrement en conflit avec la chanson industrielle et commerciale. Ou un mix des deux ? J'ai bon ? 😁
C'est Jacques Dutronc, évidemment ! 💡
Bah, comme moi avec Anatole ! 😅 Je trouvais que ça collait pas mal...
En partie effectivement pour Sylvie et ses glaces au gingembre ;)
Pierre Dubourg a une double inspiration en plus de Gainsbourg mais non ce n'est pas Berger. C'est beaucoup plus simple que ça.
Cloclo n'apparaît absolument pas (de toute façon je n'ai jamais pu l'encadrer ;) )
Et pour Claire Auban, tu es plutôt très bien
Gainsbourg fait effectivement partie des références pour la création du personnage :D
Mais pour Carlos, tu parles duquel le terroriste ou le papayou ?
En attendant c'est ni l'un ni l'autre ;)
Et pour Pierre Dubourg, aussi un peu de Michel Berger ?
Anatole... De Cloclo ?
Claire Auban, de Françoise Hardy peut-être ?