Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Cybèle et pourtant — Chapitre 25
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cybèle et pourtant
Chapitre 25
Safari photo
Le vendredi fut aussi une journée particulière puisque c'était celle du safari photo. Le départ de Mombasa eut lieu à neuf heures du matin. Ils n'emportaient avec eux que le strict minimum : Quelques affaires de toilette, quelques sous-vêtements, et, naturellement, l'appareil photo destiné à immortaliser cette journée. Cédric avait pris une carte mémoire de rechange car la première était déjà en partie remplie par les photos qu'ils avaient prises des divers endroits de l'hôtel. Ils avaient aussi pris de nombreuses photos des facétieux petits singes grivets.
La route menant à la réserve était une route en terre bien entretenue de sorte qu'ils arrivèrent rapidement à l'entrée du sanctuaire des éléphants. Le chauffeur de la Land-Rover qui les transportait en même temps qu'un autre couple leur précisa en Anglais qu'un petit bakchich serait apprécié du gardien qui surveillait l'entrée. Ils se regardèrent en souriant. Samuel avait oublié de leur parler du bakchich du gardien. Heureusement, ils avaient prévu une somme suffisante pour parer à toute éventualité.
Cette première visite fut un véritable enchantement. Il y avait des éléphants partout. L'essaim des Land-Rover s'égaya parmi les pachydermes, qui, habitués depuis longtemps à la présence de nombreux touristes, n'y portaient plus qu'une attention distraite. Seuls les éléphanteaux s'amusaient à charger les véhicules, ce qui obligeait ceux-ci à effectuer de brusques changements de direction pour éviter une collision qui aurait certainement causé autant de mal au véhicule qu'à l'animal et aurait risqué de mettre le reste du troupeau en fureur. Au début, ils mitraillèrent littéralement de photos tous les éléphants qu'ils croisaient, mais ils s'aperçurent bientôt qu'en fait ils photographiaient toujours la même chose. Ils se contentèrent donc de les admirer et de ne photographier que des scènes inédites.
La matinée passa très vite et à midi trente ils ressortirent du sanctuaire pour se rendre au « shimba hills lodge hotel » où ils arrivèrent vers treize heures. Ils furent un peu surpris par son aspect extérieur. Il semblait posé sur d'énormes troncs d'arbres enfoncés dans le sol et était composé d'un ensemble hétéroclite d'immeubles dont les murs étaient recouverts d'arbustes mal équarris posés verticalement. Ils s'aperçurent rapidement que c'était un simple décor destiné à faire couleur locale et aussi à camoufler l'hôtel au milieu de la végétation. L'intérieur était moderne et bien aménagé. Ils furent amenés sur une terrasse en plein air où ils purent goûter un excellent repas en contemplant un paysage sauvage traversé de temps en temps par quelques herbivores et de nombreux singes.
L'après-midi fut consacrée à visiter le reste de la réserve. Ils purent admirer ce petit paradis, mélange de savanes et de forêts tropicales offrant une vue superbe sur l'océan indien proche. Ils furent aussi fascinés par la faune nombreuse qui l'occupait : Outre de nombreux éléphants et plusieurs troupeaux de magnifiques antilopes hippotragues noires, de nombreuses espèces d'oiseaux, d'autres antilopes de races différentes, de girafes des buffles quelques servals et de rares céphalophes rouges, petites antilopes forestières en voie de disparition. Ils firent là encore une riche moisson de photos. Ils étaient comme des enfants dans un magasin de jouets. Ils passaient leur temps à pousser des exclamations extasiées à chaque rencontre.
La déception vint de la visite du village. Tout semblait artificiel et destiné uniquement à satisfaire des touristes en mal d'exotisme. La population du village exécutait sans conviction quelques danses tribales tout en tenant une comptabilité sourcilleuse des photos prises par les touristes. Profondément choquée par le spectacle offert, MarieClaude demanda à Cédric de ne pas prendre de photos et le couple se replia rapidement vers les véhicules, prétextant un peu de fatigue chez la jeune femme.
La visite de la réserve dura encore plusieurs heures et ils rentrèrent à l'hôtel à la nuit tombante. Ils eurent juste le temps de prendre possession de leurs chambres confortables et bien aménagées avant de redescendre pour le dîner. Comme ils avaient sympathisé avec le couple qui était dans le même véhicule qu'eux, ils se mirent tous les quatre à la même table. La terrasse possédait un discret éclairage d'ambiance et chaque table était en outre munie d'une lampe à huile donnant une impression plus intime. Le repas du soir fut d'excellente qualité comparable à celle du repas de midi.
Au moment où les serveurs apportaient le dessert composé d'une profusion de fruits et de petits gâteaux, l'éclairage d'ambiance s'éteignit et ils ne furent plus éclairés que par les lampes à huile. Ils se regardèrent étonnés, pensant à une panne, mais leur attention fut attirée par de nombreux points brillants s'allumant sur les branches des arbres bordant la terrasse. Les points brillants s'agrandirent en se rapprochant, et devinrent des yeux immenses qui les regardaient. Ils aperçurent enfin d'adorables petites bêtes de la taille d'un chat, de couleur brun clair et munies d'une queue en panache plus longue qu'eux. Une rumeur se fit entendre aux autres tables : « Les galagos ! ». Les petits lémuriens sautèrent depuis les arbres sur la terrasse et prirent rapidement possession des tables. Ils venaient visiblement pour prendre leur repas et il était clair que la profusion de fruits et de gâteaux était destinée à être partagée entre les humains et leurs charmants visiteurs.
Naturellement, les convives s'empressèrent de présenter morceaux de fruits et morceaux de gâteaux aux galagos qui s'en emparaient avec précaution malgré les griffes impressionnantes qui garnissaient leurs pattes et leur servaient à escalader les arbres où ils vivaient en permanence. Les hommes se précipitèrent dans les chambres pour récupérer les appareils photos dont les cartes mémoires furent rapidement saturées par les innombrables photos de ces adorables bêtes assises tranquillement en train de manger des morceaux de fruits et de gâteaux qu'ils tenaient avec leurs pattes de devant. Chaque fois qu'un des animaux s'estimait rassasié, il repartait dans les arbres et était aussitôt remplacé par un de ses congénères. Lorsque la soirée se termina, il ne restait plus un seul morceau de nourriture sur les tables alors que les humains n'en avaient pratiquement pas mangé un morceau.
Le personnel de l'hôtel avait une longue habitude de cette « cérémonie » et la quantité avait juste permis de nourrir la colonie de lémuriens. En allant se coucher MarieClaude déclara enthousiaste que cette soirée valait à elle seule le reste de la journée. Ils se déshabillèrent rapidement pour se mettre au lit. MarieClaude enfila sans trop de conviction sa nuisette. Celle-ci se retrouva en boule par terre cinq minutes plus tard tandis que sa propriétaire subissait avec complaisance les assauts d'un époux particulièrement en forme.
Le lendemain, ils descendirent prendre le petit déjeuner à neuf heures, le départ eut lieu à neuf heures trois quart et à dix heures et demies ils étaient de retour à Mombasa où ils reprirent leur rythme habituel. La fin de leur séjour arriva bien trop rapidement à leur goût. Entre la piscine, la plage et les câlins, leurs journées avaient passé très vite. Ils profitèrent encore d'une matinée à la piscine, mais, après le repas, ils durent se résoudre à faire leurs valises. Pendant ce dernier repas, Samuel était allé déposer dans leur chambre les souvenirs choisis par MarieClaude. Un rapide coup d'œil permit à cette dernière de vérifier qu'il ne manquait rien. Une heure avant que la navette ne les ramène à l'aéroport, ils se rendirent à la réception. Comme un autre couple était en train de procéder aux formalités du départ, MarieClaude attendit tranquillement sur place tandis que Cédric allait chercher leurs valises.
Il n'y avait pas d'autre départ ce jour-là de sorte, qu'après avoir réglé leur note et les achats de souvenirs, ils restèrent bavarder avec Samuel en attendant la navette. Cédric était un peu étonné que MarieClaude n'ait plus jamais parlé du cadeau qu'elle comptait faire à Samuel, mais elle savait sûrement ce qu'elle faisait.
Samuel les aida à charger leurs valises dans la navette puis vint le moment du départ. Juste avant de monter dans la navette, MarieClaude se retourna vers Samuel.
— Vous m'avez parlé de votre épouse, alors j'espère qu'elle aimera ce petit souvenir.
Elle enleva sa capeline et la lui tendit.
— J'espère que votre épouse sera contente de mettre cette capeline quand elle se rendra à l'église et que vous penserez ainsi un peu à nous.
Samuel la regarda bouleversé.
— Personne ne m'a jamais fait un aussi beau cadeau, Madame. Je suis sûr que le bon dieu vous a déjà réservé une place avec les anges au paradis.
De retour
Sophie remuait de sombres pensées. Elle rageait en pensant au mariage de MarieClaude. Elle s'estimait trahie autant par celle-ci que par Cédric. Elle n'ignorait pas que, quand elles avaient rencontré Cédric fin Mai, c'était d'abord elle qui lui avait plu. Et MarieClaude le savait bien elle aussi, mais cette petite peste avait profité des circonstances pour jouer les victimes et abuser de la naïveté de ce dernier. Et cet imbécile était tombé dans le panneau. Fallait-il qu'il soit bête pour s'éprendre de cette mijaurée boiteuse et même pas jolie. En plus, ils ne s'étaient pas contentés de trahir sa confiance ; il avait fallu aussi qu'ils la narguent en l'invitant à leur mariage et en lui demandant même d'être le témoin de celle qui osait se prétendre encore son amie. Mais elle ne se laisserait pas humilier impunément. Un jour elle aurait sa revanche, ils pouvaient y compter.
C'était à cause d'eux qu'elle était dans cet état, obligée, bien malgré elle, de recourir au cannabis de plus en plus souvent pour soulager un mal-être dont ils étaient les premiers, sinon les seuls responsables. En plus, les cigarettes lui faisaient de moins en moins d'effet. Cette canaille de dealer devait sûrement rajouter de l'origan ou une autre cochonnerie dans le cannabis. Du coup, les trente joints qu'elle venait d'acheter, lui permettraient de tenir à peine plus d'une semaine. Ça commençait à faire cher et ses nombreux retraits d'argent liquide aux distributeurs de billets risquaient de finir par se remarquer. En rentrant, elle se précipita dans sa chambre, cacha dans le tiroir de son secrétaire toutes les cigarettes sauf une, referma le tiroir avec une clé qu'elle cacha dans son armoire sous une pile de sous-vêtements puis redescendit en courant, et courut au fond du parc où elle put enfin allumer le joint qu'elle avait conservé.
Une impression de bien-être ne tarda pas à remplacer son sentiment de rage et elle se mit à planer avec béatitude… pendant un trop court moment.
Au même moment, le jeune couple débarquait à l'aéroport de Blagnac. Ils récupérèrent leurs bagages et Cédric alla chercher leur voiture qui attendait sagement au parking payant. Il paya une coquette somme pour pouvoir sortir, puis rejoignit MarieClaude et rangea les valises dans le coffre. Une demi-heure plus tard, ils ouvraient la porte de leur appartement, enchantés de se retrouver chez eux. MarieClaude en particulier ressentait un bonheur extrême en réalisant que, maintenant, ce n'était plus chez Cédric, mais chez eux.
Au même moment, le jeune couple débarquait à l'aéroport de Blagnac. Ils récupérèrent leurs bagages et Cédric alla chercher leur voiture qui attendait sagement au parking payant. Il paya une coquette somme pour pouvoir sortir, puis rejoignit MarieClaude et rangea les valises dans le coffre. Une demi-heure plus tard, ils ouvraient la porte de leur appartement, enchantés de se retrouver chez eux. MarieClaude en particulier ressentait un bonheur extrême en réalisant que, maintenant, ce n'était plus chez Cédric, mais chez eux.
— Il faudra qu'on change l'étiquette sur la boite aux lettres.
Cédric sourit.
— Bien sûr ma chérie et il va y avoir bien d'autres choses à changer.
— Comme quoi par exemple ?
— Eh bien, en premier lieu, il faut qu'on passe à la banque. On va y ouvrir un compte joint au nom de Monsieur ou Madame Mareuil Cédric ou MarieClaude. Comme ça on aura chacun notre carte de crédit et on pourra utiliser tous les deux le chéquier. Je vais téléphoner tout de suite avant de défaire les valises. Il va y avoir aussi l'inscription sur l'annuaire téléphonique, ton dossier scolaire et tout ce qui fait référence à ton nom de jeune fille et à ton ancienne adresse.
— J'ai sûrement reçu du courrier à mon ancienne adresse.
— Il faudra qu'on passe voir Madame Alquier pour le récupérer et qu'on fasse un changement d'adresse à ton ancien bureau de poste. On laissera pendant le temps nécessaire ton nom de jeune fille sur la boîte aux lettres.
— Ça fait beaucoup de choses !
— Oui, et il faudra tout recommencer quand nous emménagerons dans notre nouvelle maison.
— Mais puisque de toute façon tout va de nouveau changer dans quelques mois et que la poste fera suivre le courrier, on pourrait attendre d'avoir déménagé avant de faire certaines modifications. Pour l'école par exemple, je pense que ce n'est pas urgent. D'ailleurs, ils ne m'ont jamais écrit jusqu'à présent.
— Tu as raison ; on diminuera ainsi les risques d'erreurs. Bon ! je téléphone à la banque.
— Tu n'oublies pas que nous allons à l'agence l'après-midi ?
— Je vais d'abord leur téléphoner pour qu'ils me communiquent l'heure du rendez-vous et ensuite, je téléphonerai à la banque.
— Pendant que tu téléphones je commence à défaire nos valises et à ranger nos vêtements dans notre chambre.
— Comme quoi par exemple ?
— Eh bien, en premier lieu, il faut qu'on passe à la banque. On va y ouvrir un compte joint au nom de Monsieur ou Madame Mareuil Cédric ou MarieClaude. Comme ça on aura chacun notre carte de crédit et on pourra utiliser tous les deux le chéquier. Je vais téléphoner tout de suite avant de défaire les valises. Il va y avoir aussi l'inscription sur l'annuaire téléphonique, ton dossier scolaire et tout ce qui fait référence à ton nom de jeune fille et à ton ancienne adresse.
— J'ai sûrement reçu du courrier à mon ancienne adresse.
— Il faudra qu'on passe voir Madame Alquier pour le récupérer et qu'on fasse un changement d'adresse à ton ancien bureau de poste. On laissera pendant le temps nécessaire ton nom de jeune fille sur la boîte aux lettres.
— Ça fait beaucoup de choses !
— Oui, et il faudra tout recommencer quand nous emménagerons dans notre nouvelle maison.
— Mais puisque de toute façon tout va de nouveau changer dans quelques mois et que la poste fera suivre le courrier, on pourrait attendre d'avoir déménagé avant de faire certaines modifications. Pour l'école par exemple, je pense que ce n'est pas urgent. D'ailleurs, ils ne m'ont jamais écrit jusqu'à présent.
— Tu as raison ; on diminuera ainsi les risques d'erreurs. Bon ! je téléphone à la banque.
— Tu n'oublies pas que nous allons à l'agence l'après-midi ?
— Je vais d'abord leur téléphoner pour qu'ils me communiquent l'heure du rendez-vous et ensuite, je téléphonerai à la banque.
— Pendant que tu téléphones je commence à défaire nos valises et à ranger nos vêtements dans notre chambre.
Chaque fois qu'elle disait « nos valises, nos vêtements ou notre chambre », elle ne pouvait s'empêcher de sourire. Elle ne se lassait pas de ce pluriel. Désormais, ils ne se contentaient plus de se regarder mutuellement, ils regardaient aussi ensemble dans la même direction. Après avoir téléphoné, Cédric la rejoignit dans la chambre.
— J'ai pris rendez-vous à la banque à quatorze heures et nous allons à l'Agence à seize heures.
— On aura besoin de tout ce temps à la Banque ?
— Il faut que nous fassions créditer sur mon compte actuel les chèques voyage non utilisés, que nous ouvrions le nouveau compte et que nous nous fassions faire un chèque de banque à l'ordre du vendeur pour l'acompte sur la maison. Il vaut mieux prévoir large.
— D'accord ! On ira faire des courses après être passés à l'agence. Du coup, on n'aura rien à manger ce soir et demain midi. Désolée, mon chéri, il faudra que tu nous emmènes deux fois au « Bistrot du matou ». Ça sera la conclusion de notre voyage de noces. Mais on va d'abord finir de vider les valises avant de téléphoner à tes parents et aux miens.
— Ils vont être un peu déçus de ne pas nous voir ce week-end.
— Je leur expliquerai que nous avons des contraintes d'emploi du temps. On a besoin de se reposer dimanche d'autant plus que tu vas sûrement avoir des tas de problèmes à résoudre lundi après plus de dix jours d'absence. Je vais leur dire qu'on ira les voir le week-end prochain.
— On aura besoin de tout ce temps à la Banque ?
— Il faut que nous fassions créditer sur mon compte actuel les chèques voyage non utilisés, que nous ouvrions le nouveau compte et que nous nous fassions faire un chèque de banque à l'ordre du vendeur pour l'acompte sur la maison. Il vaut mieux prévoir large.
— D'accord ! On ira faire des courses après être passés à l'agence. Du coup, on n'aura rien à manger ce soir et demain midi. Désolée, mon chéri, il faudra que tu nous emmènes deux fois au « Bistrot du matou ». Ça sera la conclusion de notre voyage de noces. Mais on va d'abord finir de vider les valises avant de téléphoner à tes parents et aux miens.
— Ils vont être un peu déçus de ne pas nous voir ce week-end.
— Je leur expliquerai que nous avons des contraintes d'emploi du temps. On a besoin de se reposer dimanche d'autant plus que tu vas sûrement avoir des tas de problèmes à résoudre lundi après plus de dix jours d'absence. Je vais leur dire qu'on ira les voir le week-end prochain.
Après avoir téléphoné à leurs parents respectifs, ils allèrent dîner au « Bistrot du matou ». Comme ils souhaitaient prolonger un peu l'ambiance de vacances et de fête dans laquelle ils avaient vécu depuis leur mariage et qu'ils n'avaient pas mangé à midi, ils firent un bon repas et l'arrosèrent d'un peu de vin. MarieClaude n'avait pas l'habitude de l'alcool aussi, quand ils rentrèrent vers vingt-deux heures trente elle était un peu pompette. Cet état joint au fait qu'elle était euphorique à l'idée de passer leur première nuit dans le lit conjugal, lui donna toutes les audaces. Aussi, quand Cédric, après s'être lavé les dents et mis en pyjama entra dans la chambre, il trouva sa jeune épouse complètement nue couchée sur les draps défaits. Elle tapota le lit du plat de sa main en le regardant d'un air provocant.
— Alors ! Tu vas me faire attendre longtemps ?
Il se dévêtit avec enthousiasme et fit un splendide plongeon directement sur elle en criant :
— A l'assaut ! A l'assaut !
MarieClaude poussa un cri d'effroi. Elle pensa qu'elle allait se faire écraser, mais, au dernier moment, Cédric tendit ses bras devant lui et amortit sa chute pour se poser sur elle en douceur. Elle émit un petit cri d'excitation et ils commencèrent à chahuter bruyamment tout en se prodiguant des caresses de plus en plus osées. Peu à peu, les rires de la jeune femme se transformèrent en soupirs puis en gémissements et à la fin, elle poussa un grand cri de plaisir.
C'est alors qu'ils entendirent des coups sourds assénés sur le mur séparant leur chambre de l'appartement contigu. Ils se regardèrent un peu confus puis se mirent à rire.
C'est alors qu'ils entendirent des coups sourds assénés sur le mur séparant leur chambre de l'appartement contigu. Ils se regardèrent un peu confus puis se mirent à rire.
— Je crois que, dans l'enthousiasme, nous avons oublié l'heure.
— Il faut dire que ces appartements modernes sont plutôt sonores et mal isolés sur le plan acoustique.
— Il faut dire que ces appartements modernes sont plutôt sonores et mal isolés sur le plan acoustique.
La nuit se continua nettement plus calmement mais tout aussi tendrement. Le lendemain ils firent la grasse matinée avant de prendre tranquillement un café avec quelques biscottes qu'ils avaient laissées dans un placard de la cuisine en partant. Ils consacrèrent ensuite un temps assez long à la lecture des nombreux e-mails reçus pendant leur absence. Vers midi trente ils retournèrent au « Bistrot du matou » où ils firent un repas nettement plus léger que la veille. Ils se rendirent ensuite à la banque puis à l'agence immobilière. Ils remirent le chèque de banque prévu et en échange, reçurent leur exemplaire de la promesse de vente. L'agence leur indiqua les références de l'étude notariale qui prendrait contact avec eux et leur confirma le délai approximatif de trois mois, délai nécessaire pour finaliser la vente. Ils allèrent ensuite acheter de quoi regarnir le réfrigérateur et le placard à provisions de la cuisine avant de rentrer.
En pénétrant dans l'immeuble, ils croisèrent leur voisin de palier qui les regarda d'un air moqueur et leur demanda d'un un ton faussement candide :
— Jeunes mariés ?
MarieClaude piqua un fard mais Cédric, très à l'aise, répondit sur le même ton :
— Comment l'avez-vous deviné ?
— Simple intuition.
— Simple intuition.
Le lundi, ils reprirent leur rythme de vie d'avant le mariage. Cédric amenait MarieClaude le matin à l'école des beaux-arts et passait la reprendre le soir. A midi ils se retrouvaient pour déjeuner ensemble dans un self-service situé près de la gare. C'était un des rares établissements offrant une nourriture suffisamment légère pour être absorbée quotidiennement. Un soir, en consultant sa messagerie, MarieClaude fut intriguée par un message qui provenait du Severin Sea Lodge. Le message ne contenait que ces quelques mots : « Dieu vous bénisse », signé Samuel. Il comportait aussi une pièce jointe. Elle l'ouvrit et poussa un cri de plaisir.
— Viens vite voir chéri la photo envoyée par Samuel !
Cédric s'approcha et ils purent admirer ensemble la photo sur laquelle figuraient Samuel et son épouse posant en compagnie d'un garçonnet devant le portail de l'église. Ils étaient endimanchés et l'épouse de Samuel arborait fièrement la capeline que MarieClaude avait offerte à son mari.
— Je crois que tu ne pouvais pas leur faire de plus beau cadeau.
MarieClaude resta pensive quelques instants avant de rajouter :
— Pour noël, j'enverrai un cadeau à leur petit garçon.
Cédric l'embrassa tendrement.
— Je me demande comment une aussi petite femme peut posséder un aussi gros cœur.
Simona
Le vendredi soir suivant, MarieClaude téléphona à ses parents pendant que son époux prenait une douche. Elle voulait simplement confirmer qu'ils passaient le week-end à Condom. Elle mourait d'impatience de leur raconter le voyage de noces merveilleux que Cédric et elle avaient effectué au Kenya. Elle comptait apporter avec elle son PC portable pour leur montrer une sélection de photos prises sur le site de l'hôtel et lors du safari photo. Elle comptait aussi parler de choses plus intimes avec sa maman. Elle savait celle-ci un peu inquiète à ce sujet et tenait à la rassurer totalement sur la qualité et l'intensité de ses rapports intimes avec son mari. Lorsque Cédric la rejoignit dans la cuisine où elle commençait à préparer le repas du soir, elle lui déclara toute heureuse :
— J'ai une grande nouvelle à t'annoncer !
— Laquelle ?
— Benoit ne vient pas seul pour le week-end !
— J'ai cru comprendre que ça lui arrivait assez souvent de ramener un copain pour les week-ends.
— Oui ! Mais, cette fois, c'est différent !
— Pourquoi ?
— Parce que, cette fois, le copain c'est une copine !
— Pas possible ! Il ne s'intéresse donc pas seulement au rugby si je comprends bien !
— On voit que tu ne le connais pas bien. A quatorze ans, il n'ignorait plus rien de la différence entre une fille et un garçon et je me suis laissée dire qu'il était très bon en travaux pratiques.
— Ça doit être son côté manuel.
— N'empêche que je me demande bien comment elle est.
— Françoise sera là ?
— Oui ! ça m'inquiète d'ailleurs. Mamie a déjà fait fuir plus d'un copain de Benoît dans le passé et pourtant ils ne sont pas spécialement bégueules. Alors, une fille… !
— Que veux-tu y faire ? On verra bien. De toute manière, je ne pense pas qu'une mijaurée puisse très bien s'entendre avec Benoît.
— Laquelle ?
— Benoit ne vient pas seul pour le week-end !
— J'ai cru comprendre que ça lui arrivait assez souvent de ramener un copain pour les week-ends.
— Oui ! Mais, cette fois, c'est différent !
— Pourquoi ?
— Parce que, cette fois, le copain c'est une copine !
— Pas possible ! Il ne s'intéresse donc pas seulement au rugby si je comprends bien !
— On voit que tu ne le connais pas bien. A quatorze ans, il n'ignorait plus rien de la différence entre une fille et un garçon et je me suis laissée dire qu'il était très bon en travaux pratiques.
— Ça doit être son côté manuel.
— N'empêche que je me demande bien comment elle est.
— Françoise sera là ?
— Oui ! ça m'inquiète d'ailleurs. Mamie a déjà fait fuir plus d'un copain de Benoît dans le passé et pourtant ils ne sont pas spécialement bégueules. Alors, une fille… !
— Que veux-tu y faire ? On verra bien. De toute manière, je ne pense pas qu'une mijaurée puisse très bien s'entendre avec Benoît.
Lorsqu'ils arrivèrent en début de matinée chez les parents de MarieClaude, Françoise était déjà là et discutait sur la terrasse avec Roger. Michèle était à ses fourneaux. Lorsqu'elle vit la voiture arriver elle sortit en hâte sur la terrasse et tous s'embrassèrent avec effusion.
— Alors mes cocos ! Comment s'est passé ce voyage ?
— Merveilleusement bien, maman. L'hôtel était magnifique, le temps super agréable et mon petit mari adorable. On s'est offert une journée de safari photo et on a des tas de photos extraordinaires. J'en ai apporté quelques-unes que j'ai sélectionnées.
— Tu nous raconteras tout ça plus tard. Pour l'instant vous devriez monter vos affaires dans votre chambre. C'est ton ancienne chambre, ma chérie. Tu ne seras pas trop dépaysée.
— Merveilleusement bien, maman. L'hôtel était magnifique, le temps super agréable et mon petit mari adorable. On s'est offert une journée de safari photo et on a des tas de photos extraordinaires. J'en ai apporté quelques-unes que j'ai sélectionnées.
— Tu nous raconteras tout ça plus tard. Pour l'instant vous devriez monter vos affaires dans votre chambre. C'est ton ancienne chambre, ma chérie. Tu ne seras pas trop dépaysée.
Quand ils entrèrent dans la chambre, la jeune femme observa :
— Effectivement ça n'est pas très dépaysant. Mais je pense que quelques changements de décoration s'imposent. Pour l'instant c'est encore une chambre d'enfant.
— Tu ne vas pas regretter tes nounours et tes poupées Barbie ?
— Pas vraiment ! Et les posters de Bambi et de Cendrillon non plus.
— Tu voudras surement qu'on les amène à Toulouse quand nous aurons notre maison ?
— Non ! Je préfère les laisser ici pour quand les enfants viendront voir leurs grands-parents.
— Tu ne vas pas regretter tes nounours et tes poupées Barbie ?
— Pas vraiment ! Et les posters de Bambi et de Cendrillon non plus.
— Tu voudras surement qu'on les amène à Toulouse quand nous aurons notre maison ?
— Non ! Je préfère les laisser ici pour quand les enfants viendront voir leurs grands-parents.
Quand ils redescendirent, Michèle était déjà retournée à ses fourneaux.
— Je peux t'aider maman ?
— Non ma chérie. Tu es gentille, mais je m'en sors très bien toute seule. J'ai déjà préparé des choses à l'avance. Je vous rejoindrai quand ton frère arrivera.
— Tu connais la fille qu'il a invitée ?
— Non ! Tout ce que je sais, c'est qu'elle est d'Auch et qu'elle fait des études à Toulouse pour être professeur d'Anglais.
— Non ma chérie. Tu es gentille, mais je m'en sors très bien toute seule. J'ai déjà préparé des choses à l'avance. Je vous rejoindrai quand ton frère arrivera.
— Tu connais la fille qu'il a invitée ?
— Non ! Tout ce que je sais, c'est qu'elle est d'Auch et qu'elle fait des études à Toulouse pour être professeur d'Anglais.
MarieClaude prit un air horrifié. Elle imaginait déjà Benoît débarquant avec une intellectuelle coincée. Françoise allait se régaler. D'ailleurs, quand ils revinrent sur la terrasse, Françoise affichait un petit sourire satisfait et impatient à la fois. Elle avait visiblement préparé son coup. Ils parlèrent de choses et d'autres en attendant Benoît et son invitée. MarieClaude préférait attendre que sa mère soit là pour parler de leur voyage.
Vers onze heures trente, ils entendirent un coup de klaxon et le portail s'ouvrit. Ils virent entrer une veille Peugeot qui devait bien avoir vingt ans. La voiture roula en cahotant vers les autres véhicules et se gara à côté d'eux non sans avoir manqué d'emboutir celle de Roger. Ce dernier, un peu inquiet remarqua :
Vers onze heures trente, ils entendirent un coup de klaxon et le portail s'ouvrit. Ils virent entrer une veille Peugeot qui devait bien avoir vingt ans. La voiture roula en cahotant vers les autres véhicules et se gara à côté d'eux non sans avoir manqué d'emboutir celle de Roger. Ce dernier, un peu inquiet remarqua :
— On pourrait peut-être lui dire de se garer derrière la maison.
— Oui, mais alors bonjour les plantations de maman.
— Alors on pourrait peut-être aller s'y garer nous-mêmes.
— Oui, mais alors bonjour les plantations de maman.
— Alors on pourrait peut-être aller s'y garer nous-mêmes.
Benoît descendit côté passager et, galant comme d'habitude, se contenta de s'étirer longuement pendant que la conductrice sortait à son tour. Ils ne pouvaient encore la voir car Benoît et la voiture faisaient écran. Ils entendirent la portière avant claquer, claquer plus fort une deuxième fois puis une troisième fois encore plus fort. Une voix furieuse s'éleva tonitruante :
— Elle va se décider à se fermer cette P… de portière ?
La portière fut claquée une quatrième fois tellement fort que la voiture se déplaça d'une bonne dizaine de centimètres. Une voix satisfaite reprit :
— Ah ! ce n'est pas trop tôt !
Benoît remarqua :
— Tu vas encore la casser.
— M'en fous ! Ce n'est pas une portière qui va faire la loi tout de même !
— M'en fous ! Ce n'est pas une portière qui va faire la loi tout de même !
Cédric remarqua avec un sourire.
— Je crois que ce n'est plus la peine de nous en faire.
Françoise donnait l'impression d'être un peu moins sûre d'elle. Michèle s'était jointe à eux et tous les cinq attendaient avec curiosité d'apercevoir enfin la jeune femme. Ils ne furent pas déçus. Elle n'était pas vilaine, mais elle était surtout impressionnante physiquement : Elle devait mesurer au moins un mètre quatre-vingt et devait peser dans les soixante-quinze kilos. C'était une véritable armoire à glace aux formes plus que généreuses. MarieClaude observa :
— Si elle a l'intention d'être professeur d'anglais, les élèves auront intérêt à bien se tenir.
La jeune femme s'approcha d'un air décidé vers Michèle et lui plaqua un gros baiser sur chaque joue.
— Salut Michèle, moi c'est Simona. Ça boume ?
Roger la contemplait d'un air béat. Manifestement, Simona correspondait à ses critères esthétiques. Il glissa discrètement à Benoit :
— Elle a ce qu'il faut là où il faut.
Simona se tourna vers lui.
— Salut Roger. Tu ressembles drôlement à Benoît !
Elle le regarda d'un œil un peu critique et rajouta.
— Sauf que tu es plus gros et plus vieux bien sûr. A propos, j'ai entendu ce que tu as dit à Benoît.
— C'était un compliment.
— N'empêche que t'a intérêt à faire attention où tu mets les mains.
— C'était un compliment.
— N'empêche que t'a intérêt à faire attention où tu mets les mains.
Elle se dirigea vers Françoise.
— Et là, c'est mamie Françoise ! Salut mamie, Benoît m'a parlé de toi. Il paraît que malgré ton âge tu es toujours une marrante ?
Elle se pencha sur la vieille dame et lui fit un petit baiser sur le front.
— Tu vois, je fais attention de ne pas te casser.
Elle se tourna enfin vers le couple qui la regardait avec curiosité.
— Dis donc toi ! tu n'es vraiment pas grosse. J'ai failli m'asseoir dans ton fauteuil sans voir que tu y étais déjà. Un peu plus et tu mourrais étouffée.
Elle la regarda d'un air affectueux.
— Va falloir que tu manges un peu plus de soupe ma puce.
Elle enchaina :
— Et ça, c'est le mari bien sûr.
Elle examina Cédric d'un œil critique.
— Beau bébé. Tu me le prêteras de temps en temps pour la sieste ?
Voyant l'air horrifié de MarieClaude, elle éclata de rire.
— C'est pour rigoler ! Moi j'ai déjà tout ce qu'il faut. Pas vrai poussinou ?
Et elle donna une grande claque sur les fesses de Benoît.
— Allez ! Va chercher les bagages et mets les dans notre chambre.
Michèle dit d'un ton un peu hésitant.
— J'ai préparé une chambre d'amis.
— Ben moi je ne suis pas une amie ! Je suis la nana de Benoît !
— Une seule chambre donc.
— C'est plus simple non ?
— Ben moi je ne suis pas une amie ! Je suis la nana de Benoît !
— Une seule chambre donc.
— C'est plus simple non ?
Cédric demanda d'un air innocent :
— Le lit est en bois ou en métal ?
— En métal.
— En métal.
Simona crut bon de remarquer.
— J'aime bien aussi les lits en bois.
MarieClaude remarqua mezzo voce :
— Je ne suis pas sûre que ce soit réciproque.
— Je t'ai entendue ma puce ! Bon ! Je m'assieds où ?
— Je t'ai entendue ma puce ! Bon ! Je m'assieds où ?
Hypocritement Cédric lui conseilla.
— Tu devrais t'asseoir à côté de Françoise.
Simona alla s'asseoir à côté de la vieille dame. Celle-ci remarqua le sourire ironique de Cédric. Elle le regarda d'un air provoquant comme si elle lui disait : « Tu vas voir si je n'ose pas !». Elle profita d'un moment où personne ne faisait attention pour faire signe à Simona de s'approcher. Celle-ci se pencha vers elle et la vieille dame lui glissa quelques mots à l'oreille. Simona regarda Françoise d'un œil rond puis elle fronça les sourcils quelques instants avant que son visage ne s'éclaire d'un grand sourire.
— Ça me rappelle une bonne histoire. Tu connais l'histoire de la boîte de sardines ?
— Françoise, un peu interdite, répondit par la négative.
— Tu vas voir, tu vas te marrer. C'est l'histoire d'une nana qui…
— Françoise, un peu interdite, répondit par la négative.
— Tu vas voir, tu vas te marrer. C'est l'histoire d'une nana qui…
Elle continua à raconter son histoire à l'oreille de la vieille dame qui se mit à écarquiller les yeux d'un air horrifié. Simona devait s'arrêter toutes les dix secondes pour reprendre son souffle tellement elle riait de l'histoire qu'elle était en train de raconter ; elle conclut celle-ci à haute voix :
— C'est là qu'elle entend son mari dans la cuisine qui lui demande : « Chérie ! Sais-tu où est passée la boîte de sardine ? ».
Elle explosa de rire. Elle en avait les larmes aux yeux. Françoise conclut d'un air écœuré :
— Il n'y a plus de jeunesse.
Quelques instants plus tard Michèle, qui était retournée s'occuper de sa cuisine les appela pour qu'ils se mettent à table. Quand ils furent tous assis, l'attention se porta naturellement sur Simona. Celle-ci, indifférente, engloutissait tranquillement le contenu de son assiette pourtant bien remplie. Roger attaqua sa première question.
— Dis-moi Simona, fais-tu du sport ?
— Bien sûr. Je fais partie de l'équipe de rugby féminine d'Auch. Je joue deuxième ligne.
— Dis donc, ils ont une recrue de poids dans ton club.
— Oh ! çà ce n'est rien. Vous verriez ma copine Manon qui est pilier : dix centimètres de moins et dix kilos de plus.
— Elle ne doit pas être très rapide.
— Non, mais tu peux toujours essayer de l'arrêter quand elle est lancée.
— Il y a beaucoup d'équipes féminines dans la région ?
— Il y en a de plus en plus, mais les bonnes équipes sont encore rares.
— Vous devez gagner facilement alors.
— Oui, mais à la longue ça ne présente plus trop d'intérêt de gagner par cinquante à zéros sans même être fatiguées à la fin du match.
— Vous devriez jouer contre des équipes masculines.
— Ils ne veulent pas ! Imagine la honte si on les battait.
— Alors, jamais d'équipe masculine ?
— Non ! Enfin si ! L'an dernier on a joué contre l'équipe amateur pour une fête de charité.
— Vous avez gagné ?
— Pas exactement.
— Alors, vous avez perdu.
— C'est un peu plus compliqué.
— Raconte !
— Eh bien, ce sont les garçons qui ont commencé. Ils profitaient des plaquages et des mêlées spontanées pour nous peloter. Alors, forcément, ça nous a distraites, d'autant plus que certaines d'entre nous sont chatouilleuses. Bref, on était menées à la mi-temps. On ne voulait pas se laisser faire alors on a élaboré une tactique. On a toutes enlevé nos sous-tifs et chaque fois qu'ils avaient la balle, au lieu de les plaquer, on remontait nos maillots sur le menton et on agitait nos nichons sous leur nez. Ça a été leur tour d'être déstabilisés.
— Alors finalement, vous avez gagné ?
— Ben non. Ils se sont habitués et ça a fini par dégénérer.
— Qu'est-ce qui s'est passé ?
— Ils ont commencé à essayer de baisser nos shorts. Alors on leur a fait la même chose. A la fin, il y a eu une mêlée et, quand on s'est tous relevés, ils avaient réussi à ôter tous ses vêtements à Manon.
— Elle a dû être mortifiée.
— Oh ! elle a été très bien. Elle a ramassé le ballon et elle a couru complètement à poil pour marquer un essai entre les poteaux.
— Alors, vous avez quand même réussi à marquer un essai.
— Même pas. Essai refusé pour une tenue.
— Tu veux dire un tenu ?
— Non ! L'essai a été refusé parce que Manon ne portait pas sa tenue quand elle a marqué l'essai. On a protesté bien sûr. Les garçons se sont moqués de nous en disant qu'on était mauvaises perdantes et nous, on les a traités de tricheurs. Finalement on a tous commencé à se taper dessus. L'arbitre a fini par arrêter le match. Il était plié en deux.
— Ça a dû le faire marrer en effet !
— Non ! Il était furieux.
— Tu as dit qu'il était plié en deux.
— Oui, à cause du coup de boule qu'il avait reçu dans l'estomac. C'est pour ça qu'on n'a ni gagné, ni perdu.
— Dommage ! Le spectacle n'a pas été complet.
— N'empêche qu'on s'est tous quand même bien marrés et le public aussi. Et puis, on a eu une super troisième mi-temps.
— Bien sûr. Je fais partie de l'équipe de rugby féminine d'Auch. Je joue deuxième ligne.
— Dis donc, ils ont une recrue de poids dans ton club.
— Oh ! çà ce n'est rien. Vous verriez ma copine Manon qui est pilier : dix centimètres de moins et dix kilos de plus.
— Elle ne doit pas être très rapide.
— Non, mais tu peux toujours essayer de l'arrêter quand elle est lancée.
— Il y a beaucoup d'équipes féminines dans la région ?
— Il y en a de plus en plus, mais les bonnes équipes sont encore rares.
— Vous devez gagner facilement alors.
— Oui, mais à la longue ça ne présente plus trop d'intérêt de gagner par cinquante à zéros sans même être fatiguées à la fin du match.
— Vous devriez jouer contre des équipes masculines.
— Ils ne veulent pas ! Imagine la honte si on les battait.
— Alors, jamais d'équipe masculine ?
— Non ! Enfin si ! L'an dernier on a joué contre l'équipe amateur pour une fête de charité.
— Vous avez gagné ?
— Pas exactement.
— Alors, vous avez perdu.
— C'est un peu plus compliqué.
— Raconte !
— Eh bien, ce sont les garçons qui ont commencé. Ils profitaient des plaquages et des mêlées spontanées pour nous peloter. Alors, forcément, ça nous a distraites, d'autant plus que certaines d'entre nous sont chatouilleuses. Bref, on était menées à la mi-temps. On ne voulait pas se laisser faire alors on a élaboré une tactique. On a toutes enlevé nos sous-tifs et chaque fois qu'ils avaient la balle, au lieu de les plaquer, on remontait nos maillots sur le menton et on agitait nos nichons sous leur nez. Ça a été leur tour d'être déstabilisés.
— Alors finalement, vous avez gagné ?
— Ben non. Ils se sont habitués et ça a fini par dégénérer.
— Qu'est-ce qui s'est passé ?
— Ils ont commencé à essayer de baisser nos shorts. Alors on leur a fait la même chose. A la fin, il y a eu une mêlée et, quand on s'est tous relevés, ils avaient réussi à ôter tous ses vêtements à Manon.
— Elle a dû être mortifiée.
— Oh ! elle a été très bien. Elle a ramassé le ballon et elle a couru complètement à poil pour marquer un essai entre les poteaux.
— Alors, vous avez quand même réussi à marquer un essai.
— Même pas. Essai refusé pour une tenue.
— Tu veux dire un tenu ?
— Non ! L'essai a été refusé parce que Manon ne portait pas sa tenue quand elle a marqué l'essai. On a protesté bien sûr. Les garçons se sont moqués de nous en disant qu'on était mauvaises perdantes et nous, on les a traités de tricheurs. Finalement on a tous commencé à se taper dessus. L'arbitre a fini par arrêter le match. Il était plié en deux.
— Ça a dû le faire marrer en effet !
— Non ! Il était furieux.
— Tu as dit qu'il était plié en deux.
— Oui, à cause du coup de boule qu'il avait reçu dans l'estomac. C'est pour ça qu'on n'a ni gagné, ni perdu.
— Dommage ! Le spectacle n'a pas été complet.
— N'empêche qu'on s'est tous quand même bien marrés et le public aussi. Et puis, on a eu une super troisième mi-temps.
MarieClaude demanda ingénument :
— Il y a trois mi-temps au rugby ?
— Non, ma puce, la troisième mi-temps c'est la fiesta qu'on fait les soirs de match. Ceux qui ont gagné font la fiesta pour célébrer leur victoire et ceux qui ont perdu pour se consoler. C'est là qu'on a vraiment commencé à sympathiser Benoît et moi. Il faut dire qu'on s'était pas mal frittés sur le terrain. Forcément ça crée des liens.
— Non, ma puce, la troisième mi-temps c'est la fiesta qu'on fait les soirs de match. Ceux qui ont gagné font la fiesta pour célébrer leur victoire et ceux qui ont perdu pour se consoler. C'est là qu'on a vraiment commencé à sympathiser Benoît et moi. Il faut dire qu'on s'était pas mal frittés sur le terrain. Forcément ça crée des liens.
Simona s'arrêta de parler et parcourut la tablée d'un regard satisfait. Elle n'était pas mécontente de l'effet qu'elle avait produit. De fait, les autres étaient tous écroulés de rire. L'effet produit par cette imposante jeune femme, débitant des énormités d'un air tout à fait sérieux était proprement irrésistible.
MarieClaude riait avec les autres, mais, malgré tout, elle ressentait un léger malaise. Elle était incapable de dire pourquoi, mais elle sentait comme une légère fêlure chez Simona. Elle avait l'impression que derrière la Simona paillarde et sans façons il y en avait une autre, plus sérieuse et peut-être moins bien dans sa peau. A plusieurs reprises, pendant qu'elle était en train de plaisanter avec les autres convives, Simona avait croisé le regard scrutateur de MarieClaude. Elle avait baissé les yeux et avait perdu pendant quelques secondes le fil de son histoire.
Jusqu'à la fin du repas, l'ambiance resta au rire et aux plaisanteries plus ou moins lourdes. Françoise, en grande forme, s'amusait à asticoter Simona qui prenait des airs faussement offusqués. Elles s'entendaient toutes les deux à merveille. Benoît était aux anges. Simona avait réussi son examen de passage les doigts dans le nez. Elle avait en particulier complètement conquis Michèle en reprenant systématiquement une deuxième fois de chaque plat, allant même jusqu'à finir avec le plus grand naturel l'assiette à laquelle MarieClaude avait à peine touché. Cédric admirait la performance tout en se disant que la jeune femme avait intérêt à continuer à se dépenser sur les stades si elle ne voulait pas devenir énorme.
Alors qu'ils s'étaient rendus, comme d'habitude, sur la terrasse pour prendre le café, un incident se produisit qui confirma l'impression qu'avait ressentie MarieClaude pendant le repas. La table de la terrasse était encore encombrée par la carafe et les verres qui leur avaient servi pour prendre un rafraîchissement avant le repas. Tout en participant à la conversation générale, MarieClaude récupéra le plateau rangé sous la table de jardin et mit dessus la carafe et les verres sales. Elle prit ensuite le plateau dans ses mains et s'apprêtait à le ramener dans la cuisine quand elle fut interrompue dans son geste par un rugissement de Simona :
— Tu vas me faire le plaisir de reposer ce plateau tout de suite !
Saisie par la violence du ton, MarieClaude faillit tout faire tomber et reposa promptement le plateau sur la table. Tous les regards se tournèrent vers Simona. Celle-ci était rouge de colère. Elle fonça vers la table et prit elle-même le plateau.
— Va tout de suite te rasseoir !
Tandis que MarieClaude allait s'asseoir docilement sur la balancelle, Simona se tourna vers les autres avec fureur.
— Vous êtes inconscients où quoi ? Est-ce que vous réalisez ce que ça peut représenter pour elle de marcher en portant un plateau sans pouvoir s'aider avec sa canne ? Est-ce que vous savez seulement la douleur physique et morale que représente le fait de ne pas pouvoir faire un pas normalement ?
Elle partit comme une furie dans la cuisine et déposa brutalement le plateau sur une desserte puis s'empara de celui sur lequel Michèle avait posé le café, le thé et les tasses. Elle revint et, d'un geste vengeur, posa le plateau sur la table.
— Tu prends quoi MarieClaude ?
— Du thé comme mamie.
— Du thé comme mamie.
Simona donna son thé à Françoise et apporta le sien à MarieClaude puis, s'adressant aux autres convives :
— Les autres, vous vous servez vous-mêmes !
Elle alla ensuite s'asseoir sur la balancelle à côté de MarieClaude en regardant tout le monde d'un air plein de rancune. MarieClaude, posa sa main sur celle de la jeune femme. Celle-ci la lui recouvrit de son autre main, puis elle finit par s'apaiser. MarieClaude remarqua tout de même une larme au coin d'un de ses yeux. Elle en fut profondément émue. La fêlure qu'elle avait cru détecter était en réalité une faille béante. Il y avait à n'en pas douter une grande souffrance chez Simona.
La conversation finit par reprendre et les convives se remirent à rire. MarieClaude fit rire tout le monde en parlant des bakchichs qu'il fallait offrir pour le moindre service à Mombasa. Elle raconta aussi le ravissement le la soirée « animée » par les galagos et aussi les singes verts chapardeurs de l'hôtel. Simona s'était remise à sourire, mais elle était nettement plus silencieuse que pendant le repas.
Vers quatorze heures trente, Roger se leva.
La conversation finit par reprendre et les convives se remirent à rire. MarieClaude fit rire tout le monde en parlant des bakchichs qu'il fallait offrir pour le moindre service à Mombasa. Elle raconta aussi le ravissement le la soirée « animée » par les galagos et aussi les singes verts chapardeurs de l'hôtel. Simona s'était remise à sourire, mais elle était nettement plus silencieuse que pendant le repas.
Vers quatorze heures trente, Roger se leva.
— Bon ! ce n'est pas tout, mais il faut que j'aille à l'usine. Benoît, j'aurai besoin de toi. Cédric, tu es le bienvenu si tu veux venir.
Cédric consulta du regard son épouse qui lui fit un petit signe d'assentiment.
— Madame est d'accord. Je viens avec vous.
— Simona ?
— Non ! Je reste avec MarieClaude.
— Simona ?
— Non ! Je reste avec MarieClaude.
Françoise monta faire une sieste tandis que Michèle allait à Condom faire quelques courses. Les deux jeunes femmes se retrouvèrent seules sur la balancelle. Simona était tendue comme la corde d'un arc. MarieClaude lui reprit la main et lui demanda avec douceur :
— Tu veux qu'on en parle ?
A ces mots, Simona éclata en sanglots.
— C'est mon petit frère !
— Il a des problèmes de santé ?
— Il est cloué sur une chaise roulante et on n'est même pas sûrs qu'il remarche un jour. Dans le meilleur des cas il lui faudra deux béquilles.
— Puis-je te demander ce qui lui est arrivé ?
— Une bêtise de gamin. Il a voulu faire le fou avec la mobylette du grand-frère d'un copain et il est passé sous une voiture. Il a été un peu touché à la colonne vertébrale et il a eu les jambes broyées.
— On lui fait de la rééducation ?
— Oui mais il en est encore à la phase couchée. On essaye de le débloquer en forçant sur ses articulations. Ça fait déjà deux mois qu'il subit des tortures quotidiennes pour des résultats, pour l'instant, insignifiants. J'essaye d'assister aux séances quand je peux, mais je ne supporte plus ses cris de douleur et de détresse.
— Quel âge a-t-il ?
— Onze ans. Si tu l'avais connu il y a un an, avant son accident ; c'était un vrai petit ange mon Valentin. Maintenant c'est un être brisé.
— Pauvre enfant. C'est épouvantable et je comprends ta peine. Si je peux faire quelque chose pour vous réconforter, ton petit frère et toi, je le ferai sans hésiter. Je vous plains tous très sincèrement car personne ne mérite de porter une telle croix. Tes parents doivent être effondrés. En tout cas je t'admire beaucoup. Tu sais remarquablement donner le change.
— Tu sais, cela fait des mois que je compose un personnage gai pour mon petit frère. Il n'a pas besoin de voir en permanence des figures d'enterrement. C'est pour ça que je sais aussi bien jouer la comédie.
— Comment passe-t-il ses journées ?
— Il a une console de jeux et puis il dessine.
— Il aime dessiner ?
— Oui. Heureusement il lui reste ça. Mais ça ne remplacera jamais ce qu'il a perdu. Lui, son rêve c'était de devenir joueur de football professionnel comme bien des garçons de son âge.
— Il est hospitalisé à Toulouse ?
— Oui. A Purpan. C'est l'usine là-bas, mais ils sont très bien équipés et puis c'est totalement pris en charge par la Sécurité Sociale.
— Tu crois que ça pourrait lui faire plaisir de voir une nouvelle tête ?
— Je pense que oui mais tu sais, tu ne me dois rien. C'est mon frère.
— Justement ! C'est ton frère ! Si on devient belles-sœurs, ça sera aussi un peu le mien.
— Tu sais, Benoît ne m'a pas demandé en mariage. D'ailleurs il ne sait pas encore pour Valentin.
— Alors, c'est un imbécile ! Il y a un jour particulier pour aller voir Valentin ?
— Le jeudi après-midi je ne peux pas aller le voir. Les autres jours de la semaine, j'arrive à m'arranger après les cours.
— Cela ne perturbe pas trop tes études ?
— Si, mais qu'est-ce que je peux y faire ?
— Tu ne peux pas obtenir de l'aide ?
— Mes parents n'ont pas les moyens.
— Et le week-end ?
— Jusqu'à présent ils venaient à Toulouse pour le week-end, mais ils m'ont carrément dit qu'à partir de la mi-octobre, il faudrait que ce soit moi qui m'en occupe.
— C'est dur tout de même !
— Qu'est-ce que tu veux, ils disent qu'ils n'ont pas les moyens de me payer des études et de venir le week-end à Toulouse. Alors moi, je suis complètement coincée : Si je veux pouvoir continuer mes études, il faut que je m'occupe de mon petit frère le week-end, ce qui m'empêchera de réussir ; j'ai besoin de beaucoup travailler pour ça, car je n'ai pas la chance d'être très douée. Ma seule distraction c'est le rugby. Si j'arrête mes études, il faut que je trouve un job ce qui m'empêchera de m'occuper de Valentin pendant la semaine.
— Je suis sûre qu'il doit y avoir une solution.
— Eh bien, si tu en trouves une, tu es très forte. Moi, ça fait plusieurs mois que je retourne le problème dans ma tête, mais je n'ai plus d'idée.
— Il a des problèmes de santé ?
— Il est cloué sur une chaise roulante et on n'est même pas sûrs qu'il remarche un jour. Dans le meilleur des cas il lui faudra deux béquilles.
— Puis-je te demander ce qui lui est arrivé ?
— Une bêtise de gamin. Il a voulu faire le fou avec la mobylette du grand-frère d'un copain et il est passé sous une voiture. Il a été un peu touché à la colonne vertébrale et il a eu les jambes broyées.
— On lui fait de la rééducation ?
— Oui mais il en est encore à la phase couchée. On essaye de le débloquer en forçant sur ses articulations. Ça fait déjà deux mois qu'il subit des tortures quotidiennes pour des résultats, pour l'instant, insignifiants. J'essaye d'assister aux séances quand je peux, mais je ne supporte plus ses cris de douleur et de détresse.
— Quel âge a-t-il ?
— Onze ans. Si tu l'avais connu il y a un an, avant son accident ; c'était un vrai petit ange mon Valentin. Maintenant c'est un être brisé.
— Pauvre enfant. C'est épouvantable et je comprends ta peine. Si je peux faire quelque chose pour vous réconforter, ton petit frère et toi, je le ferai sans hésiter. Je vous plains tous très sincèrement car personne ne mérite de porter une telle croix. Tes parents doivent être effondrés. En tout cas je t'admire beaucoup. Tu sais remarquablement donner le change.
— Tu sais, cela fait des mois que je compose un personnage gai pour mon petit frère. Il n'a pas besoin de voir en permanence des figures d'enterrement. C'est pour ça que je sais aussi bien jouer la comédie.
— Comment passe-t-il ses journées ?
— Il a une console de jeux et puis il dessine.
— Il aime dessiner ?
— Oui. Heureusement il lui reste ça. Mais ça ne remplacera jamais ce qu'il a perdu. Lui, son rêve c'était de devenir joueur de football professionnel comme bien des garçons de son âge.
— Il est hospitalisé à Toulouse ?
— Oui. A Purpan. C'est l'usine là-bas, mais ils sont très bien équipés et puis c'est totalement pris en charge par la Sécurité Sociale.
— Tu crois que ça pourrait lui faire plaisir de voir une nouvelle tête ?
— Je pense que oui mais tu sais, tu ne me dois rien. C'est mon frère.
— Justement ! C'est ton frère ! Si on devient belles-sœurs, ça sera aussi un peu le mien.
— Tu sais, Benoît ne m'a pas demandé en mariage. D'ailleurs il ne sait pas encore pour Valentin.
— Alors, c'est un imbécile ! Il y a un jour particulier pour aller voir Valentin ?
— Le jeudi après-midi je ne peux pas aller le voir. Les autres jours de la semaine, j'arrive à m'arranger après les cours.
— Cela ne perturbe pas trop tes études ?
— Si, mais qu'est-ce que je peux y faire ?
— Tu ne peux pas obtenir de l'aide ?
— Mes parents n'ont pas les moyens.
— Et le week-end ?
— Jusqu'à présent ils venaient à Toulouse pour le week-end, mais ils m'ont carrément dit qu'à partir de la mi-octobre, il faudrait que ce soit moi qui m'en occupe.
— C'est dur tout de même !
— Qu'est-ce que tu veux, ils disent qu'ils n'ont pas les moyens de me payer des études et de venir le week-end à Toulouse. Alors moi, je suis complètement coincée : Si je veux pouvoir continuer mes études, il faut que je m'occupe de mon petit frère le week-end, ce qui m'empêchera de réussir ; j'ai besoin de beaucoup travailler pour ça, car je n'ai pas la chance d'être très douée. Ma seule distraction c'est le rugby. Si j'arrête mes études, il faut que je trouve un job ce qui m'empêchera de m'occuper de Valentin pendant la semaine.
— Je suis sûre qu'il doit y avoir une solution.
— Eh bien, si tu en trouves une, tu es très forte. Moi, ça fait plusieurs mois que je retourne le problème dans ma tête, mais je n'ai plus d'idée.
Quand Michèle revint de Condom avec les courses, elle eut la surprise de sa vie. Simona dormait la tête appuyée sur l'épaule de MarieClaude qui avait passé affectueusement un bras autour d'elle… ou plutôt autour d'une petite partie d'elle. MarieClaude fit discrètement un petit signe à sa mère pour lui faire comprendre qu'il fallait laisser Simona tranquille pour l'instant. Lorsqu'enfin celle-ci se réveilla, tout le monde était assis de nouveau sur la terrasse. Elle les regarda un peu gênée.
— Je crois que j'ai eu un méga-coup de pompe. J'ai dû trop manger à midi. J'espère que vous ne vous êtes pas inquiétés.
Elle avait repris le dessus. Elle recommença à échanger des plaisanteries avec Françoise tout en tarabustant Benoît qui adorait être sa tête de turc. Il semblait ressentir pour elle une réelle affection. MarieClaude décida de profiter d'un moment où Simona était montée se changer pour parler à son frère. Après un regard appuyé vers Cédric, elle lui dit.
— Mon chéri, tu te souviens (Elle appuya un peu sur le « tu te souviens ».) que tu voulais demander un conseil à Benoît à propos de la voiture ?
— Heu oui bien sûr, j'allais oublier !
— Heu oui bien sûr, j'allais oublier !
Benoît observa :
— Tu sais, je n'y comprends pas grand-chose en matière de bagnoles. Quel est le problème ?
— Il faut qu'il te montre. Il va falloir qu'il ouvre le capot avant pour ça.
— Bon d'accord. Je te suis Cédric.
— Je viens avec vous, les garçons.
— Tu t'y connais en voitures ?
— Non, mais justement j'aimerais m'y connaître.
— Il faut qu'il te montre. Il va falloir qu'il ouvre le capot avant pour ça.
— Bon d'accord. Je te suis Cédric.
— Je viens avec vous, les garçons.
— Tu t'y connais en voitures ?
— Non, mais justement j'aimerais m'y connaître.
Arrivés à la voiture, Cédric ouvrit le capot avant. Il ne voyait pas où MarieClaude voulait en venir, mais il pensa qu'elle avait de bonnes raisons d'agir comme elle le faisait. Lorsqu'ils furent cachés par le capot avant, MarieClaude se tourna vers son frère.
— Dis donc Benoît, qu'est-ce que tu attends pour demander Simona en mariage ?
Benoît regarda sa sœur avec effarement et bafouilla.
— Ben heu, je voulais d'abord savoir ce qu'en penserait la famille.
— Mais dis-moi, tu n'as manifestement pas attendu de savoir ce qu'en penserait la famille pour coucher avec elle ?
— Ben j'ai un peu peur de me prendre un râteau.
— Un râteau ?
— Ben heu oui, un râteau. Ça veut dire me faire envoyer sur les roses.
— Mon frère est un débile mental. Tu n'es pas d'accord Cédric ?
— Mais dis-moi, tu n'as manifestement pas attendu de savoir ce qu'en penserait la famille pour coucher avec elle ?
— Ben j'ai un peu peur de me prendre un râteau.
— Un râteau ?
— Ben heu oui, un râteau. Ça veut dire me faire envoyer sur les roses.
— Mon frère est un débile mental. Tu n'es pas d'accord Cédric ?
Ce dernier se prit au jeu.
— Peut-être exagères-tu un peu. Il n'est pas débile, il est un peu crétin, même beaucoup crétin, mais pas vraiment débile. D'ailleurs je suis sûr qu'il va de ce pas faire sa demande.
Benoît répondit précipitamment :
— Oui ! oui ! Dès que nous serons à Toulouse, je lui ferai ma demande.
— Tu vois, ma chérie, il n'est pas complètement débile puisqu'il essaye de nous balader. Il est simplement très crétin puisqu'il pense qu'on va être dupes. Il sait très bien qu'une fois à Toulouse, il pourra faire ce qu'il veut.
— Tu dois avoir raison mon chéri. Alors, comme finalement il aspire à être moins crétin que très crétin, il va s'exécuter tout de suite.
— Bon ! bon ! ça va ! vous avez gagné. J'y vais tout de suite.
— Bravo ! Je suis très fière pour ta promotion au grade de un peu crétin… poussinou!
— Inutile de vous ficher de moi en plus.
— Tu vois, ma chérie, il n'est pas complètement débile puisqu'il essaye de nous balader. Il est simplement très crétin puisqu'il pense qu'on va être dupes. Il sait très bien qu'une fois à Toulouse, il pourra faire ce qu'il veut.
— Tu dois avoir raison mon chéri. Alors, comme finalement il aspire à être moins crétin que très crétin, il va s'exécuter tout de suite.
— Bon ! bon ! ça va ! vous avez gagné. J'y vais tout de suite.
— Bravo ! Je suis très fière pour ta promotion au grade de un peu crétin… poussinou!
— Inutile de vous ficher de moi en plus.
Pendant que Cédric refermait le capot, Benoît se dirigea d'un pas ferme vers la terrasse. Simona étant redescendue entre temps, il l'attrapa par la main et lui dit d'un ton rogue :
— On remonte !
Il la traina derrière lui pour la faire rentrer et ils remontèrent dans la chambre.
— Je suis impressionné ! Ton frère est un véritable homme du monde !
— Oui ! c'est un grand délicat.
— Oui ! c'est un grand délicat.
Ils entendirent Benoît et Simona discuter dans la chambre. Pour une fois, c'était lui qui semblait parler le plus. Au bout de quelques instants, ils entendirent Simona pousser un cri de joie. Quelques minutes plus tard, ils virent réapparaître Benoît l'air un peu penaud. Simona l'enlaçait serrée tendrement contre lui et le regardait avec adoration.
— Tu vois, Cédric, on cherche toutes un prince charmant.
— Je ne sais pas si on peut vraiment qualifier Benoît de prince charmant. En tout cas, maintenant que le poisson est ferré, elle ne va plus le lâcher.
— Je ne sais pas si on peut vraiment qualifier Benoît de prince charmant. En tout cas, maintenant que le poisson est ferré, elle ne va plus le lâcher.
Benoit toussota.
— J'ai quelque chose à vous annoncer.
Françoise remarqua :
— A ton air idiot, je crois qu'on a tous compris… sauf, peut-être, ton père.
— Il veut épouser Simona ? demanda Roger.
— Tu vois, même ton père a compris.
— Il veut épouser Simona ? demanda Roger.
— Tu vois, même ton père a compris.
MarieClaude vint près de Simona et l'embrassa.
— Je suis très contente pour vous deux.
Simona lui répondit à voix basse :
— Tu es une magicienne. Merci pour ça aussi.
Roger dit nostalgique :
— Ça me rappelle nous, quand nous étions jeunes !
Michèle remarqua :
— Il me semble me souvenir que tu n'avais pas pris autant de gants avec moi.
— Eh bien, moi, il me semble me souvenir que ça ne t'avait pas déplu du tout.
— Chuuut !
— Eh bien, moi, il me semble me souvenir que ça ne t'avait pas déplu du tout.
— Chuuut !
Michèle avait pris Simona dans ses bras. Elle avait toujours accueilli avec plaisir les camarades de son fils. Alors, l'idée qu'il venait maintenant avec une fiancée ne pouvait que la remplir de joie. Pendant ce temps, MarieClaude s'était approchée de Benoît. Il lui sourit un peu confus.
— Tu vois, je l'ai fait.
— Tu es heureux ?
— Je crois bien que oui. Ton conseil était bon.
— J'ai un autre conseil : Ecoute la bien attentivement. Elle a terriblement besoin de toi en ce moment.
— Je ne vois pas ce que tu veux dire.
— Ce que je veux dire, c'est que c'est très bien de faire des câlins et de raconter des sottises, mais qu'à certains moments, il faut aussi savoir écouter. Simona n'existe pas seulement le dimanche sur les terrains de rugby.
— Elle t'a dit quelque chose en particulier ?
— Oui, mais c'est à toi qu'il aurait fallu qu'elle le dise. Je ne peux pas faire l'intermédiaire. Ce serait malsain.
— Je crois que j'ai compris le message. Je vais lui demander ce qu'elle t'a dit.
— Non ! Tu n'as rien compris ! Il faut qu'elle puisse te parler spontanément ; pas qu'elle te répète ce qu'elle m'a dit à moi.
— Comment je dois faire ?
— Tu es heureux ?
— Je crois bien que oui. Ton conseil était bon.
— J'ai un autre conseil : Ecoute la bien attentivement. Elle a terriblement besoin de toi en ce moment.
— Je ne vois pas ce que tu veux dire.
— Ce que je veux dire, c'est que c'est très bien de faire des câlins et de raconter des sottises, mais qu'à certains moments, il faut aussi savoir écouter. Simona n'existe pas seulement le dimanche sur les terrains de rugby.
— Elle t'a dit quelque chose en particulier ?
— Oui, mais c'est à toi qu'il aurait fallu qu'elle le dise. Je ne peux pas faire l'intermédiaire. Ce serait malsain.
— Je crois que j'ai compris le message. Je vais lui demander ce qu'elle t'a dit.
— Non ! Tu n'as rien compris ! Il faut qu'elle puisse te parler spontanément ; pas qu'elle te répète ce qu'elle m'a dit à moi.
— Comment je dois faire ?
MarieClaude se mit carrément en colère.
— Fais marcher ton cerveau ! Je te rappelle que je ne suis que ta petite sœur. Je ne suis pas là pour faire ton éducation !
— Bon, d'accord ! Je vais y réfléchir.
— OK, mais réfléchis vite.
— Bon, d'accord ! Je vais y réfléchir.
— OK, mais réfléchis vite.
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