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Couverture de Nina et son ange gardien, par OliH
Couverture de Nina et son ange gardien, par OliH
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Nina et son ange gardien — Chapitre 6 · Premier verre

8 minutes
6
Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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OliH
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Ce chapitre tient dans une conversation — deux femmes, un café, la nuit bruxelloise autour d'elles. On aime la façon dont Angèle parle d'elle-même sans ménagement et dont Nina, en face, essaie de rester neutre alors que rien en elle ne l'est. Le Cirio existe pour de vrai, les bières belges aussi, et on est dans ce café avec elles jusqu'au dernier souffle blanc dans le froid.

Nina et son ange gardien

Chapitre 6 · Premier verre

Le soir tomba vite sur Bruxelles, comme toujours en janvier. À peine dix-sept heures trente et déjà les lampadaires s’allumaient, jetant des halos orangés sur les pavés mouillés. Nina était rentrée chez elle après le campus, le numéro d’Angèle toujours inscrit sur sa paume droite, elle n’avait pas osé le laver, même en se douchant. Les chiffres noirs s’étaient un peu estompés, mais restaient parfaitement lisibles. Elle les avait regardés pendant des minutes entières, assise sur son lit, le téléphone dans la main, le pouce suspendu au-dessus de l’écran.
Elle avait répété mentalement une dizaine de versions du message. Des trucs légers, drôles, neutres. Rien de trop appuyé. Rien qui trahissait ce qui bouillonnait en elle.
Finalement, elle tapa simplement :
Nina (18:12) : Salut Angèle, c’est Nina (la fille des livres sous la pluie ���
). Ça te dirait un verre ce soir ? Si t’es libre, bien sûr.
Elle envoya avant de pouvoir se raviser. Le petit voyant « lu » apparut presque immédiatement.
Angèle (18:14) : Salut Nina ! Oui avec plaisir 😊 Je suis dispo là tout de suite si tu veux. Tu connais Le Cirio, rue de la Bourse ? Dans une heure ?
Nina sentit son estomac faire un triple saut arrière.
Nina (18:15) : Parfait. À tout de suite alors.
Elle se leva d’un bond, le cœur à cent à l’heure. Une heure. Elle avait une heure pour se rendre présentable, pour calmer ses nerfs, pour se convaincre qu’elle allait juste boire un verre avec une fille sympa.
Pas un rencard. Pas une déclaration. Juste un verre.
Elle choisit une tenue simple mais soignée : jean noir, pull fin gris anthracite, bottines en cuir, un manteau long qu’elle laissa ouvert. Un peu de mascara, un baume à lèvres teinté, rien d’excessif. Elle se regarda dans le miroir une dernière fois, se força à sourire.
« Tu ne vas pas draguer un mec, Nina. T’es juste… curieuse. Amicale. Respire. »
Elle sortit à dix-neuf heures cinq, marcha vite vers la Bourse. Le Cirio était un autre de ces vieux cafés bruxellois mythiques : bois sombre, miroirs anciens, banquettes en velours rouge usé, lustres en cuivre. À cette heure, il n’était pas encore bondé. Quelques habitués au comptoir, un couple dans un coin, un homme seul qui lisait Le Soir.
Angèle était déjà là.
Assise à une petite table ronde près de la fenêtre, dos à la salle, face à la vitre embuée. Elle portait un pull oversized beige, un jean large, des Dr. Martens noires. Ses cheveux étaient relevés en un chignon lâche, quelques mèches tombant sur sa nuque. Elle leva les yeux quand Nina entra, et son visage s’illumina d’un sourire franc.
« Ah. Te voilà ! »
Nina s’approcha, maladroite, posa son manteau sur le dossier de la chaise.
« Salut… Je suis venue un peu en avance. »
« T’inquiète. J’étais là depuis dix minutes. J’aime bien arriver tôt aussi. »
Elles s’assirent. Le serveur passa. Angèle commanda une bière brune, Nina une blanche, elle n’avait pas confiance en son estomac pour supporter autre chose. Elles trinquèrent doucement. Le verre tinta. Nina but une gorgée, trop vite. Elle sentit le liquide frais descendre, mais ça ne calma pas le feu qui lui brûlait les joues.
Et puis le silence s’installa.
Pas un silence gênant au début.
Juste… un silence.
Nina ouvrit la bouche pour dire quelque chose, n’importe quoi, mais rien ne vint. Elle se contenta de sourire bêtement, de jouer avec le sous-bock en carton, de regarder les bulles dans son verre.
Angèle, elle, ne semblait pas mal à l’aise. Elle prit une gorgée, posa son verre, et se mit à parler.
Comme si elle avait attendu ce moment.
« Tu sais, quand tu m’as percutée l’autre jour sous la pluie, j’ai pensé : “tiens, une fille qui a l’air aussi paumée que moi à quinze ans”. »
Nina releva les yeux, surprise.
Angèle continua, la voix calme, presque détachée.
« J’ai grandi sans parents. Orpheline à douze ans. Accident de voiture. Mes parents rentraient d’un week-end en Ardenne, un camion a dérapé sur l’autoroute. Ils sont morts sur le coup. Moi j’étais chez une tante pour la nuit. Du jour au lendemain, plus rien. »
Nina sentit sa gorge se serrer. Elle voulut dire quelque chose, un « je suis désolée », un truc banal, mais Angèle leva doucement la main.
« Pas besoin de condoléances. C’était il y a longtemps. Après, j’ai été placée. Famille d’accueil numéro un : sympa, mais débordés. Famille numéro deux : moins sympa. Famille numéro trois : carrément toxique. J’ai commencé à faire des conneries à treize ans. Fumer des joints dans les parcs, voler dans les magasins pour le frisson, fuguer pendant des jours. À quinze ans, j’ai failli partir en maison de redressement pour une histoire de bagarre au couteau, j’avais défendu une copine, mais c’est moi qui ai pris le couteau des mains du mec. J’ai fini avec un sursis et une obligation de suivi psy. »
Nina écoutait, immobile. Elle n’avait jamais entendu quelqu’un parler de son passé avec autant de détachement. Pas de larmes, pas de tremblements dans la voix. Juste les faits, posés là, comme des pierres sur une table.
Angèle but une gorgée.
« Et puis à dix-sept ans, je l’ai rencontré. »
Nina sentit son cœur se contracter.
« Mon mec. Sébastien. Il avait vingt-deux ans à l’époque. Il bossait comme éducateur spécialisé dans le centre où j’allais pour mes rendez-vous obligatoires. Il m’a pas draguée, rien de glauque. Il m’a juste écoutée. Vraiment écoutée. Sans jugement. Il m’a dit un jour : “T’as le droit d’être en colère, Angèle. Mais tu n’es pas obligée de te détruire ainsi.” »
Elle sourit, un sourire doux, presque nostalgique.
« Il m’a calmée. Il m’a aimée comme j’étais, avec mes cicatrices, mes crises, mes nuits blanches. Il m’a remise dans le droit chemin, petit à petit. Il m’a poussée à reprendre mes études, à passer mon bac en candidat libre, à entrer à l’université. Sans lui, je serais probablement en prison, SDF, ou pire. »
Nina sentit un poids énorme s’abattre sur elle.
Elle se sentait sale. Monstrueuse.
Parce que pendant qu’Angèle parlait de cet homme, cet homme qui avait tout d’un saint, qui avait sauvé une gamine brisée, qui l’aimait vraiment,
Nina ne pouvait penser qu’à une chose : elle rêvait de lui voler Angèle.
Elle s’imaginait l’embrasser. La toucher. La faire gémir. Elle imaginait la prendre dans ses bras, la consoler, la faire jouir. Et pendant qu’Angèle racontait comment Sébastien l’avait sauvée, Nina sentait une chaleur traîtresse monter entre ses cuisses, une humidité qu’elle maudit intérieurement.
Elle était un monstre.
Un monstre jaloux, égoïste, prête à détruire le bonheur de quelqu’un qui le méritait mille fois plus qu’elle.
Angèle finit son verre, regarda l’heure.
« Bon… il se fait tard. Faut que je rentre. Sébastien m’attend. »
Nina hocha la tête, incapable de parler.
Elles se levèrent. Angèle paya les deux consommations.
« C’est moi qui invite, pour fêter notre rencontre officielle. »
Et elles sortirent dans la nuit froide.
Dehors, il gelait légèrement. Leur souffle faisait des nuages blancs.
Angèle se tourna vers Nina, lui fit la bise, une joue, puis l’autre. Un contact léger, chaleureux. Nina sentit son parfum, vanille et quelque chose de boisé, et faillit fondre sur place.
« Merci pour ce soir, Nina. C’était sympa de parler. On se refait ça bientôt ? »
Nina murmura un « oui » à peine audible.
Angèle sourit une dernière fois, remonta le col de son manteau et s’éloigna vers la station de métro.
Nina resta plantée là, les bras ballants.
L’optimisme du matin avait disparu.
Complètement.
Il ne restait plus rien.
Juste une boule dans la gorge, une brûlure dans la poitrine, et cette certitude froide : elle était amoureuse d’une fille qui en aimait un autre sincèrement. Une fille qui avait traversé l’enfer et qui avait trouvé son ange gardien à elle. Un homme bien. Un homme qui l’avait sauvée.
Et elle ? Elle n’était qu’une intruse. Une fille paumée qui fantasmait sur la copine d’un saint.
Elle rentra chez elle à pied, lentement, sans sentir le froid.
Arrivée dans son studio, elle claqua la porte, enleva son manteau, s’assit sur le lit sans allumer la lumière.
Elle posa la main sur sa poitrine, comme pour contenir quelque chose qui voulait sortir.
Et murmura dans le noir :
« Je suis désolée, Angèle. »
Désolée d’exister. Désolée d’aimer. Désolée d’espérer encore, malgré tout.
Elle s’allongea tout habillée, roula en boule sous la couette, et laissa couler les larmes en silence.
Pas de cris, pas de sanglots violents.
Juste des larmes lentes, infinies.
Parce que ce soir, pour la première fois, elle avait compris.
Angèle n’était pas à elle.
Angèle ne le serait jamais.
Et ça faisait plus mal que tout ce qu’elle avait connu jusqu’ici.
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Chapitre 7 · Le message qui pose problème
Nina traîne le poids d'une nuit blanche et d'un amour impossible. Quand Marie lui tend la main après leur dispute, elle se raccroche à cette bouée. Mais entre la culpabilité qui l'étouffe, les sentiments qu'elle n'a pas le droit d'éprouver et la tentation de noyer tout ça, Nina marche sur un fil. La question n'est pas de savoir si elle va tomber, mais comment — et à quel prix.
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