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Couverture de Nina et son ange gardien, par OliH
Couverture de Nina et son ange gardien, par OliH
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Nina et son ange gardien — Chapitre 5 · Le numéro

10 minutes
11
Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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OliH
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On retient longtemps la façon dont Nina se prépare le matin — le choix minutieux du jean, le parfum vanille-jasmin sorti pour les grandes occasions — parce que ça dit tout de l'état dans lequel elle est sans jamais le formuler. L'écriture sait aussi rendre le campus ordinaire menaçant, et le silence intérieur de Nina presque assourdissant. Un chapitre qui tient à des riens et où les riens pèsent tout.

Nina et son ange gardien

Chapitre 5 · Le numéro

Elle rentra chez elle sous une pluie fine qui ne s’était pas vraiment arrêtée depuis la veille. Ses pas étaient lourds, mécaniques, comme si chaque semelle collait un peu au trottoir. La porte de l’immeuble claqua derrière elle avec un bruit sourd qui résonna dans la cage d’escalier vide. Elle monta les trois étages sans allumer la lumière, laissant le néon jaunâtre du palier clignoter faiblement sur les murs écaillés.
Une fois dans son studio, elle laissa tomber son sac à dos près de la porte, enleva ses baskets d’un coup de pied rageur et s’assit sur le bord du lit, les coudes sur les genoux, le visage dans les mains.
Deux problèmes.
Deux gros problèmes qui tournaient en boucle dans sa tête comme un disque rayé.
Le premier : l’Ange. Cette fille qui occupait chaque recoin de ses pensées depuis trois jours. Cette fille qui tenait la main d’un mec et qui pourtant faisait battre son cœur à cent à l’heure rien qu’en y repensant. Cette fille qui avait transformé sa vie en chaos émotionnel en moins de cinq minutes cumulées.
Le deuxième : Marie.
Marie qui était partie en claquant la porte de la taverne, les joues en feu et les yeux pleins de colère et de peine. Marie qui l’avait aimée en silence pendant sept ans. Marie qui avait raison sur toute la ligne et que Nina avait blessée avec une phrase stupide, égoïste, presque cruelle. Marie qu’elle voulait récupérer. Pas comme amante, non, ça, elle ne le voulait pas, pas comme ça, pas par défaut. Mais comme amie. Comme sa meilleure amie. Celle qui la connaissait par cœur, celle qui la faisait rire même quand elle avait envie de pleurer, celle qui lui disait la vérité même quand ça piquait.
Nina soupira longuement. Elle connaissait Marie par cœur, elle aussi. Quand elle était en colère, vraiment en colère, pas juste agacée, il fallait lui laisser du temps. Des jours, parfois une semaine. Si on insistait trop tôt, elle se braquait encore plus. Si on laissait passer le bon moment, elle revenait d’elle-même, avec un petit sourire en coin et un « bon, on oublie ? » qui effaçait presque tout.
Donc, pour l’instant, Marie était intouchable.
Restait l’Ange.
Nina se leva, alla jusqu’à la petite cuisine, se servit un verre d’eau qu’elle but d’une traite. Elle se regarda dans la vitre noire de la fenêtre. Ses yeux étaient encore gonflés de la veille, ses cheveux en bataille. Elle murmura pour elle-même :
« OK. On va tenter le coup. Mais pas la méthode “je te balance tout direct”. »
Elle ricana intérieurement en imaginant la scène.
Se planter devant la fille, sourire crispé, et lâcher d’une traite :
« Bonjour, je m’appelle Nina, je crois que je suis amoureuse de vous et j’aimerais vous lécher la chatte. J’espère que vous êtes un peu lesbienne parce que moi, pas du tout jusqu’à ce que je vous rencontre. »
Elle éclata d’un rire nerveux, presque hystérique, qui se transforma vite en sanglot étouffé. Non. Impossible. Ridicule. Humiliant.
Et surtout inefficace.
Non, il fallait y aller doucement. Devenir son amie. Se rapprocher. Laisser les choses venir. Même si Marie, à demi-mot, avait déconseillé cette voie. Même si Marie avait laissé entendre que c’était la pire des tortures : espérer en silence, année après année.
Mais Nina n’avait pas le choix. Elle ne se voyait pas faire autrement.
Pas encore.
Elle alla se coucher tôt. Pas de rêves cette nuit-là, ou du moins, elle ne s’en souvenait pas au réveil. Juste un sommeil lourd, sans images, comme une anesthésie temporaire.
Le lendemain matin, elle se leva avec une détermination nouvelle.
Fragile, mais réelle.
Elle prit le temps de se préparer.
Vraiment.
Elle choisit un jean noir slim qui mettait en valeur ses jambes sans trop en faire. Un pull fin couleur crème, col en V discret, qui laissait deviner la courbe de ses seins sans les exhiber. Par-dessus, une veste en cuir souple qu’elle n’avait portée qu’une fois ou deux, trop « habillée » pour la fac, d’habitude. Elle se maquilla avec soin : un fond de teint léger pour masquer les cernes, un trait d’eye-liner fin pour agrandir ses yeux noisette, un rouge à lèvres nude qui donnait juste un peu de couleur. Elle coiffa ses cheveux châtains en vagues naturelles, les laissant tomber sur ses épaules. Un nuage de parfum, celui qu’elle gardait pour les grandes occasions, vanille et jasmin.
Quand elle se regarda dans le miroir de la salle de bain, elle se trouva… belle. Pas dans le sens « je me trouve canon », mais dans le sens « je me sens prête à affronter la journée ». Prête à l’affronter elle.
Elle attrapa son sac, vérifia une dernière fois son reflet, et sortit.
Dehors, le ciel était d’un gris pâle, presque lumineux. La pluie avait enfin cessé. L’air sentait la terre mouillée et les marrons chauds du marchand ambulant au coin de la rue.
Arrivée sur le campus, Nina sentit son pouls s’accélérer. Elle savait que l’Ange était étudiante ici, elle l’avait vue au resto U, elle l’avait vue rire avec ce mec, elle l’avait vue exister dans cet espace. Donc elle était là, quelque part.
Nina commença à chercher.
D’abord discrètement : un tour par la grande esplanade, les yeux balayant les groupes d’étudiants qui fumaient, qui parlaient fort, qui couraient vers leurs amphis. Rien.
Puis elle descendit vers la bibliothèque centrale, remonta par le bâtiment des arts, passa devant le resto U, fermé à cette heure, mais elle y jeta quand même un œil par habitude. Toujours rien.
Le désespoir commença à monter. Et si elle ne la voyait plus jamais ? Et si c’était juste un mirage ? Et si elle avait raté sa chance hier ?
Elle s’arrêta près de la fontaine éteinte, les mains dans les poches, le cœur lourd.
Et puis elle la vit.
Là-bas, à une trentaine de mètres, descendant les marches du bâtiment principal.
Seule.
L’ange marchait d’un pas tranquille, sac en bandoulière, cheveux lâchés aujourd’hui, un manteau long qui flottait légèrement derrière elle. Et il y avait… quelque chose. Une aura. Comme si la foule s’écartait instinctivement sur son passage. Les étudiants qui venaient en sens inverse bifurquaient légèrement, les conversations semblaient baisser d’un ton quand elle passait près d’eux. Pas de façon ostentatoire. Juste… naturellement. Comme si elle portait une lumière invisible.
Le cœur de Nina passa à deux cents battements par minute. Elle sentit ses paumes devenir moites, ses joues chauffer. Ses jambes tremblaient.
Mais elle prit une grande inspiration.
« Allez, Nina. Courage. »
Elle s’avança.
Dix pas. Quinze. Vingt.
L’ange s’arrêta pour consulter son téléphone. Parfait. Nina arriva à sa hauteur, s’arrêta à deux mètres.
Elle ouvrit la bouche.
« Bonjour… Vous vous souvenez de moi ? »
Sa voix sortit plus aiguë qu’elle ne l’aurait voulu, mais avec un sourire, son plus beau sourire, celui qu’elle réservait aux premiers rendez-vous avec les garçons, celui qui faisait fondre Théo autrefois.
L’ange releva les yeux de son écran. Elle la dévisagea pendant trois secondes, le temps de fouiller dans sa mémoire. Puis ses yeux verts s’illuminèrent.
« Ah oui ! Les livres par terre ! »
Elle rangea son téléphone et éclata d’un grand sourire, avec un clin d’œil complice.
« Vous avez retrouvé la parole, visiblement. »
Nina sentit ses jambes flageoler. Ce sourire. Ce clin d’œil. Cette voix chaude avec cette pointe d’accent. Elle fondit intérieurement. Et pire : elle sentit les premiers signes d’excitation monter, cette chaleur traîtresse au creux du ventre, cette moiteur qui revenait déjà entre ses cuisses. Elle serra les cuisses discrètement, espérant que ça n’allait pas empirer.
Elle se racla la gorge.
« Oui… désolée pour l’autre jour. Je… je m’appelle Nina. »
L’ange pencha légèrement la tête, toujours souriante.
« Et moi je m’appelle Angele. »
Nina reçut le prénom comme un coup de poing au foie. Angele. Ange. L’ange. Elle cligna des yeux, bouche entrouverte.
« Vous… vous rigolez ? »
Angele fronça les sourcils, sincèrement perplexe.
« Non ? Pourquoi ? Mais je t’arrête tout de suite : je déteste être vouvoyée. On se tutoie, OK ? »
Nina mit quelques secondes à se remettre du choc. Angele. Bien sûr. Ça ne pouvait être qu’elle.
« Oui… pardon. Angele. C’est… joli. »
Angele haussa les épaules avec un petit rire.
« Merci. Et toi, Nina, ça te va très bien. »
Nina rougit jusqu’aux oreilles. Elle se força à continuer.
« Écoute… je voulais encore m’excuser pour l’autre jour. J’étais… en pleine rupture. Mon ex m’avait larguée la veille. J’étais en colère, stressée, je regardais pas où je mettais les pieds. Ma colère était pas contre toi. Vraiment. »
Angele hocha la tête, compréhensive.
« Je comprends. Ça se voyait que t’étais pas dans ton assiette. Pas de souci. »
Un silence court, presque confortable.
Puis Angele regarda sa montre.
« Merde, mon cours commence dans cinq minutes. Faut que j’y aille. »
Nina sentit la panique monter. Non, pas déjà. Pas si vite.
« Attends… »
Angele s’arrêta, leva un sourcil amusé.
Nina déglutit.
« Est-ce que… ça te dirait qu’on aille boire un verre un de ces jours ? Ensemble ? Juste… pour discuter. Sans livres qui tombent. »
Angele la regarda un instant, comme si elle pesait la proposition. Puis son sourire revint, franc, lumineux.
« Ouais. Pourquoi pas ? »
Elle fouilla dans son sac, sortit un stylo-bille noir, attrapa doucement la main droite de Nina, un contact électrique, chaud, doux, et écrivit son numéro sur sa paume ouverte. Les chiffres noirs sur la peau claire.
Dix chiffres. Un numéro belge.
Angele referma les doigts de Nina sur le numéro, comme pour le protéger.
« Appelle-moi. »
Elle lui fit un dernier clin d’œil, tourna les talons et s’éloigna vers le bâtiment principal, sa silhouette fine se fondant dans la foule qui reprenait son mouvement.
Nina resta plantée là.
Longtemps.
Elle rouvrit lentement sa main. Les chiffres étaient un peu étalés par la sueur de sa paume, mais encore parfaitement lisibles.
Elle fixait le numéro.
Elle n’en revenait pas.
Elle l’avait fait.
Elle l’avait abordée.
Elle avait parlé.
Elle avait obtenu un numéro.
Un sourire idiot, presque enfantin, étira ses lèvres.
Elle murmura pour elle-même :
« Putain… j’ai réussi. »
Et pour la première fois depuis des jours, son cœur battait fort, mais pas seulement de peur ou de tristesse.
Il battait d’espoir.
Elle referma la main sur le numéro, comme sur un talisman.
Et rentra chez elle à pas lents, le sourire toujours vissé au visage, le ventre en feu, l’esprit en fête.
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Chapitre 6 · Premier verre
Bruxelles, janvier. Nina a le numéro d'Angèle inscrit dans la paume. Un verre au Cirio, un café mythique aux banquettes rouge sombre — voilà tout ce qu'elle s'autorise à espérer. Mais quand Angèle commence à parler, à poser les pierres de son passé sur la table sans trembler, quelque chose change. Nina écoute, et plus elle écoute, plus ce qu'elle ressent prend de la place — bien au-delà de ce qu'elle avait prévu.
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