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Couverture de L'encre et le désir, par alfredo20045
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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L'encre et le désir — Chapitre 19

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alfredo20045
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L'encre et le désir

Chapitre 19

Le rire de Vicky monta d'abord dans sa gorge, un son grave et rauque, presque un gémissement étouffé, avant de s'échapper entre ses lèvres entrouvertes — un rire doux, moqueur, qui vibra contre la poitrine de Lenoir. Ses dents avaient refermé leur étau sur son mamelon, et la vibration de ce rire fila droit dans sa chair sensible, arrachant un frisson le long de son dos. Il relâcha la pression, ses lèvres encore collées à sa peau, et leva les yeux vers elle.
Les mains de Vicky quittèrent les draps froissés. Ses paumes moites se posèrent sur les joues de Lenoir, de chaque côté de son visage, ses doigts s'enfonçant dans la mâchoire qu'il avait crispée. Elle força sa tête à pivoter, à se dégager de sa poitrine, jusqu'à ce que leurs regards se rencontrent. Les pupilles de Lenoir, dilatées par la faim et la surprise, se fixèrent dans les siennes — des yeux clairs, brillants, presque fous de désir. Elle le tenait maintenant, littéralement, entre ses mains. Son pouce caressa la pommette rasée de Lenoir, traçant la ligne de sa mâchoire avec une lenteur calculée.
— La cravate, murmura-t-elle, sa voix traînante et rauque, c'était un jeu.
Lenoir cligna des yeux. Son doigt était toujours en elle, immobile, sa paume plaquée contre son sexe gonflé. Il sentait les contractions de sa chair autour de sa phalange, chaudes et humides.
— Je voulais voir, continua Vicky, son regard plongé dans le sien sans ciller, jusqu'où tu irais.
— Jusqu'où tu serais prêt à tomber pour reprendre le contrôle, ajouta-t-elle d'un ton plus bas, presque un murmure de conspiratrice.
Un muscle tressaillit dans la mâchoire de Lenoir, sous la paume de Vicky. Ses narines se dilatèrent. Son torse massif se souleva contre elle, écrasant son sein nu contre ses côtes, et elle sentit son cœur cogner — rapide, dur, presque aussi vite que le sien.
— Tu— commença-t-il, la voix étranglée.
Elle ne le laissa pas finir. Sa bouche se referma sur la sienne.
Le baiser fut violent, profond, humide. Vicky ouvrit ses lèvres et sa langue fendit celles de Lenoir, léchant le palais, goûtant le sel et la sueur, avalant le souffle qu'il venait d'inspirer. Ce n'était pas un baiser de reddition. C'était un baiser de prise — elle prenait sa bouche comme elle avait pris son contrôle, avec une avidité qui ne laissait rien. Lenoir gémit contre ses lèvres, un son sourd qui vibra dans sa gorge, et sa mâchoire se desserra. Sa langue répondit, fouillant la bouche de Vicky, se tordant contre la sienne dans un ballet mouillé et désespéré. Leurs dents s'entrechoquèrent. La cyprine qui collait leurs bassins ensemble fut réchauffée par le frottement de leurs ventres.
La main de Lenoir quitta l'épaule de Vicky. Elle sentit ses doigts descendre le long de sa colonne vertébrale, suivre la courbe de ses reins, s'attarder sur la fossette au-dessus de ses fesses. Son autre main restait près de son cou, ses doigts effleurant sa pomme d'Adam — un geste qui n'était plus une prise mais une caresse hésitante, presque tremblante. Le grand corps de Lenoir, qui l'avait clouée au matelas avec le poids d'un prédateur, se ramollit imperceptiblement contre elle. Ses épaules s'affaissèrent. Son bassin bascula, et la pointe de sa queue, dure et brûlante, glissa contre la cuisse intérieure de Vicky, laissant une traînée de présemence sur sa peau pâle.
Vicky lâcha sa mâchoire. Sa main droite glissa vers l'arrière, s'enfonçant dans les cheveux courts de sa nuque. Ses doigts se refermèrent sur les mèches, tirant fermement, et Lenoir releva la tête, sa gorge exposée, son regard vague et perdu. Elle lécha la ligne tendue de son cou, sentant le pouls battre sous sa langue — rapide, irrégulier, affolé.
— Prends-moi, souffla-t-elle contre sa peau, ses lèvres frôlant le tendon de son cou. Mais n'oublie pas.
Sa main sur sa nuque se resserra. Les ongles de Vicky s'enfoncèrent dans la chair à la base de son crâne, traçant des demi-lunes dans la peau moite.
— C'est moi qui te laisse.
Lenoir émit un son — un gémissement rauque, à mi-chemin entre la frustration et l'excitation pure. Sa main quitta les reins de Vicky et attrapa sa cuisse, la relevant, l'ouvrant. Il ajusta son bassin, et elle sentit le gland de sa queue presser contre son entrée, écartant ses lèvres gonflées, glissant dans la cyprine qui avait trempé son sexe. Il poussa d'un coup — un mouvement sec, profond, brutal — et sa queue s'enfonça en elle jusqu'à la racine.
Vicky cambra le dos. Sa bouche s'ouvrit dans un cri muet, ses yeux se fermant une demi-seconde avant de se rouvrir, fixant le plafond blanc. La queue de Lenoir la remplissait, étirait ses parois internes, et elle sentait chaque veine de sa chair pulser contre ses muqueuses. Il commença à bouger — lentement d'abord, des va-et-vient longs et profonds qui faisaient claquer ses reins contre le matelas à chaque retour.
Sa main sur la nuque de Lenoir ne lâcha pas. Ses doigts restaient enfoncés dans ses cheveux, tirant à chaque coup de rein, contrôlant l'angle de sa tête, gardant son visage au-dessus du sien. Lenoir la regardait — ses yeux étaient vitreux, sa bouche entrouverte, son souffle saccadé. Il baisait comme un homme qui avait oublié toute stratégie, tout calcul, toute revanche — il baisait comme un homme possédé.
— Plus fort, murmura Vicky, et sa voix se brisa sur le dernier son quand Lenoir obéit, accélérant son rythme, ses reins frappant les siens avec un bruit mouillé et obscène. La queue s'enfonçait et se retirait, s'enfonçait et se retirait, et à chaque poussée, le gland frottait cette zone sensible au fond d'elle qui faisait trembler ses cuisses.
Ses jambes s'enroulèrent autour des reins de Lenoir, ses talons s'enfonçant dans ses fesses musclées, l'attirant plus profond, toujours plus profond. Sa main libre griffa son dos, laissant des traînées rouges sur sa peau, tandis que l'autre maintenait sa prise sur sa nuque — un ancrage, une laisse invisible, le dernier fil de contrôle qu'elle refusait de lâcher.
Leurs souffles se mêlaient, rauques et désordonnés. Le matelas grinçait sous leurs corps. La cravate en soie noire, déchirée, pendait toujours au cadre du lit comme un trophée oublié — le symbole d'un jeu que Vicky avait gagné en perdant, et que Lenoir perdait en croyant gagner.
Les reins de Lenoir cognèrent contre les siens avec une cadence brutale, chaque poussée enfonçant Vicky dans le matelas dont les ressorts gémissaient en chœur. Sa main droite crispée dans ses cheveux courts le maintenait au-dessus d'elle, leurs souffles mêlés, et elle sentait la tension monter dans son bas-ventre — cette chaleur liquide qui précédait l'effondrement. Les dents de Lenoir se refermèrent sur sa lèvre inférieure, tirant un cri aigu de sa gorge, et ses hanches accélérèrent encore, son sexe durci la remplissant à chaque coup de boutoir. Elle arquait son dos, ses ongles labourant les muscles de ses épaules, prête à laisser la vague l'emporter — quand l'image d'Alex lui traversa l'esprit comme une lame. Son visage. Ce sourire qu'il avait eu en la déposant à l'aéroport. La façon dont il avait glissé sa veste sur ses épaules en murmurant reviens vite.
Son corps se raidit d'un coup. Ses jambes se déroulèrent des reins de Lenoir, ses talons glissant le long de ses fesses, et elle posa ses deux paumes à plat contre sa poitrine. Une poussée ferme. Pas violente, mais sans équivoque. Lenoir interrompit son mouvement, ses hanches figées en plein milieu d'une poussée, son sexe encore enfoui en elle, et il la regarda avec des yeux où la confusion se mêlait au désir brut. Son visage était luisant de sueur, un muscle roulant dans sa mâchoire.
— Qu'est-ce qui te prend ? souffla-t-il, la voix rauque.
Vicky se décala sous lui, son dos glissant contre les draps froissés, et son corps se retira du sien avec un bruit mouillé qui sonna comme un point final. Elle roula sur le côté, ramena ses genoux contre sa poitrine, et posa la plante de ses pieds contre le matelas.
— Prends tes affaires, dit-elle d'une voix plate. Retourne dans ta chambre.
Lenoir cligna des yeux. Son sexe bandé pointait vers elle, tendu, violacé, et il ne bougea pas. Sa main se tendit vers son épaule, mais Vicky recula.
— Tu ne peux pas me laisser comme ça, murmura-t-il, et sa voix avait quelque chose de presque suppliant.
— Je viens de le faire, répondit-elle sans le regarder. Prends tes affaires, Lenoir.
Il resta immobile un long moment, le souffle court, les épaules tombantes. Puis il se leva du lit, ramassa son pantalon par terre, l'enfila en silence. Sa chemise suivit, boutonnée à la hâte, col défait. Il hésita au pied du lit, la regardant une dernière fois, mais Vicky avait détourné le visage vers le mur blanc. La porte se referma avec un déclic sourd.
Le vol de retour s'éternisa. Lenoir, assis deux rangées derrière elle, tenta à deux reprises de l'approcher dans le couloir de l'avion — une main posée sur son coude, un murmure dans son oreille. Vicky retira son bras sans un mot et retourna s'asseoir, les mâchoires serrées. Le reste du trajet se fit dans un silence de ciment.
Dès que les portes de l'aéroport s'ouvrirent, Vicky aperçut Alex qui l'attendait près des sorties, les mains dans les poches de son manteau. Elle accéléra le pas, laissant Lenoir derrière elle, et se jeta dans les bras d'Alex. Il la serra contre lui, son menton posé sur son front, et elle ferma les yeux en respirant son odeur — celle de la maison, du connu, de ce qui n'avait pas été compromis.
Pendant ce temps, Sandra vivait ses jours comme une trajectoire sans turbulence. Entre les draps froissés d'Arnold, ses cuisses écartées pendant qu'il la prenait par-derrière, ses gémissements étouffés dans l'oreiller tandis qu'il la pilonnait avec une régularité patiente. Après l'amour, allongés l'un contre l'autre, ils parlaient. Arnold lui massait la nuque en lui expliquant comment gérer un conflit au bureau. Sandra lui donnait des conseils sur sa relation avec son père. Ils parlaient d'avenir, d'appartement, de vacances. Le sexe était devenu le prélude de conversations, et les conversations le prélude du sexe.
Une année s'écoula. Un dimanche soir d'automne, Sandra et Arnold dînaient dans un restaurant aux murs de pierre, une bague à son doigt, et elle riait en lui montrant des photos de robes de mariée sur son téléphone. De l'autre côté de la ville, Vicky était assise dans le salon, les mains posées sur ses genoux, immobile.
Alex vérifiait son téléphone. Le sien, pas le sien — il venait de le lui prendre des mains pour parcourir ses messages. Il fit défiler l'écran, fronça les sourcils, reposa l'appareil sur la table sans un mot. Vicky serra ses doigts sur ses genoux.
— Tu l'as vu quand ? demanda Alex.
— Qui ?
— Lenoir. Tu as dîné avec lui à Dubaï.
— C'était un dîner professionnel, Alex.
— Tu ne m'as pas dit que c'était avec lui.
— Tu ne m'as pas demandé.
Il se leva, marcha jusqu'à la fenêtre, et resta là, dos tourné. Vicky regarda sa silhouette se profiler contre la lumière du lampadaire. Elle ne bougea pas. Depuis des mois, elle ne bougeait plus — chaque déplacement calculé, chaque sortie justifiée, chaque conversation passée au crible. Il savait où elle était à chaque heure. Il vérifiait ses mails, ses appels, ses achats. Quand elle rentrait, il la regardait avec des yeux qui ne posaient pas de questions parce qu'il n'en avait plus besoin — il savait déjà.
Leur chambre était devenue un lieu de sommeil. Rien d'autre. Alex ne la touchait plus, ou alors par effleurements contrôlés — une main sur l'épaule pour la guider, un bras autour de la taille en public pour marquer son territoire. Vicky ne se souvenait plus de la dernière fois où il l'avait prise, où sa peau avait rencontré la sienne dans autre chose que cette proximité mécanique du couple qui coexiste sans se rencontrer. Elle portait encore de la lingerie noire sous ses vêtements, par habitude, mais personne ne la voyait plus. Personne ne la retirait.
Elle tourna la tête vers la fenêtre. Alex n'avait pas bougé. Dehors, les lumières de la ville scintillaient comme des promesses auxquelles elle n'avait plus accès.
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Chapitre 20
Depuis son retour de Dubaï, Vicky n'est plus que l'ombre d'elle-même. Son fond de teint se fane, son pull gris avale sa silhouette, et son regard semble derrière une vitre éteinte. Face à elle, sa meilleure amie Sandra a remarqué chaque détail. Entre les bougies, les verres de vin et les robes de mariée qui défilent sur un téléphone, une question reste suspendue : que se passe-t-il vraiment entre Vicky et Alex ? Sandra, elle, n'a pas l'intention de laisser cette question sans réponse.
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