Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'encre et le désir — Chapitre 13
Auteur
L'encre et le désir
Chapitre 13
L'orgasme la secoua comme un tremblement, la laissant essoufflée et tremblante sur les draps froissés de son lit. Le message d'Arnold, « Bien rentrée ? », brillait encore sur l'écran de son téléphone, une simple question qui avait fait imploser tout le contrôle qu'elle s'efforçait de maintenir. La culpabilité envers Alex était une bouffée d'air chaud, presque suffocante, mais le désir pour Arnold était une flamme qui continuait de lécher sa peau, même en son absence. Elle ne pouvait pas vivre comme ça, partagée entre ces deux pôles. Il fallait choisir. Il fallait ancrer sa réalité dans quelque chose de tangible, de sûr. Alex.
D'un geste vif, elle balaya le message d'Arnold de son écran, comme si elle pouvait effacer l'homme lui-même. Ses doigts tremblaient légèrement en tapant le numéro d'Alex. La sonnerie retentit, une fois, deux fois. Chaque bip était un coup de marteau sur sa conscience torturée.
— Allô ? La voix d'Alex était douce, un peu endormie, un baume apaisant sur ses nerfs à vif.
— Alex, dit-elle, sa propre voix plus rauque qu'elle ne l'aurait voulu. — C'est Vicky. Désolée pour l'heure. Elle s'assit, les seins nus se balançant légèrement, les tétons encore durs du souvenir de l'orgasme. — J'ai pensé à ce que tu m'as dit... à propos de te voir. J'ai eu tort de te repousser. Je suis... seule. Et je veux te voir. Maintenant.
Il y eut un silence de l'autre côté, puis sa voix revint, empreinte d'une précaution qui la blessa presque. — Tu es sûre ? Tu semblais vraiment fatiguée.
— Je suis sûre, insista-t-elle, ajoutant une pointe de sensualité dans son ton, une arme qu'elle connaissait bien. — Viens. J'ai besoin de toi.
L'invitation était claire, sans équivoque. Vingt minutes plus tard, le buzzer de son interphone retentit. Son cœur s'emballa, un mélange toxique d'anticipation et de panique. Elle enfila un peignoir de soie rouge, juste assez long pour cacher les marques de la nuit précédente, et alla lui ouvrir.
Alex se tenait dans le couloir, l'air un peu perdu mais visiblement heureux de la voir. Il portait un jean simple et un t-shirt qui moulait des épaules plus larges que celles d'Arnold, une carrure moins imposante. Il n'était pas Arnold. Et c'était précisément pour ça qu'il était là.
— Je suis content que tu m'aies appelée, dit-il en entrant, ses yeux la dévorant.
Vicky referma la porte, le claquement résonnant comme un verdict. Elle se tourna vers lui et, sans un mot, elle passa ses bras autour de son cou et l'embrassa. Ce n'était pas un baiser tendre, mais un baiser affamé, désespéré. Elle cherchait dans sa bouche une ancre, un moyen de noyer l'image d'Arnold qui dansait derrière ses paupières. Alex répondit avec une passion croissante, ses mains glissant sous son peignoir, caressant la peau douce de son dos. Il sentait le savon, la propreté de sa douche récente, mais pas l'odeur âcre du sexe et de la sueur qui imprégnait encore ses souvenirs.
Elle le guida vers sa chambre, le déshabillant en marchant. Chaque pièce de vêtement qu'elle retirait était une tentative de le sculpter, de le transformer. Le t-shirt tomba, révélant un torse moins dessiné. Le jean suivit, et elle s'agenouilla pour le baiser à travers son boxer. Elle ferma les yeux. C'était plus facile comme ça. Dans l'obscurité de son esprit, les contours s'estompaient. La texture changeait. Elle n'était plus à genoux devant Alex dans son appartement chic, mais devant Arnold, dans cette chambre anonyme où elle avait été un objet.
— Suce-moi, grogna Alex, sa voix brisée par le désir.
Mais dans la tête de Vicky, c'était la voix grave et dominante d'Arnold qui commandait. Elle obéit avec une ferveur nouvelle, le prenant profondément dans sa bouche, ses lèvres et sa langue travaillant avec une technique qu'elle venait tout juste d'apprendre. Elle imaginait la main d'Arnold enfoncée dans ses cheveux, la guidant, la contrôlant. Les gémissements d'Alex étaient une bande-son lointaine, un écho de ce qu'elle voulait entendre.
Après quelques minutes, Alex la releva d'un mouvement brusque. — Je veux être en toi, maintenant.
Il la poussa doucement sur le lit et s'étendit sur elle. Vicky écarta les cuisses, le cœur battant la chamade. C'était le moment. Elle ferma les yeux, serrant fort, se concentrant. Elle sentit le poids d'Alex sur elle, sa chaleur, mais son esprit le remplaçait. C'était le corps lourd et puissant d'Arnold qui l'écrasait. C'était sa bite, plus épaisse, plus dure, qui cherchait son entrée.
Alex entra en elle avec un soupir de plaisir. Pour Vicky, ce fut un choc. La sensation était différente, moins intense, moins... remplissante. Mais elle se força à maintenir l'illusion. Elle se jeta dans un rôle dans son propre film. Elle était à lui, entièrement.
— Oh oui, Arnold, murmura-t-elle, le nom s'échappant de ses lèvres avant qu'elle ne puisse le retenir. C'était un souffle, à peine audible, mais il était là.
Le corps d'Alex se figea instantanément. Il se releva sur ses bras, la regardant, son visage une toile de confusion et de naissante colère. — Qu'est-ce que tu as dit ?
Le charme était rompu. L'illusion s'était évaporée, la laissant nue et exposée sous son regard perplexe. La panique la saisit. Elle pouvait mentir, dire qu'elle avait bégayé, que c'était une erreur. Mais une partie d'elle, la part qui avait été façonnée par Arnold et Sandra, savait que la vérité était plus puissante, plus excitante. La destruction était une forme de création.
Elle le regarda droit dans les yeux, un lent sourire se dessinant sur ses lèvres. Un sourire cruel, désabusé. — J'ai dit Arnold, répéta-t-elle, cette fois avec une clarté glaciale. — J'ai fermé les yeux et j'ai imaginé que c'était lui qui me baisait.
Le silence s'installa, plus lourd encore que celui qui avait suivi sa déclaration à Sandra. Alex la regardait comme si elle était une étrangère, une créature venue d'un autre monde. Il se retira d'elle brusquement, le mouvement presque violent.
— Vicky... Qu'est-ce que tu me racontes ? Qui est Arnold ?
Elle se redressa sur ses coudes, ses seins nus offerts à son regard accusateur. Elle ne ressentait plus de honte, seulement une sorte de vide triomphant. Elle avait tout brisé. Elle avait choisi son camp, même si ce camp était un champ de ruines.
— C'est l'homme qui me fait jouir comme tu ne le pourras jamais, dit-elle, les mots sortant comme des coups de poignard. — C'est l'homme qui me possède. Et pendant que tu étais en moi, tu n'étais qu'un substitut. Un corps de remplacement pour que je puisse m'imaginer en lui.
Alex se leva du lit, cherchant ses vêtements avec des gestes maladroits. Il ne la regardait plus. Il était brisé. Et Vicky, allongée sur son lit, sentit pour la première fois ce soir une véritable étincelle de satisfaction. Ce n'était pas l'orgasme qu'elle avait espéré, mais c'était une forme de pouvoir. Elle avait arraché le bandeau, et la lumière, même si elle était cruelle, était finalement venue.
Alex s'immobilisa au bord du lit, ses doigts crispés sur le tissu de son t-shirt qu'il venait de récupérer. Il ne l'enfilait pas. Il restait là, immobile, les yeux fixés sur Vicky — allongée, nue, la peau encore rosie par l'effort, le regard d'une tranquillité qui lui soulevait l'estomac. Elle n'avait pas même cherché à se couvrir. Ses seins se soulevaient doucement, ses cuisses légèrement entrouvertes, et entre elles, la trace brillante de son plaisir à elle — pas pour lui. Jamais pour lui.
Il laissa retomber le t-shirt sur le sol.
Vicky releva la tête, surprise. Il ne s'habillait pas. Il revenait vers elle.
— Tu veux que je te raconte ? lança-t-elle d'une voix traînante, presque moqueuse. Tu veux les détails, Alex ? Tu veux savoir comment il me prenait ?
Il ne répondit pas. Ses mains agrippèrent ses chevilles et la tirèrent vers lui d'un coup sec, faisant craquer le drap sous elle. Vicky eut un hoquet de surprise, son dos glissant sur le matelas jusqu'à ce que ses jambes pendent dans le vide, pliées contre la poitrine d'Alex.
— Raconte, cracha-t-il entre ses dents. Raconte-moi tout ce qu'il te faisait que je ne sais pas faire.
Sa main droite s'enfonça entre ses cuisses, deux doigts brutaux qui l'écartelèrent sans préparation. Vicky émit un son étranglé — pas de douleur, pas exactement — quelque chose entre le souffle coupé et le gémissement. Elle était encore mouillée, encore ouverte, et ses doigts y glissèrent avec un bruit obscène qu'aucun d'eux n'essaya de dissimuler.
— Il me regardait d'abord, murmura Vicky, les yeux mi-clos. Longtemps. Il me regardait me déshabiller et il ne touchait pas. Il —
Alex ajouta un troisième doigt. Le claquement humain de sa paume contre sa fente résonna dans la chambre.
— Et après ? Il te regardait et après quoi ?
— Il me retournait. Comme ça.
Vicky se tourna sur le ventre d'un mouvement fluide, ses hanches se soulevant d'elles-mêmes, offrant la courbe de ses fesses, le pli sombre de sa chatte ouverte sous ses doigts. Alex entendit sa propre respiration se briser. Il défit sa ceinture, fit glisser son jean et son caleçon en un geste, et se positionna derrière elle sans un mot.
Il entra d'un seul coup.
Vicky cria. Pas un cri de douleur — un cri trop plein, trop épais, quelque chose qui lui arracha le ventre et lui monta dans la gorge comme un sanglot. Alex la tenait par les hanches, ses doigts s'enfonçant dans la chair pâle, laissant des marques blanches qui rougiraient plus tard. Il la tirait vers lui à chaque poussée, s'enfonçant jusqu'à la garde, et le bruit — ce bruit mouillé, répugnant, magnifique — emplissait la pièce comme un métronome.
— C'est comme ça qu'il te prenait ? gronda Alex. Par-derrière ? Comme une chienne ?
— Oui, haleta Vicky contre le drap. Exactement comme — oh putain — comme ça.
— Il te défonçait la chatte comme ça ?
— Plus fort. Il allait plus —
Alex intensifia. Ses hanches claquaient contre ses fesses avec une violence qui faisait trembler le sommier, chaque impact propulsant Vicky vers le haut du lit. Elle agrippait l'oreiller, le tordant entre ses doigts, et des sons lui échappaient qu'elle ne contrôlait plus — des « ah » aigus, des gémissements sourds, des fragments de mots sans suite.
— Qu'est-ce qu'il faisait que je ne fais pas ? insista Alex, le souffle court. Dis-le. Dis-moi ce qu'il avait de plus.
— Il — il me mettait —
— Dis-le.
— Il me mettait des doigts dans le cul pendant qu'il me baisait, lâcha Vicky d'un trait, la voix étranglée par les coups de boutoir.
Le silence d'Alex dura une seconde. Puis son pouce trouva l'entrée de son anus, appuya, et s'enfonça jusqu'à la première phalange. Vicky émit un son qu'elle ne s'était jamais entendu produire — un gémissement grave, animal, qui fit se contracter toute sa paroi vaginale autour de la bite d'Alex.
— Comme ça ? demanda-t-il, la voix rauque.
— Oh putain — oui — comme ça — exactement comme ça.
Il la baisa avec une fureur méthodique, chaque coup calculé pour s'enfoncer au plus profond, son pouce qui la pénétrait par-derrière en rythme. Vicky tremblait de partout, ses seins écrasés contre le matelas frottaient les draps à chaque poussée, ses orteils se crispèrent contre ses pieds.
— Tu jouissais pour lui ? demanda Alex. Tu jouissais comme une pute quand il te défonçait ?
— Oui — oui je — oh mon Dieu —
— Dis son nom. Dis son nom pendant que je te défonce.
Vicky hésita. Une demi-seconde. Puis :
— Arnold — oh putain — Arnold me défonçait comme —
Alex la retourna d'un coup. Vicky se retrouva sur le dos, les jambes écartées, et il la pénétra de nouveau en position du missionnaire, son visage à quelques centimètres du sien. Il la regardait. Il la forçait à le regarder.
— Non, souffla-t-il. Regarde-moi. Regarde qui t'encule. Regarde.
Vicky ouvrit les yeux. Le visage d'Alex — déformé, les mâchoires serrées, les yeux brillants de rage et de larmes retenues — se trouvait au-dessus d'elle. Et pourtant, sous lui, sa chatte se contractait, son bas-ventre tressaillait, et quelque chose montait en elle qu'elle n'avait pas prévu.
— Tu ne l'as pas, murmura-t-elle, la voix brisée par les coups. Tu n'as pas ce qu'il —
— Tais-toi. Tais-toi et prends.
Il la pilonnait avec une régularité mécanique, chaque coup frappant son col utérin, et les yeux de Vicky roulèrent malgré elle. Sa bouche s'ouvrit. Ses mains agrippèrent les draps de chaque côté de sa tête.
— Oh — oh putain — oh —
— Jouis pour moi, cracha Alex. Pas pour lui. Pour moi. Maintenant.
Vicky ne savait plus pour qui elle jouissait. L'orgasme la prit par vagues — d'abord un tremblement dans ses cuisses, puis une contraction profonde de son vagin qui broya la bite d'Alex, puis un cri qu'elle étouffa dans le creux de son propre coude, le corps entier arqué sous lui. Alex ne s'arrêta pas. Il continua de la baiser à travers les spasmes, à travers les gémissements suraigus qui laissaient sa gorge sèche.
— C'est moi qui te fais jouir, souffla-t-il contre son oreille. C'est moi. Pas lui. Moi.
Vicky ne répondit pas. Elle ne pouvait plus. Son corps tremblait encore, des secousses résiduelles qui la parcouraient comme des vagues électriques, et entre ses jambes, le sperme d'Alex se déversait en jets chauds qu'elle sentait pulser contre ses parois internes. Il resta en elle, immobile, le souffle rauque, le front posé contre son épaule.
Le silence retomba sur la chambre, ponctué par leurs respirations.
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