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✦ HighLow_93 L’envers du désir XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

L’envers du désir — Chapitre 10 · Confidence pour confidence

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HighLow_93
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L’envers du désir

Chapitre 10 · Confidence pour confidence

À huit heures trente, je suis devant les bureaux. Je n'ai pourtant aucune raison d'y être.
Mon RTT a été validé, mon ordinateur professionnel est resté à la maison et je pourrais parfaitement consacrer cette journée à des activités normales. Aller courir. Faire des courses. Lire. Acheter enfin ces fichues ampoules. Mais je me suis réveillé avec une seule idée en tête. Raconter à Allyah ce que j'ai découvert hier soir.
Je lui ai envoyé un message après le départ de Candice. Tu prends ton café à quelle heure ? J'ai des choses à te raconter.
Elle m'a répondu presque immédiatement.
Si c'est aussi troublant qu'hier, ton heure sera la mienne !
8 h 30. Devant l'entrée. Sois pas en retard.
Allyah est déjà là à mon arrivée, adossée à un muret, près du parking, un gobelet de café à la main. Elle porte un long manteau beige sur un pantalon noir. Ses cheveux sont attachés en queue-de-cheval. On dirait qu’elle s’est maquillée. Elle est très élégante.
Lorsqu'elle m'aperçoit, elle se redresse. Je regarde ma montre, je ne suis pas en retard. Elle sourit et me tend un deuxième gobelet posé sur le muret.
— Tu m'en as pris un ?
— Je suis une hôtesse remarquable.
— Tu es surtout très très curieuse.
— Le sujet est plutôt... Intéressant. Alors ?
Je souffle sur mon café. Pour faire durer.
— Tu as bien dormi ?
— Très mal.
— Ah bon ?
— J'ai passé une partie de ma soirée à me demander ce qui pouvait bien se passer dans cet atelier. Et toi ?
Je souris.
— Pas mieux.
Elle me dévisage. J’hésite un instant.
— Avant qu’on aille plus loin, Allyah, il y a quelque chose qui me gêne un peu…
Elle me regarde par-dessus son café.
— Mince, quoi ?
— Je te raconte des choses que je n'ai jamais racontées à personne. Même pas à Candice, et qui concernent ma vie intime, et surtout la sienne…
— En effet...
— Et toi, finalement, je ne sais presque rien de ta vie privée.
Elle sourit.
— C'est le principe.
— Je suis sérieux.
— Moi aussi.
Elle m'observe quelques secondes.
— Je voudrais qu'on soit un peu à égalité.
Elle hausse les sourcils.
— Tu veux des confidences intimes en échange des tiennes ?
Dit comme ça, j'éprouve comme une pointe d'excitation à laquelle je ne m'attendais pas...
— Pourquoi pas ?
— C'est donc du troc.
Elle réfléchit, tire une dernière bouffée de sa cigarette électronique et la range.
— Ok, je vais te raconter quelque chose, et peut-être que tu vas comprendre un peu pourquoi je suis à ce point, accrochée par ce qui t'arrive... Il y a quelques années, j'ai vécu avec un homme qui était très jaloux.
Je la regarde. Compatissant.
— Ça ne devait pas être drôle.
— Non. Surtout qu'il n'avait absolument aucune raison de l'être. Il était beau, intelligent, parfois drôle et surtout très doué au plumard. Mais...
Elle baisse les yeux vers son café.
— Un soir, à une fête, j'ai senti qu'il m'observait discuter avec un autre homme depuis l'autre bout de la pièce. Il croyait que je ne l'avais pas remarqué.
— Et alors ?
Elle sourit légèrement.
— J'ai continué à discuter...
— Pour le rendre jaloux ?
— Au début, non. Ensuite...
Elle réfléchit.
— Ce qui m'a troublée, ce n'était pas tellement l'autre homme. C'était de sentir le regard de mon mec sur moi.
Je l'écoute.
— Il était jaloux, il avait peur de me perdre, et moi, pour la première fois depuis longtemps, j'avais l'impression qu'il me désirait vraiment, plus que tout. Ça m'excitait de sentir qu'il voulait me posséder à ce point. D'être à lui, sa protégée, sa chose...
Elle grimace.
Un silence.
— Tu lui as dit ?
— Jamais.
— Pourquoi ?
Elle hausse les épaules.
— Parce que je ne voulais pas qu'il pense que ça m'autorisait à subir ses scènes de jalousie. J'aurais voulu que ce soit comme un jeu tu vois ? Une complicité...
Je hoche la tête.
Elle relève les yeux.
— Mais je me souviens encore de ce que j'ai ressenti. D'être regardée, de le savoir, et de faire comme si je n'en savais rien.
Elle sourit.
Je reste silencieux.
— Tu vois, dit-elle, je ne suis peut-être pas aussi étonnée que tu le crois par ce que tu me racontes…
— Vous êtes restés ensemble ?
— Non. Et je ne regrette pas de l'avoir quitté. Mais ce souvenir-là, bizarrement, je l'ai gardé et j'y pense souvent.
Elle me considère avec un petit sourire.
— Alors, monsieur l'enquêteur ? Nous sommes quittes ?
Je réfléchis.
— Je crois que tu es en effet la personne idéale avec laquelle je peux partager tout ça.
Son regard s'anime.
— Allez, raconte-moi !
Nous longeons le bâtiment jusqu'à une petite allée bordée d'arbres, à l'écart des fenêtres.
Je prends une inspiration.
— Hier soir, en rentrant, j'ai peut-être franchi une limite.
Elle ralentit.
— Paul, venant de toi, cette phrase commence à me faire peur.
— J'ai envoyé un message à Candice pour lui dire que j'étais encore au bureau.
— Et ?
— J'étais déjà devant la maison.
Elle s'arrête.
— Tu plaisantes ?
— Non.
— Pourquoi ?
J'hésite.
— Parce que je voulais voir ce qu'elle faisait quand elle me croyait absent.
Allyah me regarde longuement.
— Tu l'as espionnée chez toi ?
— Depuis le jardin.
Elle ferme les yeux.
— Putain...
Je souris.
— Attends la suite.
Elle les rouvre immédiatement.
— Je t'écoute.
Je lui raconte comment j'ai contourné la maison, longé la haie et rejoint la terrasse. Comment, grâce à l'éclairage intérieur, j'ai pu observer Candice sans qu'elle s'en aperçoive.
— Elle préparait le dîner, dis-je. Rien de particulier. Mais elle recevait beaucoup de messages.
— De qui ?
— Je n'en sais rien.
— Et ensuite ?
— Elle a lu quelque chose sur son téléphone. Puis elle a quitté la cuisine pour aller dans le salon.
Allyah ne me quitte pas des yeux.
— Et ?
— Elle s'est déshabillée.
Un silence.
— Quoi ?
— Complètement.
Allyah entrouvre la bouche. Puis la referme.
— Attends. Tu veux dire qu'elle était nue ?
— Oui.
Elle baisse lentement son café.
— Dans votre salon ?
— Au milieu.
— Et toi, tu étais dehors ?
— Oui.
Elle me regarde quelques secondes. Je la vois essayer de se représenter la scène, son regard s'attardant sur moi avec une curiosité qui me met presque mal à l'aise.
— D'accord. Ensuite ?
Je sens sa curiosité presque physiquement.
— Elle a commencé à prendre des positions.
— Des positions ?
— Oui. Debout, d'abord. Très droite. Les épaules en arrière, le menton relevé. Puis elle regardait son téléphone et recommençait, elle ajustait.
Allyah fronce les sourcils.
— Comme si elle suivait un modèle ?
— Exactement.
Elle me fixe.
— De nouvelles instructions...
— C'est ce que j'ai pensé.
Elle laisse échapper un petit rire nerveux.
— Merde, Paul...
— Tu vois pourquoi je voulais te raconter ?
— Attends. Quelles autres positions ?
Je réfléchis. Je revois Candice dans le salon, la lumière sur sa peau, son application presque solennelle. Sa nudité resplendissante.
— Elle a changé plusieurs fois la position de ses bras. Elle les mettait derrière elle, elle baissait la tête. Elle se tenait parfaitement immobile pendant quelques secondes. Et puis, elle s'est agenouillée.
Allyah ne dit rien. Elle a cessé de marcher et semble attendre que je poursuive, sans oser me presser davantage.
— Les mains derrière le dos. Le buste redressé. Elle semblait chercher une attitude très précise.
— Et elle regardait toujours son téléphone ?
— Entre chaque position.
Elle secoue lentement la tête.
— Ça ressemble vraiment à une préparation...
— Pour samedi ?
Elle réfléchit.
— Et après ?
Je regarde mon café.
— Après, elle a pris des photos.
Allyah relève brusquement la tête.
— Des photos ?
— D'elle-même.
— Nue ?
J'acquiesce.
— Des selfies ?
— Oui, mais d'elle tout entière, pas seulement des portraits...
Elle laisse échapper un long souffle. Ses joues sont rouges.
— Eh bien... C'est très chaud...
Je souris.
— Voilà.
— Tu m'avais caché le meilleur.
— Je voulais te le raconter de vive voix.
— Tu as eu raison.
Elle me regarde avec un sourire que je ne lui connaissais pas, puis détourne brièvement les yeux, comme si elle venait de réaliser l'empressement avec lequel elle me réclamait ces détails.
Elle se remet à marcher, puis s'arrête presque aussitôt.
— Elle photographiait quoi tu penses, c'étaient juste des nudes ?
— Ses positions, je crois. Elle plaçait son téléphone devant elle, se mettait en place, prenait une photo, vérifiait le résultat...
— Et recommençait ?
— Oui.
Allyah regarde droit devant elle. Je la laisse réfléchir.
— Tu imagines si elle doit envoyer ces photographies à Magda ? Ou à quelqu'un d'autre ?
— C'est exactement ce que je me demande.
— Tu as vu si elle les envoyait ?
— Non.
— Alors elle les gardait peut-être simplement pour elle.
Je hoche la tête.
— C'est une possibilité à laquelle j'ai songé.
Elle me regarde.
— Mais tu préfères imaginer qu'elle les envoie...
Je souris.
— Tu commences à bien me connaître...
— Je crois que je te connais déjà, tu me fais penser à quelqu'un...
Je préfère ne pas relever, et nous reprenons notre marche.
Allyah a terminé son café, mais elle garde le gobelet vide à la main.
— Il y a quelque chose d'autre qui me fascine dans cette histoire, dit-elle.
— Quoi ?
— Candice...
— Ça, j'avais compris.
Elle me donne un petit coup de coude.
— Non, sérieusement.
Elle cherche ses mots.
— À force de t'écouter, je m'étais imaginé une femme plutôt réservée, très amoureuse de son mari. Je ne la connais même pas, et pourtant j'ai presque l'impression de découvrir une autre Candice en même temps que toi. Voilà que tu me racontes qu'elle s'entraîne seule, nue, dans votre salon, à reproduire des positions devant son téléphone.
Je l'écoute.
— Tu ne trouves pas ça étonnant ?
— Si.
— Mais pas forcément inquiétant.
Je tourne la tête vers elle.
— Pourquoi ?
— Parce qu'elle semble le faire volontairement. Elle pourrait arrêter. Elle pourrait se rhabiller. Personne n'est là pour la surveiller.
Je ne réponds pas.
Elle poursuit :
— Et pourtant, elle recommence jusqu'à ce que ça lui convienne.
Elle semble réfléchir à cette dernière phrase, puis ajoute plus doucement :
— Je me demande ce qu'elle ressent à ce moment-là. Quand elle est toute seule et qu'elle sait que personne ne la regarde.
Je pense à Candice devant son écran. À son sérieux. À cette façon qu'elle avait de corriger ses gestes.
— Tu crois qu'elle aime ça ?
Allyah hausse les épaules.
— Je crois surtout qu'elle a envie d'essayer.
La phrase me traverse avec une force inattendue.
Envie d'essayer.
Je regarde les arbres devant nous.
— Et toi ? demande-t-elle.
— Quoi, moi ?
Elle sourit.
— Quand tu l'as vue, qu'est-ce que tu as ressenti ?
Je prends le temps de réfléchir. Je pourrais lui raconter exactement ce qui s'est passé. Ce que j'ai fait, caché derrière le laurier-rose. Mais je n'en ai aucune envie. Pas encore.
— Je l'ai trouvée incroyablement belle.
Allyah me regarde.
— Ça, je veux bien te croire.
— Et puis...
Je m'interromps.
— Et puis ?
— Ça m'a fait quelque chose de la voir comme ça.
— Comment ça ?
— Seule. Concentrée. À faire quelque chose dont elle ne m'a jamais parlé.
Allyah réfléchit.
— Comme si tu découvrais une inconnue ?
Je tourne la tête vers elle.
— Exactement.
Elle sourit doucement.
— C'est peut-être ça qui te plaît.
Elle me regarde avec une attention nouvelle.
— Tu sais, Paul, je commence à me demander si tu n’as pas envie de prendre ton temps pour résoudre ce mystère...
Je ne réponds rien.
— Avoue que tu y prends un plaisir fou…
Je crois qu'elle vient de mettre le doigt sur quelque chose. Mais je préfère ne pas y réfléchir trop longtemps.
— Suis-je le seul ?
Je lui souris.
Elle soutient mon regard un instant, puis baisse les yeux vers son gobelet. Je ne sais pas si elle évite ma question ou si elle hésite réellement à me répondre.
Nous restons silencieux.
— Et tu as regardé leur site ? demande Allyah.
— Oui.
Son visage s'éclaire.
— Et alors ?
— C'est assez particulier…
— Paul, je t'en supplie, épargne-moi le suspense, dis-moi ce que tu crois !
Je ris.
— C'est très élégant. Des photographies en noir et blanc, des textes sur la confiance, la liberté, l'exploration de soi...
— Ça, j'avais vu. Et le Cercle ?
— C'est justement ce qui m'intéresse. Sur les photographies du site, on découvre des salons élégants, des fauteuils disposés autour de petites tables, cette atmosphère de réception privée. Il y a aussi des textes sur des rencontres confidentielles, des expériences singulières, des réalisations audiovisuelles réservées aux membres…
— Et tu sais ce qu'ils font exactement ? demande-t-elle.
— Non. C'est tout le problème.
Elle réfléchit.
— Ils parlent de sexualité ?
— Pas directement.
— De domination ?
— Pas explicitement.
— De vidéos ?
— Oui. Certaines expériences peuvent être filmées avec l'accord des participants.
Elle relève les yeux.
— Ah...
Je reconnais immédiatement cette expression. La même que la veille, lorsqu'elle cherchait à imaginer ce qui pouvait se passer derrière la porte. Mais cette fois, elle laisse échapper un petit sourire avant de reprendre son sérieux, comme si certaines des possibilités qui lui venaient à l'esprit l'amusaient autant qu'elles la troublaient.
— Mais ils disent que les réalisations sont réservées aux membres.
Allyah reste silencieuse quelques secondes.
— Donc cette vidéo que Candice a reçue...
— Elle pourrait venir de là.
Elle me regarde.
— Et elle a très bien pu être envoyée à plusieurs membres…
Cette idée m’électrise intensément.
— Tu n’as pas réussi à la voir ?
— Non.
Elle paraît déçue.
— Tu penses que Candice l’a ?
— J’en suis presque sûr…
Allyah réfléchit, puis je souris.
— Et j'ai fait autre chose aussi.
Elle se redresse.
— Quoi ?
— Je les ai contactés.
Elle reste bouche bée.
— Tu plaisantes ?
— Non.
— Comment ?
— Via leur formulaire. Tu peux demander des informations pour découvrir l'atelier.
Elle ouvre de grands yeux.
— Paul !
Je souris.
— Quoi ?
— Tu es complètement fou. T’as mis ton vrai nom ?
— Ils demandent un pseudonyme.
Elle me regarde.
— T’as mis quoi ?
— Orphée.
— Hm, monsieur a des lettres…
— Madame aussi à ce que je vois…
— Quoi d’autre ?
— J’ai laissé mon numéro.
Elle réfléchit.
— Qu'est-ce que tu as écrit ?
Je lui répète ma demande.
Je souhaiterais obtenir des informations sur votre Cercle et sur les conditions permettant d'assister à vos rencontres privées.
Allyah m'écoute, puis éclate de rire.
— J'ai essayé de rester convenable.
Elle secoue la tête.
— Tu as bien fait.
Puis elle me regarde avec une curiosité nouvelle.
— Et ils t'ont répondu ?
— Un accusé de réception. Ils disent qu'un membre de leur équipe va me contacter.
Allyah reste silencieuse. Puis elle sourit lentement.
— Donc on attend leur retour…
— On ?
Allyah semble étonnée que je lui pose la question. Elle se considère dorénavant comme faisant entièrement partie de cette aventure.
— Je t’ai fait des confidences intimes aussi, nous sommes une équipe !
Je ris. Elle aussi.
— Aujourd'hui tu penses ?
— J'espère.
Elle regarde ma poche, où se trouve mon téléphone.
— Il est chargé ?
Je ris.
— À cent pour cent.
— Sonnerie activée ?
Elle me donne un petit coup de coude.
— Ne plaisante pas avec ça. J'ai besoin de savoir.
Je la regarde.
— Tu prends cette histoire très à cœur.
Elle sourit, mais ne cherche pas à s'en défendre.
— Tu te rends compte de tout ce que tu viens de me raconter ? Je ne connais pas Candice, je n'ai jamais mis les pieds dans cet atelier, et j'ai passé une partie de ma nuit à essayer d'imaginer ce qui pouvait s'y passer. C'était... Prenant.
Elle rit légèrement, puis ajoute :
— Et maintenant, je me demande presque ce que je vais ressentir quand ton téléphone sonnera.
Je regarde autour de nous. Deux collègues traversent le parking.
Allyah jette son gobelet dans une corbeille.
— Malheureusement faut que j’y aille. Tu me préviens dès que tu as une réponse.
— Évidemment.
Elle hésite.
— Et si tu retournes là-bas ?
— Je te raconterai.
— Tout ?
Je la regarde. Elle sourit.
— Enfin, tout ce que tu voudras bien me raconter.
Je pense à ce que je viens soigneusement de lui cacher. Elle semble lire quelque chose sur mon visage.
— Je sais que tu ne m'as pas tout dit...
Je reste immobile.
— Comment ça ?
Elle hausse les épaules.
— Je ne sais pas.
Puis elle sourit.
— Une intuition.
Je ris nerveusement.
— Tu devrais arrêter de regarder des séries policières.
— Et toi, ne t’étonne pas que je te pose toutes ces questions en me racontant des histoires pareilles.
Elle regarde sa montre.
— Il faut que je remonte, ça va pas être facile de se concentrer…
Je hoche la tête.
Elle fait quelques pas, puis revient vers moi. Elle pose une main sur mon bras.
— Et Paul ?
— Oui ?
— Je suis contente que tu sois venu me raconter tout ça en direct.
Je lui souris.
— Moi aussi.
Elle paraît hésiter une seconde. Puis elle ajoute :
— Je ne sais pas où tout ça va te mener. Mais j'aimerais bien être là pour connaître la suite.
Je la regarde.
— Tu le seras.
Elle sourit.
— Promis ?
— Promis.
Elle me donne une petite tape sur le bras.
— Alors au travail, enquêteur.
Elle s'éloigne vers l'entrée du bâtiment. Je reste quelques instants dans l'allée.
Je viens de raconter à Allyah que j'ai surpris ma femme nue dans notre salon, occupée à répéter des positions et à se photographier. Je lui ai presque tout dit. Presque.
Et je me sens merveilleusement soulagé. Je découvre que l'on peut partager ses secrets sans nécessairement les abandonner. Allyah connaît désormais une partie de ce que j'ai vu. Mais ce que j'ai éprouvé, et surtout ce que j'ai fait, m'appartient encore.
Je récupère mon téléphone.
Aucune nouvelle, mais la journée ne fait que commencer.
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Chapitre 11 · Orphée
Depuis plusieurs jours, Paul observe en secret une adresse discrète de la ville, un lieu dont les stores restent toujours baissés. Ce matin, il s'est installé dans un café face à l'impasse, carnet à la main, décidé à comprendre ce qui s'y trame. Mais une question le hante : comment franchir une porte qu'on ne lui a jamais ouverte, et jusqu'où est-il prêt à aller pour entrer ?
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Commentaires ()

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MAZ814967
6 novembre 2026 à 11:59
L'art est difficile,  la critique est aisée...
Quelle belle histoire. Je suis scotché. Elle fait la part belle au cérébral,  à l'imagination,  aux sentiments confus. Ici, le chemin est plus important que l'arrivée..pour bien comprendre, j'ai relu les chapitres d'un seul trait. Je suis Paul, je veux que cela dure encore. Je suis un voyeur imaginatif, plus qu'un candausliste. au final, le plus important  n'est pas ce qu'il va découvrir, mais ce qu'il perçoit.  Sa complicité avec Allyah est aussi troublante et la aussi laisse planer plein de scénario....
Bravo, continuez sur cette voie...
Mais seul l'auteur....

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