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Couverture de Cybèle et pourtant, par unzeste85
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Cybèle et pourtant — Chapitre 1

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unzeste85
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Cybèle et pourtant

Chapitre 1

Juin quatre-vingt-dix-huit (Prologue)
— Ecoute, ma pitchoune, tu devrais arrêter de te torturer et essayer de penser à autre chose. Tu vas finir par te démolir la santé.
— Mais moi je l'aime cette petite. C'est pour ça que je me fais du souci pour elle.
— Moi aussi je l'aime, mais je te rappelle tout de même qu'elle a aussi un frère.
— Bien sûr, espèce d'idiot. J'adore mon petit-fils. Mais, je ne sais pas pourquoi, chaque fois que je vois la petite puce, j'ai une envie folle de la serrer dans mes bras et de la couvrir de baisers. Ça a été comme ça à la seconde où je l'ai vue pour la première fois à la maternité et, trois ans après, ça n'a pas changé. Alors, quand je la vois marcher, j'ai envie de pleurer. C'est tellement injuste !
— Pourtant sa claudication n'a pas l'air de la gêner du tout. En tout cas, ça ne l'empêche pas d'être une enfant très gaie. Elle est tout le temps en train de rire. Elle est vraiment pétillante.
— Oui mais, pour le moment, elle ne se voit que dans le regard de ses parents qui l'adorent encore plus que moi. Notre fille couve littéralement la sienne et notre beau-fils la vénère. Mais qu'en sera-t-il quand elle se verra dans le regard des autres ? Pour ses parents, c'est la plus belle des petites filles mais, tu sais aussi bien que moi que ce n'est pas vrai.
— Il ne faut pas exagérer ! Elle n'est pas affreuse quand même. Et puis, elle n'a que trois ans. Elle peut changer en grandissant. C'est comme sa claudication ; ça peut s'atténuer à la puberté.
— Je le sais bien et je prie tous les jours pour que tout se passe bien.
— Je sais. Tu n'es pas la seule. Moi aussi je prie pour elle tous les jours. Je ne vois pas ce que nous pouvons faire de plus. Il faut espérer et laisser faire le temps. Regarde d'où elle vient. Si le bon dieu lui a permis de survivre, ce n'est sûrement pas pour qu'elle soit malheureuse toute sa vie.
— C'est vrai ! ça ne sert à rien de remuer sans arrêt des idées noires.
— Non ! ça ne sert à rien. Alors essaye de dormir.
— Tu as raison. Bonsoir, mon chéri.
— Bonne nuit ma pitchoune.
Dix-sept ans plus tard : Sophie
La mini effectua un bruyant dérapage sur le gravier et s'immobilisa devant l'entrée de l'hôtel particulier. Sophie Leroy en jaillit et se précipita à l'intérieur.
— Maman ! Maman !
— Hé bien qu'est-ce qu'il y a ?
— Ça y est, je l'ai eu !
— Ça n'est pas une raison pour crier comme ça. La terre ne va pas s'arrêter de tourner. Vous avez eu les résultats ?
— Oui ! Je suis reçue !
— Ça n'a pas été sans mal. Je suppose que, comme d'habitude, tu n'es pas en tête de peloton.
— Il y en a plusieurs après moi.
— Beaucoup ?
— Heu… deux.
— Ça fait effectivement plusieurs.
Sophie était une jolie blonde d'un mètre soixante-dix, aux mensurations parfaites. Pour tout dire, c'était une beauté. Comme en plus, elle était pleine de vie, de fantaisie et de générosité, elle avait toujours été la coqueluche de sa classe et plus généralement de ses diverses relations. Elle en profitait d'ailleurs sans vergogne, pour régner sur une troupe de soupirants qui se bousculaient dans l'espoir d'être l'élu du jour.
Elle était matériellement archi-gâtée par des parents fortunés dont elle était la fille unique. Son père possédait une des plus grosses études notariales de la ville. Ils habitaient un magnifique hôtel particulier situé dans un grand parc près de Toulouse. Les Leroy faisaient partie du Gratin de la Société toulousaine. Ils comptaient bien que leur fille leur ferait honneur et l'éducation qu'ils lui avaient donnée avait surtout consisté en règles de savoir vivre et en préjugés sociaux. Sophie se mouvait avec aisance dans ce milieu protégé, ce qui ne l'avait pas empêchée de se faire quelques copines en dehors de celui-ci au grand déplaisir de sa mère. Cette dernière le lui avait sèchement fait remarquer à plusieurs reprises mais, n'y pouvant pas grand-chose, n'avait pas insisté, se contentant d'exprimer à l'occasion sa réprobation.
Les relations que Sophie entretenait avec ses parents étaient bizarres pour ne pas dire frustrantes : Autant ils s'étaient occupés d'elle avec constance sur le plan éducatif et financier, autant ils s'étaient toujours abstenus des témoignages habituels d'affection.
— Je suis drôlement soulagée ! Qu'est-ce que j'ai galéré ces derniers mois!
Elle avait réussi à obtenir péniblement ce maudit diplôme national d'art plastique (DNAP), à l'issue d'une troisième année aux beaux-arts de Toulouse, année au cours de laquelle elle avait dû cravacher pour rattraper tout le temps qu'elle avait perdu à s'amuser les deux premières années. Elle avait choisi la filière Design car elle avait pensé que c'était une filière facile. Elle se savait un certain talent dans la décoration et pensait que ça suffirait à lui assurer une réussite facile. Elle avait déchanté assez rapidement mais n'avait pris conscience qu'à la fin de sa deuxième année qu'elle courait à la catastrophe si elle ne réagissait pas vigoureusement. Heureusement, se disait 'elle, ses capacités intellectuelles lui avaient encore une fois sauvé la mise.
— Si tu avais travaillé un peu plus sérieusement au début, tu n'aurais pas eu à cravacher autant à la fin.
— Oui ! Je sais, je sais ! Vous vouliez que j'aie mon diplôme et je l'ai eu. Maintenant c'est terminé pour les études.
— Et que comptes-tu faire si ça n'est pas indiscret ?
— Je vais prendre deux ou trois années de congé sabbatique. Je veux m'amuser.
— Je te rappelle que tu es presque fiancée.
— Beurk ! Ne me parlez pas de cet imbécile. Je ne peux pas le supporter. Il m'horripile. Vous auriez dû me faire un frère. Au moins je ne serais pas obligée de m'encombrer de ce crétin.
— Je ne sais pas si le fils Bouchon est un imbécile, mais, lui, il fait des études notariales et il pourra succéder un jour à ton père. C'est lui qui te permettra de mener la vie que tu aimes. D'autre part, si tu n'as pas de frère c'est qu'après ta naissance nous ne pouvions plus avoir d'enfants, alors nous avons dû nous contenter de toi.
— Pourquoi ne pouvez-vous plus en avoir ?
— Cela ne te regarde pas. On ne parle pas de ces choses-là.
— Tout ça n'empêche pas que Romain est un imbécile doublé d'un goujat.
— Eh bien, il faudra t'y faire ma chère. Si tu voulais pouvoir choisir toi-même ton mari, il fallait faire des études notariales.
— Bon ! bon ! D'accord ! Mais puisque j'aurai à le supporter le restant de mes jours, j'ai bien le droit de mener ma vie avant de me marier.
— Oui, du moment que tu restes discrète. Je te préviens que si tu déclenches un scandale, ton père n'hésitera pas à te couper les vivres.
— Tout plutôt qu'un scandale hein ?
— Absolument. Et après ton mariage ce sera pareil : Tu pourras mener la vie que tu voudras et prendre tous les amants que tu voudras si tu ne fais pas de scandale et que tu fais un héritier.
— J'ai pourtant des amies qui se marient par amour.
— L'amour ? La belle affaire ! ça dure combien de temps l'amour ? Ça permet d'acheter quoi l'amour ? Une étude notariale, ça dure longtemps et ça permet d'acheter des tas de choses. Tu crois que j'aimais ton père quand on s'est marié ?
— Pourquoi ? Vous l'aimez aujourd'hui ?
— Je le respecte en tout cas.
— Eh bien bravo ! Félicitations ! Mais, à propos de félicitations, vous vous souvenez de ce que vous m'aviez promis si j'avais mon diplôme ?
— Oui, ta soirée. Nous n'avons pas oublié. vendredi prochain c'est trop court, mais on va pouvoir organiser ça le six juin. J'ai déjà contacté le traiteur et j'ai préparé les invitations. Nous avons l'intention de faire les choses en grand. Il y aura deux cent personnes à peu près. Ton père fera préparer la salle de réception, l'arrière salle pour les réserves et un vestiaire dans l'entrée. Il fera installer la sonorisation.
— Deux cent personnes ? Je connais beaucoup de monde, mais pas deux cent !
— Tu oublies les parents.
— Quoi ? Vous m'aviez dit que c'était ma soirée à moi !
— Calme-toi ! Nous profitons de ta soirée pour honorer les parents, mais je te garantis qu'à vingt-trois heures, ils seront tous partis, ne serait-ce qu'à cause de vos musiques de sauvages. Au fait, il faut que je dise à ton père qu'il va falloir embaucher trois serveurs pour la soirée.
— Ça n'est pas la peine ! Je vais m'en occuper moi-même. Il faut bien que je m'occupe de quelque chose tout de même !
— Tu es sûre que tu t'en sortiras ?
— Maman ! vous me prenez vraiment pour une gourde !
— Peut-être pas pour une gourde, mais au moins pour une tête en l'air.
— Ça fait partie de mon charme.
— Auquel je ne suis absolument pas sensible.
— Je suppose que vous m'autoriserez quand même à inviter quelques amis en plus.
— Je suppose que tu veux parler d'amis des beaux-arts ?
— Oui. J'ai deux copines que j'aime bien.
— Pas trop de monde tout de même. Je ne suis pas sectaire, mais ce n'est quand même pas le même milieu que toi. Ces enfants qui tutoient leurs parents, ça manque singulièrement de classe.
— Très peu de monde, je vous le promets.
— D'accord.
Sophie voulait juste inviter Armelle et son fiancé ainsi que MarieClaude. Elle les aimait justement parce-que leur fréquentation la reposait d'un milieu que parfois elle trouvait un peu pesant. Elle aurait bien aimé, elle, pouvoir tutoyer ses parents.
Armelle
— Allo maman ? C'est Armelle !
— Alors ma chérie, dis-moi vite. Papa est là.
— Ça y est, je suis reçue et Philippe aussi.
— C'est merveilleux, ma chérie. Papa et moi nous sommes si content pour vous. Vous allez pouvoir vous marier cet été l'esprit tranquille. Ça sera simple mais très sympathique. Il n'y aura que des gens que nous aimons beaucoup. J'ai téléphoné à ta tante à Èze. Elle sera enchantée de venir avec Christian son mari. Catherine viendra aussi et même, peut-être, Cédric. Tu pourras faire la connaissance de Richard le mari de Catherine et de leur petit garçon. Il a deux ans et demi. Marielle et Christian en sont fous. J'espère que nous serons bientôt grands-parents nous aussi.
— On va s'y mettre très rapidement maman.
Armelle, grande et belle jeune femme brune, d'un tempérament calme et équilibré, était satisfaite elle aussi d'avoir réussi son DNAP dans un rang très satisfaisant. Sa réussite était le résultat d'un travail sinon intense du moins sérieux et régulier. Cette réussite mettait aussi un terme à ses études car elle souhaitait entrer tout de suite dans la vie active. Philippe, son fiancé, avait, lui aussi, réussi son DNAP et ils allaient pouvoir se marier cet été.
Compte tenu de la filière qu'ils avaient choisie, le Design graphique, ils trouveraient facilement du travail car leur spécialité était très recherchée sur le marché de l'emploi. Il serait temps car leurs parents à tous les deux avaient des ressources financières relativement limitées et s'étaient beaucoup privés pour leur permettre de faire des études supérieures dans de bonnes conditions. Se dire qu'avec Philippe ils allaient fonder une famille et avoir des enfants la replissait de béatitude. Philippe était un garçon adorable et très équilibré; il ne pourrait être qu'un mari et un père merveilleux.
Les parents d'Armelle étaient tous les deux enseignants et proches de la retraite. Ils avaient été nommés à Condom dans le Gers quand Armelle était encore bébé. Ils n'en avaient pas été ravis tout d'abord car ils étaient habitués à la région parisienne mais n'avaient pas eu le choix. C'était la seule solution pour être nommés tous deux au même endroit. Cependant, la gentillesse simple et chaleureuse des Condomois les avait rapidement fait changer d'opinion et ils n'envisageaient pas de quitter Condom même après leur départ en retraite. Les parents de Philippe étaient originaires de Condom. Ils étaient tous les deux employés municipaux.
— Ma chérie, j'espère que tu ne nous en veux pas trop de ne pas pouvoir t'offrir un grand mariage.
— Ne vous en faites pas pour ça. Philippe et moi, nous trouvons qu'il y a des façons beaucoup plus utiles de dépenser de l'argent. En plus, il faut être réaliste : nous vivons ensemble depuis presque deux ans sans être mariés. Notre mariage n'est donc pas le mariage du siècle. Je préfère porter un joli ensemble pour mon mariage qu'une robe de mariée. Je pourrai porter mon ensemble plusieurs années au lieu d'une seule journée et en plus c'est nettement moins cher.
Après qu'Armelle ait raccroché, Annie Maréchal se tourna vers Pierre son mari.
— Tu ne penses pas qu'en faisant un emprunt…
— On pourrait, mais je te rappelle que les parents de Philippe ont des revenus nettement plus faibles que les nôtres. Je ne veux pas les humilier en engageant des dépenses qu'ils ne pourraient pas suivre. Le père de MarieClaude nous a trouvé une solution peu onéreuse qui satisfait tout le monde. Ça serait bête de tout fiche en l'air maintenant.
— C'est vrai, tu as raison.
MarieClaude
Le téléphone sonna chez les Roussel. Enfin ! Michèle se précipita sur le combiné et s'assit près de Roger qui était au moins aussi ému qu'elle.
— Maman ?
— Oui, ma MarieClaude chérie. Sa voix s'étrangla un peu. Comment vas-tu ?
— Comme d'habitude. Je vous téléphone pour vous prévenir que j'ai été reçue.
— C'est merveilleux ! Papa et moi, nous sommes si heureux ! Tu es arrivée dans un bon rang ?
— Quelle importance ? On ne va pas en faire toute une histoire.
— Ça en a pour nous ma chérie.
— Si vous tenez tant à le savoir, j'ai terminé première.
— Quoi ? Mais c'est formidable ça, ma chérie. Comme tu dois être contente !
— C'est ça ! youpi ! Sonnez clairons, résonnez musettes ! La vilaine petite boiteuse a encore gagné le gros lot. Ah bien sûr, la bonne fée, sa marraine, avait oublié sa baguette magique le jour du baptême et elle n'a pas pu changer le petit crapaud en une belle princesse. Alors pour le prince charmant c'est raté. Mais ça n'a aucune importance puisque le petit crapaud a réussi un examen ! D'ailleurs, un petit crapaud, ça n'a pas à vouloir devenir une belle princesse ! Ça doit savoir rester à sa place un petit crapaud !
— Ne parle pas comme ça ma chérie. Tu te fais du mal.
— Oh maman ! Si tu savais comme je m'en fiche de cet examen !
— Ça en a beaucoup pour nous. Tu sais combien nous t'aimons ma chérie !
— Oui je le sais et je vous aime aussi. Mais le problème, c'est que moi, je ne m'aime pas. Je préfère vous laisser car je me rends compte que je vous fais du mal. Je vous embrasse tous les deux.
Elle raccrocha. Michelle éclata en sanglot.
— C'est trop dur ! Mais qu'est-ce que j'ai fait de mal pour que Dieu me punisse à ce point ?
Elle avait enfoui son visage contre la poitrine de son époux qui la berçait en lui murmurant des mots d'amour. Ainsi, elle ne vit pas qu'il pleurait lui aussi.
MarieClaude avait de bonnes raisons de ne pas s'aimer. Elle n'avait jamais été capable de se faire apprécier des autres qui lui témoignaient au mieux de l'indifférence, au pire de l'hostilité. Cela ne l'étonnait plus depuis qu'elle avait découvert dans le regard des autres qu'elle était laide, boiteuse, bête et ennuyeuse ce qui constituait un sérieux handicap dans la vie.
Bien sûr sa famille ne pensait pas comme elle. Ses parents et son frère aîné Benoît l'adoraient, et même la couvaient, sans arriver à lui donner confiance en elle.
Son père, un colosse débonnaire, était propriétaire d'une petite entreprise florissante qui préparait, conditionnait et commercialisait des produits régionaux comme le foie gras, le confit d'oie ou de canard et autres cassoulets. Il était secondé par son épouse, une grande et belle femme dont les rondeurs, venant avec l'âge, n'avaient pas altéré la beauté. Elle s'occupait de la gestion administrative et de la gestion du personnel. Benoît, un beau bébé d'un mètre quatre-vingt-quinze et d'une centaine de Kilos faisait des études de gestion dans l'intention de succéder un jour à son père. Il occupait un poste d'avant dans l'équipe de rugby amateur d'Auch.
MarieClaude n'avait pas hérité des caractéristiques physiques de ses parents. Elle avait eu une naissance problématique, en avait gardé une santé fragile et, malheureusement, une malformation de la hanche gauche qui la faisait boiter. Sa taille atteignait péniblement le mètre soixante et elle pesait royalement quarante-cinq de kilos toute mouillée. Elle était étroite des épaules et des hanches, ce qui lui conférait un physique androgyne et, ce qui n'arrangeait rien, elle n'était pas jolie.
Elle n'avait jamais compris sa réussite scolaire, elle qui était si bête comme lui avaient toujours dit ses camarades de classe. Néanmoins, avec beaucoup de chance et beaucoup de travail, elle avait réussi à terminer toutes ses années scolaires en tête de classe. Cela lui valait d'ailleurs un surcroît d'hostilité de la part de ses camarades. Pour eux, elle était la bûcheuse laide et antipathique, lécheuse de bottes, qui ne fréquentait personne et que personne n'avait envie de fréquenter. Comme, en plus, elle avait une tendance presque excessive à la religiosité, elle se faisait traiter de grenouille de bénitier. Grenouille, crapaud, toujours la même rengaine ! Cela ne lui faisait d'ailleurs plus rien, ou, du moins, elle tentait de s'en convaincre. Elle avait bien essayé une fois ou deux de rater volontairement une composition mais cela n'avait eu pour résultat que de lui valoir de nouvelles moqueries de ses camarades visiblement ravis de ses échecs.
Elle n'avait plus jamais essayé de recommencer. Par contre, elle s'efforçait d'être le plus transparente possible afin de moins donner prise à l'agressivité des autres, se contentant de leur indifférence.
Elle avait enterré depuis longtemps ses rêves de prince charmant. Comme toutes les jeunes filles elle en avait rêvé. Le problème, c'était que pour avoir une chance de rencontrer l'amour, en admettant que cela lui soit possible, il aurait fallu qu'elle sorte de sa coquille, ce qui l'aurait rendue visible et donc vulnérable. Seules Sophie et Armelle lui témoignaient de la gentillesse et même de l'affection en ce qui concernait Armelle qui était sa seule amie depuis sa plus tendre enfance et qu'elle idolâtrait littéralement.
MarieClaude avait aussi eu son bac avec mention très bien et venait d'obtenir son DNAP première de sa promotion. Ayant un tempérament artistique affirmé elle avait choisi l'option Art qui était loin d'être la plus facile et nécessitait beaucoup de travail, le simple talent ne suffisant pas à réussir loin de là. Le talent, elle l'avait et, bien sûr, elle avait toujours travaillé avec acharnement. Pourtant elle était persuadée que cela n'aurait pas dû suffire étant donné la faiblesse de ses moyens intellectuels. Il fallait donc croire que la chance lui avait encore souri. Finalement, l'essentiel était d'avoir réussi et, sur les conseils pressants de ses professeurs, elle allait essayer de faire deux années de plus pour tenter d'obtenir le diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP équivalent d'un Master) à l'issue de sa cinquième année d'études. Ses professeurs semblaient être persuadés qu'elle réussirait.
Elle en doutait un peu mais ferait tout de même tout pour réussir comme elle l'avait toujours fait. Et puis, peut-être aurait 'elle encore une fois de la chance.
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Gubbe
15 août 2025 à 13:26
Bravo, vous savez éveiller notre curiositée
Soyez respectueux
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Antoine.Daniel
12 août 2025 à 06:41
Effectivement mise en situation complète qui laisse des ouvertures vers plusieurs rebondissements.
Au plaisir de lire la suite.
Soyez respectueux
Répondre

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